Archive pour la catégorie 'Chronique de Lully'

2011-40. Chronique pour les mois de mars et avril 2011 au Mesnil-Marie.

Mercredi 4 mai 2011.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Alléluia! Ils sont revenus les jours de l’allégresse pascale : j’espère que vous avez tous passé une fervente Semaine Sainte et que vous pouvez maintenant profiter pleinement de la splendeur et de la joie des solennité de Pâques, qui font si bien ressortir la grandeur de l’amour que Dieu a déployé pour nous par le Sacrifice de Son Fils, Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Hier, 3 mai, nous célébrions la fête de la découverte de la Sainte Croix (par l’impératrice Sainte Hélène) et, devant les reliques de la Passion que nous avons la très grande joie de conserver dans notre oratoire du Mesnil-Marie (photo ci-dessous), nous pouvions méditer et exulter : « Vraiment il est digne et juste, c’est notre devoir et notre salut de Vous rendre grâces toujours et en tout lieu, Seigneur, Père Saint, Dieu éternel et tout puissant, qui avez attaché le salut du genre humain au bois de la Croix, afin que de là où la mort était sortie de là aussi la vie surgisse, en sorte que le démon qui avait vaincu par l’arbre (du paradis) fût à son tour vaincu par l’arbre (de la Croix)… »

Pâques, en effet, ne nous fait pas oublier la Passion, mais lui donne la plénitude de son sens ; Pâques ne fait pas disparaître la Croix, mais la fait resplendir!

Il y a bien longtemps que je ne vous ai pas écrit, mais je puis vous assurer que ce n’est en rien de l’oubli : chacun de nos amis, et chacune des intentions – heureuses ou tristes -  qui nous sont recommandées sont chaque jour bien présents dans nos prières. En une période comme celle des fêtes pascales, nous demandons à Dieu, par l’intercession de Notre-Dame de Compassion, de vous bénir et de vous combler de Ses grâces, de vous remplir de Sa force et de Ses consolations, et tout particulièrement de transformer vos peines et vos soucis en motifs de joie, en sorte que vous puissiez chanter avec le psalmiste : « La droite du Seigneur a déployé sa puissance, la droite du Seigneur m’a relevé : je ne mourrai pas, mais je vivrai et je proclamerai les oeuvres du Seigneur, alléluia! » (offertoire de la fête du 3 mai).

Reliques de la Passion conservées au Mesnil-Marie

Reliquaire de la Sainte Croix,
fac-similés des saints clous de la Crucifixion (qui ont touché à l’original conservé à Rome),
médaillon contenant des parcelles des rochers de Gethsémani et du Calvaire
ainsi qu’un fragment du Saint Sépuclre. 

Après ces considérations d’ordre général, il me revient aussi de vous donner quelques nouvelles de notre Mesnil-Marie, d’autant que notre cher Frère est assez surchargé de travail, de sollicitations et de préoccupations : pouvez-vous imaginer que lorsqu’il a rallumé l’ordinateur au soir du Saint Jour de Pâques, il a trouvé pas moins de soixante-douze messages personnels qui étaient arrivés dans sa boite aux lettres pour cette seule journée!… Et il en est encore venu d’autres, bien évidemment, dans les jours qui ont suivi, qui s’ajoutaient à tous ceux qui étaient arrivés pendant la fin du carême et auxquels il n’avait pas encore pu donner de réponse!!!

Comme il lui est impossible de passer toutes ses journées rivé à son bureau (car il lui faut habituellement assurer tout seul les tâches de la vie ordinaire en maintenant un équilibre entre la vie spirituelle, l’étude et la lecture, les travaux de la maison et ceux de l’extérieur, sans parler des imprévus : par exemple les personnes qui viennent frapper à la porte du Mesnil-Marie et viennent recommander une intention, donner des nouvelles ou demander un conseil…), Frère Maximilien-Marie m’a donc chargé de vous remercier, tous et chacun, pour vos messages, et il m’a en outre soigneusement recommandé d’adresser un merci très spécial à ceux qui ont ajouté à leurs voeux l’envoi d’une offrande pour permettre au Refuge Notre-Dame de Compassion de vivre, de se développer et d’oeuvrer, puisque – je dois bien le répéter – nous ne dépendons en tout que des dons suscités par la Providence. C’est en effet sans aucune aide pécuniaire d’une congrégation religieuse ou d’un diocèse, ni sans aucune subvention de quelque organisme ou collectivité, que nous travaillons à la remise en état de notre Mesnil-Marie, que nous mangeons et assurons les dépenses de chaque jour et que nous essayons de développer au mieux le rayonnement de cette oeuvre…

Justement, après la construction du mur que j’avais relatée ici > www, je dois vous signaler quelque avancement dans les travaux de notre future Crypte Sainte Philomène : ils étaient à l’arrêt depuis le printemps de l’année dernière (cf. > www). Au cours de la première partie du carême, les maçons sont revenus et ils ont mené à bien la totalité du rejointoiement à la chaux de cette voûte, dans une belle teinte qui la met bien en valeur :

Travaux de rejointoiement de la Crypte Sainte Philomène

Est-il nécessaire de préciser que j’allais chaque soir faire une très rigoureuse inspection des travaux de la journée?

Lully inspecte les travaux

Après le départ des maçons, Dominique, notre ami l’électricien, a pu mettre en place l’isolation au sol et la résistance électrique qui permettront le chauffage de la Crypte et il a aussi encastré les réceptacles des lampes :

Crypte Sainte Philomène : isolation du sol et pose de la résistance électrique pour le chauffage

Mais depuis la fin du mois de mars les travaux sont à nouveau suspendus : il faudra maintenant que les maçons reviennent et coulent la dernière partie de la dalle. Lorsque celle-ci sera achevée, il faudra encore démolir l’escalier qui permet actuellement de descendre dans la Crypte – parce qu’il est inadapté et dangereux – et, à partir du niveau définitif du sol, réédifier un escalier approprié.  Ce n’est qu’ensuite qu’on pourra procéder aux aménagements et aux finitions. Vous le voyez, nous ne sommes pas encore au bout des travaux, et nous avons bien besoin de l’aide de Sainte Philomène… ainsi que de nouvelles générosités pour en venir à bout!

Pour le reste, Frère Maximilien-Marie a profité des beaux jours du mois de mars et du mois d’avril pour épierrer  et apprêter le terrain désormais soutenu par le mur édifié en bordure de route (cf. > www). Il y a ensuite planté des iris, des lupins, des lys, des hémérocalles, des pivoines, des ibiscus… etc. dont je vais régulièrement surveiller la croissance et empêcher la dévastation par les mulots et les rats taupiers. Avant la Semaine Sainte, notre Frère a aussi transporté quantité de brouettes de mauvaise terre, de vieilles racines et de cailloux qu’il avait dégagés en nettoyant les rochers aux alentours du Mesnil-Marie.

Et pour terminer ce tour d’horizon des travaux, il me faut ajouter que nous sommes un peu inquiets parce que le grand mur de soutènement que vous voyez ci-dessous sur la gauche, en continuité de la façade de la maison, montre des signes de fragilité au point que nous craignons son écroulement à l’endroit où une voûte y est pratiquée… De ce fait, mon papa-moine m’a fermement recommandé de ne pas aller me promener dans ces parages!

La façade du Mesnil-Marie au printemps caressée par le dernier rayon du soleil à son coucher

Façade du Mesnil-Marie caressée par les rayons du soleil couchant.

Pour revenir à des sujets spirituels, je dois dire que notre Frère s’est – bien entendu – pas mal investi pour les longues cérémonies de la Semaine Sainte célébrées dans sa « paroisse d’élection » (cf. > www) – paroisse de rite latin traditionnel en application du motu proprio « Summorum Pontificum cura«  bien sûr -, cérémonies pour lesquelles il avait à coeur d’emporter, lorsque la petite sacristie de la paroisse manquait du matériel nécessaire, les plus beaux des ornements que nous possédons ici.

Avant d’achever la chronique de ce jour, je ne résiste pas à la tentation de vous inviter à écouter, en conformité avec la liturgie, ce Regina coeli composé par le génial surintendant des musiques royales dont je porte le nom :

Image de prévisualisation YouTube

Et au sujet de la répétition de ces innombrables « alléluia!« , voici pour terminer quelques lignes de notre Bienheureux Père Saint Augustin que je laisse à votre méditation :

« Alleluia signifiant « Louez Dieu! », louons le Seigneur, mes frères, louons-le par notre conduite et par nos paroles, par nos sentiments et par nos discours, par notre langage et par notre vie. Dieu ne veut aucun désaccord dans celui qui répète ce chant. Commençons donc par mettre d’accord en nous la langue avec la vie, la conscience avec les lèvres ; oui, mettons d’accord nos moeurs avec nos paroles, dans la crainte que nos bonnes paroles ne rendent témoignage contre nos mauvaises moeurs. » (Saint Augustin – sermon 256 sur la louange divine).

pattes de chat Lully.

Pour aider à la vie
et au développement du Refuge Notre-Dame de Compassion > www

2011-39. De la continuation de la Passion de Jésus et de la certitude du triomphe de Son Sacré-Coeur.

Samedi de la Passion.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Nous voici à la veille d’entrer dans la Semaine Sainte.
Du fond du coeur et au nom de Frère Maximilien-Marie, je vous souhaite de vivre cette Grande Semaine – comme on l’appelle aussi parfois – dans la ferveur de l’esprit et dans une profonde union avec le divin Coeur de Jésus et le Coeur douloureux et immaculé de Marie, Notre-Dame de Compassion.

la Compassion

Giovanni Bellini : compassion

La liturgie n’étant pas la simple commémoraison d’évènements d’un passé définitivement révolu, mais l’actualisation d’un mystère divin, nous allons vraiment revivre – pas à la manière d’une représentation théâtrale ou d’une reconstitution cinématographique – les évènements de la Pâque de Notre-Seigneur Jésus-Christ : son entrée messianique à Jérusalem, les dernières controverses avec les pharisiens et les sadducéens, la trahison de Judas, l’institution de la Sainte Eucharistie et du sacerdoce, la sainte Agonie de Gethsémani, l’arrestation et les diverses phases des procès de Jésus (procès devant le Sanhédrin et devant les autorités politiques), la condamnation à mort et le chemin de la Croix, la mort du Sauveur et son ensevelissement, son passage aux enfers et sa Résurrection glorieuse.

