Archive pour la catégorie 'Lectures & relectures'

2026-69. Sa Majesté le Roi entend insister sur l’importance du quatrième centenaire de « la Royale » dans une vision d’avenir.

Jeudi 16 avril 2026,
Fête de Saint Benoît-Joseph Labre, pèlerin, confesseur (cf. > ici) ;
Anniversaire de la mort de Sainte Marie-Bernard Soubirous, vierge (cf. > ici).

Richelieu à l'origine de la Royale

Octobre 1626 : les mesures prises par le Cardinal de Richelieu
sont aujourd’hui considérées par la Marine Nationale
comme la date de naissance d’une marine d’Etat, unifiée et permanente.  

       Dans la soirée du Mercredi Saint 1er avril 2026, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX de France, a annoncé, sur ses réseaux sociaux, la publication d’un article de sa plume qui venait de paraître dans la revue trimestrielle Marine & Océans (mars 2026), en ces termes :

   « En cette année 2026 où nous célébrons les 400 ans de la Marine française, il m’a semblé de mon devoir de prendre la parole sur un sujet aussi important de notre histoire mais aussi de notre avenir.

   En tant qu’hériter des Rois qui ont donné naissance à cette arme, j’ai eu à cœur de délivrer ma vision de la Marine tant dans sa profondeur historique que dans ses enjeux contemporains et à venir.

   Comme je le dis dans les colonnes de la revue Marine et Océans, « l’histoire nous apprend que la montée en puissance de flottes de haute mer est un effort long et coûteux.
Une Marine de guerre nécessite une vision à long terme et une volonté étatique constante tant pour former un personnel compétent que pour acquérir les bâtiments nécessaires.
Nos victoires dans la guerre d’indépendance américaine entre 1778 et 1783 n’auraient pu être rendues possibles sans une politique de redressement impulsée dès la fin des années 1760 par Louis XV puis maintenue par Louis XVI.
Il nous faut donc œuvrer dès maintenant à faire de notre Marine le bras armé de notre politique maritime et donc mondiale. »

   Retrouvez mon article entier dans la revue Marine & Océans magazine

armes de France et Navarre dessinées pour le Sacre de Charles X

   Notre Souverain légitime, dans sa communication du 20 janvier de cette année (cf. > ici) à l’occasion des célébrations anniversaires de la mort de Sa Majesté le Roi Louis XVI, avait déjà abordé ce sujet. L’article dont nous reproduisons ci-dessous l’intégralité développe une vision globale particulièreent lucide qui, en se fondant sur l’héritage de l’histoire et les expériences du passé, donne une vision à long terme sur la politique qui convient aujourd’hui à notre pays.

Article de Louis XX Marine & Océans 1

Article de Louis XX Marine & Océans 2

Article de Louis XX Marine & Océans 3

Article de Louis XX Marine & Océans 4

2026-68. « Ma Bonne Mère, donnez-moi un cœur tout brûlant pour Jésus ! »

18 février,
Fête de Sainte Marie-Bernard Soubirous ;
16 avril,
Anniversaire de la mort de Sainte Marie-Bernard Soubirous.

       Sainte Marie-Bernard Soubirous a rendu son âme à Dieu, à l’âge de 35 ans, le 16 avril 1879.
Ses dernières paroles furent : « Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour moi, pauvre pécheresse, pauvre pécheresse ! »
Cette ultime appropriation du « Je vous salue, Marie » en exhalant son dernier soupir est emblématique de la profondeur et de la spontanéité de la relation qui unissait celle qui avait contemplé la Mère de Dieu immaculée dans la grotte de Massabielle et Celle qui s’y était dévoilée à ses regards.
En voici un autre témoignage dans cette prière écrite par la sainte religieuse – selon toute vraisemblance en 1874 – et retrouvée dans ses carnets de notes intimes.

Sainte Marie-Bernard Soubirous

Ma Bonne Mère,

donnez-moi  un cœur tout brûlant pour Jésus :

       O Marie, c’est au fort de la douleur et de l’épreuve que Vous êtes devenue ma Mère, je dois donc avoir une grande et entière confiance en Vous ; lorsque je serai sous le coup de l’épreuve de la part des créatures, et que je serai exposé à la tentation et à la désolation de mon âme, je viendrai me réfugier dans Votre Coeur, ma bonne Mère, et Vous prier de ne pas me laisser périr, de m’accorder la grâce d’être soumise et confiante dans l’épreuve, à Votre exemple, de souffrir avec amour ; que je reste, comme Vous, debout au pied de la Croix et clouée sur la Croix, si tel est le bon plaisir de Votre cher Fils.

   Jamais une enfant dévouée à Marie ne pourra périr ; ma Bonne Mère, ayez pitié de moi ; je me donne tout entière à Vous, afin que Vous me donniez à Votre cher Fils, que je veux aimer de tout mon coeur.

   Ma Bonne Mère, donnez-moi un cœur tout brûlant pour Jésus. 

Ainsi soit-il !

Vignette Crucifixion

2026-67. Le 15 avril, nous fêtons Saint César de Bus, ardent propagateur de la doctrine chrétienne.

15 avril,
Fête de Saint César de Bus, confesseur ;
Pieuse mémoire de Françoise d’Aubigné, marquise de Maintenon ;
Anniversaire de la naissance de Mgr Gaston de Ségur (cf. ici) ;
Anniversaire de la confirmation de Sa Majesté le Roi (15 avril 1990 – cf. > ici).

Cavaillon à la fin du Moyen-Age - blogue

Cavaillon à la fin du Moyen-Age.

       Saint César de Bus est né le 3 février 1544 à Cavaillon, dans le Comtat Venaissin (qui n’appartenait alors pas au Royaume de France, faut-il le rappeler ?) : il était le fils de Jean-Baptiste de Bus, consul de la ville, et d’Anne de la Marche, septième d’une fratrie de treize enfants.
Son prénom n’est pas une référence à l’antiquité païenne, mais lui a été donné au saint baptême afin de le placer sous la protection de Saint Césaire d’Arles (cf. > ici), grand défenseur de la foi.
Issue de la petite noblesse romaine, la famille de Bus comptait parmi ses ancêtres Sainte Françoise Romaine (1384-1440 – cf. > ici), née Francesca Bussa de Leonis, ou – en latin - de Buxis qui donnera de Bus en provençal.

