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2012-48. Un examen de conscience pour les prêtres.

Mardi 4 septembre 2012.

2012-48. Un examen de conscience pour les prêtres. dans Commentaires d'actualité & humeurs 60pxemblemofthepapacysesvg

Dans les derniers jours du mois d’avril de cette année 2012, la Congrégation pour le Clergé - c’est-à-dire l’organisme du Saint-Siège qui est particulièrement chargé de recueillir, suggérer et promouvoir « des initiatives pour la sainteté, la mise à jour intellectuelle et pastorale du Clergé (…) et sa formation permanente », qui « veille sur les Chapitres des Cathédrales, les Conseils Pastoraux, les Conseils Presbytéraux, les paroisses, les curés et tous les clercs en ce qui concerne leur ministère pastoral, etc… » (cf. > www) – a publié un texte qui, à la date où je vous écris, n’est toujours pas disponible dans les documents de la dite Congrégation sur la page qui lui est propre dans le site internet du Saint-Siège.

Il avait été mis en ligne dès le jour de sa publication sur ZENIT (cf. > www), et – à ma connaissance – il n’a pas été répercuté par beaucoup de sites diocésains francophones.
Il a été signalé sur un certains nombres de sites d’informations indépendants des diocèses ou de la conférence épiscopale française dès sa parution (par exemple sur Chrétienté.Info > www) et a finalement été publié le 17 juin suivant dans la Documentation Catholique (cf. > www), c’est-à-dire deux jours après la date en vue de laquelle il avait été diffusé par la Congrégation pour le Clergé.

On le voit, la transmission de certains documents du Saint-Siège aux diverses instances de « l’Eglise de France » ou aux diocèses français semblent bénéficier de délais plus importants qu’aux temps où des courriers à chevaux ou des malles-poste parcouraient de mauvais chemins tout au long de la péninsule italienne, à travers les Alpes, et dans les provinces de France…

Moi qui ne suis qu’un tout petit chat, mais soucieux d’être quotidiennement au courant des nouvelles de l’Eglise Catholique Romaine et des documents authentiques qui en émanent, j’avais retenu ce texte dès le moment de sa parution.
J’attendais de percevoir les échos qu’il recevrait en France… Force m’est de constater que, quatre mois après sa publication, ce document semble totalement ignoré de la majorité de ceux qu’il concerne pourtant le plus…
Comme je ne suis pas certain que les amis du Refuge Notre-Dame de Compassion en aient tous entendu parler, je me permets donc d’en copier le texte ci-dessous.

« Mais de quoi parle donc ce texte auquel tu accordes tant d’importance? » allez-vous me dire. 
Hé bien tout simplement d’un « examen de conscience pour les prêtres ».

L’occasion de sa publication était la fête du Sacré-Coeur de Jésus (qui était cette année le vendredi 15 juin), officiellement déclarée « journée mondiale pour la sanctification des prêtres », puisque – selon la belle formule du Saint Curé d’Ars : « le sacerdoce, c’est l’amour du Coeur de Jésus ».
Au fait, dans votre paroisse ou dans votre diocèse, vous a-t-il été demandé (je n’ose pas écrire « instamment demandé ») – à l’occasion de la fête du Sacré-Coeur – d’offrir des prières et des sacrifices pour la sanctification des prêtres, pour la sanctification de vos prêtres?

Peut-être certains d’entre vous vont-ils penser : « mais nous, nous sommes des laïcs, et donc cet examen de conscience pour les prêtres ne nous concerne pas! »
Certes, s’il n’est pas demandé aux fidèles de faire leur examen de conscience sur les mêmes points que les prêtres, toutefois ce texte concerne les laïcs, et il les concerne même au plus haut point.
En effet, à travers lui, dans ce temps de confusion et de diffusion d’idées fausses, en rappelant en quoi consiste le sacerdoce et de quelle manière les prêtres vraiment catholiques doivent se comporter, le Saint-Siège rappelle aussi en même temps ce que les fidèles sont en droit d’attendre et même d’exiger d’authentiques prêtres de l’Eglise Catholique!

Ainsi, avec ce texte entre les mains, chaque fidèle peut légitimement rappeler à son curé – voire à son évêque, parce que celui-ci est avant tout un prêtre, et un prêtre dont la fonction fait une référence et un modèle pour tous ses prêtres diocésains – qu’il doit avoir pour principal souci le salut des âmes (plutôt que des actions sociales voire socialistes), qu’il ne doit pas supprimer le nombre des Messes, qu’il doit être très rigoureux dans l’observation des règles liturgiques données par le Saint-Siège, qu’il doit être fidèle à la récitation du bréviaire, qu’il doit passer du temps en oraison et être vu dans son église (ou sa cathédrale) en adoration devant le Saint Tabernacle, qu’il doit observer la chasteté promise lors de son ordination et rayonner les vertus évangéliques, qu’il doit être en pleine communion avec le Souverain Pontife et lui obéir, qu’il ne doit pas transmettre ses opinions personnelles dans les sermons mais seulement et strictement les enseignements du Magistère, qu’il doit tenir des permanences au confessionnal, qu’il doit encourager la récitation du chapelet et en donner l’exemple, qu’il doit avertir ses fidèles du danger de la damnation éternelle, qu’il doit tout faire pour que les mourants ne partent pas sans les derniers sacrements et qu’il doit veiller à ce que les défunts bénéficient du secours de Messes offertes à leur intention… etc.

Que puis-je dire d’autre pour conclure avant de vous laisser à la lecture ou à la relecture de ce texte sinon ce simple impératif : Prions!

               Lully.

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Examen de conscience pour les prêtres :

1.  « Pour eux je me consacre moi-même, pour qu’ils soient eux aussi consacrés dans la vérité» (Joan. XVII,19)
Est-ce que j’envisage sérieusement la sainteté dans mon sacerdoce? Suis je convaincu que la fécondité de mon ministère sacerdotal vient de Dieu et que, avec la grâce du Saint Esprit, je dois m’identifier au Christ et donner ma vie pour le salut du monde?

2.  « Ceci est mon corps » (Matth. XXVI,26)
Le Saint Sacrifice de la Messe est-il le centre de ma vie intérieure? Est-ce que je me prépare bien, est-ce que je célèbre avec dévotion et après, est-ce que je me recueille pour rendre grâce? La Messe constitue-t-elle le point de référence habituelle dans ma journée pour louer Dieu, le remercier de ses bienfaits, recourir à sa bienveillance et réparer pour mes péchés et pour ceux de tous les hommes?

3.   « Le zèle pour ta maison me dévore » (Joan. II,17)
Est-ce que je célèbre la Messe selon les rites et les règles établies, avec une motivation authentique, avec les livres liturgiques approuvés? Suis-je attentif  aux saintes espèces conservées dans le tabernacle, en les renouvelant périodiquement? Quel est mon soin des vases sacrés? Est-ce que je porte avec dignité tous les vêtements sacrés prescrits par l’Église, en tenant compte du fait que j’agis in persona Christi Capitis?

4.   « Demeurez dans mon amour » (Joan. XV, 9)
Est-ce que je trouve de la joie à rester devant Jésus-Christ présent au Très Saint-Sacrement, ou dans ma méditation et mon adoration silencieuse? Suis-je fidèle à la visite quotidienne au Très Saint-Sacrement? Mon trésor est-il dans le Tabernacle?

5.  « Explique-nous la parabole » (Matth. XIII, 36)
Est-ce que je fais tous les jours ma méditation avec attention, en cherchant à dépasser toute sorte de distraction qui me séparerait de Dieu, en cherchant la lumière du Seigneur que je sers? Est-ce que je médite assidûment la Sainte Écriture? Est-ce que je récite avec attention mes prières habituelles?

6.  Il faut « prier sans cesse, sans se lasser » (Luc. XVIII,1)
Est-ce que je célèbre quotidiennement la Liturgie des Heures intégralement, dignement, attentivement et avec dévotion? Suis-je fidèle à mon engagement envers le Christ en cette dimension importante de mon ministère, en priant au nom de toute l’Église?

7.  « Viens et suis-moi » (Matth. XIX, 21)
Notre-Seigneur Jésus-Christ est-il le vrai amour de ma vie? Est-ce que j’observe avec joie l’engagement de mon amour envers Dieu dans la continence du célibat? Me suis-je arrêté consciemment sur des pensées, des désirs ou ai-je commis des actes impurs? ai-je tenu des conversations inconvenantes? Me suis-je mis dans l’occasion prochaine de pécher contre la chasteté? Ai-je gardé mon regard? Ai-je été prudent dans la manière de traiter avec les diverses catégories de personnes? Ma vie témoigne-t-elle, pour les fidèles, que la pureté est quelque chose de possible, de fécond et d’heureux?

