Archive pour la catégorie 'Chronique de Lully'

2011-30. Sermon de Saint Augustin sur l’obligation de faire pénitence.

Avec le Mercredi des Cendres, nous commençons la grande aventure spirituelle du carême.
Nous avons cru opportun de livrer  à votre méditation ce sermon de « notre glorieux Père Saint Augustin » sur la nécessité de la pénitence.

Benoît XVI imposant les cendres

Synthèse de ce sermon : 1. La pénitence est nécessaire à tous. — 2. Cette nécessité se prouve par l’état de notre conscience et aussi dans l’Ecriture par l’exemple des Ninivites. — 3. La pénitence doit être pratiquée par les justes eux-mêmes. — 4. Personne ne peut se soustraire à la pénitence en prétextant d’être juste : une telle prétention serait à elle seule un crime. — 5. Conclusion.

Ronces

1. Dans la lecture de l’Evangile, nous avons entendu ces paroles : «Faites pénitence, car le Royaume des Cieux est proche» (Matth. IV, 17). Le Royaume des Cieux, c’est Jésus-Christ, qui sait discerner les bons d’avec les méchants et juger de toutes choses. Prévenons donc le courroux de Dieu en confessant nos péchés et, avant de paraître en jugement, purifions nos âmes de toutes leurs erreurs. Le danger serait de ne point savoir quel remède nous devons appliquer au péché ; comprenons du moins que, devant expier les causes de notre négligence, c’est pour nous une obligation de faire pénitence. Sachez, mes frères, quel amour nous a prodigué le Seigneur notre Dieu, puisqu’il veut que nous expiions nos fautes avant de paraître à son tribunal, où nous ne trouverions que la justice. Il nous prévient donc à l’avance, afin de n’avoir pas à nous traiter dans toute sa sévère équité. Si donc notre Dieu demande que de nos yeux découlent des larmes abondantes, c’est afin de nous faire recouvrer par la pénitence ce que nous avons perdu par notre négligence. Dieu connaît toute la mobilité et la fragilité humaines ; il sait que notre corps est une cause fréquente de péchés et que nos discours sont pleins d’imperfections. Voilà pourquoi il nous prescrit la pénitence, afin que par elle nous corrigions nos défauts et réparions nos fautes. Si l’homme est assuré de son pardon, il n’en doit pas moins s’inquiéter de la satisfaction. Je sais qu’ici nous sommes exposés à bien des blessures, et cependant personne ne doit désespérer, car le Seigneur est infini dans sa miséricorde et il est tout-puissant pour guérir nos langueurs.

2. Quelqu’un me dira peut-être qu’il ne trouve en lui-même aucun motif de pleurer. Mais alors qu’il rentre dans sa conscience, et il y rencontrera le souvenir toujours vivant de quelque péché. L’un soupire en raison d’une plaie du coeur, l’autre d’une injure du corps ; celui-ci est dominé par l’orgueil, celui-là brûle de telle ou telle cupidité ; ici c’est le mensonge, là c’est l’avarice qui a été peut-être jusqu’à réduire le prochain à la pauvreté ; tel a versé injustement le sang de son frère, tel s’est souillé par des relations criminelles avec une femme de mauvaise vie. Devant des plaies si grandes et si nombreuses de l’esprit ou du corps, se peut-il qu’il n’y ait lieu de pousser aucun gémissement, de verser aucune larme? Que personne ne rougisse de présenter à Dieu ses blessures. Si la honte vous empêche de découvrir vos plaies, jamais vous n’en obtiendrez le remède. Parmi les maladies, les unes sont plus faciles, les autres plus difficiles à guérir. Mais, de tous les malades, le plus difficile à soigner, c’est assurément celui qui ne veut pas l’être. C’est l’Ecriture elle-même qui en fait l’observation. Aucun de ceux qui ont cherché le remède n’a péri, tandis que celui qui l’a méprisé n’a pu échapper à la mort. Ninive était menacée de périr après trois jours si elle ne faisait pas pénitence. Voici ce qu’avait dit le Prophète : «Trois jours encore et Ninive sera détruite. Et cette parole arriva jusqu’aux oreilles du roi de Ninive ; il se leva de son siège, se dépouilla de ses vêtements, se couvrit d’un cilice et s’assit sur la cendre» (Jonas, III, 4, 6). Satisfaction bien méritoire, mes frères ; ce roi se dépouille de ses vêtements royaux et se couvre d’un cilice. Il aime mieux se sauver dans le cilice que de périr dans la pourpre. Où était alors ce faste du trône? Pour échapper au châtiment de son orgueil, il cherche un refuge dans les bras de l’humilité, afin de vous faire comprendre que Dieu attache plus de prix à l’humilité qu’à la puissance. En effet, c’en était fait du royaume de Ninive, si la pénitence n’était venue le protéger contre les châtiments du ciel.

3. Une circonstance frappante dans cette pénitente des Ninivites, c’est que le jeûne fut imposé aux enfants et aux animaux eux-mêmes. Mais pourquoi faire jeûner des enfants qui étaient sans péché? C’est que les innocents jeûnaient, afin de procurer le salut aux coupables. L’enfant implorait pardon, afin que le vieillard ne pérît pas. Le jeûne des enfants, soit encore, mais pourquoi le jeûne des animaux? Pour que la faim ressentie par les animaux prouvât mieux la pénitence des hommes ; leur rugissement devait être comme une prière lancée vers le ciel pour en faire redescendre la miséricorde en faveur des coupables. Nous aussi, mes frères, formons un saint accord entre notre coeur et notre foi, afin de crier plus efficacement vers le Seigneur notre Dieu. Les Ninivites imploraient, après s’être rendus coupables ; pour nous, sachons implorer afin que nous ne tombions pas dans le péché. Bienheureux celui que la crainte de Dieu dispense de tout châtiment et qui, pour faire le bien, n’a besoin que de connaître la loi de Dieu, et non d’en subir la punition! Il n’y a pas de châtiment à redouter pour celui qui sait craindre la justice de Dieu.

4. Quelqu’un de la foule me répondra peut-être : que puis-je craindre, puisque je ne fais aucun mal? Ecoutez cette parole de l’apôtre Saint Jean : «Si nous disons que nous sommes sans péché, nous nous trompons nous-mêmes, et la vérité n’est point en nous» (I Jean, I, 8). Que personne ne vous séduise ; la pire espèce de péché, c’est de ne pas connaître ses péchés. Ceux qui les connaissent peuvent se réconcilier avec Dieu par la pénitence. Parmi les pécheurs, celui dont l’état est le plus alarmant, c’est celui qui se flatte qu’il n’y a pas eu en lui de quoi alarmer. Beaucoup de péchés sont regardés comme légers et n’en sont pas moins très-dangereux, précisément parce qu’ils ne sont pas considérés comme péchés. Le mal le plus séduisant, c’est celui qui ne paraît pas un mal. Je ne parle pas des homicides, des adultères, des mauvaises persuasions – plaise à Dieu qu’aucun chrétien ne s’y laisse entraîner!- et s’il succombe, le sentiment de son crime le portera à le pleurer aussitôt. Je parle de ces autres péchés qui passent pour beaucoup plus légers. Qui de vous pourrait se dire exempt de toute intempérance, de toute ambition, de toute jalousie, de toute cupidité, de toute avarice? Voilà pourquoi, selon la parole de l’Ecriture, je vous exhorte à vous humilier sous la puissante main de Dieu ; puisque personne n’est sans péché, que personne ne s’exempte de la pénitence, car ce serait être coupable que de se croire innocent. On peut n’avoir que des péchés légers, toujours est-il qu’on n’est jamais sans péché : «Personne n’est exempt de toute faute» (Job, XIV, 4).

5. Que ceux donc qui sont plus gravement coupables, implorent leur pardon avec plus d’instance. Que ceux qui se sont abstenus des plus grandes fautes, demandent d’en être délivrés, par la grâce de Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui vit et règne avec le Père et le Saint-Esprit dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il!

Ronces

2011-29. Comment on fait le mur au Mesnil-Marie.

Lundi gras 7 mars 2011.

Chers Amis du « Refuge Notre-Dame de Compassion« ,

Oui, vous avez bien lu : au « Mesnil-Marie« , on a fait le mur! Oh, rassurez-vous : on n’a pas fait le mur à la manière des pensionnaires turbulents qui veulent fausser compagnie à leurs surveillants pour aller faire un petit tour en ville. Nous sommes d’ailleurs tellement bien ici que nous n’avons pas envie d’en partir.