   La première éducation de César lui fut dispensée par un précepteur à domicile. Il poursuivit ensuite ses études en Avignon, dans un pensionnat, puis les acheva en revenant à Cavaillon. Il manifesta très tôt des signes de vocation sacerdotale : il était réputé pour sa piété, pour sa douceur et pour sa grande modestie. Malgré son jeune âge, il fut admis dans la confrérie des Pénitents Noirs, dont le but était d’imiter Notre-Seigneur Jésus-Christ, spécialement dans les souffrances et les humiliations de Sa Passion, dans leus processions pénitentielles et par des exercices de mortification personnelle. César y voyait un moyen de se protéger des pièges du diable. Son zèle et sa ferveur lui valurent d’être élu recteur de la confrérie.

Pénitents noirs

Procession de Pénitents noirs

   En 1562, César, alors âgé de dix-huit ans, s’engagea militairement pour la défense de l’Eglise et de la foi.
C’est l’année où, en France, l’on fait commencer les « guerres de religion ». Même si le Comtat, n’est pas terre française, il n’est évidemment pas à l’abri des soubressauts du Royaume qui l’entoure, et les prétendus réformés ont déjà cherché et chercheront encore à semer trouble, division et hérésie dans cette partie des Etats de l’Eglise : l’engagement de César se comprend donc pleinement.
La préparation qu’il jugea la plus urgente pour ces combats fut une confession générale de ses péchés : il concevait son engagement comme une croisade. En cette période, il assistait quotidiennement à la Sainte Messe, priait avec ferveur matin et soir, et même temps qu’il se distingua au combat.
Son mercenariat s’acheva avec l’Edit de Pacification signé à Amboise le 19 mars 1563 et il reprit ses études littéraires et artistiques.

   L’un de ses frères, Alexandre, jeune officier, avait gagné l’estime du Roi Charles IX qui le comblait de faveurs, et dont il devint chef de la garde. En 1565, il invita César, à le rejoindre, lui promettant de l’introduire à la Cour, de lui obtenir une position honorifique, des amis et une fortune. Flatté par de si belles promesses, César partit donc pour Paris.
Les pièges de l’esprit mondain l’entrainèrent bientôt et sa chute fut profonde…
Elle l’eût peut-être été davantage si Dieu, qui voulait le sauver, n’avait permis à l’amertume de tempérer les vanités et les sensualités de la Cour : en effet, on lui promettait des postes qu’on ne lui attribua jamais. Déçu dans ses ambitions et tourmenté par une conscience chargée de remords, en 1570, il repartit pour sa Provence et s’installa en Avignon où il continua de mener une vie mondaine.

Avignon - blogue

   En 1573, la mort de son père, puis celle de son frère Charles, chanoine de la collégiale de Salon-de-Provence, amenèrent César à la réflexion. Il retourna à Cavaillon. Là, deux personnes saintes et humbles l’aidèrent dans sa conversion.

   Pour l’encourager à la méditation et à la prière, une veuve illettrée mais favorisée de lumières célestes, Antoinette Réveillade, demanda à César de lui lire les vies des saints. Il le faisait assez volontiers, mais il se rendait ensuite avec empressement dans les cercles mondains. Un soir, elle le réprimanda ainsi : « On ne se moque pas de Dieu. Il t’appelle et tu ne L’écoutes pas. Il ne cesse jamais de te chercher et tu ne cesses jamais de fuir ! » Et elle le supplia de se confier à Dieu en quittant la maison ; César acquiesça et partit. Mais après quelques pas, il s’exclama : « Malheureux que je suis ! Je me confie à Dieu dès l’instant où je m’apprête à l’offenser ! »
Il s’effondra alors, inconscient, comme terrassé par la grâce.
Reprenant ses esprits, il s’en fut retrouver Antoinette, qui lui conseilla de rencontrer Louis Guyot, tailleur et sacristain de la cathédrale, lui aussi favorisé de dons célestes, sous la conduite duquel il s’engagea alors vraiment sur un chemin de conversion et de pénitence.

   Bien sûr, de nombreux combats intérieurs survinrent ; saisi de crainte à la perspective de suivre le chemin étroit du renoncement, il comprenait néanmoins que c’était la voie du salut, et, se souvenant que le joug du Seigneur est doux et Son fardeau léger (Matth. XI, 30) : « Belle pénitence », dit-il, « tu seras la planche de mon salut après le naufrage ! »

Andrea Previtali - Memento Mori

Andrea Previtali, dit le Cordeliaghi (1480-1528) :
Memento mori (début XVIe s.)

[Musée Poldi Pezzoli - Milan].

   Confession générale, lutte plus énergique contre les tentations, méditations assidues, mortifications et austérités, pratique des œuvres de miséricorde (aumônes, visites aux affligés et aux malades), mise en ordre de ses affaires… En 1576, il suit, pendant trois semaines, les Exercices spirituels de Saint Ignace de Loyola sous la direction d’un jésuite d’Avignon, et après cette retraite d’élection commence des études en vue du sacerdoce.
Nommé chanoine de la cathédrale Saint-Véran de Cavaillon en 1578, il remplit avec zèle toutes les obligations de cette charge avant d’être ordonné prêtre en août 1582.
Sa prédication, simple, porte du fruit. « Nous l’admirions jadis dans cette ville », disent les habitants de Cavaillon, « au milieu des gens les plus agréables ; à présent, nous le voyons en chaire condamner les vanités qu’il avait tant aimées ».
Il est assidu au confessionnal, où de nombreuses âmes viennent recourir à ses conseils.

   La lecture d’une biographie de Charles Borromée, le saint évêque de Milan qui venait de mourir (1584), le marque profondément, et sur les instances de son évêque, il va œuvrer à la réforme du clergé et des ordres religieux, ainsi qu’à la réfutation des erreurs protestantes. Mais Dieu l’attend encore ailleurs…

cathédrale Notre-Dame et Saint-Véran de Cavaillon vue interne - blogue

Intérieur de la cathédrale Notre-Dame et Saint-Véran de Cavaillon (état actuel).

   En 1587, son goût pour la contemplation et la solitude le conduit d’abord vers un ermitage sur les collines dominant Cavaillon, où il s’adonne à la prière et à la pénitence pendant près de trois années au terme desquelles, en 1590, douloureusement frappé par l’ignorance religieuse qui règne dans les campagnes et stimulé par la lecture du Catéchisme du Concile de Trente, Dieu lui inspire l’idée de fonder une société de prêtres catéchistes : avec la permission de son évêque, César entreprend de parcourir les villages et les campagnes pour catéchiser ceux qu’il appelle ses « petites brebis ». Son cousin, Jean-Baptiste Romillon, converti du calvinisme en 1579 et ordonné prêtre en 1588, l’accompagne dans ce voyage.
Bientôt, ce sont de véritables missions auxquels ils se consacrent, non seulement dans les environs mais jusqu’aux Cévennes.
De jeunes disciples se joignent à eux.
Le 29 septembre 1592, avec ses cinq premiers compagnons, César de Bus fonde officiellement la Congrégation des Prêtres de la Doctrine Chrétienne à L’Isle-sur-la-Sorgue, avec l’approbation de Monseigneur Bordini, évêque de Cavaillon ; approbation qui sera suivie de celle du pape Clément VIII, en 1598.
Dès 1593 il ouvre une seconde maison en Avignon, et en 1594 il fonde l’Institut des Filles de la Doctrine Chrétienne, destiné à la formation et à l’instruction des jeunes filles. 

