Archive pour la catégorie 'Commentaires d’actualité & humeurs'

2012-24. Etre et transmettre.

Nota praevia :
Le texte qui suit avait été originellement publié lors de la campagne électorale des présidentielles 2012. Il conserve son actualité… et la conservera tant qu’on ne reviendra pas aux fondations solides.

   Je viens de recevoir la « niouzelaiteur » de mise à jour du site du Cercle Légitimiste Robert de Baudricourt (cf. > ici), et je remercie notre ami F.R., président du Cercle et principal rédacteur de ce site, de m’avoir autorisé à reproduire ce texte dans les « pages » de ce blogue.
J’en profite aussi pour vous inviter à vous abonner aux mises à jour de cet excellent site ami > http://beaudricourt.hautefort.com/ qui figure d’ailleurs dans mes favoris.

2012-24. Etre et transmettre. dans Chronique de Lully fleurdelys2fleurdelys2 cercle Robert de Beaudricourt dans Commentaires d'actualité & humeursfleurdelys2 Légitimité dans Lectures & relectures

Etre et transmettre :

        [...] Jamais le niveau des héritiers spirituels de Robespierre [candidats] à la présidence de la « république » n’a été aussi bas : en témoignent les interminables bavardages démocratiques de comptoir des plus anciens électeurs moribonds, esclaves à jamais des isoloirs et des urnes électorales, puissantes machines de guerre à étouffer les racines de notre civilisation Chrétienne au profit des idéaux maçonniques.

   Devant ce fiasco programmé, devant ces discussions politiciennes théâtrales dépourvues d’intelligence, devant ces fausses oppositions entre néo-trotskistes socialistes communards et pseudo-conservateurs de « droite », il m’arrive souvent (en fait, chaque jour et à chaque écrit) de me poser une question : comment transmettre l’essentiel dans cette France à l’agonie qui pourrait tenir en une ou deux phrases et caresser l’espoir de redresser un jour l’Alliance salutaire du Trône et de l’Autel ? Le berceau de notre civilisation Catholique et Royale…
Je rumine cette éternelle question sans trouver la réponse qui me satisferait pleinement.

   Le Royaume de France ? Le trésor de la Tradition, les racines réelles de notre mère patrie. La solution Légitimiste…, qui s’en souvient et la connait encore ? Comment les choses qui devraient être les plus simples dans ce pays qui est pourtant le nôtre, sont souvent devenues les plus complexes ?

   « Être et transmettre ». C’est toujours avec cette disposition d’esprit, me semble-t-il qu’il faut chercher à savoir comment faire pour servir sa patrie, comment être utile à son Roy, comment donner le meilleur de nous même, comme on cherche à le faire très naturellement avec sa propre famille.

   Toutes les hérésies, les impiétés et les perfidies se sont infiltrées dans la brèche ouverte de 1789. La naissance, l’évolution de ce système politique impie a produit, puis alimenté de nombreux fléaux majeurs qui menacent toujours de mort notre civilisation. En toute logique ce n’est pas la matrice de la démocratie révolutionnaire qui sera en mesure de trouver une solution potentielle à toutes les difficultés actuelles, puisqu’elle en est elle même la source directe… Elle est la mère de toutes les erreurs. La république est malsaine, en raison des conditions violentes de sa naissance, malsaine dans son principe comme dans son application. Elle est nuisible dans le sens principalement où elle pousse les français inconsciemment à négocier dans le cadre politique leurs racines, leur identité et leur origine toujours au bénéfice de celles des autres. En vérité la république s’acharne sur la France ; elle déteste, divise, opprime et oppose les français à l’infini par le « jeu » électoral !

   La Monarchie légitime à l’inverse, seule, peut les réconcilier sans la moindre entrave possible, c’est la clef de l’énigme…, toute sa force réside dans la reconnaissance de son autorité familiale et paternelle, dans la puissance des conseils de sa noblesse Catholique et Royale.

   De toute évidence une France forte d’elle-même ne pourra jamais s’accommoder de principes politiques et de symboles qui lui sont intrinsèquement contraires et hostiles. Si on tourne le dos à la Tradition Royale de notre pays, aux fondements de notre civilisation millénaire, à ses principes irréductibles sous quelque prétexte que l’on puisse inventer, alors on tombe inévitablement dans les bras des nombreuses légions de la Révolution, pour les résultats que nous connaissons…

   Aujourd’hui plus que jamais, les Français doivent retrouver une posture et une attitude qui consiste à faire un travail sur eux mêmes pour tenter d’abandonner avec efficacité tout mauvais réflexe révolutionnaire, tout lavage de cerveau démocratique républicain, afin de renouer sûrement, solidement et durablement avec leur identité réelle et traditionnelle. Il est indispensable de nourrir cette réflexion qui incite à mieux se connaître pour s’accepter, puis ensuite s’oublier pour mieux se consacrer aux autres et servir d’exemple.