Le mur que l’on a fait est un vrai mur, et même un très beau mur qui fait maintenant l’admiration de tous. Mais plutôt que de faire de trop longs discours, je vous ai préparé une espèce de reportage photographique (comme à chaque fois, vous savez qu’en cliquant sur chaque photo vous pouvez la voir dans un plus grand format).

En début de semaine dernière, les automobilistes qui ont l’habitude de traverser notre hameau ont été tout surpris de devoir s’arrêter à des feux tricolores qui régulaient la circulation…

Feu clignotant à l'entrée du hameau

Passé le tournant, ils découvraient un chantier. Ce chantier, Frère Maximilien-Marie l’avait soigneusement prévu depuis des mois : il l’avait préparé avec notre entrepreneur et avait mené à bien toutes les démarches auprès de la direction des routes départementales du Conseil Général. Il s’agissait de stabiliser le talus qui se trouve entre la façade sud du « Mesnil-Marie » et la route, de bien marquer la limite entre notre terrain et le fossé, et de préparer ainsi – pour l’avenir – un joli espace fleuri à la gloire de Notre-Dame. Il a donc fallu commencer par bien recreuser le fossé et par entailler le talus pour que le mur soit élevé sur le tracé exact demandé par les services départementaux :

Commencement des travaux

Ces préparatifs terminés, les maçons ont pu commencer à monter le mur. Voici une mini vidéo prise depuis la fenêtre du bureau au moment de la pose de la première pierre:

Image de prévisualisation YouTube

Vous avez pu apercevoir sur cette mini vidéo que les blocs dont ce mur est constitué sont de belle taille – et aussi d’un bon poids!- ; sur la photo suivante vous pouvez vous en faire une idée un peu plus précise grâce à la pioche que l’on a intentionnellement laissée devant.

Les blocs posés à la base du mur

Lorsque les maçons s’absentaient, pour aller chercher les blocs de pierre ou pour la pause déjeuner, j’allais vite inspecter pour m’assurer que tout était bien conforme aux désirs de mon papa-moine…

Lully inspecte les travaux

Frère Maximilien-Marie voulait en effet que ce mur de soutènement soit accordé aux autres murs du hameau construits aux siècles précédents. Notre entrepreneur était d’ailleurs enchanté d’avoir à faire ce genre de travail, qui préserve le caractère de notre hameau tout en participant à son embellissement. Il en a profité pour encastrer une nouvelle boite aux lettres dans le mur : la précédente, que Frère Maximilien-Marie avait provisoirement installée sur un petit tronc d’arbre, ayant été vandalisée par malveillance!

Boite aux lettres insérée dans le mur

Vendredi 3 mars dans l’après-midi, le mur était achevé et il ne restait plus qu’à aplanir et à égaliser la terre. A la place du talus difficile d’entretien, nous allons désormais travailler à faire un bel espace fleuri…

Achèvement des travaux

J’étais tellement content que je me suis roulé par terre en manifestant longuement ma volupté féline!

Lully très content

Avant de vous tirer ma révérence, je vous souhaite une fervente entrée dans le saint temps du Carême!

pattes de chat Lully.

Vous pouvez nous aider à continuer les travaux d’aménagement du Refuge Notre-Dame de Compassion : pour faire un don cliquer ci-dessous.

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Publié dans:Chronique de Lully |on 7 mars, 2011 |4 Commentaires »

2011-28. Saint François de Sales, témoin exemplaire de l’humanisme chrétien.

Notre Saint-Père le Pape Benoît XVI consacre les catéchèses de ses audiences générales hebdomadaires à présenter la vie et les enseignements des saints. Après avoir parlé des Pères de l’Eglise et des mystiques médiévaux, le Souverain Pontife, ce mercredi 2 mars 2011, a mis en évidence la personnalité exceptionnelle de Saint François de Sales et les leçons qu’il a données par sa vie et par ses écrits.
Voici une traduction de cette catéchèse.

Saint François de Sales prêchant au peuple en plein air

Chers frères et sœurs,

«Dieu est le Dieu du cœur humain» (Traité de l’Amour de Dieu, I, XV) : dans ces paroles apparemment simples, nous percevons l’empreinte de la spiritualité d’un grand maître, dont je voudrais vous parler aujourd’hui, saint François de Sales, évêque et docteur de l’Eglise. Né en 1567 dans une région frontalière de France, il était le fils du Seigneur de Boisy, d’une antique et noble famille de Savoie. Ayant vécu à cheval entre deux siècles, le XVIe et le XVIIe, il rassemblait en lui le meilleur des enseignements et des conquêtes culturelles du siècle qui s’achevait, réconciliant l’héritage de l’humanisme et la tension vers l’absolu propre aux courants mystiques. Sa formation fut très complète ; à Paris, il suivit des études supérieures, se consacrant également à la théologie, et à l’Université de Padoue celles de droit, suivant le désir de son père, qu’il conclut brillamment par une maîtrise in utroque iure, droit canonique et droit civil. Dans sa jeunesse équilibrée, réfléchissant sur la pensée de Saint Augustin et de Saint Thomas d’Aquin, il traversa une crise profonde qui le conduisit à s’interroger sur son salut éternel et sur la prédestination de Dieu à son égard, vivant avec souffrance comme un véritable drame spirituel les questions théologiques de son époque. Il priait intensément, mais le doute le tourmenta si fort que pendant plusieurs semaines, il ne réussit presque plus à manger et à dormir. Au comble de l’épreuve, il se rendit dans l’église des dominicains à Paris, ouvrit son cœur et pria ainsi : «Quoi qu’il advienne, Seigneur, Vous qui détenez tout entre vos mains, et dont les voies sont justice et vérité; quoi que Vous ayez établi à mon égard…; Vous qui êtes toujours un juge équitable et un Père miséricordieux, je Vous aimerai Seigneur (…) je Vous aimerai ici, ô mon Dieu, et j’espérerai toujours en votre miséricorde, et je répéterai toujours vos louangesO Seigneur Jésus, Vous serez toujours mon espérance et mon salut dans la terre des vivants» (I Proc. Canon., vol. I, art. 4). François, âgé de vingt ans, trouva la paix dans la réalité radicale et libératrice de l’amour de Dieu : l’aimer sans rien attendre en retour et placer sa confiance dans l’amour divin ; ne plus demander ce que Dieu fera de moi : moi je l’aime simplement, indépendamment de ce qu’il me donne ou pas. Ainsi, il trouva la paix, et la question de la prédestination — sur laquelle on débattait à cette époque — s’en trouva résolue, car il ne cherchait plus que ce qu’il pouvait avoir de Dieu ; il l’aimait simplement, il s’abandonnait à sa bonté. Et cela sera le secret de sa vie, qui transparaîtra dans son œuvre principale : le Traité de l’amour de Dieu.

En vainquant les résistances de son père, François suivit l’appel du Seigneur et, le 18 décembre 1593, fut ordonné prêtre. En 1602, il devint évêque de Genève, à une époque où la ville était un bastion du calvinisme, au point que le siège épiscopal se trouvait «en exil» à Annecy. Pasteur d’un diocèse pauvre et tourmenté, dans un paysage de montagne dont il connaissait aussi bien la dureté que la beauté, il écrivit: «[Dieu] je l’ai rencontré dans toute sa douceur et sa délicatesse dans nos plus hautes et rudes montagnes, où de nombreuses âmes simples l’aimaient et l’adoraient en toute vérité et sincérité ; et les chevreuils et les chamois sautillaient ici et là entre les glaciers terrifiants pour chanter ses louanges» (Lettre à la Mère de Chantal, octobre 1606, in Œuvres, éd. Mackey, t. XIII, p. 223). Et toutefois, l’influence de sa vie et de son enseignement sur l’Europe de l’époque et des siècles successifs apparaît immense. C’est un apôtre, un prédicateur, un homme d’action et de prière ; engagé dans la réalisation des idéaux du Concile de Trente ; participant à la controverse et au dialogue avec les protestants, faisant toujours plus l’expérience, au-delà de la confrontation théologique nécessaire, de l’importance de la relation personnelle et de la charité ; chargé de missions diplomatiques au niveau européen, et de fonctions sociales de médiation et de réconciliation. Mais Saint François de Sales est surtout un guide des âmes : de sa rencontre avec une jeune femme, Madame de Charmoisy, il tirera l’inspiration pour écrire l’un des livres les plus lus à l’époque moderne, l’Introduction à la vie dévote ; de sa profonde communion spirituelle avec une personnalité d’exception, Sainte Jeanne Françoise de Chantal, naîtra une nouvelle famille religieuse, l’Ordre de la Visitation, caractérisé — comme le voulut le saint — par une consécration totale à Dieu vécue dans la simplicité et l’humilité, en accomplissant extraordinairement bien les choses ordinaires : «… Je veux que mes Filles — écrit-il — n’aient pas d’autre idéal que celui de glorifier [Notre Seigneur] par leur humilité» (Lettre à Mgr de Marquemond, juin 1615). Il meurt en 1622, à cinquante-cinq ans, après une existence marquée par la dureté des temps et par le labeur apostolique.

