Archive pour la catégorie 'Lectures & relectures'

2026-122. Récapitulatif de toutes les publications de ce blogue relatives au Très Précieux Sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Juillet : mois dédié au Très Précieux Sang ;
1er juillet : fête du Très Précieux Sang ;
Vendredi de la 4ème semaine de Carême : commémoraison solennelle du Précieux Sang.

Dévotion au Très Précieux Sang

A – Prières en l’honneur du Précieux Sang :

- Litanies du Très Précieux Sang et supplique au Père Eternel > ici
- Sept offrandes du Précieux Sang au Père Eternel > ici
- Chemin de Croix du Très Précieux Sang > ici
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B – Textes pour méditer ou approfondir la dévotion au Très Précieux Sang :

- Méditation pour la fête du Précieux Sang > ici
- Introduction à la dévotion au Précieux Sang par l’abbé Christian-Philippe Chanut > ici
- Conseils du Bienheureux Pie IX à des séminaristes > ici
- Mois de juillet : dévotion au Précieux Sang et prière pour la France apostate > ici
- Sermon de notre Bienheureux Père Saint Augustin pour la Vigile de Pâques, où il met en valeur la puissance du Sang rédempteur de l’Agneau de Dieu > ici

Précieux Sang

2026-121. De Saint Crescent, compagnon d’apostolat de Saint Paul et fondateur de l’Eglise de Vienne en Dauphiné.

27 juin,
Fête de Notre-Dame du Perpétuel Secours (cf. > ici & > ici) ;
Fête de Saint Crescent, évêque et martyr ;
4ème jour dans l’octave de Saint Jean-Baptiste ;
11ème jour du Jeûne des Apôtres (cf. > ici).

Saint Paul envoie des disciples en mission - blogue

Saint Paul envoie des disciples en mission,
parmi lesquels se trouve Saint Crescent, futur évêque de Vienne.

       « [...] Ceux qui font cette injure au pays des Gaules, de dire que ni les Apôtres, ni les premiers successeurs de Saint Pierre n’ont point pensé à sa conversion ; que Saint Paul n’y a point passé et n’y a point envoyé de ses disciples, et que, pendant que ces divins missionnaires se répandaient si heureusement par toute l’Asie et toute l’Afrique, un royaume aussi florissant et aussi proche de l’Italie et de Rome en était abandonné, sans qu’il eût aucune part au bonheur de la prédication de l’Evangile ; ceux-là, disons-nous, n’ont garde de reconnaître ce glorieux évêque de Vienne pour disciple des Apôtres, ni d’avouer qu’il soit ce Saint Crescent dont parle Saint Paul dans sa seconde épître à Timothée.
Nous avons néanmoins de puissants témoignages dans l’antiquité, qui nous assurent que Saint Paul est venu dans les Gaules en allant prêcher en Espagne, et qu’il y a envoyé Saint Crescent, son disciple, pour y répandre la semence de l’Evangile.

   Du voyage de Saint Paul en Espagne, il est aisé de conclure qu’il passa en France. Tous les Pères des premiers siècles qui ont eu l’occasion de parler de ce voyage en demeurent d’accord : tels sont, parmi les Grecs, Saint Athanase, Saint Cyrille de Jérusalem et Saint Chrysostome, et, parmi les Latins, Saint Jérôme, Saint Grégoire le Grand et Saint Isidore de Séville, dont on pourra voir les paroles rapportées par les interprètes sur le chap. XV de l’épître aux Romains ; et, pour ce qui est de la mission de Saint Crescent dans les Gaules, nous avons le témoignage de Saint Dorothée, de Saint Jérôme, d’Eusèbe de Césarée, un des plus anciens et des plus célèbres historiens de l’Eglise, au livre IV de son Histoire, chap. 4, selon le véritable texte grec et la version de Valois. Saint Epiphane qui, dans l’Hérésie 51, parlant de Saint Luc, dit qu’il prêcha dans la Dalmatie, dans l’Italie, dans la Macédoine, mais surtout dans les Gaules, assure aussi que Saint Paul y envoya quelques-uns de ses disciples, entre autres Saint Crescent. Théodoret ajoute que, lorsque cet Apôtre dit qu’il a envoyé Saint Crescent en Galatie, par ce mot de Galatie il entend les Gaules, que l’on appelait autrefois de ce nom. Enfin sans parler de Sophrone au livre des Historiens ecclésiastiques et de la Chronique d’Alexandrie, qui enseignent la même chose, Adon, archevêque de Vienne, qui devait être parfaitement informé de l’ancienne tradition de son Eglise, dit en termes exprès, dans son martyrologe, que Saint Crescent, disciple de Saint Paul, étant venu dans les Gaules, y convertit plusieurs infidèles à la foi de Jésus-Christ, qu’il tient quelques années son siège épiscopal à Vienne, et qu’ayant ordonné en sa place Saint Zacharie, il s’en retourna au pays des Galates (les Gaulois orientaux, comme les Gaulois étaient les Galates occidentaux), et employa le reste de sa vie à les fortifier dans la foi et la religion chrétienne.

Sanctus Crescentius - blogue

Sanctus Crescentius

   Cet homme apostolique fut un des assistants de l’apôtre Saint Paul ; il travailla longtemps avec lui à la conversion des infidèles et souffrit comme lui la fatigue des voyages, la pauvreté, la nudité, le froid, le chaud, les contradictions, les persécutions et tous les maux qui étaient inséparables de la prédication de l’Evangile ; après avoir été son disciple, il fut jugé digne d’être maître et de travailler de lui-même à ce grand ouvrage.
L’Apôtre le fit donc évêque de la Galatie, province d’Asie-Mineure, dont la capitale est Ancyre et qui est aussi appelée Gallo-Grèce, parce qu’elle était habitée par des colonies de Gaulois et de Grecs ; mais, comme le petit nombre des ouvriers évangéliques qu’il y avait en ce temps-là obligeait les évêques des principaux sièges, après avoir mis un bon règlement dans leurs Eglises, de porter la lumière de la foi dans des pays plus éloignés, Saint Paul ne fit point difficulté de tirer Saint Crescent de Galatie pour le faire prêcher en d’autres lieux, et surtout il l’envoya dans nos Gaules, qui étaient sans contredit le plus beau gouvernement de l’empire.
Ce saint missionnaire y fit en peu de temps de grands progrès, et, s’étant principalement arrêté à Vienne, en Dauphiné, ville très considérable, qui donnait des sénateurs à Rome et avait elle-même un illustre sénat, il y convertit assez d’infidèles pour y établir son siège épiscopal, que l’Eglise romaine a toujours extrêmement considéré. Le pape Paul Ier, écrivant à Charlemagne, lui dit que cette Eglise a eu pour fondateur et pour maître Saint Crescent, collègue des Apôtres.

   Après s’être acquitté de sa mission avec beaucoup de succès, il nomma Saint Zacharie pour évêque à sa place, commenous l’avons déjà rapporté d’Adon, l’un de ses successeurs, et, s’il faut en croire la tradition du diocèse de Mayence, vint prêcher dans les environs de cette ville.
Serrarius, dans son Histoire, présente comme authentique la fondation de l’Eglise de Mayence et de Cologne : il s’appuie sur le témoignage de Saint Rupert, qui assure que Saint Crescent a prêché dans ces deux villes. Il roduit des catalogues manuscrits très anciens, qui confirment cette tradition ; il cite l’autorité d’Adon, de Bède, d’Usuard, et de plusieurs autres écrivains. Dans la Vie de Saint Maxime, évêque de Mayence, il dit que « le corps de ce saint pontifie fut inhumé dans l’église de Saint-Hilaire, près du tombeau de Saint Crescent, premier évêque de cette ville, et qu’il y demeura cinq-cent cinquante-sept ans, jusqu’au temps d’Hildebert, l’an 935 de Jésus-Christ, époque à laquelle on en fit la translation » solennelle dans l’église de Saint-Albain, martyr. D’où l’on doit conclure que l’an 400 de jésus-Christ, les habitants de Mayence étaient généralement persuadés de la vérité de cette tradition, puisqu’ils possédaient son corps et son tombeau.

Saint Crescent apportant l'Evangile à Vienne - blogue

Saint Crescent apportant la lumière de l’Evangile à Vienne.

   Saint Crescent, dans ses courses évangéliques, a opéré des miracles extraordinaires. Les martyrologes attestent qu’il a été martyrisé sous l’empire de Trajan ; mais ils ne disent pas en quel lieu il a souffert pour la foi.
L’Eglise de Mayence, qui se dit en possession de ses reliques, affirme en même temps que ce saint martyr a été mis à mort par les païens dans cette ville. On y a érigé en son honneur une église remarquable par sa beauté.

   Toutefois, cela n’empêche pas de croire que cet Apôtre zélé, comme le rapportent certaines traditions, ne soit retourné, au moins durant quelque temps, des lieux de sa mission occidentale, dans la Gallo-Grèce ou la Galatie, située dans l’Asie-Mineure, et qu’il n’ait encore gouverné comme évêque cette Eglise orientale, qu’il avait fondée en partie avec Saint Paul. C’est pourquoi les Grec disent qu’il fut, durant un temps, évêque de Chalcédoine ou de Chalcis, en Chalcide.

  Il est marqué deux fois au Martyrologe romain, mais l’une et l’autre fois comme disciple de Saint Paul et comme premier évêque de Vienne ; savoir : ence jour, 27 juin, et le 29 décembre. Les autres martyrologes en parlent aussi et lui donnent tous cette qualité de disciple de l’Apôtre, ce qui confirme encore ce que nous avons dit de sa mission. Du Saussay en parle amplement, non-seulement en son martyrologe, mais aussi dans son traîté des Soixante-douze Disciples, et dans le livre Ier des Ecrivains mystiques des Gaules.

   Les Mayençais l’ont parfois représenté portant une église sur la main, pour marquer qu’il fut le fondateur de leur siège épiscopal. »

Acta Sanctorum.
Histoire des Soixante-Douze Disciples, par l’abbé Maistre.
In « Les Petits Bollandistes », par Mgr. Paul Guérin, tomeVII, pp. 387-389.

Saint Crescent

Saint Crescent, fondateur et premier évêque de l’Eglise de Vienne, martyr.

2026-119. Sur la « méthode Habsbourg ».

Lettre mensuelle aux membres et amis de la

Confrérie Royale

- 25 juin 2026 -

La Méthode Habsbourg - Edouard de Hansbourg-Lorraine

Edouard de Habsbourg-Lorraine : « La méthode Habsbourg »
éditions Salvator, 2025, 235 pages (17,90 €).

frise

Sur la « méthode Habsbourg » :

       Les anciennes monarchies ont souvent admiré les qualités de la monarchie française, et, encore maintenant enexil, Monseigneur le Dic d’Anjour peut par sa tenue être facilement admiré par bien des chefs de maisons.

