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2012-16. Constitution Apostolique Veterum Sapientia.

Pour voir le texte latin officiel de cette Constitution Apostolique > ici.

JEAN, ÉVÊQUE,
SERVITEUR DES SERVITEURS DE DIEU,
POUR LA PERPÉTUELLE MÉMOIRE DE LA CHOSE

1. La sagesse des Anciens, recueillie dans la littérature des Grecs et des Romains, ainsi que les illustres enseignements des peuples de l’Antiquité, peuvent être considérés comme une aurore annonciatrice de la vérité évangélique que le Fils de Dieu, arbitre et maître de la grâce et de la doctrine, lumière et guide de l’humanité [1], est venu apporter sur la terre. Les Pères et les docteurs de l’Église ont, en effet, vu dans ces importants monuments de la littérature de l’Antiquité une certaine préparation des âmes à recevoir les richesses surnaturelles que Jésus-Christ dans l’économie de la plénitude des temps [2] a communiquées aux hommes ; il apparaît ainsi manifestement qu’avec l’avènement du christianisme rien n’a péri de ce qu’il y avait de vrai, de juste, de noble et de beau dans ce que les siècles précédents avaient produit.

2. C’est pourquoi la sainte Église a toujours eu une grande vénération pour ces monuments de sagesse, et particulièrement pour les langues grecque et latine, qui sont comme un manteau d’or de sa propre sagesse. Elle a aussi admis l’usage d’autres langues vénérables qui se sont épanouies en Orient et dont l’apport a été grand pour le progrès du genre humain et de la civilisation ; utilisées soit dans la liturgie, soit dans les versions de la Sainte Écriture, elles sont toujours en vigueur dans certaines régions, comme l’expression d’un antique usage qui n’a pas cessé de rester vivant.

3. Au milieu de cette variété de langues, il y en a une qui surpasse les autres, celle qui, née dans le Latium, est devenue ensuite un admirable instrument pour la diffusion du christianisme en Occident. Ce n’est pas sans une disposition de la providence divine que cette langue, qui pendant de nombreux siècles avait réuni une vaste fédération de peuples sous l’autorité de l’Empire romain, est devenue la langue propre du Siège apostolique [3], et que, transmise à la postérité, elle a constitué un étroit lien d’unité entre les peuples chrétiens d’Europe.
Le latin en effet, de sa nature même, convient parfaitement pour promouvoir dans tous les peuples toutes les formes de culture. En effet, il ne suscite pas de jalousies, il est impartial envers toutes les nations, il n’est le privilège d’aucune, il est accepté par toutes tel un ami. De plus, il ne faut pas oublier que le latin est empreint d’une noblesse caractéristique ; il a un style concis, varié, harmonieux, plein de majesté et de dignité [4] qui incite d’une façon inimitable à la précision et à la gravité.

4. C’est pour ces raisons que le Siège apostolique a toujours veillé jalousement à maintenir le latin, et qu’il a toujours estimé que ce splendide vêtement de la doctrine céleste et des saintes lois [5] était digne d’être utilisé dans l’exercice de son magistère, et devait également être utilisé par ses ministres. Les ecclésiastiques en effet, de quelque nationalité qu’ils soient, peuvent aisément, grâce au latin, prendre connaissance de ce qui vient du Saint-Siège, et communiquer avec celui-ci ou entre eux.
Cette langue est unie à la vie de l’Église, et sa connaissance, acquise par l’étude et l’usage, intéresse les humanités et la littérature, mais plus encore la religion [6], pour reprendre les termes de Notre prédécesseur d’immortelle mémoire, Pie XI, qui indiquait, en donnant des arguments à l’appui, trois qualités rendant cette langue particulièrement adaptée à la nature de l’Église : En effet, l’Église qui groupe en son sein toutes les nations, qui est destinée à vivre jusqu’à la consommation des siècles… a besoin de par sa nature même d’une langue universelle, définitivement fixée, qui ne soit pas une langue vulgaire [7].

5. Puisqu’il est nécessaire que toute Église s’unisse [8] à l’Église Romaine, et puisque les Souverains Pontifes ont un pouvoir vraiment épiscopal, ordinaire et immédiat sur toutes et chacune des Églises, sur tous et chacun des pasteurs et fidèles [9] de quelque rite, nationalité ou langue qu’ils soient, il semble éminemment convenable qu’il y ait un instrument de communication universel et uniforme, tout spécialement entre le Saint-Siège et les Églises de rite latin. C’est pourquoi tant les Pontifes Romains, s’ils veulent transmettre un enseignement aux peuples catholiques, que les dicastères de la Curie Romaine, s’ils ont à traiter une affaire, publier un décret intéressant tous les fidèles, utilisent toujours le latin, que d’innombrables nations écoutent comme la voix de leur mère.

6. La langue de l’Église doit non seulement être universelle, mais immuable. Si en effet les vérités de l’Église Catholique étaient confiées à certaines ou à plusieurs des langues modernes changeantes dont aucune ne fait davantage autorité que les autres, il résulterait certainement d’une telle variété que le sens de ces vérités ne serait ni suffisamment clair ni suffisamment précis pour tout le monde : et de plus, aucune langue ne pourrait servir de règle commune et stable pour juger du sens des autres. Par contre, le latin, à l’abri depuis longtemps de l’évolution que l’usage quotidien introduit généralement dans le sens des mots, doit être considéré comme fixe et immuable ; les sens nouveaux qu’ont revêtus certains mots latins pour répondre aux besoins du développement, de l’explication et de la défense de la doctrine chrétienne, sont en effet depuis longtemps stabilisés.

7. Enfin, l’Église Catholique, parce que fondée par le Christ Seigneur, surpasse de loin en dignité toutes les sociétés humaines, et il est juste qu’elle utilise une langue non pas vulgaire, mais noble et majestueuse.

8. Par ailleurs, le latin, qu’on peut à bon droit qualifier de langue catholique [10] parce que consacrée par l’usage ininterrompu qu’en a fait la chaire apostolique, mère et éducatrice de toutes les Églises, doit être considéré comme un trésor… d’un prix inestimable [11], et comme une porte qui permet à tous d’accéder directement aux vérités chrétiennes transmises depuis les temps anciens et aux documents de l’enseignement de l’Église [12] ; il est enfin un lien précieux qui relie excellemment l’Église d’aujourd’hui avec celle d’hier et avec celle de demain.

9. Il n’est personne qui puisse mettre en doute l’efficacité spéciale du latin ou de la culture humaniste pour le développement et la formation des tendres intelligences des adolescents. En effet, le latin cultive, mûrit, perfectionne les principales facultés intellectuelles et morales ; il aiguise l’intelligence et le jugement ; il rend l’esprit de l’enfant plus à même de bien comprendre toutes choses et de les estimer à leur juste valeur ; il apprend enfin à penser ou à s’exprimer avec méthode.

10. Si l’on pèse bien tous ces mérites, on comprendra facilement pourquoi les Pontifes Romains, si souvent et abondamment, ont non seulement exalté l’importance et l’excellence du latin, mais en ont prescrit l’étude et l’usage aux ministres sacrés de l’un et l’autre clergé et ont dénoncé clairement les dangers qui découleraient de son abandon.
Ces motifs très graves Nous incitent, Nous aussi, tout comme Nos prédécesseurs et des synodes provinciaux [13], à vouloir fermement Nous efforcer de promouvoir toujours davantage l’étude et l’usage de cette langue, rendue à sa dignité. De nos jours l’usage du latin est l’objet de controverses en de nombreux endroits, et en conséquence beaucoup demandent quelle est la pensée du Siège Apostolique sur ce point ; c’est pourquoi Nous avons décidé de prendre des mesures opportunes, énoncées dans ce document solennel, pour que l’usage ancien et ininterrompu de la langue latine soit maintenu pleinement, et rétabli là où il est presque tombé en désuétude.
D’ailleurs Nous croyons avoir déjà exprimé avec suffisamment de clarté Notre pensée sur ce sujet lorsque Nous avons dit à d’illustres latinistes : Beaucoup, malheureusement, sont démesurément captivés par l’extraordinaire progrès des sciences et veulent rejeter ou réduire l’étude du latin et d’autres de ce genre… C’est précisément la pression de cette nécessité qui Nous fait penser qu’il faut suivre une voie inverse. Lorsque l’esprit se pénètre plus intensément de ces choses qui conviennent hautement à la nature humaine et à sa dignité, il n’en doit que davantage acquérir ce qui fait sa culture et son ornement, pour que les pauvres mortels ne deviennent pas semblables aux machines qu’ils fabriquent : froids, durs et sans amour  [14].

11. Après avoir bien examiné et pesé toutes ces choses, dans la sûre conscience de Notre charge et de Notre autorité, Nous décidons et ordonnons ce qui suit :

§1. Les évêques et les supérieurs généraux des ordres religieux veilleront à ce que dans leurs séminaires ou leurs écoles, où des jeunes gens se préparent au sacerdoce, tous aient à cœur d’obéir à la volonté du Saint-Siège sur ce point et observent scrupuleusement Nos prescriptions ici énoncées.

§2. Ils veilleront avec une paternelle sollicitude à ce qu’aucun de leurs subordonnés, par goût de la nouveauté, n’écrive contre l’usage de la langue latine, soit dans l’enseignement des sciences sacrées, soit dans la liturgie, ou bien, par préjugé, n’atténue la volonté du Siège apostolique sur ce point ou n’en altère le sens.

§3. Comme il est dit dans le Code de droit canon (can. 1364) ou dans les prescriptions de Nos prédécesseurs, les séminaristes, avant de commencer les études proprement ecclésiastiques, doivent apprendre le latin selon des méthodes appropriées pendant un temps suffisant, avec des maîtres bien capables, pour éviter aussi cet autre inconvénient de voir les élèves, quand ils passeront aux matières supérieures, incapables, par ignorance de cette langue, de pénétrer à fond le sens de la doctrine comme de prendre part aux discussions scolastiques où s’aiguise si harmonieusement l’esprit des jeunes gens en vue de la défense de la vérité [15]. Et Nous voulons que cela s’applique également à ceux qui ont été appelés au sacerdoce à l’âge mûr après avoir fait des études classiques insuffisantes ou sans en avoir fait du tout. Personne en effet ne sera admis à faire des études de philosophie ou de théologie s’il n’est pleinement et parfaitement formé dans cette langue et s’il n’en possède l’usage.

