Archive pour la catégorie 'Chronique de Lully'

2010-10. Difficile équilibre…

Un difficile équilibre…

C’est parfois même un véritable exercice d’équilibriste, de funambule.
Voilà la situation dans laquelle nous placent aujourd’hui les paroles de Notre-Seigneur : Jésus nous met sur un fil, à une hauteur déjà impressionnante… et nous devons avancer en prenant conscience qu’il n’y a pas de filet tendu en dessous : un faux pas et…« splatch » !!! Nous risquons de nous faire très mal. Et non seulement nous risquons d’avoir très mal sur le coup, mais en outre nous pourrions bien rester boiteux ou handicapés pour le restant de nos jours ici-bas.

Un difficile équilibre, un très difficile équilibre!

Cependant si nous le gardons, nous nous en trouverons bien : ce sera pour nous la source d’une très grande sérénité intérieure et nous pourrons faire de véritables progrès spirituels. « En ce temps là, Jésus parla aux foules et à ses disciples en disant: Les scribes et les pharisiens siègent dans la chaire de Moïse. Donc observez et mettez en pratique toutes les choses qu’ils vous enseignent : mais n’agissez pas selon leurs exemples : en effet ils disent mais ne font pas… » (Matthieu XXIII, 1-2 – Evangile du mardi de la 2ème semaine de carême).

Le Christ en face des scribes et des pharisiens

Le Christ en face des scribes et des pharisiens.

Ces paroles étaient adressées « aux foules et aux disciples » il y a près de 2000 ans, et elles s’adressent encore à chacun d’entre nous aujourd’hui même.
Les scribes et les pharisiens siègent dans la chaire de Moïse : leur autorité est légitime pour enseigner et transmettre aux hommes la doctrine religieuse authentique (la foi et la morale qui en découle).
Quand ils transmettent cette doctrine, il est nécessaire de la mettre en pratique parce que c’est Dieu qui nous parle à travers eux. Toutefois nous avons conscience qu’eux mêmes ne règlent pas forcément leur conduite sur les bons et beaux préceptes qu’ils enseignent et, en cela, gardons-nous bien de les imiter!

Les prêtres et les évêques, les membres du clergé régulier et séculier de l’Eglise instituée par Notre-Seigneur, sont aujourd’hui pour nous ceux qui « siègent dans la chaire de Moïse » et aux enseignements desquels nous avons le devoir d’être attentifs, dans la mesure – bien évidemment – où ce qu’ils enseignent est rigoureusement conforme à la doctrine traditionnelle – foi et morale – venue des Apôtres. Toutefois, nous savons bien que, comme les scribes et les pharisiens à l’époque de Notre-Seigneur, il s’en trouve parmi eux (pas tous fort heureusement!) dont la conduite n’est pas en accord avec ce qu’ils prêchent.

Et Jésus nous dit :
– Observez et mettez en pratique toutes les choses qu’ils vous enseignent et qui sont conformes à la Tradition venue des Apôtres, mais n’agissez pas selon leurs exemples…
– Ne claquez pas la porte de mon Eglise en disant : Ces « curés » sont tous des hypocrites et donc j’envoie aussi promener tout ce qu’ils m’ont appris!
– Sachez faire la bonne distinction entre l’homme, avec ses défauts et ses péchés, et la fonction dont il est investi malgré sa faiblesse…
– Respectez la hiérarchie légitime, car c’est Moi qui l’ai établie. Elle porte Mon autorité et c’est Ma parole qu’elle vous transmet.
– Toutefois soyez sans illusion à propos des personnes : gardez-vous d’idéaliser tel prêtre, tel moine, tel évêque car – quelque saints qu’ils puissent paraître – même les meilleurs d’entre eux restent des hommes faillibles et pécheurs… tout comme vous-mêmes.
– Au jour du jugement, il leur sera demandé davantage, parce qu’ils ont reçu de Moi une mission qui exige d’eux une vraie cohérence entre leurs paroles et leurs actes.
– Je ne vous demande pas d’être aveugles : gardez votre lucidité et faites la part des choses entre ce qui vient de Moi et ce qui vient de leur fragilité…
– Mettez en pratique la Foi authentique qu’ils sont chargés de transmettre, et laissez-moi – à Moi et à Moi seul – le soin de faire justice quand l’heure sera venue!
– Il y avait parmi les pharisiens des hommes justes et droits : Nicodème et Joseph d’Arimathie par exemple… Il y a aujourd’hui dans mon Eglise des religieux, des prêtres et des évêques qui s’efforcent de faire correspondre leur vie à leur enseignement : même s’ils ne vous paraissent pas être les plus nombreux (« Le bien fait peu de bruit » dit Saint François de Sales) et même si le comportement de certains autres de mes ministres est véritablement scandaleux (et là, les médias se chargent de « faire de la pub » à ce genre de comportements), gardez la Foi et ne vous laissez pas aller au découragement. C’est en Moi et non en mes ministres qu’il faut croire.
– Il y a eu un traître parmi mes Apôtres. Comme aux autres je lui avais donné le pouvoir de chasser les démons et de faire des miracles : cela ne l’a pas empêché de devenir « fils de la perdition ». Mais surtout cela ne m’a pas empêché, Moi, d’aller jusqu’au bout de la mission que le Père céleste m’avait confiée, par amour pour vous. Il y a des traitres aujourd’hui encore parmi les successeurs de mes Apôtres, souffrez de leurs trahisons comme Mon Coeur a souffert de la trahison de Judas, mais que cela ne vous empêche pas de de rester fidèles aux grâces que le Père vous a données et vous donne encore à travers Moi!
– Exercez votre discernement… c’est bien là que je vous demande de marcher sur un fil sans vous casser la figure! Respectez la fonction hiérarchique et obéissez à ses enseignements légitimes (parce que si on demande de vous une obéissance pour des choses qui ne sont pas conformes à la Loi divine et à la discipline de l’Eglise, il y a abus de pouvoir et sur ces points-là vous ne devez pas obéir!), mais ne laissez pas les erreurs et/ou les fautes manifestes par lesquelles « ils » vous scandalisent ébranler votre Foi, votre Espérance et votre Charité!
– Quelque légitime que soit votre indignation, quelque douloureux que puisse être le constat de leurs trahisons ou de leurs indignités, c’est en Moi et non en l’homme que vous devez placer votre confiance
– Est-ce que tu pries suffisamment pour les prêtres, pour les religieux, pour les évêques? Est-ce que tu pries suffisamment et est-ce que tu offres quelques sacrifices pour qu’ils soient fidèles et saints? Est-ce que tu pries suffisamment et est-ce que tu offres vraiment des sacrifices pour avoir d’authentiques, solides et saintes vocations sacerdotales et religieuses?

Frère Maximilien-Marie.

2010-8. De la pieuse mémoire d’Andreas Hofer, le « Chouan du Tyrol », au jour anniversaire de sa mort héroïque.

- 20 février 1810 -

En 1805, par le traité de Presbourg, consécutif aux défaites d’Ulm et d’Austerlitz, l’Autriche fut contrainte de céder le Tyrol au jeune royaume de Bavière, totalement soumis à la tyrannie napoléonienne.

Les anciens droits des Tyroliens furent alors annulés par les Bavarois, qui exigeaient – entre autres – que les jeunes gens effectuent un service militaire de six ans dans les armées de celui auquel on n’a pas sans raison donné le surnom d’ «ogre corse». Les coutumes des Tyroliens et leurs pratiques religieuses étaient menacées : en particulier les pèlerinages, les processions et les manifestations extérieures de la foi furent interdits.

Le mécontentement de cette population si fortement ancrée dans la religion catholique et si attachée à la Maison de Habsbourg alla croissant et entraina en 1809 un mouvement de résistance armée, comparable à celui qui avait soulevé les provinces de l’ouest de la France en 1793. La figure centrale en fut un habitant de la vallée du Passeiertal, au Tyrol du Sud, Andreas Hofer.

Destin hors du commun que celui de ce paysan-aubergiste, robuste père de famille, simple et pieux, dont la figure n’est pas sans rappeler celle de Jacques Cathelineau.

Andreas Hofer

Andreas Hofer, homme de foi et de détermination héroïque.

Devenu par nécessité régent du Tyrol au nom des Habsbourg, en entraînant ses montagnards au cri de « Pour Dieu, l’Empereur et la Patrie », Andreas Hofer a pris place parmi les plus grands héros de la résistance catholique contre l’impiété révolutionnaire, car Napoléon ne fut jamais rien d’autre que « la révolution couronnée ».

On doit à Jean Sévillia une magnifique biographie de ce « Chouan du Tyrol » : son livre raconte une épopée passionnante et révèle un personnage malheureusement encore trop méconnu en France.
Ce récit, clair et rigoureux, renverse le mythe officiel de la « France libératrice de l’Europe ».

2010-8. De la pieuse mémoire d'Andreas Hofer, le

Les troupes franco-bavaroises du maréchal Lefèbvre et du prince Eugène de Beauharnais, sous-estimant totalement ces « péquenauds », subirent de cuisantes défaites. Elles étaient habituées à des combats ouverts sur les champs de bataille et furent déroutées par cette guérilla populaire. Les Tyroliens combattaient avec ce dont ils disposaient : fourches, faux, fusils de chasse… Leur courage était galvanisé par le soutien massif des religieux.

