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2012-20. « Le spectacle du monde moderne, dont l’orgueil a repoussé Dieu… »

Les quelques mots qui servent de titre à ma publication de ce jour, sont extraits d’un texte de Gustave Thibon, que l’un de nos amis a eu la bonne idée de nous faire parvenir ce matin (qu’il en soit chaleureusement remercié!).

L’espèce de tourbillon infernal qui entraîne dans sa folie les familles et les sociétés, le spectacle plus qu’affligeant donné par les dirigeants des états (et par ceux qui, en ce moment, briguent à le devenir), le scandale permanent que représentent les systèmes politiques et économiques malheureusement régnant, les rouleaux compresseurs psychologiques et médiatiques qui broient les consciences et tendent à briser les dernières résistances des derniers esprits libres… etc., sont les signes évidents d’une faillite qui n’a peut-être pas de précédents dans l’histoire humaine.

Ce texte de notre cher « paysan philosophe » date de 1946 : il appartient à un recueil publié à l’occasion du centenaire de l’apparition de Notre-Dame de La Salette.
Soixante-six ans plus tard, il reste d’une actualité prophétique, comme d’ailleurs nombre de textes de Thibon.
En nous rappelant que l’homme, tournant le dos à Dieu et refusant les sollicitudes de Sa grâce, se fait lui-même l’instrument de son malheur, la lucidité de Gustave Thibon, si étrangère aux sottises de l’optimisme humain, nous prémunit une fois de plus contre le désespoir, parce qu’elle relaie l’appel à la conversion, demandée par Notre-Dame de La Salette, et parce que cette conversion – toujours possible – est finalement le seul fondement de l’espérance.
Pour qui sait lire, ce que Thibon traduit ici dépasse largement les perspectives du monde paysan de 1946, et peut s’accorder à la spiritualité de ce temps du carême, mais aussi à la manière dont nous devons réagir devant les tristes pitreries de la campagne pour les élections pestilentielles…

Lully.

2012-20.

Le Message de Notre-Dame de La Salette au monde paysan :

« C’est à l’univers entier que la Vierge immaculée s’est adressée il y a cent ans par l’intermédiaire de Maximin et de Mélanie.  Mais le fait qu’elle ait choisi pour transmettre son message, deux pauvres enfants de la terre,  témoigne assez haut de sa sollicitude pour le monde paysan.  Nous avons eu la primeur de ce message ; c’est donc à nous qu’il s’adresse en premier lieu.

Certains esprits superficiels ont été choqués par les terribles menaces contenues dans le discours de Notre-Dame de la Salette.  Nous ne pouvons pas croire à un Dieu si cruel, ai-je entendu dire.  C’est oublier que les menaces divines ne sont que des promesses retournées.  Dieu n’est cruel que dans la mesure où les hommes, en fermant leur cœur à sa grâce, l’empêchent d’être bon. « Je ne peux plus retenir le bras de mon Fils… » Le premier refus vient de nous.  Cette main de Dieu qui nous frappe, c’est la main toute miséricordieuse, pleine de dons, préparés pour nous de toute éternité, et que nous contraignons, par notre indifférence, à se refermer sur ses présents.  Dieu n’a pas même à nous punir positivement : il suffit qu’il se détourne de nous pour qu’abandonnés à la pesanteur du péché nous roulions fatalement au fond de l’abîme.  Le spectacle du monde moderne, dont l’orgueil a repoussé Dieu, témoigne de cette vérité avec une féroce évidence.

L’appel de Marie à la pénitence et à la prière, avec les menaces matérielles qui l’accompagnent revêt, pour nous paysans, un sens particulièrement précis.  Le message de la Vierge pourrait être résumé dans ces simples mots : si vous ne cherchez pas le ciel, vous perdrez la terre.  Et cet avertissement s’applique à nous mieux qu’à personne.  Courbé vers la terre par son travail, le paysan court toujours le risque de s’enliser dans la terre.  Son réalisme et son sens de l’effort ont pour contre-partie le matérialisme et l’avarice.  Ces fruits du sol, ces biens charnels obtenus au prix d’un si dur labeur, il est toujours tenté de s’en faire des idoles et d’oublier que Dieu, suivant le mot de Mistral « travaille de moitié avec lui ». Marie est descendue du ciel pour lui rappeler, en parlant sa propre langue, en se servant des images les plus adaptées à son esprit, que le réalisme de la terre, s’il n’est pas prolongé et couronné par la prière, aboutit tôt ou tard à la ruine de l’homme.  Ces « pommes de terre qui pourriront », ce sont aussi les âmes des paysans qui n’auront aimé que la terre.  Et cette terre, ces biens d’ici-bas trop aimés, ils les perdront, car tout vient de Dieu et la matière, coupée de l’esprit, se flétrit dans nos mains, comme un rameau séparé de l’arbre.  A celui qui cherche Dieu, tout sera donné par surcroît, mais à celui qui n’a rien (c’est-à-dire qui n’a que la terre), on enlèvera ce qu’il a. Marie est venue apprendre aux paysans que les racines ne restent vivantes que si leur adhérence à la terre s’unit à l’élan de la tige vers le ciel. »

Gustave Thibon,
in « La Salette, témoignages » (Bloud & Gay, 1946, p.160).

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On trouvera aussi dans ce blogue plusieurs publications consacrées à Notre-Dame de La Salette :
 voir > ici ;  le récit de l’apparition avec le texte des « secrets » > ici ; et la prière de Mélanie pour les temps de calamités > ici.

Nous renvoyons aussi aux publications que nous avons déjà consacrées à Gustave Thibon > ici ;  ou ici > ici ; et encore > ici.

2012-17. De l’anniversaire de la Constitution Apostolique Veterum Sapientia sur l’enseignement de la langue latine et son maintien dans la liturgie et les études cléricales.

22 février,
Fête de la chaire de Saint Pierre à Antioche ;
Mémoire de Sainte Marguerite de Cortone.

Le 22 février 1962, à l’occasion de la fête de la Chaire de Saint Pierre (en 1962, il n’y avait plus qu’une seule fête de la chaire de Saint Pierre), le Pape Jean XXIII signa et promulgua une Constitution Apostolique intitulée Veterum Sapientia (texte > ici), concernant l’enseignement du latin et son maintien ferme dans la liturgie et dans l’enseignement, tout spécialement dans les études cléricales.
Il est à noter que, à moins de huit mois de l’ouverture des travaux du second concile du Vatican, Jean XXIII voulut donner un éclat particulier à la signature de cette Constitution Apostolique, puisque elle n’eut pas lieu dans son bureau, ni même dans l’une des pièces les plus prestigieuses du Palais Apostolique, mais dans la Basilique Saint-Pierre elle-même, au cours d’une cérémonie qui revêtit une solennité inaccoutumée pour ce genre de signature.

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Basilique Vaticane : reliquaire de la Chaire de Saint Pierre (Le Bernin)

Le cinquantième anniversaire de cette Constitution Apostolique n’a pas donné lieu, en France, à un foisonnement de publications, mis à part le rappel judicieux de cet anniversaire par Riposte Catholique (cf. > ici).

La curieuse mémoire sélective des instances officielles de l’ « Eglise de France » a retenu de célébrer – jusqu’à plus soif – le cinquantième anniversaire de l’ouverture du second concile du Vatican, et nous vaut déjà d’abondants publications et commentaires, mais oublie de célébrer le cinquantième anniversaire de la promulgation d’un texte officiel, qui a toujours force de loi (puisque, à ma connaissance, il n’a jamais été abrogé) et qui, de toute évidence – par la volonté même du Pontife qui avait annoncé la convocation de ce concile et allait en présider la première session – , était une préparation importante à l’ouverture des travaux du dit concile.

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Avec la souveraine liberté qui est le privilège donné par Dieu à tout chat (et aux chats des Souverains Pontifes eux-mêmes !), je me permets aujourd’hui quelques réflexions :

1) En premier lieu, vous avez peut-être remarqué que j’écris l’expression « Eglise de France » en italiques et entre guillemets.
En effet, cette expression me fait toujours un peu tiquer et, pour reprendre un verbe cher aux modernichons, elle « m’interpelle » : l’ « Eglise de France » est-elle donc une réalité différente et séparée de l’Eglise Catholique Romaine ?
Du point de vue de la constitution de l’Eglise, parler d’ « Eglise de France » a-t-il un sens ?
S’il y a bien des « évêques de l’Eglise Catholique en France », a-t-on le droit de dire qu’il y a une « Eglise de France » ?
Dans l’ordre normal des choses, dans l’ordre catholique des choses, il y a, sur le territoire d’une entité géo-politique précise – que nous appelons la France – , des évêques et des diocèses de l’Eglise Catholique Romaine. Ces évêques sont légitimement réunis dans ce que l’on appelle la « conférence épiscopale », mais ils ne peuvent en aucune manière constituer l’ « Eglise de France » ni même l’ « Eglise Catholique de France », comme s’il s’agissait d’une Eglise à part, Eglise plus ou moins indépendante, Eglise plus ou moins autocéphale… à moins qu’elle ne soit à proprement parler schismatique !

