Archive pour la catégorie 'Chronique de Lully'

2011-85. Le Refuge Notre-Dame de Compassion sur Facebook.

Jeudi 17 novembre 2011,
Fête de Saint Grégoire de Tours, historien des Francs.

Chers Amis,

Beaucoup d’entre vous le savent déjà, notre humble Refuge Notre-Dame de Compassion est présent sur Facebook : il y est d’abord présent sous la forme d’une « page », intitulée « Echos du Mesnil-Marie », que même les non-inscrits peuvent consulter (cf. > ici), et sur laquelle est publié quotidiennement un éphéméride et des textes en rapport avec la liturgie et les anniversaire de chaque jour ; y sont également publiés certains liens en rapport avec l’actualité – religieuse ou sociale -, ainsi que quelques uns de nos « coups de cœur ».

Mais Frère Maximilien-Marie y est également présent par un profil personnel avec un pseudonyme que les « initiés » peuvent aisément comprendre.
Comme notre Frère ne fait pas partie de ceux qui cherchent à enfler leur liste d’ « amis » : ceux qui peuvent avoir accès à ce profil personnel sont strictement triés et relativement peu nombreux (ce sont essentiellement des personnes qu’il connaît et estime déjà dans la « vraie vie ») : il privilégie les échanges personnels de qualité et je peux vous assurer  qu’il y en a, j’en suis témoin!…

Lully à l'ordinateur!!!

Certains de nos amis se sont effrayés ou ont émis des réserves au sujet de cette présence sur Facebook.
Certes – nous en sommes pleinement conscients -, les réseaux sociaux sont le domaine d’une virtualité qui peut être pleine de mensonges et de tromperies ; ils permettent un « flicage » qui est véritablement effrayant, c’est vrai ; ils sont aussi l’amplificateur, la caisse de résonance et le démultiplicateur de toutes les passions et turpitudes, lâchetés et méchancetés,  péchés et tares de l’humanité, c’est encore vrai !

Mais j’attirerai justement votre attention sur le fait que les réseaux sociaux en général et Facebook en particulier ne sont que des amplificateurs, des caisses de résonance et des démultiplicateurs : ils ne sont pas l’origine de tout le mal qu’ils peuvent véhiculer.
La source de ce mal se trouve dans le cœur de l’homme
; ce mal on le trouve en toute société, parce qu’elle est composée d’hommes pécheurs. Le cœur de l’homme et, par conséquent, la société se pervertissent d’autant plus que les hommes tournent le dos à Dieu, se révoltent contre Sa loi de sainteté et sont rebelles à Sa grâce…

Il est bien vrai que l’on peut retrouver tout ce mal, décuplé, sur ces réseaux sociaux qui se sont tellement développés sur Internet : mais il est également vrai qu’on peut y trouver de bonnes, voire d’excellentes choses, et il est encore tout aussi vrai qu’on peut les utiliser pour de bonnes choses.
Le mal n’est pas une fatalité, et ce qui peut servir d’instrument au mal, pourquoi ne pas le faire aussi concourir à quelque bien ?

Au Mesnil-Marie, nous ne sommes pas des Amish : ce n’est pas en supprimant le progrès technique que l’on éliminera le mal de la société ou du cœur de l’homme, mais c’est en y faisant pénétrer l’influence et la grâce divines le plus largement possible !

Il importe certes d’exercer un discernement, un jugement, une maîtrise et un contrôle qui soient pleinement et rigoureusement cohérents avec la foi qui nous habite et le zèle qui nous anime.
Cela n’est-il pas justement bien plus accordé à l’esprit de l’Evangile et à l’exemple des saints ?
Je me souviens d’avoir lu que certains visiteurs de Niepokalanow posaient à Saint Maximilien-Marie Kolbe des questions de ce genre : « Tout de même, ces rotatives et machines à imprimer de tout denier cri, cette station de radio… pensez-vous que Saint François d’Assise aurait approuvé cela ? » Et le Père Kolbe répondait calmement : « Si Saint François était là, il retrousserait ses manches et se mettrait au travail avec nous ! »

Dans un texte que je vais très bientôt mettre en ligne in extenso sur ce blogue, notre amie Isabelle a écrit : « Si aujourd’hui des réseaux dit sociaux existent, autant les utiliser, non pas comme d’aucuns en ont peur, peur d’être fiché, réduits au silence. Puisque réseaux il y a,  utilisons-les pour clamer, informer, penser et proposer, crier et non nous taire.  Et même si tout ce que nous y disons est archivé, et bien tant mieux. D’éminents spécialistes de la communication mettent en garde par rapport au fait que sur ces réseaux tout est entendu, vu. Retournons donc l’arme et utilisons cette fenêtre de prime abord sans vue pour faire voir, non pas nous-mêmes, mais ce monde qui n’est qu’imposture, faciès non aimable. Il nous incombe de nous éduquer pour changer la face du monde… »

Sur Facebook, Frère Maximilien-Marie a créé et anime quelques « groupes ». Ils ont pour noms :

- « Prions pour nos malades » : conformément à son titre, ce groupe permet de recommander à tous ceux qui y sont inscrits des intentions de prière pour des personnes en souffrance (physique, psychologique et/ou spirituelle), et je puis témoigner que ces prières de personnes éloignées géographiquement mais qui ont pu se réunir en Dieu grâce à Internet, ont obtenu déjà des grâces signalées.

- « Requiem aeternam dona eis, Domine » : là encore le titre est assez explicite, c’est un groupe dans lequel sont confiés à la prière de tous les membres les âmes des personnes dont on apprend le décès.

- « Amour & Réparation » : ce groupe propose de petits jalons sans prétention, pour soutenir et encourager fraternellement ses membres dans leur marche spirituelle à l’occasion des moments forts de la liturgie (fêtes, temps liturgiques spécifiques) selon la spiritualité du Sacré Cœur de Jésus et du Cœur douloureux et immaculé de Marie.

- « Gustave Thibon » : lieu d’échanges et de partage Pour tous ceux qui trouvent un aliment intellectuel et spirituel dans les écrits, la pensée et l’exemple du « paysan philosophe » Gustave Thibon (1903-2001).

- « A mort le Père Noël, vive l’Enfant Jésus! » : avec ce titre intentionnellement provocateur, ce groupe se propose de rassembler ceux qui en ont par dessus la tête de cet vieillard obèse et bêtifiant aux couleurs de Coca-Cola, imposé par ceux qui ont transformé la fête de la Naissance du Sauveur dans la pauvreté en une scandaleuse débauche de consommation, et qui veulent au contraire s’employer dans leur famille et autour d’eux à remettre à l’honneur les traditions chrétiennes de la fête de Noël.

- « Je soutiens et défends la doctrine légitimiste traditionnelle » : espace restreint d’échanges d’informations et de communication entre personnes de confiance qui se réfèrent de manière stricte aux principes et valeurs de la monarchie capétienne traditionnelle telles qu’elles sont défendues et promues par l’U.C.L.F. (Union des Cercles Légitimistes de France) sans cependant prétendre être un organe officiel de l’Union.

Voici en résumé ce que notre Frère appelle parfois en riant sa « paroisse virtuelle », mais je puis vous assurer que là on a bien dépassé le stade de la virtualité informatique et qu’on est entré, en se servant des possibilités offertes par Internet et par Facebook, dans le domaine de la surnaturalité chrétienne!

Lully à l'ordinateur!!!   Lully.

2011-84. Félines (et impertinentes) réflexions d’actualité à propos de Luther et des Borgia.

10 novembre,
Fête de Saint Georges du Velay, évêque et confesseur (cf. > ici) ;
… et anniversaire de la naissance du moine apostat Martin Luther.

       Chaque matin, je regarde quels sont les anniversaires historiques du jour : sans doute est-ce l’effet conjugué de la curiosité naturelle des chats – qui est qualité – et de l’éducation que m’a donnée mon papa-moine lequel est, vous le savez, un grand amateur d’histoire.
Aujourd’hui donc, j’ai noté l’anniversaire de la naissance de Martin Luther, le 10 novembre de l’année 1483.

Cela a réveillé en moi le souvenir de quelques réflexions que je m’étais déjà faites et que je me suis résolu à partager avec vous.

perspicace et clairvoyant

   Comme j’ai un certain goût pour les formules provocatrices, j’avais même envie de donner à mon texte le titre  suivant : « Et si nous faisions l’éloge de Luther? »

   Je m’explique : il n’est en aucune manière dans mon intention de faire l’apologie de ce prétendu réformateur et de défendre les hérésies par lesquelles il a non seulement semé le trouble et le désordre dans l’Eglise, mais qui ont aussi introduit dans la Chrétienté occidentale des ferments durables de divisions politiques et sociétales véritablement diaboliques.

   Je ne veux pas davantage disserter sur la personnalité complexe, sur les troubles psychologiques ni sur le déséquilibre spirituel de ce personnage que, pour ces raisons même et si l’on avait exercé alors un discernement digne de ce nom, l’on n’eût jamais dû accepter dans la vie religieuse ni ordonner prêtre ; je ne veux pas non plus m’étendre sur les abus réels commis par certains membres du clergé à cette époque-là, parce qu’ils ne furent qu’un prétexte et ne constituent pas le fond réel de la révolte de Luther.