   Il n’est toutefois pas inutile d’aller voir parfois chez nos voisins, qui ont aussi leurs vertus.

   En 2023 est paru en anglais, puis a été traduit en français en 2025 (et on peut le supposer aussi en allemand) un livre de S.A.I.R. l’Archiduc Edouard d’Autriche : La méthode Habsbourg.
Ce Prince, né en 1967, père de six enfants, dont un garçon, de la ligne palatine de Hongrie, est presque de dernier des Habsbourg actuels (avant son fils et son frère puiné prêtre).

   Ce n’est donc pas une quelconque ambition qui le fait écrire ce livre (p.52), mais bien l’ « amour de sa famille » (pp. 32 et 231) et l’amour du bien commun, deux vertus éminemment louables.

   Le sous-tire est : « Sept principes pour traverser des temps troublé ». Le livre donne les principes généraux d’une bonne politique.

   La dédicace : « Aux Habsbourg les plus importants de ma vie : ma femme et mes enfants, car que serions-nous sans la famille ? Au Bienheureux empereur Charles : qu’un grand nombre vienne à connaître cet humble géant de la foi » [mort le 1er avril 1922]. Famille et foi donnent déjà les bases de ces principes.

   Sans vouloir écrire l’histoire de la famille de Habsbourg, puis, par mariage au XVIIIème siècle de Habsbourg-Lorraine, le prince s’appuie sur plusieurs exemples de celle-ci pour décrire les principes de ce qu’il pense être la méthode de sa famille, et qui sont pour l’essentiel des principes catholiques (comme il le dit page 32).

   Sans vouloir « rétablir la monarchie », dit-il plusieurs fois, « quoiqu’il ne faille jamais dire jamais », ajoute-t-il chaque fois, il pense que ces principes seraient bien utiles aux Etats modernes ainsi qu’aux individus pouvant avoir une responsabilité.

   Malgré la modestie de l’auteur sur lui et sur ses ancêtres, le Prince en sait beaucoup sur sa famille, et sait conter dans un style agréable et avec humour (sur la bataille de Morgaten, les vignes de Vienne, la mâchoire Habsbourg, la phrase de l’Empereur Charles VI mourant, la phrase de l’Empereur François-Joseph Ier sur les constitutions, les chocolats de l’Imératrice Zita de Bourbon-Parme, les mariages des Archiducs…).

   Donc sept principes qui se sont retrouvés de façons variable sur la plupart des trônes et qui seraient bien utiles aux gouvernements contemporains (fait remarquer le Prince plusieurs fois, très lucide sur la vacuité morale de ces derniers).

   On pourra donc y voir beaucoup de ressemblances avec les principes capétiens, en y changeant tels détails ou l’importance de tels points, selon les circonstances diverses où les deux dynasties ont vécu.

   Le premier principe est le mariage (fondement de la société, disait Louis XIII) : « sans famille nombreuse, la société tend à s’effondrer dans l’isolement et l’égoïsme ». La famille est aide entre époux, exemple des parents, soutien mutuel de ses membres, enfants, dons de Dieu, sacrement béni par Dieu pour le bonheur de ses membres, avenir terrestre, et finalement « aller au paradis », comme le disait le Bienheureux Empereur Charles Ier lors de son mariage.
En politique le mariage est « moins brutal et souvent plus efficace que les combats ». L’Archiduc rappelle aussi que les mariages arrangés d’autrefois étaient plus heureux et plus solides que les mariages romantiques de beaucoup de jeunes gens actuels, en raison du partage qu’ils avaient ensemble de la foi, du caractère sacré du mariage, de l’importance de la féco,dité, des responsabilités sociales, et (p. 225) de la chasteté prénuptiale.
Si la maison d’Autriche a beaucoup profité du mariage pour acquérir des royaumes, la maison de France l’a beaucoup utilisé pour obtenir ou maintenir la paix dans le Royaume puis en Europe [et notamment ceux de François Ier avec Eléonore, de Charles IX avec Elisabeth, de Louis XIII avec Anne, de Louis XIV avec Marie-Thérèse, de Louis XVI avec Maie-Antoinette, toutes Archiduchesses d’Autriche ; l’on pourrait ajouter Henri V et Jean III  qui ont épousé Marie-Thérèse et Béatrice Archiduchesses d’Autriche en pleine paix, et encore Alphonse II qui s’apprêtait à épouser l’Archiduchesse Constance, que des principes communs rapprochaient, comme elle le dit après la mort de son fiancé).

   Le deuxième principe est la foi : « La foi catholique a toujours été forte dans notre famille » (comme chez les Rois très-Chrétiens).
L’auteur est gêné par l’actuel œcuménisme et l’actuelle séparation de l’Eglise et de l’Etat, qu’il n’ose pas refuser ouvertement ; mais dans la pratique il loue les actes catholiques de ses ancêtres et leurs actes de dévotion, et regrette la faiblesse religieuse de certains d’entre eux (mais « le Christ est venu sauver les pécheurs ») ; il magnifie le sacre impérial germanique ou royal hongrois, loue la défense de la foi catholique contre l’hérésie, et reprend la phrase de l’Empereur Charles-Quint qu’ « il est plus probable qu’un moine allemand se soit trompé que les maîtres de l’Eglise pendant plus de mille ans ».
« Si le but d’une vie chrétienne est vraiment d’aller au paradis, il est important que les dirigeants vivent leur foi de manière visible ».
A ce sujet on peut regretter l’erreur (pardonnable vue d’Autrivhe) qui croit que pour le Cardinal de Richelieu « tout devait être subordonné aux intérêts de l’Etat, y compris ceux de l’Eglise catholique » (p.85) : une telle affirmation est ne rien comprendre à la politique du Cardinal, qui défendait la Religion catholique en france, comme le reconnaissaient les évêques, et en Europe comme le reconnaissait Urbain VIII.

   Le troisième principe est l’empire (principe différent du « pré carré » français), interprêté comme principe de subsidiarité, « selon lequel tout problème doit être traité par le niveau institutionnel compétent le plus bas », principe naturel évident que les Rois de France ont beaucoup utilisé, et que le Prince reproche à l’Union Européenne de ne pas appliquer.
L’Archiduc rappelle qu’ « en plus la subsidiarité est une politique pertinente et efficace sur le plan politique ».
Il rappelle que l’Empire austro-hongrois a « rassemblé sous le ciel d’un même empire, et dans la paix, des nations bien différentes » (p.14) : tout le contraire des nationalismes modernes depuis la Révolution.
Et il signale à juste titre qu’il n’y a pas de principe d’unité dans l’Union Européenne, tandis que l’ « Empereur, en sa personne, rappelait aux gens ce qui les unissait » (ce qui était aussi le cas du Roi de France).

    Le quatrième principe est la justice (premier devoir aussi du Roi de France), et « servir » sans vouloir « disparaître dans une vie purement privée », et le faire « avec honnêteté », « car Dieu rendra le jugement final » (à la différence, note-t-il, des calculs en vue des élections).
L’Archiduc rappelle qu’en 1910 Théodore Roosevelt, ancien président des Etats-Unis, demanda à l’Empereur François-Joseph quelles étaient, au milieu des chambres et gouvernements élus, son activité. L’Empereur répondit avec clairvoyance : « Ma fonction consiste à protéger mes peuples de leurs politiciens ». Et l’Archiduc ajoute avec lucidité : « Qui protège aujourd’hui les électeurs de leurs politiciens ? »

   Le cinquième principe est celui de Socrate : « Connais-toi toi-même » ; appliqué aux dynasties et aux pays, selon cette phrase de feu l’Empereur Othon : « Ceux qui ne savent pas d’où ils viennent ne savent pas où ils vont, parce qu’ils ne savent pas où ils sont » (c’est aussi valable pour les Français).
L’Archiduc rappelle l’importance de « la stabilité et des valeurs traditionnelles, telles que la famille et la foi », à la différence « des idées mondialistes » et « des modes éphémères ».

   Le sixième principe est le courage au combat : être pacifique ne signifie pas refuser de combattre (de même que le Roi de France, qui, cultivant pacifiquement les lys de son jardin, savait défendre son Royaume).
En ce domaine l’Archiduc a quelques réticences au sujet de la politique internationale du Roi de France : c’est bien compréhensible pour un Archiduc et c’est dit sans polémique, nous ne lui en voudrons pas. Rappelons l’importance que dans les nouvelles  circonstances Louis XV et Marie-Thérèse attachaient à l’union entre l’Autriche et la France.

   Le septième principe est une bonne mort, inspirée de la crypte des Capucins (comme celle des Rois de France l’était de l’abbaye de Saint-Denys).
« Nous allons tous mourir », et c’est « l’un des moments les plus importants de la vie » auquel nous devons nous préparer « dès l’enfance ».
L’Archiduc rappelle l’existence de l’enfer et du purgatoire (qu’il s’étonne de ne plus voir rappeler par les prêtres lors des funérailles), le peu de probabilité d’une conversion sur son lit de mort, et la nécessité de prier pour les morts. Les anciens souverains « savaient que leur mort devait donner à leurs sujets un exemple public », « que le moment de la mort était leur dernière chance de se faire pardonner auprès de Dieu », et « que la prière (des survivants, notamment des monastères) pouvait les aider à paser du purgatoire au paradis ».
Mentionnons un éloge de la Reine de France Marie-Antoinette d’Autriche (p.201), que nous apprécierons.
Et rappelons l’une des dernières paroles du Bienheureux Empereur Charles Ier : « Je dois endurer toutes ces souffrances pour l’union de mon peuple ».

   En conclusion : « la prochaine fois qu’un homme politique fera quelques chose de stupide, posez-vous la question suivante : Qu’aurait fait un Habsbourg à sa place ? » Et un Bourbon ?

   En somme un livre agréable, instructif, de bon esprit, avec de beaux portraits d’Empereurs et d’Archiducs, et qui donne de son auteur une idée sympathique.
Nous lui présentons nos respectueux remerciements pour son livre.

Abbé Gabriel Equin +.

Tolbiac et le livre de l'Archiduc Edouard de Habsbourg-Lorraine - blogue

Même le prince-chat du Prieur de la Confrérie Royale a beaucoup aimé ce livre !

226-117. Bénédictions de Saint Grégoire le Grand pour demander la pluie, demander le beau temps, et sanctifier les fruits nouveaux.