2) Ma deuxième remarque, porte sur la nature de ce texte : une Constitution Apostolique, ce n’est pas n’importe quoi !
Dans la hiérarchie des textes législatifs de l’Eglise Catholique Romaine, une Constitution Apostolique se situe pratiquement au sommet de la pyramide : ce n’est pas un « rescrit », ce n’est pas une « lettre apostolique », ce n’est pas une « encyclique », ce n’est pas un « motu proprio », c’est un texte qui a une autorité encore supérieure. Une Constitution Apostolique est une loi que le Pape promulgue pour toute l’Eglise en vertu de son autorité de pasteur universel.
Les constitutions apostoliques sont toujours rédigées en latin et sont habituellement revêtues du grand sceau pontifical. Elles commencent toutes par une formule caractéristique : vient d’abord le prénom du Pape, suivi de la mention « pape » (PP.) ou « évêque » (episcopus) – parfois avec son numéro d’ordre – , la deuxième ligne porte la mention « serviteur des serviteurs de Dieu » (servus servorum Dei), en usage depuis Saint Grégoire le Grand, et enfin vient une formule qui est le plus souvent « pour mémoire éternelle » (ad perpetuam rei memoriam).
Ainsi donc, à moins d’être explicitement rapportée ou modifiée postérieurement par une autre Constitution Apostolique, ce qui est promulgué par ce type de document oblige les pasteurs et les fidèles de l’Eglise Catholique.
La Constitution Apostolique Veterum Sapientia n’ayant pas été abrogée, elle a toujours force de loi dans l’Eglise Catholique.

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3)  Ma troisième réflexion est en tous points conforme à ce que faisait remarquer le blogue « Summorum Pontificum »  (< cliquer sur ce lien) ce pourquoi je n’ai pas mieux à faire que le citer :
« Comme beaucoup de textes conformes à la Tradition de l’Église, celui-ci devait être enterré très vite, l’autorité ne mettant rien en œuvre pour qu’il entre dans les faits et les épiscopats nationaux ne lui donnant aucun écho ou presque. La destinée de cette Constitution Apostolique montre, s’il en était besoin, que ce qui manque le plus, ce ne sont pas les textes, mais le courage et la volonté politique de les faire passer dans les faits. Et qu’il manque également un épiscopat prêt à appliquer les textes que l’on publie. On en est loin du compte, même aujourd’hui. À part les séminaires traditionnels, quels sont les séminaires français qui appliquent cette constitution apostolique d’un pape dont certains se réclament sans cesse au nom du Concile ? »
C’est moi qui ait mis en gras les passages qui me paraissent les plus importants dans cette citation.

J’ajoute ici qu’il est pour le moins curieux, que tout comme pour un certain nombre d’autres textes officiels dont la portée juridique est universelle (c’est en particulier le cas du motu proprio Summorum Pontificum!), sur le site du Saint-Siège, le texte de la Constitution Apostolique Veterum Sapientia n’est mis en ligne que dans sa version officielle, le texte latin, accompagné de sa traduction dans une seule langue vernaculaire, l’espagnol ! (> ici).
J’en connais évidemment qui vont ironiser en me disant : « Puisque vous tenez tant à la langue latine, ça ne doit donc pas poser un problème pour vous ! » Néanmoins, pour des raisons évidentes, il semblerait pour le moins normal que le Saint-Siège présente aussi au minimum les versions italienne, portugaise, allemande, anglaise et française de ce grand texte !!!

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4) Mon quatrième et dernier point (pour aujourd’hui du moins) est une autre citation.
Dans l’Osservatore Romano en langue française et disponible sur Internet, sont en ce jour publiés des extraits de l’une des interventions prononcées au cours du congrès du 23 février 2012 organisé par le Pontificium Istitutum Altioris Latinitatis, à l’Université Pontificale Salésienne (Rome), congrès qui était justement consacré au cinquantième anniversaire de la Constitution Apostolique Veterum sapientia.
Cet article est intitulé en gros caractères : « Pourquoi les prêtres doivent étudier le latin », et il est précédé de cet exergue, extrait de l’article : « L’importance de retrouver sans intermédiaire un héritage culturel extraordinairement riche ».
Voici donc la reproduction de cet article :

« La deuxième moitié du XXe siècle a marqué — et pas seulement au niveau ecclésial — une ligne de division dans l’histoire de l’usage de la langue latine. Disparue depuis déjà des siècles comme instrument de la communication érudite, elle a résisté à l’école, comme matière d’étude dans les programmes éducatifs de niveau secondaire supérieur, et, dans l’Eglise catholique, en général, comme moyen d’expression de la liturgie et véhicule de transmission des contenus de la foi et d’un vaste patrimoine littéraire, qui va de la spéculation théo-philosophique au droit, de la mystique et de l’hagiographie aux traités sur les arts, à la musique et même au sciences exactes et aux sciences naturelles.
Mais avec le temps, tout au moins sous le profil de sa diffusion, la langue latine a fini par devenir, en majeure partie, l’apanage toujours plus caractéristique de la formation cléricale dans l’Eglise catholique, au point de donner naissance à une identification spontanée, peut-être tout autant qu’inappropriée, entre l’Eglise Romaine et l’entité linguistique latine, qui dans celle-ci a trouvé, en cette phase critique, une vigueur tout au moins apparente.
«Apparente» car, si l’on considère a posteriori les circonstances actuelles, tout laisserait penser que la voix du bienheureux Jean XXIII, qui s’adressait le 7 septembre 1959 à un congrès d’amateurs de langue latine, non seulement n’a pas été écoutée, mais que la question de l’usage et de l’enseignement même de la langue latine, également dans le contexte ecclésial, se trouvait déjà probablement sur la voie d’une diminution radicale. «Malheureusement de nombreuses personnes, exagérément séduites par le progrès extraordinaire des sciences, ont la présomption de rejeter ou de limiter l’étude du latin et d’autres disciplines de ce genre».
Toutefois, malgré les difficultés, on rencontre aujourd’hui chez les prêtres la conviction que le but de l’initiation au latin est celui d’approcher une civilisation et d’en mesurer les valeurs, les intérêts et les significations, en évaluant ses enseignements et ses fondements théorétiques dans la perspective d’une compréhension critique du présent. Il s’agit d’un signal décidément encourageant du monde et de l’Eglise contemporaine, décidée à ne pas observer la leçon et l’étude du passé comme un regard superflu ou rétrograde visant inutilement à récupérer quelque chose de disparu, mais comme une réappropriation, directe et sans intermédiation, d’un message d’une extraordinaire richesse culturelle et pédagogique, d’un héritage intellectuel trop vaste, fécond et enraciné pour qu’on puisse imaginer une coupure quelconque de ses racines.
A l’état actuel, il apparaît improbable que l’on réussisse à faire apprécier au prêtre, encore moins dans la phase intiale de son parcours de formation, la valeur du latin comme une langue dotée d’une noblesse de structure et de lexique, capable de promouvoir un style concis, riche, harmonieux, plein de majesté et de dignité, qui soit bénéfique à la clarté et à la gravité, apte à promouvoir toute forme de culture, l’humanitas cultus, entre les peuples.
C’est dans ce recouvrement d’une identité culturelle propre, dans cette reprise à partir de la base des motivations de la présence même de l’Eglise dans la société que se configure l’importance du latin dans le curriculum scolaire des aspirants à la prêtrise, en la libérant de toute remise en cause simpliste — ainsi qu’incorrecte et réductrice — sur sa fonctionnalité pratique et en réhabilitant son rôle de matière largement formatrice.
C’est dans cette perspective que Paul VI, dans le Motu Proprio Studia latinitatis — avec lequel il instituait l’Institut Pontifical Supérieur de Latinité au sein de l’Université Pontificale Salésienne — réaffirmait avec décision, au début même du texte, le lien étroit entre l’étude de la langue latine et la formation au sacerdoce, réaffirmant le caractère inéluctable d’une non exigua scientia du latin. »

  Celso Morga Iruzubieta

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Pour terminer mes réflexions de ce jour, je ne puis donc que vous encourager tous, clercs et laïcs, à porter une amoureuse attention au latin, qui est véritablement la langue maternelle de tous ceux qui reconnaissent pour Mère, dans l’ordre de la grâce et de la vie spirituelle, la Sainte Eglise Catholique Romaine.

patteschats Veterum SapientiaLully.

2012-16. Constitution Apostolique Veterum Sapientia.

Pour voir le texte latin officiel de cette Constitution Apostolique > ici.

JEAN, ÉVÊQUE,
SERVITEUR DES SERVITEURS DE DIEU,
POUR LA PERPÉTUELLE MÉMOIRE DE LA CHOSE

1. La sagesse des Anciens, recueillie dans la littérature des Grecs et des Romains, ainsi que les illustres enseignements des peuples de l’Antiquité, peuvent être considérés comme une aurore annonciatrice de la vérité évangélique que le Fils de Dieu, arbitre et maître de la grâce et de la doctrine, lumière et guide de l’humanité [1], est venu apporter sur la terre. Les Pères et les docteurs de l’Église ont, en effet, vu dans ces importants monuments de la littérature de l’Antiquité une certaine préparation des âmes à recevoir les richesses surnaturelles que Jésus-Christ dans l’économie de la plénitude des temps [2] a communiquées aux hommes ; il apparaît ainsi manifestement qu’avec l’avènement du christianisme rien n’a péri de ce qu’il y avait de vrai, de juste, de noble et de beau dans ce que les siècles précédents avaient produit.

2. C’est pourquoi la sainte Église a toujours eu une grande vénération pour ces monuments de sagesse, et particulièrement pour les langues grecque et latine, qui sont comme un manteau d’or de sa propre sagesse. Elle a aussi admis l’usage d’autres langues vénérables qui se sont épanouies en Orient et dont l’apport a été grand pour le progrès du genre humain et de la civilisation ; utilisées soit dans la liturgie, soit dans les versions de la Sainte Écriture, elles sont toujours en vigueur dans certaines régions, comme l’expression d’un antique usage qui n’a pas cessé de rester vivant.

