Archive pour la catégorie 'Commentaires d’actualité & humeurs'

2022.73. Quelques réflexions sur le thème de la vocation (4ème partie) : des délais et résistances que d’aucuns opposent parfois aux appels de la grâce…

Mardi 21 juin 2022 ;
Fête de Saint Louis de Gonzague, confesseur, céleste protecteur des jeunes gens (cf. iciici et ici).

Je dédie très spécialement cet article à mes amis, religieux et prêtres,
qui ont soutenu des combats pour leur vocation,

et aux séminaristes dont j’ai la joie et l’honneur d’accompagner la formation.

La vocation de Saint Louis de Gonzague - Le Guerchin 1650

La vocation de Saint Louis de Gonzague – Le Guerchin (1650)

Bien chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

   La fête de Saint Louis de Gonzague me paraît particulièrement idoine à poursuivre les réflexions concernant la vocation initiées à la fin août 2020 (cf. ici).

   Saint Louis de Gonzague (1568-1591), en effet, dut soutenir de rudes combats pour avoir la liberté de répondre à l’appel intérieur à une vie tout entière donnée à Dieu : fils aîné de Ferdinand 1er de Gonzague, seigneur puis marquis de Castiglione delle Stiviere, sa carrière, dans le monde et dans l’armée était en quelque sorte toute tracée sans qu’il ait son mot à dire dans l’affaire.
Mais l’appel de Dieu et de l’Eglise était venu déjouer les projets humains, et l’adolescent devra affronter les colères homériques de son père et livrer bataille pendant des années pour enfin pouvoir, après autorisation de Sa Majesté l’Empereur, renoncer à ses droits héréditaires et, avec les bénédictions de son père et de Sa Sainteté le Pape Sixte Quint, entrer au noviciat de la Compagnie de Jésus, à l’âge de 17 ans et demi.

   De nos jours, comme alors, il ne manquerait pas de voix, même parmi les gens très pieux et fervents (puisque Ferdinand 1er de Gonzague envoya à son fils des religieux exemplaires et haut placés pour tenter de le dissuader d’entrer en religion), qui conseilleraient au jeune homme d’attendre, de faire montre de davantage de prudence, de passer des diplômes ou d’acheter des brevets militaires afin d’être assuré d’une situation dans le siècle pour le cas où « ça ne marcherait pas ».
En écrivant ces lignes, j’ai à l’esprit une multitude d’exemples de parents, de prêtres, d’éducateurs, voire d’évêques, qui, sous couvert de sagesse et de prudence, ont tenté – et parfois réussi – à éloigner un jeune homme ou une jeune fille de la prompte obéissance à l’appel de Dieu, appel pourtant soutenu et authentifié par des conseillers spirituels sagaces.

   Et je ne passerai pas sous silence les chantages affectifs dont certains parents sont capables pour détourner un enfant de sa vocation religieuse ou sacerdotale : tantôt on fait valoir qu’on aurait souhaité que ce fils ou cette fille se montrât reconnaissant envers ses parents des efforts et des frais qu’ils ont consentis pour ses études et on affirme qu’ils sont donc en droit d’avoir une sorte de « retour » par l’acquisition d’une bonne situation professionnelle et sociale ; tantôt on se lamente sur le fait que cet enfant ne donnera pas à ses parents la joie d’avoir des petits enfants à chérir ; tantôt encore on objecte que, quand viendra la vieillesse, on aura besoin de son soutien et de sa présence et que le quatrième commandement de Dieu lui impose donc de ne pas les « abandonner » en entrant en religion… etc.
Cette sentimentalité familiale est l’un des plus pernicieux des arguments du démon pour contrer une vocation, car de tels parents sont alors de véritables instruments du démon et les alliés de ses manœuvres, couvrant des apparences de la charité leur propre manque de générosité, leur défaut d’esprit surnaturel et – disons-le tout de go – les manigances de leur égoïsme et de leur sensiblerie, pour faire avorter la vocation de leur enfant.

   La responsabilité des parents et des clercs qui contrent une véritable vocation est énorme, et ils devront rendre compte au redoutable tribunal de Dieu des délais que, par leur faute, l’intéressé aura mis à réaliser sa vocation, ou même de son abandon s’ils réussissent effectivement à en détourner leur enfant !
Et le jeune homme ou la jeune fille qui a clairement entendu l’appel divin et qui a été assuré par son confesseur ou ses conseillers spirituels de l’authenticité de sa vocation, commet lui aussi une faute en n’y répondant pas promptement, en y opposant des délais inspirés par une prudence tout humaine ; il ou elle s’expose même à perdre sa vocation, puis à s’engager dans des voies professionnelles et familiales pour lesquelles il ou elle n’était pas véritablement fait avec, pour conséquence, le risque de ne pas s’y épanouir spirituellement…
Qu’on pense à ce « jeune homme riche » de l’Evangile (Matth. XIX, 16-26), qui s’en alla tout triste parce qu’il ne fut pas assez fort dans sa détermination et pas assez généreux dans son abnégation, car les « grands biens » qui étaient les siens – et qui le possédaient au point de lui faire renoncer à répondre à l’appel à un état de vie supérieur – peuvent ne pas être uniquement pécuniers, mais aussi consister en situation confortable, en satisfaction à demeurer dans son milieu familial ou social, en études, en recherche des honneurs ou des diplômes, en attachements sentimentaux… etc.

   Si le Saint-Esprit a inspiré à l’Evangéliste de noter la chose pour qu’elle nous fût transmise, c’est pour que cela serve d’avertissement à tous les appelés par le Christ qui, soit par amour du monde et de ses biens, soit par faiblesse sentimentale familiale, soit par peur du sacrifice, soit par refus des exigences d’un don total, ne répondront finalement pas à l’appel amoureux de Notre-Seigneur : c’est le ratatinement de leur vie spirituelle qu’ils risquent, quand ce n’est pas sa perte totale.
Plusieurs auteurs spirituels et maîtres de la vie religieuse et sacerdotale n’ont pas hésité à écrire que celui qui ne répond pas à une authentique vocation risque fort de se damner, à moins d’une compensation héroïque par la pénitence et l’expiation.
Ce n’est pas pour rien que, il y a quelques semaines, j’ai insisté sur les « saints manqués » (cf. ici).

   Voilà pourquoi, après avoir évoqué il y a quelques mois (cf. ici), ces véritables avortoirs de vocations que peuvent être certains séminaires ou maisons religieuses dévoyés par le modernisme, je n’hésite pas aujourd’hui à dénoncer les « interruptions volontaires de vocations » - les IVV, pour calquer la terminologie à la mode -, dont se rendent coupables certains appelés, par faiblesse, par lâcheté, par manque d’amour de Dieu et de confiance en Sa grâce toute puissante…
Ce que l’avortement est à la vie d’un enfant conçu, ces comportements de refus le sont de la même façon pour la vie spirituelle et la sainteté d’une âme.
C’est un don de vie qui est réduit à néant.
C’est une fécondité spirituelle que l’on étouffe dans l’œuf et dont on ne peut, avec notre seule intelligence humaine, calculer toutes les conséquences. Mais Dieu, Lui, le peut !

