Archive pour la catégorie 'Commentaires d’actualité & humeurs'

2018-13. Du respect des grandeurs d’établissement.

Vous savez bien que, nous autres chats, sommes très attentifs à tout ce que font nos humains de compagnie et nous montrons toujours très vigilants dans l’observation de leur monde, de leurs manières de faire et de se comporter…
L’univers, principalement catholique et légitimiste, dans lequel la divine Providence m’a placé, s’il est relativement préservé n’en comporte pas moins ses fragilités et ses défaillances qui, pour la plupart du temps, sont dues aux influences de la décadence généralisée qui s’étale en ce siècle.
J’avais constaté en particulier, par des observations directes ou par les échos transmis par des personnes amies, combien certains légitimistes – dont l’attachement sincère et profond à la Légitimité ne peut être mis en doute – pouvaient parfois adopter un ton familier pour parler de Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, notre Roi de jure
Si je suis absolument ennemi de toute forme de « culte de la personnalité » – ce que la saine révérence due au Souverain légitime n’est pas -, comme aussi de toute forme de politesse qui ne serait qu’un vernis de surface sans authenticité, je le suis tout autant des familiarités. J’aime en particulier à rappeler que, avant la funeste révolution, un sujet respectueux ne désignait même jamais son Souverain par un pronom : il était considéré comme irrespectueux de dire « je l’ai vu » mais il convenait de dire « j’ai vu le Roi » ou « j’ai vu Sa Majesté ». Les saints eux-mêmes ne dérogeaint pas à ces usages, ils s’en montraient au contraire les observateurs d’autant plus scrupuleux qu’ils voyaient toute la profonde réalité spirituelle qui s’y rattache.
Nous nous entretenions de cela avec mon papa-moine, et nous en avons également conféré avec notre excellent ami le Révérend Père Jean-François Thomas, qui partage nos sentiments, et comme il excelle à écrire les choses avec autant d’acuité quant au fond que d’élévation quant à la forme, je lui ai demandé s’il consentait à rédiger un article sur ce sujet.
Qu’il soit chat-leureusement remercié d’avoir accédé à ma demande et de s’en être acquitté avec autant de maestria !

Patte de chat Lully.

Fleur de lys

Louis XIII avec la France et la Navarre - Simon Vouet 1624

Louis XIII en majesté accompagné des figures allégoriques de la France et de la Navarre
(Simon Vouet – 1624)

Fleur de lys

Du respect des grandeurs d’établissement

Une des nombreuses destructions révolutionnaires, – présente aussi dans la Constitution américaine dont les pères maçons partageaient les mêmes convictions que les esprits des Lumières -, est celle de la politesse et du respect qui régissent les relations harmonieuses entre les êtres appartenant à différents groupes dans une même société. La révolution française imposa le tutoiement généralisé et pas seulement l’abandon des titres et des privilèges. Elle toucha ainsi au cœur ce que la langue française possédait de plus subtil et de plus raffiné. Certes, cette crise de folie où désormais tout le monde s’apostrophait par des « citoyen » et des « citoyenne » s’apaisa avec la naissance du premier Empire et surtout l’avènement de la Restauration, mais les peuples de France en demeurèrent profondément marqués, à jamais.

La vague révolutionnaire de mai 1968 reprit les mêmes slogans, les « camarades » remplaçant les « citoyens ». Le désir de faire table rase de toute autorité naturelle ou d’établissement fut identique à celui qui anima les sans-culottes. Depuis cette époque, l’usage du tutoiement universel s’imposa de nouveau, dans toutes les couches sociales, y compris dans l’Eglise où le bas et le haut clergé découvrit soudain les vertus d’une familiarité égalitaire, symptôme de la crise d’autorité qui rongeait le corps tout entier.

Notre héritage est donc lourd et débilitant en ce domaine. Nous avons oublié depuis bien longtemps la sage distinction pascalienne entre grandeurs naturelles et grandeurs d’établissement qu’il serait bien utile de se remémorer :

« Il y a dans le monde deux sortes de grandeurs ; car il y a des grandeurs d’établissement et des grandeurs naturelles. Les grandeurs d’établissement dépendent de la volonté des hommes, qui ont cru avec raison devoir honorer certains états et y attacher certains respects. Les dignités et la noblesse sont de ce genre. En un pays on honore les nobles, en l’autre les roturiers, en celui-ci les aînés, en cet autre les cadets. Pour quoi cela? Parce qu’il a plu aux hommes. La chose était indifférente avant l’établissement: après l’établissement elle devient juste, parce qu’il est injuste de la troubler
Les grandeurs naturelles sont celles qui sont indépendantes de la fantaisie des hommes, parce qu’elles consistent dans des qualités réelles et effectives de l’âme ou du corps, qui rendent l’une ou l’autre plus estimable, comme les sciences, la lumière de l’esprit, la vertu, la santé, la force.
Nous devons quelque chose à l’une et à l’autre de ces grandeurs; mais comme elles sont d’une nature différente, nous leur devons aussi différents respects.
Aux grandeurs d’établissement, nous leur devons des respects d’établissement, c’est-à-dire certaines cérémonies extérieures qui doivent être néanmoins accompagnées, selon la raison, d’une reconnaissance intérieure de la justice de cet ordre, mais qui ne nous font pas concevoir quelque qualité réelle en ceux que nous honorons de cette sorte. Il faut parler aux rois à genoux; il faut se tenir debout dans la chambre des princes. C’est une sottise et une bassesse d’esprit que de leur refuser ces devoirs 
» (Deuxième Discours sur la condition des grands).

Refuser de reconnaître et de respecter les grandeurs d’établissement est donc se condamner à négliger les grandeurs naturelles qui peuvent être présentes en un même homme. Rayer de la carte le respect dû à l’autorité selon son rang est se précipiter dans le chaos et le désordre de relations humaines où tous nagent dans un identique marigot.

Pourquoi donc rappeler ce qui semble couler de source ? Tout simplement parce que nous sommes tous touchés par cette habitude de familiarité dévastatrice, y compris au sein des chapelles catholiques traditionalistes et des Français légitimistes. La goujaterie et le laisser-aller dans les moindres rapports humains sont aujourd’hui monnaie courante. L’enfance et la jeunesse, qui reçoivent peu d’éducation en ce domaine, ne sont pas les seuls à souffrir de cette maladie transmise par leurs parents et par leurs familles. Comment nous adressons-nous à nos aînés, à ceux qui sont revêtus de quelque autorité humaine ou divine ? Que transmettons-nous à ceux qui dépendent de notre exemple et de notre enseignement ? De quelle façon parlons-nous des personnes auxquelles nous avons des devoirs de reconnaissance de grandeurs d’établissement, indépendamment de leurs qualités et de leurs vertus personnelles ? Il est par exemple préférable de parler de tout pape régnant comme du « Saint Père » ou du « Souverain Pontife ». Cette marque de respect n’est point lâcheté ou refus de reconnaître les limites humaines de tel ou tel de ces successeurs de Pierre. Elle permet au contraire, dans un second temps, de réfléchir calmement, sans passion et sans vulgarité, à ce qui mérite analyse ou désaccord.