   Le Père César de Bus établit un système progressif d’enseignement du catéchisme, consistant à présenter les éléments essentiels de la doctrine en trois cours successifs : 1) la « petite doctrine » s’adresse à ceux qui n’ont aucune connaissance préalable : ils y apprennent le signe de la croix, les principales prières, les commandements, les sacrements et les mystères de la foi ; 2) la « doctrine moyenne » propose une explication à travers des instructions familières, puis une présentation de la Sainte Ecriture et des Pères de l’Eglise ; 3) la « grande doctrine » enseignée en chaire les dimanches et les solennités.

   Il n’hésite pas à recourir à un langage qui parle aux sens et à l’imagination ; il implique les familles dans le catéchisme ; il présente la doctrine en s’appuyant sur les préoccupations quotidiennes des fidèles, compose et chante des textes qui illustrent ses enseignements ; il peint lui-même ou fait peindre des tableaux à thèmes religieux, qu’il commente pendant plusieurs jours.
Il insiste également sur la nécessité d’unir l’enseignement, la prière et l’engagement dans la vie chrétienne.

Saint César de Bus - gravure ancienne

Gravure réalisée en 1607, année de sa mort.

   Viennent cependant des années marquées par des oppositions, par des désertions consécutives au découragement de certains de ses compagnons, en particulier lorsque, pour donner vraiment une structure de congrégation religieuse à sa fondation, il va imposer la profession des vœux (ce sera la cause d’une scission parmi ses disciples)
Lui-même va renoncer à son canonicat pour se consacrer pleinement à sa vocation : il est élu Supérieur général de la congrégation, mais une santé grandement affaiblie par de grandes souffrances physiques et morales, le contraint à démissionner.
Devenu aveugle, il continue de prêcher et d’entendre les confessions, répétant souvent : « Je n’ai rien vu ni lu de comparable à ce que Dieu m’a montré depuis que je suis devenu aveugle ».

   Lorsqu’il parlait de Dieu et de Ses perfections, son visage s’embrasait : « Il me semble, disait-il, si je ne m’abuse, que je n’aime rien en ce monde, si ce n’est le Dieu de mon cœur ».
Cette autre citation illustre bien le zèle qui le dévore pour que la mission se développe et pour que la véritable doctrine soit enseignée aux âmes qui, sans cela, risquent de s’égarer : « Tout en nous doit catéchiser et notre conduite doit faire de nous un catéchisme vivant… Je voudrais que mon corps soit découpé en une infinité de petits morceaux si de chacun d’eux pouvait sortir un catéchiste ».

   La maladie s’aggrave inexorablement et, au matin du dimanche 15 avril 1607 – dimanche de Pâques -, il s’éteint en Avignon, à l’âge de 63 ans. Il avait prédit : « Ce sera pour moi une double Pâque, c’est-à-dire le passage du Seigneur et le mien auprès de Lui ».

   D’abord inhumée au couvent Saint-Jean-le-Vieux, en Avignon, sa dépouille fut translatée en 1836 dans l’église romaine de Santa-Maria-in-Monticelli, desservie par sa congrégation qui, en France, ne s’est pas relevée après la grande révolution, alors que, en 1789, la congrégation y comptait soixante-quatre maisons, collèges ou séminaires.
La branche italienne, elle, existe toujours et maintient des maisons au Brésil, en Espagne et en Suisse.

   Le Père César de Bus accomplit des miracles de son vivant, mais plus encore après sa mort : sa cause fut introduite dès 1686 ; en 1821 il fut déclaré Vénérable, mais, malgré un miracle survenu en 1911 et reconnu comme authentique, il fallut attendre 1975 pour qu’il fût béatifié, puis, à la suite de la guérison soudaine et inexpliquée d’une hémoragie cérébrale dont l’issue semblait fatale, il a été canonisé le 15 mai 2022. 

Saint César de Bus

2026-65. De l’anniversaire de la Confirmation de Sa Majesté le Roi.

15 avril,
Fête de Saint César de Bus, confesseur (cf. > ici) ;
Pieuse mémoire de Françoise d’Aubigné, marquise de Maintenon ;
Anniversaire de la naissance de Mgr Gaston de Ségur (cf. > ici) ;
Anniversaire de la confirmation de Sa Majesté le Roi (15 avril 1990).

Saint-Esprit - vignette blogue

       C’est le dimanche de Pâques 15 avril 1990 que Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX de France, a reçu le sacrement de confirmation, à Madrid, en l’église Saint-Louis des Français.

   Cette actuelle église Saint-Louis des Français de Madrid a été édifiée dans la seconde moitié du XXème siècle.
Située Calle Lagasca, 89 (pour ceux de nos lecteurs qui, de passage à Madrid, auraient la curiosité de l’aller visiter), elle est l’héritière de quatre siècles d’histoire, car la première chapelle française à Madrid a été fondée sous le vocable de Saint-Louis en 1613 par le chanoine Henri de Saulreux, un ecclésiastique qui avait été ligueur et qui – disons-le sans ambage car cela ne manque pas d’humour – ne s’était pas particulièrement réjoui de l’avènement des Bourbons sur le trône de France en la personne d’Henri III de Navarre – devenant Henri IV de France -, à la mort d’Henri III de Valois.

   L’architecture de cet édifice n’est pas vraiment accordé à nos goûts personnels (peut-être cela vous semblait-il une évidence sans que nous eussions besoin de l’écrire), mais il demeure, pour l’éternité, l’écrin dans lequel la personne de Louis XX a été investie par la plénitude des sept dons du Saint-Esprit, et dans lequel le sceau – en théologie on dit le caractère – sacré de soldat du Christ a été imprimé dans son âme royale.
Après tout, lorsqu’on vous offre un bijou de grand prix, je pense que vous attachez davantage d’importance au bijou lui-même qu’à l’écrin dans lequel il est placé…

église Saint-Louis des Français à Madrid

Madrid, actuelle église Saint-Louis des Français.