La vie de saint François de Sales a été une vie relativement brève, mais vécue avec une grande intensité. De la figure de ce saint émane une impression de rare plénitude, démontrée dans la sérénité de sa recherche intellectuelle, mais également dans la richesse de ses sentiments, dans la «douceur» de ses enseignements qui ont eu une grande influence sur la conscience chrétienne. Du mot «humanité», il a incarné les diverses acceptions que, aujourd’hui comme hier, ce terme peut prendre : culture et courtoisie, liberté et tendresse, noblesse et solidarité. Il avait dans son aspect quelque chose de la majesté du paysage dans lequel il a vécu, conservant également sa simplicité et son naturel. Les antiques paroles et les images avec lesquelles il s’exprimait résonnent de manière inattendue, également à l’oreille de l’homme d’aujourd’hui, comme une langue natale et familière.

François de Sales adresse à Philotée, le destinataire imaginaire de son Introduction à la vie dévote (1607) une invitation qui, à l’époque, dut sembler révolutionnaire. Il s’agit de l’invitation à appartenir complètement à Dieu, en vivant en plénitude la présence dans le monde et les devoirs de son propre état. «Mon intention est d’instruire ceux qui vivent en villes, en ménages, en la cour [...]» (Préface de l’Introduction à la vie dévote). Le document par lequel le Pape Pie IX, plus de deux siècles après, le proclamera docteur de l’Eglise insistera sur cet élargissement de l’appel à la perfection, à la sainteté. Il y est écrit : «[la véritable piété] a pénétré jusqu’au trône des rois, dans la tente des chefs des armées, dans le prétoire des juges, dans les bureaux, dans les boutiques et même dans les cabanes de pasteurs [...]» (Bref Dives in misericordia, 16 novembre 1877). C’est ainsi que naissait cet appel aux laïcs, ce soin pour la consécration des choses temporelles et pour la sanctification du quotidien sur lesquels insisteront le concile Vatican II et la spiritualité de notre temps. L’idéal d’une humanité réconciliée se manifestait, dans l’harmonie entre action dans le monde et prière, entre condition séculière et recherche de perfection, avec l’aide de la grâce de Dieu qui imprègne l’homme et, sans le détruire, le purifie, en l’élevant aux hauteurs divines. Saint François de Sales offre une leçon plus complexe à Théotime, le chrétien adulte, spirituellement mûr, auquel il adresse quelques années plus tard son Traité de l’amour de Dieu (1616). Cette leçon suppose, au début, une vision précise de l’être humain, une anthropologie : la «raison» de l’homme, ou plutôt l’«âme raisonnable», y est vue comme une architecture harmonieuse, un temple, articulé en plusieurs espaces, autour d’un centre, qu’il appelle, avec les grands mystiques, «cime», «pointe» de l’esprit, ou «fond» de l’âme. C’est le point où la raison, une fois parcourus tous ses degrés, «ferme les yeux» et la connaissance ne fait plus qu’un avec l’amour (cf. livre I, chap. XII). Que l’amour, dans sa dimension théologale, divine, soit la raison d’être de toutes les choses, selon une échelle ascendante qui ne semble pas connaître de fractures et d’abîmes. Saint François de Sales l’a résumé dans une phrase célèbre: «L’homme est la perfection de l’univers ; l’esprit est la perfection de l’homme ; l’amour, celle de l’esprit ; et la charité, celle de l’amour» (ibid., livre X, chap. I).

Dans une saison d’intense floraison mystique, le Traité de l’amour de Dieu est une véritable somme, en même temps qu’une fascinante œuvre littéraire. Sa description de l’itinéraire vers Dieu part de la reconnaissance de l’«inclination naturelle» (ibid., livre I, chap. XVI), inscrite dans le cœur de l’homme bien qu’il soit pécheur, à aimer Dieu par dessus toute chose. Selon le modèle de la Sainte Ecriture, Saint François de Sales parle de l’union entre Dieu et l’homme en développant toute une série d’images de relation interpersonnelle. Son Dieu est père et seigneur, époux et ami, il a les caractéristiques d’une mère et d’une nourrice, il est le soleil dont même la nuit est une mystérieuse révélation. Un tel Dieu attire l’homme à lui avec les liens de l’amour, c’est-à-dire de la vraie liberté : «Car l’amour n’a point de forçats ni d’esclaves, [mais] réduit toutes choses à son obéissance avec une force si délicieuse, que comme rien n’est si fort que l’amour, aussi rien n’est si aimable que sa force» (ibid., livre I, chap. VI). Nous trouvons dans le traité de notre Saint une méditation profonde sur la volonté humaine et la description de son flux, son passage, sa mort, pour vivre (cf. ibid., livre IX, chap. XIII) dans l’abandon total non seulement à la volonté de Dieu, mais à ce qui Lui plaît, à son «bon plaisir» (cf. ibid., livre IX, chap. I). Au sommet de l’union avec Dieu, outre les ravissements de l’extase contemplative, se place ce reflux de charité concrète, qui se fait attentive à tous les besoins des autres et qu’il appelle «l’extase de l’œuvre et de la vie» (ibid., livre VII, chap. VI).

On perçoit bien, en lisant le livre sur l’amour de Dieu et plus encore les si nombreuses lettres de direction et d’amitié spirituelle, quel connaisseur du cœur humain a été saint François de Sales. A sainte Jeanne de Chantal, à qui il écrit : «[…] car voici la règle générale de notre obéissance écrite en grosses lettres : il faut tout faire par amour, et rien par force ; il faut plus aimer l’obéissance que craindre la désobéissance. Je vous laisse l’esprit de liberté, non pas celui qui forclos [exclut] l’obéissance, car c’est la liberté de la chair ; mais celui qui forclos la contrainte et le scrupule, ou empressement» (Lettre du 14 octobre 1604). Ce n’est pas par hasard qu’à l’origine de nombreux parcours de la pédagogie et de la spiritualité de notre époque nous retrouvons la trace de ce maître, sans lequel n’auraient pas existé saint Jean Bosco ni l’héroïque «petite voie» de sainte Thérèse de Lisieux.

Chers frères et sœurs, à une époque comme la nôtre qui recherche la liberté, parfois par la violence et l’inquiétude, ne doit pas échapper l’actualité de ce grand maître de spiritualité et de paix, qui remet à ses disciples l’«esprit de liberté», la vraie, au sommet d’un enseignement fascinant et complet sur la réalité de l’amour. Saint François de Sales est un témoin exemplaire de l’humanisme chrétien avec son style familier, avec des paraboles qui volent parfois sur les ailes de la poésie, il rappelle que l’homme porte inscrite en lui la nostalgie de Dieu et que ce n’est qu’en Lui que se trouve la vraie joie et sa réalisation la plus totale.

* * * * * * *

Je salue cordialement les pèlerins de langue française ! À l’école de saint François de Sales, puissiez-vous apprendre que la vraie liberté inclut l’obéissance et culmine dans la réalité de l’amour. N’ayez pas peur d’aimer Dieu par-dessus tout! Vous trouverez en Lui seul la vraie joie et la pleine réalisation de votre vie ! Avec ma bénédiction !

Armoiries de Saint François de Sales

Litanies de Saint François de Sales > ici
Quelques bons livres pour mieux connaître St François de Sales > ici

2011-27. Comment le Refuge Notre-Dame de Compassion est arrivé en Vivarais.