§4. Nous voulons que là où, pour se conformer aux programmes des écoles publiques, l’étude du latin a connu un certain recul au détriment de la vraie et solide formation, l’enseignement de cette langue retrouve intégralement la place traditionnelle qui lui revient ; car chacun doit être bien persuadé que là aussi il faut maintenir religieusement le caractère propre de la formation des séminaristes, en ce qui concerne non seulement le nombre et le genre des matières, mais le temps qui est consacré à leur enseignement. Si les circonstances de temps et de lieu exigent que d’autres matières soient ajoutées à celles qui sont habituelles, on devra alors soit prolonger le cours des études, soit enseigner ces disciplines d’une façon abrégée, soit en reporter l’étude à un autre moment.

§5. Les principales disciplines sacrées, comme cela a été prescrit à plusieurs reprises, doivent être enseignées en latin, langue qui est, comme nous le montre une expérience multiséculaire, très apte à expliquer avec beaucoup de facilité et de clarté la nature intime et profonde des choses [16] ; outre qu’elle a été enrichie depuis longtemps de termes propres et bien définis permettant de défendre l’intégrité de la foi catholique, elle est en effet aussi particulièrement propre à couper court au verbiage creux. Ceux qui enseignent ces disciplines dans les universités ou dans les séminaires sont en conséquence tenus de parler latin et d’utiliser des ouvrages d’enseignement écrits en latin. Ceux qui, à cause de leur ignorance du latin, ne peuvent pas appliquer ces prescriptions, seront progressivement remplacés par des professeurs qui en sont capables. Les difficultés qui peuvent surgir de la part soit des élèves soit des professeurs, devront être surmontées tant par la ferme résolution des évêques et des supérieurs que par la bonne volonté des maîtres.

§6. Le latin est la langue vivante de l’Église. Et afin de l’adapter aux nécessités linguistiques sans cesse croissantes, en l’enrichissant donc de nouveaux termes précis et appropriés, d’une façon uniforme, universelle et correspondant au caractère propre de la vieille langue latine – ainsi que l’ont fait les Pères et les meilleurs scolastiques –  Nous ordonnons à la congrégation des Séminaires et Universités de pourvoir à la création d’une Académie de la langue latine. Cet institut, qui devra être constitué de professeurs spécialisés dans le latin et le grec, provenant des diverses parties du monde, aura pour fin principale – tout comme les diverses académies nationales destinées à développer la langue de leur pays – de veiller au progrès bien ordonné du latin, en enrichissant s’il le faut le dictionnaire latin de mots qui correspondent au caractère et à la saveur de cette langue ; il devra en même temps y avoir des écoles pour le latin de chaque époque, particulièrement de l’époque chrétienne. Dans ces écoles seront formés à une connaissance plus parfaite du latin et à son usage, à un style écrit propre et élégant, ceux qui sont destinés soit à enseigner le latin dans les séminaires et les collèges ecclésiastiques, soit à rédiger des décrets et des sentences, soit à faire la correspondance dans les dicastères du Saint-Siège, dans les curies épiscopales et dans les organismes des ordres religieux.

 §7. Le latin étant très étroitement lié au grec par sa structure et l’importance des œuvres qui nous ont été transmises, il est nécessaire que les futurs prêtres apprennent cette dernière langue dès les classes inférieures et celles de l’enseignement secondaire, ainsi que cela a été prescrit à plusieurs reprises par Nos prédécesseurs ; de sorte que lorsqu’ils arriveront à l’enseignement supérieur, particulièrement s’ils aspirent aux grades académiques en Écriture sainte ou théologie, ils soient à même de lire et de bien comprendre non seulement les sources grecques de la philosophie scolastique, mais les textes originaux de la Sainte Écriture, de la liturgie et des Pères grecs [17].

§8. Nous ordonnons de plus à cette même sacrée congrégation de préparer un programme de l’étude du latin, auquel tous devront fidèlement se conformer, et qui permettra à ceux qui le suivent d’acquérir une connaissance et une pratique convenables de cette langue. Ce programme pourra, si cela est nécessaire, être organisé d’une façon différente par les Commissions des Ordinaires, sans cependant en changer ou atténuer la nature. Cependant, avant d’appliquer ces décisions, les Ordinaires devront les soumettre à la sacrée congrégation.

12. Nous voulons et ordonnons, de par Notre autorité apostolique, que tout ce que Nous avons établi, décrété et ordonné dans cette Constitution reste définitivement ferme et arrêté, nonobstant toutes choses contraires, même dignes de mention particulière.

Donné à Rome, près de Saint-Pierre, en la fête de la Chaire de Saint Pierre Apôtre, le 22 février de l’année 1962, de Notre pontificat la quatrième.

IOANNES PP. XXIII

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Notes :

[Note 1]   Tertull., Apol. 21 ; Migne, PL 1, 394.

[Note 2]   Eph. 1, 10.

[Note 3]   Epist. S. Congr. Stud. Vehementer sane, ad Ep. universos, 1 Iul. 1908 : Ench. Cler., n. 820. Cfr etiam Epist. Ap. Pii XI, Unigenitus Dei Filius, 19 Mar. 1924 :A.A.S. 16 (1924), 141.

[Note 4]   Pius XI, Epist. Ap. Officiorum omnium, 1 Aug. 1922 : A.A.S. 14 (1922), 452-453.

[Note 5]   Pius XI, Motu Proprio Litterarum latinarum, 20 Oct. 1924 : A.A.S. 16 (1924), 417.

[Note 6]   Pius XI, Epist. Ap. Officiorum omnium, 1 Aug. 1922 : A.A.S. 14 (1922) 452.

[Note 7]   Ibidem.

[Note 8]   S. Iren., Adv. Hær. 3, 3, 2 ; Migne, PG 7, 848.

[Note 9]   Cfr C. I. C., can. 218, § 2.

[Note 10]   Cfr Pius XI, Epist. Ap. Officiorum omnium, 1 Aug. 1922 : A.A.S. 14 (1922), 453.

[Note 11]   Pius XII, Alloc. Magis quam, 23 Nov. 1951 : A.A.S. 43 (1951) 737.

[Note 12]   Leo XIII, Epist. Encycl. Depuis le jour, 8 Sept. 1899 : Acta Leonis XIII 19 (1899) 166.

[Note 13]   Cfr Collectio Lacensis, præsertim : vol. III, 1918s. (Conc. Prov. Westmonasteriense, a. 1859) ; vol. IV, 29 (Conc. Prov. Parisiense, a. 1849) ; vol. IV, 149, 153 (Conc. Prov. Rhemense, a. 1849) ; vol. IV, 359, 361 (Conc. Prov. Avenionense, a. 1849) ; vol. IV, 394, 396 (Conc. Prov. Burdigalense, a. 1850) ; vol. V, 61 (Conc. Strigoniense, a. 1858) ; vol. V, 664 (Conc. Prov. Colocense, a. 1863) ; vol. VI, 619 (Synod. Vicariatus Suchnensis, a. 1803).

[Note 14]   Ad Conventum internat. « Ciceronianis Studiis provehendis », 7 Sept. 1959 ; in Discorsi Messaggi Colloqui del Santo Padre Giovanni XXIII, I, pp. 234-235 ; cfr etiam Alloc. ad cives diœcesis Placentinæ Romam peregrinantes habita, 15 Apr. 1959 : L’Osservatore Romano, 16 apr. 1959 ; Epist. Pater misericordiarum, 22 Aug. 1961 : A.A.S. 53 (1961), 677 ; Alloc. in sollemni auspicatione Collegii Insularum Philippinarum de Urbe habita, 7 Oct. 1961 : L’Osservatore Romano, 9-10 Oct. 1961 ; Epist. Iucunda laudatio, 8 Dec. 1961 : A.A.S. 53 (1961), 812.

[Note 15]   Pius XI, Epist. Ap. Officiorum omnium, 1 Aug. 1922 : A.A.S. 14 (1922), 453

[Note 16]   Epist. S. C. Studiorum, Vehementer sane, 1 Iul. 1908 : Ench. Cler., n. 821.

[Note 17]   Leo XII, Litt. Encycl. Providentissimus Deus, 18 Nov. 1893 : Acta Leonis XIII, 13 (1893), 342 ; Epist. Plane quidem intelligis, 20 Maii 1885, Acta, 5, 63-64 ; Pius XII, Alloc. Magis quam, 23 Sept. 1951 : A.A.S. 43 (1951), 737.

2012-14. Jean-Nicolas Stofflet.

« Il poursuivit les iniques, les cherchant de toutes part ;
ceux qui troublaient son peuple, il les livra aux flammes ;
et ses ennemis furent repoussés par la crainte qu’il inspirait,
et tous les ouvriers d’iniquité furent troublés,
et le salut fut dirigé par sa main. »

(1 Macchabées III, 5-6)

2012-14. Jean-Nicolas Stofflet. dans Chronique de Lully coeurvendeen

       Fils d’un meunier, Jean-Nicolas Stofflet est né le 3 Février 1753 à Barthélémont, près de Lunéville, en Lorraine.
A l’âge de 17 ans (1770), il s’engage dans l’armée (Régiment Lorraine-Infanterie-Royale) où il arrivera au grade de caporal.
En 1786, il quitte l’armée pour entrer au service du comte de Colbert, qui fait de lui le garde-chasse de ses forêts de Maulévrier, en Anjou.

En 1789, au moment du déclenchement de la révolution, Stofflet est dans sa trente-septième année.

Acte-baptême-stofflet-300x213 25 février dans Lectures & relectures

Acte de baptême de Jean-Nicolas Stofflet.

   Dès le début, il se trouve en total désaccord avec les principes révolutionnaires : son passé militaire, son idéal, son loyalisme envers les autorités légitimes ainsi que ses convictions religieuses font naturellement de lui un opposant au courant de folie et d’impiété qui déferle sur le Royaume. Il sera donc aux avant-postes de la résistance.