8.  « Qui es-Tu ? » (Joan. I, 20)
Dans ma conduite habituelle, est-ce que je trouve des éléments de faiblesse, de paresse, de lassitude? Mes conversations sont-elles conformes au sens humain et surnaturel qu’un prêtre doit avoir? Suis-je attentif à faire en sorte que dans ma vie ne s’introduisent pas des aspects superficiels ou frivoles? Dans toutes mes actions suis-je cohérent avec ma condition de prêtre?

9.  « Le Fils de l’homme n’a pas où poser la tête » (Matth. VIII, 20)
Est-ce que j’aime la pauvreté chrétienne? Est-ce que je repose mon coeur en Dieu et suis-je détaché, intérieurement, de tout le reste? Suis-je disposé à renoncer, pour mieux servir Dieu, à mes commodités actuelles, à mes projets personnels, à mes affections légitimes? Est-ce que je possède des choses superflues, ai-je fait des frais inutiles ou est-ce que je me laisse prendre par l’anxiété des biens de consommation? Est-ce que je fais mon possible pour vivre les instants de repos et de congé en présence de Dieu, en me rappelant que je suis prêtre toujours et partout, même en ces instants?

10.  « Tu as tenu cachées ces choses aux savants et aux intelligents et tu les as révélées aux petits » (Matth. XI, 25)
Y a-t-il dans ma vie des péchés d’orgueil : des difficultés intérieures, des susceptibilités, de l’irritation, de la résistance à pardonner, une tendance au découragement, etc.? Est-ce que je demande à Dieu la vertu de l’humilité?

11.  « Et aussitôt il en sortit du sang et de l’eau » (Joan. XIX, 34)
Ai-je la conviction que, en agissant « dans la personne du Christ », je suis directement impliqué dans le Corps même du Christ, l’Église? Puis-je dire sincèrement que j’aime l’Église et que je sers avec joie sa croissance, ses causes, chacun de ses membres, toute l’humanité?

12.  « Tu es Pierre » (Matth. XVI, 18)
Nihil sine Episcopo – rien sans l’Évêque – disait Saint Ignace d’Antioche : ces paroles sont-elles à la base de mon ministère sacerdotal? Ai-je reçu docilement des commandements, des conseils ou des corrections de mon Ordinaire? Est-ce que je prie spécialement pour le Saint-Père, en pleine union avec ses enseignements et ses intentions?

13.  « Aimez-vous les uns les autres » (Joan. XIII, 34)
Me suis-je comporté avec mes frères prêtres avec une charité empressée ou, au contraire, me suis-je désintéressé d’eux par égoïsme, apathie ou insouciance? Ai-je critiqué mes frères dans le sacerdoce? Ai-je été auprès de ceux qui souffrent physiquement ou moralement? Est-ce que je vis la fraternité pour que personne ne soit seul? Est-ce que je traite tous mes frères prêtres et aussi les fidèles laïcs avec la même charité et la même patience que le Christ?

14.  « Je suis le chemin, la vérité et la vie » (Joan. XIV, 6)
Est-ce que je connais en profondeur les enseignements de l’Église? Est ce que je les assimile et les transmets fidèlement? Suis-je conscient du fait qu’enseigner ce qui ne correspond pas au Magistère, tant solennel qu’ordinaire, constitue un grave abus, qui comporte des dommages pour les âmes?

15.  « Va et dorénavant ne pèche plus » (Joan. VIII, 11)
L’annonce de la Parole de Dieu conduit les fidèles aux sacrements. Est-ce que je me confesse régulièrement et fréquemment, conformément à mon état et aux choses saintes que je traite? Est-ce que je célèbre avec générosité le Sacrement de la Réconciliation? Suis-je largement disponible à la direction spirituelle des fidèles en y dédiant un temps particulier? Est-ce que je prépare avec soin la prédication et la catéchèse? Est-ce que je prêche avec zèle et amour de Dieu?

16. « Il appela à lui ceux qu’il voulut et ils vinrent à lui » (Marc. III, 13)
Suis-je attentif à percevoir les germes de vocation au sacerdoce et à la vie consacrée? Est-ce que je me préoccupe de répandre parmi tous les fidèles une plus grande conscience de l’appel universel à la sainteté? Est-ce que je demande aux fidèles de prier pour les vocations et pour la sanctification du clergé?

17.  « Le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi mais pour servir » (Matth. XX, 28)
Ai-je cherché à me donner aux autres dans le quotidien, en servant évangéliquement? Est-ce que je manifeste la charité du Seigneur même à travers les oeuvres? Vois-je dans la Croix la présence de Jésus-Christ et le triomphe de l’amour? Est-ce que mon quotidien est caractérisé par l’esprit de service? Est-ce que je considère que l’exercice de l’autorité liée à mon office est aussi une forme indispensable de service?

18.  « J’ai soif » (Joan. XIX, 28)
Ai-je prié et me suis-je sacrifié vraiment et avec générosité pour les âmes que Dieu m’a confiées? Est-ce que j’accomplis mes devoirs pastoraux? Ai-je de la sollicitude aussi pour les âmes des fidèles défunts?

19.  « Voici ton fils ! Voici ta mère ! » (Joan. XIX, 26-27)
Fais-je recours, plein d’espérance, à la Sainte Vierge, la Mère des prêtres, pour aimer et faire aimer davantage son Fils Jésus? Est-ce que je cultive la piété mariale? Est-ce que je réserve un temps tous les jours pour le Saint Rosaire? Est-ce que j’ai recours à Sa maternelle intercession dans la lutte contre le démon, la concupiscence et l’esprit du monde?

20.  « Père, entre tes mains je remets mon esprit » (Luc. XXIII. 44)
Suis-je prompt pour assister et administrer les sacrements aux moribonds? Est-ce que je considère dans ma méditation personnelle, dans ma catéchèse et ma prédication ordinaire la doctrine de l’Église sur les fins dernières? Est-ce que je demande la grâce de la persévérance finale et invite les fidèles à en faire autant? Est-ce que j’offre fréquemment, et avec dévotion, les suffrages pour les âmes des défunts?

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Prière pour la sanctification du clergé, composée par le vénérable Pie XII > www.

2012-46. Les trois conversions de Saint Augustin.

Mardi 28 août 2012,
fête de notre glorieux Père Saint Augustin.

L’attachement de notre Saint-Père le Pape Benoît XVI à la figure et aux enseignements de Saint Augustin est bien connu.
Dans ce modeste blogue, nous avions déjà publié l’intégralité des textes des cinq catéchèses des audiences générales que le Souverain Pontife avait consacrées à la présentation de la personne et de la pensée du « Docteur de la Grâce », au début de l’année 2008 (cf. > ici ; ici et ici), ainsi que la catéchèse du mercredi 25 août 2010 au cours de laquelle le Pape avait à nouveau insisté sur l’actualité de son exemple pour les hommes en quête d’authentique profondeur spirituelle (cf. > ici).

Le 22 avril 2007, Sa Sainteté s’était rendue en visite pastorale à Pavie (Italie), ville dans laquelle sont conservées et honorées les reliques de saint Augustin.
En cette occasion, Benoît XVI évoqua bien évidemment la figure de l’illustre évêque d’Hippone. La totalité de ses interventions peut être retrouvée sur le site du Saint-Siège > ici.
Je vous propose de reprendre quelques points importants des enseignements du Pape donnés à cette occasion, car ils n’ont rien perdu de leur pertinence ni de leur actualité.

2012-46. Les trois conversions de Saint Augustin. dans De liturgia ago3

Pavie, dimanche 22 avril 2007 :
Sa Sainteté le Pape Benoît XVI se recueille devant les reliques de Saint Augustin.

Ainsi à l’occasion des vêpres célébrées dans la basilique San Pietro in Ciel d’Oro, le Saint-Père déclarait qu’il voulait « vénérer la dépouille mortelle de saint Augustin, en expression d’hommage de la part de toute l’Église catholique à l’un de ses Pères les plus importants, et aussi en expression personnelle de ma dévotion et de ma reconnaissance envers celui qui joua un si  grand rôle dans ma vie de théologien et de pasteur, et même, dirais-je dans ma vie d’homme et de prêtre ».

Cependant, c’est principalement dans l’homélie qu’il prononça au cours de la célébration de la sainte Messe dominicale de ce 22 avril que le Souverain Pontife s’est attaché à esquisser le portrait spirituel de saint Augustin, insistant sur les trois étapes de sa conversion.
Si son baptême pendant la sainte Nuit de Pâques de l’an 387 fut l’étape décisive, son cheminement ne fut pas terminé : « Comme elle l’avait été avant le baptême, la vie d’Augustin après le baptême (…) resta un chemin de conversion, jusqu’à l’ultime maladie quand il fit placarder sur le mur les psaumes de la pénitence, pour les avoir perpétuellement sous les yeux ; quand il se priva de la réception de l’eucharistie pour suivre encore une fois la voie pénitentielle et recevoir le salut des mains du Christ en don de miséricorde divine ».
Il paraît donc légitime de parler au pluriel des « conversions » de Saint Augustin. On peut y distinguer trois étapes principales, marquées par un degré nouveau d’approfondissement de l’humilité.