   Mais je voudrais faire remarquer que, sur quelques points, l’on doit reconnaître une véritable cohérence au moine apostat : lorsqu’il cessa de croire à la transubstantiation et au renouvellement non sanglant du Saint Sacrifice du Calvaire à la Messe, il cessa de la célébrer ; ayant renié ses vœux monastiques, il se mit en ménage avec une religieuse qu’il avait dévergondée ; en opposition ouverte avec la papauté, il quitta l’Eglise romaine…
C’est en cela que je serais tenté de « faire son éloge » : je me répète, non parce que je l’approuve, mais parce que finalement il fut cohérent.

Luther brûlant la bulle pontificale

10 décembre 1520 : Luther brûle la bulle « Exsurge,Domine » et le droit canonique

   Cette cohérence fait défaut aujourd’hui à un certain nombre de prêtres, et même d’évêques.

   En effet, je sais (parce que je suis témoin de certaines conversations qui ont lieu en notre Mesnil-Marie lorsque des personnes viennent  rendre visite à Frère Maximilien-Marie et expriment leur souffrance en face de situations ou d’événements qui ont lieu dans leurs paroisses ou leurs diocèses) qu’il y a toujours à l’heure actuelle des membres du clergé qui sont en désaccord profond avec la Tradition et le Magistère authentiques de la Sainte Eglise, qui remettent en question les dogmes catholiques, qui ont renié leur promesse solennelle de célibat – prononcée devant Dieu et devant l’Eglise -, et vivent de manière plus ou moins discrète en concubinage, qui ne croient pas au Saint-Sacrifice de la Messe et à la doctrine eucharistique tels qu’ils ont été dogmatiquement définis par le Concile de Trente… etc.
Je ne fais que reprendre les trois points précédemment évoqués au sujet de Luther, mais je pourrais citer aussi nombre d’autres erreurs et hérésies qui portent atteinte aux points les plus fondamentaux de la foi chrétienne : la Sainte Trinité, l’Incarnation et la divinité de Notre-Seigneur Jésus-Christ, la Rédemption… Cette énumération n’est – hélas ! – pas exhaustive.

   Les questions que je me pose sont donc les suivantes :
- Pourquoi ces clercs restent-ils dans l’Eglise ?
- Pour quelles raisons, n’étant plus fidèles à la doctrine et à la discipline catholiques, ne rejoignent-ils pas des communautés protestantes ou des sectes professant les mêmes convictions que les leurs ?
- Quel « intérêt » ont-ils à demeurer à leurs postes où, en définitive, ils ne font que semer le trouble et la confusion, œuvrer à la perte de la foi des quelques fidèles qui fréquentent encore leurs églises, entretenir la crise et achever la liquidation spirituelle et temporelle des paroisses et des diocèses ?
- Le fait qu’ils demeurent apparemment dans l’Eglise alors qu’ils sont factuellement schismatiques et hérétiques est-il motivé par une vulgaire « nécessité alimentaire », ou bien est-il mû par la détermination perverse de continuer malgré tout à « travailler à faire avancer l’Eglise » ou à « faire évoluer les mentalités » (selon la phraséologie qui leur est particulière) à l’encontre des enseignements de la Foi catholique pérenne ?

   Je m’interroge…

Alexandre VI          Martin Luther

Portraits d’Alexandre VI et de Martin Luther

   Un second point sur lequel je souhaitais vous livrer quelques réflexions est lié à la diffusion d’une série télévisée intitulée « Borgia » [note : ces lignes ont été rédigées à l'automne 2011]. Je ne la regarde pas, bien évidemment, mais j’ai lu quelques publications à son sujet.
J’ai particulièrement apprécié ce qu’en a écrit le journaliste et historien Jean Sévillia sur son blogue (article qui n’est malheureusement plus en ligne) :

« (…) Un décor fastueux, des personnages forts et une atmosphère qui laisse libre cours à la dague, au poison et aux plaisirs des sens. Sang, sexe et pouvoir : avec un tel cocktail, la série fera de l’audience. Mais quel rapport avec l’histoire, la vraie ?

«Il semble, écrit Marcel Brion, que l’on renonce volontiers à toutes les garanties de la critique historique lorsqu’il s’agit des Borgia, comme si leur seul nom, si bien chargé d’infamie, suffisait à justifier d’avance les attaques les plus violentes et souvent les moins valables» (…) s’agissant des Borgia, le mythe s’est dès l’origine substitué à la réalité : leur lecture renvoie dans la catégorie des fictions le barnum mis en scène sur Canal+.

Retracer la vie des Borgia suppose en effet de recourir aux sources authentiques et de leur faire subir un examen critique, ainsi que procèdent Brion et Cloulas, mais surtout d’éviter l’anachronisme. Du point de vue des mentalités, de l’organisation sociopolitique et même de l’institution pontificale, tout est situé et daté dans cette histoire.

(…) En 1517, les dérives romaines conduiront Martin Luther à déclarer la guerre à la papauté. En 1545, avec l’ouverture du concile de Trente, c’est l’Eglise elle-même, en réponse à la Réforme, qui s’attachera à remettre de l’ordre dans ses rangs, faisant émerger un nouveau clergé. En 1565, le troisième supérieur général des Jésuites sera François Borgia. Celui-ci, arrière-petit-fils d’Alexandre VI, mourra en 1572 et sera canonisé un siècle plus tard. Comme par hasard, ce Borgia-là n’aura jamais droit à un film. »

De mon côté je me faisais les réflexions suivantes :
- Quelque scandaleux qu’ait été le comportement d’Alexandre VI, et sans vouloir en aucune manière le justifier ni l’excuser, il n’en demeure pas moins que son pontificat a sans doute été moins dommageable à l’Eglise que les années qui ont suivi le second concile du Vatican sous le règne du – officiellement – « vertueux » Paul VI !
- Je fais mien ce commentaire de l’un des correspondants de Frère Maximilien-Marie : « La condamnable inconduite privée des mauvais clercs et des mauvais prélats n’aura, en toute bonne justice, précipité que leur âme en enfer ; les mauvais enseignements qui font perdre la foi et flattent les pécheurs font d’autres victimes ! D’ailleurs il y a peu de témoins des drames d’alcôve des Borgia, il en va autrement – hélas ! – de l’apostasie post-conciliaire… »
- Notre société d’une manière générale, et certaines chaînes de télévision en particulier érigent en règles de vie et en modèles les comportements les plus déviants, la licence des mœurs et l’immoralité… Toutefois elles deviennent étrangement prudes et rigoristes quand il s’agit d’évoquer la boue qui, en raison des péchés de ses enfants et non en raison de sa doctrine authentique, macule l’histoire bimillénaire de l’Eglise.
A n’en pas douter, si l’on suit la « logique » de certains média, l’infidélité de Luther à ses vœux, sa violence et ses débauches seraient des qualités, alors que des comportements identiques seraient le summum de l’abomination chez son contemporain Rodrigue Borgia !

pattes de chatLully.                          

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« O mon Dieu, Trinité que j’adore… »

Célèbre prière écrite par


Sainte Elisabeth de la Trinité

Bienheureuse Elisabeth de la Trinité

       Le 9 novembre est le « dies natalis », c’est-à dire le jour de la naissance au Ciel (9 novembre 1906) de Sainte Elisabeth de la Trinité : l’Ordre du Carmel et l’archidiocèse de Dijon célèbrent sa fête le jour précédent (puisque cette date du 9 novembre est déjà « occupée » par la grande fête de la dédicace de l’Archibasilique du très Saint Sauveur au Latran, tandis que chez nous, au Mesnil-Marie, avec les possibilités offertes par l’ancienne liturgie, nous rajoutons sa mémoire au jour-même de l’anniversaire de sa mort.

   Je ne vais pas aujourd’hui vous faire le résumé de sa vie (on peut le trouver ici par exemple > ici), mais je veux seulement vous encourager à approfondir comme elle le mystère de l’inhabitation de la Sainte Trinité dans votre âme de baptisé, et à méditer et prier avec elle…

Sanctae Trinitas symbolica representatio

        O mon Dieu, Trinité que j’adore, aidez-moi à m’oublier entièrement pour m’établir en Vous, immobile et paisible comme si déjà mon âme était dans l’éternité. Que rien ne puisse troubler ma paix, ni me faire sortir de Vous, ô mon Immuable, mais que chaque minute m’emporte plus loin dans la profondeur de votre Mystère. Pacifiez mon âme, faites-en votre ciel, votre demeure aimée et le lieu de votre repos. Que je ne Vous y laisse jamais seul, mais que je sois là tout entière, tout éveillée en ma foi, tout adorante, toute livrée à votre Action créatrice.

   O mon Christ aimé crucifié par amour, je voudrais être une épouse pour votre Cœur, je voudrais Vous couvrir de gloire, je voudrais Vous aimer… jusqu’à en mourir ! Mais je sens mon impuissance et je vous demande de me « revêtir de vous même », d’identifier mon âme à tous les mouvements de votre âme, de me submerger, de m’envahir, de Vous substituer à moi, afin que ma vie ne soit qu’un rayonnement de votre Vie. Venez en moi comme Adorateur, comme Réparateur et comme Sauveur.

   O Verbe éternel, Parole de mon Dieu, je veux passer ma vie à Vous écouter, je veux me faire tout enseignable, afin d’apprendre tout de Vous. Puis, à travers toutes les nuits, tous les vides, toutes les impuissances, je veux Vous fixer toujours et demeurer sous votre grande lumière; ô mon Astre aimé, fascinez-moi pour que je ne puisse plus sortir de votre rayonnement.