Mercredi 2 mars 2011.

Bien chers Amis,

Après avoir rappelé l’origine du Refuge Notre-Dame de Compassion (voir > ici), il faut que je vous raconte maintenant – ainsi que je vous l’ai promis – comment il se fait que cette oeuvre soit implantée en Vivarais.

Après avoir créé en 2001 l’association Refuge Notre-Dame de Compassion, Frère Maximilien-Marie s’est employé à rechercher un lieu pour l’y établir de manière stable.
Il y a eu quelques longues années au cours desquelles sa patience, sa persévérance, sa détermination et son courage ont été mis à l’épreuve… parfois même à rude épreuve.

Si notre Frère a de nombreux contacts et si de nombreuses personnes ont manifesté quelque intérêt à l’égard du Refuge Notre-Dame de Compassion, l’ont encouragé et ont prié à cette intention, cela ne donnait pas pour autant la possibilité, concrète et matérielle, d’une réalisation.

Il y eut des amis, fidèles et vrais, qui eussent désiré que l’implantation du Refuge Notre-Dame de Compassion se fît près de chez eux, et qui invitèrent Frère Maximilien-Marie à prospecter dans leur région, à visiter telle ou telle propriété qu’ils avaient repérée et qui eût pu convenir… etc. Mais il eût fallu soit trouver un lieu adéquat qui fût mis à disposition de manière gracieuse, soit avoir de l’argent pour acheter. Et, de l’argent, Frère Maximilien-Marie n’en avait pas !

Il y eut bien quelques promesses qui semblaient permettre de sérieuses espérances et qui furent suivies de déceptions…
Il y eut aussi, bien sûr, de nombreuses oppositions, des critiques, des incompréhensions et des intrigues, des railleries et des calomnies, des trahisons et des abandons… mais en définitive  cela n’est-il pas tout à fait « normal » dans ce genre de situation ?

Félix

Frère Maximilien-Marie fit aussi l’expérience d’un cléricalisme particulièrement réducteur (et absolument contraire à la vraie Tradition de l’Eglise) : beaucoup de catholiques – et même des prêtres ! – ne comprennent pas vraiment ce qu’est la vie religieuse et semblent penser qu’un « frère » n’a qu’une vocation de « deuxième choix » ; qu’il  n’est « frère » que parce qu’il lui manque les capacités pour devenir prêtre ; que, pour un homme, la seule vocation digne de ce nom c’est le sacerdoce ; que de n’être « que frère » est un état d’inachèvement ou  d’échec…
On ne manqua d’ailleurs pas d’objecter que, n’étant pas prêtre, il était im-pos-si-ble qu’il fondât une oeuvre religieuse.
Singulière amnésie !
Ni Saint Antoine le Grand, père de tous les moines de la Chrétienté, ni Saint Benoît de Nursie, fondateur de l’une des formes de la vie monastique qui est souvent la plus connue en Occident, ni Saint François d’Assise (je me borne à ne citer que trois noms très célèbres, mais ce ne sont pas des exceptions) n’étaient prêtres !

Je passe donc sur nombre de péripéties pour arriver au mois de novembre 2005.

L’une de nos très fidèles amies (qu’elle en soit vivement remerciée) avait offert à Frère Maximilien-Marie – en l’honneur de son vingt-cinquième anniversaire de vie religieuse - le voyage et le séjour à Rome, à l’occasion de la béatification du Père Charles de Foucauld (célébrée le dimanche 13 novembre 2005).
Notre Frère fit de cette semaine qui précéda la cérémonie une sorte de retraite, qui lui permit non seulement de prier intensément dans les lieux sanctifiés par les Apôtres, les Martyrs, les Saints et d’innombrables précieuses reliques, mais aussi l’occasion de rencontrer un certain nombre de personnes, remarquables par leur qualité d’écoute, leurs compétences et la pertinence de leurs conseils…

Ce sont ces conseils – qui tenaient compte à la fois des possibilités laissées par le droit canonique et des blocages particuliers à l’Eglise de France – que Frère Maximilien-Marie ne devait pas tarder à mettre en oeuvre.

En effet, quelques semaines seulement après son retour de Rome, il fut contacté par une vieille personne qui lui proposait de mettre à disposition de l’association Refuge Notre-Dame de Compassion une petite propriété située dans un village du Vexin français.

Premier Mesnil-Marie dans le Vexin

Notre premier Mesnil-Marie dans le Vexin (2006-2008).

C’est dans ce village que je suis né et que Frère Maximilien-Marie m’a adopté peu de temps après son arrivée (je l’ai raconté > ici).

L’association a bénéficié pendant deux ans de ce premier Mesnil-Marie.
Pendant deux années seulement, parce que les héritiers de la vieille dame ne voulurent pas prolonger cette mise à disposition, et il fallut que notre Frère se remît en quête d’un lieu d’implantation.

Je vous avais rapporté in illo tempore (par exemple > ici, et > ici et encore > ici) quelques unes des péripéties liées à cette recherche et à notre départ du Vexin.
Ce que je n’avais pas précisé à l’époque, c’est que Frère Maximilien-Marie, alors que nous n’étions plus qu’à cinq mois de la date où il faudrait rendre les clefs et que rien d’approprié n’avait encore été trouvé, avait profité d’une opportunité pour se rendre à Lourdes : c’était le cent cinquantième anniversaire de l’apparition de la Madone à la jeune Bernadette Soubirous.
Aux pieds de la Madone, dans la grotte de Massabielle, Frère Maximilien-Marie remit donc toute l’affaire entre les mains de Notre-Dame.

Moi, pendant le temps de son pèlerinage, j’étais resté en pension chez sa maman, en Vivarais, et il revint m’y chercher avant de remonter dans le Vexin.
Il profita toutefois de cette halte en Vivarais pour quelques autres contacts et prospections : c’est alors que, par un concours de circonstances dans lequel on ne peut que voir l’action de la divine Providence, lui fut proposée la visite de ce qui allait devenir notre nouveau Mesnil-Marie.

Cette première visite eut lieu le jeudi 21 février 2008, comme j’ai eu l’occasion de vous l’écrire (cf. > ici).
Il y eut tout de suite une espèce d’histoire d’amour entre cette ancienne fermette et Frère Maximilien-Marie : mais cela ne le dispensait évidemment pas d’un examen raisonnable de tous les paramètres : implantation, travaux à réaliser, accessibilité, possibilité de bénéficier de la Messe latine traditionnelle… etc.
Par dessus tout, il y avait la réalité financière de l’association : bien qu’ayant bénéficié d’apports providentiels, il n’était possible d’acquérir un bâtiment qu’à la condition qu’il fût à restaurer et loin des grands centres urbains !

Confiant en de nouvelles aides providentielles, après avoir bien réfléchi et prié, le Conseil d’Administration décida de l’acquisition : désormais l’association Refuge Notre-Dame de Compassion aurait un lieu qui serait bien à elle !

Mesnil-Marie un soir d'orage en été

Le Mesnil-Marie en été un soir d’orage

Il faut que je termine mon récit par une anecdote.

Ce 21 février 2008, Pascale – qui depuis lors est devenue notre voisine et notre amie – était au lit avec une forte fièvre. Pendant que Frère Maximilien-Marie faisait la première visite de cette maison quasi abandonnée proche de la sienne, un artisan menuisier, ami de Pascale, était en train de travailler sur le toit de sa maison…
Voyant un moine qui visitait la maison d’à côté – spectacle pour le moins inhabituel – , il se précipita pour lui dire : « Pascale ! Pascale ! Il y a un moine qui visite la maison en vente à côté de la tienne…»
Le visage émergeant à peine de la couette, Pascale lui répondit quelque chose comme : « Je te signale que c’est moi qui ai 40° de fièvre, donc les visions délirantes ce serait plutôt pour moi !»
Sur l’insistance de son ami, Pascale se leva péniblement et alla à la fenêtre. Les yeux tout écarquillés, elle dut se rendre à l’évidence : il y avait bel et bien un moine, scapulaire au vent, qui arpentait dans tous les sens et examinait sous tous les angles la maison voisine de la sienne !!!

Avant de terminer, je vous rappelle simplement que mars est le mois de Saint Joseph et que vous pouvez trouver > ici des prières particulières pour honorer ce très grand saint.

