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2007-42. A propos de « Spe salvi »… Un commentaire d’Antonio Socci.

Ce que signifie la très belle encyclique de Benoît XVI sur l’espérance.

Article d’Antonio Socci paru dans le journal « Libero » du 1er décembre 2007

(article envoyé en italien par un ami résidant à Bologne, et traduit par nos soins).

 » Une bombe! C’est la nouvelle encyclique de Benoît XVI « Spe salvi » où il n’y a pas la moindre citation du concile (choix d’une signification énorme), où il est finalement parlé de l’Enfer, du Paradis et du Purgatoire (et même de l’Antéchrist à travers une citation de Kant), où les horreurs sont appelées par leur nom (par exemple « communisme », qu’il fut interdit de citer et de condamner au concile), où au lieu de faire de l’œil aux puissants de ce monde est retenu le poignant témoignage des martyrs chrétiens, les victimes, où est balayée au loin la rhétorique des « religions » en affirmant qu’il y a un seul Sauveur, où Marie est désignée comme « Etoile d’espérance » et où il est montré que la confiance aveugle dans le (seul) progrès et dans la (seule) science conduit au désastre et au désespoir.

Du concile, Benoît XVI ne cite nullement « Gaudium et spes », qui avait pourtant le mot espérance dans son titre, mais envoie au loin justement l’équivoque introduite de manière désastreuse dans le monde catholique par ce qui fut la principale constitution conciliaire: « l’Eglise dans le monde de ce temps ». Le Pape invite en fait, au § 22, à « une autocritique du christianisme moderne« . Spécialement sur le concept de « progrès ». Pour dire avec Charles Péguy, « le christianisme n’est pas la religion du progrès, mais du salut« .

Non que le progrès soit une chose négative, bien au contraire il doit beaucoup au christianisme comme le démontrent aussi des livres récents (je pense à ceux de Rodney Stark, « La Victoire de la raison« , et de Thomas Woods, « Comment l’Eglise Catholique a construit la civilisation occidentale« ). Le problème est « l’idéologie du progès », sa transformation en utopie.Le grave inconvénient de « Gaudium et spes » et du concile fut de changer la vertu théologale d’espérance dans la notion mondaine d’optimisme. Deux choses radicalement antithétiques, parce que, comme l’écrivait Ratzinger, alors cardinal, dans son livre « Regarder le Christ« : « Le fondement de l’optimisme est l’utopie », tandis que l’espérance est « un don qui a déjà été donné et que nous attendons de celui qui seul peut vraiment faire des dons: de ce Dieu qui, avec Jésus, a déjà planté sa tente dans l’histoire. »Dans l’Eglise post-conciliaire l’ « optimisme » devint un devoir et un nouveau superdogme. Le pire péché devint celui du « pessimisme ». Pour donner le « la », il y eut aussi l’ « ingénu » discours d’ouverture du concile prononcé par Jean XXIII, dans lequel, au milieu de ce siècle qui fut le plus grand abattoir de chrétiens de l’histoire, il « voyait rose » et s’en prenait à ceux qu’il appela « des prophètes de malheur« : « Dans les conditions actuelles de la société humaine, déclara-t-il, ils ne sont pas capables de voir autre chose que des ruines et des inconvénients; ils vont en disant que nos temps, si on les confronte aux siècles passés, se révèlent pire en tout; et ils arrivent jusqu’au point de ce comporter comme s’ils n’avaient rien à apprendre de l’histoire… A Nous il apparaît qu’il faut résolument ne pas être d’accord avec ces prophètes de malheur, qui annoncent toujours le pire, comme si la fin du monde menaçait.« 

Roncalli fut reconnu, par l’apologétique progressiste, dépositaire d’un véritable « esprit prophétique« , chose qui est niée – par exemple – par la Madone de Fatima, laquelle au contraire, en 1917, mettait en garde contre d’horribles malheurs, annonçant la gravité du moment et le péril mortel représenté par le communisme qui arrivait (après trois mois) en Russie. En fait un océan d’horreur et de sang se produisit. Mais 40 ans après, en 1962, allègrement – pendant que le Vatican donnait à Moscou l’assurance qu’au concile ne serait pas explicitement condamné le communisme et pendant que des saints comme Padre Pio étaient condamnés à mille vexations – Jean XXIII annonça publiquement que l’Eglise du concile préférait éviter les condamnations parce que même si « les doctrines fausses ne manquent pas… désormais les hommes semblent d’eux-mêmes portés à les condamner. »