       Dans la continuité de ce que nous avons publié précédemment > ici, nous souhaitons porter à votre connaissance le texte de bénédictions que l’on trouve dans les œuvres de Saint Grégoire Ier le Grand (vers 540 – 604). En effet, au milieu de très nombreuses autres liées à des circonstances diverses de la vie ecclésiales, il s’en trouve deux qui ont rapport aux conditions météorologiques, et auxquelles font suite une bénédiction des fruits nouveaux.
Les fidèles qui demandent à Dieu d’être préservés des phénomènes climatiques extrêmes, pourront bien sûr, les reprendre ou s’en inspirer en cas de nécessité.

Source : Gregorius I - Benedictiones / editio: Migne 1849. 

Pedro Berruguete - Saint Grégoire le Grand - vers 1495

Pedro Berruguete (1450-1503) : Saint Grégoire le Grand (vers 1495)
[musée national d'art de Catalogne, Barcelone].

Benedictio ad pluviam postulandam :

   Inclina, quaesumus Domine, aures pietatis tuae ad populi tui preces, et faciem totius terrae largis imbribus irrigare dignare.
Amen.
Tribue auras salubres, atque aegris restitue pristinam sanitatem, ut animae quae promissiones tuas sitiunt de tua semper charitate abundantius repleantur.
Amen.
Da nobis, quaesumus, pluviam salutarem, et aridam faciem terrae fluentis coelestibus dignanter infunde.
Amen.

Quod ipse praestare dignetur, cujus regnum et imperium sine fine permanet in saecula saeculorum.
Amen.

Benedictio Dei Patris, qui est trinus in personis, unus quoque in essentia deitatis repleat.

Bénédiction pour demander la pluie :

    Nous Vous en supplions, Seigneur, inclinez l’oreille de Votre piété vers les prières de Votre peuple et daignez irriguer la surface de toute la terre de pluies abondantes.
Ainsi soit-il.
Accordez-nous des brises bienfaisantes, et rendez aux malades leur santé d’antan, afin que les âmes assoiffées de Vos promesses soient toujours davantage remplies de Votre charité.
Ainsi soit-il.
Accordez-nous, nous Vous en supplions, une pluie salutaire, et répandez dignement les eaux du ciel sur la surface aride de la terre.
Ansi soit-il.

   Qu’il daigne Lui-même nous l’accorder, Lui dont le règne et l’empire durent à jamais.
Ainsi soit-il.

Que la bénédiction de Dieu [notre] Père, qui est trine en ce qui concerne les Personnes, mais Un dans l’essence de la Divinité, [nous] comble.

Prière pour demander la pluie

Benedictio ad serenitatem postulandam :

   Magnificentiam tuam, Domine, suppliciter imploramus, ut qui imminentibus pluviarum periculis populum tuum terruisti potenter, eumdem sub tui oris benedictione prostratum consolari jubeas, serenitate concessa temporum.
Amen.
Ut humanarum rerum prosperitate percepta, terrenis consolationibus gratulemur.
Amen.
Neque gaudia quaerere cessemus superna, sed et quidquid laetitiae temporalis fasce impeditur, eruditione potius sempiterna pellatur.
Amen.

   Quod ipse praestare dignetur, cujus regnum et imperium sine fine permanet in saecula saeculorum.
Amen.

Benedictio Dei Patris, qui est trinus in personis, unus quoque in essentia deitatis repleat.

Bénédiction pour demander du beau temps :

   Seigneur, nous implorons humblement Votre magnificence, Vous qui avez puissamment effrayé Votre peuple par les imminents dangers des pluies : ce même peuple accablé sous la bénédiction de Votre bouche, daignez le consoler en lui accordant la sérénité des temps.
Ainsi soit-il.
Afin qu’ayant reçu la prospérité des affaires humaines, nous poussions nous réjouir des consolations terrestres.
Ainsi soit-il.
Que nous ne cessions pas de rechercher les joies célestes, mais que tout ce qui est entravé par le fardeau des joies temporelles soit plutôt dissipé par la sagesse éternelle.
Ainsi soit-il.

   Qu’il daigne Lui-même nous l’accorder, Lui dont le règne et l’empire durent à jamais.
Ainsi soit-il.

Que la bénédiction de Dieu [notre] Père, qui est trine en ce qui concerne les Personnes, mais Un dans l’essence de la Divinité, [nous] comble.

Prière pour demander le beau temps

Benedictio novi fructus cum sacrat :

   Tibi, piissime Deus, supplices fundimus preces, ut familiam tuam sub potentia dexterae tuae prostratam benedicendo sanctifices.
Amen.
Fidem in eis, pacem et humilitatem impertiendo multiplica, ut clementiae tuae dono custodientes quae praecipis, mereantur obtinere quae promittis.
Amen.
Ac per illustrationem unici Filii tui Domini nostri Jesu Christi, et Spiritus Sancti benedictionem sanctifica, ut, depulsis atque abjectis vetusti hostis insidiis, salubriter ex hujus diei anniversaria solemnitate de universis terrae edendis germinibus primitias tibi offerentes sumant, atque in tuo sancto nomine cuncta deinceps edant.
Amen. 

   Quod ipse praestare dignetur, cujus regnum et imperium sine fine permanet in saecula saeculorum.
Amen.

Benedictio Dei Patris, qui est trinus in personis, unus quoque in essentia deitatis repleat.

Bénédiction pour sanctifier les fruits nouveaux :

   A Vous, Dieu très pieux, nous offrons nos prières suppliantes, afin que Vous sanctifiez Votre famille, prosternée sous la puissance de Votre droite, en la bénissant.
Ainsi soit-il.
Accroissez en eux la foi en leur communiquant la paix et l’humilité, afin que par le don de Votre clémence en gardant ce que Vous avez prescrit, ils méritent d’obtenir ce que Vous avez promis.
Ainsi soit-il.
Et par la lumière de Votre Fils unique, Notre-Seigneur Jésus-Christ, et la bénédiction du Saint-Esprit, sanctifiez, afin que, ayant chassé et écarté les pièges de l’ancien ennemi, ils reçoivent sainement, en ce jour solennel, les prémices de tous les fruits de la terre, Vous les offrant, et qu’ils puissent désormais manger toutes choses en Votre saint nom.
Ainsi soit-il.

   Qu’il daigne Lui-même nous l’accorder, Lui dont le règne et l’empire durent à jamais.
Ainsi soit-il.
Que la bénédiction de Dieu [notre] Père, qui est trine en ce qui concerne les Personnes, mais Un dans l’essence de la Divinité, [nous] comble.

Bénédiction des fruits de la terre

2026-114. « Son œuvre s’apparente merveilleusement aux splendeurs de l’apothéose de Louis XIV ; elle transpose en musique les nobles architectures de Versailles ».

18 juin,
Fête de Saint Ephrem de Nisibe, diacre et confesseur, docteur de l’Eglise (cf. > ici et > ici ) ;
Mémoire de la Bienheureuse Marine de Spolète, vierge de l’Ordre de Saint Augustin ;
Mémoire des Saints Marc et Marcellien, martyrs ;
Anniversaire de la victoire de Patay (18 juin 1429 – cf. > ici) ;
Aniversaire de la mort de Michel-Richard de Lalande (+ 18 juin 1726).

Versailles - intérieur de la Chapelle Royale

Palais de Versailles : intérieur de la Chapelle Royale.

       Nous reproduisons ci-dessous la quasi intégralité de l’article du musicologue Jules Combarieu (+ 1919) publié dans l’ « Histoire de la musique des origines au début du XXe siècle », parce qu’il nous semble présenter un assez bon résumé de la carrière du musicien dont ce 18 juin ramène l’anniversaire du trépas : Michel-Richard de Lalande, musicien que nous goûtons très particulièrement au Mesnil-Marie.

   Sans doute les appréciations et comparaisons de Monsieur Combarieu datent-elles quelque peu et peuvent-elles être sujettes à discussion, surtout après l’heureuse redécouverte et mise en valeur de la musique du Grand Siècle accomplie depuis la fin du XXème siècle ; mais la dernière phrase de cet article – phrase dont nous avons fait le titre de cette publication -, à elle seule, en rachète-t-elle toutes les imperfections !

Michel-Richard de Lalande estampe à partir du portrait réalisé par Jean-Baptiste Santerre

Michel-Richard de Lalande

[estampe réalisée à partir de l’unique portrait peint de son vivant
par Jean-Baptiste Santerre (1641-1717), portrait aujourd’hui perdu,
mais reproduit en gravure par Simon Thomassin (1655-1733)]

né à Paris le 15 décembre 1657,

mort à Versailles, le 18 juin 1726.

       « Michel Richard de Lalande est un Parisien. Il naquit dans la paroisse Saint-Germain-l’Auxerrois, d’un marchand tailleur dont il était le quinzième enfant.
Vers sa quinzième année, c’était un organiste habile, un accompagnateur excellent, violoniste, et maître dans l’art de la composition telle qu’on l’entendait en France.
Lalande fut assez vite connu. Si Lulli, lors de l’établissement de l’Opéra, refusa de le prendre parmi les violons de son orchestre, il fut bientôt appelé aux orgues de Saint-Gervais, de Saint-Jean, des Jésuites de la maison professe et du Petit-Saint-Antoine, qu’il servit en même temps. En 1673, il concourut pour l’orgue de la Chapelle du Roi et son 
âge seul l’empêcha d’être choisi. Peu après, le duc de Noailles lui confiait l’éducation musicale de sa fille.
Bientôt, Lalande fut choisi pour montrer à jouer du clavecin aux deux filles de Louis XIV et de Madame 
de Montespan, Mademoiselle  de Nantes et Mademoiselle  de Blois. En même temps, dit son biographe, « Sa Majesté lui faisait composer de petites musiques françaises qu’Elle venait examiner elle-même plusieurs fois  le jour et qu’Elle lui faisait retoucher jusqu’à ce qu’Elle fut contente ».
Ces compositions, divertissements, cantates, ballets, pièces instrumentales, dont beaucoup ne subsistent plus, firent de Lalande, à qui la faveur royale ne manqua jamais, un compositeur très à la mode.