Lully.

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Vous pouvez nous aider à continuer les travaux d’aménagement du Refuge Notre-Dame de Compassion : pour faire un don cliquer ci-dessous.

2011-27. Comment le Refuge Notre-Dame de Compassion est arrivé en Vivarais. dans Chronique de Lully btn_donateCC_LG

Publié dans:Chronique de Lully, Memento |on 2 mars, 2011 |7 Commentaires »

2011-26. Des mille et une petites contrariétés quotidiennes.

Vendredi 25 février 2011,
Fête de la Bienheureuse Isabelle de France.

Bien chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Jour maussade, jour de bruine…

Après avoir demandé à Frère Maximilien-Marie d’ouvrir l’une après l’autre toutes les portes de la maison, afin de m’assurer que la pluie était bien de tous les côtés et qu’il m’était également impossible de sortir à l’Ouest comme à l’Est, j’ai eu – je le confesse – un mouvement d’humeur et une très forte envie de râler.

Mon papa-moine m’a alors pris dans ses bras et, tout en me caressant, il m’a expliqué que ma mauvaise humeur et ma bouderie ne feraient pas changer la météo mais pourraient contribuer à rendre l’atmosphère intérieure de notre « Mesnil-Marie » aussi grise que le ciel extérieur.

« Tu sais, a-t-il ajouté, toutes nos journées – et il en sera ainsi tout au long de notre vie – sont parsemées de moments moins agréables, de contradictions et de contrariétés : si tu en fait de continuels motifs d’irritation et de râlerie, tu seras dans une perpétuelle amertume intérieure. Non seulement tu seras toi-même malheureux, mais en plus tu rendras la vie impossible aux autres… En revanche, si tu t’efforces (car c’est un effort soutenu qu’il faut produire et on n’y arrive pas du premier coup ni tout le temps) de transformer ces petites ou grandes épreuves quotidiennes en autant d’occasions de rebondissements surnaturels, ta vie sera transfigurée ainsi que celle de ceux qui t’entourent. Il ne s’agit pas de faire de la « méthode Coué » et de se dire que « tout va bien » en niant la réalité ; il s’agit au contraire de regarder celle-ci bien en face et de l’assumer totalement dans un esprit d’offrande, dans un esprit généreux de sacrifice, dans un esprit d’union aux dispositions du Coeur de Jésus et Marie, conformément à l’exhortation de Saint Paul : ‘Je vous conjure, mes frères, par la miséricorde de Dieu, d’offrir vos corps en hostie vivante, sainte, agréable à Dieu : c’est là le culte spirituel que vous Lui devez. Et ne vous conformez pas sur le monde présent, mais réformez-vous par le renouvellement de votre esprit afin que vous éprouviez combien la Volonté de Dieu est bonne, agréable et parfaite!’ (Rom. XII, 1-2). »

J’avais eu mon petit sermon pour la journée et je suis allé méditer du côté de la bibliothèque, où j’ai feuilleté le petit recueil de bandes dessinées réalisées par Frère Maximilien-Marie. C’est ainsi que j’en ai extrait celle-ci  dans laquelle Grindsel le séraphin complète de manière très vivante la leçon que j’ai reçue ce matin… Aussi n’hésité-je pas à vous en faire profiter vous-aussi. Que votre journée soit bonne et belle, malgré tous les grains de sable qui tentent de s’introduire dans vos chaussures pour gêner votre marche!

Lully.

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Comment se forment les perles BD

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Autres bandes dessinées précédemment publiées sur ce blogue : « Une lettre pour toi » (> ici); « La préférée de Dieu » (> ici); « Concurrence » (> ici); « J’enrage! » (> ici); « Pas meilleur que les autres » (> ici); « Grindsel le séraphin se pose quelques bonnes questions » (> ici); « Saint Joseph et le placage » ( > ici).

2011-24. Origine du Refuge Notre-Dame de Compassion.

Jeudi 24 février 2011,
fête de Saint Mathias.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Par ma chronique du 20 février au soir (cf. > ici), vous avez pu vous rendre compte de ce qu’était notre Mesnil-Marie il y a trois ans lors de la première visite qu’en fit Frère Maximilien-Marie. Vous aurez apprécié, j’espère, les travaux qui ont été entrepris afin de réhabiliter cette ancienne petite ferme et pour en faire, petit à petit, un lieu à partir duquel Notre-Dame de Compassion pourra répandre ses grâces.

Statue de N.D. de Compassion du Mesnil-Marie

La Vierge de Compassion du Mesnil-Marie.

Mais peut-être certains d’entre vous vont-ils interroger :
- Quelle est l’origine du Refuge Notre-Dame de Compassion ?
- Comment est-il né ?

Si ceux qui sont nos amis de longue date connaissent cette histoire, je vais néanmoins aujourd’hui en faire un nouveau résumé à l’intention de ceux – et ils sont nombreux – qui nous connaissent de manière plus récente.

Cette histoire est étroitement liée à celle de Frère Maximilien-Marie qui, après des études de lettres, est entré à l’âge de 18 ans dans une communauté religieuse de droit diocésain qui était encore en fondation : c’est là qu’il a accompli toutes les étapes de sa vie religieuse et qu’il a fait sa profession perpétuelle, le 24 septembre 1989 (cf. > ici).
Toutefois, certaines évolutions – sur lesquelles il n’y a pas lieu de s’étendre ici – ont eu pour conséquence des changements importants dans le statut et dans les statuts de la communauté.
Sur les conseils et avec le soutien de l’Ordinaire diocésain de ce temps-là, puisqu’il ne souscrivait pas à ces changements mais qu’il désirait cependant persévérer dans la vie religieuse, lui fut octroyée la permission de quitter sa communauté d’origine sans être relevé de ses voeux : c’est ce que le droit canonique appelle un « indult d’exclaustration ».
A quelque temps de là, Frère Maximilien-Marie a été affilié à l’Ordre de la Visitation (ainsi que j’ai eu l’occasion de le rappeler cf. > ici), dont la spiritualité correspond le plus à ce qu’il vit. C’est en raison de cette affiliation qu’il se réfère depuis lors à la Règle de Saint Augustin, à laquelle Saint François de Sales avait rattaché les moniales de la Visitation.

Pendant plusieurs années, Frère Maximilien-Marie a rendu service dans d’autres oeuvres ou congrégations religieuses, spécialement dans le domaine éducatif, tout en cherchant un institut qui correspondît aux caractères de sa vocation.

Ici, il me faut ouvrir une parenthèse parce que je crois devoir insister sur une chose très importante que beaucoup de personnes ont pourtant un peu de mal à comprendre : lorsque Dieu appelle quelqu’un à la vie religieuse, il ne l’appelle pas à entrer indifféremment dans n’importe quelle congrégation.
Non ! Une âme qui reçoit la grâce de la vocation, reçoit – en même temps et de manière très exacte – l’appel à vivre dans une spiritualité particulière et selon un certain style de vie, correspondant à un institut ou à un monastère précis. Ainsi quelqu’un qui, par exemple, serait appelé pour être carme mais entrerait chez les capucins aurait-il certainement, et quelles que soient les similitudes qu’il puisse y avoir entre ces deux formes de vie conventuelle, beaucoup de mal pour s’y épanouir ; il y aurait même de forts risques pour que ce soit un douloureux échec. La raison de cet échec  serait essentiellement un défaut dans le juste discernement de cette vocation et de ses caractères propres.

Pendant de nombreuses années, Frère Maximilien-Marie a entendu des personnes qui lui souhaitaient de « trouver sa voie » : or il ne s’agissait pas pour lui de « trouver sa voie », mais de trouver les conditions concrètes dans lesquelles il pourrait réaliser sa vocation propre. En effet, sa « voie » lui était déjà clairement connue, du fait d’abord de ses engagements spirituels (spécialement bien sûr ses voeux et son affiliation à l’Ordre de la Visitation), et ensuite du fait que des conseillers spirituels prudents et éclairés l’accompagnaient de leur discernement en le mettant à l’épreuve.