Au-delà des célébrations liturgiques ou para-liturgiques qui marquent la Semaine Sainte, la Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ se perpétue dans les membres de son Corps mystique et à travers les atteintes, toujours plus nombreuses, contre les droits de Son Eglise et contre la civilisation chrétienne elle-même : « Je suis Jésus que tu persécutes ! » (cf. Act. IX, 5).

Les mêmes protestations qui jaillissaient des bouches des pharisiens et des sadducéens en entendant les « Hosanna ! » des enfants et de la foule, le jour des Rameaux, sortent encore aujourd’hui de celles des politiques, inféodés – de manière plus ou moins consciente – aux sectes anti-chrétiennes qui tirent les ficelles de l’économie mondiale, des agences de presse, et des partis…
« Maître, reprends tes disciples ! » (
Luc XIX, 39), demandaient les pharisiens indignés de constater qu’il était acclamé dans les rues comme le Christ-Roi ; « Reléguez le christianisme dans la seule sphère privée et ne lui accordez aucune influence dans la société », disent aujourd’hui en écho les « décideurs » et manipulateurs de l’opinion !
C’est, pour ne citer qu’un seul exemple – parce que, en réalité, il y aurait des centaines de faits similaires à produire -, ces villes, ces collèges, ces écoles ou ces entreprises dans lesquelles les cantines, au nom de la « diversité », imposent des produits halal mais où, au nom de la « laïcité », on refuse aux catholiques une alternative à la viande les vendredis…

Arrestation du Christ

Luca Signorelli : l’arrestation du Christ

Les mêmes trahisons, les mêmes lâchetés qui ont livré le Christ où l’ont abandonné aux mains de ses ennemis se renouvellent aujourd’hui lorsque les pasteurs – prêtres et évêques – au lieu de défendre l’honneur de Notre-Seigneur Jésus-Christ et le salut éternel des fidèles qui leur sont confiés, se taisent, n’osent pas dénoncer le mal, se livrent à des compromis, montrent de la complaisance envers des idéologies destructrices de l’ordre naturel autant que de la foi, multiplient ce qu’on ne peut pas considérer autrement que des injures envers le troupeau qui leur est confié, et lui refusent l’accès aux sources authentiques de la grâce… 

Ici, se présentent à mon esprit, sans aller chercher plus loin qu’en France, ces cas de prêtres dénonçant le marxisme criminel qui ont été mis à l’écart, tandis que ceux qui en faisaient la promotion et s’investissaient dans la « lutte des classes » ont été protégés ; ces cas où des évêques et des prêtres – au mépris des règles du droit canonique aussi bien que du plus élémentaire respect des personnes – acceptent, pour ne pas dire encouragent par leur silence complice (quand ce n’est pas à grand renfort de mensonges), des scandales et des abus de pouvoir ; ces cas où le droit à une liturgie vraiment digne et fidèle aux prescriptions de l’Eglise – que ce soit selon la « forme ordinaire du rite romain » ou bien selon la liturgie latine traditionnelle, dite « de Saint Pie V » – est traité avec un mépris non  dissimulé  et où, en revanche, on accepte que dans une majorité de paroisses l’ordonnancement de la « messe » (si c’en est encore une) soit chamboulé et la célébration des sacrements bouleversée par des inventions et innovations ; ces cas où des supérieurs ecclésiastiques, professeurs ou directeurs de séminaire, ont promu des candidats douteux dans l’accession aux ordres sacrés tandis qu’ils poursuivaient, par des vexations sans nombre, les séminaristes suspects d’être trop traditionnels ou trop « romains » ; ces cas d’évêques qui n’ont aucune réaction contre les groupes de prêtres contestataires (Jonas, Parténia et autres sectateurs du rabâchage sénilisant des Réseaux du Parvis) qui remettent en cause la discipline ecclésiastique et jettent le trouble ; ces cas où l’on interdit à des prêtres de célébrer la Sainte Messe pour des funérailles, où l’on démolit des paroisses vivantes, où l’on refuse la sainte communion à ceux qui gardent la manière traditionnelle (et toujours officielle) de recevoir la Sainte Eucharistie, où l’on chasse des églises les fidèles qui adorent le Saint-Sacrement ou prient avec le rosaire… etc.
Je ne parle – malheureusement ! – pas de cas remontant à la période de folie des années de l’« après-concile », mais je fais allusion à des faits précis qui ont moins de dix ans !

Les mêmes outrages du palais des grands prêtres, du prétoire, du chemin de la Croix et du Calvaire, se reproduisent encore dans ces populations chrétiennes massacrées ou persécutées dans les pays sous domination ou parfois seulement sous influence marxiste ou islamique : en Chine ou en Corée du nord, au Vietnam ou aux Comores, en Amérique latine et en Inde, au Pakistan et en Turquie, en Egypte et à Chypre, en Algérie ou en Ethiopie… etc.

Les mêmes indignités accomplies à la cour d’Hérode se renouvellent aujourd’hui en Europe où la « bien-pensance » si prompte à s’indigner quand on touche aux symboles des minorités se complait dans l’insulte et la dérision du christianisme, ne réagit pas lorsque des églises sont sauvagement vandalisées ou lorsque le Saint-Sacrement est profané, veut faire interdire par les tribunaux de l’Union Européenne le saint Crucifix dans les lieux publics et ne bronche pas lorsqu’il est plongé dans un verre d’urine !

Crucifixion

Francisco de Zurbaran : Jésus en Croix

Une fois de plus, car depuis quelques années on a l’impression que cela devient presque habituel à l’approche de la Semaine Sainte, nous constatons que l’anti-christianisme se fait plus virulent, plus agressif, plus lourd dans ses provocations.

Un coeur authentiquement chrétien ne peut qu’être attristé et douloureusement peiné quand il voit qu’en face du Roi d’Amour, en face du Roi de miséricorde et de grâce, les mêmes refus et les mêmes endurcissements se renouvellent : « Nous ne voulons pas du Christ! Enlève-le : Tolle, tolle eum ! (cf. Joan. XIX, 15). Nous n’avons pas d’autre souverain que César : nous ne voulons pas que les lois éternelles et spirituelles régissent notre vie, nous préférons le joug des tyrans et des idéologies de la terre ! »

Une âme qui aime véritablement son divin Rédempteur ne peut qu’aspirer à entrer plus profondément dans le mystère de la réparation, en répondant plus amoureusement aux appels du Coeur de Jésus, « propitiation pour nos péchés », « rassasié d’opprobres », « broyé pour nos crimes », « victime des pécheurs » (invocations des litanies du Sacré-Coeur).

Oui, en cette Semaine Sainte, en accompagnant Jésus dans sa douloureuse Passion, nous aurons au coeur de compenser, autant qu’il sera en notre pouvoir par un effort d’amour renouvelé, les ingratitudes, les irrévérences et les sacrilèges, les froideurs et les mépris dont le Coeur de Jésus est aujourd’hui abreuvé !

Et au-delà du spectacle affligeant de l’apostasie officielle et généralisée des nations occidentales, nous avons l’espérance et gardons la ferme conviction que, même si un jour les ennemis – extérieurs et intérieurs – de la Sainte Eglise croient avoir réussi à la mettre au tombeau et à sceller sur elle la lourde pierre d’une conspiration quasi universelle, Dieu aura le dernier mot : l’Agneau immolé sera vainqueur !
Et selon la promesse de Notre-Seigneur à Sainte Marguerite-Marie :
« Il règnera ce divin Coeur, malgré Satan et tous ceux qui s’y voudront opposer ! »

Francisco de Zurbaran Agnus Dei - vers 1635-1640

Francisco de Zurbaran : l’Agneau de Dieu

Bonne et fervente Semaine Sainte à tous !

Lully.    

2011-38. Vivons pour le Bon Dieu (Chanoine Antoine Crozier).

Vivons pour le Bon Dieu - chanoine A.Crozier

Ce 10 avril marque l’anniversaire du rappel à Dieu du chanoine Antoine Crozier, prêtre lyonnais d’une très haute spiritualité, qui avait reçu la grâce insigne des sacrés stigmates (le 1er janvier 1901 au cours de la Sainte Messe qu’il célébrait à l’autel du Saint-Sacrement dans la Primatiale Saint-Jean de Lyon) et qui était lié avec le Bienheureux Charles de Foucauld par les liens d’une profonde amitié.

A cette occasion, je suis heureux de vous livrer ici le texte intégral d’un petit opuscule que le chanoine Crozier avait fait publier en 1910 (il y eut même deux éditions dans le cours de cette même année).
A ma connaissance,  ce tout petit livret dont je vous ai reproduit la couverture ci-dessus, n’a pas été réédité depuis la mort de ce saint prêtre, survenue le 10 avril 1916. Pourtant, il y a là un admirable résumé sur la manière d’atteindre à la perfection chrétienne, en un exposé aussi simple et lumineux que fondamental et riche…

Aussi, même si ce texte dépasse en longueur ce qui est habituel pour un article de blogue, j’espère qu’il sera profitable à tous les lecteurs de bonne volonté qui accepteront de le lire posément, avec l’intelligence de leur coeur, et qui s’efforceront d’en mettre les leçons en pratique, de toute la ferveur de leur âme.

Frère Maximilien-Marie.

Chanoine Antoine Crozier (1850-1916)

Le chanoine Antoine Crozier (1850-1916)

Vivons pour le Bon Dieu.

Sommes-nous de bons chrétiens?