3. Au milieu de cette variété de langues, il y en a une qui surpasse les autres, celle qui, née dans le Latium, est devenue ensuite un admirable instrument pour la diffusion du christianisme en Occident. Ce n’est pas sans une disposition de la providence divine que cette langue, qui pendant de nombreux siècles avait réuni une vaste fédération de peuples sous l’autorité de l’Empire romain, est devenue la langue propre du Siège apostolique [3], et que, transmise à la postérité, elle a constitué un étroit lien d’unité entre les peuples chrétiens d’Europe.
Le latin en effet, de sa nature même, convient parfaitement pour promouvoir dans tous les peuples toutes les formes de culture. En effet, il ne suscite pas de jalousies, il est impartial envers toutes les nations, il n’est le privilège d’aucune, il est accepté par toutes tel un ami. De plus, il ne faut pas oublier que le latin est empreint d’une noblesse caractéristique ; il a un style concis, varié, harmonieux, plein de majesté et de dignité [4] qui incite d’une façon inimitable à la précision et à la gravité.

4. C’est pour ces raisons que le Siège apostolique a toujours veillé jalousement à maintenir le latin, et qu’il a toujours estimé que ce splendide vêtement de la doctrine céleste et des saintes lois [5] était digne d’être utilisé dans l’exercice de son magistère, et devait également être utilisé par ses ministres. Les ecclésiastiques en effet, de quelque nationalité qu’ils soient, peuvent aisément, grâce au latin, prendre connaissance de ce qui vient du Saint-Siège, et communiquer avec celui-ci ou entre eux.
Cette langue est unie à la vie de l’Église, et sa connaissance, acquise par l’étude et l’usage, intéresse les humanités et la littérature, mais plus encore la religion [6], pour reprendre les termes de Notre prédécesseur d’immortelle mémoire, Pie XI, qui indiquait, en donnant des arguments à l’appui, trois qualités rendant cette langue particulièrement adaptée à la nature de l’Église : En effet, l’Église qui groupe en son sein toutes les nations, qui est destinée à vivre jusqu’à la consommation des siècles… a besoin de par sa nature même d’une langue universelle, définitivement fixée, qui ne soit pas une langue vulgaire [7].

5. Puisqu’il est nécessaire que toute Église s’unisse [8] à l’Église Romaine, et puisque les Souverains Pontifes ont un pouvoir vraiment épiscopal, ordinaire et immédiat sur toutes et chacune des Églises, sur tous et chacun des pasteurs et fidèles [9] de quelque rite, nationalité ou langue qu’ils soient, il semble éminemment convenable qu’il y ait un instrument de communication universel et uniforme, tout spécialement entre le Saint-Siège et les Églises de rite latin. C’est pourquoi tant les Pontifes Romains, s’ils veulent transmettre un enseignement aux peuples catholiques, que les dicastères de la Curie Romaine, s’ils ont à traiter une affaire, publier un décret intéressant tous les fidèles, utilisent toujours le latin, que d’innombrables nations écoutent comme la voix de leur mère.

6. La langue de l’Église doit non seulement être universelle, mais immuable. Si en effet les vérités de l’Église Catholique étaient confiées à certaines ou à plusieurs des langues modernes changeantes dont aucune ne fait davantage autorité que les autres, il résulterait certainement d’une telle variété que le sens de ces vérités ne serait ni suffisamment clair ni suffisamment précis pour tout le monde : et de plus, aucune langue ne pourrait servir de règle commune et stable pour juger du sens des autres. Par contre, le latin, à l’abri depuis longtemps de l’évolution que l’usage quotidien introduit généralement dans le sens des mots, doit être considéré comme fixe et immuable ; les sens nouveaux qu’ont revêtus certains mots latins pour répondre aux besoins du développement, de l’explication et de la défense de la doctrine chrétienne, sont en effet depuis longtemps stabilisés.

7. Enfin, l’Église Catholique, parce que fondée par le Christ Seigneur, surpasse de loin en dignité toutes les sociétés humaines, et il est juste qu’elle utilise une langue non pas vulgaire, mais noble et majestueuse.

8. Par ailleurs, le latin, qu’on peut à bon droit qualifier de langue catholique [10] parce que consacrée par l’usage ininterrompu qu’en a fait la chaire apostolique, mère et éducatrice de toutes les Églises, doit être considéré comme un trésor… d’un prix inestimable [11], et comme une porte qui permet à tous d’accéder directement aux vérités chrétiennes transmises depuis les temps anciens et aux documents de l’enseignement de l’Église [12] ; il est enfin un lien précieux qui relie excellemment l’Église d’aujourd’hui avec celle d’hier et avec celle de demain.

9. Il n’est personne qui puisse mettre en doute l’efficacité spéciale du latin ou de la culture humaniste pour le développement et la formation des tendres intelligences des adolescents. En effet, le latin cultive, mûrit, perfectionne les principales facultés intellectuelles et morales ; il aiguise l’intelligence et le jugement ; il rend l’esprit de l’enfant plus à même de bien comprendre toutes choses et de les estimer à leur juste valeur ; il apprend enfin à penser ou à s’exprimer avec méthode.

10. Si l’on pèse bien tous ces mérites, on comprendra facilement pourquoi les Pontifes Romains, si souvent et abondamment, ont non seulement exalté l’importance et l’excellence du latin, mais en ont prescrit l’étude et l’usage aux ministres sacrés de l’un et l’autre clergé et ont dénoncé clairement les dangers qui découleraient de son abandon.
Ces motifs très graves Nous incitent, Nous aussi, tout comme Nos prédécesseurs et des synodes provinciaux [13], à vouloir fermement Nous efforcer de promouvoir toujours davantage l’étude et l’usage de cette langue, rendue à sa dignité. De nos jours l’usage du latin est l’objet de controverses en de nombreux endroits, et en conséquence beaucoup demandent quelle est la pensée du Siège Apostolique sur ce point ; c’est pourquoi Nous avons décidé de prendre des mesures opportunes, énoncées dans ce document solennel, pour que l’usage ancien et ininterrompu de la langue latine soit maintenu pleinement, et rétabli là où il est presque tombé en désuétude.
D’ailleurs Nous croyons avoir déjà exprimé avec suffisamment de clarté Notre pensée sur ce sujet lorsque Nous avons dit à d’illustres latinistes : Beaucoup, malheureusement, sont démesurément captivés par l’extraordinaire progrès des sciences et veulent rejeter ou réduire l’étude du latin et d’autres de ce genre… C’est précisément la pression de cette nécessité qui Nous fait penser qu’il faut suivre une voie inverse. Lorsque l’esprit se pénètre plus intensément de ces choses qui conviennent hautement à la nature humaine et à sa dignité, il n’en doit que davantage acquérir ce qui fait sa culture et son ornement, pour que les pauvres mortels ne deviennent pas semblables aux machines qu’ils fabriquent : froids, durs et sans amour  [14].

11. Après avoir bien examiné et pesé toutes ces choses, dans la sûre conscience de Notre charge et de Notre autorité, Nous décidons et ordonnons ce qui suit :

§1. Les évêques et les supérieurs généraux des ordres religieux veilleront à ce que dans leurs séminaires ou leurs écoles, où des jeunes gens se préparent au sacerdoce, tous aient à cœur d’obéir à la volonté du Saint-Siège sur ce point et observent scrupuleusement Nos prescriptions ici énoncées.

§2. Ils veilleront avec une paternelle sollicitude à ce qu’aucun de leurs subordonnés, par goût de la nouveauté, n’écrive contre l’usage de la langue latine, soit dans l’enseignement des sciences sacrées, soit dans la liturgie, ou bien, par préjugé, n’atténue la volonté du Siège apostolique sur ce point ou n’en altère le sens.

§3. Comme il est dit dans le Code de droit canon (can. 1364) ou dans les prescriptions de Nos prédécesseurs, les séminaristes, avant de commencer les études proprement ecclésiastiques, doivent apprendre le latin selon des méthodes appropriées pendant un temps suffisant, avec des maîtres bien capables, pour éviter aussi cet autre inconvénient de voir les élèves, quand ils passeront aux matières supérieures, incapables, par ignorance de cette langue, de pénétrer à fond le sens de la doctrine comme de prendre part aux discussions scolastiques où s’aiguise si harmonieusement l’esprit des jeunes gens en vue de la défense de la vérité [15]. Et Nous voulons que cela s’applique également à ceux qui ont été appelés au sacerdoce à l’âge mûr après avoir fait des études classiques insuffisantes ou sans en avoir fait du tout. Personne en effet ne sera admis à faire des études de philosophie ou de théologie s’il n’est pleinement et parfaitement formé dans cette langue et s’il n’en possède l’usage.

§4. Nous voulons que là où, pour se conformer aux programmes des écoles publiques, l’étude du latin a connu un certain recul au détriment de la vraie et solide formation, l’enseignement de cette langue retrouve intégralement la place traditionnelle qui lui revient ; car chacun doit être bien persuadé que là aussi il faut maintenir religieusement le caractère propre de la formation des séminaristes, en ce qui concerne non seulement le nombre et le genre des matières, mais le temps qui est consacré à leur enseignement. Si les circonstances de temps et de lieu exigent que d’autres matières soient ajoutées à celles qui sont habituelles, on devra alors soit prolonger le cours des études, soit enseigner ces disciplines d’une façon abrégée, soit en reporter l’étude à un autre moment.