Par trois fois, le puissant ennemi se fit repousser de la province alpine, mais le destin du Tyrol se jouait bien loin de là, sur les champs de bataille européens et à la table des conférences de paix. A la fin de l’année 1809, alors que bien des insurgés avaient été tués, que des centaines de villages et de fermes avaient été réduits en cendre, que la famine et la misère régnaient sur le Tyrol, ces héroïques chouans durent rendre les armes. Andreas Hofer, trahi par un voisin, fut livré aux troupes françaises et emprisonné à Mantoue au début de l’année 1810.

Arrestation d'Andreas Hofer

Arrestation d’Andreas Hofer

Andreas Hofer emmené pour être fusillé

Andreas Hofer emmené pour être fusillé

On raconte que Napoléon donna l’ordre d’un « juste procès avant de le descendre » : ce trait est bien dans le style de ce dictateur – qu’on se souvienne de l’exécution du duc d’Enghien – même si plus tard il prétendra auprès de Metternich qu’Hofer avait été exécuté, contre sa décision. Andreas Hofer fut fusillé par les français le 20 février 1810

Des monuments honorent la mémoire d’Andreas Hofer aux quatre coins du Tyrol. L’un des plus importants se situe au Bergisel, proche d’Innsbruck, lieu d’une importante victoire.

Monument d'Andreas Hofer à Innsbruck (Bergisel)

En 1823, les restes d’Andreas Hofer furent ramenés à Innsbruck et reposent depuis lors, dans l’attente de la résurrection, dans « l’église de la Cour » (Hofkirche), parfois nommée l’église « des bonshommes noirs » ou des franciscains.

La mémoire d’Andreas Hofer fut honorée comme celle d’un martyr au Tyrol et en Autriche. Son nom devint une sorte de point de ralliement contre le pouvoir de Napoléon.
Le chant « Zu Mantua in Banden » (« Emprisonné à Mantoue ») qui retrace la mort du héros, est devenu l’hymne du Tyrol. La fête du Sacré-Coeur de Jésus, dont les résistants à Napoléon arboraient l’image sur la poitrine, est depuis lors la grande fête de cette province qui reconnaît en Andreas Hofer une sorte d’incarnation de ses sentiments de foi et de patriotisme.

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Nous ne pouvions laisser passer le bicentenaire de l’exécution de ce héros catholique sans en faire mention ici.

Lully.

Armoiries du Tyrol

Armoiries du Tyrol

Publié dans:Lectures & relectures, Memento, Vexilla Regis |on 18 février, 2010 |11 Commentaires »

2010-5. « Nul n’est de trop dans l’Eglise »!

Samedi 13 février 2010.

Chers Amis du « Refuge Notre-Dame de Compassion« ,

Nous arrivons au dimanche de la Quinquagésime, le troisième du cycle de la préparation lointaine aux fêtes pascales : dans l’Evangile de ce dimanche, nous entendons Notre-Seigneur Jésus-Christ annoncer solennellement sa Passion « Voici que nous montons à Jérusalem où se réalisera tout ce que les prophètes ont annoncé au sujet du Fils de l’homme… » (Luc XVIII, 31). Dans trois jours nous allons entrer solennellement en Carême, recevoir les cendres et commencer le grand jeûne préparatoire à la solennité de Pâques.

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Ne l’oubliez pas, Chlôris et moi-même sommes des chats monastiques : avec l’aide de Frère Maximilien-Marie, nous méditons sur les Saintes Ecritures et sur les écrits des Pères de l’Eglise, nous lisons la vie et les écrits des Saints et nous étudions les magnifiques enseignements doctrinaux et spirituels dispensés par notre Saint-Père le Pape Benoît XVI.

Il y a trois dimanches, l’entrée dans le temps de la Septuagésime nous a permis d’entendre à nouveau la proclamation de la parabole des ouvriers de la onzième heure (Matth. XX 1-16) : en la relisant cette année, j’ai été plus particulièrement touché par cette miséricorde du « Maître de la vigne » qui veut partager largement ses richesses de grâces et le trésor de son Coeur : pour cela  Il ne veut laisser aucun ouvrier sans emploi, aucune compétence ou bonne volonté hors de sa vigne.

La vigne est le symbole de l’Eglise ; aussi cette parabole – au vu des circonstances actuelles – m’a rappelé un passage du discours que le Souverain Pontife a prononcé à Lourdes le 14 septembre 2008 devant l’ensemble des évêques de France :

« Le culte liturgique est l’expression suprême de la vie sacerdotale et épiscopale, comme aussi de l’enseignement catéchétique. Votre charge de sanctification du peuple des fidèles, chers Frères, est indispensable à la croissance de l’Église. J’ai été amené à préciser, dans le motu proprio Summorum Pontificum, les conditions d’exercice de cette charge, en ce qui concerne la possibilité d’utiliser aussi bien le missel du bienheureux Jean XXIII (1962) que celui du Pape Paul VI (1970). Des fruits de ces nouvelles dispositions ont déjà vu le jour, et j’espère que l’indispensable pacification des esprits est, grâce à Dieu, en train de se faire. Je mesure les difficultés qui sont les vôtres, mais je ne doute pas que vous puissiez parvenir, en temps raisonnable, à des solutions satisfaisantes pour tous, afin que la tunique sans couture du Christ ne se déchire pas davantage. Nul n’est de trop dans l’Église. Chacun, sans exception, doit pouvoir s’y sentir chez lui, et jamais rejeté. Dieu qui aime tous les hommes et ne veut en perdre aucun nous confie cette mission de Pasteurs, en faisant de nous les Bergers de ses brebis. Nous ne pouvons que Lui rendre grâce de l’honneur et de la confiance qu’Il nous fait. Efforçons-nous donc toujours d’être des serviteurs de l’unité! »

« Nul n’est de trop dans l’Eglise » : cette toute petite phrase est lourde de sens ; elle montre à l’évidence (car ce n’est évidemment pas par hasard que le Pape l’a placée dans cette partie de son discours) que le Saint-Père est au fait des difficultés rencontrées par les fidèles catholiques qui demandent l’application du motu proprio « Summorum Pontificum cura ».

Benoît XVI sait que des tracasseries sans nombre sont très souvent opposées par les autorités diocésaines aux catholiques qui sont simplement désireux de bénéficier en France, en toute sérénité, de la pleine et simple application des directives du Chef de l’Eglise Catholique. Benoît XVI sait bien que ce qu’il a généreusement et largement accordé à tous les fidèles et à tous les prêtres se trouve trop souvent empêché par ceux qui n’ont normalement pas le pouvoir de restreindre les dispositions qu’il a lui-même établies, et qui – de ce fait – sont coupables d’abus de pouvoir.

Malgré les paroles qui leur ont été adressées de manière très claire par notre Saint-Père le Pape à Lourdes, nous ne pouvons que constater – ce sont des faits bruts, sans commentaires : ils parlent d’eux-mêmes – qu’une majorité de prêtres et d’évêques, au lieu de se comporter en « serviteurs de l’unité », s’enferre dans une attitude d’exclusion et de rejet d’une partie des fidèles, auxquels les qualificatifs les plus péjoratifs sont attribués. Ils sont maintenus dans des conditions de parias et des traitements parfois fort discourtois, voire rudes leur sont réservés… On a bien vu récemment comment le Cardinal Archevêque de Paris a fait envoyer trois cars de CRS afin d’expulser d’une église parisienne une vingtaine de fidèles venus rencontrer leur curé pour lui demander la célébration d’une Sainte Messe tridentine dans la paroisse, et qui attendaient l’entretien promis par le curé en récitant leur chapelet!…

Ces prêtres et évêques qui sont souvent irrités qu’on leur donne leurs titres normaux de « Monsieur l’Abbé », de « Monsieur le Curé » et de « Monseigneur » et qui voudraient qu’on les appelle « Père », manifestent tout autre chose que de la sollicitude paternelle : ils se comportent en vérité comme des garde-chiourmes bornés et sans coeur, au service d’une idéologie mortifère qui n’a rien à voir avec l’Evangile ni avec un authentique souci du bien des âmes!

La réalité qui est en effet encore malheureusement au coeur d’un grand nombre d’ecclésiastiques français, est une espèce de néo-gallicanisme moderniste. Loin de travailler à cette « indispensable pacification des esprits » que le Souverain Pontife désirait voir s’établir partout, les apparatchiks diocésains, malgré leurs paroles lénifiantes et leurs slogans ronflants contre l’exclusion et l’accueil de ceux qui sont différents, sont coutumiers de la discrimination et du rejet de tout ce qui n’entre pas dans les cadres d’une prétendue pastorale qui refuse de se remettre en question. Et pourtant : « Nul n’est de trop dans l’Église. Chacun, sans exception, doit pouvoir s’y sentir chez lui, et jamais rejeté. Dieu qui aime tous les hommes et ne veut en perdre aucun nous confie cette mission de Pasteurs, en faisant de nous les Bergers de ses brebis. »

Après avoir trahi et détourné le second concile du Vatican, après avoir semé le doute sur les vérités révélées, « ils » ont – conséquence rigoureusement logique – détruit l’enseignement religieux, ruiné la liturgie, vidé les sacrements de leur finalité, fait fuir les paroissiens, désertifié leurs églises, fermé les séminaires et les couvents… etc. Ils règnent sur un champ de ruines et ils ont cependant l’air très content d’eux puisqu’ils claironnent (est-ce un aveuglement volontaire ou de la pure bêtise?) – devant des assemblées clairsemées dans lesquelles dominent largement les cheveux blancs – que leur « église n’a jamais été aussi belle et dynamique »!!! Mais en réalité « leur église » n’est plus l’Eglise Catholique Romaine : s’ils occupent de fait les postes qui sont normalement ceux du clergé catholique, leurs coeurs et leurs intelligences sont en situation d’opposition et de schisme avec le Siège Apostolique du successeur de Saint Pierre ; ils ont réussi à détourner de la véritable Foi catholique les quelques braves personnes qui restent encore dans leurs paroisses et qui, sans qu’elles en aient vraiment conscience, n’ont plus qu’une adhésion vague et floue aux dogmes les plus fondamentaux tels que la Sainte Trinité, la divinité de Notre-Seigneur Jésus-Christ, l’inspiration des Saintes Ecritures, la Rédemption, la Transubstantiation et la Présence réelle du Christ dans l’Eucharistie… etc.