   Le 13 mars 1793, il est – avec Jacques Cathelineau – le premier à prendre la tête des insurgés : commandant les hommes de Maulévrier, il attaque Vezins, puis rejoint Cathelineau pour marcher sur Cholet.
Notons au passage que Cathelineau et lui sont les seuls roturiers à être hissés au commandement des troupes vendéennes.

   Aux côtés des autres généraux de la Grande Armée Catholique et Royale, il est de toutes les batailles et, en ce début de guerre, de toutes les victoires.
Son audace et sa bravoure en imposent à tous.

   En octobre 1793, après la défaite de Cholet, et avec ce qui subsiste de la Grande Armée Catholique et Royale, il franchit la Loire : c’est la « virée de Galerne », où les combats se soldent par plus de défaites que de victoires.
Lorsque le marquis de Donissan et le Prince de Talmont veulent s’enfuir à Jersey, Stofflet les en dissuade.

Après la déroute du Mans, au soir du 16 Décembre 1793, les Vendéens arrivent à Ancenis. La Rochejaquelein et Stofflet parviennent à franchir le fleuve mais, les embarcations étant trop peu nombreuses, les débris de la Grande Armée Catholique et Royale restent en grande partie sur la rive droite de la Loire.
Le lendemain, Westermann – « le boucher » – arrive avec ses hussards. Assaillis par les républicains et dans l’impossibilité de traverser le fleuve, les Vendéens se dirigent vers Savenay, où ils seront impitoyablement exterminés l’avant-veille de Noël.

coeurvendeen armée catholique et royale dans Memento

   En janvier 1794, le tristement fameux Turreau est nommé par la Convention commandant en chef de l’armée de l’Ouest avec la mission d’extermination systématique que l’on sait : il met en marche ses colonnes infernales qui vont tout détruire et massacrer sur leur passage.

   Stofflet et La Rochejaquelein essaient de reformer l’Armée Catholique et Royale. Mais Monsieur Henri tombe, frappé d’une balle, le 28 janvier 1794.
Pour que son corps ne soit pas identifié (et, par suite, profané par les bleus), avant de l’ensevelir, Jean-Nicolas Stofflet prend la décision de le défigurer à coups de sabre et de le dépouiller de ses vêtements, en sanglotant : « J’ai perdu ce que j’avais de plus cher au monde ! »

Stofflet vitrail de l'église ND de Beaupréau

Jean-Nicolas Stofflet – vitrail de l’église Notre-Dame de Beaupréau.

   Quatre jours plus tard, le 1er Février 1794, à la tête de seulement 1000 paysans, Stofflet attaque victorieusement l’armée républicaine près de Gesté ; le 6 février, autre victoire à Vezins et, le 7, victoire encore à Vihiers, près de Cholet.
Mais le général républicain Cordellier, commandant l’une des colonnes infernales, arrive derrière Stofflet et met en fuite les paysans.
Stofflet veut prendre sa revanche : il attaque Cordellier à Beaupréau le 14 février, mais cette fois les républicains sont les plus forts.

Le 24 février, Stofflet s’empare de Bressuire.

   Jean-Nicolas est proposé comme généralissime mais, sur les conseils de l’abbé Bernier, il décline l’offre et demande plutôt la création d’un Conseil Supérieur.
Les quatre chefs présents – Stofflet, Marigny, Sapinaud et Charette - prêtent serment de se secourir mutuellement et décrètent la peine capitale pour celui qui violera ce serment.

Il a été décidé de marcher sur Saint-Florent : Marigny part chercher ses troupes. On l’attend. Il ne vient pas… Il n’arrive, avec 2000 hommes, qu’après la bataille.
Il est aussitôt déchu de son titre de général.
Le 29 Avril, un conseil de guerre présidé par Stofflet accuse Marigny d’avoir violé le serment. Le premier, Charette vote la mort ; il est suivi par vingt-deux des membres du conseil, tandis que dix autres proposent une peine moins forte.

La sentence devra être appliquée par celui des généraux qui pourra saisir le coupable. Six semaines plus tard, ce sont les chasseurs de Stofflet qui découvrent Marigny, lequel est exécutée le 10 Juillet 1794.

coeurvendeen contre-révolution dans Nos amis les Saints

   La mort de Gaspard de Bernard de Marigny sonne en quelque sorte le glas de l’unité vendéenne en face des troupes républicaines : depuis des mois déjà des rivalités entre chefs sourdaient, mais désormais l’entente ne sera plus possible.

   Les troupes commandées par Marigny refusent de se mettre sous les ordres de chefs qui ont mis à mort leur général et se démobilisent.
Stofflet n’est pas un chef très aimé : on lui fait grief de son caractère, facilement dur et cassant. Bien qu’il soit un excellent militaire, on lui reproche aussi de n’être que l’exécuteur des idées de l’abbé Bernier.
L’armée vendéenne n’est plus qu’une ombre alors que la province n’est pratiquement plus que cendres et décombres.
La Convention elle-même essaie de mettre fin à cette guerre : un décret d’amnistie est voté le 2 décembre 1794, le 23 des négociations sont engagées et, le jour de Noël, Charette reçoit les premiers émissaires républicains.

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Signature des accords de La Jaunaye

   Le 28 janvier 1795, Stofflet demande le rétablissement du trône dans un manifeste contresigné par l’abbé Bernier.
Le 12 février, il n’est pas à La Jaunaye pour l’entrevue avec les républicains. Quatre divisionnaires de l’armée d’Anjou réclament un délai de trois jours pour faire venir Stofflet… qui n’est toujours pas arrivé le 17 : la paix est signée sans lui (accords de la Jaunaye).
Il n’arrive que le lendemain et manifeste son hostilité à l’égard des signataires.

   Menacé par les armées républicaines, Stofflet marche vers la Loire et ordonne une levée, mais il n’arrive à rassembler que 3000 combattants qui se précipitent sur Saint-Florent, en vain.
Stofflet n’a plus que son camp de Maulévrier et ne peut plus s’opposer aux forces républicaines.

Le 2 mai 1795, il est contraint de signer la paix.

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   Charette reprend les armes dès le mois de juin. Dans un premier temps Stofflet ne bouge pas.

   Ce n’est que sept mois plus tard, à la fin janvier 1796, qu’il reprend le combat après en avoir reçu l’ordre du comte d’Artois, frère du Roi, par l’intermédiaire du chevalier de Colbert. En même temps, le chevalier lui remet la Croix de Saint-Louis et lui annonce son élévation au grade de lieutenant-général.
Le 26 Janvier 1796, il s’adresse à ses compagnons d’armes :

   « Braves amis, le moment est venu de vous montrer : Dieu, le Roi, le cri de la conscience, celui de l’honneur et la voix de vos chefs vous appellent au combat. Plus de paix ni de trêve avec la république ; elle a conspiré la ruine entière du pays que vous habitez (…). Les braves soldats que, pendant deux années, j’ai conduits au combat, ne deviendront jamais républicains ; jamais le déshonneur ne flétrira les lauriers qu’ils ont moissonnés (…). »

(on trouvera le texte complet de cette déclaration > ici)

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Bon de cent livres portant la signature de Stofflet.

   Hoche ordonne que 30 000 hommes passent sur le territoire d’Anjou et du Haut-Poitou (il est toutefois loin d’en avoir autant à disposition) et se met à la tête d’une colonne qu’il dirige vers Cholet.
Cependant, de leur côté, les paysans ne sont plus motivés. Après les accords de La Jaunaye, leurs prêtres ne sont plus inquiétés et peuvent célébrer le culte : pourquoi reprendre les armes?
Stofflet ne parvient à rassembler que 2 à 3000 hommes. La lutte n’est pas possible ; traqué, il doit se cacher dans la forêt de Maulévrier.

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   Le 22 février, à La Saugrenière, se tient une rencontre avec des représentants des insurgés de Bretagne et de Normandie en vue d’établir une entente des divers mouvements. La réunion est interrompue par la nuit. L’abbé Bernier se retire tandis que Stofflet et ses hommes restent à dormir dans un bâtiment de ferme.
Mais les bleus ont été avertis.
Quelque 200 hommes d’infanterie et plusieurs dizaines de cavaliers cernent les bâtiments avant le lever du jour, et les insurgés sont pris.

Ligoté, dépouillé, pieds nus, Stofflet doit marcher jusqu’à Chemillé. Puis il est conduit à Angers.

   Stofflet comparaît devant un conseil de guerre (voir le procès-verbal de cette comparution > ici).
Pris les armes à la main, il est condamné à mort : la sentence est exécutée à 10 h, au Champ-de-Mars, ce 25 février 1796.
Il était âgé de 43 ans et 22 jours.

   Il refusa le bandeau en ces termes : « Sachez qu’un général vendéen n’a pas peur des balles ! »
Puis il cria : « Vive la religion ! Vive le Roi ! » avant de tomber sous la mitraille.

Sa tête, tranchée au sabre, fut promenée dans toute la ville comme un trophée. 

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Sommet de l’obélisque érigé à la mémoire de Stofflet à l’entrée du château de Maulévrier.

2012-13. Vous avez dit bissextile ?

24 février,
sixième jour avant les calendes de mars.

       Vous le savez, certaines années (habituellement tous les quatre ans… mais pas toujours : nous l’expliquerons ci-dessous) sont dites bissextiles : ce sont des années qui comptent 366 jours au lieu de 365, et c’est ce mois de février qui compte un jour de plus qu’à l’accoutumée.

A – Pourquoi une année bissextile ?

   La Terre tourne autour du Soleil en 365 jours, 5 heures, 48 minutes et 45 secondes, c’est ce que l’on appelle l’année tropique.
C’est bien justement de là que vient « le » problème : La durée de l’année tropique ne constitue pas un nombre entier alors que l’année civile, elle, a un compte rond : 365 jours.
Ainsi une année de 365 jours est trop courte alors qu’une année de 366 jours est trop longue. L’année de 365 jours décale le début des saisons d’un jour tous les quatre ans et, au bout du compte, d’une année entière tous les 1500 ans !
L’institution des années bissextiles a donc été motivée par la volonté de ramener le début des saisons aux mêmes dates que celles du calendrier.
Pour cela, il faut que la moyenne des années du calendrier soit la plus proche possible de l’année tropique (l’année tropique = 365,2422 jours). La journée supplémentaire ajoutée au calendrier permet donc de combler le retard de presque un quart de jour pris chaque année.
Comme nous allons le voir ci-dessous, c’est Jules César qui institua les années bissextiles.