Et en fait à peu de temps de là eut lieu le maximum de l’expansion communiste dans le monde, non seulement avec des régimes qui allaient de Trieste à la Chine et ensuite Cuba et l’Indochine, mais avec l’explosion de mai 68 dans les pays occidentaux qui furent dévastés pour des décennies par les idéologies de la haine. Peu d’années après la fin du concile Paul VI tirait le tragique bilan, pour l’Eglise, du « prophétique » optimisme roncallien et convenait que: « On croyait qu’après le concile serait venue une journée de soleil pour l’histoire de l’Eglise. Au contraire est venue une journée de nuages, de tempête, d’obscurité, de recherche, d’incertitude… L’ouverture au monde est devenue une invasion véritable et caractérisée dans l’Eglise de la pensée du siècle. Nous avons sans doute été trop faibles et imprudents« , « l’Eglise est dans une difficile période d’autodémolition« , « par quelque endroit la fumée de Satan est entrée dans le temple de Dieu« .

Parce qu’il avait admis loyalement cela, le même Paul VI fut isolé comme « pessimiste » par l’establishment clérical pour lequel la religion de l’optimisme « faisait oublier toute décadence et toute destruction » (outre qu’elle faisait oublier l’énormité des périls qui pesaient sur l’humanité, ainsi que les dogmes tels que le péché originel et l’existence de Satan et de l’enfer).

Ratzinger, dans le livre déjà cité, a des paroles de feu contre cette substitution de « l’espérance » avec « l’optimisme ». Il dit que « cet optimisme méthodique avait été produit par ceux qui désiraient la destruction de la vieille Eglise, sous couvert de réforme« , « l’optimisme affiché était une espèce de tranquillisant… dans le but de créer le climat adapté pour si possible démolir tranquillement l’Eglise et ainsi acquérir la domination sur elle. »

Ratzinger donnait aussi un exemple personnel. Quand parut de manière explosive son livre d’entretiens avec Vittorio Messori « Entretiens sur la foi« , où était clairement décrite la situation de l’Eglise et du monde, il fut accusé d’avoir fait « un livre pessimiste ». « En quelque manière » écrivait le cardinal, « on a tenté d’interdire la vente, parce qu’une hérésie de cet ordre de grandeur ne pouvait simplement pas être tolérée. Les détenteurs du pouvoir d’opinions mirent le livre à l’index. La nouvelle inquisition fit sentir sa force. Il fut encore une fois démontré qu’il n’existait pas de plus grand péché contre l’esprit de l’époque que de devenir coupable d’un manque d’optimisme. »

Aujourd’hui Benoît XVI, avec cette encyclique à la pensée puissante, a mis finalement au grenier le fondant « optimisme » roncallien et conciliaire, celui de l’idéologisme trop facile et conformiste qui a fait s’agenouiller l’Eglise devant le monde et l’a livrée à une des plus terribles crises de son histoire.

Ainsi la critique implicite ne va plus seulement à l’après-concile, aux « mauvaises interprétations » du concile, mais aussi à quelques fondements du concile. Du reste déjà un théologien du concile comme le fut Henri de Lubac (d’ailleurs cité dans l’encyclique) écrivait à propos de « Gaudium et spes »: « On parle encore de ‘conception chrétienne » mais bien peu de foi chrétienne. Tout un courant, en ce moment, cherche à accrocher l’Eglise, par le moyen du concile, à une petite ‘mondanisation’ « . Et enfin Karl Rahner disait que le « schéma 13″, qui est devenu « Gaudium et spes », « réduisait la portée surnaturelle du christianisme« . Absolument Rahner!

Ratzinger a vécu le concile: il est l’auteur du discours avec lequel le cardinal Frings a démoli le vieux Saint Office ce qui n’a pas fait peu de dommages. Et aujourd’hui le pontificat de Benoît XVI est considéré comme la fermeture de la saison obscure qui, faisant un trésor des bonnes choses du concile, nous rend la beauté bimillénaire de la tradition de l’Eglise. Ce n’est pas un hasard si dans l’encyclique le concile n’est pas cité, mais que le sont Saint Paul et Saint Grégoire de Nazianze, Saint Augustin et Saint Ambroise, Saint Thomas et Saint Bernard. Une encyclique belle, très belle. Poétique aussi, qui parle au cœur de l’homme, à sa solitude et à ses désirs les plus profonds. Il est recommandé de la lire et de la méditer attentivement. « 

Publié dans:Lectures & relectures |on 6 décembre, 2007 |5 Commentaires »

2007-40. »Spe salvi ».