1. « La première et fondamentale conversion fut le cheminement intérieur vers le christianisme, vers le oui de la foi et du baptême » disait Benoît XVI.
Ce qui caractérise cette étape, c’est la passion  de la vérité, « mot-clef de sa vie », ainsi que la découverte du Verbe fait chair, vérité méconnue des philosophes platoniciens. La foi chrétienne consiste dans le consentement à l’humilité de Dieu.
Tirant la leçon  de cette première conversion, Benoît XVI ajoutait : « Il n’est pas possible d’expliciter ici combien tout cela nous concerne : demeurer des personnes en recherche, ne pas se contenter de ce que tous font et disent. Ne pas détacher le regard du Dieu éternel et de Jésus-Christ. Toujours ré-apprendre l’humilité de la foi dans l’Église corps de Jésus-Christ ».

2. La deuxième conversion de Saint Augustin correspond, en 391, à l’appel à « devenir pasteur d’âmes », l’obligeant à s’adapter au petit peuple d’Hippone. L’intellectuel dut se changer en humble prédicateur de la foi, se faisant tout à tous.
Saint Augustin décrit ainsi cette étape : « Plié sous le poids de mes péchés et le fardeau de ma misère, j’avais délibéré dans mon cœur et presque résolu de fuir au désert ; mais tu m’en as empêché, me rassurant par cette parole : ‘Le Christ est mort  pour tous, afin que ceux qui vivent ne vivent plus à eux-mêmes, mais à celui qui est mort pour eux’ (2 Co 5, 15) » (Confessions X, 43, 70).
Il sera désormais prêtre, et bientôt évêque au service de l’Église dans la ville d’Hippone, jusqu’à sa mort en 430, consacrant toutes ses forces à l’annonce de Jésus-Christ, un « lourd fardeau, une peine sans fin » (Sermon 339, 4).

3. « Il y a  encore une troisième étape décisive  sur le chemin de la conversion de saint Augustin », étape qui a résidé dans la découverte de l’appel à la perfection dont il avait célébré l’idéal dès le début de son ministère.
Mais, sur ce point, il a dû corriger sa manière de concevoir la perfection chrétienne : dans son livre intitulé Rétractations, il a écrit : « Depuis lors, j’ai compris qu’un seul est vraiment parfait (…) : Jésus-Christ ».
L’idéal de la perfection ne peut être atteint et réalisé qu’en Jésus-Christ, et en Lui seul, et il consiste à s’engager dans la voie de l’humilité.

Récapitulant les trois degrés d’humilité, Benoît XVI précisait ainsi sa pensée :
« Augustin avait appris un dernier degré d’humilité, pas seulement  l’humilité d’insérer sa profonde pensée dans la foi de l’Église, pas seulement l’humilité de traduire son grand savoir dans la simplicité de l’annonce, mais encore l’humilité de reconnaître que, à lui comme à toute l’Église pérégrinante, la bonté d’un Dieu qui pardonne est nécessaire ; et que nous, ajoutait-il
(il = Saint Augustin), nous nous faisons semblables au Christ, le Parfait, dans toute la mesure du possible, lorsque nous devenons comme lui des personnes de miséricorde ».

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Pavie, basilique de San Pietro in Ciel d’Oro : exposition des reliques de Saint Augustin.

Dans une autre intervention au cours de ce même pèlerinage, lors de sa rencontre avec les représentants du monde de la culture, Benoît XVI a développé un autre thème qui lui est particulièrement cher : le dialogue entre la raison et la foi, dont Saint Augustin nous offre un modèle tout à fait exemplaire.

Le Saint Père déclarait : « Le parcours existentiel et intellectuel d’Augustin  est de témoigner de l’interaction féconde entre foi et culture. Saint Augustin était un homme animé par un désir insatiable de trouver la vérité, de trouver ce qu’est la vie, de savoir comment vivre, de connaître l’homme. Et c’est justement à cause de sa passion pour l’homme qu’il a nécessairement cherché Dieu, car c’est seulement dans la lumière de Dieu que la grandeur de l’homme, la beauté et l’aventure d’être homme peuvent aussi apparaître pleinement (…).
Ainsi la foi dans le Christ n’a pas posé de limites à sa philosophie, à son audace intellectuelle (…).
C’était là sa philosophie : savoir vivre, avec toute la raison, avec toute la profondeur de sa pensée, de notre volonté, et se laisser guider sur le chemin de la vérité, qui est un chemin de courage, d’humilité, de purification permanente. La foi dans le Christ a donné son accomplissement à toute la recherche d’Augustin ».

Blason-Augustins Benoît XVI dans Nos amis les Saints

Blason de l’Ordre de Saint Augustin

Prière au Saint-Esprit tirée des oeuvres de Saint Augustin > ici.
Sermon de Saint Augustin sur l’obligation de faire pénitence > ici.

2012-45. De Notre-Dame de Pradelles, à l’occasion du cinquième centenaire de la découverte de sa statue miraculeuse.

Mercredi 22 août 2012, 
fête du Coeur immaculé de Marie.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

En ce beau jour octave de l’Assomption, marqué par la célébration de la fête du Coeur immaculé de Marie, j’ai résolu de vous faire découvrir un beau et ancien pèlerinage en l’honneur de notre Mère céleste : le sanctuaire de Notre-Dame de Pradelles, qui commémore, en cette année 2012, le cinquième centenaire de la découverte de la statue miraculeuse autour de laquelle s’est développé le pèlerinage.

Dans l’après-midi du 15 août dernier, Frère Maximilien-Marie s’y est rendu et a participé à la procession traditionnelle, qui s’est déroulée dans les ruelles de la cité médiévale, derrière Nos Seigneurs Hippolyte Simon, archevêque de Clermont et vice-président de la Conférence des Evêques de France, et Claude Feidt, archevêque émérite d’Aix-en-Provence et Arles.

2012-45. De Notre-Dame de Pradelles, à l'occasion du cinquième centenaire de la découverte de sa statue miraculeuse. dans De Maria numquam satis pradelles-1-300x90

Le village de Pradelles (cliquer sur l’image pour la voir en plus grand)

La petite ville de Pradelles, classée parmi les « plus beaux villages de France », bâtie à quelque 1145m d’altitude sur une éminence d’où elle domine la haute vallée de l’Allier, est aujourd’hui située dans le département de la Haute-Loire, aux confins du Vivarais, du Velay et du Gévaudan.
Historiquement, la cité appartient au Vivarais : Pradelles était le siège d’une officialité de l’ancien diocèse de Viviers qui s’étendait sur 27 paroisses alentour.
La cité a donné naissance, le 7 juin 1738, au Bienheureux Jean-Antoine-Hyacinthe Bouchareinc de Chaumeils, prêtre, vicaire général du diocèse de Viviers, martyrisé aux Carmes (Paris) le 2 septembre 1792 (cf. > www).

PRADELLES-43-Copie 500ème anniversaire dans Lectures & relectures

Trois demi-vols d’argent sur champ d’azur (blason de Pradelles)

En l’an 1512, est située la découverte de la statue de la Vierge.
Fortuitement, alors qu’il voulait relever un mur écroulé et qu’il creusait pour lui préparer de solides fondations, un hospitalier de la communauté de l’hôpital (cet hôpital était sis à l’extérieur des murailles de la ville et faisait fonction de maladrerie pour les pestiférés et les lépreux) découvrit un coffre enterré.
Dans ce coffre se trouvait une statue de la Vierge à l’Enfant…

D’où venait cette statue? Comment s’était-elle trouvée là? Pour quelles raisons avait-elle été ainsi enterrée? Nul ne peut le dire.
Les historiens n’ont pas d’autres documents que celui du récit de sa découverte, mis par écrit quelque 160 ans après l’évènement.

découverte-statue-2-175x300 Notre-Dame de Pradelles dans Memento

Vitrail représentant la découverte de la statue de N.D. de Pradelles (cliquer pour voir en grand)

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Plaque apposée à l’emplacement de la découverte de la statue.

La statue fut installée dans la petite chapelle de l’hôpital et la dévotion envers elle fut d’abord assez modeste et discrète.
Mais dans la deuxième moitié de ce XVIème siècle, marqué par les terribles guerres civiles dites de religion, quelques faits prodigieux attirèrent l’attention sur la statue et entraînèrent le développement  de son culte.

- En 1562, une première intervention fut jugée miraculeuse : une bande de pillards huguenots fut mise en déroute par une lueur aveuglante.

- En 1577, une épidémie de peste (qui aurait fait quelque 1200 victimes dans la contrée) fut éradiquée par le recours à Notre-Dame.

- En 1586, la peste encore s’abattit sur la région. Des étudiants en médecine appelés pour combattre l’épidémie ne trouvèrent rien de mieux que de nettoyer la ville par le feu : Pradelles fut livrée aux flammes!
Un seul quartier fut inexplicablement épargné, celui de la basse ville, autour du sanctuaire de la Madone. On vit là un signe manifeste de la protection de Marie.