§5. Les principales disciplines sacrées, comme cela a été prescrit à plusieurs reprises, doivent être enseignées en latin, langue qui est, comme nous le montre une expérience multiséculaire, très apte à expliquer avec beaucoup de facilité et de clarté la nature intime et profonde des choses [16] ; outre qu’elle a été enrichie depuis longtemps de termes propres et bien définis permettant de défendre l’intégrité de la foi catholique, elle est en effet aussi particulièrement propre à couper court au verbiage creux. Ceux qui enseignent ces disciplines dans les universités ou dans les séminaires sont en conséquence tenus de parler latin et d’utiliser des ouvrages d’enseignement écrits en latin. Ceux qui, à cause de leur ignorance du latin, ne peuvent pas appliquer ces prescriptions, seront progressivement remplacés par des professeurs qui en sont capables. Les difficultés qui peuvent surgir de la part soit des élèves soit des professeurs, devront être surmontées tant par la ferme résolution des évêques et des supérieurs que par la bonne volonté des maîtres.

§6. Le latin est la langue vivante de l’Église. Et afin de l’adapter aux nécessités linguistiques sans cesse croissantes, en l’enrichissant donc de nouveaux termes précis et appropriés, d’une façon uniforme, universelle et correspondant au caractère propre de la vieille langue latine – ainsi que l’ont fait les Pères et les meilleurs scolastiques –  Nous ordonnons à la congrégation des Séminaires et Universités de pourvoir à la création d’une Académie de la langue latine. Cet institut, qui devra être constitué de professeurs spécialisés dans le latin et le grec, provenant des diverses parties du monde, aura pour fin principale – tout comme les diverses académies nationales destinées à développer la langue de leur pays – de veiller au progrès bien ordonné du latin, en enrichissant s’il le faut le dictionnaire latin de mots qui correspondent au caractère et à la saveur de cette langue ; il devra en même temps y avoir des écoles pour le latin de chaque époque, particulièrement de l’époque chrétienne. Dans ces écoles seront formés à une connaissance plus parfaite du latin et à son usage, à un style écrit propre et élégant, ceux qui sont destinés soit à enseigner le latin dans les séminaires et les collèges ecclésiastiques, soit à rédiger des décrets et des sentences, soit à faire la correspondance dans les dicastères du Saint-Siège, dans les curies épiscopales et dans les organismes des ordres religieux.

 §7. Le latin étant très étroitement lié au grec par sa structure et l’importance des œuvres qui nous ont été transmises, il est nécessaire que les futurs prêtres apprennent cette dernière langue dès les classes inférieures et celles de l’enseignement secondaire, ainsi que cela a été prescrit à plusieurs reprises par Nos prédécesseurs ; de sorte que lorsqu’ils arriveront à l’enseignement supérieur, particulièrement s’ils aspirent aux grades académiques en Écriture sainte ou théologie, ils soient à même de lire et de bien comprendre non seulement les sources grecques de la philosophie scolastique, mais les textes originaux de la Sainte Écriture, de la liturgie et des Pères grecs [17].

§8. Nous ordonnons de plus à cette même sacrée congrégation de préparer un programme de l’étude du latin, auquel tous devront fidèlement se conformer, et qui permettra à ceux qui le suivent d’acquérir une connaissance et une pratique convenables de cette langue. Ce programme pourra, si cela est nécessaire, être organisé d’une façon différente par les Commissions des Ordinaires, sans cependant en changer ou atténuer la nature. Cependant, avant d’appliquer ces décisions, les Ordinaires devront les soumettre à la sacrée congrégation.

12. Nous voulons et ordonnons, de par Notre autorité apostolique, que tout ce que Nous avons établi, décrété et ordonné dans cette Constitution reste définitivement ferme et arrêté, nonobstant toutes choses contraires, même dignes de mention particulière.

Donné à Rome, près de Saint-Pierre, en la fête de la Chaire de Saint Pierre Apôtre, le 22 février de l’année 1962, de Notre pontificat la quatrième.

IOANNES PP. XXIII

2012-16. Constitution Apostolique Veterum Sapientia. dans De liturgia 150px-John_23_coa.svg_-105x150

Notes :

[Note 1]   Tertull., Apol. 21 ; Migne, PL 1, 394.

[Note 2]   Eph. 1, 10.

[Note 3]   Epist. S. Congr. Stud. Vehementer sane, ad Ep. universos, 1 Iul. 1908 : Ench. Cler., n. 820. Cfr etiam Epist. Ap. Pii XI, Unigenitus Dei Filius, 19 Mar. 1924 :A.A.S. 16 (1924), 141.

[Note 4]   Pius XI, Epist. Ap. Officiorum omnium, 1 Aug. 1922 : A.A.S. 14 (1922), 452-453.

[Note 5]   Pius XI, Motu Proprio Litterarum latinarum, 20 Oct. 1924 : A.A.S. 16 (1924), 417.

[Note 6]   Pius XI, Epist. Ap. Officiorum omnium, 1 Aug. 1922 : A.A.S. 14 (1922) 452.

[Note 7]   Ibidem.

[Note 8]   S. Iren., Adv. Hær. 3, 3, 2 ; Migne, PG 7, 848.

[Note 9]   Cfr C. I. C., can. 218, § 2.

[Note 10]   Cfr Pius XI, Epist. Ap. Officiorum omnium, 1 Aug. 1922 : A.A.S. 14 (1922), 453.

[Note 11]   Pius XII, Alloc. Magis quam, 23 Nov. 1951 : A.A.S. 43 (1951) 737.

[Note 12]   Leo XIII, Epist. Encycl. Depuis le jour, 8 Sept. 1899 : Acta Leonis XIII 19 (1899) 166.

[Note 13]   Cfr Collectio Lacensis, præsertim : vol. III, 1918s. (Conc. Prov. Westmonasteriense, a. 1859) ; vol. IV, 29 (Conc. Prov. Parisiense, a. 1849) ; vol. IV, 149, 153 (Conc. Prov. Rhemense, a. 1849) ; vol. IV, 359, 361 (Conc. Prov. Avenionense, a. 1849) ; vol. IV, 394, 396 (Conc. Prov. Burdigalense, a. 1850) ; vol. V, 61 (Conc. Strigoniense, a. 1858) ; vol. V, 664 (Conc. Prov. Colocense, a. 1863) ; vol. VI, 619 (Synod. Vicariatus Suchnensis, a. 1803).

[Note 14]   Ad Conventum internat. « Ciceronianis Studiis provehendis », 7 Sept. 1959 ; in Discorsi Messaggi Colloqui del Santo Padre Giovanni XXIII, I, pp. 234-235 ; cfr etiam Alloc. ad cives diœcesis Placentinæ Romam peregrinantes habita, 15 Apr. 1959 : L’Osservatore Romano, 16 apr. 1959 ; Epist. Pater misericordiarum, 22 Aug. 1961 : A.A.S. 53 (1961), 677 ; Alloc. in sollemni auspicatione Collegii Insularum Philippinarum de Urbe habita, 7 Oct. 1961 : L’Osservatore Romano, 9-10 Oct. 1961 ; Epist. Iucunda laudatio, 8 Dec. 1961 : A.A.S. 53 (1961), 812.

[Note 15]   Pius XI, Epist. Ap. Officiorum omnium, 1 Aug. 1922 : A.A.S. 14 (1922), 453

[Note 16]   Epist. S. C. Studiorum, Vehementer sane, 1 Iul. 1908 : Ench. Cler., n. 821.

[Note 17]   Leo XII, Litt. Encycl. Providentissimus Deus, 18 Nov. 1893 : Acta Leonis XIII, 13 (1893), 342 ; Epist. Plane quidem intelligis, 20 Maii 1885, Acta, 5, 63-64 ; Pius XII, Alloc. Magis quam, 23 Sept. 1951 : A.A.S. 43 (1951), 737.

2012-14. Jean-Nicolas Stofflet.

« Il poursuivit les iniques, les cherchant de toutes part ; ceux qui troublaient son peuple, il les livra aux flammes ; et ses ennemis furent repoussés par la crainte qu’il inspirait, et tous les ouvriers d’iniquité furent troublés, et le salut fut dirigé par sa main. »
(1 Macchabées III, 5-6)

2012-14. Jean-Nicolas Stofflet. dans Lectures & relectures coeurvendeen

Fils d’un meunier, Jean-Nicolas Stofflet est né le 3 Février 1753 à Barthélémont, près de Lunéville, en Lorraine.
A l’âge de 17 ans (1770), il s’engage dans l’armée (Régiment Lorraine-Infanterie-Royale) où il arrivera au grade de caporal.
En 1786, il quitte l’armée pour entrer au service du comte de Colbert, qui fait de lui le garde-chasse de ses forêts de Maulévrier, en Anjou.

En 1789, au moment du déclenchement de la révolution, Stofflet est dans sa trente-septième année.

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Acte de baptême de Jean-Nicolas Stofflet.

Dès le début, il se trouve en total désaccord avec les principes révolutionnaires : son passé militaire, son idéal, son loyalisme envers les autorités légitimes ainsi que ses convictions religieuses font naturellement de lui un opposant au courant de folie et d’impiété qui déferle sur le Royaume. Il sera donc aux avant-postes de la résistance.

Le 13 mars 1793, il est – avec Jacques Cathelineau – le premier à prendre la tête des insurgés : commandant les hommes de Maulévrier, il attaque Vezins, puis rejoint Cathelineau pour marcher sur Cholet.
Notons au passage que Cathelineau et lui sont les seuls roturiers à être hissés au commandement des troupes vendéennes.

Aux côtés des autres généraux de la Grande Armée Catholique et Royale, il est de toutes les batailles et, en ce début de guerre, de toutes les victoires.
Son audace et sa bravoure en imposent à tous.

En octobre 1793, après la défaite de Cholet, et avec ce qui subsiste de la Grande Armée Catholique et Royale, il franchit la Loire : c’est la « virée de Galerne », où les combats se soldent par plus de défaites que de victoires.
Lorsque le marquis de Donissan et le Prince de Talmont veulent s’enfuir à Jersey, Stofflet les en dissuade.