Jeudi 29 novembre 2007.

Demain, vendredi 30 novembre, fête de l’Apôtre Saint André, sera rendue publique la seconde encyclique du pontificat de notre Saint-Père le Pape Benoît XVI. Je n’ai pas de « scoop » à vous révéler sur ce sujet; je ne vais donc bien évidemment pas vous en révéler le contenu aujourd’hui… et pour cause! Il est même probable que je ne vous en reparlerai pas avant de l’avoir lue et approfondie, ce qui me demandera tout de même quelques jours.

Néanmoins, nous savons que le titre de cette encyclique a déjà été dévoilé il y a quelques semaines: « Spe salvi« . La plupart des articles qui en ont fait l’annonce ont traduit ces deux mots par : « Sauvés par l’espérance« .

Sans être vraiment inexacte – c’est un sens possible – j’avoue que cette manière de traduire me gène un peu ; il me semble qu’il faut être davantage circonspect dans la traduction car, de toute évidence (et ceux qui n’ont plus l’habitude de lire ou d’entendre lire la Sainte Ecriture dans son texte latin sont évidemment incapables de le voir immédiatement), ces deux mots sont repris de l’épître aux Romains dans laquelle nous lisons : « Spe enim salvi facti sumus. C’est en espérance en effet que nous avons été sauvés » (Rom.VIII,24). Dans le texte de Saint Paul, il n’y aurait pas vraiment de sens à donner à cet ablatif « spe » le sens de « par l’espérance« .

Relisons ensemble tout le passage dont ce verset est extrait (je le cite ici dans la traduction du Maistre de Sacy, parce qu’elle colle très exactement au sens de la Vulgate) : « … Je suis persuadé que les souffrances de la vie présente n’ont point de proportion avec cette gloire qui sera un jour découverte en nous. Aussi les créatures attendent avec un grand désir la manifestation des enfants de Dieu, parce qu’elles sont assujetties à la vanité, et elles ne le sont pas volontairement, mais à cause de celui qui les y a assujetties, avec espérance d’être délivrées aussi elles-mêmes de cet asservissement à la corruption pour (participer à) la glorieuse liberté des enfants de Dieu. Car nous savons que jusqu’à maintenant toutes les créatures soupirent, et sont dans le travail de l’enfantement; et non seulement elles, mais nous encore, qui possédons les prémices de l’Esprit, nous soupirons en nous-mêmes, attendant l’adoption divine, la rédemption de notre corps. Car ce n’est qu’en espérance que nous sommes sauvés. Or quand on voit ce qu’on a espéré, ce n’est plus espérance, puisque nul n’espère ce qu’il voit déjà. Mais si nous espérons ce que nous ne voyons pas, nous l’attendons avec patience… » (Rom.VIII, 18-25). On voit même que Le Maistre de Sacy pour rendre toutes les nuances incluses dans la concision des termes latins traduit par la formule: « Ce n’est qu’en espérance que nous sommes sauvés« .

Car, il faut souvent le rappeler en nos temps, le salut n’est pas automatique. Si Notre-Seigneur Jésus-Christ a effectivement accompli une rédemption surabondante dans Sa Passion, Lui dont « une seule goutte (de sang) peut effacer tous les péchés du monde » (Saint Thomas d’Aquin, hymne « Adoro Te« ), cela ne signifie pas que, dans les faits, tous les hommes reçoivent ce salut. Nous sommes sauvés, mais c’est en espérance: c’est à dire que, plaçant notre confiance dans la miséricorde divine, en nous fondant sur les seuls mérites de Notre-Seigneur Jésus-Christ et non sur la valeur de nos mérites personnels, en comptant sur l’assistance de la grâce du Saint-Esprit, nous désirons et attendons de Dieu la vie éternelle, qui nous sera donnée SI nous sommes fidèles et persévérants dans la voie de l’obéissance aux commandements.

Tout ceci est magnifiquement résumé par la formule de l’acte d’espérance (qui n’est malheureusement pas assez récité par les fidèles) : « Mon Dieu, j’espère avec une ferme confiance que vous me donnerez, par les mérites de Jésus-Christ, votre grâce en ce monde et, si j’observe vos commandements, le bonheur éternel dans l’autre, parce que vous l’avez promis et que vous êtes souverainement fidèle dans vos promesses.« 

On le voit, les fondements de l’espérance résident dans la Parole de Dieu – dans Ses promesses – et dans notre obéissance à Sa Loi. Ce n’est pas le fait d’espérer qui nous sauve, et le salut ne nous est pas acquis – et encore moins dû – par le seul fait que nous l’espérons. Ce n’est pas l’espérance, en tant que disposition de notre coeur, qui nous sauve, mais ce sont les grâces de la Passion du Christ. Le salut nous est promis et nous faisons confiance dans cette promesse divine, cependant cette promesse ne se réalisera que si nous correspondons activement aux grâces de salut méritées par Notre-Seigneur. Voilà pourquoi nous sommes sauvés en espérance, et que nous ne le sommes même présentement qu’en espérance!