   Au moment de sa confirmation, notre jeune Roi – qui allait célébrer son seizième anniversaire dix jours plus tard – était devenu l’aîné de tous les Capétiens et Roi de France de droit, un peu plus de quatorze mois plus tôt, en raison du dramatique « accident » qui avait emporté son auguste père, notre regretté Roi Alphonse II, le 30 janvier 1989.

Louis XX adolescent - blogue

Louis XX aux alentours de sa seizième année

   Il n’est jamais inutile de rappeler que le sacrement de Confirmation a été institué par Notre-Seigneur Jésus-Christ pour conférer au baptisé les dons du Saint-Esprit et pour le fortifier dans la vie chrétienne.
En lui donnant le Saint-Esprit, il imprime dans son âme le caractère de soldat du Christ et il le rend parfait chrétien, puisqu’il perfectionne les vertus et dons reçus au baptême. 

   Ainsi, fait soldat du Christ, le confirmé est aussi combattant de la foi et défenseur de l’Eglise.
Si cela importe pour chaque chrétien, chacun comprendra que cela importe encore davantage pour celui que les Lois fondamentales du Royaume (cf. > ici) désignent comme légitime Roi de France, Fils aîné de la Sainte Eglise romaine et son porte-glaive, Défenseur-né de l’orthodoxie doctrinale et lieu-tenant du Roi du Ciel sur le Royaume des Lys.

   La célébration de l’anniversaire de la confirmation de Sa Majesté le Roi doit donc être pour chaque légitimiste l’occasion de prier avec encore davantage de ferveur qu’à l’accoutumée pour ce « Fils de Saint Louis », qui d’ailleurs ne manque jamais de dire combien il est heureux et fier d’avoir son saint ancêtre pour céleste protecteur et qui, dans la majorité de ses messages, insiste de manière récurrente sur les exemples de Saint Louis et leur actualité. 

« Domine, salvum fac Regem nostrum Ludovicum,
et exaudi nos in die qua invocaverimus Te ! »

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

Statue de Saint Louis sur la façade de la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre

Statue de Saint Louis sur la façade de la basilique de Montmartre.

2026-64. « Souvent, dans mon couffin, de dormir faisant mine… »

13 avril,
Fête de Sainte Ide de Lorraine, comtesse de Boulogne, veuve (cf. > ici) ;
Mémoire de Saint Justin de Naplouse, père apologiste et martyr (cf. > ici) ;
Anniversaire de la mort de Jean de La Fontaine, poète et moraliste (+ 13 avril 1695).

Tolbiac écrivant - blogue

Chers Amis,

   Monsieur de La Fontaine, dont c’est aujourd’hui l’anniversaire du trépas, et dont je souhaite que vous avez appris (et retenu) plusieurs de ses fables, vous a dispensé, sous un aspect distrayant, de très sages leçons de vie, dont nous autres, animaux, sommes les interprètes.
Certes, dans les onze fables, où il a fait intervenir des chats, il faut bien reconnaître que le poête moraliste ne nous a pas vraiment attribué les meilleurs rôles : Jean de La Fontaine semble davantage être du côté des rats que de celui de mes congénères !!!
J’espère qu’il ne lui en a pas été tenu trop rigueur quand il a comparu devant le Souverain Juge…

   Mais aujourd’hui, justement parce que, à l’occasion de l’anniversaire de sa mort, j’ai relu quelques unes de ses fables, dont on aurait bien tort de ne faire que des poèmes d’école primaire, j’ai pensé que, comme dans ces belles fables, je pourrais bien, moi aussi, vous instruire en écrivant.
J’étais inspiré ; et, tout le jour, je me suis mis à rimer et à rimailler avec ardeur, en comptant des pieds avec mes doigts !

   Sans doute ma versification est-elle encore bien imparfaite, et certaines de mes rimes ne sont en réalité que de simples assonances, aussi quémanderai-je votre indulgence : que vos seigneuries ne se mettent point en colère, mais plutôt qu’elles considèrent que je me vas, en versifiant, dans le courant de la plume, pour édifier et rappeler d’élémentaires vérités de bon sens plutôt qu’à la recherche d’un pur formalisme académique…

Tolbiac lisant - blogue

Souvent, dans mon couffin, de dormir faisant mine,
Les travers des humains j’observe et j’examine.
En maintes occasions j’en entretiens aussi
Quelque moine sagace, ermite près d’ici.

Ce qui touche à l’Eglise – point n’en douterez vous -,
arrive en bonne place dans ces rendez-vous :
C’est qu’hélas, en ces temps, la foi est malmenée,
L’Evangile trahi, le dogme abandonné.
Des crapules mitrées trahissent chaque jour
Les principes sacrés en leurs nombreux discours ;
La chaire qu’on disait, jadis, de vérité
Est remplie de propos qui sont calamité !
C’est en hommes mondains qu’ils dirigent l’Eglise
Comme s’il s’agissait d’une humaine entreprise.
Ils répètent, à l’envi, des slogans périmés
Où le vieux modernisme, vingt fois condamné,
Radote à l’infini ses erreurs mortifères
propres à faire choir les âmes en enfer !

J’étais à méditer et à me lamenter
Sur l’état pitoyable de la Chrétienté,
Quand un ange parut, un ange-chat bien sûr,
dont la présence éclaire autant qu’elle rassure.

De sa patte céleste déchirant la nue,
Il fit voir à mon âme la déconvenue
Que le Dieu des victoires, en des temps prochains,
Lui-même infligerait à ces vieux machins,
Ces hiérarques confus, ces faux théologiens,
Ces esprits synodaux, ces semi-pélagiens,
Hérétiques larvés, conciliaires attardés,
Liturgistes tenant de modes démodées.

« Rassure-toi, Tolbiac ! » dit mon consolateur,
« Dieu Lui-même veut être le restaurateur
« Et de la vraie doctrine et de la liturgie :
« Expression parfaite de l’orthodoxie
« Telle que Saint Pie X fermement a voulu
« Qu’elle fût précisée, qu’enseignée elle fût !»

A mes yeux éblouis dévoilant l’avenir
L’ange-chat me fit voir que s’allaient accomplir
Les paroles inspirées de la Vierge Marie
Qui concluent le secret confié à Mélanie [cf. > ici] :
La terre, purifiée par l’eau et par le feu,
L’Eglise, purifiée des principes douteux,
seront régénérées grâce à la Tradition.
Prendra fin, pour toujours, la révolution !
Et Dieu sera servi, et Dieu sera aimé,
Et tout sera par Lui, enfin, renouvelé.

pattes de chatTolbiac.

apparition d'un ange-chat à Tolbiac - blogue

2026-63. De Sainte Thérèse de Jésus des Andes, vierge de l’Ordre du Carmel, première Chilienne canonisée.