En ce qui regarde notre manière de parler, en privé ou en public, du Prince légitime dont la république a confisqué le trône, le bilan n’est pas plus glorieux. Pourtant son nom est prononcé par le prêtre dans le Canon de la messe, au sein du silence sacré, après celui du Pape régnant et de l’évêque du lieu. Il est le roi que Dieu nous donne, et cette mission dépasse ses péchés personnels et ses manquements. Ce choix divin mérite respect, en toute occasion, et ne permet aucune familiarité, fût-elle enturbannée du prétexte d’un attachement affectueux. Le Roi n’est appelé par son prénom que dans la liturgie de l’Eglise car tous les baptisés sont égaux dans le cœur de Dieu et qu’elle parle alors au nom du Christ, comme le Christ lui-même s’adressant à ses apôtres par leurs prénoms.
Nous n’avons aucun droit, sous le couvert d’une amitié, d’une proximité, d’une affection, de déroger à ce principe régulant les grandeurs d’établissement.
Parler de « Louis », à plus forte raison de « Loulou », en public ou même dans un cercle restreint, est non seulement de très mauvais goût mais reflète à quel point l’influence de la révolution, qui avait fait du Roi un « Capet », a miné notre bon sens, notre respect des grandeurs et de l’autorité.

La paysannerie française du XVIII° siècle, – usage qui s’est poursuivi d’ailleurs très longtemps dans nos campagnes -, possédait une politesse royale lorsqu’il s’agissait de montrer le respect entre les générations : non seulement les enfants vouvoyaient leurs parents, mais les parents vouvoyaient leurs enfants. Cette noble distance permettait aux plus pauvres de garder la dignité dont ils étaient revêtus comme d’autres Christ.
Les apôtres n’appelèrent jamais Notre Seigneur par son nom, mais toujours par des titres révélant son autorité hors du commun. Dans les humbles tâches partagées par le Christ avec ses disciples, comme lorsqu’ils remontaient les filets ensemble, le Maître demeurait tel et la crainte respectueuse habitait ces futurs pêcheurs d’hommes.

Notre Roi terrestre, même s’il n’est pas couronné et ne siège pas sur son trône, mérite le respect qui lui est dû car il a été choisi par Dieu lui-même. Seul Dieu et son Eglise s’adressent à lui en l’appelant Louis. Puissions-nous retrouver, dans toute sa simplicité et sa pureté, cette politesse française exquise et mesurée qui fit la réputation de notre royaume pendant plusieurs siècles. Elle est un signe, certes très terrestre mais inspiré par le Ciel, de notre attachement à l’autorité de Dieu.

Père Jean-François Thomas s.j.
II° dimanche de Carême
25 février 2018

Fleur de lys

2018-11. Nous avons lu et nous avons aimé : « Un Pape dans la tourmente – Pie VI, de Rome à Valence ».

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Serge Stolf Pie VI éditions Delatour

Quatrième de couverture :

« Pie VI est le dernier pape du XVIIIe siècle, mort en 1799 en déportation à Valence, dans la Drôme. Son long pontificat a été marqué par la montée grandissante de la philosophie des Lumières dans son offensive antichrétienne et antiromaine, et par la Révolution française qui bouleversa les rapports anciennement établis entre monarchie et Eglise.
L’année 2017 marque le tricentenaire de la naissance de ce pape italien et fournit l’occasion à la présente biographie d’évoquer la personnalité d’un homme confronté à la tourmente où risqua d’être emportée la papauté.
Cet ouvrage restitue les grands moments de cet affrontement idéologique et politique qui met en jeu une conception nouvelle de la liberté et des rapports entre le pouvoir laïque et l’Eglise.

Serge Stolf est professeur émérite de l’Université Grenoble Alpes. Ses travaux portent principalement sur l’humanisme italient et latin à la Renaissance. Ses thèmes de recherche sont orientés vers l’éthique humaniste, et les liens entre culture profane et culture chrétienne. Il est l’auteur d’une biographie sur le pape Pie II qui a été primée par l’Académie française, Les lettres et la tiare : E.S. Piccolomini, un humaniste au XVe siècle. »

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Commentaires de Lully :

C’est avec un immense intérêt que nous avons appris la publication de cet ouvrage, et c’est avec un plaisir encore plus grand que nous en avons fait une lecture attentive en notre Mesnil-Marie.
D’abord parce qu’il est bien écrit.
Et ensuite parce qu’en à peine 160 pages ce livre donne une idée exacte de la personnalité du pape Pie VI et des luttes qu’il eut à soutenir : le ton est juste, précis ; la présentation des faits est rigoureuse ; de très intéressantes citations  de textes majeurs aujourd’hui malheureusement méconnus (voire totalement ignorés) apportent au récit une grande richesse, et donnent envie d’approfondir ces enseignements de Pie VI relatifs à la révolution.
Le récit des derniers jours du « ci-devant pape » (!!!) sont sobres, sans exaltation romantique, ils ne donnent que plus de force à la réalité profonde de ce drame.
Cela nous a donné le goût d’en lire davantage et c’est ainsi que, nous avons eu la bonne fortune de trouver chez un bouquiniste une édition ancienne de l’ « Histoire de l’enlèvement et de la captivité de Pie VI », de l’abbé Baldassari. C’est en résumant les récits de ce dernier, certaines indications données par Monsieur Serge Stolf dans l’ouvrage que nous présentons ici, complétés par des précisions que nous sommes allés chercher dans des ouvrages généraux d’histoire de l’Eglise et de la papauté, que nous avons pu vous présenter le récit du départ de Rome de Pie VI captif publié > ici.

Nous espérons très fermement, en 2019, pouvoir commémorer comme il convient le 220ème anniversaire de la mort de Pie VI à Valence, survenue le 29 août 1799.

« Un Pape dans la tourmente – Pie VI, de Rome à Valence »
est publié aux éditions Delatour, et peut être commandé en ligne > ici

armoiries de Pie VI

2018-7. Réponse faite à un « anarcho-syndicaliste stalinien autonome »…

Jeudi 1er février 2018,
Fête du Bienheureux Guillaume Repin et de ses 98 compagnons martyrs (cf. > ici) ;
Mémoire de Saint Ignace d’Antioche, évêque et martyr ;
Mémoire de Saint Sigebert III, roi d’Austrasie et martyr.

Angers - Apocalypse - cavaliers exterminateurs

Angers, tenture de l’Apocalypse : les myriades de cavaliers exterminateurs.