Afin de nous en rendre compte, demandons-nous quelle est la place occupée par Dieu dans notre vie de chaque jour.
Pour un trop grand nombre de soi-disant chrétiens, cette place est bien petite. On donne à Dieu cinq minutes de prière matin et soir, le temps de la Messe, des Vêpres et du Salut le dimanche.
En dehors de cela, il n’y a rien ou pas grand’chose pour Dieu. On travaille, on mange, on dort, on souffre, ou bien on jouit, on s’amuse, on satisfait son intérêt, son ambition, ses passions, on s’occupe de sa famille, de ses affaires, de tout, en un mot, excepté de Dieu. On vit pour soi, pour le monde, pour le démon, pour rien du tout ; on ne vit pas pour Dieu.

Combien de vies sont ainsi gaspillées et méritent la condamnation portée par le Maître : « En vérité, en vérité, je vous le dis, ils ont déjà reçu leur récompense! »

Et pourtant, pourquoi sommes-nous sur la terre sinon pour aller à Dieu, pour gagner le Ciel?
Si Dieu nous a créés et nous conserve l’existence, c’est bien uniquement afin que nous procurions sa gloire, sur la terre d’abord, puis dans le Ciel pendant l’éternité.

Que devons-nous faire pour rendre gloire à Dieu?

Remplir, tout simplement, nos devoirs d’état ; nous acquitter, comme il convient, de nos occupations ordinaires.
Nous devons donc travailler, manger, dormir, souffrir, nous reposer, nous distraire, nous occuper de nos affaires, de notre famille, de nos intérêts. Tout cela nous devons le faire et le bien faire, mais pas uniquement pour nous ou pour les créatures ; nous devons le faire principalement pour Dieu, en vue de Dieu, et ainsi nous rendons gloire à Dieu.

Avec quoi devons-nous acheter le Ciel?

Par toutes nos actions, par toutes nos souffrances, par tous les détails de notre vie.
A l’exemple de l’ouvrier qui, pour gagner sa journée, doit travailler un nombre d’heures déterminé au service de celui qui l’emploie, il convient que nous vivions pour Dieu, non seulement de temps en temps et à des moments fixes, mais partout et toujours.

La devise d’un vrai chrétien, c’est donc : TOUT POUR LE BON DIEU !

* * * * * * *

I. Quels moyens employer?

Un seul : vouloir fermement vivre pour Dieu et agir en conséquence.

1. – Avant tout, nous devons éviter ce qui déplait à Dieu, ce que sa loi défend, le péché et les occasions du péché, observer tous ses commandements, remplir tous nos devoirs  envers Lui, envers le prochain et envers nous-mêmes puis nous appliquer à bien faire toutes choses afin de les rendre bonnes et dignes d’être agréées par Lui.

2. – Ces actes bons sont comme des wagons placés sur des rails et que l’on peut diriger au nord ou au midi, en avant ou en arrière. A nous de savoir, par une intention nettement déterminée, les diriger, les aiguiller vers Dieu et non pas vers le démon, le monde ou nous-mêmes.

3. – Cette intention, il importe beaucoup de l’exprimer, de l’affirmer au moins de temps en temps. Nous le faisons en offrant à Dieu nos actes, nos souffrances, notre vie de chaque jour.
Bien que placés sur des rails, les wagons sont incapables de se mouvoir par eux-mêmes, il faut les attacher les uns aux autres à la suite de la locomotive qui les entraînera, plus ou moins vite, plus ou moins loin, suivant qu’elle sera plus ou moins forte et qu’elle aura des provisions plus ou moins grandes d’eau et de charbon.
De même l’offrande de la journée faite le matin accrochera au passage tous les actes dont cette journée sera remplie et les entrainera vers Dieu.
Plus cette offrande sera intense, plus son action sera efficace sur notre conduite et sur la réalité de notre donation.
Il est donc indispensable de bien offrir à Dieu dès le matin la journée qui commence. Cette offrande sera l’acte principal de la prière du matin
.

4. – Pour que cette offrande donne réellement à Dieu chacun de nos actes, il n’est pas nécessaire de la renouveler à chaque instant et de redire sans cesse à Dieu que tout est pour Lui. Cela n’est guère possible à l’homme au milieu des soucis et des préoccupations de la vie ; Dieu ne nous le demande pas.
Quand nous voulons aller à un endroit déterminé, nous ne renouvelons pas sans cesse la volonté d’y aller ; nous continuons simplement à marcher dans la direction voulue. Une fois lancé, le train peut encore pendant un certain temps, grâce à la vitesse acquise, continuer sa route. Nous n’avons pas besoin de faire autrement, pour aller à Dieu, qui est le terme unique et nécessaire du voyage de la vie.

5. – Néanmoins, après avoir parcouru une certaine distance, la locomotive a besoin de faire usage de la vapeur pour prendre un nouvel élan.
Pour nous aussi, il est utile que, de temps en temps dans la journée et sans arrêter notre travail, nous renouvelions rapidement notre offrande par un cri du coeur, afin d’être bien sûrs d’agir toujours pour Dieu.

6. – Au bout de quelques heures, la locomotive est obligée de s’arrêter dans une gare afin d’y reprendre de l’eau et du charbon et de pouvoir ainsi parcourir une nouvelle étape.
Combien il serait bon que nous puissions faire de même et, dans le milieu du jour, par exemple, trouver un instant afin d’y renouveler bien généreusement et à notre aise notre offrande du matin!
Ainsi tout serait très certainement fait et souffert pour le Bon Dieu. Nous pourrions acquérir sans cesse des mérites incalculables et devenir très rapidement et très simplement des millionnaires du  Ciel.
Extérieurement dans notre vie, rien ne serait changé, sinon que nos devoirs seraient remplis avec plus de soins, nos actes faits avec plus d’application.
Intérieurement tout serait changé et pour Celui qui sonde les reins et les coeurs, grâce à l’intention de notre offrande, tout aurait un prix nouveau et une valeur incomparable.
Prenons donc la douce habitude d’offrir souvent nos actions à Dieu
et nous serons sûrs de vivre vraiment pour Lui!

7. – Offrons tout à Dieu, tout, même les actions les plus minimes et les plus insignifiantes. Saint Paul l’a dit : « Soit que vous mangiez, soit que vous buviez, quoi que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu. »
Ces actes sont, pour ainsi dire, les fils avec lesquels nous devons travailler à faire de notre vie une belle pièce d’étoffe que nous présenterons à Dieu au dernier jour.
Or plus un tissu est beau, plus les fils dont il se compose sont nombreux et fins.
Si nous nous contentions d’offrir à Dieu les actes principaux de nos journées, nous arriverions à tisser une étoffe formée de cordages plus ou moins gros et ressemblant plutôt à un filet ou à une serpillière qu’à un riche tissu.

8. – De quoi se compose une étoffe? D’un certain nombre de fils entrelacés dont les uns forment ce qu’on nomme la chaîne et les autres la trame de l’étoffe.
Pour fabriquer le tissu, on tend avec soin sur un métier, et les uns à côté des autres les fils de la chaîne.
Pareillement en offrant à Dieu tous nos actes, en les faisant avec soin pour Lui, nous attachons, pour ainsi dire, sur ce métier merveilleux qui est notre âme, autant de fils qui nous serviront à tisser notre vie de la terre et notre vie du Ciel.

Chaque péché véniel causera une lacune plus ou moins grande dans notre vie, un trou plus ou moins important dans le tissu, comme lorsque plusieurs fils sont cassés.
Chaque péché mortel est semblable à un ouragan qui arrache tous les fils du métier, les emporte au loin et détruit tout jusqu’à ce que un acte de contrition parfaite ou l’absolution du prêtre racommodent et arrangent tout, remettent tout en place en nous permettant de reprendre le travail interrompu.

Si Dieu m’appelait à Lui aujourd’hui, qu’aurais-je de bon à Lui présenter? Que de lacunes dans ma vie, quel gaspillage des dons reçus de Lui! Oh! Je veux, comme dit Saint Paul, regagner avec acharnement le temps perdu et m’appliquer sans cesse à refaire ma vie telle que Dieu l’a voulue et préparée!
Oui, je veux tout Lui offrir afin de ne plus rien perdre, mais de bien faire vraiment 

TOUT POUR LE BON DIEU!

* * * * * * *

II. Pour quels motifs?

1. – Si l’intention d’agir pour Dieu augmente le mérite de nos actions, nous pouvons l’augmenter encore par la valeur des motifs qui nous font agir pour Dieu.
La chaîne ne suffit pas pour former une étoffe, il faut encore la trame, c’est-à-dire ce fil unique et continu qui par le moyen de la navette passe et repasse des milliers de fois à travers les fils de la chaîne et les enlace, les unit, les maintient à leur place, en fait un tout ordonné et uniforme, et donne à l’étoffe ses nuances et ses qualités.

2. – De même si nous agissons pour Dieu, sans aucun motif (ce qui est bien difficile et nous ferait ressembler à un être inintelligent) chaque battement de notre coeur passerait à travers les actes de notre vie sans y rien mettre, aussi inutilement que la navette quand elle ne contient plus de fil.
Le fil unique dont devrait se composer la trame de notre vie, le motif qui seul pratiquement nous fait agir pour Dieu, c’est l’amour dont notre coeur est rempli pour Lui (note : le seul fait d’agir pour Dieu implique nécessairement au moins un commencement d’amour pour Dieu).

3. – Plus cet amour sera parfait et élevé, plus nos actes prendront de valeur aux yeux de Dieu.
Si par exemple j’évite un péché ou je m’acquitte d’un devoir par crainte de l’enfer, mon amour pour Dieu étant moins relevé, le fil de ma trame sera plus grossier et je ne tisserai pour ainsi dire qu’une étoffe de bure.
Si j’agis pour gagner le Ciel, ou pour remercier Dieu de ses dons, le motif de mon amour est plus noble, l’étoffe de qualité supérieure.
Si enfin j’agis en vue de faire plaisir à Dieu parce que je L’aime, Lui la Bonté, la Perfection infinies, mon amour sera plus parfait, plus pur, plus délicat, la trame de tous mes actes sera un véritable fil de soie riche et précieuse.
Ma vie commencera dès lors à être d’un grand prix aux yeux de Dieu.