12 avril,
Fête de Sainte Thérèse de Jésus « des Andes », vierge de l’Ordre du Carmel.

Sainte Thérèse de Jésus des Andes

       Née à Santiago du Chili le 13 juillet 1900, cette future sainte avait reçu au saint baptême les noms de Juana Enriqueta Josefina de los Sagrados Corazones [Jeanne Henriette Joséphine des Sacrés-Cœurs], mais elle était appelée familièrement Juanita.
Ses parents Miguel Fernandez et Lucia Solar jouissaient d’une situation honorable qui les mettait à l’abri des soucis financiers ; c’étaient de bons chrétiens, sincères et persévérants. Juana avait trois frères et deux sœurs. C’était une enfant puis une adolescente sportive, pratiquant l’équitation et la natation. Ses parents la placèrent chez les Religieuses du Sacré-Cœur pour qu’elle y fît ses études.

   Elle avait 14 ans lorsqu’elle entendit l’appel de Dieu à la consécration religieuse, et, plus précisément, à devenir carmélite déchaussée. Elle dut attendre presque cinq années avant de pouvoir réaliser ce dessein : années pendant lesquelles elle mûrit sa vocation et compléta son instruction et sa formation humaine.
Enfin, le 7 mai 1919 (n’ayant donc pas encore tout-à-fait 19 ans), elle put entrer au postulat au Carmel du Saint-Esprit, à Los Andes, localité située à environ 90 km de Santiago.
Dès le 14 octobre de cette même année, au bout d’à peine six mois de postulat, elle reçut le saint habit du Carmel et fut admise au noviciat, recevant le nom de Sœur Thérèse de Jésus.

   Elle savait depuis longtemps, par révélation reçue dans sa prière, qu’elle mourrait jeune. Elle l’annonça elle-même à son confesseur un mois avant sa mort. Elle avait accepté la chose comme une composante de sa vocation propre, avec joie, sérénité et confiance, certaine qu’elle poursuivrait dans l’éternité sa mission de faire connaître et aimer le Bon Dieu.

   Après de grandes souffrances intérieures et d’indicibles douleurs physiques, causées par une violente crise de typhus, elle fut emportée par la maladie au soir du 12 avril 1920. Elle avait reçu les derniers sacrements avec une grande ferveur et, le 7 avril, avait été admise à la profession religieuse « in articulo mortis ».
Il lui restait trois mois pour arriver à son vingtième anniversaire, et il eût normalement fallu six mois de plus pour qu’elle achevât régulièrement son noviciat canonique, mais Notre-Seigneur voulut devancer Ses noces « officielles » avec Sa jeune épouse.

Sainte Thérèse des Andes photographie

   Le récit de la vie « extérieure » de cette jeune Chilienne peut déconcerter. Qu’a-t-elle donc fait qui mérite que l’Eglise l’élevât sur les autels ?
La réponse est tout aussi déconcertante qu’elle est simple : elle a vécu dans la foi et l’amour.

   De fait, Juanita a assuré que, dès l’âge de six ans, elle a éprouvé l’attirance consciente de Dieu et qu’elle a commencé à Lui vouer tout son amour en pleine volonté et responsabilité : « Jésus a commencé à prendre mon cœur pour Lui peu après le tremblement de terre de 1906 » (Journal, n° 3, p. 25).
Il y avait en elle une immense capacité à aimer et à être aimée ; elle était dotée d’une intelligence hors du commun. Grâce à cela, Dieu lui fit expérimenter Sa présence, la remplit de Sa connaissance et la fit Sienne en la faisant passer par les exigences de la croix.
Le connaissant, elle L’aimait ; L’aimant, elle s’offrit à Lui sans retour.

   Enfant déjà, elle comprenait que l’amour se manifeste par les actes plutôt que par les paroles, et elle porta énergiquement ses efforts pour le traduire dans chaque action de sa vie, avec la conviction qu’appartenir à Dieu implique de mourir à soi-même et à tout ce qui n’est pas Lui.
Sa nature, toutefois, était à l’opposé des exigences évangéliques : orgueilleuse, égoïste, obstinée… avec tous les défauts que cela implique.
Très tôt donc, elle mena un combat acharné contre toute impulsion qui ne naissait pas de l’amour divin, si bien qu’à l’âge de d
ix ans, elle était une nouvelle créature.
Le motif immédiat de ses combats était sa préparation à la Première Communion : comprenant avec une acuité peu commune que Dieu Lui-même allait habiter en elle, elle s’est engagée pour acquérir toutes les vertus qui la rendraient moins indigne de cette grâce.

   Avec la réception de la Sainte Eucharistie, elle reçut de Dieu des grâces mystiques de locutions intérieures qui l’ont accompagnée tout au long de sa vie. Une vie qui est devenue, dans le secret, précocement, une vie de communication fréquente et intime, une vie de cœur à cœur continuel, avec Notre-Seigneur.
Formée intérieurement par Jésus Lui-même, quatre ans après cette Première Communion, à l’âge de 14 ans donc, comme nous l’avons vu plus haut, elle avait explicitement compris qu’Il la voulait carmélite… et sainte !

   Avec toute la générosité de l’amour qui l’habitait, elle se consacra dès lors à la prière, à l’acquisition de toutes les vertus et à la pratique de la vie évangélique : dès l’âge de 15 ans, en pleine conscience et irréversiblement, elle prononça un vœu de virginité qu’elle renouvela ensuite de manière approfondie.
La sainteté de sa vie transparaissait dans les activités quotidiennes à tout moment : dans sa famille, pendant ses études, avec ses amis et relations, qu’elle catéchisait d’une certaine façon continûment par ses exemples plus que par des « sermons ». Ses amies la prenaient pour modèle, soutien et conseillère. 
Joviale, enjouée, amicale, sportive et communicative, elle atteignit, durant son adolescence, un parfait équilibre psychologique et spirituel, fruit de son ascétisme et de sa prière. La sérénité de son visage reflétait Celui qui vivait en elle.
Ainsi, sa vie de religieuse, du 7 mai 1919 jusqu’à sa mort, le 12 avril 1920, fut l’ultime étape de son ascension vers la sainteté. Onze mois seulement suffirent à parachever pleinement une vie qui était devenue entièrement celle du Christ en elle.

   Son procès en béatification fut ouvert en 1947 et, quarante ans plus tard, le 3 avril 1987, elle fut proclamée bienheureuse, puis canonisée le 21 mars 1993. Ses reliques sont vénérées au Sanctuaire d’Auco-Rinconada de Los Andes.
Sainte Thérèse de Jésus des Andes n’est pas seulement la première Chilienne canonisée, comme nous l’avons écrit en titre, mais elle est aussi la première fille de Sainte Thérèse d’Avila hors des frontières de l’Europe à avoir été placée sur les autels.