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Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Sur la page Facebook de la Confrérie Royale, à l’occasion de la publication faite par l’un des administrateurs d’un document sur la crise de l’Eglise en France – crise très grave à n’en pas douter – , un monsieur a publié ce commentaire : « Il nous aura fallu plusieurs siècles, mais ça y est, la fin de l’Eglise ! Enfin ! »

Pour les naïfs ou les utopistes qui s’imagineraient encore que l’Eglise du Christ peut être dans des relations fraternelles avec « le monde » (dans la plénitude du sens évangélique du terme), ce genre de réflexions et de remarques peu amènes est, à mon avis, toujours bénéfique : il faut espérer qu’elles pourront un jour dessiller les yeux de ces pigeons, et qu’elles les feront revenir de leurs illusions de « joie et d’espoir » godiches (en latin : gaudium et spes !).

La Sainte Eglise, déjà en la Personne divine de son Fondateur – Notre-Seigneur Jésus-Christ – , en ses colonnes – les Saints Apôtres -, et en ses enfants jusqu’à la consommation des siècles qui verra le moment de la victoire finale sur l’Antéchrist, sera en butte aux contradictions, oppositions et persécutions du monde.
Notre-Seigneur nous l’a assuré ; et Notre-Seigneur ne peut ni Se tromper ni nous tromper.

Mais si le Seigneur Jésus nous a infailliblement promis des persécutions, Il nous a tout aussi infailliblement prédit la victoire finale de Son Eglise : « Non praevalebunt ! Les portes de l’enfer ne l’emporteront pas sur elle… » (cf. Matth. XVI, 18).

Notre espérance ultime se fonde donc sur la parole infaillible de Notre-Seigneur, en dépit de tous les constats décourageants que nous pouvons faire sur l’état présent de l’Eglise, sur la médiocrité et la décadence généralisées du clergé, sur l’apostasie pratique (et probablement inconsciente) d’une écrasante majorité de ceux qui se prétendent catholiques, sur les ravages du modernisme, sur la persécution larvée menée par les instances politiques à l’encontre des restes de Chrétienté qui subsistent en Occident… etc.

Ni optimistes ni pessimistes, nous sommes des réalistes, et des réalistes chrétiens : cela nous garantit tout à la fois du découragement et de l’illusion béate. 
Du découragement, parce que nous savons que Dieu aura le dernier mot.
De l’illusion béate, parce que – ainsi que l’affirmait magnifiquement Gustave Thibon« (…) la vertu d’espérance (…) n’a rien à voir avec cet optimisme aveugle et béat qui se voile les yeux devant le mal et s’imagine que, quoi qu’il arrive, tout ira fatalement de mieux en mieux ; elle consiste plutôt à ne jamais se décourager ni perdre pied, quelles que soient l’épaisseur du mal et la gravité du péril » (voir le texte complet > ici).

Mais il est temps que je vous laisse prendre connaissance de l’échange avec cet « anarcho-syndicaliste stalinien autonome » (sic) venu sur la page Facebook de la Confrérie Royale et de la réponse qui lui fut faite par mon papa-moine.

pattes de chatLully.

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Angers - Apocalypse - Ange annonçant la chute de Babylone

Angers, tenture de l’Apocalypse : un ange annonce la chute de Babylone.

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 Réponse faite à un « anarcho-syndicaliste stalinien autonome » :

- Il nous aura fallu plusieurs siècles mais ça y est, la fin de l’Eglise ! Enfin !

- « Il NOUS aura fallu ». « Nous » ? Qui est-ce « nous » ?

- Les anarcho-syndicalistes stalinistes autonomes.

- Bah, vous n’existez pas depuis très longtemps, moins de deux-cents ans… L’Eglise a vingt siècles d’existence. Les empereurs romains pendant trois siècles, Julien l’Apostat, les divers hérétiques tout au long des siècles, les massacres et les guerres, les mahométans, les protestants, les philosophes et encyclopédistes du XVIIIème siècle, les francs-maçons, les révolutionnaires de 1789, Napoléon, les bolcheviks, les anarchistes, les nazis, les maoïstes, les khmers, les syndicalistes stalinistes – autonomes ou pas – , … etc. … etc., j’en passe des fêlés du ciboulot et des gros méchants qui avaient une puissance, militaire ou politique, inouïe, sans compter les hommes d’Eglise pervertis eux-mêmes : tous ceux-là n’y sont jamais arrivés !
N’ayez pas la prétention d’être à vous seuls aussi efficaces que vingt siècles d’ennemis acharnés réunis : ce serait un peu trop présumer de vos forces réelles.
Que l’Eglise traverse aujourd’hui une crise, une crise grave : c’est un fait.
Qu’elle disparaisse totalement, cela ne sera pas !
Vous pourrez tuer des chrétiens, détruire des églises et des couvents, confisquer nos biens, nous envoyer en camps de concentration ou de rééducation, nous torturer, en faire apostasier certains, bombarder le Vatican et zigouiller un pape ou deux… etc.
L’Eglise subsistera !

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Angers - Apocalypse - Victoire de Saint Michel

Angers, tenture de l’Apocalypse : victoire de Saint Michel et de ses anges sur le dragon et les anges rebelles.

2018-1. Voeux du Maître-Chat Lully pour l’an de grâce 2018.

Lundi 1er janvier 2018,
Fête de la Circoncision de NSJC.

SAS Mgr le Maître-Chat Lully 1er janvier 2018

Son Altesse Sérénissime Monseigneur le Maître-Chat Lully
(photo officielle du Jour de l’An 2018)

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Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

« ♫ ♪ ♫ Bon jour, bon mois, bon an et bonne estraine… ♪ ♫ ♪ » : c’est en fredonnant ce fameux rondeau de Guillaume du Faÿ que Frère Maximilien-Marie m’a soulevé de terre, serré tendrement dans ses bras, tout en esquissant de petis pas de danse médiévale et me câlinant pour me souhaiter la bonne année, lorsqu’il s’est levé ce matin.

Un peu plus tard dans la matinée il m’a dit : « Maître-Chat, je serais ravi si c’était toi le premier à adresser nos voeux à tous nos amis. Pour moi, je compte leur écrire un peu plus tard. Si tu le veux, pour illustrer tes propos, tu iras choisir des images anciennes dans ma collection ».
Je ne me le suis pas fait dire deux fois, parce que je raffole explorer les dossiers dans lesquels mon papa-moine range les innombrables images anciennes qu’il collecte avec autant de patience que de passion.

Bien sûr, je n’ai pas boudé mon plaisir en trouvant un dossier de petites cartes anciennes sur lesquelles ce sont les plus nobles et les plus parfaites de toutes les créatures animales – non, ce n’est pas de l’orgueil, c’est simplement la juste reconnaissance des merveilles que le divin Créateur a accomplies en nous et le reconnaître n’est qu’une marque de notre humilité – qui illustrent les voeux du nouvel an.
Et puisque la journée avait commencé par des réminiscences de musique ancienne, j’ai jeté mon dévolu sur les cartes qui montraient des chats faisant de la musique.
Ce seront donc en quelque sorte les étrennes du Mesnil-Marie que ces images choisies à votre intention, accompagnées de modestes quatrains décasyllabiques que j’ai inventés pour vous en m’inspirant des chants populaires que l’on interprêtait jadis au jour de l’an en se rendant par petits groupes de porte en porte…

pattes de chat Lully.