   O Feu consumant, Esprit d’amour, « survenez en moi » afin qu’il se fasse en mon âme comme une incarnation du Verbe : que je Lui sois une humanité de surcroît en laquelle Il renouvelle tout son Mystère. Et Vous, ô Père, penchez-Vous vers votre pauvre petite créature, « couvrez-la de votre ombre », ne voyez en elle que le « Bien-Aimé en lequel vous avez mis toutes vos complaisances ».

   O mes Trois, mon Tout, ma Béatitude, Solitude infinie, Immensité où je me perds, je me livre à Vous comme une proie. Ensevelissez-Vous en moi pour que je m’ensevelisse en Vous, en attendant d’aller contempler en votre lumière l’abîme de vos grandeurs.

Ainsi soit-il.

Reliquaire de la Bse Elisabeth de la Trinité (au Mesnil-Marie)

Reliquaire de Sainte Elisabeth de la Trinité
exposé au jour de sa fête dans l’oratoire du Mesnil-Marie.

2011-83. Le Christ veut régner par la vertu de Son Sacré-Cœur.

Sermon de Monsieur l’Abbé Henri V.

à l’occasion de la Fête du Christ Roi

- dimanche 30 octobre 2011 -

       Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

   je livre aujourd’hui à votre lecture et à votre méditation le texte de la prédication faite par Monsieur l’Abbé V. – desservant de notre quasi paroisse selon le rite latin traditionnel -  à l’occasion de la Fête du Christ Roi de cette année 2011.
Les illustrations qui accompagnent cette publication présentent la chasuble du Christ Roi que nous conservons en notre Mesnil-Marie, très beau travail de broderie et de ferveur réalisé par des religieuses.

Chasuble du Christ Roi (Mesnil-Marie)

       Cette Fête du Christ Roi – fixée à la fin de l’année liturgique – conclut et récapitule la célébration des mystères de Jésus-Christ et de notre salut.
Après les mystères de Noël et de l’Epiphanie, le mystère pascal de la Passion et de la Résurrection, après la gloire de l’Ascension, l’Eglise, instruite par l’Esprit-Saint, nous montre le Christ Roi : Roi du Ciel et de la terre, siégeant à la droite du Père et régnant ici-bas par la Croix victorieuse, source de justice et de paix.

   Toute l’histoire de l’humanité apparaît comme un jour, le jour du Seigneur, autour de la venue du Christ, Soleil de lumière, de vie et d’amour.
Alors que le monde était plongé dans les ténèbres de la mort et attendait son Salut, Il est venu, Lui, le Verbe éternel et le Fils unique du Père, dissiper la nuit obscure du péché et de l’ignorance, et apporter aux hommes le don de l’héritage de la Patrie céleste.
Et si, avec le temps, le monde vieillit au point que la nuit semble tomber et envahir l’Eglise elle-même, l’espérance assure que le soleil couchant annonce à l’horizon un jour nouveau, celui du retour glorieux du Christ à la fin des temps, lorsqu’Il viendra juger les vivants et les morts, et introduire le peuple des élus dans l’éternité bienheureuse !

   Au rythme des célébrations et des Messes, la sainte liturgie rassemble l’Eglise et fait avancer ses membres pas à pas, au-delà du cycle sacré de chaque année, vers le Royaume des Cieux, à la suite du Christ Roi.

ange brodé sur le devant de la chasuble

       Le Christ est donc Roi ?

   Assurément !
Par nature, il est le Verbe par qui tout a été fait ; par conquête, Il est le Sauveur du genre humain attirant tout à Lui du haut de la Croix.
Le Christ est Roi à double titre : en tant que Créateur et en tant que Rédempteur, ayant restauré la création et relevé l’humanité jusqu’à la dignité la plus haute.

   Sans Sa grâce, en dehors de Lui, la nature, l’univers et, bien sûr, toute l’humanité se condamneraient à s’autodétruire.
Tout Lui appartient, même le temporel, le profane et la sphère privée.
Rien ne peut échapper à l’influence de Sa grâce.
C’est une Royauté universelle.

   Le Christ est le Roi des nations parce qu’il n’y a de salut – mais aussi de justice, de paix, de prospérité, de liberté et de fraternité entre les hommes – que dans la mesure où les nations reconnaissent Ses droits en tant qu’Auteur de la nature et Rédempteur du genre humain.
Il est le Roi des rois en ce sens que les gouvernements doivent se soumettre à Sa Royauté universelle, à laquelle ils participent et de laquelle ils reçoivent leur pouvoir et leur légitimité : César doit rendre à Dieu ce qui appartient à Dieu !

détail de l'ange brodé dans le dos

   Cependant, si la Royauté du Christ est universelle, elle n’est pas immédiatement et directement temporelle : c’est une Royauté spirituelle et surnaturelle qui inonde le monde de la grâce de la foi, de l’espérance et de la charité, grâce descendue du Ciel qui oriente tout le domaine temporel vers l’éternité de son destin.

   Le Christ respecte l’ordre naturel dont Il est l’Auteur : Il rend à César ce qui appartient à César.
Mais tout – le politique, le social, l’économie, le domestique, la technique et l’art -, tout est au service du bien et du salut des hommes que Jésus est venu apporter au monde.
Royauté universelle : tout est par Lui mais aussi pour Lui !

   Certes – hélas ! – l’histoire de l’humanité, dominée toujours par la victoire du Christ, est cependant marquée par l’infidélité, l’apostasie voire la révolte : lorsque le Peuple de Dieu proteste qu’il n’a pas d’autre roi que César, lorsque une république révolutionnaire proclame des droits de l’homme sans Dieu, lorsque l’on déclare que la loi civile de l’Etat arbitraire est au-dessus de la loi divine, mais aussi lorsque des hommes d’Eglise laissent entendre que l’on peut se sauver sans le Christ, et lorsque, depuis Rome et Assise, on prétend que la paix peut se répandre dans le monde sans proférer la moindre allusion à Jésus-Christ, Prince de la Paix !

   Ils L’ont découronné !
Ou pire, ils L’ont couronné d’épines !

Détail de la chasuble du Christ Roi : couronne

   En conséquence, ce n’est pas seulement l’heure de la grande apostasie, mais c’est aussi fatalement l’heure de la révolte et du refus le plus funeste : le monde ne veut ni du Christ, ni du Salut que Celui-ci propose avec tant d’amour et de miséricorde. Jésus crucifié !

   Mais – et c’est le sens de l’histoire – le Christ règne par la Croix ; Il construit Ses victoires et relève l’humanité pécheresse à partir des péchés et des prétentions des hommes.

   Dieu ne peut permettre non seulement que les élus eux-mêmes se perdent, mais que les hommes puissent perdre en eux toute étincelle d’espoir et de vie.

   Le monde d’aujourd’hui court à sa perte, les gens ont peur de l’avenir, ils ne savent plus à quoi se raccrocher, ils désespèrent.
On n’a jamais autant parlé de liberté, de paix, de démocratie… et voyons quel constat s’impose de plus en plus à tous !

   Le Christ a pitié de cette foule.
S’Il veut régner, c’est par la vertu de Son Sacré-Cœur !

motif central

   Le Christ Roi n’est ni un dictateur ni un démagogue, profitant de la faiblesse des hommes et flattant leurs passions.
Le Christ ne recherche pas Sa propre gloire.
Sa Royauté n’est pas domination : c’est une Royauté d’Amour!
Ce qu’Il veut, c’est le bonheur des hommes.
Il a conquis Son Royaume en portant sur Lui les péchés du monde, et Il connaît le pécheur par la tendresse de Son Cœur.

   Qui a le mieux chanté la victoire du Christ Roi, sinon la sainte Vierge, proclamant les grandeurs et la puissance de son Fils ?
« Fecit potentiam in brachio Suo, dispersit superbos mente cordis sui. Deposuit potentes de sede : Il a déployé la force de Son bras, Il a dispersé les hommes orgueilleux ; Il a renversé les puissants de leurs trônes ! »

   C’est à la Messe que l’Eglise célèbre par excellence la Royauté du Christ, et nous la communique : en nous et autour de nous, dans nos familles et nos communautés.
Il y a les chants du Gloria et du Credo, les lectures – Epître et Evangile qui proclament la Parole du Roi -, et bien sûr le renouvellement du Sacrifice : « Il est digne, l’Agneau qui a été immolé, de recevoir la puissance, la divinité, la sagesse, la force et l’honneur ; à Lui la gloire et l’empire pour les siècles des siècles ! » (
introït de cette fête) ; puis le chant solennel du Pater – « Que Votre Règne arrive ! » car il appartiendra à Jésus de remettre Son Royaume entre les mains de Son Père, principe de toute autorité et de tout don – ; enfin, à la Communion, le Corps du Christ fait partager à Ses fidèles Ses prérogatives royales : avec le Christ, les chrétiens unis au Christ participent à Ses mystères pour faire des élus un peuple de rois et de saints : ce que nous contemplerons à la Toussaint.

détail du motif central, le Sacré-Coeur

On peut lire – ou relire – aussi sur ce blogue :
- « De la Royauté du Christ à la gloire de Ses élus » > ici.
- L’Acte de consécration au Sacré-Coeur qui doit être publiquement récité à l’occasion de cette fête > ici.

2011-82. Quelques réflexions après Assise-3 (Professeur R. de Mattei)

Mercredi 2 novembre 2011.

Le n° 242 de « Correspondance Européenne«  vient de me parvenir ce soir. Il contient des « réflexions » du Professeur Roberto de Mattei sur la réunion d’Assise qui s’est tenue le 27 octobre dernier. Comme nous avions publié sur ce blogue, en janvier (cf. > www) puis quelques semaines plus tard (cf. > www) les textes pertinents signés par le Professeur de Mattei demandant avec insistance un éloignement de toute forme de syncrétisme et de tout risque de mauvaise interprétation, nous pensons intéressant de reproduire ci-dessous sa première analyse après l’évènement.