   Toute vocation, religieuse ou sacerdotale, en effet, est porteuse de fécondité : un prêtre ou un religieux fidèles engendrent des âmes à la vie surnaturelle, obtiennent des conversions, entraînent des esprits vers les sommets de la vie spirituelle, leur permettent des développements de grâce et de vertu qui leur auraient été impossibles sans les prières, les sacrifices, l’abnégation, la persévérance, et l’apostolat de ces appelés qui ont répondu généreusement à l’appel du Christ et de Son Eglise !
Toute vocation avortée peut donc aussi entraîner des pertes immenses pour le Royaume de Dieu, pour le salut et la sanctification des âmes

   Lorsque Dieu appelle une âme à une vocation d’excellence, dans le sacerdoce ou la vie religieuse, c’est pour l’associer plus étroitement à Sa propre mission de Sauveur et de Sanctificateur, et c’est la marque d’une ingratitude incommensurable et d’une véritable goujaterie que de Lui répondre : « Seigneur, je Vous suivrai, mais plus tard, quand je me serai assuré une petite vie bien confortable, quand j’aurai fait passer le service de ma petite personne et de ses intérêts personnels avant ceux de Votre Règne… »
Qui, lorsqu’il est appelé à une haute carrière dans le service de l’un des puissants de cette terre, ose lui répondre de cette manière ? Et c’est pourtant – hélas ! – ce type de réponse que reçoit le Roi des rois et Seigneur des seigneurs !

Et l’on voudrait nous faire croire que ce que tout homme « raisonnable » et « sensé » selon la sagesse de ce monde taxerait de pure folie quand il s’agit des princes de la terre, deviendrait « prudence » et « sagesse » quand il s’agit du service de Dieu ? 

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur

 Le triomphe de Saint Louis de Gonzague - détail - retable de l'autel où sont conservées ses reliques église Saint Ignace Rome

« Le triomphe de Saint Louis de Gonzague »
par Pierre Le Gros (1698)
détail du retable de marbre de l’autel où se trouve le sarcophage contenant les reliques du jeune saint
dans l’église Saint-Ignace, à Rome.

 

2022-72. « La charité ne pourrait-elle inspirer la restauration de l’unité dans la vérité unique ? »

- 19 juin -

Anniversaire du rappel à Dieu
de

Michel de Grosourdy, marquis de Saint-Pierre
dit
Michel de Saint Pierre
(1916 – 1987)

Michel de Grosourdy de Saint-Pierre dit Michel de Saint Pierre

Michel de Grosourdy marquis de Saint-Pierre, dit Michel de Saint Pierre (1916-1987)

frise

   Ceux qui, comme moi, ont connu la période de « l’après concile » et ont été les témoins consternés de l’espèce de tourbillon qui a tout emporté sous l’effet du vent de folie qui souffla dans les presbytères, sacristies, séminaires, maisons religieuses et évêchés, se souviennent nécessairement aussi de la noble figure de Michel de Saint Pierre, écrivain de renom, qui plaça justement sa renommée au service de la foi catholique dans cette crise sans précédent, et qui, avec autant de fermeté que de pondération, engagea sa plume alerte dans la défense de la Tradition de l’Eglise.
Pour tous les humbles fidèles du rang, et en particulier pour les jeunes gens que nous étions alors, les textes et les prises de paroles de l’écrivain furent tout à la fois un réconfort et un stimulant.

   Lorsque, le 22 juillet 1976, fut rendue publique la sanction décidée par Paul VI contre Son Excellence Monseigneur Marcel Lefebvre pour avoir procédé à des ordinations sacerdotales dans et pour le rite latin traditionnel malgré l’opposition romaine, il se produisit alors une sorte d’onde de choc qui permit à de nombreux fidèles de commencer à prendre conscience du drame de l’autodémolition de l’Eglise, à laquelle ils assistaient, avec douleur, depuis une quinzaine d’années déjà.
   Certains d’entre eux s’étaient déjà posé beaucoup de questions et avaient commencé à réagir ; des prêtres continuaient à célébrer la Sainte Messe latine traditionnelle de manière plus ou moins confidentielle – dans des lieux improbables parfois puisque leurs églises ou chapelles leur étaient interdites -; des mouvements s’organisaient de manière plus ou moins structurée ; et les langues se déliaient…
   Nous n’avions évidemment pas alors le recul qui est aujourd’hui le nôtre, et, dans l’ensemble, nous espérions que le Souverain Pontife et les autorités romaines, animés d’une véritable « bonne volonté » et d’une « sincère bienveillance » envers la liturgie traditionnelle et les fidèles qui lui étaient attachés, voudraient ouvrir les yeux et mettre fin au flot destructeur. A la vérité, nous n’imaginions pas, nous ne pouvions pas imaginer – c’était naïveté sans doute -, que ceux qui se présentaient comme nos pères dans la foi donneraient des pierres aux enfants qui leur demandaient du pain… Voilà pourquoi, lorsque le 9 août 1976, des intellectuels français entrainés par Michel de Saint Pierre publièrent une lettre ouverte au pape Paul VI en faveur de Monseigneur Lefebvre et de la Messe traditionnelle, dans l’ensemble, nous espérions un apaisement, dans la charité et la vérité.
Las ! Nous avons bien vu depuis combien cette espérance filiale était illusoire.

   Il reste que cette lettre des intellectuels français à l’adresse de Paul VI reste un document historique important pour l’histoire des combats de la Tradition catholique, et que, même si aujourd’hui nous ne pouvons plus souscrire entièrement à certaines de ses affirmations, il nous semble important de la relire : l’anniversaire de la mort de Michel de Saint Pierre nous en fournit une juste occasion.
Et pourquoi cet anniversaire ne nous redonnerait-il pas le goût de nous replonger dans l’œuvre engagée, et par certains côtés prophétiques, de cet écrivain à la foi exemplaire ?

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur 

frise

Très Saint-Père,

   Les sanctions qui viennent d’être prises contre Mgr Lefebvre et son séminaire d’Ecône ont créé une grande émotion en France. Bien au-delà des traditionalistes proprement dits, c’est la foule immense des catholiques français qui se sont sentis touchés.
Depuis des années, ils s’inquiètent de l’évolution de leur religion. Ils ne disent rien, n’ayant aucune qualité pour parler. Simplement, ils s’éloignent. C’est le cardinal Marty lui-même qui nous a récemment révélé que, de 1962 à 1975, la pratique dominicale avait baissé de 54 % dans les paroisses parisiennes. Pourquoi ? Parce que les fidèles ne reconnaissaient plus leur religion dans certaine liturgie et certaine pastorale nouvelles.
Ils ne la reconnaissent pas davantage dans le catéchisme qu’on enseigne maintenant à leurs enfants, dans le mépris de la morale élémentaire, dans les hérésies professées par des théologiens écoutés, dans la politisation de l’Evangile.