Après la déroute du Mans, au soir du 16 Décembre 1793, les Vendéens arrivent à Ancenis. La Rochejaquelein et Stofflet parviennent à franchir le fleuve mais, les embarcations étant trop peu nombreuses, les débris de la Grande Armée Catholique et Royale restent en grande partie sur la rive droite de la Loire.
Le lendemain, Westermann – « le boucher » – arrive avec ses hussards. Assaillis par les républicains et dans l’impossibilité de traverser le fleuve, les Vendéens se dirigent vers Savenay, où ils seront impitoyablement exterminés l’avant-veille de Noël.

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En janvier 1794, le tristement fameux Turreau est nommé par la Convention commandant en chef de l’armée de l’Ouest avec la mission d’extermination systématique que l’on sait : il met en marche ses colonnes infernales qui vont tout détruire et massacrer sur leur passage.

Stofflet et La Rochejaquelein essaient de reformer l’Armée Catholique et Royale. Mais Monsieur Henri tombe, frappé d’une balle, le 28 janvier 1794.
Pour que son corps ne soit pas identifié (et, par suite, profané par les bleus), avant de l’ensevelir, Jean-Nicolas Stofflet prend la décision de le défigurer à coups de sabre et de le dépouiller de ses vêtements, en sanglotant : « J’ai perdu ce que j’avais de plus cher au monde ! »

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Jean-Nicolas Stofflet – vitrail de l’église Notre-Dame de Beaupréau.

Quatre jours plus tard, le 1er Février 1794, à la tête de seulement 1000 paysans, Stofflet attaque victorieusement l’armée républicaine près de Gesté ; le 6 février, autre victoire à Vezins et, le 7, victoire encore à Vihiers, près de Cholet.
Mais le général républicain Cordellier, commandant l’une des colonnes infernales, arrive derrière Stofflet et met en fuite les paysans.
Stofflet veut prendre sa revanche : il attaque Cordellier à Beaupréau le 14 février, mais cette fois les républicains sont les plus forts.

Le 24 février, Stofflet s’empare de Bressuire.

Jean-Nicolas est proposé comme généralissime mais, sur les conseils de l’abbé Bernier, il décline l’offre et demande plutôt la création d’un Conseil Supérieur.
Les quatre chefs présents – Stofflet, Marigny, Sapinaud et Charette - prêtent serment de se secourir mutuellement et décrètent la peine capitale pour celui qui violera ce serment.

Il a été décidé de marcher sur Saint-Florent : Marigny part chercher ses troupes. On l’attend. Il ne vient pas… Il n’arrive, avec 2000 hommes, qu’après la bataille.
Il est aussitôt déchu de son titre de général.
Le 29 Avril, un conseil de guerre présidé par Stofflet accuse Marigny d’avoir violé le serment. Le premier, Charette vote la mort ; il est suivi par vingt-deux des membres du conseil, tandis que dix autres proposent une peine moins forte.

La sentence devra être appliquée par celui des généraux qui pourra saisir le coupable. Six semaines plus tard, ce sont les chasseurs de Stofflet qui découvrent Marigny, lequel est exécutée le 10 Juillet 1794.

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La mort de Gaspard de Bernard de Marigny sonne en quelque sorte le glas de l’unité vendéenne en face des troupes républicaines : depuis des mois déjà des rivalités entre chefs sourdaient, mais désormais l’entente ne sera plus possible.

Les troupes commandées par Marigny refusent de se mettre sous les ordres de chefs qui ont mis à mort leur général et se démobilisent.
Stofflet n’est pas un chef très aimé : on lui fait grief de son caractère, facilement dur et cassant. Bien qu’il soit un excellent militaire, on lui reproche aussi de n’être que l’exécuteur des idées de l’abbé Bernier.
L’armée vendéenne n’est plus qu’une ombre alors que la province n’est pratiquement plus que cendres et décombres.
La Convention elle-même essaie de mettre fin à cette guerre : un décret d’amnistie est voté le 2 décembre 1794, le 23 des négociations sont engagées et, le jour de Noël, Charette reçoit les premiers émissaires républicains.

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Signature des accords de La Jaunaye

Le 28 janvier 1795, Stofflet demande le rétablissement du trône dans un manifeste contresigné par l’abbé Bernier.

Le 12 février, il n’est pas à La Jaunaye pour l’entrevue avec les républicains. Quatre divisionnaires de l’armée d’Anjou réclament un délai de trois jours pour faire venir Stofflet… qui n’est toujours pas arrivé le 17 : la paix est signée sans lui (accords de la Jaunaye).
Il n’arrive que le lendemain et manifeste son hostilité à l’égard des signataires.

Menacé par les armées républicaines, Stofflet marche vers la Loire et ordonne une levée, mais il n’arrive à rassembler que 3000 combattants qui se précipitent sur Saint-Florent, en vain.
Stofflet n’a plus que son camp de Maulévrier et ne peut plus s’opposer aux forces républicaines.

Le 2 mai 1795, il est contraint de signer la paix.

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Charette reprend les armes dès le mois de juin. Dans un premier temps Stofflet ne bouge pas.

Ce n’est que sept mois plus tard, à la fin janvier 1796, qu’il reprend le combat après en avoir reçu l’ordre du comte d’Artois, frère du Roi, par l’intermédiaire du chevalier de Colbert. En même temps, le chevalier lui remet la Croix de Saint-Louis et lui annonce son élévation au grade de lieutenant-général.
Le 26 Janvier 1796, il s’adresse à ses compagnons d’armes :
« Braves amis, le moment est venu de vous montrer : Dieu, le Roi, le cri de la conscience, celui de l’honneur et la voix de vos chefs vous appellent au combat. Plus de paix ni de trêve avec la république ; elle a conspiré la ruine entière du pays que vous habitez (…). Les braves soldats que, pendant deux années, j’ai conduits au combat, ne deviendront jamais républicains ; jamais le déshonneur ne flétrira les lauriers qu’ils ont moissonnés (…). »

(on trouvera le texte complet de cette déclaration > ici)

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Bon de cent livres portant la signature de Stofflet.

Hoche ordonne que 30 000 hommes passent sur le territoire d’Anjou et du Haut-Poitou (il est toutefois loin d’en avoir autant à disposition) et se met à la tête d’une colonne qu’il dirige vers Cholet.
Cependant, de leur côté, les paysans ne sont plus motivés. Après les accords de La Jaunaye, leurs prêtres ne sont plus inquiétés et peuvent célébrer le culte : pourquoi reprendre les armes?
Stofflet ne parvient à rassembler que 2 à 3000 hommes. La lutte n’est pas possible ; traqué, il doit se cacher dans la forêt de Maulévrier.

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Le 22 février, à La Saugrenière, se tient une rencontre avec des représentants des insurgés de Bretagne et de Normandie en vue d’établir une entente des divers mouvements. La réunion est interrompue par la nuit. L’abbé Bernier se retire tandis que Stofflet et ses hommes restent à dormir dans un bâtiment de ferme.
Mais les bleus ont été avertis.
Quelque 200 hommes d’infanterie et plusieurs dizaines de cavaliers cernent les bâtiments avant le lever du jour, et les insurgés sont pris.

Ligoté, dépouillé, pieds nus, Stofflet doit marcher jusqu’à Chemillé. Puis il est conduit à Angers.

Stofflet comparaît devant un conseil de guerre (voir le procès-verbal de cette comparution > ici).
Pris les armes à la main, il est condamné à mort : la sentence est exécutée à 10 h, au Champ-de-Mars, ce 25 février 1796.
Il était âgé de 43 ans et 22 jours.

Il refusa le bandeau en ces termes : « Sachez qu’un général vendéen n’a pas peur des balles ! » Puis il cria : « Vive la religion ! Vive le Roi ! » avant de tomber sous la mitraille.
Sa tête, tranchée au sabre, fut promenée dans toute la ville comme un trophée. 

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Sommet de l’obélisque érigé à la mémoire de Stofflet à l’entrée du château de Maulévrier.

Publié dans:Lectures & relectures, Memento, Vexilla Regis |on 24 février, 2012 |4 Commentaires »

2012-13. Vous avez dit bissextile?

Vendredi 24 février 2012, sixième jour avant les calendes de mars.

Vous le savez, cette année 2012 est une année bissextile – elle compte 366 jours au lieu de 365 – et c’est ce mois de février qui compte un jour de plus qu’à l’accoutumée.

A – Pourquoi une année bissextile ?

La Terre tourne autour du Soleil en 365 jours, 5 heures, 48 minutes et 45 secondes, c’est ce que l’on appelle l’année tropique.
C’est bien justement de là que vient « le problème » : La durée de l’année tropique ne constitue pas un nombre entier alors que l’année civile, elle, a un compte rond : 365 jours.
Ainsi une année de 365 jours est trop courte alors qu’une année de 366 jours est trop longue. L’année de 365 jours décale le début des saisons d’un jour tous les quatre ans et, au bout du compte, d’une année entière tous les 1500 ans!
L’institution des années bissextiles a donc été motivée par la volonté de ramener le début des saisons aux mêmes dates que celles du calendrier.
Pour cela, il faut que la moyenne des années du calendrier soit la plus proche possible de l’année tropique (l’année tropique = 365,2422 jours). 
La journée supplémentaire ajoutée au calendrier permet donc de combler le retard de presque un quart de jour pris chaque année.
Comme nous allons le voir ci-dessous, c’est Jules César qui institua les années bissextiles.

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Lyon, Primatiale Saint-Jean : cadran de l’horloge astronomique.

B – Le calendrier julien.

Notre calendrier nous vient de l’ancienne Rome.