Assise basilique

En tant que signataire d’un appel à Sa Sainteté Benoît XVI pour qu’Il revienne sur Sa décision de célébrer le vingt-cinquième anniversaire du premier rassemblement interreligieux à Assise, et le rassemblement ayant eu lieu, je ne peux m’empêcher d’exprimer quelques réflexions à ce propos.

Quel que soit le jugement que l’on porte sur cette troisième rencontre d’Assise, il faut souligner qu’elle a certainement représenté une correction objective de route par rapport aux deux rencontres précédentes, surtout en termes de risque de syncrétisme. À ce sujet, il faut lire attentivement le discours que le Cardinal Raymond Leo Burke a adressé lors du Congrès intitulé : Pélerins de la Vérité vers Assise, qui s’est déroulé le 1er octobre dernier à Rome proposant une possible clé d’interprétation de l’événement.

Au cours de la « Journée de réflexion, dialogue et prière pour la paix et la justice dans le monde » qui s’est déroulée le 27 octobre, il n’y a pas eu un seul moment de prière de la part des présents, ni en commun, ni en parallèle, comme cela avait en revanche été le cas en 1986, avec les différents groupes religieux réunis dans différents endroits de la ville de Saint François. Du reste chacun sait que celui qui à l’époque était le cardinal Ratzinger avait évité de participer à cette rencontre, et que son absence avait alors été interprétée comme une prise de distance à l’égard des équivoques que cette initiative allait générer.

Benoît XVI a voulu donner à ce rassemblement du 27 octobre un visage autre que celui des rassemblements précédents : le visage, comme l’a expliqué le cardinal Burke, « d’une rencontre interreligieuse dans le sens d’un dialogue interculturel, appuyé sur la rationalité, bien précieux de l’Homme en tant que tel ». Deux textes nous permettent de comprendre la pensée de Benoît XVI en matière de « dialogue » : la première est la lettre envoyée par le Saint Père au philosophe Marcello Pera, déjà Président du Sénat, à l’occasion de la sortie de son livre Perché dobbiamo dirci cristiani (Pourquoi nous devons nous déclarer Chrétiens) (Mondadori, Milan 2008). Dans cette lettre, Benoît XVI écrivait qu’ « un dialogue interreligieux, au sens strict du terme, est impossible, mais qu’il est d’autant plus urgent de mettre en place un dialogue interculturel qui approfondisse les conséquences culturelles des décisions religieuses de fond. Dans ce cas, le dialogue, une correction mutuelle, et un enrichissement réciproque sont possibles et nécessaires ».

Le second document est également une lettre du Saint Père, adressée cette fois le 4 mars 2011 au pasteur luthérien Peter Beyerhaus, qui avait manifesté au Saint Père sa crainte face à la nouvelle convocation de la journée d’Assise. Benoît XVI lui écrivait : « Je comprends fort bien votre préoccupation quant à votre participation à la rencontre d’Assise. Mais il fallait de toute façon marquer cette commémoration, et après tout, il me semblait que le meilleur moyen était que je m’y rende moi-même, pour tenter ainsi de déterminer la direction du tout. Néanmoins, je ferai tout pour rendre impossible une interprétation syncrétiste ou relativiste de l’événement, et pour qu’il soit bien établi que je croirai et je confesserai toujours ce que j’avais rappelé à l’attention de l’Église avec Dominus Iesus ».

Effectivement, il n’y a pas eu, au moins apparemment, d’interprétation syncrétiste ou relativiste de l’événement, ou du moins elle a été atténuée, et pour cette même raison, les médias ont accordé bien peu de place à l’événement. Pourtant, un autre aspect d’Assise-3 suscite des perplexités que l’on ne peut passer sous silence.

L’on peut nouer un dialogue interculturel avec des croyants d’autres religions, non pas sur une base théologique, mais sur la base rationnelle de la loi naturelle. Or la loi naturelle n’est rien d’autre que le Décalogue, le devoir des deux préceptes de Charité : amour de Dieu et amour du prochain, exprimés dans les deux tables remises à Moïse par Dieu Lui-même. Il est possible que, bien qu’ils professent les fausses religions, il se trouve des croyants d’autres religions qui cherchent à respecter cette loi naturelle qui est universelle et immuable, car commune à tout être humain (l’entreprise est du reste très ardue sans l’aide de la Grâce). La loi naturelle peut constituer un « pont » qui portera ces « infidèles » à la plénitude de la Vérité, y compris la Vérité surnaturelle.

En revanche, le dialogue avec ceux qui ne croient dans aucune religion, c’est à dire avec les athées convaincus, est largement plus problématique. Car la loi naturelle ne se compose pas seulement des sept commandements qui règlent la vie entre les hommes, mais d’un ensemble de dix commandements, dont les trois premiers imposent de rendre un culte à Dieu. La Vérité exprimée par le Décalogue est que l’Homme doit aimer Dieu par-dessus toutes les créatures, et aimer ces dernières selon l’ordre établi par Lui. L’athée refuse cette Vérité, et il est dépourvu de cette possibilité de se sauver qui est offerte, même si c’est de façon exceptionnelle, aux croyants d’autres religions. Et si l’on peut concevoir l’ignorance non coupable de la vraie religion catholique, on ne peut concevoir l’ignorance non coupable du Décalogue, parce que sa loi est inscrite « sur les tables du cœur humain par le doigt même du Créateur »(Rm. 2, 14-15).

Il y a bien sûr la possibilité d’une recherche ou d’un « pèlerinage » vers la Vérité, y compris de la part des non-croyants. C’est ce qui se passe lorsque le respect du Deuxième Commandement (l’amour du prochain) pousse progressivement à en chercher le fondement dans le Premier Commandement (l’amour de Dieu). C’est la position de ceux que l’on appelle les « athées dévôts », comme Marcello Pera et Giuliano Ferrara qui, comme l’a fait remarquer à juste titre Francesco Agnoli dans son article : « (Io cattolico pacelliano, dico al card. Ravasi che ad Assisi ha sbagliato atei »(Moi, catholique pacellien, je dis au cardinal Ravasi qu’à Assise il s’est trompé d’athées), “Il Foglio”, 29 octobre 2011), « ont fait un bon bout de chemin avec les croyants, et ce chemin ils le font continuellement, en faisant fonctionner la raison ». Ces derniers, aujourd’hui, se montrent à l’égard de certains préceptes du Décalogue plus fermes et plus observants que de nombreux Catholiques. Mais les athées convoqués à Assise n’ont rien de « dévôt » : ils appartiennent à cette catégorie de non-croyants qui méprisent non seulement les trois premiers commandements, mais toute la Table du Décalogue.

C’est une position que la philosophe et psychanalyste Julia Kristeva a reprise dans le quotidien “Corriere della Sera” (28 octobre 2011) –  qui a publié in extenso son intervention à Assise, intitulé : « Un nuovo umanesimo in dieci principi » (Un nouvel Humanisme en dix Principes). À la différence d’autres spécialistes laïcs, Kristeva a revendiqué une ligne de pensée qui, partant de la Renaissance, arrive à l’Illuminisme de Diderot, Voltaire et de Rousseau, y compris le marquis de Sade, Nietzsche et Sigmund Freud, c’est à dire cet itinéraire qui, comme l’ont démontré d’éminents spécialistes de l’athéisme, du père Cornelio Fabro (Introduzione all’ateismo moderno, Studium, Rome 1969) au philosophe Augusto Del Noce (Il problema dell’ateismo, Il Mulino, Bologne 2010), porte précisément à ce nihilisme, que la psychanalyse française, sans pour autant nier sa propre vision athée et permissive de la société, voudrait contrer, au nom d’une « complicité » collaborative entre humanisme chrétien et humanisme sécularisé. L’issue de cette coexistence pacifique entre le principe athée d’immanence et un vague rappel de la religiosité chrétienne ne peut être que le panthéisme, cher à tous les modernistes, anciens et contemporains.

Le point sur lequel Assise-3 risque de représenter un dangereux avancement dans la confusion qui tenaille actuellement l’Église est celui que tous les médias ont largement souligné, à savoir : l’extension de l’invitation à Assise, – en plus de celle adressée aux représentants des différentes religions du monde entier -, également à des athées et à des agnostiques, sélectionnés parmi les plus éloignés de la métaphysique chrétienne. Nous nous demandons quel dialogue peut être possible avec ces « non-croyants » qui nient à la racine la loi naturelle.

La distinction entre les athées « combattants » et athées « collaborateurs » risque d’ignorer la force agressive contenue dans l’athéisme implicite, qui ne s’exprime pas de façon militante, mais qui de ce fait même est plus dangereux. Les athées de l’UAAR (Union des Athées et des Agnostiques rationalistes) ont au moins quelque chose à enseigner aux Catholiques : ils professent leurs erreurs avec un esprit de militantisme dont les Catholiques ont totalement abdiqué pour défendre leurs vérités. C’est ce qui se passe par exemple lorsque l’on critique les croisades, qui n’ont pas été une déviation de la Foi, mais des entreprises encouragées officiellement par des Papes, exaltées par les saints, fondées sur la Théologie et régies, pendants des siècles, par le Droit canonique.