Chats Bonne Année 1

Pour qu’elle vous soit bonne et heureuse,
Très chers Amis, cette nouvelle année,
Ce sont moultes grâces précieuses
Que j’implore Dieu de vous accorder.

Quand de la cloche la voix bénite
Vers notre oratoire nous fait monter,
Vos intentions en nos coeurs habitent
Et sont au Dieu tout-puissant présentées : 

Chats Bonne Année 2

A nos amis, Seigneur, faîtes grâce !
Pour que leurs vies soient comme un beau concert
Dans lequel votre puissance efface
Les notes fausses, les notes de travers !

Chats Bonne Année 3

Que règne une juste et pure harmonie
Dans leurs coeurs, dans leurs âmes, dans leurs corps ;
Qu’ils mênent une heureuse et féconde vie ;
Que, contre le mal, ils se montrent forts !

Chats Bonne Année 4

La farandole des jours qui passent
Parfois lourde de si cruels chagrins
Ne pourra entamer leur audace
Si les soutient votre puissante main !

Chats Bonne Année 5

Toujours, qu’un  mâle et ardent courage
Les affermisse et fortifie leurs coeurs ;
Grandissant en grâce autant qu’en âge,
Qu’ils marchent vers votre éternel bonheur.

Chats Bonne Année 6

Et dans votre Cité du Ciel, un jour,
Nous espérons être tous réunis,
Chantant avec les anges votre amour
Et votre miséricorde infinie !

Chats Bonne Année 7

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Invocations pour le début de l’année nouvelle > ici

2017-97. Voeux de nos Princes pour Noël 2017.

Voeux
de
Monseigneur le Prince Louis de Bourbon,
de jure SM le Roi Louis XX

et de
Madame la Princesse Marie-Marguerite, son épouse,
pour la
fête de Noël 2017

Duc et duchesse d'Anjou 2017

Message de Noël de Mgr le Duc d'Anjou et Madame

Le Baptême de Clovis (Versailles - cathédrale St Louis)

Publié dans:Commentaires d'actualité & humeurs |on 24 décembre, 2017 |3 Commentaires »

2017-95. Où, à propos de l’anniversaire de la naissance de Sa Majesté le Roi Henri IV, le Maître-Chat Lully répond à quelques objections qui sont souvent opposées aux Légitimistes.

13 décembre,
Fête de Sainte Lucie, vierge et martyre ;
6ème jour dans l’octave de la Conception immaculée de Notre-Dame ;
Anniversaire de la naissance de SM le Roi Henri IV le Grand (13 décembre 1553).

Carapace berceau de Henri IV au château de Pau

Chambre natale de SM le Roi Henri IV au château de Pau :
selon la tradition, cette carapace de tortue de mer fut utilisée comme berceau pour Henri de Navarre à sa naissance ;
objet d’un véritable culte jusqu’à la révolution, ce berceau-carapace échappa à la fureur des « patriotes »;
à la Restauration (1822), il fut entouré de six lances en bois doré surmontées d’une couronne de lauriers et d’un casque superbement empanaché de plumes blanches, pour figurer les hauts faits d’armes du premier Roi Bourbon.

Armes de France & Navarre

Roi de France et de Navarre

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Je vous ai déjà entretenus de la célébration traditionnelle qui se déroule à Rome, dans l’archibasilique-cathédrale du Latran, chaque 13 décembre (ou parfois à une date proche) : la Messe « pro felici ac prospero statu Galliae : pour le bonheur et la prospérité de la France », à l’occasion de l’anniversaire de la naissance de Sa Majesté le Roi Henri IV le Grand (13 décembre 1553 – voir > ici et > ici).

Je voudrais aujourd’hui profiter de cet anniversaire pour, une fois de plus, réfuter l’une de ces objections qui sont relativement fréquemment opposées aux légitimistes au sujet de Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX.
Il y a quelques mois (cf. > ici), j’ai argumenté sur les raisons pour lesquelles il est préférable que, quoique étant de plein droit Français, Monseigneur le duc d’Anjou et sa famille ne résident pas de manière habituelle sur le sol français.
Aujourd’hui, je voudrais répondre à la critique suivante, que je rapporte à peu de choses près dans les termes où je l’ai lue ou entendue à plusieurs reprises :
« Quoi qu’il en soit des côtés sympathiques ou attachants de sa personne, le Prince Louis de Bourbon n’est pas de culture française, il parle le français avec un fort accent espagnol, et son français est même parfois approximatif. Quelle différence avec, par exemple, le Prince Reza Pahlavi, l’un des fils du Shâh, qui parle le français à la perfection et sans accent !… »

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1) La première remarque qu’il convient de faire ici, c’est que cet argument fallacieux dérive plus ou moins de ce pseudo « principe de nationalité », fréquemment invoqué par les orléanistes – mais pas uniquement eux – pour dénier au Prince Louis de Bourbon tout droit dynastique.
Je dis bien « pseudo principe ».
En effet, d’une part la « nationalité » n’a jamais fait partie des Lois fondamentales qui règlent la succession à la Couronne de France (cf. > ici) parce que c’est le fait d’être « du Sang de France », c’est-à-dire descendant de Hugues Capet par les mâles, qui fait qu’un homme est dynaste ; et d’autre part parce que la « nationalité » est une invention révolutionnaire et républicaine qui n’a pas beaucoup de sens pour le droit traditionnel de l’Ancien Régime.
Cela permet au passage de faire ressortir combien, sur ce point particulier comme pour beaucoup d’autres, les opposants à la Légitimité sont en fait, à des degrés divers, pénétrés par les idées de la révolution.