Au départ, les anciens Romains, comme beaucoup de civilisations anciennes, avaient un calendrier lunaire, dit calendrier de Numa Pompilius (du nom du deuxième roi de Rome). Les années lunaires comptent 355 jours : douze mois de 29 jours.
Mais cette manière de compter le temps présente un désavantage évident : chaque année il y a un décalage d’un peu plus de dix jours avec le cycle solaire et progressivement les mois sont décalés par rapport aux saisons.
Pour combler le décalage, les anciens Romains avaient donc un système de « mois supplémentaire », dont la durée était variable. Ce mois supplémentaire permettait de recaler les mois lunaires sur le cycle des saisons.

En 46-45 avant Jésus-Christ, Jules César, qui n’était pas seulement dictateur (au sens latin du terme) mais aussi grand pontife de la République Romaine fit appel à l’astronome grec Sosigène d’Alexandrie afin de remédier au décalage trop important que l’on constatait entre les années solaire et civile.
Ainsi fut créée l’
année de 365 jours avec, tous les quatre ans, l’ajout d’une journée supplémentaire. De là le nom de calendrier julien (= de Jules).

L’année julienne commençait le 1er mars (mois de la première saison : le printemps). C’est la raison pour laquelle les noms actuels de nos mois ne correspondent plus à leur numérotation selon leur place dans une année civile qui commence désormais au 1er janvier : septembre était le septième mois, octobre le huitième, novembre le neuvième et décembre le dixième…

C – Le jour intercalaire de Jules.

L’année julienne est donc divisée en douze mois de 30 ou 31 jours, sauf pour le dernier mois de l’année – février – qui en contient 28 ou 29 : trois années communes de 365 jours sont suivies d’une année bissextile de 366 jours. C’était donc à la fin de l’année civile que se plaçait le réajustement sur le cycle solaire.

Or, pour ne pas heurter certaines traditions populaires tenaces, Jules César ne voulut pas que ce soit après le dernier jour de l’année « ordinaire » que fût ajouté ce jour supplémentaire.
Si l’on transpose dans notre manière actuelle de compter, il n’a pas ajouté un « 29 février » : les années bissextiles romaines se terminaient toujours par le « 28 février »!
En effet il lui apparut préférable de « doubler » le vingt-quatrième jour de février. Les années bissextiles, originellement (et selon notre manière actuelle courante de compter) ne sont pas des années où il y a un 29 février mais des années où un jour intercalaire est ajouté entre le 24 et le 25 février : il y a donc deux 24 février, ou plus exactement il y a un 24 février bis!

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Nicolas Coustou : Jules César (musée du Louvre)

D – D’où vient le mot « bissextile »?

Pourquoi donc ce nom curieux – « bissextile » – donné à ces années de 366 jours?

Les Romains, encore eux, ne désignaient pas les dates de la même façon que nous. A l’intérieur du mois, les jours étaient numérotés en fonction de trois dates repères : les calendes, les nones et les ides (les calendes c’est le nom du premier jour du mois (*), les nones sont le 5 ou le 7 selon les mois, et les ides le 13 ou le 15 selon les mois).
A partir de ces jours repères, il faut alors procéder à un compte à rebours, mais – contrairement à notre logique moderne – on comptabilise le jour repère comme le premier avant lui-même!

Ainsi, le 1er mars, est le jour des calendes de mars… et les derniers jours de février sont : le 28 février = la veille des calendes de mars (en latin : « pridie ») ; le 27 février = le troisième jour avant les calendes de mars ; le 26 février = le quatrième jour avant les calendes de mars ; le 25 février = le cinquième jour avant les calendes de mars, et le 24 février = le sixième jour avant les calendes de mars.
En latin, le 24 février s’écrit : «  
a. d. VI Kal. Mart. »,  et se dit « ante diem sextum Kalendas Martii ».
Or quand il s’agit d’une année de 366 jours où, avons-nous dit, le jour supplémentaire est intercalé entre le 24 et le 25 février, le « 24 février bis » s’écrit donc tout naturellement : « a. d. bis VI Kal. Mart. », et se dit : « ante diem bis sextum Kalendas Martii » = « le sixième jour bis avant les calendes de mars ».
M’avez-vous bien suivi?
Hé bien, c’est ce « bis sextum », auquel fut ajouté le suffixe « -ilis » qui a formé l’adjectif latin « bissextilis » = qui a deux fois un sixième jour (sous entendu : « avant les calendes de mars »), d’où vient directement notre mot « bissextile ».

Ce n’est que bien plus tard que le jour supplémentaire fut compté comme étant le 29 du mois de février, lorsque la méthode de décompte des jours latine fut remplacée par celle actuellement en vigueur.
Mais il faut noter que, selon le martyrologe romain traditionnel, la liturgie conserve cette manière antique de calculer les fêtes et donc, quand il y a une année bissextile, les fêtes qui tombent habituellement les 24, 25, 26, 27 et 28 février se trouvent décalées au jour suivant : cette année 2012, la fête de l’apôtre Saint Mathias n’est pas le 24 février mais le 25, et, dans notre diocèse de Viviers, la fête de la dédicace de la cathédrale Saint-Vincent n’est pas célébrée le 27 mais le 28 février.

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Monument de Grégoire XIII dans la basilique Vaticane.

E – Le calendrier grégorien.

Je l’ai déjà dit mais je le répète, la longueur précise de l’année terrestre est de 365,2422 jours.
Le calendrier julien, lui, a en réalité une année moyenne de 365,25 jours.
Au bout d’un certain temps, cela finit tout de même par produire un décalage : une dizaine de jours de retard en quinze siècles!

Ce retard fut corrigé par l’instauration du calendrier grégorien : en 1582, le Pape Grégoire XIII (c’est à son nom que se réfère ici l’adjectif grégorien) décida de réformer le calendrier parce que l’équinoxe de printemps en était arrivé à se trouver à la date du 11 mars!
Cela posait en particulier un problème pour le calcul de la date de Pâques (dans l’Eglise latine, la date de la fête de Pâques est calculée par rapport à un équinoxe de printemps fixé au 21 mars). Il y avait donc un décalage de 10 jours entre le calendrier julien et le début du printemps.
La réforme grégorienne du calendrier fut promulguée pour combler cet écart et l’éviter à l’avenir.
L’année 1582 fut diminuée de 10 jours : cette année-là, par décret du Souverain Pontife, on passa directement du jeudi 4 octobre au vendredi 15 octobre (c’est ainsi que Sainte Thérèse d’Avila mourut dans la nuit du 4 au 15 octobre 1582)!
Les royaumes catholiques en Italie et dans la péninsule ibérique adoptèrent cette réforme tout de suite. En France, le changement de calendrier ne se fit qu’au mois de décembre 1582 (on est passé du 9 au 20 décembre 1582) ; l
es pays de confession protestante tarderont à l’adopter (en Angleterre ce ne fut qu’en 1752 et l’on passa donc du 2 au 14 septembre 1752, car l’écart entre les calendriers avait atteint 11 jours), le baptisant « calendrier julien réformé ».
Le calendrier julien, quant à lui, est toujours utilisé par une partie de l’Eglise Orthodoxe dans le calcul des fêtes religieuses. 

La règle d’intercalation des années bissextiles fut modifiée pour supprimer trois années bissextiles tous les quatre siècles. Ainsi, les années bissextiles restent les mêmes que celles du calendrier julien, sauf trois années séculaires sur quatre, celles dont le millésime est multiple de 100 sans l’être de 400 : les années 1700, 1800, 1900 furent des années communes alors que l’an 2000 a été bissextile.
Par la réforme grégorienne, le décalage entre l’année civile et l’année tropique n’est plus que de 3 jours en 10 000 ans!

En résumé : depuis l’instauration du calendrier grégorien
1. Régle générale : les années divisibles par 4 sont bissextiles, pas les autres.
2. Exception : les années divisibles par 100 ne sont pas bissextiles.
3. Exception à l’exception : les années divisibles par 400 sont bissextiles.  

Ainsi, l’an 2000 fut bissextile grâce à la règle 3, alors que l’année 1900 n’était pas bissextile à cause de la règle 2.
Le calendrier julien qui était en cours avant le calendrier grégorien ne connaissait que la première règle.

Lully.

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La « constellation » du chat.

(*) Nota : Comme les grecs n’utilisaient pas le même système que les Romains pour désigner les jours, ils ne parlaient pas des calendes. De là vient l’expression « remettre (quelque chose) aux calendes grecques » : les calendes grecques n’existant pas, l’expression signifie repousser une chose à une date indéterminée.

2012-12. A la veille du grand carême, méditation sur la Magdeleine repentante de Georges de La Tour.

2012-12. A la veille du grand carême, méditation sur la Magdeleine repentante de Georges de La Tour. dans De liturgia 11repent-1

Georges de La Tour – la Magdeleine repentante

Point d’auréole, point d’extase, aucune emphase : juste cette femme, assise à une table, la tête appuyée sur la main droite, tandis que de la gauche elle semble caresser un crâne.
Toute la scène, noyée d’obscurité, n’est éclairée que par une chandelle que l’on devine derrière le crâne.
Devant elle, un miroir dans lequel se reflète le crâne : la femme ne regarde pas le crâne lui-même, mais ses yeux sont rivés sur son reflet dans le miroir. 

Toutefois, c’est plus encore à l’intérieur d’elle-même qu’elle donne l’impression de regarder…

Cette toile de Georges de La Tour appartient à la série des « Magdeleine » : il y a les deux « Magdeleine à la veilleuse » (l’une au Louvre et l’autre à Los Angeles), la « Magdeleine pénitente » (au Musée Métropolitain de New York) et cette « Magdeleine  repentante » (datée des années 1635-1640, probablement la plus ancienne de la série, actuellement conservée à la Galerie Nationale d’Art de Washington).
J’ignore si le titre attribué à cette oeuvre remonte à l’artiste lui-même ou s’il lui a été donné postérieurement, cependant, pour ce qui me concerne, je l’eusse plus volontiers appelée « Magdeleine pensive ».