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Lyon, Primatiale Saint-Jean : cadran de l’horloge astronomique.

B – Le calendrier julien.

   Notre calendrier nous vient de l’ancienne Rome.
Au départ, les anciens Romains, comme beaucoup de civilisations anciennes, avaient un calendrier lunaire, dit calendrier de Numa Pompilius (du nom du deuxième roi de Rome). Les années lunaires y comptent 355 jours : douze mois de 29 jours.

   Mais cette manière de compter le temps présente un désavantage évident : chaque année il y a un décalage d’un peu plus de dix jours avec le cycle solaire et progressivement les mois sont décalés par rapport aux saisons.
Pour combler le décalage, les anciens Romains avaient donc un système de « mois supplémentaire », dont la durée était variable. Ce mois supplémentaire permettait de recaler les mois lunaires sur le cycle des saisons.

   En 46-45 avant Jésus-Christ, Jules César, qui n’était pas seulement dictateur (au sens latin du terme) mais aussi grand pontife de la République Romaine fit appel à l’astronome grec Sosigène d’Alexandrie afin de remédier au décalage trop important que l’on constatait entre les années solaire et civile.
Ainsi fut créée l’année de 365 jours avec, tous les quatre ans, l’ajout d’une journée supplémentaire. De là le nom de calendrier julien (= de Jules).

   L’année julienne commençait le 1er mars (mois de la première saison : le printemps). C’est la raison pour laquelle les noms actuels de nos mois ne correspondent plus à leur numérotation selon leur place dans une année civile qui commence désormais au 1er janvier : septembre était le septième mois, octobre le huitième, novembre le neuvième et décembre le dixième…

C – Le jour intercalaire de Jules.

   L’année julienne est donc divisée en douze mois de 30 ou 31 jours, sauf pour le dernier mois de l’année – février – qui en contient 28 ou 29 : trois années communes de 365 jours sont suivies d’une année bissextile de 366 jours. C’était donc à la fin de l’année civile que se plaçait le réajustement sur le cycle solaire.

   Or, pour ne pas heurter certaines traditions populaires tenaces, Jules César ne voulut pas que ce soit après le dernier jour de l’année « ordinaire » que fût ajouté ce jour supplémentaire.
Si l’on transpose dans notre manière actuelle de compter, il n’a pas ajouté un « 29 février » : les années bissextiles romaines se terminaient toujours par le « 28 février » !
En effet il lui apparut préférable de « doubler » le vingt-quatrième jour de février. Les années bissextiles, originellement (et selon notre manière actuelle courante de compter) ne sont pas des années où il y a un 29 février mais des années où un jour intercalaire est ajouté entre le 24 et le 25 février : il y a donc deux 24 février, ou plus exactement il y a un 24 février bis !

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Nicolas Coustou : Jules César (musée du Louvre)

D – D’où vient le mot « bissextile »?

    Pourquoi donc ce nom curieux – « bissextile » – donné à ces années de 366 jours ?

   Les Romains, encore eux, ne désignaient pas les dates de la même façon que nous. A l’intérieur du mois, les jours étaient numérotés en fonction de trois dates repères : les calendes, les nones et les ides (les calendes c’est le nom du premier jour du mois (*), les nones sont le 5 ou le 7 selon les mois, et les ides le 13 ou le 15 selon les mois).
A partir de ces jours repères, il faut alors procéder à un compte à rebours, mais – contrairement à notre logique moderne – on comptabilise le jour repère comme le premier avant lui-même !

   Ainsi, le 1er mars, est le jour des calendes de mars… et les derniers jours de février sont : le 28 février = la veille des calendes de mars (en latin : « pridie ») ; le 27 février = le troisième jour avant les calendes de mars ; le 26 février = le quatrième jour avant les calendes de mars ; le 25 février = le cinquième jour avant les calendes de mars, et le 24 février = le sixième jour avant les calendes de mars.
En latin, le 24 février s’écrit : «  a. d. VI Kal. Mart. »,  et se dit « ante diem sextum Kalendas Martii ».
Or quand il s’agit d’une année de 366 jours où, avons-nous dit, le jour supplémentaire est intercalé entre le 24 et le 25 février, le « 24 février bis » s’écrit donc tout naturellement : « a. d. bis VI Kal. Mart. », et se dit : « ante diem bis sextum Kalendas Martii » = « le sixième jour bis avant les calendes de mars ».
M’avez-vous bien suivi ?
Hé bien, c’est ce « bis sextum », auquel fut ajouté le suffixe « -ilis » qui a formé l’adjectif latin « bissextilis » = qui a deux fois un sixième jour (sous entendu : « avant les calendes de mars »), d’où vient directement notre mot « bissextile ».

   Ce n’est que bien plus tard que le jour supplémentaire fut compté comme étant le 29 du mois de février, lorsque la méthode de décompte des jours latine fut remplacée par celle actuellement en vigueur.
Mais il faut noter que, selon le martyrologe romain traditionnel, la liturgie conserve cette manière antique de calculer les fêtes et donc, quand il y a une année bissextile, les fêtes qui tombent habituellement les 24, 25, 26, 27 et 28 février se trouvent décalées au jour suivant : ainsi, lors des années bissextiles, la fête de l’apôtre Saint Mathias par exemple n’est pas le 24 février mais le 25, et, autre exemple, dans notre diocèse de Viviers, la fête de la dédicace de la cathédrale Saint-Vincent n’est pas célébrée le 27 mais le 28 février.

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Monument de Grégoire XIII dans la basilique Vaticane.

E – Le calendrier grégorien.

   Je l’ai déjà dit mais je le répète, la longueur précise de l’année terrestre est de 365,2422 jours.
Le calendrier julien, lui, a en réalité une année moyenne de 365,25 jours.
Au bout d’un certain temps, cela finit tout de même par produire un décalage : une dizaine de jours de retard en quinze siècles !

   Ce retard fut corrigé par l’instauration du calendrier grégorien : en 1582, le Pape Grégoire XIII (c’est à son nom que se réfère ici l’adjectif grégorien) décida de réformer le calendrier parce que l’équinoxe de printemps en était arrivé à se trouver à la date du 11 mars !

   Cela posait en particulier un problème pour le calcul de la date de Pâques (dans l’Eglise latine, la date de la fête de Pâques est calculée par rapport à un équinoxe de printemps fixé au 21 mars). Il y avait donc un décalage de 10 jours entre le calendrier julien et le début du printemps.
La réforme grégorienne du calendrier fut promulguée pour combler cet écart et l’éviter à l’avenir.
L’année 1582 fut diminuée de 10 jours : cette année-là, par décret du Souverain Pontife, on passa directement du jeudi 4 octobre au vendredi 15 octobre (c’est ainsi que Sainte Thérèse d’Avila mourut dans la nuit du 4 au 15 octobre 1582) !
Les royaumes catholiques en Italie et dans la péninsule ibérique adoptèrent cette réforme tout de suite. En France, le changement de calendrier ne se fit qu’au mois de décembre 1582 (on est passé du 9 au 20 décembre 1582) ; les pays de confession protestante tarderont à l’adopter (en Angleterre ce ne fut qu’en 1752 et l’on passa donc du 2 au 14 septembre 1752, car l’écart entre les calendriers avait atteint 11 jours), le baptisant « calendrier julien réformé ».
Le calendrier julien, quant à lui, est toujours utilisé par une partie des Eglises d’Orient dans le calcul des fêtes religieuses. 

   La règle d’intercalation des années bissextiles fut modifiée pour supprimer trois années bissextiles tous les quatre siècles. Ainsi, les années bissextiles restent les mêmes que celles du calendrier julien, sauf trois années séculaires sur quatre, celles dont le millésime est multiple de 100 sans l’être de 400 : les années 1700, 1800, 1900 furent des années communes alors que l’an 2000 a été bissextile.
Par la réforme grégorienne, le décalage entre l’année civile et l’année tropique n’est plus que de 3 jours en 10 000 ans !

En résumé : depuis l’instauration du calendrier grégorien >

1. Régle générale : les années divisibles par 4 sont bissextiles, pas les autres.
2. Exception : les années divisibles par 100 ne sont pas bissextiles.
3. Exception à l’exception : les années divisibles par 400 sont bissextiles.  

   Ainsi, l’an 2000 fut bissextile grâce à la règle 3, alors que l’année 1900 n’était pas bissextile à cause de la règle 2.
Le calendrier julien qui était en cours avant le calendrier grégorien ne connaissait que la première règle.

Lully.

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La « constellation » du chat.

(*) Nota : Comme les grecs n’utilisaient pas le même système que les Romains pour désigner les jours, ils ne parlaient pas des calendes. De là vient l’expression « remettre (quelque chose) aux calendes grecques » : les calendes grecques n’existant pas, l’expression signifie repousser une chose à une date indéterminée.

2012-12. A la veille du grand carême, méditation sur la Magdeleine repentante de Georges de La Tour.

2012-12. A la veille du grand carême, méditation sur la Magdeleine repentante de Georges de La Tour. dans Chronique de Lully 11repent-1

Georges de La Tour – la Magdeleine repentante

       Point d’auréole, point d’extase, aucune emphase : juste cette femme, assise à une table, la tête appuyée sur la main droite, tandis que de la gauche elle semble caresser un crâne.
Toute la scène, noyée d’obscurité, n’est éclairée que par une chandelle que l’on devine derrière le crâne.
Devant elle, un miroir dans lequel se reflète le crâne : la femme ne regarde pas le crâne lui-même, mais ses yeux sont rivés sur son reflet dans le miroir. 