- Deux ans plus tard, en mars 1588, Pradelles fut menacée par les troupes d’un chef huguenot réputé pour sa cruauté et ses exactions, Jacques de Chambaud (+ 1600).
A l’aube du 10 mars 1588, les redoutables soldats de Chambaud réussirent à faire sauter l’une des portes de la cité et ils criaient déjà « ville prise! », lorsqu’une femme, Jeanne La Verde dite la Verdette, leur répondit en patois : « pancaro! » (pas encore) en faisant tomber une énorme pierre du haut des remparts.
Cette pierre tomba sur le casque de Chambaud et, si elle ne le tua pas, elle le blessa néanmoins : les huguenots paniqués s’enfuirent et la ville fut sauvée.
Les Pradelains attribuèrent ce sauvetage, outre au courage de l’héroïne, à la protection de Notre-Dame.
A partir de ce jour, furent fondées une sainte messe d’action de grâces et une procession au jour anniversaire de cette délivrance : j’ignore si elles sont toujours célébrées en ce temps, mais j’ai vu, dans mes lectures, qu’elles l’étaient encore au début des « années 70  » du XXème siècle.

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Porte de la Verdette où Jacques de Chambaud fut mis en déroute par le courage de Jeanne La Verde
(cliquer sur la photo pour la voir en grand)

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Plaque et bas-relief commémoratifs du haut-fait de Jeanne La Verde, dite la Verdette
(cliquer pour voir en plus grand format) 

En 1610, les dominicains fondèrent une communauté à Pradelles et reçurent la charge de la chapelle de Notre-Dame : celle-ci étant petite et vétuste, il fut décidé qu’on la reconstruirait.
La première pierre fut posée le 8 mai 1613 et sans doute fut elle ouverte au culte au cours de l’année 1614.

Tout au long des XVIIème et XVIIIème siècles on a recueilli de nombreux témoignages de grâces extraordinaires, physiques et spirituelles, reçues par l’intercession de Notre-Dame de Pradelles.

L’un des miracles les plus certains obtenus grâce à l’intercession de Notre-Dame de Pradelles fut la guérison de la Bienheureuse Marie Rivier (1768-1838), qui fondera la congrégation des Soeurs de la Présentation de Marie en pleine tourmente révolutionnaire.
La petite Marie, née en 1768 à Montpezat, avait été, à l’âge d’un an et demi, victime d’une chute qui l’avait laissée infirme mais dont elle avait été miraculeusement guérie.
En 1777, dans sa neuvième année, elle se retrouva à nouveau gravement handicapée à la suite d’une seconde chute, et elle ne pouvait plus se déplacer sans deux lourdes béquilles.
La mère de la future bienheureuse résolut de faire sur la jambe de la jeune infirme des onctions avec de l’huile prélevée dans la lampe qui brûlait jour et nuit devant la statue de Notre-Dame de Pradelles : ces onctions quotidiennes étaient bien sûr accompagnées de ferventes prières. Elles furent pratiquées pendant une quinzaine de jours…
Le 15 août, sur les injonctions de l’un de ses oncles, Marie se leva sans ses béquilles et put marcher jusqu’à l’église.
La Bienheureuse Marie Rivier gardera toute sa vie une très grande confiance en l’intercession de Notre-Dame de Pradelles et, en plus d’une circonstance difficile, elle viendra à pied pour la supplier et lui recommander ses intentions.

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La Bienheureuse Marie Rivier, fondatrice des Soeurs de la Présentation de Marie,
miraculée de Notre-Dame de Pradelles. 

Les horreurs sacrilèges de la grande révolution n’épargnèrent pas Pradelles.
Le 27 juin 1793, les terroristes révolutionnaires voulurent faire un grand bûcher avec les « hochets du fanatisme et de la superstition ». Entendez par là les objets du culte et de la dévotion catholiques.
Ils arrachèrent la statue miraculeuse de la Madone à son autel et la jetèrent dans le brasier qu’ils avaient allumé sur la place.
Mais avant qu’elle n’ait pu être entièrement consummée, un homme plein de foi et de courage l’arracha aux flammes et s’enfuit en courant.
Sur l’un des murs du sanctuaire, un tableau (malheureusement très abîmé) perpétue le souvenir de ce sauvetage héroïque.

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27 juin 1793 : la statue miraculeuse de Notre-Dame de Pradelles est sauvée des flammes par un fidèle héroïque
(cliquer sur l’image pour la voir en plus grand) 

La statue de Notre-Dame de Pradelles, quoique gravement endommagée, était sauvée. Elle fut pieusement conservée dans la clandestinité jusqu’en 1802.
Grossièrement restaurée, elle fut d’abord placée dans l’église paroissiale, puis – dès qu’elle put être rendue au culte – dans sa chapelle de la basse ville… où elle est toujours.

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Sur le cliché ci-dessus, vous pouvez voir la statue de Notre-Dame de Pradelles telle qu’elle avait été rendue au culte après une réparation maladroite effectuée pendant le temps de la révolution où elle avait été gardée dans la clandestinité : cela avait consisté en fait à scier les parties brûlées par le bûcher de 1793 et à les remplacer par des pièces de pin plus ou moins bien ajustées aux parties préservées.

En 2001-2002 une restauration complète et sérieuse, rendue indispensable en raison de la grande vétusté de la vénérable statue a été menée à bien.
Voici la même Madone que ci-dessus, maintenant restaurée mais qu’il n’est plus permis de manipuler car elle reste très fragile :

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En outre il en a été réalisé une copie qui restitue les parties manquantes. C’est celle qui est habituellement exposée sur l’autel de la chapelle.
Cette restitution permet de comprendre que la statue originelle avait toutes les caractéristiques de ces antiques Vierges en majesté (certains historiens émettent même l’hypothèse que cela ait pu être une « Vierge Noire » à l’origine) que l’on trouve en si grand nombre en Auvergne et dans les provinces avoisinantes : Rouergue, Gévaudan, Vivarais, Velay, Forez, Lyonnais et Bourgogne…
Voici la photo qui a été prise par Frère Maximilien-Marie le 15 août dernier :

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Il existe une autre copie, un peu plus ancienne et beaucoup moins précise.
En réalité, seules les têtes de la Vierge et de l’Enfant y sont véritablement sculptées ; le corps de la statue est seulement ébauché parce que, en fait, elle a été réalisée pour ne paraître que recouverte de riches robes et parures.
C’est celle que l’on aperçoit ci-dessous, à droite dans le sanctuaire de la chapelle, prête à être portée dans la procession du 15 août :

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La statue miraculeuse de Notre-Dame de Pradelles a été solennellement couronnée le 18 juillet 1869 au nom de Sa Sainteté le Pape Pie IX au cours de cérémonies somptueuses.

Tout au long du XIXème siècle, et encore dans la première partie du XXème siècle, le sanctuaire fut très vivant et on compte de nombreuses grâces de protection, de guérison, de cessation d’épidémies… etc., sans compter les grâces spirituelles.
En revanche, la seconde moitié du XXème siècle avec ses mutations sociales et ses errements ecclésiastiques (et bien que cette contrée garde une piété traditionnelle assez solidement enracinée) a, ici aussi, entraîné une certaine désaffection religieuse dont le sanctuaire a grandement pâti tant spirituellement que matériellement.

La chapelle de Notre-Dame de Pradelles nécessite de gros travaux de restauration. Une grosse partie a déjà pu être menée à bien grâce à la diligence et aux efforts conjoints d’une association, de l’évêché et des pouvoirs publics, mais il y a encore beaucoup à faire.
Souhaitons que cette rénovation s’accompagne d’un profond renouveau spirituel et d’une restauration du grand élan de ferveur et de piété qui a parcouru les XVIIème, XVIIIème et XIXème siècles.

Lully

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Pradelles : la procession du 15 août 2012 dans les ruelles médiévales
(cliquer sur la photo pour la voir en plus grand) 

Prière traditionnelle à Notre-Dame de Pradelles :

Je vous salue, Reine de la Montagne, aimable et puissante Protectrice, Notre-Dame de Pradelles.

O Marie, Vierge pleine de bonté, de charmes et de douceur, vous avez partout droit à mes hommages, mais il m’est doux de vous les offrir dans ce Sanctuaire, aux pieds de cette image auguste et vénérée, de cette statue couronnée que vous avez rendue célèbre par tant de prodiges.

Ici, vous avez répandu vos grâces sur la région, sur la ville, sur une multitude de pèlerins qui, depuis plusieurs siècles, viennent invoquer votre secours. Vous avez béni les pécheurs, consolé les affligés. Soyez notre Mère à tous;

En récompense de toutes vos bontés, recevez l’offrande de mon pauvre coeur ; gardez-le et ne me le rendez plus. Si le monde ou les passions me le réclament, je répondrai : Mon coeur n’est plus à moi, mon coeur est à Marie!

Lorsque viendra l’heure du dernier combat, soyez à mes côtés ; venez, ô tendre Mère, recueillir le dernier soupir de votre enfant.