Le temps liturgique de l’Avent, qui va commencer ce samedi soir, est le temps de l’espérance. En publiant son encyclique à la veille de l’Avent, notre Saint-Père le Pape veut nous pousser à approfondir le sens de cette vertu théologale, à en vivre plus intensément, et à nous renouveler intérieurement – conformément à la grande Tradition des Pères de l’Eglise – dans la perspective de l’avènement du Seigneur Jésus vers lequel nous devons être tendus. Il nous sera donc certainement très profitable de prendre le texte de cette encyclique comme support de nos méditations et aliment de notre réflexion spirituelle dans les semaines qui viennent.

2007-34. In memoriam : le Révérend Père Michel André.

17 novembre.

« Laudemus viros gloriosos, et parentes nostros in generatione sua : Louons ces hommes plein de gloire qui sont nos pères et dont nous sommes la race…«  (Eccli. XLIV, 1).

Avant même la fondation des divers instituts, séminaires, fraternités ou prieurés, à la fin des années soixante et au début des années soixante-dix du XXe siècle, alors qu’une espèce de frénésie révolutionnaire semblait secouer la Sainte Eglise et que, « démangés par un prurit aux oreilles », beaucoup « ne supportaient plus la saine doctrine » (cf. IIa Tim. IV, 3), il y eu des prêtres zélés et courageux qui se levèrent, et qui – méprisant les foudres et l’opprobre dont on les accabla – maintinrent la Sainte Messe latine traditionnelle (dite de Saint Pie V), contre vents et marées.

Sans eux, sans leur prétendue désobéissance, sans leur opposition courageuse aux mesures iniques d’interdiction assénées par leurs supérieurs ecclésiastiques – mesures dont il est maintenant affirmé au plus haut de la hiérarchie catholique qu’elles étaient nulles et sans valeur! – le maintien du rite latin traditionnel n’aurait pratiquement pas été possible.

Les actuels fidèles, séminaristes, prêtres et religieux qui n’ont pas connu la célébration de la Messe dans les paroisses avant les réformes post-conciliaires – tout simplement parce qu’ils n’étaient pas nés – , qui ont découvert la Sainte Messe catholique (et souvent aussi grâce à elle la foi catholique tout simplement), vers la fin des années soixante-dix ou au cours des années quatre-vingt et quatre-vingt-dix, doivent tout à ces résistants qu’on a pourtant souvent marqués du sceau de l’infamie, parce qu’ils ont osé tenir tête à une hiérarchie qui imposait des choses inacceptables.

Vere dignum et justum est!
En vérité il est digne et juste de ne pas perdre le souvenir de leur nom, de garder leur mémoire en bénédiction, de transmettre la connaissance de ce qu’ils ont fait à ceux qui ne les ont pas connus, de marquer leurs anniversaires par une prière qui monte vers Dieu en action de grâces et en profonde gratitude!
Oui, il nous faut louer ces hommes glorieux, parce que leur résistance courageuse a fait d’eux nos pères par l’esprit, et parce que nous sommes les héritiers qui récoltent dans la joie ce qu’ils ont semé dans la peine et les larmes.
Même les fraternités ou instituts qui s’enorgueillissent aujourd’hui de bénéficier de toutes les confortables reconnaissances canoniques sont redevables à ces « désobéissants »! Faisons donc ce soir oeuvre de justice en parlant de l’un d’eux au jour du septième anniversaire de son rappel à Dieu.

Le 17 novembre 2000, en effet, s’éteignit le Révérend Père Michel André : le bon Père André!