Tombe de Sainte Thérèse des Andes

Sanctuaire de Auco-Rinconada : tombe de Sainte Thérèse de Jésus des Andes.

2026-62. Lettre de Pâques du Prieur de la Confrérie Royale.

Dimanche de Quasimodo, 12 avril 2026.

       Voici la lettre adressée par le Prieur de la Confrérie Royale aux membres et sympathisants de la dite Confrérie à l’occasion des fêtes pascales ; il nous semble qu’elle peut être profitable à tous ceux qui, en dehors de la Confrérie Royale elle-même, ont le souci de développer sans cesse leur vie spirituelle.

autel du Calvaire - blogue

Jérusalem, basilique du Saint Sépulcre :
l’autel (grec) érigé à l’emplacement du Calvaire
(sous la table de l’autel, affleure le rocher et l’on peut y vénérer le trou creusé dans la roche en lequel était plantée la Croix de notre Rédemption).

Chers Membres et Amis de la Confrérie Royale,

   Avec ce dimanche de l’Octave de Pâques – appelé aussi « dimanche de Quasimodo » – s’achève la fête de la Résurrection de notre divin Sauveur : une fête de huit jours qui sont comme un seul (c’est le principe même des octaves) : à la fête de la Résurrection (puisque chaque jour de l’octave nous donne d’approfondir la réalité de cette résurrection selon la chair, avec les preuves que Notre-Seigneur Lui-même en a donné en apparaissant), succède maintenant le temps pascal où l’Eglise nous fait méditer les grâces que, chacun, nous recevons sans cesse du Sacrifice rédempteur du Calvaire, par lequel s’accomplit la grande victoire divine sur l’enfer et la mort, Sacrifice renouvelé quotidiennement de manière sacramentelle sur les autels.

   Pâques, le mystère pascal, c’est – en même temps et de manière indissociée – l’unique réalité de la Cène, du Calvaire, de la descente aux enfers, du tombeau vide et de l’ouverture glorieuse des portes du Ciel :

   « Unde et memores, Domine, nos servi tui, sed et plebs tua sancta ejusdem Christi Filii tui Domini nostri tam beatae passionis, nec non et ab inferis resurrectionis, sed et in caelos gloriosae ascensionis : offerimus praeclarae Majestatis tuae de tuis donis, ac datis, Hostiam puram, Hostiam sanctam, Hostiam immaculatam, Panem sanctum vitae aeternae, et Calicem salutis perpetuae : c’est pourquoi en mémoire, Seigneur, de la bienheureuse Passion du Christ Votre Fils, Notre-Seigneur, de Sa Résurrection des enfers, et aussi de Sa glorieuse Ascension dans les cieux, nous, Vos serviteurs, et avec nous Votre peuple saint, nous présentons à Votre glorieuse Majesté – offrande choisie parmi les biens que Vous nous avez donnés -, la Victime pure, la Victime sainte, la Victime immaculée, le Pain sacré de la vie éternelle et le Calice de l’éternel salut ».

   Cette première prière récitée à l’autel par le prêtre après la consécration, dans le Canon romain, exprime parfaitement cette unité du mystère pascal : ce que nous célébrons les Jeudi, Vendredi, Samedi Saints et Dimanche de Pâques, ne se trouve distinct et séparé que dans le caractère événementiel de la succession dans le temps, mais il ne s’agit en réalité que de diverses facettes d’un unique et indivisible mystère.

   La grâce que je vous souhaite donc en ce temps pascal, chers Amis, est celle de vivre toujours plus intensément ce mystère auquel nous assistons dans la Sainte Messe.
Approfondissez sans cesse et toujours davantage la réalité de la Messe : vivez la Messe selon cette réalité mystique qui en est l’essence, et soyez vivifiés par la Messe.
La Messe est le pôle de toute notre vie chrétienne.
La Messe est l’axe de notre vie.
Que Dieu nous préserve d’y assister dans une routinière passivité !

   Vous êtes-vous déjà demandé de quelle manière la Très Sainte Mère de Dieu assistait à la Sainte Messe pendant les quinze années où elle est restée encore sur la terre après l’Ascension de son divin Fils ?
Que celle qui s’est tenue debout au pied du sanglant autel de la Croix le Vendredi Saint nous enseigne à tous à mieux être présents – à ses côtés, comme le furent Sainte Marie-Magdeleine ou Saint Jean – à la réalité mystique de la Sainte Messe catholique. Ainsi soit-il !

   Je demeure votre humble et dévoué serviteur,
dans le Cœur de Jésus et Marie,
pour Dieu et pour le Roi.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur, Prieur.

autels de la Crucifixion et de la Mère des Douleurs - blogue

Jérusalem, basilique du Saint Sépulcre :
les deux autels (latins) érigés sur le côté droit du rocher du Calvaire ;
le premier [tout à droite] est l’autel de la Crucifixion
(à l’emplacement du lieu où Jésus fut cloué à la Croix),
et le second [à gauche] avec le buste de la Mère des Douleurs
est dédié à la Compassion de la Bienheureuse Vierge Marie.

2026-61. « Celui qui désire ressusciter et régner avec Jésus-Christ, doit auparavant être crucifié et mourir avec Lui ».

Samedi in albis.

       Veuillez trouver ci-dessous la seconde partie du sixième sermon pour la fête de Pâques (numéro XXVI dans la deuxième section du premier supplément des sermons de Saint Augustin), dont nous avons publié la première partie > ici.
Le grand et saint évêque d’Hippone, dans les développements de cette portion de ce sermon, invite ses auditeurs (et les lecteurs que nous sommes aujourd’hui) à considérer la Croix et la Résurrection comme les deux éléments de l’accomplissement de notre salut et termine par des exhortations qui ne manqueront pas de stimuler et d’encourager les efforts de notre vie chrétienne de chaque jour.

Saint Augustin prêchant

7. Tout considérer à la lumière de la Passion et de la Résurrection de notre Sauveur :

   Mes frères, ayons donc sans cesse devant les yeux, si nous le pouvons, l’utilité infinie de la Croix du Seigneur et les joies de la Résurrection.
Considérons les précieux avantages que Jésus-Christ nous a procurés par le mystère de Sa mort ; n’oublions pas que si la mort régnait universellement par la licence du péché, tout est maintenant soumis à l’empire de Jésus-Christ, tout, et spécialement l’homme lui-même, enchaîné jusque-là sous la loi de la mort par la transgression de nos premiers parents : « Car la mort règnait depuis Adam jusqu’à Moïse, même sur ceux qui s’abstenaient du péché et subissaient néanmoins les suites de leur ressemblance avec Adam » (Rom. V, 14).