   Ils avaient accueilli le Concile avec joie parce qu’ils y avaient vu l’annonce d’un rajeunissement, une certaine souplesse apportée à des structures et à des règles que le temps avait peu à peu durcies, un accueil plus fraternel à tous ceux qui cherchent la vérité et la justice sans avoir encore le bénéfice du grand héritage de l’Eglise. Mais ce qui est advenu n’a pas répondu à leur attente. Ils ont l’impression désormais d’assister au sac de Rome. N’est-ce pas vous-même, très Saint-Père, qui avez parlé de l’autodémolition de l’Eglise? Le fait est qu’en France cette autodestruction bat son plein — et nous en sommes les témoins.

   De Mgr Lefebvre et du séminaire d’Ecône, ces catholiques du rang connaissaient fort peu de chose. Mais ce qu’ils en apprenaient peu à peu par les journaux, la radio et la télévision leur était plutôt sympathique. Mgr Lefebvre avait passé le plus clair de sa vie dans une activité de missionnaire, il avait été délégué apostolique en Afrique. Votre prédécesseur, le Pape Jean XXIII, qui l’estimait beaucoup et l’aimait bien, l’avait nommé membre de la Commission centrale de préparation du Concile. Il avait formé des générations de séminaristes ; parmi les prêtres issus de ses séminaires, quatre sont devenus évêques et c’est vous-même qui aviez fait cardinal l’un d’entre eux, Mgr Thiandoum. Comment un tel évêque qui, toute sa vie, a servi l’Eglise de manière insigne pourrait-il y être soudainement un étranger ? N’est-il pas plutôt l’évêque dont Vatican II semble avoir tracé le portrait : un évêque fort dans la foi, orienté vers la mission, ouvert au monde à évangéliser ? Désolé de la ruine des séminaires français et convaincu que les vocations ne manquaient pas chez les jeunes, il a ouvert un séminaire qui, strictement fidèle aux normes mêmes de Vatican II et de la Congrégation de l’éducation catholique, proposait à ceux qui voulaient y entrer une vie de prière, d’étude et de discipline. Aussitôt les candidatures ont afflué et le séminaire s’est rempli. La très grande majorité de ces catholiques du rang dont nous parlons savent aujourd’hui tout cela.

   L’unité de l’Eglise est l’argument que nous voyons partout mis en avant pour justifier les mesures sévères prises contre Ecône. Mais, très Saint-Père, que le petit noyau d’Ecône soit écrasé, et la division s’aggrave encore ! Car la division n’est pas entre Mgr Lefebvre et les autres évêques français. Elle est au sein même de l’Eglise hiérarchique. Il existe actuellement autant de rites, autant de pratiques, autant d’opinions qu’il y a d’églises, de prêtres, de communautés, de groupes et de groupuscules. C’est le pullulement de ces petits schismes intérieurs, c’est cette prolifération de religions particulières qui est la marque de l’Eglise de France car nous ne parlons que pour la France. Et la désobéissance à Rome, au Pape, au Concile éclate dans tout ce qui concerne la liturgie, le sacerdoce, la formation des séminaristes et la foi elle-même. D’étranges messes — parfois œcuméniques —, et qui n’ont rien à voir avec la messe de Paul VI, sont célébrées un peu partout dans la plus parfaite impunité. Toute « célébration eucharistique » serait-elle permise sauf la messe traditionnelle ? Toute église pourrait-elle être ouverte aux musulmans, aux israélites, aux bouddhistes et fermée aux seuls prêtres en soutane ? Tout dialogue serait-il bienvenu avec les francs-maçons, les communistes, les athées et condamnable avec les traditionalistes ? La hiérarchie, en France, tiendrait-elle davantage à imposer un certain esprit nouveau qu’à annoncer et à défendre les vérités de la foi ?

   Voilà, très Saint-Père, ce que finit par se demander le peuple chrétien de la base, que nous évoquons ici. Chaque jour nous apporte les échos — de plus en plus forts, de plus en plus nombreux — de sa stupeur et de son angoisse. C’est pourquoi nous nous tournons vers vous, car vers qui un catholique se tournerait-il, sinon vers le Pape, successeur de Pierre, Vicaire de Jésus-Christ ? Nous déposons à vos pieds notre supplique. Quelle supplique ? Celle de l’amour et du pardon. C’est plutôt une plainte, un gémissement que nous espérons faire monter jusqu’à vous. Nous ne sommes pas versés dans le Droit canonique et nous ne doutons pas que des condamnations romaines aient des assises juridiques. Mais justement le juridique, le légalisme, le formalisme nous semblaient avoir été bannis, dans ce qu’ils peuvent avoir d’excessif, par Vatican II. Ce très grave procès fait à Mgr Lefebvre et à son séminaire ne pourrait-il être reconsidéré ? L’amour que vous éprouvez pour le peuple chrétien de France ne pourrait-il l’emporter sur une rigueur qui, frappant le plus notoire de nos défenseurs de la Tradition, achèverait de traumatiser irrémédiablement ce peuple ? La charité ne pourrait-elle inspirer la restauration de l’unité dans la vérité unique ? Il nous semble même que la messe traditionnelle et le sacerdoce de toujours seraient susceptibles de trouver leur place dans la consolidation et l’extension d’une Eglise qui n’a jamais cessé de garder ses dogmes et ses formes essentielles, à travers ses adaptations successives aux vicissitudes de l’Histoire. Que deviendrait une Eglise sans prêtres et sans messe ?

   C’est par cet acte de confiance, très Saint-Père, que nous voulons témoigner de notre fidélité au Pontife romain, sûrs que nous sommes d’être entendus par le Père de tous les catholiques, détenteur des pouvoirs qui lui ont été remis dès l’origine par le Fondateur pour conduire l’Eglise jusqu’à la fin des siècles.

Michel de Saint Pierre, président du Mouvement « Credo »
Michel Droit,
Louis Salleron,
Jean Dutourd,
Henri Sauguet, 
Colonel Remy, 
Michel Siry, 
Gustave Thibon.

Salle Wagram - haut lieu du combat pour la Messe traditionnelle

La Salle Wagram, un haut lieu emblématique de la résistance à la destruction de la Messe latine traditionnelle,
puisque celle-ci y fut célébrée régulièrement les dimanches, avant la restitution au culte de l’église Saint Nicolas du Chardonnet.

2022-68. Les « saints manqués ».

 Mercredi des Quatre-Temps de Pentecôte.

   « Qu’on étudie la vie des « saints manqués », je veux dire prêtres, religieux et simples fidèles, fervents et zélés, pieux et dévoués, mais qui cependant n’ont pas été des saints tout court : on constatera que ce qui a manqué, ce n’est ni une vie intérieure profonde, ni un sincère et vif amour de Dieu et des âmes, mais une certaine plénitude dans le renoncement.
Aimer Dieu, Le louer, se dévouer, se fatiguer, se tuer même à Son service, autant de choses qui attirent les âmes généreuses, mais mourir totalement à soi, obscurément, dans le silence intime de l’âme, se déprendre, se laisser détacher à fond de tout ce qui n’est pas Dieu, voilà l’holocauste secret devant lequel reculent la plupart des âmes, le point exact où leur chemin bifurque entre une vie fervente et une vie de haute sainteté ».
          Rd. Père Joseph de Guibert sj.,
in « Dictionnaire de spiritualité », article abnégation col. 106.