Si à l’époque l’Église s’est trompée, alors est-ce que ceux qui aujourd’hui prêchent qu’il faut être « cool » et qu’il ne faut pas s’imposer face aux ennemis, extérieurs et intérieurs, qui les harcèlent, ne se trompent pas ? Et si l’Église, comme nous le savons, ne se trompe pas dans Son enseignement, alors quelle devrait être l’ultime règle de Foi du Catholique dans des moments de confusion comme celui que nous sommes en train de traverser ?

Voilà des questions que tout simple fidèle a le droit de poser, avec respect, aux autorités suprêmes de l’Église, au lendemain de ce 27 octobre 2011.

Roberto de Mattei

Publié dans:Commentaires d'actualité & humeurs |on 2 novembre, 2011 |2 Commentaires »

2011-81. L’histoire de l’homme qui s’ennuyait…

Conte pour la Toussaint

d’après une idée de Charles Péguy.

guirlande de fleurs

Jour de Toussaint.
Le Mont Mézenc et les hauts plateaux vivarois sont enveloppés de brouillard ; une bruine presque imperceptible tombe sur notre vallée et – vous vous en doutez bien -, n’ayant nulle envie d’aller dehors, je suis resté près du poêle à lire.
Dans les cahiers de Frère Maximilien-Marie, j’ai trouvé un conte tout à fait en rapport avec la fête d’aujourd’hui et j’ai décidé de vous le retranscrire.
« L’histoire de l’homme qui s’ennuyait »
a été écrite par notre Frère à partir d’une idée de Charles Péguy.
Je dis bien « à partir d’une idée » : en effet, dans une conversation avec des amis, Péguy avait un jour raconté cette histoire qu’il avait imaginée et qu’il voulait mettre par écrit. La « grande guerre », qui le faucha le 5 septembre 1914, ne lui en laissa pas le temps : nous n’avons que les souvenirs écrits par ses amis, et c’est ce dont Frère Maximilien-Marie s’est servi pour en faire une saynète qu’il fit jouer à des scouts.
Je vous dédie ce conte, chers Amis de notre Mesnil-Marie, en espérant que vous trouverez autant de plaisir et de matière à réflexion que j’en ai eu moi-même à sa lecture.

Lully.

Lully au crayon

Il était une fois, un homme qui s’ennuyait, qui s’ennuyait, mais qui s’ennuyait…
Depuis le matin et jusqu’au soir, il s’ennuyait.
Chaque jour, et à chaque heure du jour, il s’ennuyait.
D’un bout de l’année à l’autre, il s’ennuyait!

Il s’ennuyait autant qu’il respirait.
Il n’avait rien d’autre à faire.
Il s’ennuyait…
… et il s’ennuyait de s’ennuyer!
C’était ainsi.

Or cet homme qui s’ennuyait savait toutefois qu’il y avait pour lui un moyen de ne plus s’ennuyer.
Oh! un moyen très simple – presque un jeu d’enfant – : pour ne plus jamais s’ennuyer, il lui suffisait d’écrire une lettre.
C’était si simple!

Mais voilà, l’homme qui s’ennuyait savait aussi que cette simple lettre serait un gros péché, un énorme péché…

Pour ne plus jamais s’ennuyer – jamais!-, il lui suffisait d’ouvrir son secrétaire, d’en retirer une feuille blanche et de la poser devant lui, là, de prendre sa plume, de la tremper dans l’encrier, et d’écrire…  puis de sécher la lettre, de la cacheter, de l’expédier…
Et ce serait fini : il ne s’ennuierait plus jamais.
Jamais!

Oui mais, c’était un péché!
Et l’énormité de cet horrible péché l’avait toujours fait reculer.
Et voilà pourquoi il continuait à s’ennuyer.

Plusieurs fois il s’était dit : « Allons! c’est trop bête! Il n’y a qu’à l’écrire cette lettre et j’aurais fini de m’ennuyer… »
Puis il avait reculé ; il avait repoussé l’horrible tentation.
Et il s’ennuyait toujours!

Un jour, où il s’ennuyait plus encore qu’à l’accoutumée, il n’y tint plus.
Son ennui était tel qu’il résolut d’envoyer au loin ses scrupules et qu’il préféra succomber à la tentation de cet énorme péché.
Il s’assit donc à son bureau, prit une feuille et commença sa lettre.

Or, cet homme qui s’ennuyait avait aussi une manie, une habitude dont il ne s’était jamais défait : chaque fois qu’il commençait une lettre et écrivait la date, il regardait aussitôt dans le calendrier quel était le saint du jour.
Il écrivit donc « mercredi 25  » et se dit aussitôt en saisissant l’éphéméride : « Voyons, mercredi 25… mercredi 25 : Saint Louis! »

Saint Louis!!!
Il eut un mouvement de recul : Saint Louis, le roi juste et saint ; Saint Louis avec son beau manteau bleu fleurdelysé ; Saint Louis rendant la justice sous le chêne de Vincennes ; Saint Louis recevant la Sainte Couronne d’Epines…
Non! il ne pouvait tout de même pas commettre un tel péché, un si gros péché, le jour de Saint Louis!
Il rangea donc sa feuille en se disant : « Je peux bien attendre demain, j’ai déjà tellement attendu. Un jour de plus, ce n’est pas grand chose. Mais le jour de Saint Louis, non! »

Le lendemain matin, l’homme qui s’ennuyait  revint à son bureau pour se mettre au travail : il prit sa feuille, marqua la date, et prit son calendrier : « Voyons! Jeudi 26… jeudi 26 : Saint Zéphyrin… »
Saint Zéphyrin, ça ne lui disait rien du tout.
Il se mit donc à écrire.

Mais alors, un petit personnage tout rouge de colère fit irruption dans la pièce, à la manière d’un vent de bourrasque. Si zéphyr, en grec, désigne le vent d’ouest, plutôt doux et léger, Saint Zéphyrin -  car c’était lui – semblait l’avoir oublié ce jour-là.
Il se précipita sur l’homme qui s’ennuyait et lui cria : « Alors, hier, parce que c’était le jour de Saint Louis, et que Saint Louis c’est un roi, et l’un des plus grands rois, tu as renoncé. Mais aujourd’hui, parce que c’est moi, et que je ne suis qu’un tout petit Zéphyrin de rien du tout, tu feras ton gros péché!!! Ah, mais non! Ça ne se passera pas comme ça!… Ça ne peut pas se passer comme ça!… »
Et il lui en dit tant, et sur un tel ton, en tournoyant dans le bureau, que la feuille fut prestement remise dans son tiroir.

Vint le lendemain.
L’homme qui s’ennuyait revint vers sa table.
Avant toute autre chose, prudemment, du regard il fit le tour de la pièce : « Personne, à droite! Personne à gauche!… Bien, bien! Allons-y! »
Il s’assit, ouvrit son tiroir, prit une feuille et marqua la date : vendredi 27.
Aussitôt il chercha le saint du jour… Vendredi 27 : Saint Damien.
Comme ça ne lui disait rien non plus, il commença sa lettre…

Patatras! Qui est-ce qui lui tombe dessus?
Saint Damien!
Et il n’est pas tout seul : il vient avec Saint Côme, son frère. A deux, on est plus forts…
En plus, ils portaient les instruments de leur martyre : de quoi vous glacer le sang.
Saint Damien le regarda d’un air triste et dit d’une voix grave : « Alors, avant-hier tu as reculé devant Saint Louis. Hier, tu as reculé devant Saint Zéphyrin. Et aujourd’hui que c’est moi, tu me causerais une telle peine? Aujourd’hui que je suis de garde – car Saint Côme et Saint Damien étaient médecins et ils en avaient le vocabulaire -, tu oserais commettre un tel péché? As-tu pensé à ce que l’on dira de moi, là-haut dans le Ciel? Je les entends d’ici. Ils me diront : C’est du joli! On peut te confier la terre pendant une journée : voilà ce qui arrive. Tu n’as pas été capable d’empêcher une telle horreur… »
Et la tristesse et les plaintes de Saint Damien eurent raison de sa détermination ce jour-là aussi.

Et il en fut ainsi tous les jours.
Car il continuait à s’ennuyer, et il ne voulait plus s’ennuyer : il voulait écrire sa lettre!
Tous les jours, il recommençait à marquer la date.
Tous les jours, il recommençait à regarder son calendrier…
Il s’obstinait.
Mais les Saints s’obstinaient aussi.

Les uns le prenaient par la douceur : « Allons! Allons, sois gentil! Dis-moi que tu ne vas pas faire un péché aussi laid… »
D’autres, les savants, les docteurs, les Saint Thomas et Saint Alphonse de Ligori, saint Augustin et autres théologiens, lui démontraient avec force arguments et démonstrations qu’il ne pouvait pas succomber à une telle tentation.
D’autres encore, les soldats, tels Saint Georges ou Saint Martin, le reprenaient sans ménagement.
Et le comble fut le jour où ce demi-saint de Charlemagne, avec ses leudes – comme sur sa statue du Parvis Notre-Dame -, l’assaillit et mit la pièce sens dessus dessous : il en fut pour trois jours à se remettre!

Mais notre homme qui s’ennuyait et qui ne voulait plus de son ennui, se dit finalement : « Enfin, il doit bien y avoir un jour dans l’année où il n’y a pas de saint! »

Il réfléchit, il tourna très attentivement les pages de son éphéméride, puis il jubila : « Eureka! Il y a le 14 juillet! »

Ah, bien oui! Qui est-ce qui lui saute sur le paletot?
Sainte Marianne!
« Dis donc! Tu ne vas pas tout de même pas me rajouter une telle horreur? Faire que je traîne aussi cette infamie? Déjà qu’on m’a refilé la république en me piquant mon auréole et en me coiffant d’un bonnet rouge! Et quelle république : laïque et franc-maçonne!!! J’en ai ma claque!… »

L’homme qui s’ennuyait pensa donc : « Paris est décidément trop en vue et trop fréquenté. Je vais partir à la campagne : il sera bien plus facile de m’y cacher. Là, derrière un petit mur ou dans un bosquet solitaire, dans un chemin creux oublié ou dans une lande déserte, ni vu ni connu, et le tour sera joué… »
Il partit donc.

