Mercredi 24 décembre 2025,
Vigile de la Nativité de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,
Nous n’avons pas vu le soleil depuis près de 10 jours ; le ciel ne s’est pas contenté d’être nuageux, mais il a fait tomber sur nous des litres et des litres de pluie (au total presque 225 mm dans notre hameau entre le 15 et le 23 décembre) ; ces pluies ont pris la forme d’un épisode cévenol, porté par de fortes rafales de vent du sud à compter du samedi 20 décembre (nous avons enregistré une rafale à 55 km/heure dans l’après-midi du dimanche 21)…
… Et nous voici prêts à entrer dans les fêtes de la Nativité de notre divin Rédempteur.
Comme nous ne vivons pas dans une course en avant, mais que nous essayons de vivre intensément le moment présent, nous ne fêtons pas Noël en avance.
Nous allons bientôt monter à l’Oratoire pour les premières vêpres de la Nativité, et c’est avec cela seulement que nous commencerons à entrer dans la fête : une fête qui, à partir de la Sainte Messe de la Nuit, va durer huit jours en plénitude, puis qui sera prolongée jusqu’aux premières vêpres de l’Epiphanie, à partir desquelles cette prodigieuse naissance du Verbe de Dieu venu dans la chair va passer à un degré encore plus grand de solennité et de gloire pendant encore huit jours.
Voilà pourquoi mon papa-moine n’aime pas anticiper les vœux de « Joyeux Noël » avant l’arrivée de la fête.
Maintenant nous y sommes presque, et j’ai toute latitude pour le faire !
Pour vous porter nos vœux (ceux de Frère Maximilien-Marie, les miens, et ceux des personnes qui s’investissent pour faire vivre et rayonner le Refuge Notre-Dame de Compassion), je n’ai aujourd’hui pas de meilleurs ambassadeurs que les grands personnages de la Crèche qui rayonnent sur notre hameau.

Sur la terrasse Saint-Constantin, où a été érigée une grande croix, en 2013,
pour célébrer le dix-septième centenaire de l’Edit de Milan,
de fidèles amis sont venus nous aider à installer les personnages de la Crèche.
Ces personnages ont une histoire, qui a beaucoup d’importance pour mon papa-moine : ils ne nous appartiennent pas, mais ils nous ont été prêtés, et nous en sommes très reconnaissants.
Ces personnages ont été peints par un artiste reconnu, Serge Boÿer (1945-2016), qui, entre autres, a été professeur à l’Ecole supérieure d’Art d’Avignon de 1980 à 2012. Sa famille était originaire du hameau de La Boyère, sur le territoire de Saint-Martial.
Je signale au passage qu’il est le frère de l’actrice Myriam Boÿer (née en 1948) qui est elle-même la mère des acteurs Clovis Cornillac et Arny Berry.
Serge Boÿer donc, quoique habitant la majeure partie de l’année près de Vaison-la-Romaine, avec son épouse Fabienne, venait régulièrement à Saint-Martial ; c’est ainsi que, quelques mois après son installation au Mesnil-Marie, Frère Maximilien-Marie a tissé des liens amicaux avec lui. Il garde le souvenir d’extraordinaires soirées d’été, poussées très avant dans la nuit, passées à des conversations passionnées et passionnantes sur l’art, la spiritualité, les symbolismes architecturaux et artistiques… etc.
C’est Serge lui-même qui, je ne sais pas exactement en quelle année, avait proposé au maire de Borée, qui était alors Georges Murillon (+ 2019), de peindre des personnages de Crèche pour orner la place de son village.
Je précise au passage que ni Serge ni Georges n’étaient des piliers de sacristie : mais ils étaient des hommes intelligents, respectueux des traditions de nos Boutières, et n’avaient pas la bassesse, sous le fallacieux prétexte d’une laïcité, qui est davantage un sectarisme antichrétien qu’autre chose, de s’attaquer aux traditions de Noël.

Les personnages peints par Serge Boÿer sont visibles
depuis la route départementale 337, dite aussi « route de Condas ».
En fin connaisseur de l’histoire de l’art et des artistes, Serge Boÿer s’est inspiré de tableaux du « quatrocento » florentin pour représenter les personnages de la Crèche : ils sont peints sur bois, faits pour l’extérieur, et sont d’une taille supérieure à celle d’un homme.
Maheureusement, ils avaient subi les outrages du temps et certains avaient été endommagés. C’est la principale raison pour laquelle depuis une douzaine d’années, remisés dans un hangar municipal, ils n’avaient plus été installés sur la place du village de Borée.
En cette année 2025, alors que les organisatrices du Marché de Noël de Saint-Martial désiraient avoir une crèche vivante, et qu’elles avaient, pour cela, demandé conseil à Frère Maximilien-Marie : l’idée de demander à la municipalité de Borée le prêt des personnages peints par Serge a germé à la suite de cela.
Madame le Maire, ainsi que Fabienne, la veuve de Serge, en étaient d’accord. Il y a eu un petit travail de restauration, pour rendre les personnages présentables, et ils ont donc accueilli les visiteurs à l’entrée du marché de Noël de Saint-Martial, entourés de chèvres et de moutons tout ce qu’il y a de plus vivants ; elles ont aussi volontiers accepté qu’avant de retourner à Borée, ces personnages fussent également prêtés à notre Mesnil-Marie, pour y être exposés pendant les fêtes de la Nativité.
Qu’elles en soient chaleureusement remerciées !