Le Rd Père Michel André

Né à Angers, le 13 mars 1915, il fit d’abord des études de droit et de commerce. Très lié au scoutisme, il fonda deux troupes où il excella comme éducateur humain et spirituel.
Il entra au noviciat des Pères du Saint-Esprit, en 1937, fut ordonné prêtre en 1944 et fut envoyé l’année suivante à la Martinique.
De 1947 à 1956, il enseigna dans diverses institutions spiritaines en France, repartit en mission en Guinée de 1956 à 1958, puis fut envoyé en Argentine de 1962 à 1971.
En 1971, sur les conseils de Son Excellence Monseigneur Marcel Lefèbvre (qui avait été supérieur général des Spiritains), il rentra en France pour travailler contre les forces de dissolution qui étaient à l’oeuvre dans l’Eglise.

Dans sa détermination de fidélité catholique en face de la crise qui fait rage, il fonde à Angers, en 1972, l’Association Noël Pinot (A.N.P.), pour la défense de la Sainte Messe traditionnelle et le soutien aux prêtres fidèles à sa célébration. Il fonde aussi en même temps le bulletin trimestriel « Introibo ». Ce bulletin de formation doctrinale et spirituelle connaîtra une grande diffusion (il atteindra 6000 exemplaires), et il a survécu à son fondateur.

L’Association Noël Pinot (placée sous le patronage de cet héroïque prêtre angevin qui – revêtu par dérision des ornements sacerdotaux pour le faire monter à la guillotine – gravit les marches de l’échafaud en récitant les prières au bas de l’autel : Introibo ad altare Dei… cf. > www) a compté jusqu’à deux milles prêtres adhérents. Aujourd’hui encore ils sont plusieurs centaines, adhérents ou sympathisants, en France et dans le monde.
L’A.N.P. diffuse également de bons ouvrages et des objets de dévotion, permet la « récupération » d’ornements, statues, objets de culte qui seraient sans cela livrés aux brocanteurs. Elle transmet aussi des intentions et des honoraires de Messe à des prêtres qui en sont dépourvus.

Le Père André fut un infatigable apôtre, son ministère – contredit et diffamé – gagna de nombreuses âmes au Christ. Il fonda plusieurs chapelles pour assurer la continuité de la Messe traditionnelle bannie des églises, fonda une école, des troupes de scouts, et une petite communauté féminine : les Servantes du Divin Crucifié.
Alors que « d’autres » voudraient post-mortem s’accaparer sa mémoire et son héritage spirituel, ce sont elles qui, dans une humble discrétion et un fidèle attachement à son esprit, continuent en vérité l’oeuvre du bon Père André. Les personnes qui veulent avoir contact avec l’Association Noël Pinot peuvent le faire par courrier à cette adresse : 54, rue Delaâge – 49100 Angers.

Monsieur Claude Mouton, bien connu dans les milieux traditionnels français pour ses ouvrages, a publié une belle biographie détaillée: « Un prêtre vrai, le Père André » (éditions de Chiré).
A Angers, les Servantes du Divin Crucifié ont également constitué un petit « musée », dans lequel sont réunis de précieux souvenirs permettant de découvrir de manière vivante et émouvante la grande figure de cet humble prêtre, vrai serviteur du Christ et de son Eglise.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur.

Publié dans:Lectures & relectures, Memento |on 17 novembre, 2007 |1 Commentaire »

2007-33. Lorsque la charité du monde alangui ira se refroidissant…

16 novembre.

C’est aujourd’hui la fête de Sainte Gertrude d’Helfta. Bien que le prénom Gertrude prête un peu à sourire en France (il y a même des amis du Mesnil-Marie dont l’automobile est ainsi nommée!), Frère Maximilien-Marie m’a expliqué que c’est une très grande sainte ; d’ailleurs on l’appelle Sainte Gertrude la Grande!
Comme je lui demandai pour quelle raison elle était ainsi surnommée, il m’a expliqué que c’était pour la distinguer de plusieurs autres saintes (au moins cinq) qui ont porté le même prénom – dont une qui fut sa contemporaine et vécut dans le même monastère qu’elle – et aussi parce que les révélations dont elle fut gratifiée par Notre-Seigneur Jésus-Christ la mettent à une place éminente dans l’histoire de la sainteté et de la spiritualité.

Ces quelques mots me donnèrent envie d’en savoir davantage, et je priais donc Frère Maximilien-Marie de me raconter la vie de cette Sainte Gertrude :
Oh, me répondit-il, on ne sait finalement pas beaucoup de choses sur sa vie elle-même. Née probablement en 1256, dans une famille noble, elle fut confiée dès l’âge de cinq ans aux moniales de l’abbaye cistercienne d’Helfta – près d’Eisleben, en Saxe – qui était alors dirigée par l’abbesse Sainte Gertrude de Hackeborn (une puissante famille apparentée aux Hohenstoffen). La soeur de Sainte Gertrude de Hackeborn est aussi une sainte: Sainte Mechtilde, qui sera la maîtresse des novices et l’amie de Sainte Gertrude d’Helfta… Tu ne t’embrouilles pas trop dans toutes ces Gertrude, mon petit Lully?