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2) Ma deuxième remarque consiste à mettre en évidence que ceux qui mettent en avant ces prétendues objections placent de fait leurs appréciations humaines subjectives au-dessus des règles objectives traditionnelles de la royauté capétienne.
Aujourd’hui on récusera les droits dynastiques d’un Prince au prétexte de l’éducation qu’il a reçue, de son accent, ou de sa manière de s’exprimer, et demain – parce que, ce faisant, on ouvre la porte à toutes espèces de dénégations au nom de ce qui ne nous plaît pas – on s’insurgera contre la légitimité du Prince qui ne sera pas assez grand, ou qui n’aura pas les yeux de la couleur que l’on aime, ou qui sera bègue (mais cela s’est déjà vu d’avoir un roi bègue : ce fut le cas de Louis II [846-879]), boiteux ou contrefait (en ce cas Louis XI n’eût jamais pu régner !), ou bien qui n’aura pas eu les maîtres et éducateurs que l’on eût souhaités pour lui, ou qui ne sera pas né au bon endroit, ou que sais-je encore ?
De telles objections n’ont finalement plus de limites et peuvent donner lieu à tous les abus et dérives de la subjectivité. Cela revient en effet à « choisir son roi » en fonction de critères personnels, et l’on arrive rapidement aux mêmes dérives que sous cette république où l’on a vu récemment des électeurs urner en faveur d’un candidat à la présidence non parce qu’ils avaient lu son programme (et y avaient adhéré) mais seulement parce qu’ils lui trouvaient un joli minois !
On ne choisit pas son Roi : le Roi est donné par Dieu ! Et ce sont les Lois fondamentales qui le désignent indubitablement et objectivement en dehors de tous les critères humains.
Qu’on me permette ici de faire remarquer que, selon les appréciations actuelles de ces crypto-nationalistes, Henri III de Navarre n’eût jamais dû accéder au trône de France et devenir Henri IV : en effet, il n’avait pas la « nationalité française » ; il était souverain d’un royaume étranger ; il parlait plus volontiers le patois béarnais que la langue française ; il avait un accent épouvantable qui devait tour à tour faire se gausser ou choquer les très suffisantes et minaudantes cocottes – mâles et femelles – de la Cour ; son éducation et sa culture s’apparentaient à celles des jeunes rustres avec lesquels il avait joué et s’était roulé par terre dans son adolescence ; et – c’est bien là sans aucun doute le plus fort de tous les arguments contre son accession au trône – il puait l’ail !
J’exagère à peine. Mais cela met bien en évidence l’inconsistance et l’inanité de ces objections adressées aux légitimistes à propos de ces « défauts » de Monseigneur le Prince Louis de Bourbon que l’on monte en épingle.
Pour clore ce chapitre, je veux renvoyer mes lecteurs au chapitre XVI du 1er livre des Rois (selon la Vulgate) où l’on lit comment le prophète Samuel fut envoyé à Bethléem pour y donner l’onction royale à l’un des fils de Jessé. Samuel, impressionné par la beauté, la taille et la force de l’aîné, entend le Seigneur lui dire : « Ne regarde point son visage, ni la hauteur de sa stature, parce que Je l’ai rejeté et que Moi Je ne juge point selon le regard de l’homme ; car l’homme voit ce qui paraît, mais le Seigneur regarde le coeur » (1 Reg. XVI, 7).
Ainsi en est-il de nos jours encore, car c’est bien la Sainte Providence de Dieu qui a donné à la Royauté française ses Lois fondamentales réglant la succession au trône, et le Seigneur par la voix de ces Lois nous dit aujourd’hui : « Ne regardez pas à l’accent, à la culture ou à l’élocution du Prince : ce ne sont là que des apparences qui arrêtent vos regards et les empêchent de voir la réalité profonde et objective qui, elle, vous est accessible par les Lois fondamentales que j’ai voulues pour ce Royaume, et dont les siècles ont démontré le bien-fondé, la pertinence et la sagesse ! Il vaut mieux un Prince qui parle le français avec un accent espagnol mais dont les paroles énoncent fidèlement les principes traditionnels de la sainte Royauté héritée de Clovis, de Saint Charlemagne, de Saint Louis, de Louis XIV, d’Henri V qu’un autre prince qui parlerait peut-être impeccablement le français mais pour tenir un discours pénétré par les idées de la révolution et de la maçonnerie, hérité de Louis-Philippe… »

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3) La troisième et dernière réflexion que je veux vous livrer aujourd’hui se place dans la continuité de la précédente mais la développe d’une autre manière. Voici :
S’ils étaient vraiment cohérents avec cette espèce de crypto-nationalisme qui leur fait traiter Monseigneur le Prince Louis de Bourbon d’ « espagnol », ils devraient, en toute logique, refuser de voir monter sur le trône de France tout descendant d’un souverain étranger au Royaume de France, tout descendant de Henri III de Navarre à quelque degré que ce soit, et ils devraient contester la légitimité pour la France de tous les princes de la Maison de Bourbon, puisque tous descendants du Roi béarnais : les diverses formes d’invocation d’un prétendu « principe de nationalité » - même lorsqu’elle se fait au travers du reproche de l’imparfaite maîtrise d’une langue ou d’un accent qui n’a pas l’heur de plaire à des oreilles nationalistes – conduisent le plus logiquement du monde à exclure aussi de la Couronne de France les princes de la Maison d’Orléans et de la Maison de Parme qui, de nos jours, voudraient la revendiquer pour leurs personnes.
Toutefois, je crains qu’aveuglés par la passion et par leur sujectivisme, ils ne parviennent pas à s’établir dans une logique objective et sereine !

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Henri IV & Louis XX

Pour nous, sans sentimentalisme, sans recourir à des critères de pure apparence et subjectifs, nous nous attachons fermement et paisiblement à l’objectivité des Lois fondamentales du Royaume de France, rempart et force de la Légitimité, et nous chantons avec une joie et une ferveur indicibles ainsi que nos ancêtres :

Chantons l’antienne qu’on chantera dans mille ans :
Que Dieu maintienne en paix ses descendants
Jusqu’à ce qu’on prenne la lune avec les dents !

Vive la France, vive le Roi Henri !
Qu’à Reims on danse en disant comme Paris :
Vive la France, vive le roi Henri !

Pour écouter l’hymne « Vive Henri IV » somptueusement  harmonisé par Tchaikovsky
faire un clic droit sur l’image ci-dessous puis « ouvrir dans un nouvel onglet >

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2017-94. Nous vivons vraiment en des temps formidables !

Mardi 12 décembre 2017,
Fête de Notre-Dame de Guadalupe (cf. > ici) ;
Cinquième jour dans l’octave de la fête de la Conception immaculée de Notre-Dame ;
Mémoire du mardi de la deuxième semaine de l’Avent.

Lully & St François de Sales

fleur de lys

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Ceux d’entre vous qui sont abonnés à la lettre d’information du Mesnil-Marie ont pu lire dans la chronique de cet automne 2017 (cf. > ici) que le Cercle Légitimiste du Vivarais, qui existe comme association de fait depuis maintenant plus de deux ans, a procédé le 11 novembre dernier – à l’occasion de la fête de Saint Martin de Tours, apôtre des Gaules (la date n’avait évidemment pas été choisie au hasard) – à son assemblée générale constitutive afin d’être désormais une association de droit selon la loi de 1901, dotée de la personnalité juridique et pouvant ainsi adhérer officiellement à l’Union des Cercles Légitimistes de France (UCLF).

Le soir même de ce 11 novembre, Frère Maximilien-Marie, sénéchal du Cercle Légitimiste du Vivarais, a accompli toutes les formalités de la déclaration de la nouvelle association auprès des services de l’Etat : cela peut maintenant se faire directement en ligne et évite des déplacements ou des envois de dossier par courrier postal.
C’est beaucoup plus simple, rapide et pratique… en théorie du moins.