La Crèche de Serge Boÿer a été gracieusement prêtée au Mesnil-Marie
pour ces fêtes de Noël 2025, puis ils retourneront à Borée.
Le samedi des Quatre-Temps 20 décembre, des amis sont venus au Mesnil-Marie pour procéder à l’installation des personnages sur notre terrasse Saint-Constantin, qui domine la RD 337, à la sortie de notre hameau, lorsqu’on se dirige vers Borée.
L’épisode cévenol en était seulement à ses débuts, mais le vent du sud soufflait déjà. Nos généreux « assistants » ont déployé leur habileté pour bien ancrer et assujettir les personnages, avec force lest, piquets et attaches de fil de fer.
Qu’ils soient eux aussi chaleureusement remerciés !

L’Abbé qui est passé chez nous dans l’après-midi du samedi a bénit la Crèche, lorsque nous l’avons allumée (puisque nous avons placé au sol de petits spots d’extérieur qui permettent qu’elle soit éclairée toute la nuit).
Le vent s’est intensifié pendant la nuit du samedi au dimanche, et je voyais bien que Frère Maximilien-Marie était inquiet : il se levait pour aller vérifier que tout tenait bien ; et, en effet, tout est resté parfaitement en place cette nuit-là.
En revanche, dans l’après-midi du dimanche, l’ange de la Crèche s’est détaché et envolé !
D’une certaine façon, c’est tout naturel pour un ange, mais j’avoue que nous avons eu très peur…
Dieu merci ! il n’est pas allé trop loin, et – surtout – il est retombé sans être cassé ou abîmé, même s’il a plongé tête baissée sur Saint Joseph, qu’il a déstabilisé et couché ; et Saint Joseph, en étant ainsi déporté sans ménagement, a, à son tour, provoqué l’effondrement partiel de la structure supposée donner de la stabilité à la Sainte Vierge, tandis que le berceau attendant l’Enfant Jésus, était promené par le vent sur la terrasse Saint-Constantin.
Quel branle-bas !

Tombant la bure et enfilant tenue de travail, anorak de pluie et bottes, Frère Maximilien-Marie a passé plus de deux heures, seul, à remettre tout ce petit monde à sa place, à renforcer les attaches, les piquets, les structures, à doubler les fils de fer… etc.
Les éléments étaient déchaînés, et, derrière la vitre de la porte de la cuisine, je veillais à ce que rien de grave ne se produisît, et je l’encourageais de toutes mes forces et de toute mon affection inquiète !
Lorsque notre Frère est enfin rentré, alors que la nuit tombait déjà, il ruisselait, trempé jusqu’aux os. Son anorak « de pluie », dégoulinait. Il a fallu deux journée entières près du poêle pour qu’il fût à nouveau totalement sec !

Depuis lors, tout est bien resté en place et l’ange facétieux n’a plus eu de velléité de fuite. Le lendemain, lors d’une brêve accalmie, je suis allé tout inspecter, et je puis vous garantir que tout tient bien, et même très bien, même si de gros fils de fer gaînés de plastique barrent parfois les silhouettes de « traits » qui n’étaient pas initialement prévus et que, de près, cela nuit un peu à leur estéthique.
Mais bon, ils sont surtout faits pour être vus de loin, et, de fait, à distance, on ne remarque pas ces arrimages « de bourrin » avec lesquels Frère Maximilien-Marie a renforcé leur stabilité et leur sécurité.
Allez ! avant de vous laisser, je ne résiste pas à vous montrer le cliché placé ci-dessous… M’y voyez-vous ?
Impossible de résister à la tentation qu’il me présente de vous dire qu’il n’y a rien de plus rassurant que de se placer sous la protection d’un roi qui donne sa foi au Christ Jésus, Notre-Seigneur.
Mais sans doute prêché-je à des convertis !

Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter de très belles,
très ferventes et très saintes fêtes de Noël,
et à vous assurer de notre grande union dans la prière…
Que le Saint Enfant Jésus vous bénisse surabondamment !