Donc désormais, comme il convient,

TOUT PAR AMOUR POUR LE BON DIEU !

* * * * * * *

4. – Pour augmenter mon mérite, qui m’empêche d’unir mes pauvres actes aux actions et aux souffrances de Jésus-Christ, et de leur donner ainsi une valeur incomparable?
J’en ai le droit puisque de par la volonté de Dieu, son Père, Jésus est mon Médiateur, mon Supplément, mon Tout chargé de compenser mon insuffisance et ma misère. Je puis donc envelopper ce simple fil de soie sorti de mon coeur du fil d’or infiniment précieux des mérites de Jésus-Christ et enrichir merveilleusement ma vie grâce à cette union bénie qu’Il me propose et qu’Il désire.
Par conséquent,

TOUT EN UNION AVEC LE SACRE-COEUR !

* * * * * * *

5. – Enfin, je rendrai mon offrande encore plus parfaite, en la faisant à toutes les intentions du Sacré-Coeur.
A mesure que les détails de ma vie sont transformés par l’amour et l’union à Jésus, le Bon Dieu les utilise pour le plus grand bien de tous et Il en inscrit les mérites au Livre de vie en vue de ma récompense éternelle. De même, le maître paye le travail de l’ouvrier et tire tout le parti possible de l’étoffe qui lui a été livrée.
Dieu me permet néanmoins de Lui offrir mes actions et mes souffrances à des intentions particulières, pour obtenir à des âmes qui me sont chères diverses faveurs spirituelles ou temporelles. Toutefois, Il n’exauce pas mes requêtes si elles sont en opposition avec sa sainte Volonté.
Au lieu de m’attarder à énumérer de grâces qui ne conviennent peut-être pas à ces âmes, il m’est bien plus facile de faire mon offrande simplement pour l’accomplissement de toutes les intentions du Sacré-Coeur sur chacune d’elles. Ainsi je suis certain de toujours demander ce qui est le meilleur ; ma prière, écho fidèle de celle du divin Maître, est sûrement exaucée.
Et pourquoi restreindre mon offrande seulement à quelques âmes? Ne puis-je pas laisser à Jésus le soin d’en disposer à son gré pour toutes les âmes qui en ont besoin?
Voilà comment j’agis en faisant et souffrant toutes choses, en général, à toutes les intentions du Sacré-Coeur.

Une telle manière de faire est grande, généreuse ; elle témoigne d’une confiance et d’un abandon absolus envers Dieu ; donc elle ne peut que Lui être très agréable.
De plus elle rend très parfaite mon union avec le Sacré-Coeur. En offrant tout à ses intentions, j’aide véritablement le divin Sauveur à réaliser tous ses desseins d’amour sur la France, l’Eglise et le monde, je travaille avec Lui à établir partout le règne de Dieu et je participe à toute l’oeuvre qu’Il est venu accomplir sur la terre.

Ainsi mon champ d’action est aussi vaste que l’univers, mon apostolat embrasse toutes les âmes, tous les coeurs, et ma vie prend véritablement toute sa valeur et toute sa fécondité.

Donc,

TOUT AUX INTENTIONS DU SACRE-COEUR !

* * * * * * *

Conclusion :

En conséquence, tous les matins et plus souvent même, si je le puis, je réciterai du fond du coeur l’offrande suivante qui contient tous les détails capables de rendre mon amour aussi parfait et ma vie aussi méritoire que possible :

Ô Jésus, Souverain Prêtre,
Par le Coeur immaculé de Marie et avec tous ceux qui Vous aiment,
Je Vous offre et Vous consacre toutes mes prières, toutes mes actions, tutes mes souffrances, ma vie et ma mort,
Par amour pour Vous,
En union avec votre Sacré-Coeur,
A toutes les intentions de votre Sacré-Coeur.

Dans la journée, il me sera plus aisé de dire et de redire souvent pour m’encourager à bien travailler et à bien souffrir :

Tout pour votre Amour, ô Coeur de Jésus!

J’espère mener ainsi une vie vraiment chrétienne et toute surnaturelle, plaire à mon Maître et commencer dès ici-bas au milieu des luttes et des tristesses de cette terre, l’acte d’amour parfait qui sera dans le Ciel l’unique occupation de mon âme et de mon coeur pendant l’éternité.

Ainsi soit-il !

Sacré-Coeur gif

On trouvera aussi dans les pages de ce blogue
- une prière pour demander la glorification de l’abbé A. Crozier > ici
- un florilège de citations tirées de sa correspondance spirituelle > ici
- le « Chemin de Croix pour la France » du Chanoine Crozier > ici

2011-37. In memoriam : Monsieur l’abbé Bryan Houghton (2 avril 1911 – 19 novembre 1992).

Laudemus viros gloriosos, et parentes nostros in generatione sua : Louons ces hommes plein de gloire qui sont nos pères et dont nous sommes la race…“ (Eccli. XLIV,1).

* * * * * * *

« Le plus souvent, dans la vie courante, ce sont nos occupations et nos responsabilités qui nous procurent la discipline nécessaire à la vie. Une certaine dose de discipline intérieure est par conséquent nécessaire pour passer vingt ans sans responsabilité ni emploi. C’est précisément le caractère contemplatif de la messe ancienne qui m’a donné cette nécessaire discipline. Vous avez donc devant vous un prêtre rejeté à cause de la messe ancienne, mais auquel seule la messe ancienne permet de vivre. »

Abbé Bryan Hougthon (paroles prononcées à l’occasion de ses cinquante ans de sacerdoce).

Monsieur l'Abbé Bryan Houghton

Monsieur l’Abbé Bryan Houghton (1911-1992)

Né le 2 avril 1911 dans une famille britannique anglicane mais peu religieuse et d’esprit  plutôt libéral, Bryan Houghton fut élevé dans le rejet du catholicisme romain. Selon un usage de ce temps – où dans les milieux aisées les relations familiales laissaient peu de place aux sentiments – il fut envoyé très jeune dans un pensionnat du sud de la France pour y suivre sa scolarité.

C’est là, alors qu’il n’a que neuf ans, que Bryan reçoit d’un camarade catholique une illumination qui va éclairer toute sa vie. Laissons-le en faire le récit :

« Mon audace était grande : j’avais neuf ans, il en avait quinze.

- Je suis protestant et je voudrais que tu me dises ce que c’est que la messe. J’y vais tous les jours mais je ne comprends rien.

- Oui, je t’ai vu au fond de la chapelle. Je croyais que tu étais juif.

- Non, je suis protestant. J’ai assisté à nos offices protestants. Ils sont très beaux : on y parle sans cesse de Jésus.

- C’est ça, on y parle de Jésus. Ils sont sûrement très beaux. Mais ce n’est pas la messe. Vois-tu, la messe EST Jésus.

Il hésita un moment, puis reprit :

- Vois-tu, Dieu s’est fait chair pour nous racheter sur la croix. A la Cène, il nous a laissé son Corps et son Sang sous les apparences du pain et du vin, comme gages de notre rédemption. La messe, c’est ça : la Présence réelle de Jésus-Christ. Devant un acte pareil, il n’y a rien à faire ou à dire. On ne peut que se taire.(…)

Voilà à peu près ce que fut la réponse d’Hippolyte. J’ai pu l’embellir un peu au fil des ans. Mais il m’en reste deux idées essentielles :

1. Le protestantisme parle de Jésus ; le catholicisme EST Jésus.

2. En face de la Rédemption, il n’y a de place pour aucune autre action humaine que le silence.

La messe était une liturgie dans laquelle Dieu agissait et non les hommes. Elle comportait de larges plages de silence pour permettre l’adoration de la Présence ineffable. Ce qui était dit à voix haute, l’était en latin pour limiter les interférences avec la personnalité du prêtre. Cette première expérience a joué un rôle essentiel ; il faudra l’avoir en mémoire lorsqu’il sera question des changements dans la messe, trente-cinq ans plus tard. » (in « Prêtre rejeté »)

Ces perspectives nouvelles et bouleversantes marquent Bryan à vie et vont l’amener, des années plus tard et au mépris de toutes les conventions et pressions sociales, à se convertir au catholicisme. Il a presque 23 ans. Quelque deux ans plus tard, il part à Rome afin d’y suivre les études qui le conduiront au sacerdoce.

Il est ordonné prêtre le dimanche de Quasimodo 31 mars 1940, par le cardinal Hinsley, dans la crypte de la cathédrale de Westminster. Il va ensuite exercer pendant vingt-neuf ans son ministère comme curé dans deux paroisses proches de Londres : d’abord à Slough, dans un quartier très populaire, où il crée la paroisse Saint-Antoine, puis à partir de septembre 1954 à Bury St Edmunds.

A partir des années soixante – et comme malheureusement presque partout à cette époque -, il est affronté à l’action de certains prétendus réformateurs qui prennent prétexte du second concile du Vatican pour, ni plus ni moins, vider le catholicisme de sa substance. La réforme liturgique va représenter pour lui un véritable drame : converti par la messe, l’abbé Houghton ne peut en conscience abandonner la liturgie qui exprime si magnifiquement l’intégrité de la foi catholique. Il dira un jour qu’il n’a pas abandonné l’anglicanisme et intégré l’Eglise Romaine, pour devoir y retrouver une « messe protestante ». Toutefois il ne veut pas non plus désobéir. Une seule solution lui reste donc : la démission, qui lui permettra – n’ayant plus de ministère – de bénéficier de l’autorisation de célébrer en privé la messe de son ordination.