Ainsi soit-il! 

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Photo ancienne de Notre-Dame de Pradelles avec sa robe d’apparat
(cliquer sur la photo pour la voir en plus grand) 

2012-36. Vous avez dit « républicain » ?

2012-36. Vous avez dit
Samedi 19 mai 2012.

Le magazine « Le Point » (horresco referensa publié ce 17 mai une chronique intitulée « Mais qui donc n’est pas républicain? »dont voici les premières lignes :

« En France, le mot « républicain » est employé ces derniers temps à toutes les sauces (…) Tout est « républicain ». Le comportement, les passations des pouvoirs, les dépôts de gerbes sur la tombe du soldat inconnu. Le fait de dire bonjour, de se serrer la main, de demander des nouvelles des enfants, de se sourire, de ne pas s’insulter d’emblée. Que des hommes politiques qui se sont côtoyés sur les bancs de l’Assemblée, parfois sur les bancs des mêmes écoles, souvent dans les mêmes cercles ou les mêmes restaurants, fassent preuve de la plus élémentaire courtoisie, et ils doivent presque s’en excuser. Voulant à tout prix échapper au mortel soupçon de connivence, ils éprouvent le besoin de s’abriter derrière le sacro-saint viatique : « républicain ». Si votre voisin ne vote pas comme vous, mais si vous le saluez dans l’escalier, sachez donc que, vous aussi, vous accomplissez un acte « républicain ». Comme ce bon monsieur Jourdain faisait de la prose en l’ignorant… » (suite de l’article > ici).

Arrivé sur cet article par les hasards d’une recherche, les sus-citées réflexions m’ont « amusé » parce qu’elles rejoignaient tout-à-fait les observations que je m’étais intérieurement faites en entendant les commentaires des journalistes, spécialement tous ces derniers jours, après les élections pestilentielles et les prétendus changements dont elles seraient la cause.

Il n’y a d’ailleurs pas que le mot républicain qui connaisse ce développement.
Le mot « citoyen », qui est normalement un substantif mais se retrouve utilisé comme adjectif, a subi des emplois véritablement hypertrophiés depuis déjà longtemps pour signifier à peu près la même chose.

En bref, « républicain » et « citoyen » semblent être devenus les incontournables synonymes (et substituts) des adjectifs « courtois », « respectueux », « affable » ou simplement « poli », parfois encore « responsable » ou « mature »… Et je ne parle pas des adjectifs « urbain » ou « civil », dont l’acception semble aujourd’hui singulièrement réduite : je ne suis pas certain d’être compris par la majorité de nos contemporains si je dis que j’ai rencontré Monsieur Untel, qu’il est venu me saluer d’un air fort civil et s’est montré très urbain dans la conversation!

Je ne suis pas loin de penser qu’il y a derrière l’emploi pléthorique des adjectifs « républicain » et « citoyen » une intention cachée, dont les journalistes qui les utilisent à satiété ne sont pas nécessairement totalement conscients.

Nous savons tous (qu’on se souvienne de la manière dont G. Orwell l’a mis en évidence dans son célèbre roman  1984) combien le langage est non seulement le véhicule de la pensée, mais encore combien il la conditionne et la façonne.
Les mots servent les processus de manipulation idéologique.

Le procédé ne date pas d’aujourd’hui ; il a déjà été largement utilisé à l’époque de la sinistre révolution, mais il a pris une ampleur jamais égalée du fait de l’omniprésence et de la toute puissance des « média ».

Est finalement qualifié de « républicain » ou de « citoyen » tout ce qui est bon, beau, louable, exemplaire, qui fait montre de comportement responsable et qui est le signe d’une attitude respectueuse (ou « tolérante »)…

Ainsi est inoculée l’idée que la république serait associée à toutes les vertus sociales et, a contrario, que tout comportement irrespectueux, toute attitude irresponsable, toute forme d’intolérance et tout défaut d’exemplarité – qui ne sont ni « républicains », ni « citoyens » – sont les vices consubstantiels à tout autre régime que la république, unique et obligée « mère éducatrice » de vertu sociale.

Ainsi encore, les hommes politiques qui veulent susciter de nobles et généreux élans dans le coeur de leurs auditeurs ressassent-ils sans cesse l’expression « les valeurs de la république », sans se donner jamais la peine de les définir : la manipulation du langage que j’ai précédemment signalée leur épargne cette peine.

Lors donc que vous vous présentez comme royaliste ou monarchiste, vous suscitez des réactions spontanées d’effroi ou de scandale : n’étant pas républicain, vous devez obligatoirement être un monstre irresponsable, un apologue de l’intolérance, un sectateur des plus extrêmes doctrines politiques d’oppression et de répression, un représentant des dictatures les plus inhumaines, une personne incapable d’écoute et de politesse, un individu plein de mépris pour le peuple, un énergumène viscéralement dangereux pour la société…
Il y a quelque 220 ans de cela, si vous n’adhériez pas aux idées républicaines et citoyennes, deux adjectifs servaient couramment à vous qualifier : fanatique et aristocrate.
Dès lors qu’ils avaient été prononcés, ces deux mots vous octroyaient le privilège d’être dénoncé sans preuve, jugé sans respect des procédures les plus élémentaires, condamné avant la moindre instruction, exécuté sans qu’il soit nécessaire de justifier en rien votre mort.

Prenez garde, mes amis! Si vous n’êtes pas dans le moule « républicain » et « citoyen », je ne donne pas cher de vous !

Certes, actuellement, l’infernale machine du bon docteur Guillotin n’est pas (du moins pas encore) dressée à votre intention, mais on a tellement d’autres moyens à disposition pour vous exécuter socialement, pour vous assassiner dans votre honneur et votre réputation, pour vous mettre à mort dans l’esprit de vos contemporains…
La liberté, l’égalité et la fraternité ne sont pas destinées à tous : elles ne sont accordées (et encore cela reste-t-il très théorique) qu’à ceux qui ont accepté la lobotomisation idéologique républicaine !

patteschats citoyen dans Commentaires d'actualité & humeursLully.

si tu ne vas pas à la république...

2012-35. Lucifer, « ange tutélaire » de la république maçonnique.

Le soir de l’élection de François Hollande, ce 6 mai 2012, comme cela avait eu lieu au soir de l’élection de François Mitterrand en 1981, et comme elle le fait à l’occasion de beaucoup de manifestations, la « gauche républicaine » a organisé un « rassemblement festif » à la Bastille, au pied de la colonne de juillet.

Le nom de la Bastille évoque spontanément l’évènement (il serait plus juste de dire le non-évènement, puisque la vérité historique a été travestie puis montée en épingle dans la mythologie révolutionnaire) du 14 juillet 1789, dont l’anniversaire – au moyen d’un tour de passe-passe législatif – est devenu la fête nationale officielle en France.
Je dis « tour de passe-passe législatif » parce que, en effet, la loi instituant le 14 juillet comme fête nationale de la république ne fait officiellement pas référence à ce qui s’est passé le 14 juillet 1789 et prétend célébrer l’anniversaire de la fête de la fédération, le 14 juillet 1790… mais la fête de la fédération entendait marquer le premier anniversaire de la prétendue prise de la Bastille.

Toutefois, il faut se souvenir que la colonne de juillet, érigée au milieu de la place de la Bastille, ne célèbre pas à proprement parler l’évènement du 14 juillet 1789, mais les trois journées de révolution parisienne de la fin juillet 1830, appelées « trois glorieuses » par la mythologie républicaine, journées qui mirent fin au règne de Charles X : dernier Roi de la branche aînée à avoir effectivement régné sur la France, dernier de nos Rois à avoir reçu l’onction sacrée de Reims.

Les dépouilles des révolutionnaires morts lors de ces funestes journées de juillet 1830 furent amenées sous cette colonne. Après les révolutions de 1848, y furent ajoutées les dépouilles des révolutionnaires morts cette année-là, et la deuxième république fut proclamée à ses pieds.

Il est tout à fait instructif de bien comprendre que ceux qui ont élevé ce monument à la Bastille, lieu qui ne fut le théâtre d’aucun évènement décisif dans la révolution de 1830, ont voulu par là – en quelque sorte – unir les deux révolutions, celle de 1789 et celle de 1830, dans une même « glorification » : ils ont voulu montrer la continuité entre les évènements de 1789 et ceux de 1830.

Au sommet de cette colonne de juillet, se trouve une grande statue dorée, oeuvre d’Augustin Dumont, représentant un être d’apparence humaine : nu, ailé, portant une étoile au dessus de la tête, il tient des chaînes brisées dans la main gauche et, de sa main droite, il élève un flambeau allumé ; il court (sa jambe droite est levée et seule la pointe de son pied gauche touche terre) au-dessus d’un globe.
La statue tourne le dos à l’est et donne donc l’impression de courir à grande vitesse en direction de l’ouest.