Michel-Richard de Lalande : Chaconne
(faire un clic droit sur l’avatar ci-dessous, puis ouvrir dans un nouvel onglet)

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   En 1683, la maîtrise de la Chapelle du Roi venant à vaquer par la retraite de Du Mont et Robert, la place fut mise en quartier et, après un concours très solennel, quatre maîtres furent choisis, entre autres Lalande. Peu à peu il arrive à réunir sur sa tête les quatre quartiers et il exerce cette charge jusqu’à sa mort.
Sa vie désormais s’écoula tout entière à Versailles, entre les devoirs de ses charges (il est aussi Surintendant de la musique de la
Chambre à partir de 1689) et ses travaux de compositeur.
D’abord marié, en 1684, à Anne Rebel, la sœur du violoniste compositeur Jean-Féry Rebel, qui lui donna deux filles chanteuses excellentes mais qui moururent toutes deux très jeunes en 1712 ; il devint veuf en 1723. Il se remaria l’année suivante avec Mademoiselle 
de Cury, fille d’un chirurgien de la princesse de Conti, et aussi cantatrice distinguée.

   Nous n’avons pas à nous occuper ici de son œuvre profane dont une partie subsiste manuscrite dans diverses bibliothèques. Il suffira de citer (au Conservatoire de Paris, collection Philidor) les pièces instrumentales Musique pour les soupers du Roy, et aussi le ballet des Éléments (1721), écrit en collaboration avec Destouches, qui se trouve réédité par M. d’Indy dans la collection Michaëlis.
Malgré le grand mérite de ces compositions, le titre de gloire le plus solide de Lalande est dans ses 40
Motets à grand chœur et orchestre, publiés en cinq livres, en 1729, par les soins de sa veuve. En même temps paraissaient Trois Leçons de Ténèbres avec un Miserere à voix seule. Ce sont là les seules de ses œuvres imprimées. Avec un Laudate Dominum (deux voix, à instruments à vent et basse-continue) et un court Domine Salvum (Bibl. de Versailles, ms. music. n° 18), c’est tout ce qui reste de l’œuvre religieuse de Lalande.

Michel-Richard de Lalande : Concert de trompettes
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   Voici le titre du recueil manuscrit de Versailles (n° 18) : Motets de Messieurs de Lalande, Mathau, Marchand l’aisné, Couperin et Dubuisson, qui servent dans les départs de Sa Majesté de Versailles à Fontainebleau, et de Fontainebleau à Versailles, avec une petite musique qui reste pour les Messes des derniers jours pendant que toute la musique prend les devants afin de se trouver tous à la messe du premier jour. Recueillis par Philidor l’aisné… fait à Versailles, 1697. Ce sont des pièces à 3 voix, deux dessus et basse, ordinairement accompagnées de deux violons avec basse continue. Un motet de Lalande, Laudate dominum, est pour 2 voix, dessus et basse, avec flûtes, hautbois, trompettes, timbales et basse continue.

   Les motets à grand chœur sont un des monuments les plus caractéristiques de l’art français. Ils attestent à la fois la haute valeur de Lalande et l’originalité de la culture musicale de son temps, beaucoup plus variée, plus forte et plus profonde que ne le révèle l’opéra de Lulli où l’on croit voir à tort le plus bel effort de l’art du XVIIème  siècle. Les contemporains mettaient au même rang Lalande et Lulli ; il faut voir dans ce rapprochement une forme de louange plutôt que l’expression d’une similitude de style ou d’inspiration.
La forme du grand motet — suite de morceaux divers, indépendants quoique exécutés sans interruption à l’ordinaire — ne répugne pas sans doute à l’esthétique lulliste. Comme à l’Opéra, si l’on veut, les chœurs ou les morceaux d’ensemble y succèdent aux airs. Mais la conception et la réalisation sont différentes dans les deux genres.
L’écriture de Lalande, dans les morceaux polyphoniques, est beaucoup plus figurée. Du style fugué — à la française — il fait un usage habituel. Alors même qu’il n’y a point de recours, il ne se contente qu’exceptionnellement de l’homophonie chère au Florentin. La trame de ses ensembles s’étoffe constamment d’imitations, très courtes sans doute, souvent à peine esquissées, mais qui les animent singulièrement. Rien de plus étranger à Lulli que ce genre de contrepoint, traditionnel chez les Français depuis Du Caurroy et qui, chez Lalande, se complète par l’emploi régulier d’une ou deux parties obligées de violon ayant leur dessin propre et circulant infatigablement au travers des chœurs.
II est facile de trouver dans l’œuvre de Du Mont le modèle immédiat sur lequel le compositeur s’est formé. II n’a fait qu’étendre les procédés dont le vieux maître de Liège lui avait fourni les premiers essais.

Michel-Richard de Lalande : Te Deum
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   Dans les airs à une ou deux voix, Lalande innove davantage. On lui doit les premières tentatives en France de l’air concerté, où un ou deux instruments dialoguent en imitation avec la voix. S’il demeure loin de ce que Bach fera en ce genre vingt ou trente ans plus tard, sa conception est tout à fait du même ordre. Peut-être au surplus l’emprunta-t-il aux maîtres italiens dont nous savons que les œuvres lui furent familières.

   Au point de vue strictement harmonique, Lalande est encore plus éloigné de Lulli. Il est certain que l’influence de celui-ci contribue grandement à appauvrir la technique. Il est non moins sûr que le matériel dont Lalande fait usage est exactement celui de Rameau. Toutes les combinaisons de fils qui se retrouvent dans l’œuvre de Rameau (…), sont employées, chez Lalande ; et si celui-ci — comme divers de ses contemporains d’ailleurs — était moins ignoré, il ne viendrait à personne l’idée de faire honneur à Rameau d’une foule d’inventions sonores usuelles dans l’école musicale française bien avant lui, encore que l’art de Lulli les ait tout à fait ignorées.
Les mêmes observations s’imposent pour l’orchestre. 
Quoique celui de Lalande nous soit parvenu sous la forme schématique des publications de ce temps, il est facile d’observer au moins des recherches de détail significatives. L’emploi des instruments solos, flûtes, hautbois, violon ou basson, y est extrêmement ingénieux et devait s’opposer heureusement aux massives sonorités du quatuor et de l’orgue soutenant, en les doublants, les grands ensembles.

Michel-Richard de Lalande : Regina cœli
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   Il est plus malaisé de caractériser en peu de mots la valeur expressive et proprement musicale de l’œuvre.
Tout d’abord, notre conception de l’art religieux ne s’accorde que très mal avec celle de ces motets, écrits sur le texte des psaumes et faits pour être exécutés, sans souci des convenances liturgiques, au cours d’un office auquel ils demeuraient pour ainsi dire étrangers. Puissamment décoratifs, les musiques de Lalande concèdent assez peu à l’onction et à la piété ; en revanche, le musicien s’y montre fort exact à traduire, sans exagération, tout ce qui est pittoresque ou dramatique. Cependant il est beaucoup d’airs ou de duos comprenant (…) une expression touchante ou pathétique de la plus grande beauté.
Il est tels ensembles enfin qui valent — et grandement — par la splendeur des sonorités et la magnificence des formes. Sous ce rapport, Lalande pourrait très justement être rapproché de Hændel qui n’a pas moins que lui recherché ces effets grandioses ; et quelque difficulté que puisse éprouver un moderne à sentir pleinement le prix de cet art majestueux, d’une noblesse et d’une pompe presque constamment soutenues, il convient d’admirer en ce très grand maître un des musiciens les plus représentatifs de la tradition française.

   Son œuvre s’apparente merveilleusement aux splendeurs de l’apothéose de Louis XIV ; elle transpose en musique les nobles architectures de Versailles. »

Jules Combarieu (1859-1916),
musicologue, docteur ès lettres,
dans Histoire de la musique des origines au début du XXe siècle,
tome III ( Paris Librairie Armand Colin, n° 743, 1919 )

 Michel-Richard de Lalande : Grande pièce royale
« Fantaisie ou caprice que le Roy demandoit souvent »
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Armoiries de Michel-Richard de Lalande - blogue

Armoiries de Michel-Richard de Lalande

2026-111. « Je ne veux pas voir se désagréger la France que nous ont laissée nos rois ».

Jeudi soir 11 juin 2026,
Anniversaire du Sacre de Louis XVI (11 juin 1775).

Armes de France & Navarre

       Ce jeudi 11 juin 2026, alors que nous étions entré dans la si belle et si importante fête du Sacré-Cœur de Jésus, puisque les premières vêpres en étaient achevées, Monseigneur le Prince Louis de Boubon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX a annoncé sur les réseaux sociaux la parution dans les pages du Figaro (cf. > ici), d’une tribune intitulée «Saint-Denis n’est pas le symbole de la nouvelle France !», dans laquelle, s’insurgeant avec vigueur contre l’instrumentalisation de la ville de Saint-Denis, orchestrée par un parti révolutionnaire dont le tribun aboie – à l’occasion – pour exalter Robespierre, notre Souverain légitime « remet quelques pendules à l’heure » et rappelle le caractère unificateur de la royauté capétienne traditionnelle.

   Ce texte est vraiment un magnifique cadeau que nous fait notre Roi en cette fête du divin Cœur de Jésus !

   Voici tout d’abord le texte publié par Sa Majesté sur les réseaux sociaux pour inviter à lire sa tribune :

   « Alors que l’orage de la partition gronde en France, je souhaite réaffirmer la source d’unité qu’a pu être et que pourrait redevenir la monarchie. En ces temps de trouble, l’histoire millénaire de la France ne doit pas être un motif de nous diviser, mais au contraire de nous retrouver.

   Dans les colonnes du Figaro je rappelle que la monarchie a agrégé pendant des siècles des régions, des principautés, des États et des îles dont les langues, les traditions et les coutumes lui étaient différentes.
L’œuvre d’unification se pensait en générations entières et non en mandature éphémère.
Les rois ont mis un point d’honneur à respecter les identités sans pour autant renoncer à exercer leur souveraineté pleine et entière.
Les différences et l’altérité n’ont jamais été source de peur pour les rois de France. Elles étaient garanties tant qu’elles ne constituaient pas une concurrence pour l’État, et tant qu’elles ne nuisaient pas à la tranquillité publique et à la paix sociale ».