8. Le Christ nouvel Adam et Agneau véritable :

   Est-il donc étonnant que le désespoir ait plongé le genre humain dans des ténèbres et des erreurs où n’apparaissait aucun rayon de la foi ?
Les chaînes que le premier Adam avait rivées, le second Adam devait les briser.
La seconde naissance devait réparer le mal qu’avait fait la première génération, issue d’Adam coupable. L’immolation de l’agneau, célébrée sous la loi de l’ancienne pâque, n’était pas suffisante pour purifier le monde ; il fallait l’offrande de cet Agneau qui effacerait le péché du monde.
Les nations en étaient venues à douter si l’âme triompherait après la mort ; et voici qu’après la Croix, dans la chair de Jésus-Christ, nous trouvons l’infaillible assurance que notre corps lui-même ressuscitera ; là où le péché d’Adam avait apporté la mort, il était nécessaire que l’obéissance de Jésus-Christ apportât la vie. « Comme », dit l’Apôtre, « nous mourons tous en Adam, de même nous serons tous vivifiés en Jésus-Christ » (1 Cor. XV, 23).

9. La mort qui nous rend la vie :

   Notre Sauveur a donc accepté la mort pour Lui-même, afin de nous préparer à tous la vie ; il me semble L’entendre dire aux hommes, dans Son infinie miséricorde : Je ne refuse pas de partager votre mort, afin que Je vous offre de partager Ma Résurrection. Sans doute la divinité qui est en Moi ne saurait donner prise à la mort ; toutefois par Ma naissance humaine, Je recevrai de vous ce que Je pourrai offrir en mourant pour vous. Tout ce que vous êtes, Je le serai, afin de donner tout ce que Je suis.
En effet, par la bouche de Son prophète, nous L’entendons parler de Sa mort comme d’une menace de mort pour notre propre mort. « Je serai », dit-Il par le prophète Osée, « Je serai votre mort, ô mort, Je serai ta morsure, enfer » (Osée, XIII, 14).
Je subirai les droits de la mort, mais Je les détruirai ; un jour J’entrerai dans ta prison, non pas pour rester enfermé, mais pour briser tes barrières.

10. Tous les motifs de notre gratitude et les raisons de notre action de grâce :

   Confessons donc au Seigneur Son infinie miséricorde, « parce qu’Il a brisé les portes d’airain et rompu les barres de fer » (Is. XLV, 2) ; Il a tellement anéanti les barrières de la mort, qu’Il nous a même ouvert les portes du ciel, où fut admis, aussitôt après la Croix de Jésus-Christ, le larron quittant le supplice dû à ses crimes pour aller prendre possession de ce séjour destiné aux justes, et sans avoir d’autre mérite que celui d’une courte profession de foi ; tandis qu’avant la Croix de Jésus-Christ, nous voyons Abraham lui-même retenu, loin du ciel, dans une sorte de captivité qui toutefois n’avait rien de commun avec celle des impies (cf. ).

   Nous lisons : « Le Christ sortit donc pour le salut de son peuple et pour la délivrance  de ses élus » (Habac. III, 13) ; Son amour devait Le faire descendre jusque dans les profondeurs où le genre humain s’était précipité par sa prévarication.
Tel un roi qui, après avoir détruit la forteresse d’un tyran, rétablit partout la liberté, et non content de rompre les liens de tous ceux qu’enchaînait la tyrannie, descend Lui-même dans la prison où gémissent les Siens, et leur apporte la liberté avec Sa présence ; ce serait peu pour Lui de rendre ces captifs à la lumière, s’Il ne venait pas Lui-même dans ce lieu de ténèbres, et si de Ses propres mains Il ne brisait pas les chaînes de leur captivité.

   Quelles actions de grâces pourront être rendues au Seigneur pour tant de bienfaits ?
Quel usage pouvons-nous faire de la liberté qui nous est rendue, si ce n’est de Le servir librement ?
Il est écrit, « Jésus-Christ a été blessé pour nos péchés, et Il S’est rendu faible pour nos iniquités ; nous avons été guéris par Ses souffrances » (Is. LIII, 5). On ne saurait avoir de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis (Jean, XV,13). Le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis (Ibid. XI, 14). Si le grain de froment, tombant dans la terre, ne meurt pas, il demeure stérile (Ibid. XII, 24).

   Dans le tremblement de terre de la Croix, « les pierres se fendirent et les tombeaux s’ouvrirent, et un grand nombre de corps des saints qui étaient morts ressuscitèrent, et sortant de leurs tombeaux après Sa Résurrection, ils vinrent dans la cité sainte et apparurent à une foule d’habitants » (Matth. XXVII, 51, 53). C’est ainsi qu’un seul grain tombant dans la terre a rendu à la vie une multitude d’autres grains.

11. Suite du même sujet, en considérant le Christ rédempteur comme le médecin de nos âmes :

   Ne perdons pas de vue, mes frères, l’immense rançon de notre salut.
Notre vie a été renouvelée par la mort de Jésus-Christ. Tout serviteur pour lequel son maître s’est sacrifié, n’est-il pas assez précieux ?
Que personne ne tente de se soustraire à cette dette de la rédemption !
Jésus-Christ nous a tous rachetés, même ceux qui, aimant leur captivité, n’ont pas voulu recouvrer cette liberté que leur offrait un généreux Médiateur.
Ne parlez pas ici de telle ou telle somme d’argent : Il n’a rien extrait de Sa bourse, mais Il a répandu Son Sang.
A tant d’amour quelles richesses pourraient être comparées ?
Pour vous Il a donné, non pas Son bien, mais Sa propre personne. Car ce qu’Il demandait, ce ne sont pas vos richesses, mais vous-mêmes.
Il a subi pour vous une mort passagère, afin de vous arracher à la mort éternelle ; Il a revêtu votre vie, afin de vous communiquer la Sienne. Il est entré dans les limbes, afin que vous puissiez en sortir. Il a guéri nos blessures par les Siennes ; par Ses plaies Il a fait disparaître la plaie de notre damnation.