Tous ces détails ne sont pas insignifiants : on peut même dire qu’ils sont particulièrement bien étudiés et qu’ils sont revêtus d’un symbolisme qu’il nous faut savoir interpréter

2012-35. Lucifer,

Cette statue est couramment appelée « génie de la liberté ».
Mais en réalité, il nous faut voir en elle la représentation de celui dont on peut dire qu’il est l’ange tutélaire de la république : Lucifer.

Nous avons donc ici une représentation d’homme ailé : c’est la manière traditionnelle de représenter les anges.
Nous savons qu’il n’y a pas que des « bons anges ». Les démons eux-aussi sont des anges, des anges qui se sont détournés de Dieu. Même s’ils se sont pervertis, ils ont conservé leur nature angélique.

Cet ange brandit un flambeau et porte une étoile au dessus de la tête : il s’agit bien de Lucifer dont le nom signifie « porte-lumière » (de « lux, lucis » = la lumière, et du verbe « fero » = je porte).

Lorsqu’il est écrit sans majuscule, le mot lucifer désigne « l’étoile (annonciatrice) du matin ». C’est ainsi que nous chantons dans le psaume CIX, aux vêpres des dimanches et des principales fêtes : « Tecum principium in die virtutis tuae in splendoribus sanctorum : ex utero ante luciferum genui te! A Toi est la primauté au jour de ta puissance dans les splendeurs des saints : de mon sein je T’ai engendré avant l’étoile du matin ». Ce verset – où c’est le Père éternel qui parle – célèbre la génération éternelle du Verbe de Dieu, avant toute créature.

Lorsqu’il est écrit avec une majuscule, le nom de Lucifer peut désigner deux personnes :

1) En tout premier lieu, et très légitimement, c’est l’un des noms du Christ, Verbe éternel de Dieu – « Lumen de Lumine, Lumière (née) de (la) Lumière » – qui apporte aux hommes la pleine lumière de la Révélation divine.
Certaines antiques hymnes liturgiques du matin chantent le Christ en rappelant : « Tu verus mundi lucifer… C’est Vous qui êtes pour le monde la véritable étoile du matin… »

2) Mais par une sorte d’extension, le nom de Lucifer (et c’est même ce à quoi l’on pense spontanément quand on entend ce nom) a été donné à celui qui était originellement le plus beau et le plus élevé de tous les anges de Dieu.
Le nom donné aux anges est la traduction de la « fonction » qu’ils exercent dans le plan divin : ce nom christique revenait au plus beau des anges parce que, à l’origine, il était celui au travers duquel la lumière divine resplendissait le plus, celui par lequel la lumière de Dieu était communiquée aux autres anges (St Denys l’Aréopagyte et St Thomas d’Aquin – pour ne citer qu’eux – expliquent que dans le monde angélique les dons et les grâces de Dieu descendent en « cascade » à travers les créatures les plus parfaites vers celles qui ont une moindre perfection).

Mais, nous le savons, l’ange Lucifer s’est malheureusement détourné de la lumière divine. Bien qu’ayant conservé son nom propre des origines, il est devenu l’ange des ténèbres : Satan (mot qui signifie « l’adversaire ») ou encore diable, démon …etc.

C’est ainsi que le nom de Lucifer devient aussi dès lors le signe de ce péché d’orgueil par lequel il a voulu s’élever au-dessus de Dieu et s’attribuer à lui-même cette lumière de gloire qu’il en recevait à l’origine.

Un passage du prophète Isaïe (XIV, 14-15) décrit le péché et la chute de Lucifer :
« Comment es-tu tombé du ciel, Lucifer, qui dès le matin te levais?
« Comment as-tu été renversé sur la terre, toi qui faisais des blessures aux nations?
« Qui disais dans ton coeur : je monterai au ciel, au-dessus des astres de Dieu j’élèverai mon trône ; je siègerai sur les montagnes de l’Alliance, aux côtés de l’aquilon! Je monterai sur la hauteur des nuées, je serai semblable au Très-Haut! »
« Mais cependant tu seras traîné dans l’enfer, au fond de l’abîme… »

Une statue de la cathédrale de Liège peut être montrée ici comme une illustration de ce texte du prophète : elle représente Lucifer, ange déchu, dont la couronne de prince céleste est tombée à terre, le sceptre brisé (il n’en tient plus qu’une moitié à la main et l’autre moitié, qui git à ses pieds, côtoie le fruit défendu de l’arbre du paradis terrestre qu’il proposera à Eve), et – comme dans la statue de la colonne de juillet – il porte des ailes et des chaînes (mais ici les ailes, symbolisant sa nature angélique, sont des ailes comparables à celles des chauve-souris et sont repliées, et les chaînes le retiennent captif).

Lucifer enchaïné - cathédrale de Liège - Guillaume Geefs 1848

Lucifer enchaîné
Oeuvre de Guillaume Geefs – 1848 – cathédrale de Liège

J’ai déjà eu l’occasion de l’écrire, la franc-maçonnerie, lorsqu’elle évoque « dieu » ne fait pas référence au Dieu de la Révélation chrétienne.
Je renvoie à ce que j’ai déjà publié sur ce sujet et spécialement à la citation de ce “grand commandeur” américain, Albert Pike, qui déclara en juillet 1889 : “Lucifer, le Dieu de la Lumière et le Dieu du Bien, lutte pour l’humanité contre Adonaï, le Dieu de l’obscurité et du mal” ! (cf > www)

La statue qui surmonte la colonne de juillet illustre parfaitement cette lutte entre le « dieu maçonnique » et le Dieu de la Révélation : ce porte-lumière, ce Lucifer qui trône au centre de la place de la Bastille tourne le dos à l’orient, tourne le dos au soleil levant.
« Orient » est l’un des noms messianiques de Notre-Seigneur Jésus-Christ (cf. par exemple la cinquième des grandes antiennes « O » précédant Noël > www).
La liturgie de l’Eglise est « orientée », c’est-à-dire qu’elle est célébrée en direction du soleil levant, qui symbolise le Christ ressuscité, vainqueur des ténèbres, et elle manifeste aussi de la sorte l’attente du retour glorieux de ce même Jésus-Christ (cf. « 
comme l’éclair qui part de l’orient et brille jusqu’à l’occident ainsi sera l’avènement du Fils de l’homme », Matth. XXIV,27).

En revanche, l’occident, lieu du soleil couchant, symbolise l’éloignement de la lumière et la sujétion à l’emprise des ténèbres : chaque fois que la nuit tombe, l’Eglise dans sa liturgie prie d’une manière spéciale pour être délivrée de l’empire du mal et protégée des attaques du démon.

Ainsi est-il particulièrement significatif que le « génie de la liberté », tournant le dos à l’orient, brandisse un flambeau (ces fameuses « lumières » inspiratrices de la révolution qui sont le fondement des doctrines de la Franc-Maçonnerie) en se hâtant vers l’occident, vers le lieu où disparaît le soleil, le couchant qui marque le commencement du règne des ténèbres : les chaînes qu’il brise sont celles de l’obéissance à Dieu et à ses saintes lois ; la liberté qu’il promet est celle d’être, à sa suite, « comme des dieux » c’est-à-dire que chacun devienne à lui-même l’unique norme du bien et du mal sans référence à la Révélation.

Il est donc tout à fait éclairant de bien comprendre pourquoi la « gauche », les révolutionnaires et tous ceux qui veulent célébrer les « valeurs de la république » semblent mettre un acharnement quasi obsessionnel à se rassembler sur cette place de la Bastille, au pied de ce « génie de la liberté » qui n’est autre que Lucifer, l’ange déchu, l’ange des ténèbres.

De la même manière que les chrétiens se rassemblent autour de la Croix ou au pied du Saint-Sacrement, ceux qui se réclament de l’héritage de la révolution tiennent à manifester leur appartenance quasi religieuse à l’anti-Révélation chrétienne : car la véritable « religion », la « religion » exclusive de la république en France, c’est la maçonnerie, et la maçonnerie – nous l’avons dit – vénère Lucifer comme son « dieu »!

Lully.

Voir aussi
le caractère fondamentalement anti-chrétien de la république française > ici.

nika colonne de juillet dans Lectures & relectures

2012-29. Actualité du Comte de Chambord.

A chaque fois que sont organisées des élections républicaines, il semble opportun de publier et de republier – quand bien même cela paraît insistant – ce texte d’une importance fondamentale.
Ces lignes se passent de tout commentaire : elles sont claires et limpides ; leur argumentation est irréfragable, que pourrait-on y ajouter?
… Si ce n’est que la France, notre France, la France de Clovis, de Charles le Grand, de Hugues Capet, de Saint Louis, de Henri IV, de Louis XIV, de Louis XVI et de Henri V a par dessus tout et plus que jamais besoin de la prière et des sacrifices généreux des véritables fidèles.