Mais ce fut bien une autre histoire.
Ce n’étaient plus les saints du calendrier des postes qu’il trouvait sur son chemin, mais les saints – méconnus ou inconnus – de notre « France profonde » : les saints qui veillent sur les villages et les clochers, ceux qui président aux travaux des champs et qu’on invoque contre les gelées, les saints oubliés qui protègent les semences et qui opèrent des guérisons aux sources séculaires… des saints robustes et bien campés qu’il croisait, la fourche ou la faux sur l’épaule, ou qui le regardaient passer les bras croisés et le menton en avant…
Tous le renvoyaient en disant : « Va-t-en d’ici avec ton gros péché! Ne viens pas polluer la terre de France, sanctifiée par tant de labeurs et de sacrifices obscurs, par tant d’héroïsme chrétien enfoui dans la trame des siècles et des générations… »

Et ce fut au point qu’il ne pu jamais écrire sa lettre ; il ne put jamais commettre son gros, son énorme péché!

Que croyez-vous qu’il arriva?
La compagnie de tant de saints lui fut profitable : à force de les voir, à force de les rencontrer, à force de les entendre et de les écouter, à force de les fréquenter… il ne s’ennuya plus du tout.
Et leur exemple fut contagieux : il ne songea plus à pécher, mais à les imiter.
Si bien qu’il devint saint lui-même!

Hé bien, voulez-vous que je vous dise?
De même qu’il n’y a pas un lieu sur la terre, pas un endroit, qui ne soit le point de recoupement d’une latitude et d’une longitude, de même aussi aucune circonstance de notre vie ne peut échapper à l’influence des saints.
Ils ne sont jamais loin de nous, toujours prêts à intervenir pour nous aider dans la lutte contre le péché, toujours prêts à intercéder pour nous obtenir la grâce d’éviter le mal et de pratiquer le bien.
L’homme qui ne s’ennuyait plus, parce qu’il avait découvert cette réalité, l’homme que la compagnie des saints avait détourné de son péché… c’est cet homme que chacun de nous est appelé à devenir.

plume & encrier

Un autre conte de Toussaint : « Des saints et des animaux » (en 4 épisodes),
à lire à partir d’ >
ici. 

2011-80. Chronique des mois de septembre et octobre 2011 au Mesnil-Marie.

Vendredi soir 28 octobre 2011, fête des Saints Apôtres Simon et Jude.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

En sus de la fête liturgique des Saints Apôtres Simon et Jude, nous n’avons pas manqué de commémorer aujourd’hui l’anniversaire de la bataille du Pont Milvius, victoire de l’empereur Constantin le Grand sur son rival Maxence obtenue à la suite d’une révélation céleste qui lui montrait la Croix comme instrument de la victoire : « In hoc signo vinces - par ce signe tu vaincras! ».
Dans un an, nous fêterons le dix-septième centenaire de cette victoire dont la conséquence directe fut la fin des persécutions du christianisme dans l’empire romain.
En ces temps de trouble et de crise, nous aimerions que tous les dirigeants des nations, comme jadis Constantin, fassent confiance au Christ Rédempteur et se soumettent à Sa loi, pour le bien véritable – bien temporel déjà, mais bien éternel plus encore – des peuples dont ils portent la responsabilité…

l'apparition de la Croix à Constantin

Raphaël : l’apparition de la Croix à Constantin le Grand (fresque au Vatican)

Mais ce soir je ne veux pas me livrer à des commentaires de l’actualité. Je reviens vers vous, chers Amis, pour vous faire le compte-rendu des activités qui ont marqué le Mesnil-Marie au cours des deux mois écoulés.

Mois de septembre 2011 :

- Samedi 3 septembre : Frère Maximilien-Marie dirige une promenade contée « Sur les pas du Grand Chanéac » (notre chouan local cf. > www). Cette sortie n’avait pas été programmée dans le planning général, mais elle avait été demandée spécialement par un hébergeur de nos connaissances pour un groupe d’amis. Malgré le brouillard, la bruine et le froid, le petit groupe a suivi avec beaucoup d’attention et de vaillance et, semble-t-il, a été très content de ce « voyage dans le temps ».
Ce fut la dernière promenade organisée pour cette saison, mais l’intérêt suscité par ces sorties et la richesse des contacts et des échanges qu’elles ont suscité font qu’elles seront à nouveau proposées l’été prochain.

- Dimanche 4 septembre : Notre Frère aime habituellement à se rendre au pèlerinage de Notre-Dame de Pramailhet, qui a toujours lieu le premier dimanche de septembre et auquel il est attaché depuis son enfance. Toutefois il n’y va pas cette année, tout comme il renoncera aussi, le 8 septembre, au pèlerinage de Notre-Dame d’Ay (j’avais présenté ces très anciens pèlerinages locaux ici > www) : ce n’est pas en raison du mauvais temps, ce n’est pas non plus parce qu’il n’aimerait plus la Sainte Vierge, mais cela est lié au fait qu’il n’a plus la garantie d’y trouver une liturgie authentiquement catholique.
Je m’explique : en pleine conformité avec le motu proprio « Summorum Pontificum » et avec l’instruction « Universae Ecclesiae » publiés par l’autorité de notre Saint Père le Pape Benoît XVI, Frère Maximilien-Marie ne remet pas en question la validité de principe du rite de la messe célébrée selon le missel de Paul VI ; il lui arrive, occasionnellement – quand il ne peut faire autrement -, d’assister à la messe selon la « forme ordinaire du rite romain »… à la condition que justement ce soit bien la « forme ordinaire du rite romain » qui soit célébrée, de manière stricte, en pleine application des rubriques et en communion avec notre Saint Père le Pape car, malheureusement dans les faits et d’une manière très générale encore, c’est loin d’être le cas!
Célébrer selon le missel de Paul VI ne signifie en aucune façon que les « équipes liturgiques », le prêtre ou même l’évêque puissent se permettre de s’écarter des règles codifiées par ce missel et d’user de la liturgie comme d’un bien personnel que l’on modifie à sa guise : un célébrant qui invente des oraisons ou qui les tire de « fiches dominicales » imprimées en Bretagne mais non approuvées par le Siège Apostolique, qui permet que l’on remplace le texte du « Gloire à Dieu », du psaume ou de l’ « Agneau de Dieu » par des chants qui n’en ont pas les paroles exactes, qui néglige d’utiliser tous les ornements sacrés (la chasuble n’est pas facultative!)… etc., et cela malgré les multiples rappels de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements au cours de ces dernières décennies, est-il vraiment dans la communion de l’Eglise?
La question est légitime… et, comme l’enseigne la sagesse populaire, dans le doute il est préférable de s’abstenir. C’est désormais la ligne de conduite suivie par Frère Maximilien-Marie.

Randonnée-écriture 10 septembre 2011 ascension du Lech'ous

- Samedi 10 septembre : Frère Maximilien-Marie participe à une randonnée-écriture, dans le cadre des animations proposées autour des Espaces Naturels Sensibles.
Elle a lieu autour d’un suc volcanique, proche du Mont Gerbier de Joncs, orthographié sur les cartes comme « les Coux » alors qu’il s’agit originellement du Lech’ous (nom d’origine celtique).
La journée commence dans le brouillard : il donne un caractère fantasmagorique à l’ascension du Lech’ous (
c’est la photo ci-dessus) et à la découverte de la Table du Diable, mégalithe en équilibre horizontal autour duquel se greffent de nombreuses légendes.

la Table du Diable, sur le Lech'ous

La « Table du Diable » sur les flancs du Lech’ous

Mais peut-être vous demandez-vous ce qu’est une randonnée-écriture?
Sous la conduite d’un accompagnateur de randonnées en moyenne montagne, c’est un circuit de découverte d’un site, avec observation de la flore, de la faune, du relief, des roches, du paysage… etc. Mais la randonnée est ponctuée de haltes au cours desquelles notre ami Nathanaël, scénariste et animateur de stages, dirige des travaux (très ludiques) de composition et de rédaction. C’est une expérience très riche qui permet très rapidement la cohésion du groupe, avec souvent de grands éclats de rire, mais aussi des échanges qui peuvent être très profonds.
La journée, commencée dans le brouillard comme je l’ai écrit plus haut, s’est achevée sous un soleil radieux ; c’était aussi un soleil intérieur.

- Dimanche 11 septembre : Au Mesnil-Marie, nous n’omettons pas de commémorer le quatrième centenaire de la naissance de Turenne.
Mon papa-moine me raconte l’histoire de ce brillant militaire et grand serviteur de la Couronne de France. Il m’explique aussi comment ce héros s’est converti du parti huguenot à la religion catholique, le 23 octobre 1668.
Du coup, je passe tout le reste de ce dimanche à chantonner la fameuse Marche du Régiment de Turenne, dont la mélodie est attribuée à ce surintendant des musiques royales dont je porte le nom :

M’sieur d’Turenne a dit aux gens du Roi
Qui marchent fiers sous les drapeaux de France,
M’sieur d’Turenne a dit aux gens du Roi :
« Levez la tête et tenez le corps droit!
« Aux jolis yeux, sachez, soldats,
« Mousquet au poing, faire la révérence,
« Aux jolis yeux, sachez, soldats…
« Quant aux boulets ne les saluez pas! »  

(cliquer sur les mots « Marche du Régiment de Turenne » ci-dessus pour en entendre la musique et voir aussi dans les commentaires ci-dessous les précisions apportées sur ce sujet, grâce à Marie-Françoise).