Du 11 novembre (11 XI) au 12 décembre (12 XII), un mois s’est écoulé, et Frère Maximilien-Marie commençait à s’étonner de ne pas recevoir le récépissé de la Préfecture de l’Ardèche et de n’avoir pas de nouvelle de la publication au Journal Officiel, quand, justement, un peu avant midi, il a reçu un courriel rédigé en ces termes  :  « Bonjour, votre demande de création d’association a été traitée par le service chargé de votre dossier. Un document a été mis à votre disposition dans le porte-documents de votre compte service-public.fr. Cordialement. »
Notre Frère s’est donc aussitôt rendu sur le-dit compte et y a été invité à télécharger un document intitulé « rejet ». A la vue de ce titre, son sang n’a fait qu’un tour et il s’est hâté de l’enregistrer et de l’ouvrir.
Voici ci qu’il y a lu :

Capture d’écran rejet création asociation cercle légitimiste 12-12-2017

Perplexe devant le motif invoqué, puisque c’est en fonction même du code postal de la commune sur le territoire de laquelle se trouve le siège social de l’association que le site « service-public.fr » fait automatiquement suivre la télédéclaration aux services administratifs ayant juridiction sur cette commune, Frère Maximilien-Marie, dès la réouverture du standard de la sous-préfecture de Tournon-sur-Rhône, y a téléphoné au service des associations afin d’exposer le problème et demander des éclaircissements.
La dame qui lui a répondu était aussi perplexe que lui et ne comprenait absolument pas de quoi il pouvait s’agir. Elle ne pouvait même pas avoir accès aux dossiers : « La commune de Saint-Martial, sur laquelle se trouve le siège social de l’association dont vous avez déclaré la création, faisait partie de l’arrondissement de Tournon-sur-Rhône jusqu’au mois de décembre 2016. A la suite du rattachement de Saint-Martial à la communauté de communes « Montagne d’Ardèche », effectif depuis le 1er janvier 2017, cette commune s’est également retrouvée rattachée à l’arrondissement de Largentière. J’ai beau essayer de retrouver votre dossier de déclaration avec le numéro d’enregistrement que vous venez de me communiquer, je n’ai plus de possibilité d’accès à tout ce qui concerne les communes extérieures à notre arrondissement… Essayez de joindre ma collègue de Largentière ».

Voilà notre Frère qui appelle donc la sous-préfecture de Largentière et qui demande à joindre le service des associations. La standardiste, fort aimable au demeurant, le met en relation (après la petite musique électronique agaçante d’usage). Il salue la dame qui prend la communication, se présente, et demande tout de go : « Saint-Martial ne fait-il pas partie de l’arrondissement de Largentière depuis onze mois et demi ? »
- Pas du tout ! lui rétorque son interlocutrice avec un ton péremptoire. Saint-Martial dépend de la sous-préfecture de Tournon !
- Toutefois, insiste Frère Maximilien-Marie avec une voix pateline, je viens justement d’avoir votre collègue de Tournon et elle a été absolument catégorique : depuis que Saint-Martial a été rattaché à la communauté de communes « Montagne d’Ardèche », cette commune n’appartient plus à l’arrondissement de Tournon mais à celui de Largentière…
- Attendez ! Je vais voir… répond la dame avec moins d’assurance.
Frère Maximilien-Marie l’entend se lever, sortir de la pièce, échanger des paroles avec d’autres personnes sans qu’il puisse en comprendre les mots… Puis cette exclamation, elle clairement audible : « Sainte Vierge ! » Puis à nouveau des pas et la dame sur un ton très irénique lui dit : « Eh bien vous avez raison ! Saint-Martial se trouve bien dans notre arrondissement désormais… » Et là sur un ton presque enjoué : « C’est à vous que j’ai envoyé ce matin une notification de rejet pour un dossier de création d’association en vous demandant de refaire votre déclaration auprès de la sous-préfecture de Tournon ? »
- Oui, Madame !
La dame se confond en excuses et ajoute : « Je ne peux pas récupérer le dossier que vous m’avez envoyé le 11 novembre puisque, en raison de ma réponse, le site l’a automatiquement classé dans les rejets. Pouvez-vous me renvoyer un dossier complet ? »
Frère Maximilien-Marie n’a pas voulu se montrer désobligeant et lui a dit qu’il allait reprendre toute la démarche dans l’après-midi même – ce qu’il a fait – , mais il n’a pas pu s’empêcher auparavant de rechercher une extraordinaire séquence du dessin animé « Les douze travaux d’Astérix » qui s’intitule : « La maison qui rend fou ».
Si vous ne la connaissez pas, ou si vous désirez la revoir, je vous invite à le faire > ici. Bien sûr, selon la formule consacrée, « les personnages et les situations de ce récit étant purement fictifs, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite. »

Moi, depuis mon couffin douillet près du poële, bien que faisant mine de dormir, j’ai tout entendu et tout enregistré, et je pensais en moi-même : « Nous vivons vraiment en des temps formidables ! Obliger mon papa-moine à refaire complètement la déclaration de création de l’association Cercle Légitimiste du Vivarais parce que la responsable du service des associations de la sous-préfecture vers laquelle le site internet, correctement configuré, l’avait fait suivre, n’avait pas encore assimilé, au bout de onze mois et demi, qu’il y avait eu une modification des territoires respectifs des sous-préfectures de l’Ardèche, oui, c’est vraiment formidable ! »

Car, si vous ne le saviez pas, l’adjectif français formidable, vient de l’adjectif latin « formidabilis » qui signifie « qui inspire la crainte » ; il est en effet formé sur le verbe « formidare » qui veut dire « craindre », « redouter ». Et ce verbe « formidare » dérive lui-même  du mot « formido, -inis » qui désigne au sens premier un épouvantail et au sens figuré l’ « effroi », la « terreur » !
Ainsi, dans notre belle langue française, l’adjectif formidable signifie-t-il originellement « terrible », « redoutable ». Ce fut d’ailleurs son unique sens à l’époque classique et jusqu’au début du XIXème siècle. Vers 1830, il y eut un premier glissement de sens et formidable fut utilisé comme un synonyme d’ « impressionnant » puis d’ « étonnant », jusqu’à ce qu’enfin on arrive à l’utiliser comme un équivalent de « sensationnel » ou « extraordinaire ».
Mais bien sûr – vous vous en doutez j’espère – , lorsque j’écris que nous vivons en des temps formidables, j’emploie ici l’adjectif dans son acception classique et étymologique : je ne m’appelle pas Lully pour rien !

Oui, ces temps sont vraiment redoutables et m’inspirent une véritable épouvante…

pattes de chatLully.

Bonnes lectures du Maître-Chat

Et pour La Gazette Royale dont Maître-Chat Lully est un lecteur assidu voir > ici

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2017-92. Bonne, belle, fervente et sainte nouvelle année liturgique !

couronne de l'avent avec petits animaux

Aux premières vêpres du premier dimanche de l’Avent.

Bonne, belle, fervente et sainte nouvelle année liturgique,
chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion !

C’est en effet au premier dimanche de l’Avent que le cycle de l’année liturgique recommence, et ce cycle est celui de notre croissance dans la grâce et l’union à notre divin Sauveur.
Puisse donc cette nouvelle année liturgique vous apporter de grandes bénédictions du Ciel pour être toujours davantage et toujours plus profondément conduits par Dieu et unis à Lui…

« Mon Dieu, Verbe du Père, qui Vous êtes fait chair pour notre amour, qui avez assumé un corps mortel afin de pouvoir souffrir et Vous immoler pour nous, je voudrais me préparer à Votre venue avec les ardents désirs  des prophètes et des justes qui, dans l’Ancien Testament, ont soupiré après Vous, l’unique Sauveur et Rédempteur. « Oh ! Seigneur, envoyez Celui que Vous devez envoyer… Comme Vous l’avez promis, venez et délivrez-nous ! » (…)
O mon très doux Sauveur, Vous venez à ma rencontre avec un amour infini, avec l’abondance de Votre grâce ; Vous voulez envahir mon âme avec des torrents de miséricorde et de charité, afin de l’attirer à Vous. Venez, ô Seigneur, venez ! Moi aussi je veux courir avec amour à Votre rencontre mais, malheureusement, mon amour est si limité, si faible, si imparfait ; rendez-le fort et généreux, rendez-moi capable de me surmonter moi-même pour me donner totalement à Vous. (…)
Accordez-moi, ô Seigneur un amour fort ! Je le désire ardemment, non seulement pour échapper, un jour, à Votre regard sévère de juge, mais aussi et surtout pour payer de retour, en quelque manière, Votre charité infinie.
O Seigneur, ne permettez pas, je Vous prie, que cet amour excessif, qui Vous a conduit à Vous incarner pour mon salut, m’ait été donné en vain ! Ma pauvre âme a tant besoin de Vous ! Elle soupire après Vous comme après le médecin très compatissant qui, seul, peut guérir ses blessures, la tirer de la langueur et de la tiédeur où elle gît, et lui infuser enfin une vigueur nouvelle, un nouvel élan, une nouvelle vie. Venez, Seigneur, venez !
Je me prépare à accueillir Votre oeuvre d’un coeur humble et docile, prêt à se laisser guérir, purifier, pétrir par Vous. Oui, avec Votre aide, je veux faire n’importe quel sacrifice, je veux renoncer à tout ce qui pourrait retarder en moi Votre oeuvre rédemptrice.
Déployez, Seigneur, Votre puissance et venez ! venez sans plus tarder ! »

Extrait de « Intimité divine – méditations sur la vie intérieure pour tous les jours de l’année »,
par le Rd Père Gabriel de Sainte Marie-Madeleine ocd
au premier dimanche de l’Avent.

Etoiles

Textes pour l’Avent déjà publiés dans ce blogue :
- La couronne de l’Avent (explication) > ici
- BD « Tendus vers Son avènement » > ici
- La spiritualité de l’Avent (Benoît XVI) > ici
- Autre texte sur la spiritualité de l’Avent > ici
-  Conseils de St François de Sales pour la nouvelle année liturgique > ici
-  Autres voeux pour le début de l’année liturgique > ici
- Sermon de Saint Augustin sur l’avènement du Seigneur > ici

Enfin, pour écouter l’antienne mariale du temps de l’Avent et de Noël dans son ton solennel,
faire un « clic » droit sur l’image ci-dessous > ouvrir dans un nouvel onglet.

Traduction :
Auguste Mère du Rédempteur, porte du ciel toujours ouverte et étoile de la mer,
secourez un peuple qui tombe mais qui travaille à se relever :
ô vous qui, au grand étonnement de la nature, avez enfanté votre Créateur ;
Vierge avant comme après l’enfantement, recevant le salut de Gabriel, ayez pitié des pécheurs !

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Guirlande de sapin - gif

2017-91. « Nous n’avons pas d’autre roi que César ! Nous ne voulons pas que le Christ règne sur nous ! »

24 novembre,
Fête de Saint Jean de la Croix (cf. > ici, > ici et > ici).

Saint Ambroise convertissant Théodose -Pierre Subleyras 1745

Saint Ambroise de Milan convertissant l’Empereur Théodose 1er
(Pierre Subleyras – 1745)

ChiRho couronné

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Le 24 novembre n’est pas seulement le jour de la fête de Saint Jean de la Croix, mais il est également l’anniversaire de la publication de l’Edit de Thessalonique par l’Empereur Saint Théodose 1er le Grand.
Décrété le 27 février 380, cet édit ne fut cependant publié que le 24 novembre suivant.

Le 13 juin 313, par l’Edit de Milan (cf. > ici et > ici), l’Empereur Saint Constantin 1er le Grand avait mis fin aux persécutions contre les chrétiens. Soixante-sept ans plus tard, par cet Edit de Thessalonique, l’Empereur Saint Théodose 1er le Grand interdit tous les cultes païens dans l’Empire et fit du christianisme la religion officielle et unique de l’Etat.

Cette date est grande.
Cette date est importante.
Cette date réconforte et réjouit les âmes de tous ceux qui sont profondément attachés à Notre-Seigneur Jésus-Christ, à Sa royauté, à Son triomphe, à Sa gloire, à la ruine des fausses divinités dont le culte est inspiré par satan, et au salut des âmes.

En revanche, cette date est honnie des impies et des modernistes.

Sous le fallacieux prétexte d’ « une Eglise libre dans un Etat libre », et donnant une fausse interprêtation de la parole de Notre-Seigneur Jésus-Christ : « Rendez donc à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu » (Matth. XXII, 21), ils oublient – ou feignent d’oublier – que César lui-même a des devoirs envers Dieu et n’est pas dispensé, dans son rôle même de César, de se soumettre à Ses commandements et d’obéir à Ses lois.
De ce fait donc, les pouvoirs publics en tant que tels, se doivent d’adorer et d’aimer Dieu (1er commandement), de respecter son Saint Nom (2ème commandement), de sanctifier et faire sanctifier le jour qui Lui est consacré (3ème commandement) et de promulguer des lois civiles qui interdisent ce que les commandements de Dieu condamnent et qui favorisent leur observance par tous les hommes…

La distinction naturelle des pouvoirs et de leurs domaines de compétence et d’action respectifs, qui a toujours été l’un des soucis majeurs des Rois de France (même quand ils ont dû pour cela donner des leçons aux Souverains Pontifes eux-mêmes et les « remettre dans les clous » parce que, outrepassant l’ordre naturel voulu par Dieu, ils tendaient à l’instauration d’une « théocratie pontificale » – cf. Boniface VIII et Philippe le Bel, voir > ici), n’est en rien leur indépendance ni leur séparation absolues.