Tout le reste n’est le plus souvent que gesticulations stériles et grotesques.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

2012-29. Actualité du Comte de Chambord. dans Commentaires d'actualité & humeurs PalazzoDucale_comteChambord

Henri comte de Chambord, de jure Henri V

« Il est des positions où il faut se résigner à subir quelques inconvénients pour en éviter de plus grands encore, et savoir sacrifier ce qui peut paraître l’utilité du moment à l’utilité permanente et véritable…
Ayons foi en nos doctrines, en nos traditions. Le sentiment moral est notre condition d’existence et notre force, ne l’abdiquons pas. C’est ce qui fait notre valeur aux yeux du pays, et c’est ce qui ramènera le pays vers nous, lorsqu’il sera rendu à la liberté et à lui -même. Telle que je la comprends l’abstention (lors des consultations électorales) n’est pas un défaut d’affirmation ; elle est au contraire une affirmation et une protestation éclatante. C’est s’affirmer, c’est protester que de dire au pouvoir : les royalistes ne veulent pas se prêter à vos mensonges ; ils ne veulent pas avoir l’air de prendre au sérieux vos prétendues institutions ; ils ne veulent pas, en acceptant une lutte trop inégale, ajouter l’apparence d’une opposition vaincue à votre facile triomphe…
Croyez-le bien : lorsque le moment sera venu, l’abstention d’aujourd’hui deviendra pour les royalistes un titre et une recommandation de plus devant leurs concitoyens…
Mais j’en suis convaincu, la protestation incessante par l’abstention publique, telle est la vraie mission des royalistes, sous un régime monstrueux qui semble contrarier à plaisir les instincts et les besoins de la France, qui remplace le sentiment moral par le cynisme, la liberté par l’intimidation électorale… »

Henri, comte de Chambord –  22 septembre 1861.

 abstention dans Lectures & relectures

2012-27. Non, ce n’est pas le même Dieu!

Souvent, de plus en plus souvent, on entend dire – et parfois par des prêtres (voire des évêques!) – que chrétiens et musulmans ont « le même Dieu ».
En réalité, le fait que deux religions affirment l’une et l’autre l’existence d’un Dieu unique ne signifie absolument pas que ce soit le même Dieu qui soit adoré par l’une et par l’autre. De même que le fait qu’une religion née sept siècles après l’autre fasse des emprunts aux références de la première, ne signifie pas non plus que cette seconde religion participe à la révélation dont a bénéficié la première!
L’esprit de relativisme qui règne en nos temps, les graves défauts de formation intellectuelle et dogmatique que l’on déplore en Occident, conjugués avec l’action subversive des médias et des hérésiarques de tout poil qui entretiennent la confusion, tendent à endormir la méfiance des chrétiens et leur faire accepter l’inacceptable.
Nous avons demandé à notre amie Marie-Magdeleine, convertie de l’islam, de nous exprimer par écrit ses réactions quand elle entend dire que chrétiens et musulmans ont le même Dieu : qu’elle soit remerciée très chaleureusement de l’avoir fait.

Lully.                        

2012-27. Non, ce n'est pas le même Dieu! dans Commentaires d'actualité & humeurs 01_nolim-300x271

« J’ai cherché celui que mon coeur aime. Je l’ai saisi, je ne le lâcherai pas. » ( Cant III, 1.4)

« Quand j’étais musulmane, je croyais que musulmans et chrétiens avaient le même Dieu parce que Dieu est unique.
En lisant la Sainte Bible et en assistant à la messe (par curiosité), le doute s’est vite installé : Dieu = Allah ?

Suite à plusieurs évènements survenus dans ma vie, j’ai demandé le baptême. Au catéchuménat, en écoutant les explications de l’abbé sur la Sainte Trinité et la divinité de Jésus, je me suis rendue compte que musulmans et chrétiens n’ont pas du tout le même Dieu et qu’Allah ne peut être Dieu.

Des chrétiens aussi croient que c’est le même Dieu : c’est une hérésie ! Ce n’est pourtant pas difficile à comprendre quand on croit à la Sainte Trinité ! Est-ce parce qu’ils n’ont aucune connaissance de l’islam ? Ou pour avoir la paix ? Si un chrétien croit que musulmans et chrétiens ont le même Dieu – et il y a même des prêtres qui le disent, ce qui me choque profondément - c’est grave, car alors ils ignorent la divinité de Jésus !!!

Les musulmans ne reconnaissent pas la Sainte Trinité, ni la divinité de Jésus, ils refusent d’admettre que Jésus est Fils de Dieu. Allah « ni il n’engendre, ni il est engendré ».
La foi de tous les chrétiens repose sur la Trinité. Le mystère de la Très Sainte Trinité est le mystère central de la foi et de la vie chrétienne. Dieu seul peut nous en donner la connaissance en se révélant comme Père, Fils et Saint-Esprit. L’Incarnation du Fils de Dieu révèle que Dieu est le Père éternel, et que le Fils est consubstantiel au Père, Il est en Lui et avec Lui le même Dieu unique.
« La foi catholique consiste en ceci : vénérer un seul Dieu dans la Trinité, et la Trinité dans l’unité, sans confondre les Personnes ni les séparer » (cf. Symbole de Saint Athanase > www).

La foi des musulmans : un Dieu unique et son messager, le « prophète » Mohammed (un « prophète » qui n’a en aucune manière mené une vie sainte !).
Les musulmans ne croient pas à l’Incarnation, ni au don du Saint-Esprit.

« Le Verbe de Dieu fait homme », cette phrase m’a bouleversée.
La foi en l’Incarnation véritable du Fils de Dieu est le signe distinctif de la foi chrétienne. Sans perdre la nature divine, Il a assumé la nature humaine (ce qui est blasphème pour les musulmans).
Jésus-Christ est vrai Dieu et vrai homme. Il est l’unique médiateur entre Dieu et les hommes. Le Fils de Dieu a travaillé avec des mains d’homme, Il a pensé avec une intelligence d’homme, Il a agi avec une volonté d’homme, Il a aimé avec un coeur d’homme. Né de la Vierge Marie, Il est vraiment devenu l’un de nous, en tout semblable à nous, hormis le péché.
Mais le Dieu des musulmans, « Allah », est inconnaissable !

« Issa » (Jésus) dans le coran, est-il Jésus de la Bible ?
Marie du coran est-elle Marie de la Bible ? Je renvoie aux études et publications du Père Edouard-Marie Gallez (et par exemple ici > www).
Si c’est la même Marie, pourquoi ne la reconnaissent-ils pas Mère de Dieu (alors qu’ils reconnaissent qu’elle a enfanté en demeurant vierge) ? Pour les musulmans, Marie n’est pas « la servante du Seigneur », alors je me demande pourquoi la Sainte Vierge a accepté d’enfanter cet enfant ? Pourquoi Il a été « conçu du Saint-Esprit et est né de la Vierge Marie, si ce n’est pas Dieu qui vient à nous » ? La Vierge Marie, « le fruit le plus excellent de la rédemption », a « coopéré au salut des hommes avec sa foi et son obéissance libre », elle a prononcé son oui « au nom de toute la nature humaine ».
Si Marie du coran n’est pas Mère de Dieu, nous ne pouvons avoir le même Dieu !

Dieu peut-Il envoyer Son Fils et puis Mohammed ?
Dieu peut-Il avoir deux paroles, comme les pécheurs ?
Dieu ne serait-Il pas sûr ? Dieu peut-Il se tromper ? Changer d’avis ? Non !
Et si Mohammed a été envoyé après jésus, alors à quoi a servi la mort et la rédemption de Jésus ?

Dans le christianisme, un Dieu d’amour qui pardonne, et en islam Allah, un « dieu » de haine qui punit, châtie et a déjà destiné des hommes pour l’enfer… Notre Dieu n’a créé personne pour aller en enfer.

Allah, un « dieu » qui permet à l’homme quatre femmes (et pourquoi pas une demi douzaines?) ! Heureusement que nous sommes différents des animaux! Merci, Seigneur, pour le sacrement de mariage!

Notre Dieu n’a pas créé le mal, le « dieu » des musulmans a créé le mal.

Il faut voir la vidéo de l’abbé Pagès « appel aux musulmans modérés » (cf. > www).

« Nul ne peut aller au père que par Moi », par ce verset, je comprends aussi que musulmans et chrétiens n’ont pas le même Dieu. Pour aller au Père, il faut passer par Jésus, et les musulmans ne passent pas par Jésus, ne reconnaissent pas sa divinité.

Je partage avec vous ce passage que j’ai trouvé dans le « Dictionnaire de la réplique » (publié par le Centre Henri et André Charlier aux éditions Godefroy de Bouillon), sous la signature A.D.V. : « Le coran est le « Verbe fait livre », la vérité, non pas incarnée, à la différence du christianisme, mais imprimée de sorte que ce n’est pas Mohammed qui est l’équivalent de Jésus, mais – toute proportion gardée – le coran lui-même. »

                        Marie-Magdeleine.

nika

2012-25. « Le temps de la souffrance et de l’épreuve, s’il est vécu avec le Christ, avec foi en Lui, renferme déjà la lumière de la Résurrection… »

Paroles prononcées par notre Saint-Père le Pape Benoît XVI
à l’issue du Chemin de Croix au Colisée
ce Vendredi Saint 6 avril 2012. 