Le Tintoret - Vierge à l'Enfant avec les Saints Augustin Catherine Marc et Jean-Baptiste -musée des beaux arts Lyon

Le Tintoret : la Vierge à l’Enfant avec les Saints Augustin, Catherine d’Alexandrie, Marc l’Evangéliste et Jean-Baptiste
(vers 1545-1550)

Musée des Beaux-Arts de Lyon

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

   Beaucoup d’entre vous aiment à lire des biographies de saints ; et ils ont bien raison !
Souvenons-nous que c’est la lecture de la vie des saints, d’abord résignée et presque forcée, puisque c’était le seul ouvrage qui se trouvât au château de Loyola et qu’en conséquence il n’avait que cela pour meubler les longues journées de sa convalescence, qui fit rentrer Saint Ignace en lui-même et lui fit désirer d’embrasser à son tour les voies de la sainteté.
Ainsi que le chante la préface des saints (au propre de la plupart des diocèses de France), Dieu nous octroie dans leur fréquentation un exemple – et conversatione exemplum -, dans la communion avec eux une communauté – et communione consortium -,  dans leur intercession un secours – et intercessione subsidium – ; « afin que, enveloppés d’une telle nuée de témoins, par la patience nous courrions au combat qui nous est proposé et recevions avec eux l’impérissable couronne de gloire : ut tantam habentem impositam nubem testium, per patientiam curramus ad propositum nobis certamen, et cum eis percipiamus immarcescibilem gloriae coronam ».

   Lorsque j’étais jeune religieux, outre les vies des saints, je me suis très rapidement passionné pour les écrits des saints, en particulier les grands maîtres de la vie spirituelle, ainsi que les études sur leurs enseignements et leur spiritualité.
C’est ainsi que j’avais souvent recours au « Dictionnaire de Spiritualité. Ascétique et mystique. Doctrine et histoire », œuvre monumentale qui avait commencé à paraître en 1932 et n’était alors pas encore achevée (elle ne le sera qu’en 1995).
Je me permets au passage de faire remarquer que, bien évidemment, une publication de cette importance (environ 60.000 pages), réalisée sur plus de six décennies, si elle était pleinement catholique au départ, se ressent – d’année en année et de volume en volume – de l’évolution moderniste et progressiste qui s’est fait jour dans la Sainte Eglise et y a occasionné tant de sinistres : c’est donc in fine une œuvre tout-à-fait inégale dans laquelle on trouve des études absolument passionnantes qui côtoient des articles absolument détestables. Tout dépend des auteurs et contributeurs, de leur mentalité et de leur degré de contamination par l’hérésie. Fermons la parenthèse.
Le Révérend Père Joseph de Guibert (1877-1942), jésuite d’une haute et profonde spiritualité, théologien solide et auteur passionnant, a enrichi les premiers fascicules du « Dictionnaire de Spiritualité » de plusieurs articles remarquables : tout particulièrement celui intitulé « abnégation » : j’étais novice lorsque je le découvris ; je l’ai lu et relu ; je m’en suis même alors servi comme base de mes méditations et oraisons pendant plusieurs semaines. C’est de lui qu’est extraite la citation que j’ai placée ci-dessus : une citation que j’avais alors copiée dans mes carnets personnels, et que j’ai souvent reprise et méditée pendant mes plus de quarante années de vie religieuse, surtout lorsque je me trouvais à un tournant important ou à une étape décisive.

   Que me disaient, que me disent encore ces lignes percutantes ?
Qu’il ne suffit pas d’avoir une authentique vie intérieure, qu’il ne suffit pas d’être animé par un sincère et réel amour de Dieu et du salut des âmes, qu’il ne suffit pas d’être fervent et zélé, d’être pieux et dévoué, pour arriver à la sainteté.
En nos temps de confusion théologique et spirituelle, où le sentimentalisme et l’affectivité priment sur la raison et l’objectivité des faits, il est si fréquent d’entendre dire – à la mort d’une personne ou à ses funérailles par exemple -  qu’il était un saint, simplement parce que c’était une plutôt bonne personne, avec des qualités humaines réelles, certes.
Mais ce n’est pas cela la sainteté.
Relisons-le ; redisons-le ; insistons : il ne suffit pas d’avoir une authentique vie intérieure, il ne suffit pas d’être animé par un sincère et réel amour de Dieu et du salut des âmes, il ne suffit pas d’être fervent et zélé, d’être pieux et dévoué, pour être un saint.
Si on en reste là, on ne sera jamais qu’un « saint manqué ».

   A l’occasion d’un premier samedi du mois, j’ai entendu, à la fin de la récitation d’un rosaire entier, la très pieuse personne qui avait dirigé la prière réciter une adresse à Dieu – dont je n’ai malheureusement pas retrouvé le texte exact – qui Lui demandait que nous puissions vivre notre vie chrétienne « sans héroïsme ».
Cela m’a laissé dans une grande perplexité. Je crois comprendre que ce qui était demandé était, en définitive, une conversion de la société qui ferait en sorte que les fidèles n’auraient pas à ramer constamment à contrecourant au prix d’efforts continus – et souvent épuisants – pour vivre en conformité avec la foi… Mais « sans héroïsme » ?

   De manière traditionnelle (je ne suis pas certain que cela soit toujours le cas de nos jours), lorsque il y a un procès canonique en vue de la béatification d’une personne, on passe par le menu sa vie et ses œuvres pour savoir si elle a exercé les vertus chrétiennes à un degré héroïque. Le premier degré de reconnaissance qu’une personne pourra être éventuellement béatifié est de ce fait appelé « Décret de reconnaissance de l’héroïcité des vertus », et il est promulgué lorsqu’on a pu répondre en tous points par l’affirmative à cette question : « A-t-on la certitude sur l’héroïcité des vertus théologales de Foi, d’Espérance et de Charité envers Dieu et le prochain, ainsi que sur les vertus cardinales de Prudence, de Justice, de Force et de Tempérance et celles qui s’y rattachent, dans le cas et pour l’effet dont il s’agit ? ».
Sans héroïsme, donc, on aura peut-être de « bonnes » et « pieuses » personnes, mais on n’aura pas de saints.
Juste des « saints manqués » !
« Qu’on étudie la vie des « saints manqués », je veux dire prêtres, religieux et simples fidèles, fervents et zélés, pieux et dévoués, mais qui cependant n’ont pas été des saints tout court : on constatera que ce qui a manqué, ce n’est ni une vie intérieure profonde, ni un sincère et vif amour de Dieu et des âmes, mais une certaine plénitude dans le renoncement.
Aimer Dieu, Le louer, se dévouer, se fatiguer, se tuer même à Son service, autant de choses qui attirent les âmes généreuses, mais mourir totalement à soi, obscurément, dans le silence intime de l’âme, se déprendre, se laisser détacher à fond de tout ce qui n’est pas Dieu, voilà l’holocauste secret devant lequel reculent la plupart des âmes, le point exact où leur chemin bifurque entre une vie fervente et une vie de haute sainteté ».