   Je le dis avec joie, mes frères, il est généreux le médecin qui soigne son malade à ses frais et dépens ; qui par pur amour, non point de l’argent, mais du salut de son malade, supporte sans dégoût l’odeur et la vue des plaies d’un malade.
Mais le comble du dévouement, c’est de recevoir soi-même des blessures, afin d’en guérir les autres, de s’offrir comme remède, de se laisser déchirer volontairement afin d’extraire des blessures d’autrui le virus qui s’oppose à leur guérison.
C’est là ce qu’a fait Jésus-Christ, c’est jusque-là que notre Sauveur a porté le dévouement ; médecin généreux et universel, Il a versé, pour le salut de tous, non pas le sang des hommes, mais Son propre Sang. Notre rédemption est d’autant plus grande que nous sentions moins notre captivité ; notre guérison est d’autant plus précieuse que nous connaissions moins notre maladie.

12. Puisque donc le décret de notre condamnation est déchiré, rendons-nous les serviteurs fidèles de Jésus-Christ.

   Tel est le mystère de la Croix du Sauveur.
Dans la personne d’Adam, par la transgression du précepte, le genre humain avait signé une sorte de pacte avec la mort ; mais Jésus-Christ a effacé tous nos crimes, « déchirant le texte du décret porté contre nous. Il l’a détruit en le fixant à la croix, en dépouillant les principautés et les puissances et en triomphant dans sa propre personne » (Coloss. II, 14, 15).
Or, par la destruction du texte de mort sur la croix , nous avons été rendus à la vie. En effet, la mort en Jésus-Christ, à quoi a-t-elle donné lieu, sinon à la Résurrection ? Or, la Résurrection en Jésus-Christ confirme l’homme dans la croyance à sa propre résurrection.
Reste à chacun le devoir de comprendre qu’il doit, dans sa vie, mettre un terme à ses crimes, comme un terme a été imposé à la mort publique. Puisque la mort est détruite, secouons notre sommeil spirituel, afin que personne ne demeure dans ses habitudes anciennes, maintenant que « les vieilles choses sont passées et que tout a été renouvelé » (2 Cor. V, 17).
Réalisons cette parole de l’Apôtre attestant que Jésus-Christ est mort, « afin que ceux qui vivent ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour Celui qui, pour eux, a bien voulu mourir et ressusciter » (Ibid. 15).

13. Le Jour que le Seigneur a fait : jour de la Résurrection de Jésus-Christ, prémices de notre propre résurrection en lui et par Lui :

   « Voici donc le jour que le Seigneur a fait » (Ps. CXVII, 24) ; qu’Il a réparé pour la gloire de Ses saints ; dans lequel Jésus-Christ ressuscitant d’entre les morts ordonne à Son corps mystique qui est l’Eglise d’espérer que les membres participeront à la gloire de leur Chef.
Ecoutez l’Apôtre, lequel proclame que c’est Jésus-Christ Lui-même qui parle par sa bouche : « En un moment, en un clin d’oeil, au son de la dernière trompette, car la trompette sonnera, les morts ressusciteront incorruptibles, et nous serons changés » (1 Cor. XV, 52).
Toutefois ce grand jour de la résurrection dernière reçoit toute sa magnificence du Jour que nous célébrons et qui a été illustré par la Résurrection de Jésus-Christ.
Alors nous aurons la réalité même de notre résurrection, aujourd’hui nous en possédons le principe ; nous avons comme le germe d’où sortiront tous ces fruits. Le prophète personnifiant Jésus-Christ chantait à l’avance la gloire de ce jour : « J’ai dormi et pris Mon 
sommeil, et Je me suis levé parce que le Seigneur M’a reçu » (Ps. III, 6).
« J’ai dormi », dit-Il, afin de prouver que Sa mort était bien l’œuvre de Sa volonté propre, et non pas le résultat de la coaction. Telle est la pensée clairement formulée par l’Evangile dans ces paroles mêmes du Sauveur : « J’ai le pouvoir de quitter la vie, et j’ai aussi le pouvoir de la reprendre » (Jean, X, 18).
Cette grande joie du matin est ailleurs décrite en ces termes : « La lumière est levée pour les justes, et la joie pour ceux qui ont le cœur droit » (Ps. XCVI, 11). « Justes, réjouissez-vous dans le Seigneur » (Ps. XXXI, 11). Et encore : « J’exalterai le matin vos merveilles, parce que vous êtes mon soutien, ô mon Dieu » (Ps. LVIII, 17). « Vous nous vivifierez après deux jours, le troisième jour Vous nous ressusciterez » (Osée VI, 3).
Enfin, dans un autre passage l’écrivain sacré décrit en un seul verset la lumière du soir et la joie du matin de la Résurrection : « La douleur durera jusqu’au soir et la joie jusqu’au matin » (Ps. XXIX, 6).

14. Conclusion du discours : ce que nous devons accomplir pour avoir part à la vie des ressuscités :

   Voilà pourquoi, comme le dit l’Apôtre, « la nuit a précédé, mais le jour s’est  approché. Rejetons donc les œuvres de ténèbres, et revêtons-nous des armes de la lumière » (Rom. XIII, 2), afin que, à l’aide de ces armes, nous triomphions de l’adversaire de notre salut, puisque Jésus-Christ en a déjà triomphé Lui-même.

   Si la seule espérance nous procure tant de joie, que sera-ce donc de la réalité ?
Si les membres sont si heureux du bonheur de leur Chef, quel ne sera pas le bonheur dont ils jouiront avec leur Chef dans ce lieu de délices où celui qui aura mérité d’être compté parmi les membres de ce corps magnifique n’aura plus à craindre d’en être retranché ?
Toutefois, celui qui désire ressusciter et régner avec Jésus-Christ, doit auparavant être crucifié et mourir avec Lui, en mortifiant sans délai ses désirs et ses passions, par Jésus-Christ Notre-Seigneur.

L'Agneau de Dieu vainqueur

2026-60. Toutes les publications de ce blogue relatives au Chanoine Antoine Crozier, l’ami stigmatisé de Saint Charles de Jésus.

10 avril,
Anniversaire du rappel à Dieu du Chanoine Antoine Crozier (+ 10 avril 1916).

chanoine antoine Crozier - blogue

Chanoine Antoine Crozier (1850-1916)

A – Résumé de la vie du Chanoine Antoine Crozier > ici

B – Textes du Chanoine Antoine Crozier :

- Citations remarquables extraites de la correspondance spirituelle du Chanoine Crozier > ici
-
 Texte intégral de l’opuscule « Vivons pour le Bon Dieu » du Chanoine Crozier > ici
- Texte intégral du « Chemin de Croix pour la France » écrit par le Chanoine Antoine Crozier > ici

C – Prière pour demander à Dieu la glorification de Son serviteur Antoine Crozier > ici

Le chanoine Antoine Crozier sur son lit de mort

Le Chanoine Antoine Crozier sur son lit de mort.

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