L’épître de ce dimanche de la Quinquagésime reprend les 13 premiers versets du chapitre XIII de la première épître aux Corinthiens, que l’on appelle souvent « hymne à la charité ». Il ne peut pas y avoir de charité sans vérité, tout comme il n’y a pas de vérité sans charité. Si, en lisant ce que j’écris, il peut vous sembler que mes griffes de petit félin sont un peu trop acérées, vous vous méprenez profondément : comprenez bien qu’il n’y a dans mon coeur ni amertume ni aucune forme de méchanceté mais seulement un zèle nourri pour cette Eglise Catholique que j’aime et dans laquelle je voudrais qu’en vérité et en actes – plus qu’en beaux discours et en faux-semblants – soient effectives les paroles de l’Apôtre des Nations : « La charité est patiente, elle est bénigne, la charité n’est point envieuse, elle ne commet point d’indélicatesse, elle ne s’enfle pas, elle n’est pas ambitieuse, elle ne recherche pas son propre intérêt, elle ne s’irrite point, elle ne pense pas le mal, elle ne met pas sa joie dans l’iniquité mais elle se réjouit dans la vérité : elle souffre tout, elle croit tout, elle espère tout, elle endure tout ».

Aussi ne puis-je que conclure ces lignes par cette courte prière qui résume toutes mes aspirations et mes espérances : « Mon Dieu, faites l’unité des esprits dans la Vérité et l’union des coeurs dans la Charité! »

Lully.

2010-2. Ouverture de l’année jubilaire du 4ème centenaire de la fondation de l’Ordre de la Visitation et 15ème anniversaire de l’affiliation de Frère Maximilien-Marie à l’Ordre de la Visitation.

Saint François de Sales et les premières Mères de la Visitation

6 juin 1610 : fondation de l’Ordre de la Visitation.

Au soir de la fête de Saint François de Sales, 29 janvier 2010.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Nous sommes dans les derniers jours du mois de janvier  et c’est la fin de la période des vœux ; mais les voeux que nous avons formés pour vous, en commençant la nouvelle année civile, étaient – bien plus que des souhaits conventionnels – des prières à votre intention et à vos intentions, déposées dans le Cœur de Jésus et Marie.

Les prières, qui sont faites pour vous au Mesnil-Marie, vous le savez bien, ne se limitent pas au « temps des vœux » mais se continuent quotidiennement tout au long de l’année.
Frère Maximilien-Marie aime tout particulièrement citer un aphorisme de son cher maître (il lui donne volontiers ce nom en raison du rôle très important qu’il a joué dans l’éveil de sa pensée et dans le développement de sa vie spirituelle), Gustave Thibon
(cf. ici), qui dans son style d’une incomparable et profonde concision a admirablement exprimé ce qui est au plus profond de la vie religieuse :  « Prière. – Je prie pour vous – cela ne signifie pas que je prononce de temps en temps quelques paroles en pensant à vous ; cela signifie que je me sens responsable de vous dans ma chair et dans mon âme, que je vous porte en moi comme une mère porte son enfant, que je veux partager, et non seulement partager, mais attirer entièrement sur moi tout le mal, toute la douleur qui vous menacent et que j’offre à Dieu toute ma nuit pour qu’il vous la rende en lumière. »

L’année civile est déjà bien entamée ; l’année liturgique l’avait précédée d’un mois (cf. > ici); et voici que nous venons de commencer encore une autre nouvelle année : une année jubilaire instituée par la Sainte Eglise en l’honneur du quatrième centenaire de la fondation de l’Ordre de la Visitation Sainte Marie.

C’est en effet le 6 juin 1610, qui était cette année-là le dimanche de la Sainte Trinité, que Saint François de Sales introduisit Sainte Jeanne-Françoise Frémyot de Chantal et ses deux premières compagnes dans la petite maison, dite de « la Galerie », en bordure du lac d’Annecy, et leur fit inaugurer la vie communautaire sous la Règle de Saint Augustin.

A l’occasion de ce quatrième centenaire, notre Saint-Père le Pape Benoît XVI, par un décret de la Pénitencerie Apostolique signé le 17 septembre 2008, a accordé aux moniales Visitandines et à tous les fidèles qui visiteront les églises des monastères de la Visitation le don de l’indulgence plénière à certaines dates et aux conditions habituelles :

Décret de la Pénitencerie Apostolique pour l'année jubilaire de la fondation de l'Ordre de la Visitation

L’année jubilaire de la Visitation a commencé le dimanche 24 janvier (jour de la fête de Saint François de Sales dans le calendrier réformé du rite romain publié en 1969) dans tous les monastères de l’Ordre – mais très particulièrement à Annecy – et elle prendra fin le  13 décembre prochain (jour anniversaire de la mort de Sainte Jeanne de Chantal).

Bien évidemment, au Mesnil-Marie nous nous associons de tout notre cœur à la joie de ce jubilé parce que nous sommes reliés d’une manière spéciale à l’Ordre de la Visitation et à la spiritualité de « notre bienheureux père Saint François de Sales ». En effet, Frère Maximilien-Marie est affilié à l’Ordre de la Visitation – c’était d’ailleurs aujourd’hui même le quinzième anniversaire de son affiliation - et l’oeuvre du Refuge Notre-Dame de Compassion s’inscrit dans la volonté de réaliser en nos temps, à notre très modeste mesure, le désir que Saint François de Sales avait de voir une communauté religieuse masculine vivant de l’esprit de la Visitation.

Qu’est ce que l’affiliation à l’Ordre de la Visitation ?

C’est une pratique qui remonte au temps même de Sainte Jeanne de Chantal.
L’Ordre de la Visitation n’a pas de tiers ordre – comme en ont les franciscains ou les carmes -, mais les moniales peuvent proposer à des prêtres, à des religieux, et parfois même à des laïcs, d’entrer dans la famille spirituelle de Saint François de Sales et de Sainte Jeanne de Chantal en se liant à l’Ordre par un lien spirituel privilégié. Cela correspond à un engagement réciproque, préparé par six mois de « quasi noviciat » sous la direction de l’une des supérieures, marqué par la réception de la croix d’argent que portent les Visitandines et consigné dans les registres du monastère.

Je vous retranscris ici le dialogue qui eut lieu le dimanche 29 janvier 1995 dans la chapelle du monastère de la Visitation de Chartres, à l’issue des vêpres et avant la bénédiction du Très Saint-Sacrement :

La Supérieure : Mon Frère, que demandez-vous de notre monastère?

Frère Maximilien-Marie : La faveur d’être affilié à sa vie spirituelle en me mettant à l’école des enseignements de Saint François de Sales pour devenir une âme vraiment apostolique.

La Supérieure : C’est avec joie que la Communauté accueille votre démarche. « Que ce jour soit donc pour vous un jour de salut et cette heure une heure de bénédiction » (Saint François de Sales).

Engagement : Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Moi, Frère Maximilien-Marie, je m’offre entièrement à Dieu et Lui promets devant la Bienheureuse Vierge Marie, les Saints Fondateurs de la Visitation Sainte-Marie et tous les Saints, de mener une vie conforme à l’Evangile, éclairée par les enseignements de Saint François de Sales.

La Supérieure : Recevez, mon Frère, la Croix de l’Ordre de la Visitation, qu’elle soit comme un sceau sur votre cœur, afin qu’avec le Christ Jésus vous puissiez régner un jour dans Son Royaume avec la Très Sainte Vierge Marie, nos Saints Fondateurs et vos Saints Protecteurs. Cette Croix est le signe visible de la communion spirituelle qui s’établit en ce jour entre vous et les membres de la Communauté.

Avec Chlôris, nous avons fouillé dans les albums photos et, si nous n’avons pas trouvé de cliché du jour même de cette affiliation, nous avons néanmoins découvert une photo qui date du mois d’octobre 1994, au temps où Frère Maximilien-Marie allait presque tous les samedis au monastère de Chartres pour y recevoir les enseignements des Mères  le préparant à cette affiliation. La photo a été prise dans le grand cloître du monastère en compagnie de la Mère Supérieure et de la Mère Assistante.

Frère Maximilien-Marie à la Visitation de Chartres en novembre 1994

Tout au long des mois qui viennent, cette année jubilaire nous donnera donc l’occasion d’approfondir certains points de la spiritualité  de Saint François de Sales et de la Visitation. En attendant, je vous souhaite à tous, chers Amis du Mesnil-Marie, de participer par beaucoup de grâces aux fruits de cette année jubilaire et je conclus par ces paroles que j’emprunte à Saint François de Sales :

 » Dieu vous bénisse de sa grande bénédiction ; c’est le continuel et invariable souhait de ce cœur qui est vôtre en Jésus-Christ ».

Lully. 

Blason de l'ordre de la Visitation

Armoiries de la Visitation.