- Mercredi 14 et jeudi 15 septembre : Nous avons la joie d’accueillir au Mesnil-Marie des amis qui viennent de Lorraine. Ce sont de beaux moments intenses et joyeux et Frère Maximilien-Marie leur fait découvrir quelques beaux sites aux alentours.

- Samedi 17 septembre : Après avoir participé à un petit pèlerinage local en l’honneur de Notre-Dame de Pitié (où, pour revenir à ce que je disais ci-dessus, le prêtre a célébré la messe dans la « forme ordinaire » d’une manière pleinement catholique), notre Frère profite des Journées du Patrimoine pour visiter plusieurs sites remarquables du bas Vivarais : il peut en particulier admirer les travaux de restauration qui ont été accomplis depuis dix ans dans l’ancien palais des évêques, au Bourg Saint-Andéol.  En ce lieu, Saint François de Sales et Madame de Sévigné furent accueillis. C’est ici aussi, dans la chapelle privée de Monseigneur de La Beaume de Suze, que Saint Jean-François Régis reçut la mission de ré-évangéliser le Vivarais (cf. > www).
Sur la route du retour, Frère Maximilien-Marie est pris dans des orages de grêle d’une rare violence : notre auto en porte durablement les marques. Près d’Aubenas, contraint de s’arrêter en bordure de route parce que celle-ci est transformée en torrent, il voit avec stupeur une plaque d’égoût – en fonte! – soulevée par le flot qui jaillit des conduites souterraines. Il a eu le réflexe d’en prendre une photo :

Plaque de fonte soulevée par l'eau qui sort des conduits souterrains 17 septembre 2011

Ces orages du mois de septembre au cours desquels le tonnerre s’est fait entendre de manière impressionnante au-dessus du Mesnil-Marie ont occasionné des dégâts à notre connexion téléphonique : il a fallu près de 15 jours avant que l’on comprenne que c’était une partie de notre « box » qui avait été endommagée et pour que tout soit réparé.
Si vous avez essayé de nous joindre par téléphone au cours de cette période, vous vous êtes peut-être arraché les cheveux : en effet, il y a eu des moments où c’était « mission impossible »!

Mois d’octobre 2011 :

- Samedi 1er octobre : Un ami généreux vient apporter son aide à Frère Maximilien-Marie (dont la colonne vertébrale exige toujours certains ménagements) : Henri débite du bois de chauffage et manie avec brio la débroussailleuse. C’était plus que nécessaire car la douceur des températures et les pluies de ces dernières semaines avaient bien fait pousser l’herbe et les ronces…

- Dimanche 2 octobre : Au retour de la messe, Frère Maximilien-Marie ne se sent vraiment pas bien. Il devra rester dedans, et souvent couché, pendant quatre jours, terrassé par une forte sinusite qui a entrainé tout aussitôt une infection des voies respiratoires. Mais ne vous inquiétez pas, j’ai été un garde-malade aussi compétent que dévoué!

Frère Maximilien-Marie profite de ces moments d’inactivité forcée pour noter des idées de contes qu’il veut mettre par écrit…
Il avait d’ailleurs été retenu comme conteur à l’occasion d’une randonnée nocturne organisée à Borée le soir du 8 octobre (
dans le cadre des animations autour des Espaces Naturels Sensibles), mais le mauvais temps a contraint d’annuler cette activité.

- Dimanche 9 octobre : C’est encore l’univers des contes qui est à l’honneur, ce dimanche (après la messe bien entendu!) : Frère Maximilien-Marie va entendre notre amie Elodie qui se fait l’interprète talentueuse du répertoire de Nannette Lévesque.
Nannette, née en 1803 sur les hauts plateaux du Vivarais, est la première « conteuse professionnelle » connue. Elle ne savait pas lire, mais elle a retenu et transmis avec brio ces histoires et ces légendes, ces « sornettes » et ces chants populaires qu’on racontait à la veillée ou en gardant les troupeaux. Dans le dernier quart du XIXe siècle, un folkloriste a pu mettre par écrit ce que Nannette contait, et c’est ainsi que son répertoire a pu parvenir jusqu’à nous.

Le Mont Gerbier de Joncs dans la lumière particulière d'octobre

Le Mont Gerbier de Joncs dans la lumière particulière de la fin d’une après midi d’octobre

- Samedi 15 octobre : Frère Maximilien-Marie participe à une nouvelle randonnée-écriture, toujours à proximité du Mont Gerbier de Joncs, mais pour la découverte d’une autre suc, la Lauzière : ce nom lui a été donné parce que, composé de phonolithes, il a servi de carrière d’extraction des lauzes, pour la couverture des toits.

- Dimanche 16 octobre : Réjouissances et retrouvailles familiales pour notre Frère à l’occasion de la célébration des 75 ans de sa maman.

- Vendredi 21 octobre : Notre ami Henri est revenu faire une grosse journée de travail : il débite encore pas mal de bois et surtout il arrache une énorme souche que Frère Maximilien-Marie commençait tout juste à dégager sur une parcelle où il prévoit de cultiver un petit potager. Merci, Henri, pour votre aide précieuse!

- Dimanche 23 octobre : Après la messe, Frère Maximilien-Marie rejoint un groupe d’amis qui se sont mobilisés, à la fin de l’année dernière et au cours du premier trimestre de cette année, pour soutenir et fédérer les aides apportées à nos amis Danièle et Frédéric, dont la très ancienne ferme a brûlé au début décembre 2010.
« Les Ouches » – c’est le nom de cette ferme – existaient déjà au XIIIe siècle et furent agrandies au XVIIIe siècle. C’est un grand bâtiment typique de l’architecture du massif du Mézenc, à quelque 1300m d’altitude.
Danièle et Frédéric ne l’ont pas acquis pour s’y retirer et y mener une vie « pépère », mais pour en faire un centre d’étude et de transmission des savoir-faire traditionnels, ainsi qu’un pôle au service de la vie de notre massif. Je vous reparlerai sans doute de tout cela.
Frère Maximilien-Marie s’est investi pour sensibiliser aux projets de Danièle et de Frédéric et pour les soutenir. La rencontre de dimanche dernier avait été suggérée par lui pour que les personnes qui s’étaient mobilisées au moment du sinistre puissent visiter le chantier de reconstruction.

2011-80. Chronique des mois de septembre et octobre 2011 au Mesnil-Marie. dans Chronique de Lully dsc08984copie

« Les Ouches » en travaux :
les murs endommagés ont été relevés et consolidés, la charpente est refaite « à l’ancienne »
la couverture de lauzes devrait être posée au printemps…

Voilà, en résumé, les principaux évènements de ces deux derniers mois, chers Amis.
Je ne vous ai pas détaillé ce qui fait la vie « ordinaire » de notre Mesnil-Marie et qui consiste, en sus de la vie de prière et d’études, en sus des tâches habituelles de tenue d’une maison (il y a eu toutes les confitures de fruits d’automne et les préparations – pour les congeler – des légumes de saison),
1) à être disponibles aux visites – assez fréquentes – de personnes qui viennent échanger quelques mots amicaux, confier des intentions de prière ou poser quelques questions…
2) à continuer autant que possible les travaux extérieurs : en plus de l’entretien du jardin de fleurs en bordure de la route et de la préparation d’une parcelle pour y cultiver un potager, Frère Maximilien-Marie a entrepris des aménagements un peu importants autour de la maison ; pour cela il doit déplacer pas mal de terre et de cailloux…
3) à participer à des réunions – assez fréquentes – au cours desquelles se décident et se préparent les évènements et l’avenir de notre massif.

Depuis hier, 27 octobre, après un ramonage bien consciencieux, nous avons rallumé notre gros poêle à bois, qui assure le chauffage de la quasi totalité de notre Mesnil-Marie. L’an dernier, nous avions dû l’allumer le 25 septembre : notre frère est bien content d’avoir pu « gagner » un mois!

Nous sommes à la veille des fêtes du Christ Roi et de la Toussaint, que nous vous souhaitons belles et ferventes, et pour l’occasion desquelles je vous adresse ces quelques fleurs de mon jardin en signe d’amitié et d’union des coeurs…

Lully.

Chrysanthèmes du jardin de Lully

Pour nous soutenir,
pour aider à la vie et aux travaux du Mesnil-Marie
vous pouvez faire un don > www.

Publié dans:Chronique de Lully |on 28 octobre, 2011 |4 Commentaires »

2011-79. Notre belle langue française : doit on mettre la marque du pluriel aux jours de la semaine ?

   Beaucoup ne comprennent pas toujours les subtilités de notre belle langue française et pourtant, quand on veut bien se donner la peine de réfléchir, on se rend compte que tout est d’une absolue rigueur logique : il suffit de faire marcher son intelligence !

Mais il est aussi malheureusement vrai que, d’une manière générale, le monde contemporain ne favorise pas la réflexion personnelle. Nous vivons dans un système de « prêt à penser », d’appauvrissement du vocabulaire et – par contre coup – de limitation des outils de la réflexion, de réduction des capacités d’analyse et de synthèse… etc.