Il y eut en particulier, au cours de l’été 1999, un évêque – homme d’une profonde spiritualité et vrai connaisseur de la vie religieuse -  qui examina longuement la vie et la vocation de Frère Maximilien-Marie puis qui, en l’assurant qu’il le faisait avec ses grâces d’état de successeur des Apôtres, lui a donné les cinq conclusions suivantes :

1) « Votre vocation religieuse est certaine, et ses caractéristiques sont liées à la spiritualité du Sacré-Coeur ainsi qu’à la réparation qui lui est connexe. »

2) « Il y a pour vous un appel particulier à prier pour la France et à oeuvrer pour son retour aux sources vives de sa vocation. »

3) « Vous êtes fait pour une vie alliant la contemplation, l’étude et l’apostolat, ce dernier étant particulièrement orienté vers les personnes aux prises avec des épreuves spirituelles. »

4) « Vous ne devez plus chercher à vous raccrocher à quelque chose d’existant, mais vous devez faire exister ce qu’il y a dans votre coeur. D’abord vous serez tout seul, mais un jour il vous faudra accueillir et former d’autres âmes à la vie que vous menez ; toutefois… vous serez en butte à d’innombrables critiques et oppositions. »

5) « C’est votre droit le plus strict, garanti par le Souverain Pontife, de bénéficier de la liturgie latine traditionnelle et personne n’a le droit de vous le contester. »

Après cela, Frère Maximilien-Marie a fait encore plusieurs retraites de vérification, avec d’autres conseillers, qui confirmèrent les affirmations de l’évêque.
Pour notre Frère, qui n’avait désiré jusqu’alors que de se couler dans une structure existante pour y retrouver une vie religieuse paisible et sans histoire, il était très difficile d’accepter d’être la cheville ouvrière d’une « fondation » ; mais toutes ces retraites, tous les encouragements qu’il reçut alors, ajoutés à un certain nombre de rencontres et d’indications véritablement providentielles, lui donnèrent les forces et les lumières pour s’engager résolument dans cette voie, en voulant simplement et uniquement obéir à Dieu qui avait parlé par Ses représentants.
Alors, avec l’aide d’amis, il créa au printemps 2001 l’association Refuge Notre-Dame de Compassion qui assure un cadre légal à tout ce qui a été entrepris depuis lors.

Je vous raconterai une autre fois de quelle façon Frère Maximilien-Marie a été conduit en ces lieux, mais je termine aujourd’hui en demandant à tous ses amis de prier avec ferveur pour lui et pour cette petite oeuvre qui n’en est encore qu’à ses premiers pas…

2011-24. Origine du Refuge Notre-Dame de Compassion. dans Chronique de Lully patteschats Lully.

Pour savoir de quelle manière le Refuge Notre-Dame de Compassion est arrivé en Vivarais, cliquer ici > ici.

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Publié dans:Chronique de Lully, Memento |on 24 février, 2011 |9 Commentaires »

2011-23. «Ensevelis avec le Christ lors du Baptême, vous êtes aussi ressuscités avec Lui» (cf. Coloss. II, 12)

Message de notre Saint-Père le Pape Benoît XVI

adressé à tous les fidèles à l’occasion du Carême de l’an de grâce 2011.

Benoît XVI

Chers Frères et Sœurs,

Le Carême, qui nous conduit à la célébration de la Pâque très Sainte, constitue pour l’Eglise un temps liturgique vraiment précieux et important. Aussi est-ce avec plaisir que je vous adresse ce message, afin que ce Carême puisse être vécu avec toute l’ardeur nécessaire. Dans l’attente de la rencontre définitive avec son Epoux lors de la Pâque éternelle, la Communauté ecclésiale intensifie son chemin de purification dans l’esprit, par une prière assidue et une charité active, afin de puiser avec plus d’abondance, dans le Mystère de la Rédemption, la vie nouvelle qui est dans le Christ Seigneur (cf. Première préface de Carême).

1. Cette vie nous a déjà été transmise le jour de notre Baptême lorsque, «devenus participants de la mort et de la résurrection du Christ», nous avons commencé «l’aventure joyeuse et exaltante du disciple» (Benoît XVI, homélie prononcée pour la fête du Baptême de Notre-Seigneur, 10 janvier 2010). Dans ses épîtres, Saint Paul insiste à plusieurs reprises sur la communion toute particulière avec le Fils de Dieu, qui se réalise au moment de l’immersion dans les eaux baptismales. Le fait que le Baptême soit reçu le plus souvent en bas-âge, nous indique clairement qu’il est un don de Dieu : nul ne mérite la vie éternelle par ses propres forces. La miséricorde de Dieu, qui efface le péché et nous donne de vivre notre existence avec «les mêmes sentiments qui sont dans le Christ Jésus» (Phil. II,5), est communiquée à l’homme gratuitement.

Dans sa lettre aux Philippiens, l’Apôtre des Gentils nous éclaire sur le sens de la transformation qui s’effectue par la participation à la mort et à la résurrection du Christ, en nous indiquant le but poursuivi: «le connaître lui, avec la puissance de sa résurrection et la communion à ses souffrances, lui devenir conforme dans sa mort, afin de parvenir si possible à ressusciter d’entre les morts» (Phil. III, 10-11). Le Baptême n’est donc pas un rite du passé, il est la rencontre avec le Christ qui donne forme à l’existence toute entière du baptisé, lui transmet la vie divine et l’appelle à une conversion sincère, mue et soutenue par la Grâce, lui permettant ainsi de parvenir à la stature adulte du Christ.

Un lien spécifique unit le Baptême au Carême en tant que période favorable pour expérimenter la grâce qui sauve. Les Pères du concile Vatican II ont lancé un appel à tous les pasteurs de l’Eglise pour que soient «employés plus abondamment les éléments baptismaux de la liturgie quadragésimale» (constitution « Sacrosanctum Concilium », 109). En effet, dès ses origines, l’Eglise a uni la Veillée Pascale et la célébration du Baptême : dans ce sacrement s’accomplit le grand Mystère où l’homme meurt au péché, devient participant de la vie nouvelle dans le Christ ressuscité, et reçoit ce même Esprit de Dieu qui a ressuscité Jésus d’entre les morts (cf. Rom. VIII,11). Ce don gratuit doit être constamment ravivé en chacun de nous, et le Carême nous offre un parcours analogue à celui du catéchuménat qui, pour les chrétiens de l’Eglise primitive comme pour ceux d’aujourd’hui, est un lieu d’apprentissage indispensable de foi et de vie chrétienne : ils vivent vraiment leur Baptême comme un acte décisif pour toute leur existence.

2. Pour emprunter sérieusement le chemin vers Pâques et nous préparer à célébrer la Résurrection du Seigneur – qui est la fête la plus joyeuse et solennelle de l’année liturgique –, qu’est-ce qui pourrait être le plus adapté si ce n’est de nous laisser guider par la Parole de Dieu? C’est pourquoi l’Eglise, à travers les textes évangéliques proclamés lors des dimanches de Carême, nous conduit-elle à une rencontre particulièrement profonde avec le Seigneur, nous faisant parcourir à nouveau les étapes de l’initiation chrétienne : pour les catéchumènes en vue de recevoir le sacrement de la nouvelle naissance ; pour ceux qui sont déjà baptisés, en vue d’opérer de nouveaux pas décisifs à la suite du Christ, dans un don plus plénier.

Le premier dimanche de l’itinéraire quadragésimal éclaire notre condition terrestre. Le combat victorieux de Jésus sur les tentations qui inaugure le temps de sa mission, est un appel à prendre conscience de notre fragilité pour accueillir la Grâce qui nous libère du péché et nous fortifie d’une façon nouvelle dans le Christ, chemin, vérité et vie (cf. Ordo Initiationis Christianae Adultorum, n. 25). C’est une invitation pressante à nous rappeler, à l’exemple du Christ et en union avec lui, que la foi chrétienne implique une lutte contre les «Puissances de ce monde de ténèbres» (Eph. VI,12) où le démon est à l’œuvre et ne cesse, même de nos jours, de tenter tout homme qui veut s’approcher du Seigneur : le Christ sort vainqueur de cette lutte, également pour ouvrir notre cœur à l’espérance et nous conduire à la victoire sur les séductions du mal.