Pour prier Notre-Dame avec Saint François de Sales > ici.

Comment St François de Sales et Ste Jeanne de Chantal furent amenés à fonder l’Ordre de la Visitation > ici, et récit de l’ouverture du premier monastère de la Visitation > ici.

2010-1. « Les racines de la situation qui est sous les yeux de tous, sont d’ordre moral et la question doit être affrontée dans le cadre d’un grand effort d’éducation, afin de promouvoir un changement effectif des mentalités et d’établir de nouveaux modes de vie. » (Benoît XVI)

Bonne et sainte année 2010 !

* * * * * * *

Lundi 11 janvier 2010.

Chers Amis du « Refuge Notre-Dame de Compassion« ,

Ce matin même, notre Saint-Père le Pape Benoît XVI a  reçu  pour la traditionnelle cérémonie des voeux l’ensemble du corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège. Cet évènement est toujours l’occasion pour le pape de revenir sur les moments principaux de l’année qui vient de s’écouler et de dresser un bilan sur la situation internationale. C’est aussi à l’occasion de ce discours que je veux vous présenter mes voeux  fervents et amicaux pour l’année qui vient de commencer : tous les passages de ce long texte sont importants et requièrent de nous une attention filiale.

En vous souhaitant, selon la formule traditionnelle, une « Bonne et heureuse année« , je souhaite que chacun d’entre nous prenne toujours davantage conscience de l’importance qu’il a aux yeux de Dieu et de l’urgence qu’il en découle de vivre en pleine correspondance avec le plan du Créateur : notre bonheur et notre épanouissement personnel en dépendent comme en dépendent ceux de toute l’humanité.  La paix intérieure, la joie du coeur, la santé de l’âme et du corps, l’harmonie des rapports entre les hommes dans nos familles, à l’intérieur des Etats et dans les relations internationales : tout se tient! Je vous encourage à approfondir le message très fort, même avec l’onction de la diplomatie ecclésiastique, dans lequel le Souverain Pontife « épingle » le relativisme occidental destructeur et l’appel, qui s’adresse à chacun de nous, à renouveler nos mentalités et nos modes de vie…

Avec l’assurance de ma prière fidèle et amicale, in Corde Iesu et Mariae.

frère Maximilien-Marie.

2010-1.

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

Cette rencontre traditionnelle du début de l’année, deux semaines après la célébration de la naissance du Verbe incarné, est pour moi une grande joie. Comme nous l’avons proclamé dans la liturgie : « Dans le mystère de la Nativité, celui qui par nature est invisible se rend visible à nos yeux ; engendré avant le temps, Il entre dans le cours du temps. Faisant renaître en Lui la création déchue, Il restaure toute chose » (2ème préface de la Nativité). A Noël, nous avons donc contemplé le mystère de Dieu et celui de la création : par l’annonce des anges aux bergers, nous est parvenue la bonne nouvelle du salut de l’homme et du renouvellement de tout l’univers. C’est pourquoi, dans le Message pour la célébration de la Journée Mondiale de la Paix de cette année, j’ai invité toutes les personnes de bonne volonté, à qui les anges ont promis justement la paix, à protéger la création. Et c’est dans le même esprit que je suis heureux de saluer chacun d’entre vous, en particulier ceux qui sont présents pour la première fois à cette cérémonie. Je vous remercie vivement pour les vœux dont s’est fait l’interprète votre doyen, Monsieur l’Ambassadeur Alejandro Valladares Lanza, et vous redis combien j’apprécie la mission que vous accomplissez près le Saint-Siège. Par votre entremise, je désire faire parvenir de cordiales salutations et des souhaits de paix et de bonheur aux Autorités et à tous les habitants des pays que vous représentez dignement. Ma pensée s’étend aussi à toutes les autres nations de la terre : le Successeur de Pierre tient sa porte ouverte à tous et désire entretenir avec tous des relations qui contribuent au progrès de la famille humaine. Depuis quelques semaines, de pleines relations diplomatiques ont été établies entre le Saint-Siège et la Fédération de Russie, c’est là un motif de profonde satisfaction. De même, a été très significative la visite que m’a faite récemment le Président de la République Socialiste du Vietnam, pays cher à mon cœur, où l’Eglise célèbre sa présence multiséculaire par une Année jubilaire. Dans cet esprit d’ouverture, au cours de l’année 2009, j’ai reçu de nombreuses personnalités politiques venant de divers pays ; j’ai aussi visité certains d’entre eux et je me propose à l’avenir, dans la mesure du possible, de continuer à le faire.

L’Eglise est ouverte à tous parce que, en Dieu, elle existe pour les autres ! Elle participe donc intensément au sort de l’humanité qui, en cette année à peine commencée, apparaît encore marquée par la crise dramatique qui a frappé l’économie mondiale, provoquant une instabilité sociale grave et diffuse. Dans l’Encyclique « Caritas in Veritate », j’ai invité à rechercher les racines profondes de cette situation : en dernière analyse, elles résident dans une mentalité courante égoïste et matérialiste, oublieuse des limites inhérentes à toute créature. Aujourd’hui, je voudrais souligner que cette même mentalité menace également la création. Chacun de nous pourrait citer, probablement, un exemple des dommages qu’elle provoque à l’environnement, partout dans le monde. J’en cite un, parmi tant d’autres, dans l’histoire récente de l’Europe : il y a vingt ans, quand tomba le mur de Berlin et quand s’écroulèrent les régimes matérialistes et athées qui avaient dominé pendant plusieurs décennies une partie de ce continent, n’a-t-on pas pu prendre la mesure des profondes blessures qu’un système économique privé de références fondées sur la vérité de l’homme avait infligé non seulement à la dignité et à la liberté des personnes et des peuples, mais aussi à la nature, avec la pollution du sol, des eaux et de l’air ? La négation de Dieu défigure la liberté de la personne humaine, mais dévaste aussi la création. Il s’ensuit que la sauvegarde de la création ne répond pas principalement à une exigence esthétique, mais bien davantage à une exigence morale, car la nature exprime un dessein d’amour et de vérité qui nous précède et qui vient de Dieu.

C’est pourquoi je partage la préoccupation majeure que causent les résistances d’ordre économique et politique à la lutte contre la dégradation de l’environnement. Il s’agit de difficultés qui ont pu être constatées encore dernièrement, lors de la 15ème Session de la Conférence des Etats parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, qui s’est tenue à Copenhague du 7 au 18 décembre dernier. Je souhaite que dans le courant de cette année, d’abord à Bonn, et puis à Mexico, il soit possible de parvenir à un accord pour affronter cette question de façon efficace. Il s’agit d’un enjeu d’autant plus important qu’il en va du destin même de certaines nations, en particulier certains Etats insulaires.

Il convient, toutefois, que cette attention et cet engagement pour l’environnement soient bien ordonnés dans l’ensemble des grands défis qui se posent à l’humanité. Si l’on veut construire une vraie paix, comment serait-il possible de séparer, ou même d’opposer, la protection de l’environnement et celle de la vie humaine, y compris la vie avant la naissance ? C’est dans le respect que la personne humaine a d’elle-même que se manifeste son sens de la responsabilité pour la création. Car, comme saint Thomas d’Aquin l’enseigne, l’homme représente ce qu’il y a de plus noble dans l’univers (cf. Summa Theologiae, I, q. 29, a.3). En outre, et je l’ai rappelé lors du récent Sommet mondial de la FAO sur la Sécurité alimentaire, « la terre est en mesure de nourrir tous ses habitants » (Discours du 16 novembre 2009, n. 2), pourvu que l’égoïsme ne conduise pas à l’accaparement par quelques-uns des biens destinés à tous !

Je voudrais souligner encore que la sauvegarde de la création implique une gestion correcte des ressources naturelles des pays et, en premier lieu, de ceux qui sont économiquement défavorisés. Ma pensée va au continent africain, que j’ai eu la joie de visiter au mois de mars dernier, lors de mon voyage au Cameroun et en Angola, et auquel ont été consacrés les travaux de la récente Assemblée spéciale du Synode des Evêques. Les Pères synodaux ont signalé avec préoccupation l’érosion et la désertification de grandes étendues de terre cultivable, à cause de la surexploitation et de la pollution de l’environnement (cf. Propositio 22). En Afrique, comme ailleurs, il est nécessaire d’adopter des choix politiques et économiques qui assurent « des formes de production agricole et industrielle respectueuses de l’ordre de la création et satisfaisantes pour les besoins essentiels de tous » (Message pour la célébration de la Journée Mondiale de la Paix 2010, n. 10).

Comment oublier, d’autre part, que la lutte pour l’accès aux ressources naturelles est l’une des causes de plusieurs conflits, entre autres en Afrique, ainsi que la source d’un risque permanent dans d’autres cas ? C’est aussi pour cette raison que je répète avec force que, pour cultiver la paix, il faut protéger la création ! Par ailleurs, il y a encore de vastes étendues, par exemple en Afghanistan ou en certains pays de l’Amérique Latine, où malheureusement l’agriculture est encore liée à la production de drogue, et où elle constitue une source non négligeable d’emploi et de subsistance. Si on veut la paix, il faut préserver la création par la reconversion de telles activités et je voudrais demander, une fois encore, à la communauté internationale de ne pas se résigner au trafic de la drogue et aux graves problèmes moraux et sociaux que celle-ci engendre.