   La citation du Révérend Père de Guibert nous secoue, nous aiguillonne, nous provoque à un sérieux examen : aspiré-je seulement à une honnête piété et ferveur, ou bien nourris-je l’ambition d’être véritablement un saint ?
La sainteté est ce que Dieu veut pour nous : « La volonté de Dieu, c’est votre sanctification : haec est enim voluntas Dei, sanctificatio vestra » (1 Thess. IV, 3) ; « De même que Celui qui vous a appelés est saint, soyez saints vous aussi dans toute votre conduite, car il est écrit : ‘Vous serez saints parce que Moi Je suis saint’ : secundum eum qui vocavit vos, sanctum, et ipsi in omni conversatione sancti sitis, quoniam scriptum est : Sancti eritis, quoniam ego sanctus sum » (1 Petr. I, 15-16).
Suis-je donc vraiment en plein accord avec la sainte volonté de Dieu ?
Placé-je cette volonté de devenir un saint – et de ne pas rester au stade de « saint manqué »- en tête de mes projets et résolutions de vie ?
Ou bien la sainteté arrive-t-elle derrière mes projets personnels de carrière, derrière mes goûts personnels, après mes ambitions terrestres, un peu comme une option, c’est-à-dire plutôt secondaire, voire facultative ?

   La plénitude des cinquante jours explose en cette rayonnante octave de pourpre et d’or où – après avoir imploré pendant neuf jours le renouvellement et l’amplification de la divine effusion accomplie lors de la première Pentecôte – nous nous extasions dans la répétition des supplications de l’ardente séquence : « Lava quod est sordidum, riga quod est aridum, sana quod est saucium, flecte quod est rigidum, fove quod est frigidum, rege quod est devium : lavez ce qui est souillé, irriguez ce qui est aride, guérissez ce qui est blessé, assouplissez ce qui est raide, réchauffez ce qui est froid, redressez ce qui est tordu… » (séquence de Pentecôte). Cette imploration quotidienne en ces jours n’est-elle pas bienvenue pour nous secouer, pour nous porter à une reviviscence héroïque de nos vies trop facilement ankylosées par le poids de nos routines et de nos ambitions ratatinées aux horizons terrestres ?

Que veux-tu être : un « saint manqué », ou un vrai saint ?

« Mentes nostras, quǽsumus, Dómine, Paráclitus, qui a te procédit, illúminet, et indúcat in omnem, sicut tuus promísit Fílius, veritátem : nous Vous le demandons, Seigneur, que le Paraclet, qui procède de Vous, illumine nos esprits, et, ainsi que l’a promis Votre fils, qu’Il nous conduise dans la pleine vérité » (première collecte du mercredi des Quatre-Temps de Pentecôte). 

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

Vitrail Saint-Esprit Basilique Vaticane

2022-62. Il y aura toujours un avenir pour la monarchie, car le monde a faim et soif de vraie justice, de vraie morale !

Vendredi 13 mai 2022,
Fête de Saint Robert Bellarmin, évêque, confesseur et docteur de l’Eglise (cf. > ici).

Trois lys blancs

Ce vendredi, dans les premières heures de la matinée, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX, a publié sur les réseaux sociaux le texte suivant qui, au-delà de l’aspect très circonstanciel des paroles qu’il retransmet, délivre une fois encore une grande leçon de Légitimité et manifeste tout-à-la-fois Ses droits pérennes à la Couronne de France et l’actualité de l’institution monarchique [nota : Nous nous permettons de retranscrire en caractères gras les passages les plus importants de cette prise de parole] :

J’étais présent jeudi dernier à New-York à la soirée de soutien de la Versailles Foundation, dirigée par notre chère Barbara de Portago.
Voici un extrait de mon discours :

« Je suis le Chef de la Maison de Bourbon, mais je n’habite pas un palais et je ne porte pas de couronne.
De par ma naissance, je suis l’héritier de la tradition monarchique française, fondée sur les Lois Fondamentales du Royaume.
Ces lois de succession des Rois de France désignent, génération après génération, l’héritier de la couronne : premier-né, mâle et de confession catholique.

Selon ces Lois, la monarchie est indisponible, et ni le Roi, ni aucun conseil ne peut abdiquer, ni nommer son successeur.
Ainsi, une continuité est donnée à la monarchie, résumée par l’expression française : « Le Roi est mort, Vive Le Roi ».

La monarchie française est l’oeuvre de mes ancêtres, elle a été façonnée par tous les Rois qui se sont succédé depuis Hugues Capet au Xème siècle, jusqu’à Charles X au XIXème siècle, sans interruption en passant par Saint Louis, Henri IV, Louis XIV et Louis XVI (qui a tant contribué à l’indépendance des États-Unis d’Amérique en 1787).

Bel héritage, aujourd’hui plus moral que matériel, qui me confère, des devoirs de tradition et de charité :
- Je participe à de nombreuses manifestations commémoratives en France et à l’étranger, liées à la mémoire de l’œuvre des Rois de France, mes ancêtres.
- Je témoigne des valeurs qui ont fait la France antique, telles que : la justice à l’image de Saint Louis, la paix sociale et la richesse du peuple avec Henri IV, la beauté et la culture magnifiées par Louis XIV.

Je ne peux pas conclure sans aborder la question qui préoccupe tout le monde. Y a-t-il un avenir pour la monarchie ? Il y en aura toujours, car le monde a faim et soif de vraie justice, de vraie morale. Nous avons tous besoin de références claires.
Un tel patrimoine commun, partagé par toute la société civile, qui m’amène aujourd’hui à vous encourager, à faire vivre Versailles, et surtout à vous remercier de votre générosité, qui contribue à la splendeur d’un des plus beaux lieux du monde. »

Le Roi et la Reine à la soirée de la Versailles Foundation New-York 12 mai 2022

Leurs Majestés à la soirée de la Versailles Foundation à New-York

Trois lys blancs

2022-59. Message de Sa Majesté le Roi à l’occasion de la solennité et fête nationale de Sainte Jeanne d’Arc.

Dimanche 8 mai 2022, 2ème dimanche de mai :
Solennité liturgique et fête nationale de Sainte Jeanne d’Arc ;
Commémoraison de l’apparition de Saint Michel au Mont Gargan ;
Commémoraison de Marie, Médiatrice de toutes grâces ;
Commémoraison du 3ème dimanche après Pâques.