Louis XX à Aix-en-Provence mai 2026

Sa Majesté le Roi lors de son récent
déplacement en Provence (mai 2026)

Et maintenant, voici l’intégralité du texte de la tribune de Sa Majesté dans Le Figaro :

       « Saint-Denis, la ville des rois morts et du peuple vivant. » C’est une phrase devenue à la mode. En un sens, elle n’est pas fausse. La nécropole des souverains qui ont fait la France est au cœur d’un des départements les plus jeunes du pays, un des derniers qui tire la démographie française vers le haut. Le contraste est saisissant. Comme si cette terre était rendue plus fertile grâce à un terreau sacré.
Quelle chance pour le peuple de Seine-Saint-Denis que de vivre à l’ombre d’un des monuments les plus emblématiques de notre histoire. Car en effet, ce mausolée abrite les dépouilles de ceux qui, patiemment, ont bâti notre pays. Ils lui ont donné sa forme, un espace géographique – un des plus beaux qui soit – mais aussi une âme. Une âme que le monde entier nous a enviée, faite d’honneur, de justice et d’élégance.
Cette longue histoire et cette construction millénaire se rappellent à nous chaque année. Ainsi, nous célébrons en 2026 les 800 ans du sacre de Saint Louis, roi du peuple s’il en est. S’occupant des malades et des pauvres, soucieux de faire appliquer une bonne justice pour tous, désireux de la paix avec les États voisins. Cela serait un beau programme de gouvernement pour la France du XXIe siècle. Justice sociale, souci des plus petits et des plus faibles, paix dans le monde.
Bien sûr nous pouvons aussi faire le choix de la division. De dresser une France contre l’autre. De souhaiter l’avènement d’une nouvelle contre une ancienne. De fracturer la population française en autant de peuples irréconciliables. Si nous aimons la fureur et le fracas, si nous aimons mieux déconstruire que bâtir, si nous voulons briser l’âme de notre pays et partant son peuple, alors nous pouvons suivre ces sirènes. Mais je ne saurai m’y résoudre. Ni pour la France, ni pour les Français.
Je ne veux pas renvoyer dos à dos notre histoire millénaire et le peuple vivant de 2026. Je ne veux pas prendre l’un pour écraser l’autre.

   En tant qu’aîné des Capétiens, je veux rappeler l’héritage de ma tradition politique : c’est celle d’une royauté qui, œuvrant pendant plus de 800 ans, a constitué sans se hâter notre territoire national. Elle a agrégé pendant des siècles des régions, des principautés, des États et des îles dont les langues, les traditions et les coutumes lui étaient différentes. L’œuvre d’unification se pensait en générations entières et non en mandature éphémère.
Bien entendu, tensions et violences ont existé dans ce processus mais les rois ont mis un point d’honneur à respecter les identités sans pour autant renoncer à exercer leur souveraineté pleine et entière. Les différences et l’altérité n’ont jamais été source de peur pour les rois de France. Elles étaient assumées et unifiées dans la personne royale. Elles étaient garanties tant qu’elles ne constituaient pas une concurrence pour l’État, et tant qu’elles ne nuisaient pas à la tranquillité publique et à la paix sociale.
Nous avons oublié que la détention de l’autorité et l’exercice du pouvoir impliquent forcément un respect mutuel entre celui qui la détient et qui l’exerce et celui sur lequel ils s’appliquent. L’un et l’autre ne sont pas négociables. Cela détermine à terme la cohérence politique et sociale de notre Patrie.

   Soyons intraitables avec ceux qui veulent former un État dans l’État comme nous devons l’être avec ceux qui souhaitent un égalitarisme stérile qui penserait masquer des différences pourtant nécessaires à l’épanouissement d’une société. Puisons dans notre histoire des enseignements féconds plutôt que de vouloir la brocarder. Faisons-la aimer dans ce qu’elle a d’aimable aux populations qui l’ignorent.
Il ne saurait y avoir de nouvelle France. Il y a encore et toujours ce même pays qui évolue, qui se renforce ou qui s’affaiblit, qui se divise ou qui s’unifie, qui s’enrichit ou qui s’appauvrit au gré des âges. Notre passé européen nous renseigne qu’aucune nation n’est éternelle. La nôtre pas plus qu’une autre. Alors ne provoquons pas sa sortie de route de l’histoire. Continuons à la faire vivre. Apprenons à trouver des repères unificateurs, inscrivons-nous dans le temps long d’une réelle continuité.

   A Saint-Denis, en effet mes ancêtres capétiens, mais également mérovingiens et carolingiens sont bel et bien morts. 1500 ans d’histoire reposent dans le calme. Mais quelque part leur action est encore vivante à travers la France contemporaine. Et je désire au plus profond de moi-même que leur exemple, leur figure et leur action continuent à être de puissants ressorts fédérateurs.
Le peuple vivant de la France de 2026, c’est-à-dire l’ensemble de la population française sans exception, ne saurait vivre malgré eux voire en opposition à eux.
Les Français établis de longue date comme les plus récemment arrivés sont et doivent être les fils spirituels de notre histoire et de nos rois. Les premiers sont parfois oublieux de leur passé en raison des carences éducatives dramatiques de notre système d’instruction ; les seconds sont maintenus dans un état d’ignorance coupable voire même de mensonges et d’exagérations criminels. Nous ne donnons plus les clés nécessaires pour comprendre, accepter et intégrer notre histoire. Les uns la négligent, les autres ne la connaissent pas ou la détestent. Quant à ceux qui considèrent la France comme une identité secondaire, voire administrative, ils ne comprennent décidément pas ce qu’est la France et doivent en tirer les conséquences.
Il est grand temps de réparer toutes ces inconséquences.
Il est grand temps d’arrêter de souffler sur les braises de la division qui ne demandent qu’à s’enflammer.

   En tant que Chef de la Maison de Bourbon, j’aspire à incarner une forme de continuité, un repère dans lequel tous puissent se retrouver.
A l’ombre d’une Couronne unificatrice, transcendance et subsidiarité peuvent se conjuguer. Verticalité et autonomies locales peuvent coexister. Retrouvons le goût des différences qui se complètent et qui ne s’opposent pas, le goût de la continuité historique, le goût de la paix entre les différents corps sociaux.
Je ne veux pas voir se désagréger la France que nous ont laissée nos rois. Je veux qu’elle affronte les difficultés du temps, groupée autour d’un dénominateur commun, et qu’elle surmonte cette crise sociale, économique et identitaire. La monarchie peut être le creuset du peuple vivant de demain qui ne continuera à exister que s’il prend appui sur le peuple mort, celui de l’ensemble de nos ancêtres qui nous ont transmis ce pays, sa langue, ses coutumes et sa douceur de vivre.

   Mes ancêtres les rois Henri IV et Louis XVIII, après les affres de guerres civiles qui avaient tant divisé les Français, ont chacun établi leur règne sur deux mots : paix et unité. Deux cents ans après le dernier, leur successeur n’a pas d’autre souhait pour la France.

   Que Saint Louis, modèle des gouvernants, protège notre pays de la division, et garantisse la paix à notre temps.

Basilique de Saint-Denys simulation de la façade restituée

La basilique-nécropole royale de Saint-Denis
avec sa tour nord reconstruite
telle que nous espérons la voir bientôt.

2026-110. De la communion spirituelle.

Mercredi dans l’octave du Saint-Sacrement.

Image souvenir de communion - blogue

       La communion spirituelle, appelée aussi parfois « communion de désir », est probablement du nombre des plus puissants et aussi des plus faciles parmi les moyens de sanctification à notre portée – tous les jours et à chaque instant du jour -, mais il est peut-être aussi l’un des plus ignorés, spécialement à notre époque.
Déjà au XVIIIème siècle Saint Léonard de Port-Maurice s’exclamait avec tristesse :

   « O salutaire communion spirituelle ! Trésor caché et connu de bien peu de chrétiens… Autant vous êtes précieuse, autant vous êtes peu connue, et surtout peu pratiquée des chrétiens de nos jours ! »

   Depuis des siècles, les grands spirituels, de très nombreux saints, des docteurs de l’Eglise, des pontifes – jusqu’au Vénérable pape Pie XII -, et même le concile de Trente ont enseigné et recommandé sa pratique : on ne peut donc qu’être frappé par l’ignorance de tant de fidèles à son sujet et, en conséquence, par cette négligence d’une pratique de dévotion si fructueuse, qui peut être accomplie par tous, tandis que la communion sacramentelle exige des dispositions de corps et d’âme qui rendent parfois nécessaire que l’on s’en abstienne.

Figure eucharistique - vignette - blogue

I – Qu’est-ce que la communion spirituelle ?

   On appelle communion spirituelle un acte intérieur d’union à Notre-Seigneur Jésus-Christ réellement et substantiellement présent dans la Sainte Eucharistie, réalisée non par la réception du sacrement, mais par le désir de cette réception :

   « Elle consiste dans un ardent désir de se nourrir du Pain céleste, avec une foi vive qui agit par la charité et qui nous rend participants des fruits et des grâces du Sacrement » (concile de Trente, session XIII, ch. 8).

II- Quels éléments comporte la communion spirituelle ?

   Elle est constituée essentiellement par un désir.
Avec sa précision coutumière, Saint Thomas d’Aquin affirme que l’effet du sacrement peut être réalisé dans l’âme, même si l’on reçoit la Sainte Eucharistie seulement en désir, comme c’est le cas dans la communion spirituelle.
C’est aussi ce qu’enseigne Saint François de Sales :

   « Quand vous ne pourrez pas avoir ce bien de communier réellement à la Sainte Messe, communiez au moins de cœur et d’esprit, vous unissant par un ardent désir à cette chair vivifiante du Sauveur » (Introduction à la vie dévote, chap. 21).

   C’est un désir explicite du sacrement, inspiré par la charité.
La communion spirituelle requiert l’état de grâce. Nous verrons les conséquences de cette condition pour les effets de la communion spirituelle.
Quant aux dispositions qu’implique cette foi vive, cette charité, dont parle le concile de Trente, ce sont celles qui sont indiquées ci-dessous et dont les formules remplissent les livres de piété sous la rubrique : « actes avant et après la sainte communion ».

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III- La valeur de la communion spirituelle repose sur deux principes :

   -III a. Premier principe : la foi en la présence de Notre-Seigneur Jésus- Christ dans le Saint-Sacrement de l’Eucharistie comme source de vie, d’amour et d’unité.
On ne peut bien comprendre le désir de la Sainte Eucharistie, si on n’accepte pas le principe de sa valeur sanctifiante : c’est parce que l’on croit à la Présence réelle et vivifiante du Christ dans l’Eucharistie, qu’on désire recevoir le sacrement. C’est parce que l’on croit au caractère spécial de ce sacrement, qui est d’augmenter la vie de la grâce, d’intensifier la charité, de fortifier l’unité qui nous lie au Corps Mystique, que l’on désire cette union au Christ. C’est parce que l’Eucharistie, selon la promesse de Notre-Seigneur, est le Pain de l’âme, un aliment de vie, une nourriture spirituelle, que l’on veut effectivement s’en nourrir.
Les textes de la liturgie catholique nous rappellent à tout moment – très particulièrement dans les oraisons « secrète » et « postcommunion » des Messes – et déclinent ce caractère propre du sacrement.