Oui, Mesdames et Messieurs, la protection de la création est un facteur important de paix et de justice ! Parmi les nombreux défis qu’elle lance, l’un des plus graves est celui de l’augmentation des dépenses militaires ainsi que du maintien et du développement des arsenaux nucléaires. D’énormes ressources économiques sont absorbées à ces fins, alors qu’elles pourraient être destinées au développement des peuples, surtout des plus pauvres. C’est pourquoi j’espère fermement que, lors de la Conférence d’examen du Traité de non prolifération des armes nucléaires, qui se tiendra au mois de mai prochain à New York, soient prises des décisions efficaces en vue d’un désarmement progressif, visant à libérer la planète des armes nucléaires. Plus généralement, je déplore que la production et l’exportation des armes contribuent à perpétuer conflits et violences, comme au Darfour, en Somalie ou en République Démocratique du Congo. A l’incapacité des parties directement impliquées à s’extraire de la spirale de violence et de douleur engendrée par ces conflits, s’ajoute l’apparente impuissance des autres pays et des Organisations internationales à ramener la paix, sans compter l’indifférence quasi résignée de l’opinion publique mondiale. Il n’est pas besoin de souligner combien de tels conflits endommagent et dégradent l’environnement. Comment, enfin, ne pas mentionner le terrorisme, qui met en danger tant de vies innocentes et provoque une anxiété diffuse ? En cette circonstance solennelle, je voudrais renouveler l’appel que j’ai lancé le 1er janvier, lors de la prière de l’Angelus, à ceux qui font partie de groupes armés, quels qu’ils soient, afin qu’ils abandonnent la voie de la violence et ouvrent leur cœur à la joie de la paix.

Les graves violences que je viens d’évoquer, associées aux fléaux de la pauvreté et de la faim, ainsi qu’aux catastrophes naturelles et à la destruction de l’environnement, contribuent à grossir les rangs de ceux qui abandonnent leur propre terre. Face à un tel exode, je désire exhorter les Autorités civiles, intéressées à divers titres, à œuvrer avec justice, solidarité et clairvoyance. En particulier, je voudrais mentionner ici les Chrétiens du Moyen-Orient. Assaillis de diverses manières, jusque dans l’exercice de leur liberté religieuse, ils quittent la terre de leurs pères, où se développa l’Eglise des premiers siècles. C’est pour leur apporter un soutien et pour leur faire sentir la proximité de leurs frères dans la foi que j’ai convoqué pour l’automne prochain l’Assemblée spéciale du Synode des Evêques sur le Moyen-Orient.

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, je n’ai évoqué jusqu’ici que quelques aspects liés à la problématique de l’environnement. Cependant, les racines de la situation qui est sous les yeux de tous, sont d’ordre moral et la question doit être affrontée dans le cadre d’un grand effort d’éducation, afin de promouvoir un changement effectif des mentalités et d’établir de nouveaux modes de vie. La communauté des croyants peut et veut y participer, mais, pour ce faire, il faut que son rôle public soit reconnu. Malheureusement, dans certains pays, surtout occidentaux, se diffuse parmi les milieux politiques et culturels, ainsi que dans les médias, un sentiment de peu de considération et parfois d’hostilité, pour ne pas dire de mépris, envers la religion, en particulier la religion chrétienne. Il est clair que si le relativisme est considéré comme un élément constitutif essentiel de la démocratie, on risque de ne concevoir la laïcité qu’en termes d’exclusion ou, plus exactement, de refus de l’importance sociale du fait religieux. Une telle approche, cependant, crée confrontation et division, blesse la paix, perturbe l’écologie humaine et, en rejetant par principe les attitudes différentes de la sienne, devient une voie sans issue. Il est donc urgent de définir une laïcité positive, ouverte, qui, fondée sur une juste autonomie de l’ordre temporel et de l’ordre spirituel, favorise une saine collaboration et un esprit de responsabilité partagée. Dans cette perspective, je pense à l’Europe, qui, avec l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne, a ouvert une nouvelle phase de son processus d’intégration, que le Saint-Siège continuera à suivre avec respect et avec une attention bienveillante. Notant avec satisfaction que le Traité prévoit que l’Union européenne maintienne avec les Eglises un dialogue « ouvert, transparent et régulier » (art. 17), je forme des vœux afin que, dans la construction de son avenir, l’Europe sache toujours puiser aux sources de sa propre identité chrétienne. Comme je l’ai dit, durant mon voyage apostolique en République Tchèque, au mois de septembre dernier, celle-ci a un rôle irremplaçable « pour la formation de la conscience de chaque génération et la promotion d’un consensus éthique de base qui est utile à toute personne qui appelle ce continent ‘ma maison’ ! » (Rencontre avec les Autorités politiques et civiles et avec le Corps diplomatique, 26 septembre 2009).

Poursuivant notre réflexion, il est nécessaire de relever que la problématique de l’environnement est complexe ; on pourrait dire qu’il s’agit d’un prisme aux facettes multiples. Les créatures sont différentes les unes des autres et peuvent être protégées, ou au contraire mises en danger de diverses manières, comme nous le montre l’expérience quotidienne. Une de ces attaques provient des lois ou des projets qui, au nom de la lutte contre la discrimination, attentent au fondement biologique de la différence entre les sexes. Je me réfère, par exemple, à des pays européens ou du continent américain. « Si tu enlèves la liberté, tu enlèves la dignité », dit saint Colomban (Epist. N. 4 ad Attela, in S. Columbani Opera, Dublin, 1957, p. 34). Toutefois la liberté ne peut être absolue, parce que l’homme n’est pas Dieu, mais image de Dieu, sa créature. Pour l’homme, le chemin à suivre ne peut être fixé par l’arbitraire ou le désir, mais doit consister, plutôt, à correspondre à la structure voulue par le Créateur.

La sauvegarde de la création comporte aussi d’autres défis, auxquels on ne peut répondre que par la solidarité internationale. Je pense aux catastrophes naturelles, qui, durant l’année passée, ont semé morts, souffrances et destructions aux Philippines, au Vietnam, au Laos, au Cambodge et dans l’Ile de Taiwan. Comment ne pas rappeler aussi l’Indonésie et, plus près de nous, la région des Abruzzes frappées par des tremblements de terre dévastateurs ? Face à de tels événements, une généreuse assistance ne doit jamais manquer, parce que la vie même des créatures de Dieu est en jeu. Mais la sauvegarde de la création, en plus de la solidarité, a besoin aussi de la concorde et de la stabilité des Etats. Quand surgissent des divergences et des hostilités entre ces derniers, pour défendre la paix, ils doivent poursuivre avec ténacité la voie d’un dialogue constructif. C’est ce qui advint, il y a vingt-cinq ans, avec le Traité de Paix et d’Amitié entre l’Argentine et le Chili, conclu grâce à la médiation du Siège Apostolique. Il a porté d’abondants fruits de collaboration et de prospérité, qui ont profité, d’une certaine façon, à toute l’Amérique Latine. Dans cette même région du monde, je suis heureux du rapprochement que la Colombie et l’Equateur ont entrepris après plusieurs mois de tension. Plus près de nous, je me réjouis de l’entente conclue entre la Croatie et la Slovénie à propos de l’arbitrage relatif à leur frontière maritime et terrestre. Je me félicite également de l’Accord entre l’Arménie et la Turquie en vue de la reprise de relations diplomatiques, et je souhaite aussi qu’à travers le dialogue, les relations entre tous les pays du Caucase méridional s’améliorent. Durant mon pèlerinage en Terre Sainte, j’ai appelé de façon pressante les Israéliens et les Palestiniens à dialoguer et à respecter les droits de l’autre. Encore une fois, j’élève ma voix, afin que soit universellement reconnu le droit de l’Etat d’Israël à exister et à jouir de la paix et de la sécurité dans des frontières internationalement reconnues. Et que, de même, soit reconnu le droit du Peuple palestinien à une patrie souveraine et indépendante, à vivre avec dignité et à se déplacer librement. Je voudrais, en outre, demander le soutien de tous, afin que soient protégés l’identité et le caractère sacré de Jérusalem, son héritage culturel et religieux, dont la valeur est universelle. Seulement ainsi, cette ville unique, sainte et tourmentée, pourra être signe et anticipation de la paix que Dieu désire pour toute la famille humaine. Par amour du dialogue et de la paix, qui sauvegardent la création, j’exhorte les gouvernants et les citoyens de l’Iraq à dépasser les divisions, la tentation de la violence et l’intolérance, pour construire ensemble l’avenir de leur pays. Les communautés chrétiennes veulent elles aussi y apporter leur contribution, mais pour cela il faut que leur soient assurés respect, sécurité et liberté. Ces derniers mois, le Pakistan a été aussi durement frappé par la violence et certains épisodes ont visé directement la minorité chrétienne. Je demande que tout soit fait afin que de telles agressions ne se renouvellent plus et que les chrétiens puissent se sentir pleinement intégrés dans la vie de leur pays. S’agissant des violences contre les chrétiens, je ne puis omettre de mentionner, par ailleurs, le déplorable attentat dont vient d’être victime la communauté copte égyptienne ces derniers jours, alors même qu’elle fêtait Noël. Concernant l’Iran, je souhaite qu’à travers le dialogue et la collaboration, soient trouvées des solutions communes, aussi bien au niveau national qu’au plan international. Au Liban, qui a surmonté une longue crise politique, je souhaite de continuer sur la voie de la concorde. J’espère que le Honduras, après un temps d’incertitude et d’agitation, s’achemine vers une normalité politique et sociale retrouvée. Et je souhaite qu’il en aille de même pour la Guinée et pour Madagascar, avec l’aide effective et désintéressée de la communauté internationale.