Armes de France & Navarre

   Quelques minutes après 7 h du matin (heure officielle), en ce deuxième dimanche de mai, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX, a publié sur les réseaux sociaux le message suivant, qui a été très rapidement relayé des centaines de fois et chaleureusement commenté par les fidèles sujets de Sa Majesté.
Encore une fois, en quelques mots, notre Souverain légitime nous renvoie à l’essentiel et nous oriente vers les points de réflexion et d’action vers laquelle Il souhaite voir les Français accentuer leurs efforts :

    »En ce jour de la fête de Jeanne d’Arc et du patriotisme, pensons à la Sainte et à la France. Après le terrible premier conflit mondial, Jeanne a été reconnue comme le symbole de l’amour et du dévouement que les Français peuvent et doivent porter à leur Patrie.
Les siècles et les années passent, Sainte Jeanne d’Arc demeure le modèle de la lutte sans cesse recommencée, pour la souveraineté et l’identité si nécessaires pour l’unité d’un Etat.

   Que Sainte Jeanne d’Arc continue à protéger la France ».

Statue Sainte Jeanne d'Arc Reims

2022-56. Rex autem prudenter tantum os aperit : mais le Roi n’ouvre la bouche qu’avec prudence.

Samedi 30 avril 2022 ;
Fête de Sainte Hildegarde de Vintzgau, Reine des Francs (cf. > ici).

Ange du silence - Fourvière tour de la force - Jean Larrivée sculpteur

L’ange du silence
(sculpture de Jean Larrivé -1920 – pour la tour de la Force, basilique de Fourvière à Lyon)

   Il n’est pas rare que des personnes de sensibilité monarchique, ou se disant même légitimistes, expriment une forme de regret de ne pas entendre davantage la « voix du Prince » sur des sujets d’actualité.
Il en est même qui eussent souhaité que le Roi de droit s’exprimât à l’occasion de la campagne pour les élections pestilentielles, voire donnât des « consignes de vote » !!!

fleur de lys gif2

   1) La première réponse qu’il faut apporter à ces plaintes, c’est que – nonobstant ce que prétendent ces critiques voilées – le Prince parle.

   1a – Bien évidemment, Il ne fréquente pas avec assiduité les plateaux des chaînes de télévision ni les émissions pendant lesquelles des journalistes et des « spécialistes » autoproclamés – ou présentés comme tels par leurs pairs -, s’écoutent longuement pérorer avec autant de complaisance que de suffisante superfluité : Dieu merci !
Il ne court pas non plus après les journalistes afin de donner Son avis sur tout et « faire le beuze » à tous moments sur les réseaux sociaux : Dieu merci !
Néanmoins, chaque fois que Sa Majesté estime devoir communiquer quelque chose, Elle le fait, par le moyen de Ses propres canaux de communication : comptes officiels Twitter et Facebook, et site tout aussi officiel > ici.
Ainsi donc, toute personne qui veut savoir ce que notre Prince dit et publie le peut, sans avoir à déployer une énergie ou des moyens extraordinaires. Il suffit juste de le vouloir.

   1b – Notons-le bien, le Roi s’exprime par devoir, et non par fantaisie égocentrée ou volonté de mettre Sa Personne en avant ; et à chaque fois Ses messages gardent une forme de sobriété, renvoyant, de manière explicite ou allusive (car beaucoup de choses sont dites « entre les lignes » pour qui a l’intelligence d’y prêter attention), à la sage et prudente doctrine royale traditionnelle avec ses siècles d’expérience.
Si certaines personnalités profitent de tous leurs déplacements en avion pour mettre en scène la diffusion de leurs opinions plus ou moins orthodoxes (ainsi n’a-t-on jamais eu autant de « paroles en l’air » au sens propre comme au figuré), plutôt que de prêcher la doctrine traditionnelle depuis la chaire de vérité, notre Souverain Légitime fait, Lui, preuve d’une exemplaire sagesse et sobre pondération.
Cela ne donne que davantage d’importance à Ses messages.

   1c – Evidemment, ceux qui, selon l’expression de Saint Paul, sont atteints de prurit aux oreilles (cf. 2 Tim. IV, 3), s’en trouvent déçus et vont se plaindre de ne pas avoir de « nouveautés » à colporter, tandis que ceux qui ne sont qu’en quête de sensationnel ruminent leur déception.
Mais où a-t-on vu que la vérité se trouve dans la nouveauté ?
Pour toute personne de bonne volonté, qui fait marcher un minimum son intelligence et ses capacités de réflexion, et plus encore son esprit surnaturel animé par la grâce divine (car notre Monarque de droit Se montre digne de Son titre de Roi Très Chrétien et, sans faire de « sermons » puisque ce n’est pas dans S
es attributions, renvoie toujours aux valeurs spirituelles, à la foi catholique, et très souvent à l’exemple et l’intercession des saints), ces messages de notre Prince peuvent être à chaque fois l’objet de réflexions profondes, et même de méditations.

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   2) N’en déplaise à ceux qui baignent avec délices dans une société où l’on parle et communique à tout bout de champ à propos de tout et de n’importe quoi, il demeure important que la parole du Roi soit relativement rare et concise.

   2a – La fonction royale elle-même ne s’en trouve que mieux et n’en acquiert que davantage de force dans son rayonnement.
Laissons aux présidents de la république et à leurs ministricules ces interminables allocutions que les journalistes nous annoncent « solennelles », mais qui n’ont en guise de solennité que la prétention à vouloir imposer à tous leurs opinions mortifères, encadrée par les accents pompiers d’un chant sanguinaire…

Les présidents prétendent convaincre et emporter l’adhésion à leur politique hasardeuse par la rhétorique et la séduction. Le Roi, Lui, ne prétend à rien : simplement, Il est !
Le droit dynastique, la force de la coutume, les Lois fondamentales du Royaume, et Sa naissance font de Lui le Roi, malgré deux siècles d’usurpation et de gouvernements illégitimes : Sa seule présence, le seul fait qu’Il soit là pour maintenir la Légitimité et rappeler les principes pérennes de la monarchie catholique suffisent. Il est !
Ses déclarations, toujours bien ciblées, en des occasions précises, se suffisent et suffisent à Ses sujets loyaux et aimants. Il n’est pas candidat à une élection, Il ne prétend à rien, Il n’a pas à présenter un « programme » : Il est !
En Lui reposent le Droit et le dépôt sacré de la France véritable née dans les fonts baptismaux de Reims, et près de treize siècles de civilisation chrétienne et de gloire témoignent en Sa faveur ; cela vaut tous les arguments
.