   Toutefois, c’est plus encore à l’intérieur d’elle-même qu’elle donne l’impression de regarder…

   Cette toile de Georges de La Tour appartient à la série des « Magdeleine » : il y a les deux « Magdeleine à la veilleuse » (l’une au Louvre et l’autre à Los Angeles), la « Magdeleine pénitente » (au Musée Métropolitain de New York) et cette « Magdeleine  repentante » (datée des années 1635-1640, probablement la plus ancienne de la série, actuellement conservée à la Galerie Nationale d’Art de Washington).
J’ignore si le titre attribué à cette oeuvre remonte à l’artiste lui-même ou s’il lui a été donné postérieurement, cependant, pour ce qui me concerne, je l’eusse plus volontiers appelée « Magdeleine pensive ».

   L’enseignement délivré par cette oeuvre est simple : c’est une sorte de Memento mori (« Souviens-toi que tu vas mourir »). Sont ici représentés des éléments de ces « vanités » prisées par l’époque baroque : le miroir, le crâne, la chandelle… Ce sont les symboles de la fugacité des bonheurs terrestres, de la fragilité de notre existence, de la précarité de la beauté.

   Marie, dite Magdeleine – c’est-à-dire de Magdala : Magdala était une bourgade sur la rive du lac de Tibériade où Marie possédait un domaine – , avait été délivrée de sept démons par le Seigneur Jésus-Christ (cf. Luc. VIII, 2 ; la tradition spirituelle y voit les sept péchés capitaux alors que les amateurs d’histoires croustillantes n’ont voulu se souvenir que de la luxure). Elle s’attacha aux pas de Notre-Seigneur et le suivit jusqu’au Calvaire : ainsi peut-elle être considérée comme l’une de ses plus fidèles disciples. Présente au pied de la Croix et lors de la mise au tombeau (tandis que les Apôtres, hormis Saint Jean, avaient fui), elle est aussi la première au tombeau, le matin de Pâques, la première à laquelle les Saints Evangiles nous rapportent que le Ressuscité apparut, lui donnant mission de prévenir les Apôtres. De là le titre d’Apostola Apostolorum – Apôtre des Apôtres – qui lui est décerné. Après l’Ascension, la tradition nous rapporte qu’elle évangélisa la région de Marseille avant de se retirer à la Sainte Baume où elle vécut une trentaine d’années dans la contemplation.

   Le tableau de La Tour semble nous placer à l’instant charnière où la Magdeleine, bouleversée par la rencontre du Christ Sauveur, abandonne sa vie de mondaine pour se mettre à la suite de Jésus.
Le livre évoque celui des Ecritures Sacrées, le crâne renvoie bien entendu à la mort : la Parole de Dieu et la compréhension de la vanité des plaisirs terrestres se sont frayé un chemin dans le coeur de la courtisane et l’ont mise en face des enjeux éternels dont la vie d’ici-bas n’est que le prélude.

   Plus de bijoux ou de produits de beauté sur cette table qui, il n’y a pas si longtemps encore, était peut-être une coiffeuse.
La chevelure déliée, la chemise entrouverte laissant l’épaule nue ne sont plus les signes des provocations de la débauche, mais indiquent plutôt qu’il y eu un moment de tempête et d’agitation, maintenant calmé. L’attitude générale rayonne d’une détermination réfléchie, apaisée.
Le miroir, attribut par excellence de la coquetterie, n’est plus là pour refléter des parures et des poses aguichantes, mais intervient comme témoin d’une vérité salutaire : ce que Magdeleine contemple dans le miroir, ce n’est plus son propre visage, mais le reflet du crâne.  Memento mori !

   Regardons maintenant plus attentivement encore ce tableau ; une chose étonnante doit y être remarquée : alors que nous nous trouvons dans une position latérale par rapport à Marie-Magdeleine et par rapport au miroir – qui se font face – nous pouvons nous-mêmes voir le reflet du crâne dans la glace. Normalement, si nous voyons le crâne, Magdeleine ne le voit pas ; et si c’est elle qui le voit, c’est nous qui ne devrions pas le voir! Or la composition de l’oeuvre, avec en particulier le jeu du regard de la Magdeleine et du miroir ne laissent pas de place à l’hésitation : elle voit le crâne dans son miroir.
Car en fait l’artiste n’a pas peint la réalité telle qu’elle apparaîtrait sur une photographie : la manière dont il a représenté la scène traduit une intention. Ce que voit le spectateur dans le miroir, c’est aussi ce que voit la Magdeleine. Le spectateur est comme obligé par le peintre de se mettre à la place de la Magdeleine et à voir à travers son regard à elle.
Ce faisant, Georges de La Tour nous délivre un message particulièrement fort.

   En effet, la figure évangélique de Marie-Magdeleine peut être comprise comme la représentante de l’humanité auprès du Christ : marquée par le péché, séduite par les vanités terrestres et se laissant entraîner par ses penchants désordonnés, elle est elle-aussi appelée à rencontrer le Sauveur, à être absoute de ses fautes, à Le suivre jusqu’au Calvaire afin d’avoir part à la joie de la vie nouvelle du Ressuscité!
Ainsi, à travers cette toile, Marie-Magdeleine engage-t-elle chacun de ceux qui regardent le tableau autrement que superficiellement à suivre son exemple. Nous devons, comme elle, abandonner les voies de la perdition, quitter les sentiers du péché et nous défier des faux semblants puisque le miroir, en définitive, dit toujours la vérité : à celui qui ne s’arrête pas à la surface des choses, il renvoie l’image de la mort.

   Memento, homo, quia pulvis es et in pulverem reverteris : souviens-toi, ô homme, que tu es poussière et que tu retourneras en poussière!

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Pour mieux connaître la figure de Sainte Marie-Magdeleine > ici.

2012-10. La place d’honneur, la place centrale, doit revenir à Jésus!

Le 15 janvier 2012, a eu lieu la quatrième « Rencontre pour l’Unité Catholique » (appelée aussi « Réunicatho », voir le site > www).

Un mois après, ce 15 février, a été publié le très intéressant texte de l’intervention de Son Excellence Monseigneur Athanasius Schneider, évêque auxiliaire de l’archidiocèse de Sainte-Marie d’Astana, et secrétaire de la Conférence des évêques catholiques du Kazakhstan.
Cet exposé était intitulé : « La nouvelle évangélisation et la sainte liturgie ». On en trouvera le texte complet ici > www, et je ne peux que vous encourager à le lire et à le relire avec la plus grande attention.
Les premiers paragraphes – paragraphes introductifs – contiennent, fort bien exprimées, des réflexions sur l’orientation de la célébration et la place du tabernacle qui ne sont finalement que de bon sens (mais le bon sens n’est pas la chose au monde la mieux partagée, surtout dans certains milieux ecclésiastiques!). J’y souscris totalement ; j’ai déjà eu l’occasion d’écrire à ce sujet (cf. > www ou encore > www), et je ne résiste pas au plaisir de reprendre ci-dessous le texte de ces quatre premiers paragraphes.

Lully.

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C’est Dieu, c’est Jésus Eucharistie, c’est la Croix
qui sont au centre du culte chrétien authentique. 

Extraits de l’intervention de
Monseigneur Athanasius Schneider,
intitulée « la nouvelle évangélisation et la sainte liturgie »

« Pour parler correctement de la nouvelle évangélisation il est indispensable de porter tout d’abord notre regard sur Celui qui est le véritable évangélisateur, à savoir Notre-Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, le Verbe de Dieu fait Homme. Le Fils de Dieu est venu sur cette terre pour expier et racheter le plus grand péché, le péché par excellence. Et ce péché par excellence de l’humanité consiste dans le refus d’adorer Dieu, dans le refus de Lui réserver la première place, la place d’honneur. Ce péché des hommes consiste dans le fait qu’on ne porte pas attention à Dieu, dans le fait qu’on n’a plus le sens des choses, voire des détails qui relèvent de Dieu et de l’adoration qui Lui est due, dans le fait qu’on ne veut pas voir Dieu, dans le fait qu’on ne veut pas s’agenouiller devant Dieu.

Face à une telle attitude, l’Incarnation de Dieu est gênante, gênante également et par contrecoup la Présence Réelle de Dieu dans le mystère eucharistique, gênante la centralité de la présence eucharistique de Dieu dans les églises. L’homme pécheur veut en effet se mettre au centre, tant à l’intérieur de l’église que lors de la célébration eucharistique, il veut être vu, il veut être remarqué.

C’est la raison pour laquelle Jésus Eucharistie, Dieu incarné, présent dans le tabernacle sous la forme eucharistique, on préfère Le placer sur le côté. Même la représentation du Crucifié sur la croix au milieu de l’autel lors de la célébration face au peuple est gênante, parce que le visage du prêtre s’en trouverait occulté. Donc l’image du Crucifié au centre aussi bien que Jésus Eucharistie dans le tabernacle également au centre de l’autel, sont gênants. En conséquence la croix et le tabernacle sont déplacés sur le côté. Pendant l’office, les assistants doivent pouvoir observer en permanence le visage du prêtre, et celui-ci prend plaisir à se mettre littéralement au centre de la maison de Dieu. Et si par hasard Jésus Eucharistie est quand même laissé dans son tabernacle au centre de l’autel, parce que le ministère des Monuments Historiques, même sous un régime athée, a interdit pour des raisons de conservation du patrimoine artistique de le déplacer, le prêtre, souvent tout au long de la célébration liturgique, lui tourne sans scrupules le dos.

Combien de fois de braves fidèles adorateurs du Christ, dans leur simplicité et leur humilité, se seront écriés : « Bénis soyez-vous, les Monuments Historiques! Vous nous avez au moins laissé Jésus au centre de notre église». »

Maître-autel-avant-réforme-liturgique-Copie-215x300 Athanasius Schneider dans Lectures & relectures

Basilique de Lalouvesc : le sanctuaire avant la « réforme liturgique »
un somptueux maître-autel de marbre et de bronzes dorés (anges & saints)
surélevé du sol par trois degrés
surmonté d’un ciborium couvrant la châsse et la statue de St Jean-François Régis.

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Basilique de Lalouvesc : le sanctuaire après la « réforme liturgique »
l’autel n’est plus qu’une dalle de pierre carrée sur un cylindre de pierre bouchardée
posé à même le sol.
Le tabernacle a été relégué au fond de la chapelle absidale
le reliquaire de St Régis a été mis sur le côté, tous les ornements de bronze et même les insignes de la basilique ont disparu.

Sur ce même sujet voir aussi la B.D. :
« Grindsel le séraphin se pose quelques bonnes questions », ici > www.