Le 29 novembre 1969, à la veille du premier dimanche de l’Avent où, selon la volonté de Paul VI, le nouvel Ordo Missae entre en application, l’abbé Houghton se démet de sa charge de curé. Il écrit : « … La seule issue honorable est de cesser de fonctionner. Si j’utilisais la nouvelle liturgie avec la ferveur convenable, je me conduirais en hypocrite ; si je continuais à célébrer selon l’ancienne, je désobéirais. Je ne veux ni l’un ni l’autre. Ainsi donc je m’en vais comme un prêtre parfaitement loyal, avec la bénédiction de mon évêque. C’est ce qui fait la bizarrerie de ce départ… »

Voici quelques autres citations remarquables où il pose les bonnes questions au sujet de la réforme liturgique et de la pagaïe qu’elle a engendrée :

« Il y avait une question à laquelle je trouvais difficile de donner une réponse satisfaisante. Tous les prêtres avaient dit quotidiennement la messe ancienne avec le soin voulu et, apparemment, avec dévotion. Comment se faisait-il que 98 % d’entre eux acceptaient volontiers qu’elle change alors que ni le concile ni le pape n’en avait donné l’ordre. Ils avaient sauté sur cette simple permission comme les pourceaux de Gadara dans la mer. (…) Il n’était pas possible qu’ils aient aimé la messe ancienne. Ce n’était qu’un rite dont on pouvait changer comme on change de pantalon. Mais s’ils n’aimaient pas la messe, sans doute étaient-ils incapables d’adorer. Ils devaient considérer que la messe était une chose qu’ils avaient à faire, et non une chose que Dieu faisait. »

« Une des caractéristiques extraordinaires du bricolage de la messe, c’est que le prêtre jouit d’une liberté que les laïcs ont perdue. Dans l’ancienne messe, le prêtre était soumis à une stricte observance des rubriques et les laïcs pouvaient faire à peu près ce qu’ils voulaient : suivre la messe dans leur missel, lire le Manuel du Chrétien, dire leur chapelet, s’endormir… Maintenant le prêtre est libre d’inventer ce qu’il veut, mais malheur aux laïcs qui ne participent pas. Ce n’est pas la seule conséquence. Les laïcs sont toujours obligés d’assister à la messe le dimanche. Mais « la messe » n’existe plus dans le rite latin. Il y a à peu près autant de messes qu’il y a de prêtres. Est-ce que les laïcs sont obligés de se plier aux caprices du célébrant ? Il serait carrément injuste que la réponse soit oui. »

Doté d’une fortune personnelle, il quitte l’Angleterre et décide de s’installer dans le sud de la France, là où il verra le premier olivier. Ainsi fait-il halte à Viviers où il s’établit et demeure jusqu’à sa mort (1992).

L’évêque de Viviers de cette époque – le très progressiste Monseigneur  Hermil (au sujet duquel il dit un jour avec autant d’ironie que de réalisme : « Ce n’est pas un mauvais homme mais il n’a pas beaucoup de religion… ») – avait consenti à ce qu’il célébrât en semaine sa messe privée au maître-autel de la cathédrale Saint-Vincent (laquelle était d’ailleurs pratiquement désertée).

L’abbé Bryan Houghton devient une personnalité «traditionaliste» locale et célèbre le dimanche la messe de Saint Pie V pour une petite communauté de fidèles (« ..les malheureux laïcs me faisaient immensément pitié. Ils étaient à la merci des prêtres amateurs de changements et priés d’applaudir à chaque innovation… »). Les célébrations dominicales se tiennent dans diverses chapelles privées avant de s’établir, de l’autre côté du Rhône, à Montélimar, dans la chapelle Notre-Dame de la Rose.

Montélimar - chapelle Notre-Dame de la Rose

Chapelle Notre-Dame de la Rose
(XIIe siècle, remaniée aux XVIIe et XIXe siècles).

Il aurait désiré acheter cette chapelle Notre-Dame de la Rose, mais la propriétaire, la marquise de La Bruyère, subit les pressions de personnalités influentes qui finalement la dissuaderont de la lui vendre (nota : en 1980, la chapelle  est devenue propriété de l’évêché de Valence, elle reste affectée à la célébration de la messe latine traditionnelle, qui est désormais assurée par les prêtres de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre).

L’abbé Houghton côtoie Monseigneur Lefèbvre, dont il n’approuve pas toujours les décisions, et devient l’ami de Dom Gérard Calvet, dont il suit avec intérêt la fondation et les travaux pour la construction du monastère du Barroux. Il donne des conférences et il écrit : c’est ainsi qu’il publie « La paix de Monseigneur Forester »  en 1982, préfacée par Gustave Thibon (ouvrage où il proposait des solutions afin de parvenir à une paix liturgique), « Le mariage de Judith » en  1984 (réédité en 1994), « Irréligion » en 1987, « Prêtre rejeté » en 1990 (réédité en 2005 avec 27 articles en supplément).

L’abbé Bryan Houghton s’est éteint le 19 novembre 1992, victime d’une crise cardiaque : il avait 81 ans. Il a été inhumé au cimetière de Viviers.

Tombe de l'abbé Bryan Houghton au cimetière de Viviers

Hic Bryan Houghton sacerdotis
die 2 aprilis 1911 nati et 31 martii 1940 ordinati
obiit die 19 novembris 1992
R.I.P.

Lys de France

Voir aussi :
- annonce de la célébration du 20ème anniversaire de la mort de l’abbé Houghton > ici
- Compte-rendu de la célébration du 20ème anniversaire de la mort de l’abbé Houghton > ici

2011-35. « Ce n’est pas pour rire que je t’ai aimée… »

Le 4 janvier, à l’occasion de la fête de la Bienheureuse Angèle de Foligno, nous avons publié sur ce blog l’enseignement que lui a consacré notre Saint-Père le Pape Benoît XVI lors d’une catéchèse du mercredi (cf. > ici), puis le texte particulièrement poignant de l’une des visions de la Bienheureuse dans laquelle Jésus lui enseignait « les voies de la délivrance » (cf. > ici).

Au cours de notre itinéraire spirituel du carême, il me semble qu’un autre texte de cette très grande mystique est à relire et à méditer avec attention. C’est ce passage justement célèbre dans lequel Angèle relate comment Notre-Seigneur Jésus-Christ lui fit entendre ces mots : « Ce n’est pas pour rire que je t’ai aimée… »

2011-35.

L’Amour vrai et l’amour menteur.

(au chapitre 33ème du livre des révélations de Sainte Angèle de Foligno)

… C’était le quatrième jour de la semaine sainte, j’étais plongée dans une méditation sur la mort du Fils de Dieu, et je méditais avec douleur, et je m’efforçais de faire le vide dans mon âme, pour la saisir et la tenir tout entière recueillie dans la Passion et dans la mort du Fils de Dieu, et j’étais abîmée tout entière dans le désir de trouver la puissance de faire le vide, et de méditer plus efficacement.

Alors cette parole me fut dite dans l’âme : « Ce n’est pas pour rire que je t’ai aimée. »

Cette parole me porta dans l’âme un coup mortel, et je ne sais comment je ne mourus pas ; car mes yeux s’ouvrirent, et je vis dans la lumière de quelle vérité cette parole était vraie. Je voyais les actes, les effets réels de cet amour, jusqu’où en vérité il avait conduit le Fils de Dieu. Je vis ce qu’il supporta dans sa vie et dans sa mort pour l’amour de moi, par la vertu réelle de cet amour indicible qui lui brûlait les entrailles, et je sentais dans son inouïe vérité la parole que j’avais entendue ; non, non, il ne m’avait pas aimée pour rire, mais d’un amour épouvantablement sérieux, vrai, profond, parfait, et qui était dans les entrailles.

Et alors mon amour à moi, mon amour pour lui, m’apparut comme une mauvaise plaisanterie, comme un mensonge abominable. Ici ma douleur devint intolérable, et je m’attendis à mourir sur place.

Et d’autres paroles vinrent, qui augmentèrent ma souffrance : « Ce n’est pas pour rire que je t’ai aimée ; ce n’est pas par grimace que je me suis fait ton serviteur ; ce n’est pas de loin que je t’ai touchée ! »

Ma douleur, déjà mortelle, allait toujours en augmentant, et je criais : « Eh bien ! moi, c’est tout le contraire. Mon amour n’a été que plaisanterie, mensonge, affectation. Je n’ai jamais voulu approcher de vous, en vérité, pour partager les travaux que vous avez soufferts pour moi, et que vous avez voulu souffrir ; je ne vous ai jamais servi dans la vérité et dans la perfection, mais dans la négligence et dans la duplicité. »

Lorsque je vis ces choses, lorsque, je vis de mes yeux la vérité de son amour et les signes de cette vérité, comment il s’était livré tout entier et totalement à mon service, comment il s’était approché de moi, comment il s’était vraiment fait homme pour porter et sentir en vérité mes douleurs ; quand je vis en moi tout le contraire absolument, je crus mourir de douleur. Il me semblait que ma poitrine allait se disjoindre et mon coeur éclater. Et comme j’étais occupée spécialement de cette parole : « Ce n’est pas de loin que je t’ai touchée », il en ajouta une autre, et j’entendis qu’il disait : « Je suis plus intime à ton âme qu’elle-même ».

Et ma douleur augmenta. Plus je voyais Dieu intime à moi, plus je me voyais éloignée de lui. Il ajouta d’autres paroles qui me firent voir les entrailles de l’éternel amour : « Si quelqu’un voulait me sentir dans son âme, je ne me soustrairais pas à lui ; si quelqu’un voulait me voir, je lui donnerais avec transport la vision de ma face ; si quelqu’un voulait me parler, nous causerions ensemble avec d’immenses joies ».

Ces paroles excitèrent en moi un désir : ne rien sentir, ne rien voir, ne rien dire, ne rien faire qui pût déplaire à Celui qui parlait. Je sentis que Dieu demande spécialement à ses fils, à ses élus, aux élus de sa vision et de la parole divine, de n’avoir pas l’ombre d’un rapport avec son ennemi.