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, au terme de ce rapide tour d’horizon, qui, à cause de sa brièveté, ne peut mentionner toutes les situations qui mériteraient de l’être, me reviennent à l’esprit les mots de l’Apôtre Paul, pour qui « la création tout entière crie sa souffrance » et « nous aussi, nous crions en nous-mêmes notre souffrance » (Rom. 8, 22-23). Oui, il y a tant de souffrances dans l’humanité et l’égoïsme humain blesse la création de bien des façons. C’est pour cela que l’attente du salut, qui concerne toute la création, est encore plus intense et qu’elle est présente dans le cœur de tous, croyants et incroyants. L’Eglise indique que la réponse à cette aspiration est le Christ « premier-né par rapport à toute créature, car c’est en lui que tout a été créé dans les cieux et sur la terre » (Col. 1, 15-16). Fixant sur Lui mon regard, j’exhorte toute personne de bonne volonté à œuvrer avec confiance et générosité pour la dignité et la liberté de l’homme. Que la lumière et la force de Jésus nous aident à respecter l’écologie humaine, conscients que l’écologie environnementale en trouvera aussi un bénéfice, car le livre de la nature est unique et indivisible ! C’est ainsi que nous pourrons consolider la paix, aujourd’hui et pour les générations à venir. Bonne année à tous !

Armoiries de Sa Sainteté le Pape Benoît XVI

2009-36. Méditons devant la crèche avec la catéchèse de notre Saint-Père le Pape Benoît XVI du 23 décembre :

L’avant veille de Noël, mercredi 23 décembre 2009, lors de sa catéchèse hebdomadaire donnée au cours de l’audience générale, notre Saint-Père le Pape Benoît XVI a rappelé l’historique et le sens spirituel de la représentation de la crèche, si chère à la tradition de nos pays occidentaux. Ce texte peut très utilement être repris et médité devant nos crèches domestiques.

Crèche du Mesnil-Marie, décembre 2009.

Chers frères et sœurs,

avec la neuvaine de Noël que nous célébrons ces jours-ci, l’Eglise nous invite à vivre de manière intense et profonde la préparation à la Naissance du Sauveur, désormais imminente. Nous avons tous dans le cœur le désir que la fête de Noël toute proche nous donne, dans l’activité frénétique de nos journées, une joie sereine et profonde qui nous fasse toucher du doigt la bonté de notre Dieu et nous remplisse d’un courage nouveau.

Pour faire mieux comprendre le sens de la Naissance du Seigneur, je voudrais évoquer rapidement l’origine historique de cette fête. En effet, l’année liturgique de l’Eglise s’est développée initialement non pas à partir de la naissance du Christ, mais de la foi en sa résurrection. Donc la plus ancienne fête chrétienne n’est pas Noël, mais Pâques ; la résurrection du Christ fonde la foi chrétienne, elle est à la base de l’annonce de l’Evangile et fait naître l’Eglise. Donc être chrétiens signifie vivre à la manière de Pâques, en nous laissant prendre par le dynamisme qu’a créé le Baptême et qui nous amène à mourir au péché pour vivre avec Dieu (cf. Romains 6, 4).

Le premier à affirmer clairement que Jésus est né le 25 décembre a été Hippolyte de Rome, dans son commentaire, écrit vers l’an 204, du livre du prophète Daniel. Par la suite certains exégètes ont noté que l’on célébrait ce jour-là la fête de la dédicace du temple de Jérusalem, instituée par Judas Macchabée en 164 avant J-C. La coïncidence des dates signifierait alors que c’est avec Jésus, apparu comme lumière de Dieu dans la nuit, que se réalise vraiment la consécration du temple, l’Avènement de Dieu sur cette terre.

Dans la chrétienté la fête de Noël a pris une forme définie au IVe siècle en remplaçant la fête romaine du « Sol invictus », le soleil invincible ; cela a mis en évidence le fait que la naissance du Christ est la victoire de la vraie lumière sur les ténèbres du mal et du péché.

Mais l’atmosphère spirituelle particulière et intense qui entoure Noël s’est développée au Moyen Age, grâce à saint François d’Assise, qui avait un profond amour pour l’homme Jésus, Dieu-avec-nous. Son premier biographe, Tommaso da Celano, raconte dans la « Vita seconda » que saint François « plus que toutes les autres fêtes, célébrait avec un soin ineffable la Naissance de l’Enfant Jésus, et appelait fête des fêtes le jour où Dieu, fait petit enfant, avait tété le sein d’une femme » (Fonti Francescane, 199, p. 492).

Cette dévotion particulière au mystère de l’incarnation est à l’origine de la fameuse célébration de Noël à Greccio. Elle fut probablement inspirée à saint François par son pèlerinage en Terre Sainte et par la crèche de Sainte-Marie-Majeure à Rome. Le Poverello d’Assise désirait expérimenter de manière concrète, vivante et actuelle l’humble grandeur de l’événement de la naissance de l’Enfant Jésus et d’en transmettre la joie à tous.

Dans sa première biographie, Tommaso da Celano parle de la nuit de la crèche de Greccio de manière vivante et touchante, offrant une contribution décisive à la diffusion de la plus belle tradition de Noël, celle de la crèche. La nuit de Greccio, a en effet redonné à la chrétienté l’intensité et la beauté de la fête de Noël, et a appris au peuple de Dieu à en percevoir le message le plus authentique, la chaleur particulière, et à aimer et adorer l’humanité du Christ.

Cette approche particulière de Noël a offert à la foi chrétienne une nouvelle dimension. Pâques avait concentré l’attention sur la puissance de Dieu qui triomphe de la mort, inaugure la vie nouvelle et apprend à espérer dans le monde à venir. Avec saint François et sa crèche, ce qui était mis en évidence, c’était l’amour désarmé de Dieu, son humilité et sa bonté, qui se manifestent aux hommes dans l’incarnation du Verbe pour leur enseigner une nouvelle façon de vivre et d’aimer.

Celano raconte que, dans cette nuit de Noël, François reçut la grâce d’une vision merveilleuse. Il vit, couché immobile dans la mangeoire, un petit enfant, qui fut tiré du sommeil justement par la présence de François. Et il ajoute: « Et cette vision n’était pas en désaccord avec les faits parce que, par sa grâce qui agissait à travers son saint serviteur François, l’Enfant Jésus fut ressuscité dans le cœur de beaucoup de gens qui l’avaient oublié et profondément gravé dans leur mémoire pleine d’amour » (Vita prima, Fonti Francescane, 86, p. 307).

Ce tableau décrit très précisément ce que la foi vivante et l’amour de François pour l’humanité du Christ ont transmis à la fête chrétienne de Noël : la découverte que Dieu se révèle dans les tendres membres de l’Enfant Jésus. Grâce à saint François, le peuple chrétien a pu percevoir qu’à Noël Dieu est vraiment devenu l’ »Emmanuel », le Dieu-avec-nous, dont nous ne sommes séparés par aucune barrière et aucune distance. En cet Enfant, Dieu est devenu si proche de chacun de nous, que nous pouvons le tutoyer et avoir avec lui un rapport de confiance et de profonde tendresse, comme avec un nouveau-né.

En effet Dieu-Amour se manifeste en cet Enfant : Dieu vient sans armes, sans force, parce qu’il ne veut pas conquérir de l’extérieur, pour ainsi dire, mais être accueilli par l’homme dans la liberté ; Dieu se fait Enfant désarmé pour vaincre l’orgueil, la violence, la soif de possession de l’homme. En Jésus, Dieu s’est fait pauvre et désarmant pour nous vaincre par l’amour et nous conduire à notre véritable identité. Nous ne devons pas oublier que le plus grand titre de Jésus-Christ est justement celui de « Fils », Fils de Dieu ; la dignité divine est indiquée par un mot qui prolonge la référence à l’humble situation de la mangeoire de Bethléem, tout en correspondant de manière unique à sa divinité, qui est la divinité du « Fils ».

Son état d’Enfant nous indique, de plus, comment nous pouvons rencontrer Dieu et jouir de sa présence. C’est à la lumière de Noël que nous pouvons comprendre ce qu’a dit Jésus : « Si vous ne vous convertissez pas et ne devenez pas comme les petits enfants, vous n’enterez pas dans le royaume des cieux » (Matthieu 18, 3). Celui qui n’a pas compris le mystère de Noël n’a pas compris l’élément décisif de la vie chrétienne. Celui qui n’accueille pas Jésus avec un cœur d’enfant ne peut entrer dans le royaume des cieux : c’est ce que François a voulu rappeler à la chrétienté de son temps et de tous les temps, jusqu’à aujourd’hui.

Prions le Père pour qu’il accorde à notre cœur cette simplicité qui reconnaît le Seigneur dans l’Enfant, comme François l’a fait à Greccio. Alors il pourrait nous arriver à nous aussi ce que Tommaso da Celano – se référant à l’expérience des bergers pendant la Sainte Nuit (cf. Luc 2, 20) – dit de ceux qui assistèrent à l’événement de Greccio : « Chacun d’eux rentra chez lui plein d’une joie ineffable » (Vita prima, Fonti Francescane, 86, p. 479).

C’est le voeu que je forme avec affection pour vous tous, pour vos familles et pour tous ceux qui vous sont chers. Bon Noël à vous tous !

2009-35. « Il faut chercher à vivre tous les jours ce que la crèche représente  » (Benoît XVI).

Mardi 15 décembre 2009.