   2b – Les silences eux-mêmes de Sa Majesté sur certains sujets d’actualité, où les esprits tordus par deux siècles de révolution institutionnalisée seraient à l’affût de tout ce qui s’éloigne du prêt-à-penser médiatique afin de soulever ensuite contre Elle des indignations de pintades apeurées, sont des leçons plus éloquentes que des prises de parole.
La Légitimité ne gagnerait rien à des interventions qui seraient relayées de manière tendancieuse par des journalistes qui ne cherchent qu’à créer de l’agitation. La Légitimité ne veut pas créer de troubles à l’ordre public, à la manière des syndicats, ou comme le firent les « ligues » et les maurassiens dans les années qui précédèrent la seconde guerre mondiale. La Légitimité a pour vocation de rétablir en France le pouvoir légitime dans ses fondements naturels et non d’accroître le désordre. Ainsi que l’a merveilleusement exprimé Joseph de Maistre : « La contre-révolution n’est pas une révolution en sens contraire, mais le contraire de la révolution ».
Ceux qui attentent à l’ordre public aujourd’hui, ce ne sont pas les légitimistes, mais les républicains eux mêmes avec l’anti-éducation, la manipulation des cerveaux, les conditionnements psychologiques et politiques inspirés par les Loges, la défiguration de l’histoire, l’entreprise plus que jamais subversive et violente d’aliénation de notre France, avec toutes les conséquences désastreuses qui en résultent pour les Français !

   2c - « Le silence est un ami qui ne trahit jamais », disait Confucius.
La Légitimité progresse, malgré tout : elle ne le fait pas à la manière de ces partis politiques républicains qui apparaissent en se parant de noms ronflants, et connaissent une croissance comparable à celle des champignons de « L’Etoile mystérieuse » - dans les indémodables albums de notre bon vieux Tintin – avant d’exploser.
La Légitimité progresse dans la discrétion et la profondeur, à la manière du grain de sénevé donné en exemple par Notre-Seigneur Lui-même. Elle progresse lentement, mais sûrement, fondée sur les bases solides de la tradition monarchique multiséculaire, dont Sa Majesté témoigne avec constance et sérénité dans Ses messages ; elle progresse sans avoir besoin des artifices de la politique politicienne ; elle progresse en dehors du bruit et de l’agitation savamment entretenue par la superficialité des médias.
« Bonum est praestolari cum silentio salutare Dei : Il est bon d’attendre en silence le salut de Dieu ». Le Saint-Esprit nous l’affirme par la bouche du saint prophète Jérémie (Thren. III, 26). Voilà pourquoi la parole du Roi demeure rare et sobre, voilà pourquoi le Roi n’ouvre la bouche qu’avec prudence.

Que Dieu garde, protège et inspire toujours Sa Majesté le Roi Louis XX !

Couronne

2022-55. Réponse de Sa Majesté le Roi aux vœux reçus à l’occasion de son anniversaire.

Mardi 26 avril 2022 ;
Fête de Notre-Dame du Bon Conseil (cf. > ici).

Ce mardi 26 avril, en milieu de journée, Monseigneur le prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX, a tenu à remercier – par le moyen des réseaux sociaux – toutes les personnes qui, ce 25 avril, à l’occasion de l’anniversaire de sa naissance, lui ont adressé des messages d’amitié, d’affection, de loyale et sincère dilection, contenant très souvent l’expression de leur fidélité et de leur espérance.

La réponse donnée aujourd’hui par Sa Majesté est pleine de sagesse et, en quelques mots sobres, est encore une fois lourde de graves et belles leçons, politiques autant que spirituelles.  

Louis XX

Je vous remercie chaleureusement pour les nombreux messages que j’ai reçus à l’occasion de mon anniversaire hier.

Comme vous le savez sans doute, je suis né exactement 760 ans, jour pour jour, après Saint Louis, modèle des gouvernants.

Au quotidien, nous voyons tous combien en politique, et plus largement pour toute action humaine, sans la transcendance et le regard tourné vers Dieu, ce qu’avait incarné en son temps Louis IX et qui lui a valu d’être canonisé, il est bien difficile de « raison garder ».
Sans rendre à Dieu ce que l’on rend aussi à César, il est difficile de trouver le bien commun. Les égoïsmes des individualismes des uns et des autres ont tôt fait de faire perdre à la société ses finalités. Nous le voyons trop actuellement avec notre monde qui a oublié nombre de ses repères traditionnels, préférant le relativisme à la Vérité.

Armes de France & Navarre

 

2022-54. De la condition du pape et du roi.

Lettre mensuelle aux membres et amis de la
Confrérie Royale

- 25 avril 2022 -

armoiries confrérie royale

De la condition du pape et du roi

            Il fut un temps, heureux temps, où le chrétien pouvait s’appuyer sur les deux piliers du pape et du roi, non point qu’il eût constamment les yeux rivés vers deux personnages dont il ne savait que peu de chose, mais il savait qu’il pouvait faire confiance à leur autorité, dans leur domaine respectif, car toute autorité devait rendre des comptes à Dieu directement. Le Vicaire du Christ et le Lieutenant du Christ, même parfois opposés violemment, avaient bien conscience que leur parole n’aurait de prix que si obéissant à Celui qui les avait revêtus d’une puissance passagère et d’une autorité qui ne relevait point de leurs vertus.

Ce que saint Thomas d’Aquin écrivit au sujet de la royauté s’applique aussi, avec quelques nuances, à la papauté car chacun de ces princes ont la charge d’une partie de l’humain mais pour l’élever plus haut. Il souligne bien que la voie de la béatitude doit être dégagée de ses obstacles par l’enseignement de l’Église, mais que le roi, à l’image de la royauté décrite dans le Livre du Deutéronome (XVII. 18-19), doit recevoir et méditer chaque jour la loi divine pour gouverner et mener le peuple dans la droiture et la vérité : « Instruit donc par la loi divine, le roi doit principalement se préoccuper de la manière dont la multitude qui lui est soumise mènera une vie bonne. Cette préoccupation se divise en trois points : premièrement, instituer la vie bonne dans la multitude qui lui est soumise ; deuxièmement, celle-ci instituée, la conserver ; troisièmement, celle-ci conservée, la conduire vers une plus haute perfection. » (La Royauté, Livre II, Chapitre 4, a. 4) Ce triple et unique souci doit être partagé aussi par le pape, à un niveau encore plus haut puisqu’il s’agit de la vie intérieure et de foi, mais la préoccupation est similaire et une identique fidélité à cette mission est exigée de lui comme du roi, chacun dans son ordre. Si l’une ou l’autre autorité vient à manquer, l’édifice est ébranlé ; si les deux sont défaillantes et ne répondent plus à leur charge, tout risque bien de s’écrouler, et bien des âmes sont victimes de cette faiblesse. Deux conditions sont donc nécessaires pour mener une vie bonne : agir selon la vertu, comme le disait déjà Pierre Lombard : « La vertu est en effet ce par quoi on vit bien » (Sententiæ, II, d. 27, c. 1) ; et, secondairement, puisque cette condition est instrumentale : posséder des biens corporels suffisants pour pouvoir mettre en pratique des actions vertueuses, comme l’indiquait déjà Aristote dans son Éthique à Nicomaque (I, 9, 1098-1099). Pour que cette vie bonne de la multitude puisse être instituée, il est nécessaire que règne l’unité de la paix, ensuite que l’ensemble soit dirigé vers l’action bonne, et enfin, que le souverain veille à ce qui est suffisant, dans tous les ordres, pour une vie bonne. Après l’institution, premier devoir des dirigeants, vient le temps de la conservation. Le Docteur angélique signale qu’il y a trois obstacles à la permanence du bien public : le bien ne doit pas être ponctuel mais permanent, autant que faire se peut, car les hommes ne durent pas et leur constance est inégale tout au long de leur vie ; le deuxième obstacle provient de la perversité de la volonté qui néglige ce qui est nécessaire ou même qui nuit directement à la paix de la multitude ; enfin le troisième obstacle provient de l’adversité extérieure lorsque la paix est détruite par des invasions, des guerres, des destructions. Face à ces périls, le roi, ou le pape, prendra un triple soin : bien choisir les hommes et veiller à leur remplacement pour les différents offices du bien commun ; édicter des lois, des règlements, des récompenses, des punitions qui empêchent de commettre l’iniquité et qui encourage aux actes vertueux ; et protéger des ennemis extérieurs. Quant à la troisième préoccupation des souverains, elle sera celle de veiller au progrès en corrigeant les erreurs, les désordres, le but étant de toujours parfaire ce qui existe dans ce domaine. Nous renvoyons pour le détail à ce beau traité de saint Thomas.