Grindsel-se-pose-de-bonnes-questions-001-Copie-3-Copie liturgie

2012-9. 15 février 1982 : un certain cardinal Ratzinger était appelé à demeurer à Rome pour y servir l’Eglise.

Mercredi 15 février 2012,
fête de Saint Claude de La Colombière.

Notre amie Béatrice, dans son excellent site « Benoît et moi », met en ligne aujourd’hui la traduction qu’elle a faite d’un article paru en italien dans l’Osservatore Romano de ce jour.
Cet article s’intitule « Trente ans après » parce qu’il rappelle que, jour pour jour, « il y a trente ans, le 15 Février 1982, était rendue publique la nouvelle que Jean-Paul II, allant à l’encontre du désir du cardinal Joseph Ratzinger, le déchargeait de la gouvernance pastorale du diocèse de Freising et Munich.
Le 25 novembre précédent, en effet, le cardinal allemand de 54 ans avait été nommé par le Pape comme préfet du premier dicastère de la Curie romaine, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Ainsi, après avoir conservé près de trois mois encore la direction de ce grand diocèse bavarois, en ces jours de février, Ratzinger s’installe à Rome. (…) Depuis février 1982, le cardinal allemand n’a plus jamais quitté Rome ».

2012-9. 15 février 1982 : un certain cardinal Ratzinger était appelé à demeurer à Rome pour y servir l'Eglise. dans Commentaires d'actualité & humeurs montaneros

1982 : le Cardinal Joseph Ratzinger fait ses adieux au diocèse de Munich pour s’installer à Rome
(ici avec les montagnards bavarois en costume traditionnel) 

Trente ans donc de présence à Rome pour celui qui est devenu, le 19 avril 2005, notre Saint-Père le Pape Benoît XVI.
Trente ans de présence continue et laborieuse…
Hormis toutefois pendant les courtes périodes de vacances de la Curie, qui permettaient au Cardinal Ratzinger de retourner dans sa petite maison, voisine de la ferme de Pentling : il l’avait achetée en vue de sa retraite, qu’il eût souhaitée discrète, modeste, paisible, studieuse… et accompagnée de chats!
Je vous avais parlé, in illo tempore, de la publication de cette biographie du Cardinal Ratzinger – depuis sa naissance jusqu’à son élévation au Souverain Pontificat – rédigée par Chico, le chat roux de la ferme de Pentling qui, lorsque le bon prélat revenait dans sa Bavière natale, désertait la maison de ses maîtres pour s’installer chez son grand ami Joseph (cf. > www) [1].
Moi, je l’ai toujours pensé : un prélat qui aime les chats et qui – en plus – est aimé d’eux, ne peut que faire un bon Pape! (voir aussi > www).

« Je ne le connais pas, mais ses yeux sont bons », ces paroles d’une romaine quelque jours après l’élection de Benoît XVI, citées par l’article qu’a traduit notre amie Béatrice, rejoint l’expérience de l’épouse de l’un des officiers de l’Ecole de Cavalerie de Saumur lors de la béatification du Père Charles de Foucauld (nota : en effet Frère Maximilien-Marie accompagnait la délégation de l’Ecole de Cavalerie et lui servait de guide pour les visites de Rome ;  il était aussi placé avec ces militaires – au premier rang, avec de beaux prie-dieu de velours rouge – à la cérémonie de béatification le dimanche 13 novembre 2005).
Cette jeune femme donc s’est trouvée en première ligne, sur le passage du Souverain Pontife, lorsqu’il a regagné la sacristie après la vénération des reliques du nouveau bienheureux ; le Pape lui a tendu la main, qu’elle a baisée avec ferveur en mettant genou en terre, puis elle a pu lui parler quelques instants pour recommander à sa prière un tout petit enfant malade. Elle fut bouleversée par la manière dont le Saint Père a plongé son regard dans le sien, avec une indicible expression d’attention, de bonté, de profonde compassion… « A ce moment-là, a-t-elle ensuite confié en substance à Frère Maximilien-Marie, j’ai eu l’impression certaine qu’il n’y avait en quelque sorte plus que lui et moi, qu’il prenait véritablement – au sens le plus fort que peut revêtir ce verbe prendre – cette intention douloureuse que je lui confiais, et j’ai compris à quel point c’est un père que nous avons à la tête de  notre Eglise… »

BenoîtXVI-soleil Benoît XVI dans Intentions de priere

Mais je continue ma lecture de l’article :
« Aujourd’hui, à trente ans du début de la période romaine de Joseph Ratzinger, ce doux berger qui ne recule pas devant les loups, le profil de la maturité d’un pontificat qui restera dans l’histoire se fait clair, dissolvant comme de la fumée les stéréotypes durs à mourir et contrastant avec des comportements irresponsables et indignes. Ces derniers finissent par s’imbriquer dans les clameurs des médias, inévitables et certainement pas désintéressées, mais qui doivent être utilisées comme une opportunité pour la purification de l’Eglise. 
Pape de la paix qui veut raviver la flamme de la primauté de Dieu, Benoît XVI est parfaitement cohérent avec son histoire. Une histoire marquée par une vision ample qui, pendant ces trente (années) romaines, a toujours cherché un souffle mondial et a été caractérisé par une oeuvre d’innovation et de purification poursuivie avec courage, ténacité et patience, conscient que depuis la nuit des temps, l’ennemi sème la zizanie (l’ivraie) dans le champ. 
C’est pourquoi le Pape indique sans relâche la nécessité d’un renouveau continu (Ecclesia semper reformanda [2]), rappelant que la sainteté de l’Église ne sera pas obscurcie si, à l’écoute de la vérité, elle reste proche de l’unique Seigneur ».

Oh, combien nous souscrivons à ces paroles! Et plus que jamais, rendant grâces à Dieu pour les trente années romaines de celui qui s’est soumis avec humilité et obéissance aux dispositions de la divine Providence qui contrecarrait ses projets personnels, nous redisons avec ferveur les paroles de l’ « Oremus pro Pontifice nostro » : « Que le Seigneur le garde, qu’Il le conserve en vie, qu’Il le fasse heureux sur la terre et qu’Il ne le livre pas à la merci de ses ennemis »!

Lully.

Pour lire la totalité de l’article de l’Osservatore Romano sur le site « Benoît et moi », cliquer ici > www, et si vous voulez le lire en italien, ici > www.

armes-benoit-XVI-2-93x150 cardinal Ratzinger dans Lectures & relectures

[1] A ma connaissance, le très bel album « Joseph et Chico » dont j’avais relaté la parution en octobre 2007 n’a toujours pas été traduit en français, et c’est vraiment très dommage!

[2] « Ecclesia semper reformanda » : c’est un adage qui remonte au Moyen-Age et qui signifie que l’Eglise doit toujours travailler à sa propre réforme.

2012-8. Session Santé & Bien-être.

« J’ai demandé à Frère Maximilien-Marie s’il avait totalement cessé de réaliser ces petites bandes dessinées dans la lecture desquelles j’aime bien me plonger et que je sais que beaucoup d’entre vous apprécient également…
Il m’a seulement répondu par un sourire, mais lorsque je me suis réveillé de ma sieste, il m’a tendu une feuille sans rien dire : cette feuille, je l’ai reproduite pour vous ci-dessous… et j’espère que vous ne vous contenterez pas de la lire de manière superficielle !

Bonne lecture à vous tous, chers Amis… et surtout profitez de l’invitation qui vous est faite à cette Session Santé & Bien-être! »

2012-8. Session Santé & Bien-être. dans Bandes dessinées patteschatsLully.    

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BD Session Santé & Bien-être

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- Beaucoup de personnes sont capables de soutenir de gros efforts, à l’occasion d’exercices sportifs ou de « fitness », pour obtenir une plus belle apparence physique ou pour retrouver une meilleure forme… Pourquoi donc n’en est-il pas de même lorsqu’il s’agit d’avoir une meilleure santé spirituelle et d’acquérir une plus grande beauté d’âme?

- Beaucoup de personnes consentent volontiers à des sacrifices financiers pour pouvoir participer à des sessions de bien-être et de remise en forme… Pourquoi donc, lorsque Jésus offre gratuitement une session de santé spirituelle d’une très haute qualité, rencontre-t-on si peu de réactions d’enthousiasme et de gratitude envers Lui, même parmi ceux qui prétendent être ses fidèles?

- Il y a des succursales de la maison de cure d’origine dans tous les lieux où la Sainte Eglise du Christ est établie, et la cure peut être suivie à domicile en lien avec tous les autres fidèles ; il est fortement recommandé, quand cela est possible, d’avoir un bon conseiller spirituel, prudent et avisé, afin que la cure puisse porter le meilleur de ses fruits.

- La Session Santé & Bien-être du Docteur Carême t’est ouverte, et elle t’est offerte ; ses prestations d’excellence ont puissamment contribué à « faire des saints » : ne laisse pas passer ta chance!

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2012-7. « Faisons attention les uns aux autres pour nous stimuler dans la charité et les oeuvres bonnes ».

Message de Sa Sainteté le Pape Benoît XVI
à l’occasion du Carême de l’an de grâce 2012. 

2012-7. « Faisons attention les uns aux autres pour nous stimuler dans la charité et les oeuvres bonnes ». dans De liturgia prev46-Copie

Frères et soeurs,

Le Carême nous offre encore une fois l’opportunité de réfléchir sur ce qui est au coeur de la vie chrétienne : la charité. En effet, c’est un temps favorable pour renouveler, à l’aide de la Parole de Dieu et des Sacrements, notre itinéraire de foi, aussi bien personnel que communautaire. C’est un cheminement marqué par la prière et le partage, par le silence et le jeûne, dans l’attente de vivre la joie pascale.