Chers Amis du « Refuge Notre-Dame de Compassion« ,

La fête de la naissance du Sauveur du monde n’est plus que dans dix jours… On a un peu l’impression que le temps s’accélère à l’approche de Noël, tant il y a de choses à préparer! Pour nous la principale préparation est celle de la crèche, devant laquelle ensuite, jusqu’au 2 février, il sera loisible de méditer sur le grand mystère de l’Incarnation du Verbe et sur l’humilité, la douceur et les abaissements inouïs du Fils de Dieu devenu le Fils de l’homme.

Comme une tranche des travaux prévus y est achevée, depuis quelques jours nous pouvons disposer de la moitié de l’ancien grenier, qui sera désormais appelé « Salle Saint-Augustin »; Frère Maximilien-Marie l’a nettoyé, rangé, et y a aménagé un oratoire provisoire : c’est donc là que notre crèche sera installée.

Préparatifs de la crèche dans la Salle Saint-Augustin.

Mise en place du « ciel », de « Bethléem » et des « collines de Judée » dans la Salle Saint-Augustin…

Frère Maximilien-Marie apporte un très grand soin à l’agencement de la crèche, et il nous explique le pourquoi de telle ou telle chose. Chlôris et moi, nous suivons avec beaucoup d’intérêt l’avancement des travaux : je ne doute certainement pas que d’autres pourraient – techniquement et artistiquement – faire beaucoup mieux, fignoler davantage les détails architecturaux, paysagers ou végétaux, mais ce dont je suis certain c’est qu’une forme de réflexion spirituelle, de pensée nourrie par la méditation des saints évangiles, anime Frère Maximilien-Marie quand il travaille à cette préparation.

Préparation des maisons de Bethléem

Fabrication de la place du village de « Bethléem »…

C’est ce que notre Saint Père le Pape Benoît XVI rappelait dimanche dernier à l’occasion de l’angélus, récité avec les fidèles réunis sur la place Saint-Pierre du Vatican. En effet, le troisième dimanche de l’Avent, les familles et les enfants de Rome viennent traditionnellement présenter à la bénédiction du Souverain Pontife les représentations de l’Enfant Jésus (en italien on les appelle affectueusement des « Bambinelli ») qui seront déposées dans la crèche dans la sainte nuit de la Nativité. Je vous encourage à méditer et surtout à mettre en pratique ces paroles du Pape :

« (…) C’est pour moi un motif de grande joie de savoir que dans vos familles on conserve l’usage de faire la crèche. Cependant, il ne suffit pas de répéter un geste traditionnel, même s’il est important. Il faut chercher à vivre en fait tous les jours ce que la crèche représente, c’est-à-dire l’amour du Christ, son humilité, sa pauvreté. C’est ce que fit Saint François à Greccio : il représenta une scène vivante de la Nativité, pour pouvoir la contempler et l’adorer, mais surtout pour savoir mieux mettre en pratique le message du Fils de Dieu, qui par amour pour nous s’est dépouillé de tout et s’est fait petit enfant.

La bénédiction des « Bambinelli » – comme on dit à Rome – nous rappelle que la crèche est une école de vie, où nous pouvons apprendre le secret de la véritable joie. Celle-ci ne consiste pas dans le fait d’avoir beaucoup de choses, mais dans le fait de se sentir aimés par le Seigneur, en se donnant pour les autres et en les aimant. Regardons la crèche : la Vierge Marie et Saint Joseph ne semblent pas une famille très aisée ; ils ont eu leur premier fils au milieu de grandes difficultés ; pourtant ils sont remplis d’une joie intime, parce qu’ils s’aiment, ils s’aident, et surtout ils sont certains que dans leur histoire c’est l’œuvre de Dieu, qui s’est fait présent dans le petit Jésus. Et les bergers ? Quelle raison auraient-ils de se réjouir ? Ce Nouveau-né ne changera certainement pas leur condition de pauvreté et de marginalisation. Mais la foi les aide à reconnaître dans l’« enfant emmailloté et couché dans une mangeoire », le « signe » de l’accomplissement des promesses de Dieu pour tous des hommes « qu’il aime » (Luc II,12.14), pour eux-mêmes !

Voilà, chers amis, en quoi consiste la véritable joie : c’est de sentir que notre existence personnelle et communautaire est visitée et remplie par un grand  mystère, le mystère de l’amour de Dieu. Pour nous réjouir, nous avons besoin non seulement de choses, mais d’amour et de vérité : nous avons besoin d’un Dieu proche, qui réchauffe notre cœur, et répond à nos attentes profondes. Ce Dieu s’est manifesté en Jésus, né de la Vierge Marie. Donc, ce Bambinello, que nous mettons dans la crèche ou dans la grotte, est le centre de tout, est le cœur du monde. Prions pour que chaque homme, comme la Vierge Marie, puisse accueillir comme centre de sa vie le Dieu qui s’est fait Enfant, source de la véritable joie. »

Oratoire provisoire du Mesnil-Marie

Notre oratoire aux vêpres du 3ème dimanche de l’Avent.

En attendant, que je puisse vous présenter notre crèche achevée, je vous encourage très vivement et par dessus tout à préparer en vos âmes une crèche spirituelle pour y accueillir l’Enfant-Dieu auquel tant d’hommes aujourd’hui, reproduisant l’attitude des hôteliers de Bethléem il y a deux mille neuf cent dix ans, ferment leurs portes et leurs coeurs… Voilà pourquoi, l’Eglise nous encourage à faire une neuvaine préparatoire à Noël, et je ne peux que vous inciter vous aussi à entrer dans cette démarche de prière, d’espérance et de foi.

Lully.

Nota : On trouvera ici >www, une proposition de neuvaine préparatoire à Noël, du 16 au 24 décembre.

Publié dans:Chronique de Lully |on 15 décembre, 2009 |4 Commentaires »

2009-34. De la spiritualité de l’Avent et de l’arrivée d’une statue de la Vierge à l’Enfant en notre « Mesnil-Marie ».

Couronne de l'Avent 2009

Mercredi 9 décembre 2009.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Avec le premier dimanche de l’Avent, nous sommes entrés dans une nouvelle année liturgique.
La « Couronne de l’Avent » (dont le symbolisme avait été expliqué > ici), évoque, par sa forme même, le cycle de la liturgie : j’ai accompagné Frère Maximilien-Marie à la lisière de notre bois pour couper les branches de sapin avec lesquelles il a ensuite confectionné la couronne que vous voyez sur la photo ci-dessus et dont nous allumons les bougies selon la progression des dimanches.

Quel beau temps que celui de l’Avent !
Nous nous replongeons dans les textes de la Sainte Ecriture qui nous annoncent la consolation et le salut, et nous sommes transportés par une joyeuse espérance dans l’attente de la fête de la Nativité du Sauveur.
Noël n’est pas la célébration d’une naissance qui appartient au passé, à la manière dont on commémore les grandes dates de l’histoire ou les armistices ; c’est véritablement une actualisation du mystère de la venue du Fils de Dieu : la liturgie rend présents et actuels les mystères qu’elle célèbre. Il ne s’agit pas d’une « reconstitution », mais d’une réalisation invisible – mystique – opérée par une grâce réelle, donnée aux âmes et à toute la création… Oui, j’insiste sur ce point, cette grâce n’est pas seulement pour les hommes mais pour toute la création : c’est Saint Paul qui l’écrit dans le merveilleux chapitre VIII de l’épître aux Romains (19-22). Voilà pourquoi le mois de décembre est tout entier baigné d’une lumière comparable à celle de l’aube : ce n’est pas encore la pleine lumière, mais une clarté qui nous assure que la nuit prendra fin et que le soleil resplendira à nouveau…
On peut aussi comparer le temps de l’Avent au sentiment qui naît dans l’esprit d’un voyageur égaré dans la nuit et le froid lorsqu’il entrevoit soudain, au loin dans les ténèbres, le point lumineux d’une fenêtre : il sait qu’en se dirigeant vers ce qui n’est encore qu’un point  de lumière il trouvera un lieu où il sera accueilli, où un bon feu  réchauffera ses membres engourdis, où un bol de soupe lui rendra des forces… Alors, avant même d’arriver, une joyeuse espérance l’envahit et lui fait hâter le pas.

La façade est du Mesnil-Marie à la tombée de la nuit le 8 décembre

Illumination des fenêtres du Mesnil-Marie le soir du 8 décembre.

Dans la démarche spirituelle de l’Avent, la très belle fête du 8 décembre occupe une place de choix : dans cette dynamique qui nous porte vers l’avènement de la « Lumière née de la Lumière », la Très Sainte Vierge Marie a bien évidemment un rang de tout premier ordre. Elle est l’Aurore avant le Jour. La conception très pure, sans tache, immaculée  (par une grâce venant déjà des mérites de la mort du Sauveur), par Sainte Anne et Saint Joachim, de Celle qui deviendrait  une quinzaine d’années plus tard la Mère du Verbe Incarné, est une étape importante de l’histoire de notre salut. C’est comme l’étoile du matin – Stella matutina – annonciatrice des clartés de l’aurore. Marie est l’étoile et pour honorer le moment où elle fut conçue dans le sein de Sainte Anne, nous avons allumé au rebord des fenêtres du Mesnil-Marie, selon la belle tradition née et perpétuée à Lyon (*), des lampions de couleurs : petites étoiles terrestres répondant au clignotement des étoiles du ciel.