Il me fut encore dit : « Ceux qui aiment et suivent la voie que j’ai suivie, la voie des douleurs, ceux-là sont mes fils légitimes. Ceux dont l’oeil intérieur est fixé sur ma Passion et sur ma mort, sur ma mort, vie et salut du monde, sur ma mort, et non pas ailleurs, ceux-là sont mes enfants légitimes, et les autres ne le sont pas ».

coeurdejsuscopie dans Nos amis les Saints

2011-34. Du massacre de la forêt de Vezins, le 25 mars 1794, et de la permanence de l’esprit fondamentalement anti-chrétien de la république française.

Jeudi 24 mars 2011, 19 heures.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Je redescends de l’oratoire où j’ai accompagné Frère Maximilien-Marie qui a célébré les premières vêpres de la très grande et très belle fête de l’Annonciation de Notre-Dame, et donc aussi de l’Incarnation de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Tandis que la nuit s’étend doucement sur nos montagnes, je ne vais pas gloser sur l’importance de cette fête ; je me contenterai de rappeler que la cathédrale du Puy, très important sanctuaire où notre Frère aime souvent à se rendre et qu’il se plaît à faire découvrir à ses amis, est placée sous le vocable de Notre-Dame de l’Annonciation.
Les dévots de Notre-Dame se souviendront  aussi peut-être du miracle de Notre-Dame de l’Osier, dont j’avais parlé > ici, et qui se produisit le 25 mars 1649.

Ce soir, je voudrais surtout attirer votre attention sur un évènement vraiment tragique, que l’histoire « officielle » préfère passer sous silence et dont c’est également l’anniversaire. Il s’agit des massacres qui eurent lieu le 25 mars 1794 dans la forêt de Vezins.

Vezins est une commune sise dans l’actuel département du Maine et Loire, à quelques kilomètres à l’est de Cholet.
La forêt dite de Vezins s’étend sur les communes de Nuaillé, Chanteloup et Yzernay.

Au terme de la Virée de Galerne, l’écrasement de la Grande Armée Catholique et Royale, dans les marais de Savenay, le 23 décembre 1793, décide la Convention à se livrer à une « vengeance exemplaire ».
Le général Turreau met au point un plan : il s’agit de quadriller méthodiquement toute la Vendée militaire (soit 735 communes, peuplées au début de la guerre par quelque 755 000 habitants).
Douze colonnes incendiaires ont pour ordre d’exterminer de manière systématique ceux que la Convention nomme « les brigands », femmes et enfants inclus, de saisir les récoltes et les bestiaux, d’incendier les villages et les forêts, de faire enfin de la Vendée un  « cimetière national » avant de la faire repeupler par des réfugiés républicains.

Général Turreau

Le général Turreau, organisateur des colonnes infernales.

De janvier à mai 1794, les colonnes parcourent donc la Vendée, s’adonnant aux pires exactions : incendies, viols, tortures, pillages et massacres des populations – parfois même actes de cannibalisme -, et le plus souvent sans distinction d’âge, de sexe ou d’opinions politiques (car même des personnes favorables aux républicains furent exterminées). Ces atrocités coûtent la vie à  environ 200 000 personnes et valent aux colonnes incendiaires d’être surnommées « colonnes infernales ».
Ce que les nazis ont fait à Oradour-sur-Glane, les armées de la république française l’ont fait bien avant eux : pas une fois seulement, mais des dizaines et des dizaines de fois, et cela sur des populations civiles françaises

C’est dans ce contexte que se situent les massacres de la forêt de Vezins. Le vaillant Général Stofflet avait établi son quartier général dans ces bois (mais il ne s’y trouvait pas ce jour-là) ; sous des huttes, il y avait aussi organisé une espèce d’hôpital et un grand refuge pour les populations des villages alentour.

C’est la dixième colonne infernale, sous les ordres de Crouzat, qui, le 25 mars 1794 au matin, après avoir perpétré un premier massacre à La Poterie, entra dans la forêt de Vezins, guidée par un traître, un nommé Porcher qui connaissait les lieux.

Bien que pris par surprise, il y eut néanmoins quelques Vendéens qui purent s’enfuir et qui relatèrent plus tard ce dont ils avaient été les témoins.
Tous ceux qui furent découverts furent impitoyablement massacrés : les malades et les blessés sur leurs grabats, les deux prêtres qui les assistaient, les vieillards et les enfants qui pensaient être à l’abri dans ces taillis, les femmes et les jeunes filles sur lesquelles les « bleus » se livrèrent aux outrages que l’on imagine avant de les mettre à mort.
Jusqu’au 27 mars, la colonne infernale ratissa les bois et tout ce qui fut pris vivant fut passé par le fer et le feu.

On estime à 1200 (certains auteurs vont jusqu’à 1500) le nombre des victimes de ces massacres.
Malgré les témoignages et la présence de très nombreux ossements, certains continuent à contester la réalité de ces événements.

Le document ci-dessous établit une liste partielle des victimes pour les paroisses d’Yzernay et de Chanteloup, tout en précisant : « La presque totalité des noms des victimes des grands massacres de la forêt en mars 1794 n’est connue que de Dieu seul…»

Liste partielle de victimes du massacre de la forêt de Vezins

(cliquer sur la photo pour la voir en plus grand format)

En 1821, une croix de bois fut élevée sur le lieu du massacre.  Un peu plus tard, on édifia un oratoire au dos duquel le comte de Colbert-Maulévrier fit bâtir en 1863 une chapelle de style néo-gothique, qui dès lors servit d’enfeu à sa famille.

Chapelle du cimetière des martyrs dans la forêt de Vezins

Chapelle de la forêt de Vezins sur les lieux du massacre.

Sur la façade de cette chapelle, de part et d’autre de l’ogive du tympan, sont les statues de  Jacques Cathelineau (cf. > www) et de Jean-Nicolas Stofflet (cf. > www).
C’est un lieu solitaire, propice au recueillement. Mais cet isolement l’a aussi – hélas ! – exposé très souvent au vandalisme.
Deux cents ans après, la même haine diabolique s’acharne encore sur la chapelle qui perpétue le souvenir des martyrs. En 1988, la statue de Stofflet avait été décapitée et la crypte  ossuaire profanée : des ossements de victimes en avaient été extraits et dispersés dans la forêt !
Depuis, on compte au moins cinq saccages : vases jetés à terre, statues renversées et brisées, bancs et prie-Dieu cassés, ex-voto lacérés, vitraux explosés, portes dégondées, inscriptions funéraires arrachées et réduites en morceaux… etc.

Plus que toutes les descriptions, la mini-vidéo suivante témoigne de cet acharnement. Elle a été filmée après les profanations perpétrées au cours de l’été 2010 :

(faire un clic droit sur l’image ci-dessous, puis « ouvrir dans un nouvel onglet »)

Image de prévisualisation YouTube

Ces images me navrent le coeur et je pense qu’il en est de même pour chacun d’entre vous. Elles ne sont après tout qu’une illustration, sur une toute petite échelle, de ce qu’a accompli la « grande » révolution dans les églises et les sanctuaires du beau Royaume de France, jusque dans ses villages les plus reculés.

Je ne peux m’empêcher de voir dans les vandalismes contemporains – dont nombre d’églises, de chapelles, d’oratoires, de calvaires et de cimetières sont la cible aujourd’hui en France – , la conséquence logique des principes mêmes de cette sanglante révolution de 1789.
La constitution de l’Ancienne France, depuis Clovis, proclamait dans son préambule : « Vive le Christ qui est Roi des Francs ! ».
La république française, qui a érigé le vol en institution fondatrice pour tout ce qui concerne les biens de l’Eglise, qui a massacré prêtres, religieux et fidèles, qui a profané les sanctuaires les plus vénérables, brûlé les reliques des saints et commis les plus ignobles sacrilèges, qui a persécuté et fait prisonnier le Souverain Pontife jusqu’à le faire mourir d’épuisement et à l’enterrer civilement, … etc. n’a rien renié de ce passé et n’a fait aucune « repentance ».

Depuis plus de deux siècles, en alternance avec des périodes où elle semble se faire plus « tolérante » (sans doute pour endormir la méfiance et mieux préparer de nouvelles périodes de vexations ou de persécutions), la république française – fille des loges maçonniques – ne cesse, par paliers successifs, de surenchérir dans ses attentats contre le christianisme. Les lois qu’elle a produites pour cela sont si nombreuses qu’il faudrait un gros catalogue pour les contenir toutes.
L’antichristianisme a été le principal motif de la révolution, et il appartient à l’essence de la république qui est née d’elle !

Mais le seul salut, pour l’homme, dans sa dimension personnelle comme dans sa dimension sociale, ne réside que dans le Christ, Verbe de Dieu incarné.

En cette fête de l’Annonciation, en cet anniversaire de l’Incarnation, demandons instamment à Jésus, vrai Dieu et vrai homme, Fils éternel de Dieu né de la Vierge Marie, de convertir le coeur de ceux qui travaillent aujourd’hui encore à Le chasser des structures de la société ; prions Marie, Reine de France, pour qu’elle ramène ce pays dans l’obéissance aux lois divines ; et que tous ces martyrs, qui ont versé leur sang plutôt que de renier leur foi et de se soustraire à la royauté d’amour de Jésus-Christ, intercèdent pour nous et nous gardent tous dans la fidélité, quoi qu’il puisse nous en coûter !

Lully.                                             

Fleur de lys bleuFleur de lys bleuFleur de lys bleucoeurvendeen.gifFleur de lys bleuFleur de lys bleuFleur de lys bleu

Autres articles publiés sur ce blog concernant les martyrs et victimes de la révolution : les bienheureuses Martyres d’Orange (> ici), les bienheureuses Carmélites de Compiègne (> ici), les bienheureuses Ursulines de Valenciennes (> ici), le bienheureux Noël Pinot (> ici), les victimes des massacres de septembre 1792 (> ici), Jacques Cathelineau, le « Saint d’Anjou » (> ici), Louis-Marie de Lescure, le « Saint du Poitou » (< ici), Maurice d’Elbée (> ici) .