Aussi, lorsque nous entendons aujourd’hui des ecclésiastiques, prêtres ou évêques, se féliciter et faire l’apologie de la loi du 9 décembre 1905, dite « de séparation des Eglises et de l’Etat », en tenant des propos et professant des opinions qui ont été explicitement condamnées, entre autres, par le Bienheureux Pie IX et par Saint Pie X, nous bondissons et avons de fortes poussées d’adrénaline !
Et lorsque nous nous souvenons qu’un président de la république, exprimant tout haut ce que la maçonnerie qui les téléguide fait obligation de penser à tous les dignitaires ou représentants de la république : « Il n’y a pas de loi morale au-dessus de la loi civile », alors, par fidélité au Christ-Roi sous les étendards duquel nous mettons notre gloire à combattre [« sub Christi Regis vexillis militare gloriamur » – postcommunion de la fête du Christ-Roi], nous sommes dans l’obligation morale de nous insurger !

Vitrail du Christ Roi

Je me suis autorisé à résumer toute l’histoire de l’humanité, depuis ses origines jusqu’en nos temps actuels, sous la forme de sept courtes séquences qui sont autant de paliers ascendants dans la révolte contre le Règne du Christ Jésus Notre-Seigneur en ce monde, et de paliers descendants dans l’ordre de la décadence.
Je vous laisse les lire et les méditer.

1 – Dans le Ciel, aux origines.
Le plus beau et le plus élevé des anges, Lucifer : « Non serviam : je ne servirai pas ! Je ne veux pas qu’un Fils de l’homme - fut-il le Verbe de Dieu incarné et fut-il Roi par droit de naissance et par droit de conquête - soit élevé au-dessus de nous et règne sur nous… »

2 – Au commencement de l’humanité, dans le jardin d’Eden (5199 avant notre ère).
Adam et Eve : « Oui, comme nous l’a suggéré le serpent, nous serons comme des dieux ! Oui, nous serons à nous-mêmes la norme du bien et du mal. Nous ne voulons pas que Dieu règne dans nos consciences, nous ne voulons pas qu’Il règne sur nous… »

3 – Pâques de l’an 33, à Jérusalem.
Les Princes des prêtres et les pharisiens : « Nous n’avons pas d’autre roi que César ! Nous ne voulons pas que le Nazaréen, ce Jésus qu’on appelle Christ, soit notre roi ! Nous préférons être soumis au César païen qui prétend à se faire honorer comme un dieu, plutôt que de nous soumettre au Christ Rédempteur ! »

4 – Le 26 août 1789, à Versailles.
L’assemblée auto-proclamée constituante : « Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément (déclaration des droits de l’homme et du citoyen). Nous ne voulons plus de la loi salique et de son préambule : « Vive le Christ qui aime les Francs ! » Nous ne voulons pas qu’Il règne sur nous à travers Son lieu-tenant, le Roi sacré de droit divin nous n’acceptons plus de reconnaître que tout pouvoir procède de Dieu… »

5 – France, 9 décembre 1905.
« La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte : derrière ces dispositions, nous travaillons à l’extinction du catholicisme en France. Nous l’avons spolié de ses biens et de son statut de premier ordre de l’Etat lors de la révolution : désormais nous lui refusons les rétributions compensatoires qu’il était juste de lui attribuer ; nous avons déclaré illégales les congrégations religieuses, et maintenant nous confisquons les édifices du culte et tous les bâtiments qui sont nécessaires à l’Eglise, afin de l’obliger à se soumettre à la tutelle de l’Etat. En effet, nous ne pouvons tolérer que les catholiques placent leur religion au-dessus de la république maçonnique, nouveau César auquel doivent être soumis les intelligences, les consciences et les coeurs ! Le seul « temple » auquel se soumet la république est celui de la rue Cadet et c’est uniquement de là que nous recevons nos dogmes et nos règles de conduite ! »

6 – France, 4 octobre 1958 : constitution de la 5e république.
« La France est une république laïque (article 1er) : nous ne voulons même plus de référence à Dieu ni même à « l’Etre Suprême », ni à de quelconques valeurs spirituelles en France ! Après l’URSS, la France sera le deuxième pays au monde à avoir une constitution politique totalement athée, et le laïcisme dans toute sa rigueur va devenir la norme absolue dans ce pays : il régira la vie publique, les moyens de communication, l’éducation, et finira par devenir la norme de la vie privée elle-même ! »  

7 – A Rome et à l’intérieur de l’Eglise catholique, depuis 1962.
Conséquences pratiques du second concile du Vatican : « Chacun est libre de demeurer dans la religion de son choix : nous ne voulons plus de catholicisme religion d’Etat ou religion officielle : foin de l’Edit de Thessalonique ! Il importe bien plus de nous mettre à égalité avec « ceux qui ne partagent pas notre foi » pour un dialogue sans prosélytisme que de chercher à les convertir…  Aux Etats qui ont des concordats faisant du catholicisme la religion officielle ou qui le favorisent par trop, nous demandons de les corriger dans un sens plus libéral et de ne plus privilégier l’Eglise catholique : au nom de l’oecuménisme et de la liberté religieuse nous ne pouvons plus revendiquer que le Christ règne sur tous les hommes et sur toutes les sociétés humaines… »

Et cependant, nous-mêmes, nous ne cessons de nous réjouir avec une immense fierté des événements de notre histoire, tels l’Edit de Milan ou l’Edit de Thessalonique au temps de l’Empire romain d’Occident sur son déclin, ou encore – plus proche de nous – l’Edit de Fontainebleau promulgué par le Grand Roi (cf. > ici ou > ici), et avec la liturgie latine traditionnelle, nous chantons l’hymne « Te saeculorum Principem » aux vêpres de la fête du Christ-Roi (hymne qui a disparu de la liturgie issue du concile vaticandeux) :

1. Te sæculórum Príncipem, te, Christe, Regem géntium,
te méntium, te córdium unum fatémur árbitrum.
C’est Vous, ô Prince des siècles, c’est Vous, ô Christ, Roi des Nations, c’est Vous que nous reconnaissons pour l’unique arbitre des esprits et des cœurs.

2. Scelésta turba clámitat : regnáre Christum nólumus ;
te nos ovántes ómnium Regem suprémum dícimus.
Une foule criminelle crie : Nous ne voulons pas que le Christ règne ;
c’est Vous que nous, avec transport, nous proclamons Roi suprême de tous.

3. O Christe, Princeps pacifer, Mentes rebelles subjice :
Tuoque amore devios, ovile in unum congrega ! [...]
O Christ, Roi pacificateur, soumettez les esprits rebelles :
Réunissez dans l’unique bercail ceux qui s’éloignent de Votre amour ! [...]

6. Te natiónum prǽsides honóre tollant público,
colant magístri, iúdices, leges et artes éxprimant.
A Vous, que les chefs des nations rendent les honneurs publics ;
que Vous confessent les maîtres et les juges, que les lois et les arts portent Votre empreinte.

7. Submíssa regum fúlgeant tibi dicáta insígnia :
mitíque sceptro pátriam domósque subde cívium.
Que, soumis, les insignes des rois brillent, à Vous consacrés;
à Votre doux sceptre soumettez la patrie et les demeures des citoyens !

Ainsi soit-il !

Mosaïque Christ Roi de France abside sud Donremy

Mosaïque du Christ, Roi de France, à la basilique de Domremy.

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