La consigne de nombre d’institutions aujourd’hui ne pourrait-elle pas se résumer par ces mots : « Ne vous fatiguez pas, nous vous dirons ce que vous devez penser! »
C’est donc un vrai plaisir pour moi, en vous rappelant ces règles, de vous dire haut et fort : pensez par vous-mêmes et méfiez-vous de tous ceux qui prétendent vous simplifier l’effort de réflexion personnelle !

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Doit-on mettre la marque du pluriel aux jours de la semaine ?

   Eh bien oui ! Lundi, mardi …etc. sont des noms communs soumis aux mêmes règles d’accord que les autres noms communs.
On écrit donc : tous les lundis et tous les dimanches.
Sauf que… vous vous doutez bien que cela ne peut pas être aussi simple!

   Lorsque ce même jour est suivi de la mention d’un laps de temps, la semaine par exemple, il faut tenir compte du nombre de ces jours dans cet intervalle de temps ; dans une semaine, il n’y a qu’un seul lundi et on écrit donc : tous les lundi de chaque semaine.
Vous suivez toujours ?

   Donc si on passe au mois, il y a cette fois plusieurs jours qui sont un lundi dans un mois et on écrit donc : la réunion a lieu les premier et troisième lundis de chaque mois.
Au passage, vous remarquerez que premier et troisième sont au singulier puisqu’il n’y a qu’un premier et qu’un troisième dans un mois. Mais les deux ensemble (sans s) sont un pluriel.

   C’est dans ce même ordre d’idée qu’on écrit : tous les dimanches matin et tous les mardi soir de chaque semaine. Dans le premier cas, matin est au singulier car il n’y a qu’un seul matin dans une journée en revanche il y a plusieurs dimanches. Dans le deuxième cas, il n’y a qu’un seul mardi dans la semaine d’où le singulier et il n’y a toujours qu’un seul soir dans un mardi.

dyn002original100160gif2582326252bfec892843f9590a88cd226fbca7f.gifLully.

« Note à benêts » : je vous ferai une interrogation écrite un de ces prochains jeudis !

2011-78. Jean Madiran a présenté à Rome son livre sur l’Accord de Metz

   Comme chaque année, le retour de la date du 11 octobre nous vaut quelques commentaires ou publications au sujet du second concile du Vatican, dont les travaux débutèrent le 11 octobre 1962.
Quelques uns des poncifs continûment rabâchés avec force approximations, erreurs et mensonges, que j’avais lus ce matin m’avaient franchement mis en rogne, aussi le bulletin n° 241 de Correspondance Européenne, organe de liaison du Centro Lepanto, est-il arrivé à point.

   Fort de l’autorisation que m’a donné le Professeur Roberto de Mattei – que je remercie encore une fois très chaleureusement – j’ai décidé de reproduire ici le septième article du bulletin, parce qu’il est justement en rapport avec le second concile du Vatican.
Un certain nombre d’entre vous le savent déjà, puisque les faits remontent à l’été 1962 et furent rendus publics quelque six mois plus tard, afin d’obtenir de l’URSS la venue d’observateurs orthodoxes russes au concile, Jean XXIII s’était engagé – par l’intermédiaire du cardinal Tisserant – à ce que le dit concile n’émette aucune condamnation ni critique du communisme!

   Cette vérité historique, à laquelle Jean Madiran a consacré un ouvrage qui vient d’être traduit en italien et qu’il est allé présenter à Rome (c’est l’objet de l’article reproduit ci-dessous), a un caractère absolument effrayant, mais elle nous aide toutefois à prendre un sain recul : l’optimisme béat et les envolées emphatiques des intégristes conciliaires sont en effet infiniment plus mortifères et stériles que le réalisme paisible d’un Benoît XVI, qui sait tirer les leçons de l’histoire et peut véritablement conduire l’Eglise en dehors des ornières où de fausses interprétations l’ont embourbée depuis bientôt cinquante ans!

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

l'Accord de Metz

    »Cet accord marque l’un des épisodes les moins glorieux de l’Histoire récente de l’Église catholique. L’Accord de Metz a été connu trop tard, et il reste encore bien des aspects inconnus à tirer au clair. Celui-ci est intervenu le 13 août 1962. On était à deux mois de l’inauguration du Concile Vatican II, lorsqu’a été stipulé dans cette ville française un accord entre le cardinal Tisserant et l’archevêque orthodoxe, Monseigneur Nicodème. On a découvert par la suite que ce dernier était un espion à la solde des Soviétiques. L’accord, en effet, prévoyait que le Kremlin permette d’envoyer au Concile quelques représentants de l’Église orthodoxe en échange de la promesse d’un silence total sur le communisme.

   L’absence de condamnation du marxisme et des crimes perpétrés par les régimes qui lui étaient liés a entraîné des conséquences pernicieuses, tant dans l’Histoire du monde que dans l’Histoire de l’Église, contribuant à retarder la fin de la Guerre Froide, et délégitimant l’autorité du Catholicisme, car empêchant toute possibilité de condamnation de tout type d’aberration de la modernité dans les années futures.

   L’accord de Metz a été révélé pour la première fois six mois seulement après sa signature, grâce aux enquêtes menées par la revue “Itinéraires”, dirigée par Jean Madiran. Cinquante ans plus tard presque, le livre de ce journaliste français a été traduit en italien sous le titre : “L’accordo di Metz” tra Cremlino e Vaticano, et a été publié par la maison d’édition Pagine, avec une Préface et une Postface du Professeur Roberto de Mattei. Sur l’initiative de la maison d’édition et de la   Fondazione Lepanto, l’ouvrage a été présenté au public à Rome, au Palais Ferrajoli, le 20 septembre dernier, en présence de l’auteur, de l’éditeur de Pagine, Luciano Lucarini, du journaliste, écrivain et parlementaire, Gennaro Malgieri, et du Professeur Roberto de Mattei.

   Malgieri a défini Madiran comme étant l’«un des maîtres de notre génération» et comme un auteur à contre-courant, «une référence du Catholicisme traditionnel». L’accord de Metz, d’après Malgieri, a permis à la culture communiste de «pénétrer dans les murs du Vatican, conditionnant toute l’Église» et causant «de graves conséquences, y compris dans la société civile», de par le sécularisme de masse dont nous supportons aujourd’hui les conséquences au plus haut degré. Cet accord «mettait en circulation une fausse monnaie : l’idée que le communisme pouvait être domestiqué». Les hiérarchies ecclésiastiques des années conciliaires ont ensuite commis l’erreur de se compromettre avec l’ennemi, au lieu de mettre les fidèles en garde, comme a osé le faire courageusement le grand dissident Alexandre Soljenitsyne. Les Pères du Concile se sont illusionnés de pouvoir, par l’accord de Metz, «adoucir les persécution anti-chrétiennes qui se déroulaient derrière le Rideau de Fer, alors que le résultat fut qu’elles n’ont fait que s’accroître», comme l’a noté Malgieri.

   Comment a-t-il été possible qu’au sein de l’Église catholique, tant de personnes aient ignoré le danger qui provenait de l’impérialisme communiste? D’après le Professeur de Mattei, les causes sont nombreuses et complexes, et elles trouvent leurs racines dans la théologie moderniste, qu’avait condamnée bien des années auparavant Pie X. L’Ostpolitik du Vatican des ces années-là «encourageait la docilité à l’égard de toutes les manifestations du monde moderne, dont le communisme représentait– comme l’a souligné de Mattei –  la plus nette expression». Au cours de ces années, certains souhaitaient directement mettre un «terme à l’ère de Constantin» au cours de laquelle l’Église, «au lieu de progresser dans Son Évangélisation, comme cela s’était passé à partir de la conversion de Constantin, cédait à l’esprit du monde, et s’y subordonnait». Or, en fin de compte, le Concile a péché par manque de vision à long terme, dans la mesure où, dans son ambition d’accueillir  – comme cela est manifesté de façon particulièrement claire dans Gaudium et Spes – l’«esprit de notre temps», «il n’a pas su voir venir la crise de la modernité qui devait, quelques années plus tard, engendrer Mai 68». Parmi les nombreuses conséquences doctrinales que l’Église a subies à la suite du Concile, figure (comme l’a fort bien rappelé Jean Madiran lui-même dans l’un de ses livres traduit en italien : L’eresia del XX secolo (L’Hérésie du XXème siècle), «cette hérésie d’omission», qui consiste à se taire sur les principales Vérités de Foi. Comme l’a rappelé De Mattei, par exemple, «en France, le mot “consubstantiel” a été supprimé, et dans de nombreux pays, les catéchismes sont à ce point dépourvus de toute contenu théologique, que les familles doivent commencer toutes seules leur cheminement de Foi».

   En conclusion de cette rencontre, Jean Madiran a rappelé que l’accord de Metz a été découvert tardivement, du fait d’une volonté minutieuse de le dissimuler, de la part des media et des pouvoirs forts, tandis que par ailleurs «la presse des régimes communistes a accordé une vaste publicité à cet évènement». Parler à nouveau de l’accord de Metz, et faire la lumière sur cette page sombre de l’Histoire de l’Église, est une entreprise éminemment pertinente, d’autant qu’«il faut rappeler à ceux qui croient que le communisme n’existe plus, qu’à cause de cet Accord, l’Église s’est contrainte elle-même à ne plus condamner aucune aberration, et qu’aujourd’hui nous risquons d’assister à la fin de Son Magistère», pour reprendre les mots de conclusion de Jean Madiran. »

L. M.

pénétration communiste dans l'Eglise

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