Cette année, je désire proposer quelques réflexions à la lumière d’un bref texte biblique tiré de la Lettre aux Hébreux : « Faisons attention les uns aux autres pour nous stimuler dans la charité et les oeuvres bonnes » (Heb. X, 24). Cette phrase fait partie d’une péricope dans laquelle l’écrivain sacré exhorte à faire confiance à Jésus-Christ comme Grand Prêtre qui nous a obtenu le pardon et l’accès à Dieu. Le fruit de notre accueil du Christ est une vie selon les trois vertus théologales : il s’agit de nous approcher du Seigneur « avec un coeur sincère et dans la plénitude de la foi » (X, 22), de garder indéfectible « la confession de l’espérance » (X, 23) en faisant constamment attention à exercer avec nos frères « la charité et les oeuvres bonnes » (X, 24). Pour étayer cette conduite évangélique – est-il également affirmé -, il est important de participer aux rencontres liturgiques et de prière de la communauté, en tenant compte du but eschatologique : la pleine communion en Dieu (X, 25). Je m’arrête sur le verset 24 qui, en quelques mots, offre un enseignement précieux et toujours actuel sur trois aspects de la vie chrétienne: l’attention à l’autre, la réciprocité et la sainteté personnelle.

1. « Faisons attention » : la responsabilité envers le frère.

Le premier élément est l’invitation à « faire attention » : le verbe grec utilisé est katanoein, qui signifie bien observer, être attentifs, regarder en étant conscient, se rendre compte d’une réalité. Nous le trouvons dans l’Évangile, lorsque Jésus invite les disciples à « observer » les oiseaux du ciel qui, bien qu’ils ne s’inquiètent pas, sont l’objet de l’empressement et de l’attention de la Providence divine (cf. Lc 12, 24), et à « se rendre compte » de la poutre qui se trouve dans leur oeil avant de regarder la paille dans l’oeil de leur frère (cf. Luc VI, 41). Nous trouvons aussi cet élément dans un autre passage de la même Lettre aux Hébreux, comme invitation à « prêter attention à Jésus » (III, 1), l’apôtre et le grand prêtre de notre foi. Ensuite, le verbe qui ouvre notre exhortation invite à fixer le regard sur l’autre, tout d’abord sur Jésus, et à être attentifs les uns envers les autres, à ne pas se montrer étrangers, indifférents au destin des frères. Souvent, au contraire, l’attitude inverse prédomine : l’indifférence, le désintérêt qui naissent de l’égoïsme dissimulé derrière une apparence de respect pour la « sphère privée ». Aujourd’hui aussi, la voix du Seigneur résonne avec force, appelant chacun de nous à prendre soin de l’autre. Aujourd’hui aussi, Dieu nous demande d’être les « gardiens » de nos frères (cf. Gn 4, 9), d’instaurer des relations caractérisées par un empressement réciproque, par une attention au bien de l’autre et à tout son bien. Le grand commandement de l’amour du prochain exige et sollicite d’être conscients d’avoir une responsabilité envers celui qui, comme moi, est une créature et un enfant de Dieu : le fait d’être frères en humanité et, dans bien des cas, aussi dans la foi, doit nous amener à voir dans l’autre un véritable alter ego, aimé infiniment par le Seigneur. Si nous cultivons ce regard de fraternité, la solidarité, la justice ainsi que la miséricorde et la compassion jailliront naturellement de notre coeur. Le Serviteur de Dieu Paul VI affirmait qu’aujourd’hui le monde souffre surtout d’un manque de fraternité : « Le monde est malade. Son mal réside moins dans la stérilisation des ressources ou dans leur accaparement par quelques-uns, que dans le manque de fraternité entre les hommes et entre les peuples » (Lett. enc. Populorum progressio du 26 mars 1967, n° 66).

L’attention à l’autre comporte que l’on désire pour lui ou pour elle le bien, sous tous ses aspects : physique, moral et spirituel. La culture contemporaine semble avoir perdu le sens du bien et du mal, tandis qu’il est nécessaire de répéter avec force que le bien existe et triomphe, parce que Dieu est « le bon, le bienfaisant » (Ps. CXIX, 68). Le bien est ce qui suscite, protège et promeut la vie, la fraternité et la communion. La responsabilité envers le prochain signifie alors vouloir et faire le bien de l’autre, désirant qu’il s’ouvre lui aussi à la logique du bien ; s’intéresser au frère veut dire ouvrir les yeux sur ses nécessités. L’Écriture Sainte met en garde contre le danger d’avoir le coeur endurci par une sorte d’« anesthésie spirituelle » qui rend aveugles aux souffrances des autres. L’évangéliste Luc rapporte deux paraboles de Jésus dans lesquelles sont indiqués deux exemples de cette situation qui peut se créer dans le coeur de l’homme. Dans celle du bon Samaritain, le prêtre et le lévite « passent outre », avec indifférence, devant l’homme dépouillé et roué de coups par les brigands (cf. Luc X, 30-32), et dans la parabole du mauvais riche, cet homme repu de biens ne s’aperçoit pas de la condition du pauvre Lazare qui meurt de faim devant sa porte (cf. Luc XVI, 19). Dans les deux cas, nous avons à faire au contraire du « prêter attention », du regarder avec amour et compassion. Qu’est-ce qui empêche ce regard humain et affectueux envers le frère ? Ce sont souvent la richesse matérielle et la satiété, mais c’est aussi le fait de faire passer avant tout nos intérêts et nos préoccupations personnels. Jamais, nous ne devons nous montrer incapables de « faire preuve de miséricorde » à l’égard de celui qui souffre ; jamais notre coeur ne doit être pris par nos propres intérêts et par nos problèmes au point d’être sourds au cri du pauvre. À l’inverse, c’est l’humilité de coeur et l’expérience personnelle de la souffrance qui peuvent se révéler source d’un éveil intérieur à la compassion et à l’empathie : « Le juste connaît la cause des faibles, le méchant n’a pas l’intelligence de la connaître » (Prov. XIX, 7). Nous comprenons ainsi la béatitude de « ceux qui sont affligés » (Matt. V, 4), c’est-à-dire de ceux qui sont en mesure de sortir d’eux-mêmes pour se laisser apitoyer par la souffrance des autres. Rencontrer l’autre et ouvrir son coeur à ce dont il a besoin sont une occasion de salut et de béatitude.

« Prêter attention » au frère comporte aussi la sollicitude pour son bien spirituel. Je désire rappeler ici un aspect de la vie chrétienne qui me semble être tombé en désuétude : la correction fraternelle en vue du salut éternel. En général, aujourd’hui, on est très sensible au thème des soins et de la charité à prodiguer pour le bien physique et matériel des autres, mais on ne parle pour ainsi dire pas de notre responsabilité spirituelle envers les frères. Il n’en est pas ainsi dans l’Église des premiers temps, ni dans les communautés vraiment mûres dans leur foi, où on se soucie non seulement de la santé corporelle du frère, mais aussi de celle de son âme en vue de son destin ultime. Dans l’Écriture Sainte, nous lisons : « Reprends le sage, il t’aimera. Donne au sage : il deviendra plus sage encore ; instruis le juste, il accroîtra son acquis » (Prov. IX, 8s). Le Christ lui-même nous commande de reprendre le frère qui commet un péché (cf. Matt. XVIII, 15). Le verbe utilisé pour définir la correction fraternelle – elenchein – est le même que celui qui indique la mission prophétique de la dénonciation propre aux chrétiens envers une génération qui s’adonne au mal (cf. Eph. V, 11). La tradition de l’Église a compté parmi les oeuvres de miséricorde spirituelle celle d’« admonester les pécheurs ». Il est important de récupérer cette dimension de la charité chrétienne. Il ne faut pas se taire face au mal. Je pense ici à l’attitude de ces chrétiens qui, par respect humain ou par simple commodité, s’adaptent à la mentalité commune au lieu de mettre en garde leurs frères contre des manières de penser et d’agir qui sont contraires à la vérité, et ne suivent pas le chemin du bien. Toutefois le reproche chrétien n’est jamais fait dans un esprit de condamnation ou de récrimination. Il est toujours animée par l’amour et par la miséricorde et il naît de la véritable sollicitude pour le bien du frère. L’apôtre Paul affirme : « Dans le cas où quelqu’un serait pris en faute, vous les spirituels, rétablissez-le en esprit de douceur, te surveillant toi-même, car tu pourrais bien, toi aussi être tenté » (Gal. VI, 1). Dans notre monde imprégné d’individualisme, il est nécessaire de redécouvrir l’importance de la correction fraternelle, pour marcher ensemble vers la sainteté. Même « le juste tombe sept fois » (Prov. XXIV, 16) dit l’Écriture, et nous sommes tous faibles et imparfaits (cf.1 Joan. I, 8). Il est donc très utile d’aider et de se laisser aider à jeter un regard vrai sur soi-même pour améliorer sa propre vie et marcher avec plus de rectitude sur la voie du Seigneur. Nous avons toujours besoin d’un regard qui aime et corrige, qui connaît et reconnaît, qui discerne et pardonne (cf. Luc XXII, 61), comme Dieu l’a fait et le fait avec chacun de nous.

2. « Les uns aux autres » : le don de la réciprocité.

Cette « garde » des autres contraste avec une mentalité qui, réduisant la vie à sa seule dimension terrestre, ne la considère pas dans une perspective eschatologique et accepte n’importe quel choix moral au nom de la liberté individuelle. Une société comme la société actuelle peut devenir sourde aux souffrances physiques comme aux exigences spirituelles et morales de la vie. Il ne doit pas en être ainsi dans la communauté chrétienne! L’apôtre Paul invite à chercher ce qui « favorise la paix et l’édification mutuelle » (Rom. XIV, 19), en plaisant « à son prochain pour le bien, en vue d’édifier » (Ibid. XV, 2), ne recherchant pas son propre intérêt, « mais celui du plus grand nombre, afin qu’ils soient sauvés » (1 Cor. X, 33). Cette correction réciproque et cette exhortation, dans un esprit d’humilité et de charité, doivent faire partie de la vie de la communauté chrétienne.