Il est vrai que ce n’était pas très facile à suivre toutes ces généalogies de saintes moniales, d’autant plus que – je l’avoue – mon attention avait été un peu distraite par un petit mouvement de fierté en pensant que, moi, j’étais entré au couvent encore plus jeune que Sainte Gertrude : je n’avais qu’un mois et demi!…
Bref, j’ai demandé à Frère Maximilien-Marie de continuer la suite de l’histoire.

Ste Gertrude

Donc, la petite Gertrude – qui deviendra la Grande Sainte Gertrude – a passé toute sa vie, depuis l’âge de cinq ans, dans ce monastère dont elle n’est jamais sortie, jusqu’à sa mort qui survint le 17 novembre de l’année 1302: elle avait donc environ 46 ans!
Sa vie avait été tout ordonnée à l’étude et à la contemplation. Elle acquit une science tout à fait hors du commun et fut favorisée de visions qu’elle consigna par écrit en cinq volumes. On peut dire à juste titre qu’elle fut l’une des plus grandes mystiques du XIIIème siècle…
Les biographes ne peuvent guère dire davantage. Le plus important est ce qu’elle a rapporté dans ses ouvrages, dans lesquels la dévotion au Coeur de Jésus – telle que Notre-Seigneur viendra en demander l’établissement officiel dans l’Eglise quatre siècles plus tard – se trouve en quelque sorte annoncée et préparée. Ecoute bien

Sainte Gertrude, le jour de la fête de Saint Jean l’Evangéliste (27 décembre), reçut dans sa prière la visite de ce « disciple que Jésus aimait », et il l’entraîna dans une expérience mystique peu commune : il lui fit partager ce qu’il avait vécu et éprouvé le soir de la Sainte Cène quand il reposa sur la poitrine de Notre-Seigneur.
Gertrude rapporte elle-même qu’il lui fut donné de goûter d’ineffables délices en percevant les pulsations du Sacré-Coeur. Elle demanda à Saint Jean s’il avait ressenti cela au soir du Jeudi Saint, et l’Apôtre lui répondit que oui.
Alors elle se permit de lui faire une sorte de reproche 
: « Pourquoi donc avez-vous gardé un tel silence sur ce mystère, et n’en avez-vous pas écrit un seul mot pour notre profit spirituel? »
Et Saint Jean de répondre : « Ma mission fut d’écrire, pour l’Eglise naissante, au sujet du Verbe incréé de Dieu le Père, une seule parole: une parole qui suffirait jusqu’à la fin du monde pour nourrir l’intelligence humaine, bien qu’elle ne puisse jamais être parfaitement entendu de quiconque… Mais de dire la suavité de ces battements a été mis en réserve pour les derniers temps, afin que lorsque la charité du monde alangui ira se refroidissant, il éprouve un renouveau de ferveur à la révélation de semblables merveilles… »

Moi, je sais bien ce que c’est que d’être tenu tout contre le coeur plein d’amour de quelqu’un qu’on aime passionnément parce que je demande souvent à Frère Maximilien-Marie de me prendre dans ses bras où j’aime à me blottir en ronronnant voluptueusement… Alors je n’ai pas de difficulté à imaginer ce que ce doit être auprès du Coeur de Jésus qui est la source de tout amour, un amour brûlant et infini, dont les litanies nous disent qu’il est comparable à une fournaise ardente!
Mais Frère Maximilien-Marie a continué son récit :