L’évangile de la Transfiguration du Seigneur nous fait contempler la gloire du Christ qui anticipe la résurrection et annonce la divinisation de l’homme. La communauté chrétienne découvre qu’à la suite des apôtres Pierre, Jacques et Jean, elle est conduite «dans un lieu à part, sur une haute montagne» (Matt.XVII,1) afin d’accueillir d’une façon nouvelle, dans le Christ, en tant que fils dans le Fils, le don de la Grâce de Dieu : «Celui-ci est mon Fils bien-aimé, qui a toute ma faveur, écoutez-le» (Matt. XVII,5). Ces paroles nous invitent à quitter la rumeur du quotidien pour nous plonger dans la présence de Dieu: Il veut nous transmettre chaque jour une Parole qui nous pénètre au plus profond de l’esprit, là où elle discerne le bien et le mal (cf. Hebr. IV,12) et affermit notre volonté de suivre le Seigneur.

«Donne-moi à boire» (Joan. IV,7). Cette demande de Jésus à la Samaritaine, qui nous est rapportée dans la liturgie du troisième dimanche, exprime la passion de Dieu pour tout homme et veut susciter en notre cœur le désir du don de «l’eau jaillissant en vie éternelle» (Joan. IV,14): C’est le don de l’Esprit Saint qui fait des chrétiens de «vrais adorateurs», capables de prier le Père «en esprit et en vérité» (Joan. IV,23). Seule cette eau peut assouvir notre soif de bien, de vérité et de beauté! Seule cette eau, qui nous est donnée par le Fils, peut irriguer les déserts de l’âme inquiète et insatisfaite «tant qu’elle ne repose en Dieu», selon la célèbre expression de saint Augustin.

Le dimanche de l’aveugle-né nous présente le Christ comme la lumière du monde. L’Evangile interpelle chacun de nous : «Crois-tu au Fils de l’homme?» «Oui, je crois Seigneur!» (Joan. IX, 35-38), répond joyeusement l’aveugle-né qui parle au nom de tout croyant. Le miracle de cette guérison est le signe que le Christ, en rendant la vue, veut ouvrir également notre regard intérieur afin que notre foi soit de plus en plus profonde et que nous puissions reconnaître en lui notre unique Sauveur. Le Christ illumine toutes les ténèbres de la vie et donne à l’homme de vivre en «enfant de lumière».

Lorsque l’évangile du cinquième dimanche proclame la résurrection de Lazare, nous nous trouvons face au mystère ultime de notre existence: «Je suis la résurrection et la vie… le crois-tu? » (Joan. XI,25-26). A la suite de Marthe, le temps est venu pour la communauté chrétienne de placer, à nouveau et en conscience, toute son espérance en Jésus de Nazareth : «Oui Seigneur, je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu, qui vient dans le monde» (Joan. XI,27). La communion avec le Christ, en cette vie, nous prépare à franchir l’obstacle de la mort pour vivre éternellement en Lui. La foi en la résurrection des morts et l’espérance en la vie éternelle ouvrent notre intelligence au sens ultime de notre existence: Dieu a créé l’homme pour la résurrection et la vie; cette vérité confère une dimension authentique et définitive à l’histoire humaine, à l’existence personnelle, à la vie sociale, à la culture, à la politique, à l’économie. Privé de la lumière de la foi, l’univers entier périt, prisonnier d’un sépulcre sans avenir ni espérance.

Le parcours du Carême trouve son achèvement dans le Triduum Pascal, plus particulièrement dans la Grande Vigile de la Nuit Sainte : en renouvelant les promesses du Baptême, nous proclamons à nouveau que le Christ est le Seigneur de notre vie, de cette vie que Dieu nous a donnée lorsque nous sommes renés «de l’eau et de l’Esprit Saint», et nous réaffirmons notre ferme propos de correspondre à l’action de la Grâce pour être ses disciples.

3. Notre immersion dans la mort et la résurrection du Christ, par le sacrement du Baptême, nous pousse chaque jour à libérer notre cœur du poids des choses matérielles, du lien égoïste avec la «terre», qui nous appauvrit et nous empêche d’être disponibles et accueillants à Dieu et au prochain. Dans le Christ, Dieu s’est révélé Amour (cf. 1 Joan. IV,7-10). La Croix du Christ, le «langage de la Croix» manifeste la puissance salvifique de Dieu (cf. 1 Cor. I,18) qui se donne pour relever l’homme et le conduire au salut : il s’agit de la forme la plus radicale de l’amour (cf. Encyclique « Deus caritas est », 12). Par la pratique traditionnelle du jeûne, de l’aumône et de la prière, signes de notre volonté de conversion, le Carême nous apprend à vivre de façon toujours plus radicale l’amour du Christ. Le jeûne, qui peut avoir des motivations diverses, a pour le chrétien une signification profondément religieuse : en appauvrissant notre table, nous apprenons à vaincre notre égoïsme pour vivre la logique du don et de l’amour ; en acceptant la privation de quelque chose – qui ne soit pas seulement du superflu –, nous apprenons à détourner notre regard de notre «moi» pour découvrir Quelqu’un à côté de nous et reconnaître Dieu sur le visage de tant de nos frères. Pour le chrétien, la pratique du jeûne n’a rien d’intimiste, mais ouvre tellement à Dieu et à la détresse des hommes ; elle fait en sorte que l’amour pour Dieu devienne aussi amour pour le prochain (cf. Marc. XII,31).

Sur notre chemin, nous nous heurtons également à la tentation de la possession, de l’amour de l’argent, qui s’oppose à la primauté de Dieu dans notre vie. L’avidité de la possession engendre la violence, la prévarication et la mort ; c’est pour cela que l’Eglise, spécialement en temps de Carême, appelle à la pratique de l’aumône, c’est à dire au partage. L’idolâtrie des biens, au contraire, non seulement nous sépare des autres mais vide la personne humaine en la laissant malheureuse, en lui mentant et en la trompant sans réaliser ce qu’elle lui promet, puisqu’elle substitue les biens matériels à Dieu, l’unique source de vie. Comment pourrions-nous donc comprendre la bonté paternelle de Dieu si notre cœur est plein de lui-même et de nos projets qui donnent l’illusion de pouvoir assurer notre avenir? La tentation consiste à penser comme le riche de la parabole : «Mon âme, tu as quantité de biens en réserve pour de nombreuses années…». Nous savons ce que répond le Seigneur: «Insensé, cette nuit même, on va te redemander ton âme…» (Luc. XIX,19-20). La pratique de l’aumône nous ramène à la primauté de Dieu et à l’attention envers l’autre, elle nous fait découvrir à nouveau la bonté du Père et recevoir sa miséricorde.

Pendant toute la période du Carême, l’Eglise nous offre avec grande abondance la Parole de Dieu. En la méditant et en l’intériorisant pour l’incarner au quotidien, nous découvrons une forme de prière qui est précieuse et irremplaçable. En effet l’écoute attentive de Dieu qui parle sans cesse à notre cœur, nourrit le chemin de foi que nous avons commencé le jour de notre Baptême. La prière nous permet également d’entrer dans une nouvelle perception du temps : Sans la perspective de l’éternité et de la transcendance, en effet, le temps n’est qu’une cadence qui rythme nos pas vers un horizon sans avenir. En priant, au contraire, nous prenons du temps pour Dieu, pour découvrir que ses «paroles ne passeront pas» (Marc.XIII,31), pour entrer en cette communion intime avec Lui «que personne ne pourra nous enlever» (cf. Joan.XVI,22), qui nous ouvre à l’espérance qui ne déçoit pas, à la vie éternelle.

En résumé, le parcours du Carême, où nous sommes invités à contempler le mystère de la Croix, consiste à nous rendre «conformes au Christ dans sa mort» (Phil. III,10), pour opérer une profonde conversion de notre vie : nous laisser transformer par l’action de l’Esprit Saint, comme saint Paul sur le chemin de Damas ; mener fermement notre existence selon la volonté de Dieu ; nous libérer de notre égoïsme en dépassant l’instinct de domination des autres et en nous ouvrant à la charité du Christ. La période du Carême est un temps favorable pour reconnaître notre fragilité, pour accueillir, à travers une sincère révision de vie, la Grâce rénovatrice du Sacrement de Pénitence et marcher résolument vers le Christ.