L’enseignement délivré par cette oeuvre est simple : c’est une sorte de Memento mori (« Souviens-toi que tu vas mourir »). Sont ici représentés des éléments de ces « vanités » prisées par l’époque baroque : le miroir, le crâne, la chandelle… Ce sont les symboles de la fugacité des bonheurs terrestres, de la fragilité de notre existence, de la précarité de la beauté.

Marie, dite Magdeleine – c’est-à-dire de Magdala : Magdala était une bourgade sur la rive du lac de Tibériade où Marie possédait un domaine – , avait été délivrée de sept démons par le Seigneur Jésus-Christ (cf. Luc. VIII, 2 ; la tradition spirituelle y voit les sept péchés capitaux alors que les amateurs d’histoires croustillantes n’ont voulu se souvenir que de la luxure). Elle s’attacha aux pas de Notre-Seigneur et le suivit jusqu’au Calvaire : ainsi peut-elle être considérée comme l’une de ses plus fidèles disciples. Présente au pied de la Croix et lors de la mise au tombeau (tandis que les Apôtres, hormis Saint Jean, avaient fui), elle est aussi la première au tombeau, le matin de Pâques, la première à laquelle les Saints Evangiles nous rapportent que le Ressuscité apparut, lui donnant mission de prévenir les Apôtres. De là le titre d’Apostola Apostolorum – Apôtre des Apôtres – qui lui est décerné. Après l’Ascension, la tradition nous rapporte qu’elle évangélisa la région de Marseille avant de se retirer à la Sainte Baume où elle vécut une trentaine d’années dans la contemplation.

Le tableau de La Tour semble nous placer à l’instant charnière où la Magdeleine, bouleversée par la rencontre du Christ Sauveur, abandonne sa vie de mondaine pour se mettre à la suite de Jésus.
Le livre évoque celui des Ecritures Sacrées, le crâne renvoie bien entendu à la mort : la Parole de Dieu et la compréhension de la vanité des plaisirs terrestres se sont frayé un chemin dans le coeur de la courtisane et l’ont mise en face des enjeux éternels dont la vie d’ici-bas n’est que le prélude.

Plus de bijoux ou de produits de beauté sur cette table qui, il n’y a pas si longtemps encore, était peut-être une coiffeuse.
La chevelure déliée, la chemise entrouverte laissant l’épaule nue ne sont plus les signes des provocations de la débauche, mais indiquent plutôt qu’il y eu un moment de tempête et d’agitation, maintenant calmé. L’attitude générale rayonne d’une détermination réfléchie, apaisée.
Le miroir, attribut par excellence de la coquetterie, n’est plus là pour refléter des parures et des poses aguichantes, mais intervient comme témoin d’une vérité salutaire : ce que Magdeleine contemple dans le miroir, ce n’est plus son propre visage, mais le reflet du crâne.  Memento mori !

Regardons maintenant plus attentivement encore ce tableau ; une chose étonnante doit y être remarquée : alors que nous nous trouvons dans une position latérale par rapport à Marie-Magdeleine et par rapport au miroir – qui se font face – nous pouvons nous-mêmes voir le reflet du crâne dans la glace. Normalement, si nous voyons le crâne, Magdeleine ne le voit pas ; et si c’est elle qui le voit, c’est nous qui ne devrions pas le voir! Or la composition de l’oeuvre, avec en particulier le jeu du regard de la Magdeleine et du miroir ne laissent pas de place à l’hésitation : elle voit le crâne dans son miroir.
Car en fait l’artiste n’a pas peint la réalité telle qu’elle apparaîtrait sur une photographie : la manière dont il a représenté la scène traduit une intention. Ce que voit le spectateur dans le miroir, c’est aussi ce que voit la Magdeleine. Le spectateur est comme obligé par le peintre de se mettre à la place de la Magdeleine et à voir à travers son regard à elle.
Ce faisant, Georges de La Tour nous délivre un message particulièrement fort.

En effet, la figure évangélique de Marie-Magdeleine peut être comprise comme la représentante de l’humanité auprès du Christ : marquée par le péché, séduite par les vanités terrestres et se laissant entraîner par ses penchants désordonnés, elle est elle-aussi appelée à rencontrer le Sauveur, à être absoute de ses fautes, à Le suivre jusqu’au Calvaire afin d’avoir part à la joie de la vie nouvelle du Ressuscité!
Ainsi, à travers cette toile, Marie-Magdeleine engage-t-elle chacun de ceux qui regardent le tableau autrement que superficiellement à suivre son exemple. Nous devons, comme elle, abandonner les voies de la perdition, quitter les sentiers du péché et nous défier des faux semblants puisque le miroir, en définitive, dit toujours la vérité : à celui qui ne s’arrête pas à la surface des choses, il renvoie l’image de la mort.

Memento, homo, quia pulvis es et in pulverem reverteris : souviens-toi, ô homme, que tu es poussière et que tu retourneras en poussière!

20606276.461F9530lou-148x150 Magdeleine dans Lectures & relectures

Pour mieux connaître la figure de Sainte Marie-Magdeleine > ici.

2012-10. La place d’honneur, la place centrale, doit revenir à Jésus!

Le 15 janvier 2012, a eu lieu la quatrième « Rencontre pour l’Unité Catholique » (appelée aussi « Réunicatho », voir le site > www).

Un mois après, ce 15 février, a été publié le très intéressant texte de l’intervention de Son Excellence Monseigneur Athanasius Schneider, évêque auxiliaire de l’archidiocèse de Sainte-Marie d’Astana, et secrétaire de la Conférence des évêques catholiques du Kazakhstan.
Cet exposé était intitulé : « La nouvelle évangélisation et la sainte liturgie ». On en trouvera le texte complet ici > www, et je ne peux que vous encourager à le lire et à le relire avec la plus grande attention.
Les premiers paragraphes – paragraphes introductifs – contiennent, fort bien exprimées, des réflexions sur l’orientation de la célébration et la place du tabernacle qui ne sont finalement que de bon sens (mais le bon sens n’est pas la chose au monde la mieux partagée, surtout dans certains milieux ecclésiastiques!). J’y souscris totalement ; j’ai déjà eu l’occasion d’écrire à ce sujet (cf. > www ou encore > www), et je ne résiste pas au plaisir de reprendre ci-dessous le texte de ces quatre premiers paragraphes.

Lully.

2012-10. La place d'honneur, la place centrale, doit revenir à Jésus! dans De liturgia 591115t8qpmw0bs5

C’est Dieu, c’est Jésus Eucharistie, c’est la Croix
qui sont au centre du culte chrétien authentique. 

Extraits de l’intervention de
Monseigneur Athanasius Schneider,
intitulée « la nouvelle évangélisation et la sainte liturgie »

« Pour parler correctement de la nouvelle évangélisation il est indispensable de porter tout d’abord notre regard sur Celui qui est le véritable évangélisateur, à savoir Notre-Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, le Verbe de Dieu fait Homme. Le Fils de Dieu est venu sur cette terre pour expier et racheter le plus grand péché, le péché par excellence. Et ce péché par excellence de l’humanité consiste dans le refus d’adorer Dieu, dans le refus de Lui réserver la première place, la place d’honneur. Ce péché des hommes consiste dans le fait qu’on ne porte pas attention à Dieu, dans le fait qu’on n’a plus le sens des choses, voire des détails qui relèvent de Dieu et de l’adoration qui Lui est due, dans le fait qu’on ne veut pas voir Dieu, dans le fait qu’on ne veut pas s’agenouiller devant Dieu.

Face à une telle attitude, l’Incarnation de Dieu est gênante, gênante également et par contrecoup la Présence Réelle de Dieu dans le mystère eucharistique, gênante la centralité de la présence eucharistique de Dieu dans les églises. L’homme pécheur veut en effet se mettre au centre, tant à l’intérieur de l’église que lors de la célébration eucharistique, il veut être vu, il veut être remarqué.

C’est la raison pour laquelle Jésus Eucharistie, Dieu incarné, présent dans le tabernacle sous la forme eucharistique, on préfère Le placer sur le côté. Même la représentation du Crucifié sur la croix au milieu de l’autel lors de la célébration face au peuple est gênante, parce que le visage du prêtre s’en trouverait occulté. Donc l’image du Crucifié au centre aussi bien que Jésus Eucharistie dans le tabernacle également au centre de l’autel, sont gênants. En conséquence la croix et le tabernacle sont déplacés sur le côté. Pendant l’office, les assistants doivent pouvoir observer en permanence le visage du prêtre, et celui-ci prend plaisir à se mettre littéralement au centre de la maison de Dieu. Et si par hasard Jésus Eucharistie est quand même laissé dans son tabernacle au centre de l’autel, parce que le ministère des Monuments Historiques, même sous un régime athée, a interdit pour des raisons de conservation du patrimoine artistique de le déplacer, le prêtre, souvent tout au long de la célébration liturgique, lui tourne sans scrupules le dos.