2011-33. De la fête patronale des chats et d’un Pape qui aime les chats et qui est aimé d’eux.

animauxchats00130.gif

Jeudi soir 17 mars 2011.

Sainte Gertrude de Nivelles, céleste protectrice des chats

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Saviez-vous que notre fête patronale à nous, les chats, est célébrée en ce jour du 17 mars ?
Certains vont peut-être penser de prime abord que je plaisante, mais je vous assure qu’il n’en est rien !

De même que les cordonniers ont pour fête patronale le jour de la fête des Saints Crépin et Crépinien, les boulangers et pâtissiers celle de Saint Honoré, les apiculteurs celle de Saint Ambroise, les parfumeurs et gantiers celle de Sainte Marie-Magdeleine et les serruriers celle du grand Saint Pierre … etc. , ainsi aussi les chats ont leur fête patronale, et elle se trouve le 17 mars.

Certes, si vous regardez vos calendriers, vous allez vous demander : « Mais pourquoi diable Saint Patrick est-il le saint patron des chats ? Des Irlandais, nous le savions ! Des cultivateurs de trèfles, cela se comprendrait. Mais… des chats ???!!! »

En fait, ce n’est pas Saint Patrick le protecteur des chats, même si c’est lui qui apparaît aujourd’hui sur les calendriers.
Vous le savez en effet, l’Eglise a produit de très nombreux fruits de sainteté et chaque jour, même si la liturgie n’en retient la plupart du temps qu’un seul, il y a en réalité de très nombreux saints dont c’est aussi la fête. Leurs noms sont recueillis dans un gros livre dont on lit chaque jour une page à l’office de Prime : le martyrologe.
Et donc, à la date du 17 mars, le martyrologe fait mention, en plus de Saint Patrick et de beaucoup d’autres saints, d’une sainte qui est honorée, entre autres, comme la céleste protectrice des chats : c’est Sainte Gertrude de Nivelles.

Sainte Gertrude de Nivelles portant un chat dans ses bras

Sainte Gertrude portant un chat.

Il existe plusieurs saintes qui ont porté le nom de Gertrude ; la plus célèbre est Sainte Gertrude d’Helfta, dite aussi Sainte Gertrude la Grande dont j’avais déjà eu l’occasion de vous entretenir (cf. > ici) et dont on célèbre la fête le 16 novembre.

La Sainte Gertrude du 17 mars, Sainte Gertrude de Nivelles, est une sainte qui a vécu au VIIème siècle : fille de Pépin de Landen (et donc grand’ tante de Charles Martel), elle est née en 625 ou 626.
Refusant un mariage prestigieux, parce qu’elle voulait se consacrer entièrement à Dieu, elle suivit sa mère lorsque cette dernière – à la mort de Pépin – se retira dans une propriété qu’elle possédait dans le Brabant, à Nivelles.
Là, elles fondèrent un monastère de femme en 649 et y prirent toutes deux le voile. Gertrude fut élue abbesse.
Plus tard, sous l’influence des moines missionnaires irlandais, elle fonda aussi une communauté d’hommes, dans un monastère voisin de celui des moniales : les religieux y étaient soumis à l’autorité de l’abbesse.
Le corps épuisé par de grandes austérités, elle déposa l’abbatiat vers 656 pour ne plus se consacrer qu’à la prière.
Elle mourut le 17 mars 659, dans sa trente-troisième année, et fut aussitôt vénérée comme un sainte.

Deux récits (écrits l’un vers 691 et l’autre environ un siècle plus tard) font état de miracles survenus dès le moment de sa mort au contact de ses reliques : des guérisons spectaculaires en particulier.
Son culte se répandit dans tout le Brabant, où il jouit d’une immense popularité, puis dans toute la Rhénanie, les Pays-Bas et une partie de la Picardie.

On l’invoqua pour être protégé dans les voyages, les fileuses la prirent pour sainte patronne, et comme sa fête est célébrée au moment où on doit reprendre les travaux du jardin, les jardiniers à leur tour la choisirent pour céleste protectrice, la priant spécialement de les protéger des invasions de rats et de souris (ce pourquoi elle est souvent représentée avec des souris qui grimpent le long de sa crosse d’abbesse) ; enfin, puisqu’elle excellait à faire fuir ces nuisibles, elle devint tout bonnement la sainte patronne des prédateurs naturels des rats, souris, mulots et autres musaraignes : c’est-à-dire nous, les chats !

Sainte Gertrude de Nivelles avec des souris grimpant le long de sa crosse

Gravure du XVIIe siècle représentant Sainte Gertrude de Nivelles
(remarquez les souris qui montent le long de sa crosse abbatiale).

Les chats ont bien d’autres amis célestes.
J’avais déjà évoqué (par exemple > ici) celui qui est sans doute le plus connu d’entre eux : Saint Philippe Néri, célèbre pour ses « originalités », dont le chat assistait à la Sainte Messe, très dévotement pelotonné sur les gradins de l’autel.
Mais savez vous qu’il y a eu aussi des Papes, et non des moindres, qui ont beaucoup aimé les chats ?

J’ai lu par exemple que Saint Grégoire le Grand, qui régna de 590 à 604, avait réprimandé un ermite qui lui suggérait de se débarrasser des chats : « Ils ne sont pas superflus » répondit-il, « ce sont de précieux dons de Dieu ».
Saint Grégoire III, pape de 737 à 741, avait trois chats auprès de lui.
L’infortuné Pie VII (1800-1823) emmena avec lui son chat lorsque le tyran Napoléon le fit captif à Fontainebleau.
Léon XII qui lui succéda (1823-1829) était très attaché au chat Micetto.

Et voici qu’en nos temps, notre Saint-Père le Pape Benoît XVI, heureusement régnant, est aussi un fervent ami des chats.
La presse n’a d’ailleurs pas manqué de le souligner au moment de son accession au Souverain Pontificat et les journalistes ont essayé de savoir s’il avait pu emmener avec lui, dans le palais apostolique, les deux chats avec lesquels il partageait son appartement de cardinal dans le quartier du Borgo.

Moi-même, dans les « pages » de ce modeste blog, je vous ai parlé de Chico, le gros chat roux de la ferme de Pentling, en Bavière.
C’est Chico qui avait choisi pour ami un certain Joseph Ratzinger, et qui venait s’installer chez lui chaque fois que le cardinal prenait quelques jours de repos dans la petite maison qu’il avait achetée en vue d’y passer une retraite paisible et studieuse !!!

Après l’élévation de son ami sur le trône de Saint Pierre, Chico a publié pour les enfants un livre racontant la vie de son grand ami Joseph (cf. > ici mais à ma connaissance cet ouvrage n’a malheureusement toujours pas été traduit en français…).

Joseph e Chico

Le cardinal Tarcisio Bertone, qui a travaillé plus de sept ans avec le cardinal Ratzinger à la Congrégation pour la doctrine de la foi et qui est maintenant Secrétaire d’Etat du Saint-Siège, a témoigné de cette passion de Benoît XVI pour les chats :
« Une de ses grandes amour s» n’a-t-il pas hésité à dire. « Il leur apportait toujours quelque chose à manger et il les emmenait dans le jardin derrière le palais de la congrégation… Il parle avec eux : ni en allemand, ni en italien, mais en utilisant un langage particulier et transcendant, et les félins l’écoutent avec ravissement ».

Et le cardinal Bertone a raconté :
« Lors de nos après-midi passés à nous promener à Borgo Pio, le quartier proche du Vatican où nous habitions tous les deux, nous rencontrions souvent dans les petites ruelles que nous parcourrions ensemble, un grand nombre de chats vagabondant. En les voyant, Ratzinger les saluait comme s’il saluait un être humain. Puis il s’arrêtait toujours pour les caresser amoureusement, manifestant toute l’affection qu’il éprouvait pour ces animaux. Il s’entretenait et parlait avec eux parfois, et même plutôt longuement. Une fois, il rentra dans la Cité du Vatican suivi par une dizaine de chats. Et pendant qu’il continuait à marcher il leur parlait. Je me rappelle que nous fûmes interrompus par un Garde Suisse qui, le sourire aux lèvres, lui dit : « Eminence, voyez! Les chats montent à l’assaut du Saint Siège! » A quoi Ratzinger répondit : « Oh ! il ne me semble pas qu’ils soient vraiment dangereux… »

Je termine ce soir en vous livrant cette magnifique photo prise lorsque, rencontrant les Oratoriens britanniques, on a présenté au Saint-Père le chat de la communauté portant ruban aux couleurs pontificales… Ah ! Combien j’eusse aimé être à sa place !

Lully.

Le chat d'une communauté religieuse présenté au Saint Père Benoît XVI

(cliquer sur l’image pour la voir en plus grande taille)

pattes de chatpattes de chatpattes de chatpattes de chatpattes de chatpattes de chatpattes de chatpattes de chatpattes de chatpattes de chatpattes de chat

2011-32. Supplique adressée au Cardinal Bertone au sujet des pouvoirs de la commission Ecclesia Dei.

Le 10 mars 2011, le Mouvement pour la Paix Liturgique et la réconciliation des catholiques dans l’Eglise a remis ce texte au Cardinal Bertone, Secrétaire d’État du saint-Siège, afin d’attirer son attention sur l’insuffisance de pouvoir de la Commission Pontificale Ecclesia Dei pour faire appliquer les mesures généreuses et apaisantes du motu proprio Summorum Pontificum en faveur des milliers de fidèles qui y aspirent.

Messe latine traditionnelle dans la chapelle de l'ancienne Visitation du Puy en Velay

Sainte Messe célébrée dans la chapelle de l’ancienne Visitation du Puy-en-Velay

* * * * * * *

TEXTE DE LA SUPPLIQUE  :

Éminence,

Nous voudrions attirer votre attention sur le fait que le Motu Proprio Summorum Pontificum du 7 juillet 2007 semble dépourvu de force obligatoire.