Ainsi donc, à la fin du XIIIème siècle, Sainte Gertrude a reçu l’annonce que la révélation du Coeur de Jésus était réservée pour les derniers temps comme un remède au refroidissement de la charité dans le monde.
C’est ce qui s’est passé, en effet : au XVIIème siècle, Sainte Marguerite-Marie (cf. > www), au Monastère de la Visitation de Paray-le-Monial, a reçu de Jésus la mission de transmettre au Roy de France et à toute l’Eglise Ses demandes concernant l’établissement du culte de Son Sacré-Coeur. Il disait que par cette dévotion il tentait « un dernier effort » pour retirer les hommes du chemin de la perdition. S’il est intervenu à la fin du XVIIème siècle, ainsi qu’il l’avait fait savoir à sainte Gertrude, c’est bien parce que nous sommes entrés dans une phase déterminante de l’histoire du monde et de l’Eglise, une période particulièrement importante « en ces temps qui sont les derniers »(Heb. I,2), qui sont tellement perturbés par un assaut plus intense des forces d’opposition à l’oeuvre divine.
Vois-tu, l’esprit qui tend à dominer le monde depuis la fin du Moyen-Age – cet esprit qui a paru triompher dans les périodes troubles et violentes, marquées par de nouvelles persécutions comme on n’imaginait plus qu’il puisse y en avoir depuis la conversion de l’Empire – est fondamentalement destructeur pour les valeurs spirituelles. Seul l’amour véritable, puisé à la Fontaine de grâce et de charité qu’est le Coeur de notre divin Sauveur, permet de résister et de s’opposer aux flots corrupteurs et destructeurs par lesquels l’enfer déchaîné voudrait engloutir l’humanité. Aujourd’hui, donc, nous demanderons à Sainte Gertrude d’Helfta de nous aider à être attentifs aux suaves pulsations du Sacré-Coeur de Jésus, de nous apprendre à recevoir de Lui une plus grande charité, et d’être ainsi de bons et fidèles chevaliers au service du Règne de Dieu dans les coeurs!

2007-33. Lorsque la charité du monde alangui ira se refroidissant... dans De liturgia patteschatsLully.                        

Voir aussi la B.D. et la prière tirée des oeuvres de Sainte Gertrude publiés > ici 

sacrec15 Coeur de Jésus dans Lectures & relectures

N.B. : Il ne faut pas confondre Sainte Gertrude d’Helfta – appelée aussi « la Grande » – avec une autre sainte qui porte le même prénom et qui est la céleste protectrice des chats : Sainte Gertrude de Nivelles > www.

2007-21. L’armure de Dieu.

Dans l’épître du XXIème dimanche après la Pentecôte, que nous avons donc entendue dimanche dernier, Saint Paul emploie à deux reprises l’expression « armure de Dieu« :

- « Induite vos armaturam Dei : revêtez-vous de l’armure de Dieu » (Eph. VI, 11).

- « Accipite armaturam Dei : prenez l’armure de Dieu » (Eph.VI,13).

Il décrit même l’équipement dont cette armure est constituée: le baudrier de la vérité, la cuirasse de la justice, les chaussures (j’oserais presque écrire: les rangers!) du zèle pour l’annonce de l’Evangile, le bouclier de la foi, le casque du salut et le glaive de l’esprit qui est la Parole de Dieu…

Cette insistance de l’Apôtre justifie l’insistance que je mets moi-même à répéter ce que j’écrivais déjà ici aux Nos 22 & 28 : Nous sommes engagés dans un combat sans merci « contre les princes et les puissances, contre ceux qui gouvernent ce monde de ténèbres, contre les esprits de malice répandus dans les airs » (Eph.VI, 12).

A tous les lecteurs de ce blogue, je voudrais aujourd’hui recommander d’une manière instante et très spéciale la lecture de l’ouvrage de Monseigneur Tournyol du Clos intitulé : « Le combat avancé de l’Eglise » (publié aux éditions de l’Archistratège : 21, rue des Acacias – 66680 Canohès – France. tél.: (00 33) 06 10 77 63 57) .

Et il ne s’agit pas seulement de lire cet ouvrage, mais ensuite de le mettre en application. Dans la préface, Monseigneur Michel Kassarji, évêque catholique Chaldéen de Beyrouth, rappelle fort opportunément:

 » Le chrétien doit savoir sans l’ombre d’un doute que le Diable est une créature réelle, qu’il est le Prince de ce monde. C’est lui qui sème le mal dans l’univers. Il est à l’origine du péché, de la maladie, de la souffrance et de la mort. La doctrine chrétienne est claire : le Christ est venu en ce monde pour sauver l’homme du péché de sa rébellion et lui rendre sa relation privilégiée avec Dieu. Son oeuvre sur terre a consisté en une lutte permanente contre le démon. Or cette lutte, qui se poursuit dans le temps, a changé de pôle : elle s’est transformée en un affrontement permanent entre l’homme et le diable (…).