   -III b. Deuxième principe : l’efficacité du désir peut suppléer l’acte sacramentel.
C’est un principe admis par les théologiens qu’en beaucoup de cas le désir supplée l’acte, quand celui-ci ne peut être accompli en lui-même. Par le désir, la communion est en quelque sorte accomplie ; sans doute elle ne l’est pas matériellement mais le désir atteint la réalité sans passer par le signe sacramentel.
Ainsi, l’âme qui tend ardemment à s’unir à la vie du Christ-Sauveur dans la Sainte Eucharistie la trouve, par Sa grâce, car Notre-Seigneur ne saurait manquer à ceux qui Le cherchent.

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IV- Quels sont les effets de la communion spirituelle ?

   Les effets produits par la communion spirituelle sont semblables à ceux de la communion eucharistique : augmentation de la grâce sanctifiante, grâces d’amour, de vie, de pureté, d’unité.

   On rapporte de Sainte Angèle de Mérici que lorsqu’on ne lui permettait pas la réception de la sainte communion (en un temps où la communion quotidienne était très exceptionnelle), elle y suppléait par de fréquentes communions spirituelles dans le cours de la Sainte Messe, et elle se sentait parfois inondée de grâces semblables à celles qu’elle aurait reçues si elle avait communié sous les espèces sacramentelles.

   Ces effets peuvent parfois être supérieurs à ceux produits par la communion sacramentelle, si les dispositions de l’âme sont très pures et très ferventes : 

   « Il peut arriver que vous fassiez cette communion spirituelle avec une telle ferveur, que vous méritiez au moins autant de grâces qu’on en obtient par la communion sacramentelle », écrit le Vénérable Louis Dupont s.j.

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V- Comment la communion spirituelle doit-elle être pratiquée ?

   Les actes de la communion spirituelle sont du même ordre que ceux qui précèdent, accompagnent et suivent la communion sacramentelle. Ils sont bien décrits dans ce texte :

   « Toute personne pieuse doit d’abord concevoir un sincère repentir de ses péchés et purifier par cette douleur le tabernacle de son cœur, où elle désire recevoir et faire reposer le divin Sauveur.
Ensuite elle fera un acte de foi vive sur la Présence réelle de Jésus-Christ dans cet auguste Mystère.
Puis elle considérera la grandeur et la majesté de ce Dieu caché sous le voile des Saintes Espèces : qu’elle réfléchisse à l’amour immense, à la grande bonté avec lesquels Il désire S’unir à nous ; qu’elle jette aussi ses regards sur sa faiblesse et sa propre misère.

   Après ces considérations elle doit faire des actes d’humilité et de désir : d’humilité, à la vue de sa propre indignité ; de désir, à cause de l’amabilité infinie de Dieu.

   Enfin, puisqu’il ne lui est pas donné de s’unir à son bon Sauveur par la réception réelle de l’Eucharistie, qu’elle s’en approche en esprit et s’unisse à Lui par le doux lien d’un amour paisible et tranquille.

   Elle terminera la communion spirituelle en remerciant et en louant le Seigneur ; car, quoique Jésus-Christ ne soit pas descendu sacramentellement dans son cœur, il était cependant bien disposé à cette union d’amour et la désirait avec toute l’ardeur de la charité. Elle Lui demandera donc les grâces dont elle se reconnait indigne, et s’appliquera sérieusement à produire les actes qu’elle a coutume de faire après la réception de cette nourriture divine » (Jean-Baptiste Scaramelli s.j. , « Méthode de direction spirituelle »).

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Prière de Saint Alphonse-Marie de Ligori

pour la communion spirituelle :

   Mon Jésus,
je crois à Votre Présence
dans le Très Saint Sacrement.
Je Vous aime plus que toute chose
et je desire que Vous veniez dans mon âme.

   Je ne puis maintenant Vous recevoir sacramentellement dans mon coeur :
venez-y au moins spirituellement.

   Je Vous embrasse comme si Vous étiez déjà venu,
et je m’unis à Vous tout entier.

   Ne permettez pas que j’aie jamais
le malheur de me séparer de Vous.

Ainsi soit-il !

gravure de missel - fête-Dieu

2026-109. La question centrale concernant la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X (par S.Exc. Mgr. Athanasius Schneider).

Vendredi 5 juin 2026,
Premier vendredi du mois ;
Fête de Saint Boniface de Mayence, évêque et martyr ;
Vendredi dans l’octave du Saint-Sacrement.

clefs de l'Eglise - vignette

       Moins d’un mois avant les Sacres annoncés par la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX), la dernière intervention publique de Son Excellence Monseigneur Athanasius Schneider a été publiée ce jeudi 4 juin 2026 par la vaticaniste Diane Montagna sur son blog Substack.
Nous en avons eu connaissance par le site américain LifeSiteNews et nous avons choisi d’en publier intégralement ci-dessous la traduction française (qui a été générée par un traducteur automatique).
Nous sommes infiniment reconnaissants à Son Excellence Monseigneur Schneider pour son courage et sa lucidité, sa charité et sa pertinence.

Monseigneur Athanasius Schneider

Son Excellence Monseigneur Athanasius Schneider.

   Les questions et problèmes relatifs à la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX) font l’objet d’un débat largement stérile depuis plus de cinquante ans et ont abouti aux consécrations épiscopales annoncées, qui n’ont pas encore été approuvées par le Saint-Siège. Ce débat, souvent alimenté par l’émotion – parfois littéralement « cum ira et studio » –, est fréquemment mené par des personnes qui ne connaissent pas directement les documents pertinents ni n’ont d’expérience personnelle de la FSSPX. Dans bien des cas, leurs connaissances sont superficielles et influencées par des préjugés. De ce fait, le débat ressemble souvent à un dialogue de sourds, où les mêmes arguments sont répétés indéfiniment sans aucun progrès significatif.

   De plus, le débat élude largement la question centrale soulevée par la FSSPX. Cet échec découle d’une erreur méthodologique fondamentale et d’un manque de justification factuelle concernant les ambiguïtés doctrinales et liturgiques objectives qui sont au cœur de la controverse. Au fond, le conflit porte sur la question de la vérité.

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1. Vatican II dans le contexte des vingt autres conciles œcuméniques :

   La première erreur consiste à traiter un concile pastoral – en l’occurrence, le Concile Vatican II – comme s’il était entièrement dogmatique, et à présumer que toutes ses déclarations doivent être considérées comme définitives et contraignantes pour tous les catholiques. Ceux qui agissent ainsi oublient que Paul VI lui-même a déclaré : « Certains se demandent quelle autorité, quelle qualification théologique le Concile a entendu donner à ses enseignements, sachant qu’il s’est gardé d’émettre des définitions dogmatiques solennelles remettant en cause l’infaillibilité du Magistère ecclésiastique ». La réponse est connue de quiconque se souvient de la déclaration conciliaire du 6 mars 1964, réitérée le 16 novembre 1964 : compte tenu du caractère pastoral du Concile, il s’est abstenu de prononcer, de manière extraordinaire, des dogmes revêtus de la note d’infaillibilité. » (Audience générale, 12 janvier 1966). Cela s’applique également aux deux constitutions « dogmatiques » du Concile, Dei Verbum et Lumen gentium, puisque l’adjectif « dogmatique » possède un sens plus large et ne se limite pas aux dogmes compris comme des enseignements dotés d’infaillibilité.

   Parmi les vingt autres conciles œcuméniques, on trouve de nombreuses déclarations et documents pastoraux ou disciplinaires qui ne sont plus applicables aujourd’hui (par exemple, le décret du quatrième concile du Latran stipulant : « Si un seigneur temporel néglige de purifier son territoire de la souillure hérétique, il sera excommunié »), ainsi que des déclarations doctrinales non définitives (par exemple, sur la matière et la forme du sacrement de l’Ordre, du concile de Florence) qui ont été ultérieurement corrigées par le Magistère de l’Église. On ne saurait absolutiser toute forme historique concrète de leadership ecclésiastique, car cela reviendrait à supprimer la distinction nécessaire entre, d’une part, les vérités immuables et éternelles de la foi (Depositum Fidei) et, d’autre part, les divers modes de transmission de ces vérités (par exemple, une déclaration pastorale, une déclaration doctrinale non définitive ou une définition ex cathedra), chacun ayant un degré d’autorité et de force contraignante différent.

   Aujourd’hui, cependant, pour être en pleine communion avec le Saint-Siège, il faut accepter les affirmations et les enseignements pastoraux de Vatican II, qui, de par leur nature magistérielle, ne sont pas définitifs. Ceci soulève une question importante : pourquoi l’acceptation inconditionnelle des textes de Vatican II est-elle présentée comme une condition sine qua non à la pleine communion avec le Saint-Siège, alors qu’aucune exigence comparable n’existe concernant les enseignements pastoraux, disciplinaires ou non définitifs des vingt conciles œcuméniques précédents ?

   Parmi les enseignements non définitifs de Vatican II, il en existe plusieurs — notamment ceux concernant la liberté religieuse, l’œcuménisme, le dialogue interreligieux et la collégialité — dont les formulations sont ambiguës et difficiles à concilier avec les doctrines enseignées de manière constante par le Magistère depuis l’époque des Pères de l’Église jusqu’à la période qui a immédiatement précédé le Concile.

   Se pose également la question des carences rituelles et doctrinales du Novus Ordo Missae. Ces préoccupations ne peuvent plus être écartées d’emblée, comme en témoigne, par exemple, l’archimandrite Boniface Luykx dans son ouvrage « A Wider View of Vatican II: Memories and Analysis of a Council Consultor » (Angelico Press, Brooklyn, NY, 2025). Les défauts du Novus Ordo Missae demeurent un sujet de débat sérieux et ne sauraient être passés sous silence. Néanmoins, le Saint-Siège demande à la FSSPX d’accepter non seulement la validité, mais aussi la légitimité et la bonté de la réforme liturgique du Novus Ordo Missae.

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2. Deux excès modernes dans la vie de l’Église : le légalisme et le papacentrisme.

   La résolution de la question de la FSSPX est entravée non seulement par une réticence à aborder, avec honnêteté intellectuelle, les questions doctrinales sous-jacentes et à reconnaître l’existence d’ambiguïtés doctrinales nécessitant une correction, mais aussi par une mentalité malsaine qui s’est développée au sein de l’Église au cours des derniers siècles : à savoir, la primauté du légalisme ou du positivisme juridique, associée à un papacentrisme excessif qui frôle une quasi-divinisation de la fonction et de la personne du pape.