Les disciples du Seigneur, unis au Christ par l’Eucharistie, vivent dans une communion qui les lie les uns aux autres comme membres d’un seul corps. Cela veut dire que l’autre m’est uni de manière particulière, sa vie, son salut, concernent ma vie et mon salut. Nous abordons ici un élément très profond de la communion : notre existence est liée à celle des autres, dans le bien comme dans le mal ; le péché comme les oeuvres d’amour ont aussi une dimension sociale. Dans l’Église, corps mystique du Christ, cette réciprocité se vérifie : la communauté ne cesse de faire pénitence et d’invoquer le pardon des péchés de ses enfants, mais elle se réjouit aussi constamment et exulte pour les témoignages de vertu et de charité qui adviennent en son sein. « Que les membres se témoignent une mutuelle sollicitude » (cf.1 Cor. XII, 25), affirme saint Paul, afin qu’ils soient un même corps. La charité envers les frères, dont l’aumône – une pratique caractéristique du carême avec la prière et le jeûne – est une expression, s’enracine dans cette appartenance commune. En se souciant concrètement des plus pauvres, le chrétien peut exprimer sa participation à l’unique corps qu’est l’Église. Faire attention aux autres dans la réciprocité c’est aussi reconnaître le bien que le Seigneur accomplit en eux et le remercier avec eux des prodiges de grâce que le Dieu bon et tout-puissant continue de réaliser dans ses enfants. Quand un chrétien perçoit dans l’autre l’action du Saint Esprit, il ne peut que s’en réjouir et rendre gloire au Père céleste (cf. Matt. V, 16).

3. « pour nous stimuler dans la charité et les oeuvres bonnes » : marcher ensemble dans la sainteté.

Cette expression de la Lettre aux Hébreux (X, 24), nous pousse à considérer l’appel universel à la sainteté, le cheminement constant dans la vie spirituelle à aspirer aux charismes les plus grands et à une charité toujours plus élevée et plus féconde (cf.1 Cor. XII, 31 – XIII, 13). L’attention réciproque a pour but de nous encourager mutuellement à un amour effectif toujours plus grand, « comme la lumière de l’aube, dont l’éclat grandit jusqu’au plein jour » (Prov. IV, 18), dans l’attente de vivre le jour sans fin en Dieu. Le temps qui nous est accordé durant notre vie est précieux pour découvrir et accomplir les oeuvres de bien, dans l’amour de Dieu. De cette manière, l’Église elle-même grandit et se développe pour parvenir à la pleine maturité du Christ (cf. Eph. IV, 13). C’est dans cette perspective dynamique de croissance que se situe notre exhortation à nous stimuler réciproquement pour parvenir à la plénitude de l’amour et des oeuvres bonnes.

Malheureusement, la tentation de la tiédeur, de l’asphyxie de l’Esprit, du refus d’« exploiter les talents » qui nous sont donnés pour notre bien et celui des autres (cf. Matt. XXV, 25 et sv.) demeure. Nous avons tous reçu des richesses spirituelles ou matérielles utiles à l’accomplissement du plan divin, pour le bien de l’Église et pour notre salut personnel (cf. Luc XII, 21b ; 1 Tim. VI, 18). Les maîtres spirituels rappellent que dans la vie de la foi celui qui n’avance pas recule. Chers frères et soeurs, accueillons l’invitation toujours actuelle à tendre au « haut degré de la vie chrétienne » (Jean-Paul II, Lettre apostolique Novo millenio ineunte du 6 janvier 2001, n° 31). En reconnaissant et en proclamant la béatitude et la sainteté de quelques chrétiens exemplaires, la sagesse de l’Église a aussi pour but de susciter le désir d’en imiter les vertus. Saint Paul exhorte : « rivalisez d’estime réciproque » (Rom. XII, 10).

Face à un monde qui exige des chrétiens un témoignage renouvelé d’amour et de fidélité au Seigneur, tous sentent l’urgence de tout faire pour rivaliser dans la charité, dans le service et dans les oeuvres bonnes (cf. HeB. VI, 10). Ce rappel est particulièrement fort durant le saint temps de préparation à Pâques. Vous souhaitant un saint et fécond Carême, je vous confie à l’intercession de la Bienheureuse Vierge Marie et, de grand coeur, j’accorde à tous la Bénédiction apostolique.

Du Vatican, le 3 novembre 2011.

Benedictus PP. XVI

armes-benoit-XVI-2-93x150 Benoît XVI dans Lectures & relectures

                                                                                             Petit catéchisme sur le carême et la pénitence > www.

2012-2. La « statue-relique » de l’Enfant Jésus de Prague au Mesnil-Marie.

Fête du Très Saint Nom de Jésus.

       La fête du Saint Nom de Jésus (célébrée le dimanche qui arrive entre le 2 et le 5 janvier ou, à défaut, le 2 janvier) est le jour de fête principal en l’honneur de la statue miraculeuse de l’Enfant Jésus de Prague (et de ses reproductions), je vais donc en profiter pour répondre à ceux de nos amis qui m’ont demandé pourquoi la statue de l’Enfant Jésus de Prague conservée dans notre oratoire du Mesnil-Marie est appelée « statue relique ».

Statue relique de l'Enfant Jésus de Praque au Mesnil-Marie

La « statue-relique » du Saint Enfant Jésus de Prague au Mesnil-Marie

       Je ne veux pas revenir sur l’histoire de l’Enfant Jésus de Prague : elle a déjà été très bien écrite, et avec de nombreux détails, à plusieurs reprises (on en trouve un bon résumé ici par exemple > ici), mais je rappellerai combien son culte a porté de très abondants fruits de grâces dans toute la Chrétienté.

   En septembre 2009, lors de son voyage apostolique à Prague, notre Saint-Père le Pape Benoît XVI s’est d’abord rendu à l’église Sainte-Marie de la Victoire, sanctuaire de l’Enfant Jésus miraculeux et a offert une précieuse couronne pour la statue.
A cette occasion le Souverain Pontife a déclaré : « La statue de l’Enfant-Jésus, reflet de la tendresse de son enfance, nous fait en outre percevoir la proximité de Dieu et de son amour. Nous comprenons combien nous sommes précieux à ses yeux, parce que, particulièrement grâce à Lui, nous sommes devenus à notre tour fils de Dieu. (…) Dans l’Enfant-Jésus de Prague, nous contemplons la beauté de l’enfance et la préférence que le Christ Jésus a toujours manifestée envers les plus petits, comme nous le lisons dans l’Évangile (cf. Marc X, 13-16). »

Robe EJ 1

Robe EJ 2

Autres robes de l’Enfant Jésus du Mesnil-Marie

   La statue que nous avons le bonheur de conserver en notre Mesnil-Marie a été offerte à Frère Maximilien-Marie par les moniales de la Visitation de Chartres, monastère où notre Frère a été affilié à l’Ordre de la Visitation (cf. > ici). 
Les Visitandines savaient qu’elles allaient devoir quitter Chartres et que, devant être regroupées avec une autre communauté, il ne leur serait pas possible de tout garder des pieux trésors de leur monastère. Cette statue avait été offerte à la Visitation de Chartres en juin 1893 et les archives du monastère conservent ce touchant récit de la réception de l’Enfant Jésus à la date du 11 juin 1893 :

    »A notre sortie de table, nous trouvons en Communauté un mystérieux reposoir : au centre de l’appartement, au milieu de fleurs, un voile nous dérobe la forme d’un objet que chacune devine être une pieuse statue. En effet, lorsque nous sommes toutes assemblées, notre Très Honorée Mère découvre à tous les yeux ravis la gracieuse figure du divin Enfant Jésus de Prague que nous saluons d’un joyeux cantique, bénissant au fond de nos coeurs le nom de notre généreuse Mère Jeanne Madeleine (d’Orléans) qui nous fait l’aimable présent.
Après vêpres, nous conduisons processionnellement notre divin Petit Roi au lieu de sa résidence, choisi par notre Mère : l’autel du chœur. »

   Mais je n’ai pas encore répondu à la question : pourquoi cette appellation de « statue-relique »?
Hé bien, parce que cette statue est un véritable fac-similé de l’originale et que, en outre, ramenée de Prague en 1893, elle avait été bénite sur l’autel même de l’Enfant Jésus et mise en contact avec la statue miraculeuse, comme en fait foi le certificat d’authenticité qui nous a été remis par nos chères Mères de la Visitation en même temps que la statue :

Certificat d'authenticité de la statue de l'Enfant Jésus de Prague du Mesnil-Marie

Certificat d’authenticité de la statue de l’Enfant Jésus de Prague du Mesnil-Marie

   Cette statue porte en outre les stigmates des persécutions suscitées par la république à la fin du XIXe siècle et du début du XXe. Lorsque les Visitandines furent expulsées, en application des lois anti-congréganistes, elles durent s’exiler en Belgique pendant plusieurs années. Elles avaient emportées avec elles la statue du Petit Roi d’Amour qui subit quelques chocs lors du voyage.
Vous connaissez donc maintenant la réponse, chers Amis, et, en joignant aujourd’hui mes vœux à ceux que vous présentait hier Frère Maximilien-Marie, je termine en vous encourageant à répéter souvent la traditionnelle invocation : « Saint Enfant Jésus, bénissez-nous! ».

Lully.

2012-2. La

Prière de notre Saint Père le Pape Benoît XVI
à l’Enfant Jésus de Prague

Seigneur Jésus,
nous Te voyons enfant et nous croyons que tu es le Fils de Dieu,
fait homme par l’œuvre du Saint Esprit dans le sein de la Vierge Marie.

Comme à Bethléem, 
nous aussi avec Marie, Joseph, les Anges et les bergers,
nous T’adorons et Te reconnaissons pour notre unique Sauveur.

Tu T’es fait pauvre pour nous rendre riches de ta pauvreté :
accorde-nous de ne jamais oublier les pauvres ni tous ceux qui souffrent.

Protège nos familles, bénis tous les enfants du monde
et fait qu’entre nous règne toujours l’amour que Tu nous as porté
et qui rend la vie plus heureuse.

Donne à tous, o Jésus, de reconnaître la vérité de Ta Naissance
afin que tous sachent
que tu es venu apporter à la famille humaine toute entière
la lumière, la joie et la paix.

Tu es Dieu, et Tu vis et règnes avec Dieu le Père,
dans l’unité du Saint Esprit,
pour tous les siècles des siècles. Amen.

IHS-Copie Enfant Jésus de Prague dans De liturgia

On trouvera d’autres prières en l’honneur de l’Enfant Jésus > ici
L’article sur une nouvelle parure verte qui lui a été confectionnée > ici
L’article sur la restauration de la statue > ici

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