Il est temps pour nous, pasteurs et fidèles, de considérer sérieusement et d’être convaincus de ce que nous devons faire. Le démon existe et nous avons l’obligation de lutter contre lui de toutes nos forces. Il est aussi de notre devoir de connaître notre adversaire ainsi que les moyens efficaces de le combattre…« 

2007-21. L'armure de Dieu. dans Lectures & relectures stgeorgesbrviairedemartindaragon

L’ouvrage de Monseigneur Tournyol du Clos constitue un excellent résumé de la doctrine catholique et de la pratique séculaire de l’Eglise ; il s’alimente aux meilleures sources spirituelles d’Orient et d’Occident pour mettre entre nos mains des armes efficaces et éprouvées ; il nous aide à revêtir cette armure de Dieu sans laquelle nous serons gravement blessés et risquons d’être vaincus.

Publié dans:Lectures & relectures |on 23 octobre, 2007 |Pas de commentaires »

2007-12. Joseph et Chico.

Ce 10 octobre 2007.

Après vous avoir parlé du pèlerinage de notre Frère à Rome, je dois maintenant vous entretenir d’un évènement littéraire qui est directement en rapport avec notre Saint-Père le Pape Benoît XVI et qui a beaucoup d’importance à mes yeux :

En effet ces jours-ci, en Italie, les éditions du « Messager de Saint Antoine » publient une biographie du Souverain Pontife, abondamment illustrée.

Jusqu’ici rien d’extraordinaire, me direz-vous.
Mais ce qui est justement un évènement, c’est que le narrateur de cette histoire est l’un de mes congénères : Chico, le chat de la ferme de Pentling.

Chico est un gros matou au pelage roux, âgé de neuf ans, qui vit dans la ferme voisine de la maison que le cardinal Joseph Ratzinger avait achetée pour y finir paisiblement ses jours…
Quand il y venait en vacances, Chico désertait la ferme pour s’installer chez lui, jour et nuit. Je ne crois pas trahir un secret en vous confiant qu’il a même griffé le cardinal un jour de Noël! C’est vous dire qu’il connaît bien celui qui est maintenant le Pape, et qu’il peut en parler avec autant de justesse que de précision.
N’oubliez pas que nous, les chats, nous sommes des observateurs de première classe, en même temps que nous sommes des confidents appréciés!

Chico avait tout de suite vu que ce cardinal, occupant un poste important à la Curie romaine, était un ami des chats. Savez-vous comment?
Tout simplement parce qu’il avait fait installer dans son jardin… une statue de chat! Vous pensez bien que s’il se fut agi d’une statue de chien, Chico ne se serait pas aventuré du côté de cette maison!

Peu après le cardinal lui a d’ailleurs confié qu’il avait à Rome deux chats magnifiques.

Je sais que la presse « pipeul », au moment de son élection, s’est interrogée pour savoir si le nouveau Pontife pourrait emmener ses chats dans le Palais Apostolique du Vatican, allant ressortir de vieilles légendes superstitieuses selon lesquelles nous serions des symboles de la présence du démon… Ce qui est insensé et outrageant!

Mais Benoît XVI fait fi de ce genre de ragots et les deux chats, désormais parés du titre de « pontificaux » l’ont bel et bien accompagné, et ils sont même les seuls à avoir le droit de le déranger quand il travaille ou quand il joue du piano…
Il y a des « monsignori » qui en étouffent de jalousie!

Chat pianiste

Bref, Chico le chat bavarois est un véritable ami du Pape.
Aidé de la journaliste Jeanne Perego et de la dessinatrice Donata del Molin Casagrande, il fait en 44 pages un récit passionnant et teinté d’humour de la vie du Pape, depuis cette nuit très froide du 16 avril 1927 où naquit le petit Joseph Aloïs Ratzinger, en passant par les années d’études, celles de la guerre et de la captivité, l’ordination sacerdotale et la période professorale, jusqu’à l’élection au Souverain Pontificat…

Ici, il faut que je vous révèle une chose qui a mis un peu de tristesse au coeur de Chico : il n’a pas revu son grand ami depuis cette élection.
Il y a quelques mois, en septembre 2006, le Souverain Pontife est bien revenu à Pentling, lors de son voyage apostolique en Bavière, mais Chico a été tellement effrayé par le cortège pontifical et le remue ménage des journalistes qu’il s’est enfui à toutes jambes et qu’il s’est caché.
Il aurait pourtant tellement aimé recevoir encore les caresses de son grand ami Joseph!

Le livre de Chico est préfacé par le secrétaire particulier du Saint Père, Monseigneur Georg Gänswein, c’est vous dire si on peut lui faire confiance pour mieux connaître ce Pape véritablement exceptionnel, puisqu’il est un grand ami des minous!

Lully.

2007-12. Joseph et Chico. dans Annonces & Nouvelles 031007gato

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