Combien de fois de braves fidèles adorateurs du Christ, dans leur simplicité et leur humilité, se seront écriés : « Bénis soyez-vous, les Monuments Historiques! Vous nous avez au moins laissé Jésus au centre de notre église». »

Maître-autel-avant-réforme-liturgique-Copie-215x300 Athanasius Schneider dans Lectures & relectures

Basilique de Lalouvesc : le sanctuaire avant la « réforme liturgique »
un somptueux maître-autel de marbre et de bronzes dorés (anges & saints)
surélevé du sol par trois degrés
surmonté d’un ciborium couvrant la châsse et la statue de St Jean-François Régis.

lalouvesc_131100286312943200-300x294 autel

Basilique de Lalouvesc : le sanctuaire après la « réforme liturgique »
l’autel n’est plus qu’une dalle de pierre carrée sur un cylindre de pierre bouchardée
posé à même le sol.
Le tabernacle a été relégué au fond de la chapelle absidale
le reliquaire de St Régis a été mis sur le côté, tous les ornements de bronze et même les insignes de la basilique ont disparu.

Sur ce même sujet voir aussi la B.D. :
« Grindsel le séraphin se pose quelques bonnes questions », ici > www.

Grindsel-se-pose-de-bonnes-questions-001-Copie-3-Copie liturgie

2012-9. 15 février 1982 : un certain cardinal Ratzinger était appelé à demeurer à Rome pour y servir l’Eglise.

Mercredi 15 février 2012,
fête de Saint Claude de La Colombière.

Notre amie Béatrice, dans son excellent site « Benoît et moi », met en ligne aujourd’hui la traduction qu’elle a faite d’un article paru en italien dans l’Osservatore Romano de ce jour.
Cet article s’intitule « Trente ans après » parce qu’il rappelle que, jour pour jour, « il y a trente ans, le 15 Février 1982, était rendue publique la nouvelle que Jean-Paul II, allant à l’encontre du désir du cardinal Joseph Ratzinger, le déchargeait de la gouvernance pastorale du diocèse de Freising et Munich.
Le 25 novembre précédent, en effet, le cardinal allemand de 54 ans avait été nommé par le Pape comme préfet du premier dicastère de la Curie romaine, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Ainsi, après avoir conservé près de trois mois encore la direction de ce grand diocèse bavarois, en ces jours de février, Ratzinger s’installe à Rome. (…) Depuis février 1982, le cardinal allemand n’a plus jamais quitté Rome ».

2012-9. 15 février 1982 : un certain cardinal Ratzinger était appelé à demeurer à Rome pour y servir l'Eglise. dans Commentaires d'actualité & humeurs montaneros

1982 : le Cardinal Joseph Ratzinger fait ses adieux au diocèse de Munich pour s’installer à Rome
(ici avec les montagnards bavarois en costume traditionnel) 

Trente ans donc de présence à Rome pour celui qui est devenu, le 19 avril 2005, notre Saint-Père le Pape Benoît XVI.
Trente ans de présence continue et laborieuse…
Hormis toutefois pendant les courtes périodes de vacances de la Curie, qui permettaient au Cardinal Ratzinger de retourner dans sa petite maison, voisine de la ferme de Pentling : il l’avait achetée en vue de sa retraite, qu’il eût souhaitée discrète, modeste, paisible, studieuse… et accompagnée de chats!
Je vous avais parlé, in illo tempore, de la publication de cette biographie du Cardinal Ratzinger – depuis sa naissance jusqu’à son élévation au Souverain Pontificat – rédigée par Chico, le chat roux de la ferme de Pentling qui, lorsque le bon prélat revenait dans sa Bavière natale, désertait la maison de ses maîtres pour s’installer chez son grand ami Joseph (cf. > www) [1].
Moi, je l’ai toujours pensé : un prélat qui aime les chats et qui – en plus – est aimé d’eux, ne peut que faire un bon Pape! (voir aussi > www).

« Je ne le connais pas, mais ses yeux sont bons », ces paroles d’une romaine quelque jours après l’élection de Benoît XVI, citées par l’article qu’a traduit notre amie Béatrice, rejoint l’expérience de l’épouse de l’un des officiers de l’Ecole de Cavalerie de Saumur lors de la béatification du Père Charles de Foucauld (nota : en effet Frère Maximilien-Marie accompagnait la délégation de l’Ecole de Cavalerie et lui servait de guide pour les visites de Rome ;  il était aussi placé avec ces militaires – au premier rang, avec de beaux prie-dieu de velours rouge – à la cérémonie de béatification le dimanche 13 novembre 2005).
Cette jeune femme donc s’est trouvée en première ligne, sur le passage du Souverain Pontife, lorsqu’il a regagné la sacristie après la vénération des reliques du nouveau bienheureux ; le Pape lui a tendu la main, qu’elle a baisée avec ferveur en mettant genou en terre, puis elle a pu lui parler quelques instants pour recommander à sa prière un tout petit enfant malade. Elle fut bouleversée par la manière dont le Saint Père a plongé son regard dans le sien, avec une indicible expression d’attention, de bonté, de profonde compassion… « A ce moment-là, a-t-elle ensuite confié en substance à Frère Maximilien-Marie, j’ai eu l’impression certaine qu’il n’y avait en quelque sorte plus que lui et moi, qu’il prenait véritablement – au sens le plus fort que peut revêtir ce verbe prendre – cette intention douloureuse que je lui confiais, et j’ai compris à quel point c’est un père que nous avons à la tête de  notre Eglise… »

BenoîtXVI-soleil Benoît XVI dans Intentions de priere

Mais je continue ma lecture de l’article :
« Aujourd’hui, à trente ans du début de la période romaine de Joseph Ratzinger, ce doux berger qui ne recule pas devant les loups, le profil de la maturité d’un pontificat qui restera dans l’histoire se fait clair, dissolvant comme de la fumée les stéréotypes durs à mourir et contrastant avec des comportements irresponsables et indignes. Ces derniers finissent par s’imbriquer dans les clameurs des médias, inévitables et certainement pas désintéressées, mais qui doivent être utilisées comme une opportunité pour la purification de l’Eglise. 
Pape de la paix qui veut raviver la flamme de la primauté de Dieu, Benoît XVI est parfaitement cohérent avec son histoire. Une histoire marquée par une vision ample qui, pendant ces trente (années) romaines, a toujours cherché un souffle mondial et a été caractérisé par une oeuvre d’innovation et de purification poursuivie avec courage, ténacité et patience, conscient que depuis la nuit des temps, l’ennemi sème la zizanie (l’ivraie) dans le champ. 
C’est pourquoi le Pape indique sans relâche la nécessité d’un renouveau continu (Ecclesia semper reformanda [2]), rappelant que la sainteté de l’Église ne sera pas obscurcie si, à l’écoute de la vérité, elle reste proche de l’unique Seigneur ».

Oh, combien nous souscrivons à ces paroles! Et plus que jamais, rendant grâces à Dieu pour les trente années romaines de celui qui s’est soumis avec humilité et obéissance aux dispositions de la divine Providence qui contrecarrait ses projets personnels, nous redisons avec ferveur les paroles de l’ « Oremus pro Pontifice nostro » : « Que le Seigneur le garde, qu’Il le conserve en vie, qu’Il le fasse heureux sur la terre et qu’Il ne le livre pas à la merci de ses ennemis »!

Lully.

Pour lire la totalité de l’article de l’Osservatore Romano sur le site « Benoît et moi », cliquer ici > www, et si vous voulez le lire en italien, ici > www.

armes-benoit-XVI-2-93x150 cardinal Ratzinger dans Lectures & relectures

[1] A ma connaissance, le très bel album « Joseph et Chico » dont j’avais relaté la parution en octobre 2007 n’a toujours pas été traduit en français, et c’est vraiment très dommage!

[2] « Ecclesia semper reformanda » : c’est un adage qui remonte au Moyen-Age et qui signifie que l’Eglise doit toujours travailler à sa propre réforme.

2012-8. Session Santé & Bien-être.

« J’ai demandé à Frère Maximilien-Marie s’il avait totalement cessé de réaliser ces petites bandes dessinées dans la lecture desquelles j’aime bien me plonger et que je sais que beaucoup d’entre vous apprécient également…
Il m’a seulement répondu par un sourire, mais lorsque je me suis réveillé de ma sieste, il m’a tendu une feuille sans rien dire : cette feuille, je l’ai reproduite pour vous ci-dessous… et j’espère que vous ne vous contenterez pas de la lire de manière superficielle !

Bonne lecture à vous tous, chers Amis… et surtout profitez de l’invitation qui vous est faite à cette Session Santé & Bien-être! »

2012-8. Session Santé & Bien-être. dans Bandes dessinées patteschatsLully.    

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BD Session Santé & Bien-être

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- Beaucoup de personnes sont capables de soutenir de gros efforts, à l’occasion d’exercices sportifs ou de « fitness », pour obtenir une plus belle apparence physique ou pour retrouver une meilleure forme… Pourquoi donc n’en est-il pas de même lorsqu’il s’agit d’avoir une meilleure santé spirituelle et d’acquérir une plus grande beauté d’âme?

- Beaucoup de personnes consentent volontiers à des sacrifices financiers pour pouvoir participer à des sessions de bien-être et de remise en forme… Pourquoi donc, lorsque Jésus offre gratuitement une session de santé spirituelle d’une très haute qualité, rencontre-t-on si peu de réactions d’enthousiasme et de gratitude envers Lui, même parmi ceux qui prétendent être ses fidèles?

- Il y a des succursales de la maison de cure d’origine dans tous les lieux où la Sainte Eglise du Christ est établie, et la cure peut être suivie à domicile en lien avec tous les autres fidèles ; il est fortement recommandé, quand cela est possible, d’avoir un bon conseiller spirituel, prudent et avisé, afin que la cure puisse porter le meilleur de ses fruits.

- La Session Santé & Bien-être du Docteur Carême t’est ouverte, et elle t’est offerte ; ses prestations d’excellence ont puissamment contribué à « faire des saints » : ne laisse pas passer ta chance!

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coeurdejsuscopie carême dans De liturgia

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