Il n’y avait pas que nos fenêtres qui étaient éclairées hier soir : nous avions aussi éclairé la statue de la Vierge à l’Enfant qui est arrivée samedi dernier (c’est vraiment providentiellement qu’elle est arrivée le samedi – jour marial par excellence – parce que le  jour prévu pour la livraison était le vendredi mais le transporteur avait été retardé par les conditions climatiques). Frère Maximilien-Marie l’a acquise sur un site de ventes aux enchères en ligne et, il faut bien le dire, il n’y avait pas d’autres candidats…

La Vierge à l'Enfant (détail)

Pour terminer ma petite chronique de ce soir, je vous propose une très belle invocation, extraite d’une prière traditionnelle récitée devant la statue de Notre-Dame de Chartres, et tout à fait conforme à l’esprit de ce temps de l’Avent :

« O Vierge immaculée, qui devez enfanter à la grâce et à la gloire tous les élus de Dieu, daignez me recevoir dans votre sein maternel et me former en vous pour que je ressemble à Jésus! »

Recevez mes salutations félines les plus distinguées.

Lully.

*
*       * 

PS. : N’oubliez pas demain, 10 décembre, la fête de Notre-Dame de Lorette dont j’ai déjà parlé > ici.

(*) Les illuminations de la ville de Lyon :
le 8 décembre 1852 la procession annoncée à l’occasion de la bénédiction de la statue de la Vierge en bronze dorée qui venait d’être placée au sommet du clocher de la chapelle de Fourvière, fut empêchée par le mauvais temps. Par une sorte de mouvement spontané qui se communiqua à toute la ville, les fidèles placèrent alors sur le rebord de leurs fenêtres des bougies et des lumignons en hommage à la Protectrice de leur cité : 
« Tout à coup apparaissent à quelques fenêtres inconnues des lignes de feu… La ville s’était embrasée en un instant. Bientôt, il ne restait plus, sur la vaste étendue des quais, des rues, des passages ignorés et des cours invisibles, aucune fenêtre obscure. Les petits marchands, les clochers, illuminaient leurs baraques, leurs voitures et jusqu’aux bordures des trottoirs… Quelques feux de Bengale s’allumèrent sur les toits de la chapelle de Fourvière, la statue de la Vierge apparaît et la grosse cloche de Saint Jean, cet éloquent interprète des joies publiques, est lancée à toute volée. A huit heures, la population entière était dans la rue, circulant, paisible, joyeuse et attendrie. On se serrait la main sans se connaître, on chantait des cantiques, on applaudissait, on criait : « Vive Marie !  » Les étrangers n’en revenaient pas de leur surprise, et les Lyonnais, tout remplis qu’ils étaient de cette fête improvisée, se demandaient comment, en un instant, une population de trois cent mille âmes avait pu être saisie de la même pensée ».
Depuis lors tous les ans- et malgré la laïcisation de la fête – la tradition est perpétuée et elle a peu à peu gagnée d’autres cités, d’autres provinces…

2009-32 b. L’automne 2009 au Mesnil-Marie (2nde partie): activités et travaux…

Samedi 14 novembre 2009 (suite).

B. Les travaux au « Mesnil-Marie« :

Depuis mon compte-rendu de l’été (cf.> www), vous l’imaginez sans peine, les travaux du « Mesnil-Marie » ont encore avancé. A la fin du mois de septembre, a eu lieu le traitement complet des charpentes contre les parasites; puis au cours du mois d’octobre nous avons eu l’électricien (un homme vraiment très bien puisqu’il aime les chats!) qui a travaillé très efficacement à faire disparaître l’ancienne installation électrique. Cette dernière était complètement anarchique et défectueuse : une nuit d’orage, au mois de mars dernier, nous avions manqué terminer à l’état de grillades! Ensuite il a commencé à mettre en place la nouvelle installation, très rationnelle et sécurisée : ce n’est pas encore terminé, mais du moins n’avons nous plus des rallonges et des prises multiples se surajoutant les unes aux autres, et ne sommes nous plus exposés aux courts circuits et coupures de courant imprévisibles qui faisaient aussi disjoncter… la patience de Frère Maximilien-Marie!

electrocute.gif

Les maçons sont ensuite revenus pour achever la restauration de notre cheminée dont le faîtage a été complètement remis en état et consolidé. Le 22 octobre, notre gros poêle à bois pouvait reprendre sa place et son service. Est-il utile de vous préciser que l’isolation de la toiture, réalisée au printemps dernier, se montre d’une réelle efficacité? Voici la photo de notre première flambée :

La première flambée de l'automne...

Bien sûr, en prévision de l’hiver, il a fallu que Frère Maximilien-Marie fasse livrer une provision de bois; comme les camions ne peuvent pas approcher de la maison, le déchargement des stères a été fait dans notre prairie en bordure de route et, fort heureusement, un énorme tractopelle a finalement pu prendre le relais et rapprocher les bûches de la maison. Maintenant, petit à petit, Frère Maximilien-Marie les range et les rentre; nos visiteurs sont aussi parfois mis à contribution : toute personne ayant les mains libres et venant nous voir est invitée à  transporter, en fonction de ses possibilités, une, deux ou trois bûches!!!  En outre, Frère Maximilien-Marie débite à la tronçonneuse tous les chevrons et les planches qui ont été retirés de notre ancienne toiture.

La cheminée du Mesnil-Marie

Avant que les pluies n’aient ramené de l’eau dans notre petit ruisseau, Frère Maximilien-Marie s’est également employé à en nettoyer le lit, envahi de ronces et d’orties, s’efforçant autant que possible d’arriver jusqu’à la roche. Tout ne peut pas être fait en une seule fois, et il faudra sans nul doute encore bien des après-midi de travail pour que tout soit complètement dégagé et propre… Il travaille également à dégager la roche-mère sur laquelle la maison est construite : les années y ont accumulé de la terre et des gravats, qui favorisent l’humidité et la décomposition de la pierre, voire les infiltrations d’eau… Il a donc résolu de la remettre à nu et d’arracher toutes les racines qui s’introduisent dans les interstices du rocher et le fragilisent.

Travaux de dégagement de la roche

Les travaux de l’automne, ce sont aussi des cueillettes de fruit : il y a quelques semaines, Chlôris vous parlait du ramassage des noix que nous venions de commencer (cf.> www): la récolte a été abondante cette année. Il y aussi les pommes, avec lesquelles on réalise de délicieuses compotes, les coings avec lesquels on peut faire de délicieuses confitures, et même de la liqueur, les tomates vertes, qui ne pourront plus mûrir maintenant et qu’on nous a données : en y ajoutant quelques agrumes on fait de merveilleuses confitures. Frère Maximilien-Marie essaie de retrouver et de mettre en oeuvre des recettes ancestrales , parfois aussi il a quelques petites innovations qui sont (le plus souvent) des réussites… et notre grand confiturier est maintenant bien garni!!!

Préparatifs de la confiture de tomates vertes

Enfin, en faisant bien attention aux phases de la lune, il y a les derniers travaux de  taille des végétaux et de plantation des bulbes, pour que les tulipes et les lys continuent de fleurir toujours plus abondamment autour du « Mesnil-Marie« .

tulipes.gif

C. De quelques autres activités et de nos soucis de santé:

Je tiens à mentionner que Frère Maximilien-Marie a été très heureux de participer à une manifestation qui s’appelle « la Ronde des Sucs« , qui avait lieu cette année le troisième ouiquinde du mois de septembre : c’est une proposition de randonnées pédestres, entre Mézenc et Gerbier de Joncs, qui offre plusieurs parcours – de longueur et de difficulté variées – permettant la découverte d’un patrimoine naturel incomparable… Frère Maximilien-Marie n’y allait pas comme randonneur mais participait à la logistique et avait proposé une animation pour la soirée du samedi : en l’occurrence il avait préparé une veillée de contes… contes qu’il avait composés lui-même, en exploitant une partie du fond commun des contes traditionnels et en y ajoutant au gré de sa fantaisie des données plus locales… Il est probable que ce genre de veillée lui sera demandé à nouveau.

Chlôris malade

Mais il y a aussi quelques nouvelles moins réjouissantes. C’est ainsi que je suis désolé de vous dire que notre Chlôris a été à nouveau bien malade : maladie qui à plusieurs reprises nous a fortement alarmés et a même nécessité un séjour en clinique vétérinaire et des examens approfondis. Le dévouement  et la gentillesse de Madame la Doctoresse des chats sont vraiment touchants pour combattre une maladie qui est liée à une grande fragilité hépatique.  La pauvre minette ne manque ni de courage ni de force de caractère,  comme une véritable archiduchesse qu’elle est, mais elle est encore très faible . Cependant, avec l’aide des Saints du Ciel (car le Bon Dieu et ses amis n’ont de mépris pour aucune créature!), nous ne désespérons pas de la voir se rétablir et réjouir toute la maison de ses jeux et de sa grâce incomparablement câline.

Quant à la santé de Frère Maximilien-Marie, même si elle s’améliore tout doucement, elle demande encore aussi des ménagements et je ne suis pas le dernier à le lui rappeler!!! Avec votre permission, en sus de mon autorité de Maître Chat, je me prévaudrai du poids de l’amitié que vous lui portez quand il sera nécessaire que j’intervienne pour lui intimer l’ordre de se reposer… ce dont je vais aller, maintenant, lui donner l’exemple car je suis fatigué après vous avoir autant écrit. A bientôt!

Lully.duboutchat0002copie.jpg

 

Publié dans:Chronique de Lully |on 14 novembre, 2009 |3 Commentaires »
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