Crucifix chapelle Rome

Chers frères et sœurs,

Nous avons rappelé, dans la méditation, dans la prière et dans le chant, le parcours de Jésus sur le chemin de la Croix : un chemin qui semblait sans issue et qui au contraire a changé la vie et l’histoire de l’homme, a ouvert le passage vers les « cieux nouveaux et la terre nouvelle » (cf. Apoc. XXI, 1). Spécialement en ce jour du Vendredi Saint, l’Église célèbre, avec une intime adhésion spirituelle, la mémoire de la mort en croix du Fils de Dieu, et dans sa Croix elle voit l’arbre de la vie, fécond d’une nouvelle espérance.

L’expérience de la souffrance marque l’humanité, marque aussi la famille ; combien de fois le chemin se fait éprouvant et difficile ! Incompréhensions, divisions, préoccupation pour l’avenir des enfants, maladies, difficultés de toutes sortes. En notre temps, ensuite, la situation de nombreuses familles est aggravée par la précarité du travail et par les autres conséquences négatives provoquées par la crise économique. Le chemin de la Via Crucis, que nous avons spirituellement parcouru à nouveau ce soir, est une invitation pour nous tous, et spécialement pour les familles, à contempler le Christ crucifié pour avoir la force d’aller au-delà des difficultés. La Croix de Jésus est le signe suprême de l’amour de Dieu pour chaque homme, c’est la réponse surabondante au besoin qu’a chaque personne d’être aimée. Quand nous sommes dans l’épreuve, quand nos familles doivent affronter la souffrance, la détresse, regardons vers la Croix du Christ : là nous trouvons le courage pour continuer à marcher ; là nous pouvons répéter, avec une ferme espérance, les paroles de saint Paul : « Qui pourra nous séparer de l’amour du Christ? la détresse? l’angoisse? la persécution? la faim? le dénuement? le danger? le supplice?…Oui, en tout cela nous sommes les grands vainqueurs grâce à celui qui nous a aimés » (Rom. VIII, 35.37).

Dans les malheurs et dans les difficultés nous ne sommes pas seuls ; la famille n’est pas seule : Jésus est présent avec son amour, il la soutient de sa grâce et lui donne l’énergie pour aller de l’avant, pour affronter les sacrifices et pour surmonter les obstacles. Et c’est à cet amour du Christ que nous devons nous adresser quand les déviations humaines et les difficultés risquent de blesser l’unité de notre vie et de la famille. Le mystère de la passion, mort et résurrection du Christ encourage à aller de l’avant avec espérance : le temps de la souffrance et de l’épreuve, s’il est vécu avec le Christ, avec foi en lui, renferme déjà la lumière de la résurrection, la vie nouvelle du monde ressuscité, la pâque de chaque homme qui croit à sa Parole.

Dans cet Homme crucifié, qui est le Fils de Dieu, la mort elle-même aussi acquiert un nouveau sens et une nouvelle orientation, elle est rachetée et vaincue, elle est un passage vers la nouvelle vie : « Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il donne beaucoup de fruit » (Jn 12, 24). Confions-nous à la Mère du Christ. Elle qui a accompagné son Fils sur le chemin douloureux, elle qui était au pied de la Croix à l’heure de sa mort, elle qui a encouragé l’Église à sa naissance pour qu’elle vive en présence du Seigneur, qu’elle conduise nos cœurs, les cœurs de toutes les familles à travers le vaste mysterium passionis vers le mysterium paschale, vers cette lumière qui déborde de la Résurrection du Christ et montre la victoire définitive de l’amour, de la joie, de la vie, sur le mal, sur la souffrance, sur la mort. Amen.

2012-25.

2012-21. « Les vrais rationalistes sont les chrétiens ».

Notre fidèle amie Marie-Christine Ceruti-Cendrier, professeur titulaire à la faculté de théologie de l’université d’état de Minsk (Biélorussie), qui avait déjà publié – en 1997, chez Téqui – un excellent livre, dont nous ne cessons de recommander la lecture, intitulé « Les Evangiles sont des reportages n’en déplaise à certains »

2012-21.

… vient de faire paraître un nouvel ouvrage d’apologétique que nous nous empressons de vous signaler et qui a cette fois pour titre : « Les vrais rationalistes sont les chrétiens ».
Je ne peux mieux faire que de vous recopier ci-dessous avec son aimable autorisation la présentation qu’elle a rédigée elle-même de ce livre dont elle nous a écrit : «  Je prie pour que ce livre aide la foi des gens qui le liront. En fait c’est le fruit de recherches qui ont débuté quand j’étais étudiante… »
Qu’elle soit ici chaleureusement remerciée pour son patient travail et son zèle à défendre la foi divinement révélée contre les attaques innombrables et les erreurs de nos temps troublés.

Lully.

livre000 anti-christianisme dans Lectures & relectures

« Rationalistes » un nom usurpé.
Ce livre démontre par les mathématiques, la physique, l’astronomie, la biologie… que la raison ne se trouve pas du côté de ceux qui s’obstinent à vouloir que le hasard soit rationnel. Il explique par quelles mystifications les pseudo-rationalistes sont parvenus à faire croire que l’athéisme est cohérent et à forcer les Chrétiens eux-mêmes à se persuader que leur foi est étrangère à la raison.

En effet la question qui se pose aujourd’hui n’est plus pourquoi l’humanité a-t-elle créé la religion, par quel processus l’idée d’une divinité a-t-elle pu germer et/ou comment se fait-il que le Christianisme se soit développé, mais plutôt comment l’athéisme peut-il bien s’expliquer, comment une telle obstination en fait obscurantiste pour nier l’évidence est-elle possible.
Les sciences de la nature, chacune de son côté, en se développant, buttent devant l’impossibilité logique de l’absence d’une intelligence extérieure au monde, sur la nécessité d’un début de l’univers, sur une complexité du vivant inexplicable par le hasard, sur l’omniprésence d’une information qui n’a rien de matériel, sur des lois physiques qui sont justement des lois, sur des mathématiques qui se permettent de se présenter comme extérieures à la volonté de l’homme, sur une terre, une galaxie, un univers qui apparaissent comme un immense mécanisme organisé pour permettre la vie.
Et en face de cela nous trouvons des efforts désespérés et quelque peu pitoyables pour essayer de gommer ces difficultés. Tout y passe, la panspermie, le multivers, le hasard, la sélection (qui ne peut sélectionner que ce qui existe déjà, pis qui ne peut sélectionner le meilleur qu’en vertu d’un choix de valeur, surtout quand il s’agit de matière inanimée, mais même dans le cas du vivant – pourquoi la vie serait-elle préférable à la mort ou au néant si ce n’est à cause d’une loi, d’une loi préexistante?), la divinisation de la nature qui prend la forme d’une certaine écologie et qui n’est qu’un panthéisme déguisé, l’affirmation divertissante que les organismes vivants ne sont que bricolage – avec des broutilles d’exemples qui ne servent à démontrer que notre ignorance.
Evidemment le brouillage de pistes et la loi du silence sont fort en vogue aussi. Quand la connaissance scientifique devient trop explicite en faveur d’une existence dont on ne veut pas, on s’arrange pour qu’elle ne perce pas.

Et quand ce n’est pas suffisant la fureur prend place. Une fureur relevant d’un déséquilibre affectif, nerveux et certainement pas rationnel, bien surprenante chez ceux qui s’affirment comme détenant le monopole de la rationalité justement;

Avant d’aborder l’examen du mécanisme intérieur psychologique qui porte à ces conséquences étranges, il ne sera pas mauvais d’évaluer les arguments avoués ou plutôt brandis extérieurement et officiellement pour rejeter la valeur rationnelle du Christianisme.
Le Christianisme a-t-il été source d’ignorance et d’obscurantisme et dans ce cas comment se fait-il que ce sont les pays de vieille culture catholique qui sont aujourd’hui les leaders de la science et du progrès?
De la morale chrétienne et de la morale athée, statistiques en main, laquelle bloque-t-elle davantage l’évolution positive de la société et de l’individu?
Comment se fait-il que la religion la plus persécutée dans le temps et l’espace tienne encore debout si elle est aussi irrationnelle qu’on le prétend?

En effet c’est sur ces arguments-là qu’on essaie de tuer le Christianisme.
Les vraies raisons de cette volonté de carnage ne peuvent pas être avancées. La guerre psychologique a besoin de s’appuyer sur des motifs rationnels en non psychiques voire pathologiques. Le Christianisme est présenté comme un amas de croyances subjectives, émotionnelles, et fanatiques.
Il est temps de renverser les rôles… et de nous poser la question :
Le Christianisme est-il irrationnel ou est-il l’entité qui, plus que toutes les autres, a défendu et promu la valeur de la raison?

Marie-Christine Ceruti-Cendrier.

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Dominique Martin-Morin éditeur – février 2012

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