Les laïcs qui s’adressent à vous sont particulièrement sensibles aux effets bénéfiques qu’a produit et va continuer à produire sur les formes du culte divin cette Lettre apostolique de notre Saint-Père le Pape. Elle a sanctionné la liberté de célébration de la messe et des sacrements selon l’usus antiquior. Elle a aussi, ce qui est sans doute plus important encore, introduit le germe d’une émulation puissamment restauratrice de dignité et de beauté pour la liturgie réformée après le dernier concile. Elle est devenue pour de nombreux jeunes prêtres et séminaristes, dont le cœur de la vocation est par définition eucharistique et liturgique, bien au-delà des cercles qu’il est convenu de nommer traditionalistes, une source de grande espérance.

Mais pour que ce texte diffuse toutes ses virtualités ecclésiales, il faut qu’il soit réellement appliqué. La célébration privée de la liturgie ancienne ne pose pas de problème, justement parce qu’elle est privée. Mais, dans le domaine de la célébration publique du culte, qui exigerait une force exécutive, le motu proprio semble n’être qu’exhortatif. Certes, cela est déjà beaucoup quand l’exhortation émane du Pape, mais c’est aussi malheureusement, comme l’expérience le prouve, notoirement insuffisant dans un grand nombre de cas.

Depuis quelques semaines, vous le savez, des inquiétudes se sont manifestées à propos d’une possible interprétation plus restrictive de Summorum Pontificum. Pour notre part, notre souci porte plus formellement sur la force exécutive du texte lui-même : si sa disposition principale (la célébration de la liturgie antérieure à 1970 en paroisse) n’est pas accompagnée d’un dispositif qui puisse la faire respecter, il semble ne représenter, en définitive, qu’un souhait ardent du Souverain Pontife.

Sa lecture, en effet, éclairée par tout ce que l’on peut connaître de la volonté du Législateur, montre que sa disposition principale se trouve dans son article 5 § 1, qui invite à instaurer dans les paroisses une coexistence harmonieuse entre les deux formes du rite : « Dans les paroisses où il existe un groupe stable de fidèles attachés à la tradition liturgique antérieure, le curé accueillera volontiers leur demande de célébrer la messe selon le rite du Missel romain édité en 1962 ». En un certain nombre d’endroits, conformément au désir du Pape, cette coexistence s’est établie, avec des fruits tout à fait remarquables pour les pratiquants de l’une et l’autre formes, qui sont d’ailleurs en bien des cas les mêmes. Mais de nombreuses résistances ont aussi empêché l’heureuse propagation de ces bénéfices, tant sont pesantes les habitudes acquises et contraignants les malentendus entretenus.

Or, l’art. 1 (« Il est donc permis de célébrer le Sacrifice de la Messe suivant l’édition type du Missel romain promulgué par le B. Jean XXIII en 1962 »), et son complément, l’art. 5 § 1 déjà cité, reconnaissent un droit spécifique aux fidèles du Christ laïcs. Il y aurait une haute convenance à ce que soit explicitée la force exécutive que ce droit appelle de soi.

En son état actuel, instituée le 2 juillet 1988 et refondée le 2 juillet 2009, la Commission Pontificale Ecclesia Dei voit ses diverses compétences encadrées par trois textes :

> 1°) Concernant les personnes et les groupes qui avaient été liées à la Fraternité Saint-Pie-X, le rescrit du 18 octobre 1988 a concédé des facultés spéciales au Cardinal Président la Commission Pontificale pour régler la situation des personnes (dispenses d’irrégularités, sanations in radice mariages) et des groupes (les ériger en Instituts, Sociétés, Associations, et exercer sur eux toute l’autorité du Saint-Siège).

> 2°) Concernant la résolution des questions doctrinales qui demeurent avec la Fraternité Saint-Pie-X, le Motu Proprio Ecclesiae unitatem, 2 juillet 2009, a disposé que la Commission soumettrait les questions faisant difficulté à l’étude et au discernement des instances ordinaires de la Congrégation pour la Doctrine de la foi.

> 3°) Et concernant enfin « l’usage de la liturgie romaine antérieure à la réforme de 1970 » le Motu Proprio Summorum Pontificum 7 juillet 2007 en a confié la charge à ladite Commission (art. 12 : « Cette commission, outre les facultés dont elle jouit déjà, exercera l’autorité du Saint-Siège, veillant à l’observance et à l’application de ces dispositions »).

Mais alors que le rescrit du 18 octobre 1988 concède à la Commission, en la personne de son Président, des pouvoirs déterminés sur les personnes et les communautés, et alors que le Motu Proprio du 2 juillet 2009 dispose que la Congrégation pour la Doctrine de la foi, à laquelle est désormais liée la Commission, traitera selon ses procédures ordinaires (et donc juridictionnelles) des questions doctrinales que lui soumettra la Commission, le Motu Proprio de 2007 ne précise aucune modalité d’exercice des pouvoirs de la Commission ou de son Président pour le faire appliquer. De sorte que sa disposition principale (art. 5 § 1), à savoir la demande à remplir par le curé d’une célébration paroissiale de la messe (sans parler de la demande de sacrements ou de cérémonies occasionnelles, art. 5 § 3 et art. 9), est généralement considérée comme purement incitative.

Un recours est certes prévu si le curé refuse au groupe de fidèles qui la demande la célébration paroissiale de la messe : ce groupe peut en informer l’évêque, et si l’évêque ne pourvoit pas à la demande du groupe, il peut en référer à la Commission Pontificale Ecclesia Dei (art. 7). 

La difficulté que nous vous signalons, comme le prouve amplement plus de trois années d’existence de Summorum Pontificum, marquée par une très grande quantité de refus suivis d’informations à l’évêque puis de recours, sans effet, à la Commission Pontificale, porte donc sur cette absence de précision juridique :

> un droit des fidèles du Christ laïcs, d’ordre liturgique, est affirmé (usage d’un missel jamais abrogé – art. 1 – dont un groupe de fidèles peut demander l’usage paroissial public – art. 5, § 1) ;

> une Commission Pontificale liée à un Dicastère de la Curie Romaine, et aujourd’hui présidée par le cardinal Préfet de la Congrégation, est déclarée compétente pour faire respecter ce droit (art. 12) ;

> un recours auprès de cette Commission est prévu pour faire respecter ce droit lorsqu’il n’est pas satisfait (art. 7) ;

> mais le moyen juridictionnel pour faire appliquer le droit des fidèles n’est pas donné à l’organisme compétent qui reçoit le recours au nom du Saint Siège. Plus exactement, ce moyen n’est pas explicité, car en bonne logique juridique il ne peut pas ne pas exister. Sauf à inviter les demandeurs déboutés par le curé et par l’évêque à se pourvoir devant les tribunaux ecclésiastiques.

Notre présente supplique porte donc uniquement sur une précision qui semble nécessaire à propos de l’art. 7 du Motu Proprio : lorsque le groupe de fidèles dont le droit n’est pas satisfait a introduit un recours auprès de la Commission Pontificale Ecclesia Dei, que préside le cardinal Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, qu’il soit indiqué que la Commission a pouvoir de faire prendre au curé toutes dispositions pour satisfaire ce droit.

Nous demandons à Votre Éminence de considérer notre respectueuse demande visant une disposition ponctuelle mais essentielle de ce texte, avec toute l’attention que nous semble appeler ce problème technique, et nous La prions de recevoir l’hommage de notre profond et religieux respect.

Christian Marquant et tout le bureau du mouvement pour la Paix Liturgique et la réconciliation des catholiques dans l’Eglise autour du souverain pontife.

2011-31. De Saint Joseph et du Carême.


Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Nous sommes en Carême : j’espère que vous êtes tous animés d’une grande ferveur et remplis d’une mâle détermination pour ce grand temps du combat spirituel aux côtés de Notre-Seigneur (cf. Evangile du premier dimanche de Carême) !

Nous sommes au mois de mars, et ce mois est traditionnellement dédié à Saint Joseph.
Dans les petites bandes dessinées de Frère Maximilien-Marie, j’en ai justement trouvé une qui associe la dévotion à Saint Joseph et le temps du Carême, aussi ai-je pensé qu’elle pourrait tout à la fois vous plaire et vous être de quelque utilité spirituelle. Elle ne nécessite pas de plus ample commentaire de ma part, et je vous laisse donc la découvrir et en méditer les leçons.

Que Saint Joseph vous soit en aide pour correspondre toujours plus et mieux à l’amour du divin Coeur de Jésus!

pattes de chat  Lully.    

 Saint Joseph

Pour voir ces dessins dans un format plus grand faire dessus un clic droit
puis  : « ouvrir l’image dans un nouvel onglet »

Saint Joseph et le placage 1

Saint Joseph et le placage 2

rabot gif

Rappels :

- Petit catéchisme sur le Carême et la pénitence > ici.
- Sermon de Saint Augustin sur le devoir que nous avons de faire pénitence > ici.

Quelques autres bandes dessinées précédemment publiées sur ce blogue :
- « Une lettre pour toi » (> ici) ; – « La préférée de Dieu » (> ici) ; – « Concurrence » (> ici) ; – « J’enrage! » (> ici) ; – « Pas meilleur que les autres » (> ici) ; – « Grindsel le séraphin se pose quelques bonnes questions » (> ici) ; – « Comment se forment les perles » (> ici).

Et aussi :
- Prières à Saint Joseph pour le mois de mars > ici
- Prière de Léon XIII à Saint Joseph « Nous recourrons à vous dans notre tribulation » > ici
- Salutations de Saint Jean Eudes à Saint Joseph > ici
et bande dessinée « Allez à Joseph » > ici.

1...109110111112113...135

A tempo di Blog |
Cehl Meeah |
le monde selon Darwicha |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | mythologie
| jamaa
| iletaitunefoi