   Ces exagérations modernes dénaturent et restreignent la vie de l’Église en subordonnant la primauté de la pureté et de la clarté de la foi et de la liturgie aux exigences du légalisme et du papacentrisme – un phénomène étranger aux Pères de l’Église et à la grande tradition. Dans cette forme exacerbée de papacentrisme, le Pape et son magistère, même lorsqu’ils ne sont pas strictement dogmatiques ou définitifs, tendent à être considérés comme possédant un caractère absolu et quasi divin. Le climat ecclésial a souvent été façonné, au moins implicitement, par des conceptions qui se rapprochent de telles attitudes.

   La plupart des commentateurs de la controverse actuelle sur les consécrations épiscopales de la FSSPX restent, souvent inconsciemment, influencés par les excès de légalisme et le papisme exacerbé qui caractérisent une grande partie de la vie ecclésiale contemporaine. La loi selon laquelle les consécrations épiscopales effectuées sans autorisation papale – ou contrairement à la volonté exprimée du Pape – constituent un acte schismatique était étrangère à l’époque des Pères de l’Église. En effet, cette loi n’est entrée en vigueur qu’au deuxième millénaire. Le canon 1387 du Code de droit canonique de 1983, qui interdit la consécration d’un évêque sans mandat pontifical, est classé parmi les « offenses contre les sacrements », et non parmi les « offenses contre la foi et l’unité de l’Église », où le schisme est sanctionné (can. 1364). Si la consécration épiscopale sans mandat pontifical était intrinsèquement schismatique, elle serait classée parmi les offenses « contre l’unité de l’Église ». Le canon correspondant du Code de 1917 a également été inclus parmi les « Délits dans l’administration et la réception des ordres et autres sacrements » (Titre XVI), plutôt que parmi les « Délits contre la foi et l’unité de l’Église » (Titre XI).

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3. L’état de crise extraordinaire, voire d’urgence, au sein de l’Église :

   Depuis le Concile Vatican II, l’Église catholique traverse une période d’ambiguïté, de flou et d’incertitude concernant des doctrines essentielles telles que l’unicité du Christ Rédempteur, l’unicité de l’Église catholique, la structure monarchique instituée par Dieu (aux niveaux universel et local) et le caractère sacrificiel de la Sainte Messe. Il est indéniable que ceux qui ont exercé le pouvoir administratif au Saint-Siège ces dernières décennies, et qui l’exercent encore aujourd’hui, exigent de la FSSPX, comme  condition sine qua non  à la pleine communion avec le Saint-Siège, l’acceptation de ce climat de fait d’ambiguïté et de relativisme doctrinal et liturgique, qui a atteint son paroxysme avec le processus synodal actuel, extrêmement confus, au sein de toute l’Église. Depuis le Concile, et compte tenu de certains enseignements ambigus mentionnés, un processus est en cours pour établir, avec l’autorité du Pontife romain, une prétendue « Église de Vatican II » ou « Église conciliaire ». Ce courant, aujourd’hui désigné sous le nom d’« Église synodale », vise fondamentalement à devenir une religion relativiste adaptée au monde. Les tentatives visant à masquer cette nouvelle tendance vers une forme ambiguë, relativiste et mondaine de l’Église catholique par une herméneutique de la continuité sont malhonnêtes et peu convaincantes.

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4. Le dilemme de conscience de la FSSPX :

   Le Saint-Siège exige de la FSSPX qu’elle accepte des doctrines formulées de manière ambiguë et non définitive comme  condition sine qua non  à la pleine communion avec lui et à la régularisation canonique. Il s’agit notamment d’enseignements concernant la liberté religieuse, l’œcuménisme, le dialogue interreligieux (y compris, par exemple, l’affirmation de Lumen Gentium  16 selon laquelle les musulmans, avec les catholiques, « adorent le Dieu unique et miséricordieux »), la collégialité épiscopale (entendue d’une manière qui diminue la structure monarchique de l’Église, instituée par Dieu), et les réformes liturgiques liées au Novus Ordo Missae. Le Saint-Siège exige également de la FSSPX qu’elle reconnaisse formellement les déclarations et les enseignements des papes post-conciliaires appartenant au magistère dit authentique et quotidien. Parmi ceux-ci figurent, par exemple, certaines déclarations d’Amoris Laetitia qui sapent gravement, voire contredisent, la Révélation divine ; l’autorisation formelle du pape François permettant aux personnes divorcées et remariées de recevoir la sainte communion ; et la Déclaration sur les bénédictions pour les couples de même sexe, Fiducia Supplicans.2026-109. La question centrale concernant la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X (par S.Exc. Mgr. Athanasius Schneider). dans Annonces & Nouvelles

   Si l’on examine avec une honnêteté intellectuelle la crise extraordinaire qui a frappé l’Église depuis le Concile – ainsi que les ambiguïtés et le relativisme doctrinal, liturgique et pastoral qui l’ont accompagnée –, alors l’existence et l’activité de la FSSPX peuvent être considérées, dans une perspective à long terme et à la lumière des deux mille ans d’histoire de l’Église, comme une œuvre de la divine providence et comme une source d’assistance pour l’Église durant une crise d’une ampleur sans précédent.

   A la lecture des documents récemment publiés par le Supérieur général de la FSSPX, le Père Davide Pagliarani, et notamment la Déclaration de foi catholique  et son Message à la Fraternité et à ses fidèles (ci-joints), on ne peut manquer de constater un esprit profondément catholique, imprégné d’une foi véritable dans la primauté papale et d’une dévotion filiale envers la personne du Souverain Pontife.

   Le problème auquel est confrontée la FSSPX n’est pas difficile à comprendre. Le Saint-Siège exige qu’elle accepte, sans objection majeure, certains enseignements objectivement ambigus et imprécis du Concile Vatican II, des déclarations ambiguës du magistère pontifical post-conciliaire, ainsi que des failles doctrinales et rituelles objectives dans le Novus Ordo. Or, Dieu n’a jamais exigé l’acceptation de doctrines obscures ou formulées de manière ambiguë, et l’Église, tout au long de son histoire, a toujours agi en conséquence.

   La FSSPX considère comme une raison d’être essentielle d’appeler, avec parrêsia , à un retour à la clarté et à la pureté absolues de la doctrine que l’Église s’est toujours efforcée de préserver à travers les siècles. Par le passé, les pontifes romains ont enduré persécution, martyre et même schismes plutôt que de tolérer la moindre ambiguïté dans l’expression de la foi. Parmi les exemples les plus notables figurent le rejet du terme ambigu « homoiousios » ; le rejet de l’Hénotikon qui, bien que non formellement hérétique, a néanmoins nui à la clarté de la doctrine christologique et facilité la propagation du monophysisme ; et le rejet des formulations christologiques ambiguës du pape Honorius Ier (+638). Plusieurs papes ont condamné Honorius Ier à titre posthume, non pour hérésie, mais pour ambiguïté doctrinale et pour avoir contribué à la propagation de l’hérésie. L’unité n’est pas, en soi, le critère ultime de la vérité. L’histoire de l’Église connaît de nombreuses situations où des tensions ont existé entre la tradition et l’exercice effectif de l’autorité ecclésiastique.

   Le fait même que certains enseignements du Concile Vatican II, conjugués à la réforme liturgique, aient engendré – et continuent d’engendrer, tant en théorie qu’en pratique – un affaiblissement de la clarté doctrinale oblige le Pape, à l’exemple de nombre de ses prédécesseurs héroïques, à clarifier et, le cas échéant, à corriger ces enseignements. Il convient de le faire avec une précision et une clarté doctrinales renouvelées, afin qu’aucune interprétation ambiguë ou erronée ne puisse subsister. À cet égard, le principe suivant, qui a longtemps guidé les pontifes romains, demeure plus pertinent que jamais : « L’ambiguïté ne saurait être tolérée dans un synode (concile), dont la principale gloire consiste avant tout à enseigner la vérité avec clarté et à exclure tout risque d’erreur » (Pie VI, Auctorem fidei ).

   Le drame de la situation actuelle réside dans le fait que le Saint-Siège exige de la FSSPX qu’elle accepte l’ambiguïté doctrinale et liturgique actuelle comme condition sine qua non à la pleine communion et à la régularisation canonique. Lors de la controverse monothélite, lorsque le pape Honorius Ier adopta une position ambiguë, le saint patriarche Sophronius de Jérusalem envoya à Rome son suffragant, Étienne, évêque de Dor, lui recommandant de se rendre auprès du Siège apostolique, où se trouvent les fondements de la doctrine orthodoxe, et de ne cesser de prier et de supplier jusqu’à ce que les autorités compétentes examinent et condamnent cette nouvelle erreur. L’évêque Étienne demeura à Rome pendant dix ans, persévérant dans cette mission jusqu’à ce qu’il soit témoin de la condamnation de l’hérésie par le pape Martin Ier au concile de Latran de 649. D’une certaine manière, la FSSPX remplit aujourd’hui un rôle similaire, exhortant sans cesse le Saint-Siège à mettre fin à cette situation d’ambiguïté et d’incertitude doctrinales et liturgiques. La FSSPX a maintes fois affirmé n’avoir d’autre intention que de former les âmes confiées à sa charge pastorale à devenir de bons chrétiens et de véritables fils et filles de l’Église romaine. En définitive, il convient d’être reconnaissant à la FSSPX pour ce rôle, et les futurs papes le seront assurément.

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5. La solution pastorale du pape au problème de la FSSPX :

   Le Saint-Siège devrait accorder toute l’attention requise à la  Déclaration de foi catholique  et au  Message aux fidèles publiés par le Supérieur général de la FSSPX, et reconnaître ces documents et actes comme suffisants et satisfaisant aux conditions minimales requises pour la communion ecclésiale. Une excommunication à l’heure actuelle ouvrirait une nouvelle blessure, inutile et évitable, au sein du Corps mystique du Christ.

   A la lumière de ces documents et actes de la FSSPX, le Pape, avec sa compassion paternelle, pourrait faire une exception et autoriser les consécrations épiscopales par un geste pastoral d’une grande générosité. En excommuniant les évêques consécrateurs et consacrés, le Souverain Pontife punirait implicitement les fidèles de la FSSPX – une partie de son troupeau – qui l’aiment et le reconnaissent sincèrement, mais qui, confrontés à un véritable dilemme de conscience, n’ont d’autre choix que de continuer à recevoir l’assistance pastorale de la FSSPX, dont l’épiscopat demeure indispensable à l’existence, notamment pour l’administration des sacrements de l’Ordre et de la Confirmation.

   Par conséquent, uniquement pour le salut des âmes et le bien de l’Église, la FSSPX demande au Souverain Pontife de faire preuve de compréhension, dans les circonstances actuelles, quant à son besoin d’avoir des évêques et d’autoriser les consécrations épiscopales. Malheureusement, malgré ce qu’elle considère comme un dilemme de conscience objectif, la FSSPX est, pour la plupart, perçue comme schismatique et orgueilleuse.