Chers Frères et Sœurs, par la rencontre personnelle avec notre Rédempteur et par la pratique du jeûne, de l’aumône et de la prière, le chemin de conversion vers Pâques nous conduit à découvrir d’une façon nouvelle notre Baptême. Accueillons à nouveau, en ce temps de Carême, la Grâce que Dieu nous a donnée au moment de notre Baptême, afin qu’elle illumine et guide toutes nos actions. Ce que ce Sacrement signifie et réalise, nous sommes appelés à le vivre jour après jour, en suivant le Christ avec toujours plus de générosité et d’authenticité. En ce cheminement, nous nous confions à la Vierge Marie qui a enfanté le Verbe de Dieu dans sa foi et dans sa chair, pour nous plonger comme Elle dans la mort et la résurrection de son Fils Jésus et avoir la vie éternelle.

Du Vatican, le 4 novembre 2010

BENEDICTUS PP. XVI

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2011-22. Après trois ans…

Dimanche de la Septuagésime 20 février 2011 au soir.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Vous connaissez très certainement le sonnet de Paul Verlaine dont j’ai emprunté le titre pour en faire celui de ma chronique de ce soir. La deuxième strophe de ce même poème commence par ces mots : « Rien n’a changé… » Eh bien, moi, Lully, je vais ici même vous faire la démonstration qu’après trois ans, il y a des choses qui ont bien changé !

De quelles choses s’agit-il ? m’allez-vous demander.

Je veux parler de notre Mesnil-Marie.

En effet, demain, 21 février 2011, cela fera trois ans exactement que notre Frère Maximilien-Marie a visité pour la première fois cette vieille ferme vivaroise qui a pu être acquise par l’association Refuge Notre-Dame de Compassion, et qui – peu à peu – , avec du travail et de la patience, devient un petit centre de spiritualité et le lieu duquel rayonne l’esprit particulier à notre modeste association.

D’ici peu, je compte bien vous reparler de manière plus détaillée des circonstances qui ont amené Frère Maximilien-Marie jusqu’ici, mais pour l’heure je vous laisse regarder… et comparer.
Sur chacun des clichés ci-dessous, vous verrez en synoptique le même point de vue à trois ans d’intervalle.
Je vous demande de ne pas oublier que notre Frère est arrivé dans une maison dont la toiture était à refaire, dans laquelle il n’y avait que trois fenêtres valables et où aucune porte – à certains endroits il n’y avait d’ailleurs que des vestiges de portes – ne fermait, où il n’y avait pas d’arrivée d’eau ni, bien sûr, de sanitaires… etc.

Premier point de vue :
Nous avons retrouvé une photo réalisée à l’automne 2007 et il y a quelques jours Frère Maximilien-Marie est retourné à l’endroit d’où elle avait été prise, en bordure de forêt, au-dessus du hameau.
Entre temps, des arbres qui  étaient trop proches de la maison, l’empêchaient de prendre pleinement le soleil et maintenaient de l’humidité, ont été abattus…
D’emblée, on est frappé par la différence que représente le remplacement des vieilles tuiles de ciment gris par des tuiles « romanes » qui redonnent à la maison l’aspect qu’elle pouvait avoir au XVIIIème siècle.

1 - Après trois ans


Deuxième point de vue
:

Le Mesnil-Marie vu depuis le Nord-Est (février 2008 et février 2011).
L’armature en bois que l’on aperçoit au premier plan est celle d’une ancienne petite serre : c’est à peu près à cet endroit là que Frère Maximilien-Marie envisage de construire un jour la chapelle de Notre-Dame de Compassion, dans laquelle les fidèles pourront librement venir se recueillir et recommander leurs intentions au Coeur douloureux et immaculé de Marie…

2 - Après trois ans


Troisième point de vue
:

La façade Est du Mesnil-Marie (février 2008 et février 2011).
L’épicéa que l’on voyait à gauche a été abattu.
Vous pouvez remarquer les avant-toits protecteurs que Frère Maximilien-Marie a fait réaliser à l’occasion de la réfection de la toiture.
Vous apercevez les nouvelles huisseries et les travaux d’aménagement extérieur que notre Frère effectue peu à peu : en été, les abords de la maison sont abondamment fleuris.

3 - Après trois ans


Quatrième point de vue
:

La façade Sud du Mesnil-Marie (février 2008 et février 2011).
Juste au pied de cette façade coule la béalière (*) qui amène l’eau dans notre hameau. Cette béalière fuyait de toutes parts à cet endroit et des frênes avaient poussé de manière totalement anarchique : lorsqu’ils prenaient leurs feuilles on ne voyait presque plus la maison, qui n’était plus exposée aux rayons du soleil !
Il a fallu abattre les frênes et refaire l’étanchéité de la béalière.
C’est ensuite ici qu’ont été installés le complexe d’alimentation en eau de la maison et le système d’assainissement des eaux usées.

4 - Après trois ans


Cinquième point de vue
:

L’arrivée dans notre hameau depuis l’Ouest (route descendant du Mont Mézenc – février 2009 et février 2011).
Notre Mesnil-Marie découpe sa masse assez imposante : elle donnait jadis une impression d’abandon et de tristesse, elle apparaît aujourd’hui transfigurée.

5 - Après trois ans


Sixième point de vue
:

La façade Ouest (février 2008 et février 2011).
Il a fallu abattre une cheminée qui menaçait de crever la toiture à chaque bourrasque.
On a aussi dégagé des éboulis de terre qui s’étaient accumulés contre ce mur : toute l’eau qui ruisselait des terrains et des toits traversait ces amas de terre, rentrait dans les murs… et ressortait à l’intérieur de la maison !
Comme vous pouvez le voir, il y a encore un tas de vieux bois provenant de l’ancienne toiture qu’il faut débiter avant de pouvoir en faire l’aliment de notre poêle…

6 - Après trois ans


Il y a encore de nombreux travaux et aménagements à réaliser, à l’intérieur comme à l’extérieur. Notre Frère Maximilien-Marie s’y emploie autant qu’il le peut, avec patience et persévérance.

Comme je vous l’écrivais en commençant, son but est de faire de ce lieu un petit centre spirituel à partir duquel Notre-Dame de Compassion pourra déverser ses grâces sur les âmes et les coeurs qui se tournent vers Elle…
Et moi, Lully, même si je ne suis qu’un tout petit chat, je suis très fier de participer à cette aventure et très heureux, à travers mes modestes chroniques, de vous en faire goûter l’esprit.

Lully.

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(*) Béalière : une béalière est un petit canal de dérivation qui sert à l’irrigation et à l’alimentation en eau des citernes (voire des sources par infiltration); autrefois, sur son cours, se trouvaient aussi des moulins. Les béalières existent dans tout le pays cévenol et sont un élément essentiel de son antique patrimoine rural.

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2011-22. Après trois ans... dans Chronique de Lully btn_donateCC_LG

Publié dans:Chronique de Lully, Memento |on 20 février, 2011 |5 Commentaires »

2011-21. Appel international pour l’intégrité de « Summorum Pontificum ».

Missel romain traditionnel

Un appel urgent est relayé dans le monde entier par plusieurs sites de promotion et de défense de la liturgie latine traditionnelle ; nous reprenons ci-dessous la présentation qui en est faite sur le site de la Schola Sainte Cécile :

Des bruits persistants paraissent suggérer qu’une prochaine instruction romaine pourrait contenir des indications restrictives (ou pourrait contenir des éléments qui laisseraient entendre des interprétations restrictives) au motu proprio Summorum Pontificum du 7 juillet 2007. L’alerte parait suffisamment grave pour qu’une initiative internationale se soit mise en place sur ce site motuproprioappeal.com.

Peut-être ces rumeurs sont-elles infondées. Si l’avenir montre que c’est le cas, au moins aurons-nous marqué à notre Très-Saint Père & à nos pasteurs l’attachement au texte qui nous a été donné le samedi béni du triple 7.

Si vous vous intéressez aux questions liturgiques, que ce soit pour la préservation de l’Usus Antiquior romain ou même plus largement pour la continuité des traditions liturgiques vénérables tant occidentales qu’orientales, nous vous recommandons la signature de ce texte, et vous demandons de participer à la diffusion à tous vos réseaux de cet appel international.

Signer la pétition > www.

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Nota bene : Si vous désirez avoir de plus amples détails sur les rumeurs persistantes qui  fondent et alimentent sérieusement ces inquiétudes, vous pouvez vous reporter au blog de Christophe de Saint-Placide et remonter quotidiennement jusqu’au 15 février dernier pour voir tous les articles circonstanciés sur cette opposition actuelle au motu proprio « Summorum Pontificum » et ses enjeux.

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