            Comme nous le précisions, ce qui s’applique au roi temporel est d’autant plus valable pour le souverain pontife,  et  nous comprenons aisément que la responsabilité qui incombe au successeur de Pierre met en jeu son propre salut. Saint Bernard, écrivant à son ancien moine devenu le pape Eugène III, le mettait en face de ses devoirs écrasants : « Vous avez été élevé par la Providence à un poste bien plus haut que celui où vous étiez, mais non pas plus sûr. C’est quelque chose de terrible que ce lieu-ci : oui le lieu où vous êtes est une terre toute sainte. C’est la place de Pierre, c’est la place du Prince des Apôtres, de celui que le Seigneur a établi maître de sa maison et intendant de tous ses biens. Si par malheur vous venez à vous écarter de la voie du Seigneur, souvenez-vous que celui dont vous tenez la place a été enseveli dans le même lieu afin de s’élever et de servir de témoin contre vous. » (Lettres, CCXXXVII) Le même saint Bernard indiquera ailleurs que l’humilité doit être la pierre précieuse la plus brillante parmi les ornements pontificaux car l’humilité doit s’élever en qualité au même titre que l’élévation dans la dignité, la domination mondaine étant interdite aux Apôtres ( De consideratione, Livre II, Chapitre 6). Il invite aussi le pape à une grande sagesse de gouvernement, lui conseillant une immense réserve et donc la modération dans ses propos et ses déclarations, à partir de ce principe : « Il y a plusieurs choses que vous ne devez pas savoir. Il y en a encore plus que vous devez dissimuler, et il y en a quelques-unes dont vous ne devez point vous souvenir. » (De consideratione, Livre IV, Chapitre 6) Le grand moine ne manque pas non plus déloges lorsque le pontife est digne du trône qu’il occupe sans abus de sa part : « C’est le Grand Prêtre, le Pontife souverain, le Chef des Évêques, le successeur des Apôtres ; c’est un autre Abel par la primauté, un autre Noé par le droit de gouverner l’Arche, un autre Melkisédech par le rang qu’il tient entre les Prêtres du Dieu vivant, un autre Abraham par la qualité de Patriarche. Il réunit en sa personne la dignité d’Aaron, l’autorité de moïse, la judicature de Samuel, la puissance de Pierre, l’onction de Jésus-Christ. Enfin, c’est le Pasteur universel, non seulement des brebis, mais des Pasteurs mêmes. » (De consideratione, Livre II, Chapitre 8)  

            Ces quelques rappels sont proposés pour nous aider à garder la paix intérieure lorsque, d’aventure, nous sommes soudain orphelins ou amputés à cause de la faillite de telle ou telle autorité. L’édification de la cité terrestre ne va pas sans heurts, et notre pays souffre aujourd’hui d’erreurs au moins deux fois centenaires. L’Église n’est pas en bonne santé car elle ne répond pas pleinement à sa mission. Il n’empêche que tous les éléments sont encore en place et disponibles pour que les princes des deux ordres, chacun en son domaine, retrouvent un zèle et une foi indéracinables. Notre Seigneur a vaincu. Ne nous laissons pas abattre par des pensées tristes et par le découragement humain.

                                               P. Jean-François Thomas s.j.
                                               Samedi saint
                                               16 avril 2022

Mosaïque du Triclinum Leoninum VIIIeSiecle - ancien palais du Latran

Détail de la mosaïque de l’abside du « Triclinum leoninum » (VIIIème siècle) dans l’ancien palais pontifical au Latran :
Le Christ remet à Saint Sylvestre 1er les clefs de Saint Pierre, et le labarum à l’empereur Saint Constantin 1er le grand.

2022-53. Message de Sa Majesté le Roi après l’attentat contre un prêtre à Nice ce dimanche 24 avril 2022.

Dimanche de Quasimodo 24 avril 2022.

Ce dimanche matin 24 avril 2022, dans l’église Saint-Pierre d’Arène, à Nice, au moment de la célébration de la Messe paroissiale, un individu d’une trentaine d’années a porté un assez grand nombre de coups de couteau au thorax du vicaire d’origine polonaise, le Père Krzyzstof (Christophe) Rudzinski ; une vierge consacrée de la paroisse, Sœur Marie-Claude, qui a tenté de s’interposer, a elle aussi été blessée, à la main, mais sans trop de gravité. Le prêtre a été transporté au CHU Pasteur, de Nice. Dans l’après-midi il a été annoncé que le pronostic vital du prêtre n’est pas engagé. Quant à l’agresseur, il s’est rendu aux forces de l’ordre sans que ces dernières n’aient eu besoin de faire usage de leurs armes ; il a été placé en garde à vue. On parle de troubles bipolaires et de déséquilibre psychique. D’après une source policière, l’homme aurait spontanément déclaré à la Police qu’il est de confession juive et que, en ce jour d’élections, il voulait tuer Emmanuel Macron, mais qu’il s’était finalement rabattu sur une église…

Eglise Saint-Pierre d'Arène Nice 24 avril 2022

Secours et forces de police autour de l’église Saint-Pierre d’Arène, à Nice,
ce dimanche de Quasimodo 24 avril 2022 après l’attentat contre le Père Krzyzstof Rudzinski.

Après avoir appris cet attentat sacrilège contre l’ecclésiastique, Monseigneur le prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX, a aussitôt publié ce communiqué par l’intermédiaire des réseaux sociaux :

Je viens d’apprendre avec une immense tristesse qu’un prêtre et qu’une religieuse ont été poignardés à plusieurs reprises dans l’église Saint-Pierre d’Arène de Nice.

J’adresse mes pensées et mes prières pour le Père Christophe et la Sœur Marie-Claude qui ont été pris en charge par les pompiers, leurs proches et toute la communauté catholique.

Grandes armes de France

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