   Dans un esprit de magnanimité, le Souverain Pontife, en véritable père, pourrait établir un dialogue avec la FSSPX, cette partie de son troupeau, et autoriser, à titre exceptionnel, les consécrations épiscopales afin de favoriser un climat propice à une recherche patiente et progressive, fondée sur une confiance mutuelle accrue, des solutions aux questions doctrinales et aux arrangements juridiques correspondants. L’Église synodale de notre temps devrait être capable d’une telle ouverture pastorale et d’une telle générosité. À la lumière des nombreuses déclarations et initiatives œcuméniques généreuses de ces dernières décennies, elle devrait également démontrer sa capacité à aborder un grave problème ecclésial par le dialogue, la patience et la compréhension au sein même de l’Église catholique.

   Récemment, le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Vatican, a affirmé que, concernant les divergences des évêques allemands, le Saint-Siège ne souhaite pas que les divisions dégénèrent en mesures punitives, soulignant que les problèmes au sein de l’Église doivent, chaque fois que cela est possible, être résolus pacifiquement. Pourquoi cette approche ne serait-elle pas également appliquée à la FSSPX, qui ne renie aucun dogme, reconnaît la primauté du Pape, prie pour lui et lui professe une dévotion filiale, tout en conservant uniquement ce que l’Église a cru et célébré universellement jusqu’au Concile ? Parallèlement, le Chemin synodal allemand a avancé des déviations doctrinales manifestes qui promeuvent de facto des hérésies, voire des positions blasphématoires. Dès lors, pourquoi privilégier la réconciliation et le dialogue patient dans un cas et pas dans l’autre ?

   Si, cette année, le Pape prononçait une excommunication, un nouvel anathème, contre les évêques consacrants et consacrés, cela resterait dans l’histoire de l’Église comme une erreur d’une sévérité pastorale excessive. Les générations futures et les papes futurs le regretteraient. Pourquoi le Pape devrait-il faire aujourd’hui ce que les générations futures pourraient déplorer demain ? Ne devrions-nous pas tirer les leçons de l’histoire ? Le Pape, en tant que Souverain Pontife, n’est-il pas appelé avant tout à être un bâtisseur de ponts ?

Pièces jointes :

1) Entretien avec le Supérieur général de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X du 5 février 2026 : https://fsspx.news/en/news/interview-superior-general-priestly-society-saint-pius-x-57064
2) Message aux fidèles et amis de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X du 7 mars 2026 :  https://fsspx.org/en/news/episcopal-consecrations-what-fr-pagliarani-told-members-society-saint-pius-x-59250
3) Déclaration de foi catholique adressée à Sa Sainteté le pape Léon XIV par le père Davide Pagliarani, supérieur général de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X, le 14 mai 2026 :  https://sspx.org/sites/default/files/documents/2026-05-14_declaration_of_catholic_faith_en.pdf

clefs de l'Eglise - vignette

2026-108. Méditation proposée pour la fête du Très-Saint-Sacrement.

Jeudi après le dimanche de la Sainte Trinité :
Fête du Très-Saint-Sacrement.

Adoration du Très Saint Sacrement

Présence de Dieu :

« O Pain Vivant, qui caches mon Trésor,
prosterné devant Toi, je T’adore ! »
                                      (Saint Jean de la Croix – poésies).

Méditation :

       1 – D’étape en étape, nous sommes montés, au cours de l’année liturgique, de la considération des mystères de la vie de Jésus, jusqu’à la contemplation de la Très Sainte Trinité, dont nous avons célébré la fête dimanche dernier. Jésus, notre Médiateur, notre vie, nous a pris par la main et nous a conduits vers la Trinité ; et, aujourd’hui, il semble que la Trinité Elle-même veuille nous ramener à Jésus, considéré dans Son Eucharistie.
« Nul ne vient au Père que par Moi » (Jean XIV, 6), a déclaré Jésus, et Il a ajouté : « Nul ne peut venir à Moi si Mon Père [...] ne l’attire » (Jean VI, 4).
Tel est l’itinéraire de l’âme chrétienne : de Jésus au Père, à la Trinité ; de la Trinité, du Père, à Jésus. Jésus nous porte au Père, le Père nous attire vers Jésus.
Le chrétien ne peut absolument se passer du Christ ; Il est, au sens le plus strict du mot, notre Pontife, Celui qui fait le pont entre Dieu et nous.
A la fin du cycle liturgique, dans lequel nous commémorons les mystères du Sauveur, l’Eglise, en bonne Mère, sachant que notre vie spirituelle ne peut subsister sans Jésus, nous conduit vers Celui qui vit véritablement dans le Très-Saint-Sacrement de l’autel. La solennité du « Corpus Domini » n’est pas le simple souvenir d’un fait historique qui se pasa il y a environ deux mille ans, au soir de la dernière Cène ; c’est la fête d’un fait actuel, d’une réalité toujours présente, toujours vivante au milieu de nous, grâce à laquelle nous pouvons dire que Jésus ne nous a pas « laissés orphelins », mais qu’Il a voulu S’établir auprès de nous, dans l’intégrité de Sa Personne, avec toute Son Humanité, toute Sa Divinité.
« Il n’est point – et il n’y eut jamais – d’autre nation si grande, chante avec enthousiasme l’Office du jour, qui ait des dieux proches d’elle, comme notre Dieu nous est présent » (Bréviaire).
Dans l’Eucharistie, Jésus est vraiment l’Emmanuel, le Dieu avec nous.

Philippe de Champaigne - la petite Cène - Louvre

Philippe de Champaigne (1602-1674) : la Cène, dite « la petite Cène » (1652)
[Musée du Louvre, Paris].

       2 – L’Eucharisite n’est pas seulement Jésus vivant véritablement parmi nous, mais Jésus en tant qu’Il S’est fait notre nourriture. Tel est l’aspect principal sous lequel la liturgie du jour nous présente ce mystère ; on peut dire qu’il n’est aucune partie de la Messe qui ne s’y rapporte directement ou, tout au moins n’y fasse allusion.
L’introït s’y réfère en mentionnant le froment et le miel dont Dieu nourrit jadis les Hébreux au désert, – aliments miraculeux, et cependant très pauvres images du « Pain vivant et vivifiant » (séquence) de l’Eucharistie.
L’épître en parle, en rappelant l’institution du Sacrement, lorsque Jésus « prit du pain et, rendant grâces à Dieu, le rompit et dit : ‘Prenez et mangez : ceci et Mon Corps’ » ; le graduel le chante : « Les yeux de tous les êtres attendent tournés vers Vous, Seigneur, et Vous leur donnez la nourriture en temps opportun ».
La très belle séquence du Lauda Sion le célèbre longuement, tandis que l’Evangile, faisant écho à l’Alléluia, cite le passage le plus significatif du discours dans lequel Jésus Lui-même annonça l’Eucharitie : « Ma Chair est vraiment une nourriture, et Mon Sang vraiment un breuvage ».
Reprenant une phrase de l’épître, la Communion nous rappelle ensuite le devoir de recevoir dignement le Corps du Seigneur.
La Postcommunion, enfin, nous dit que la communion eucharistique est le gage de l’éternelle communion du Ciel.

   Mais pour mieux comprendre la valeur immense de l’Eucharistie, il faut se rapporter aux paroles mêmes de Jésus, rappelées très opportunément dans l’Evangile du jour : « Celui qui mange Ma Chair et boit Mon Sang, vit en Moi et Moi en lui ».
Jésus S’est fait notre nourriture pour nous assimiler à Lui, nous faire vivre de Sa vie, nous faire vivre en Lui, comme Lui-même vit en Son Père.
L’Eucharistie est vraiment le sacrement de l’union, en même temps que la preuve la plus claire et la plus covaincante que Dieu nous aime et nous appelle à l’union intime avec Lui.  

 Luca Giordano - la communion des Apôtres - Bilbao

Luca Giordano (1634-1705) : la communion des Apôtres (vers 1700)
[Musée d'art sacré de Bilbao].

Colloque :

       « O Dieu, ô Créateur, ô Esprit de vie qui comblez Vos créatures de grâces, Vous accordez à Vos élus le don qui toujours se renouvelle : le Corps et le Sang de Jésus-Christ !
O Jésus, Vous avez institué ce Sacrement, non par crainte, ni dans le désir d’en retirer quelque avantage, mais uniquement sous la motion d’un amour qui n’a pas d’autre mesure que d’être sans mesure. Vous avez institué ce Sacrement, parce que Votre amour surpasse toute expression.
Brûlant d’amour pour nous, Vous avez voulu Vous donner à nous et avez pris place dans l’Hostie consacrée, tout entier et pour toujours, jusqu’à la consommation des siècles.
Vous l’avez fait, non seulement pour nous rappeler le souvenir de Votre mort qui est notre salut, mais encore pour demeurer avec nous tout entier et à jamais.

   « O mon âme, si tu veux pénétrer dans la profondeur de ce mystère, il faut que l’amour éclaire ton regard pour que tu discernes et comprennes ! Considère la dernière Cène : vois Jésus-Christ, conscient  d’avoir à Se séparer bientêt de Son Humanité, et voulant pourtant S’unir à nous à jamais ; contemple l’amour par lequel Il institua le Sacrement qui Lui permet de S’unir corporellement et pour toujours à l’humanité.
O amour inextinguible ! O amour du Christ, ô amour du genre humain ! Quel véritable foyer d’amour ! O Jésus, Vous aviez déjà sous les yeux la mort qui Vous attendait, les douleurs et les tourments atroces de la Passion Vous déchiraient le Cœur, et néanmoins Vous voulûtes Vous offrir à Vos bourreux et faireen  sorte que, grâce à ce Sacrement, ils puissent Vous posséder toujours commedon d’éternité, ô Vous, dont les délices sont d’être avec les enfants des hommes !

   « O mon âme, comment ne te plongerais-tu pas toujours davantage dans l’amour du Christ sur qui l’oubli n’eut prise ni dans la vie ni dans la mort, mais qui a voulu Se donner tout entier à nous et nous unir à jamais à Lui ? » (Sainte Angèle de Foligno).

Père Gabriel de Sainte Marie-Madeleine, ocd,
In « Intimité divine », tome II pp. 3-6.

Première Communion de Saint Louis de Gonzague - Pietro Sindico 1939

Pietro Sindico (1818-1893) : Première communion de Saint Louis de Gonzague
de la main de Saint Charles Borromée (1839)
[Palazzo Sordello Mantoue].

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