   Dans l’état lamentable de notre société décadente, ce message philosophique fort est des plus subversifs, des plus « contre-révolutionnaires ». Il s’évertue avec modestie à remonter aux causes premières pour éviter tous les mirages qui ne montrent que les mauvais effets. Cette démarche demande de ne pas nous obnubiler sur « le crime » qui trop souvent peut être nous fait oublier à « qui » il profite.

   Même si la Monarchie n’exerce plus de nos jours le pouvoir, qu’elle est privée injustement de ses droits les plus rudimentaires et légitimes, l’héritier de la couronne royale, les prêtres réfractaires et le cri du Chouan sont quant à eux toujours bien vivants !

F. Reny

grandesarmesdefrancecopie révolution dans Vexilla Regis

2012-23. Avant d’entrer dans le Triduum Sacré.

(chronique du mois de mars 2012 & réflexions sur l’actualité par le Maître-Chat Lully)

Mardi Saint 3 avril 2012

2012-23. Avant d'entrer dans le Triduum Sacré. dans Annonces & Nouvelles DSC09910-Copie-222x300

« La Croix se dresse tandis que le monde tourne »
(cliquer pour agrandir) 

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Le mois de mars s’est achevé alors que – par les premières vêpres du second dimanche de la Passion – nous venions d’entrer dans la Semaine Sainte.
Aussi l’un des premiers buts de ma petite chronique de ce jour est-il de vous souhaiter de vivre le Triduum Sacré - le moment le plus important de toute l’année chrétienne – dans une très grande ferveur de l’esprit et en vous unissant de tout votre coeur à Notre-Seigneur Jésus-Christ, unique Sauveur de l’humanité, dans la célébration des mystères de notre Rédemption.

coeurdejsuscopie chronique Lully dans Chronique de Lully

J’ai choisi à dessein de mettre en tête de ma publication de ce jour la devise de l’Ordre des Chartreux, sur fond de photo du petit campanile de notre Mesnil-Marie : « Stat Crux dum volvitur orbis – la Croix se dresse tandis que le monde tourne » (vous vous souvenez peut-être que je vous avais expliqué que nous sommes installés à l’intérieur du « désert » de l’antique Chartreuse de Bonnefoy, cf. > www).

Que voyons-nous autour de nous?
Des agitations de toutes sortes, des soubresauts et des secousses dans la société, des révolutions et des effondrements dans le domaine politique, des revirements constants qui prouvent l’inconstance – et souvent aussi l’inconsistance – de la plupart des affaires humaines!
Tout ce tourbillon du monde n’est qu’une spirale infernale (je choisis cet adjectif à dessein), n’est que la vertigineuse accélération de la décadence…

« Volvitur orbis : la terre tourne ».
Ce tourbillon, cette décadence sont manifestés par la montée en puissance de fausses doctrines religieuses, par le matraquage incessant de fausses doctrines politiques, par la surenchère des leurres électoraux, par l’inflation des mensonges médiatiques, par l’écroulement des constructions politico-économiques moribondes (comme le sont l’actuelle « Union Européenne » ou l’Euro…) que, au mépris de plus en plus manifeste du bien des peuples, l’on s’obstine à maintenir en vie au moyen de véritables dictatures masquées, alors qu’elles sont gangrenées par d’immondes cancers généralisés…
Me revient à la mémoire la sentence sans appel énoncée sous l’inspiration du Saint-Esprit par le prophète Jérémie : « Voici ce que déclare le Seigneur : Maudit soit l’homme qui met sa confiance en l’homme et qui s’appuie sur un être de chair, et dont le coeur se retire du Seigneur! » (Jér. XVII, 5).

« Stat Crux! La Croix se dresse, la Croix demeure, la Croix est stable… ».
Il ne peut pas y avoir de point d’ancrage solide hormis celui que Dieu Lui-même a établi au centre de l’histoire de l’humanité : la Croix de Son divin Fils, Notre-Seigneur Jésus-Christ.
Comme l’a magnifiquement exprimé Monsieur l’abbé Eric Iborra, vicaire à la paroisse Saint-Eugène et Sainte Cécile de Paris, dans sa prédication du premier dimanche de la Passion (il faut en lire le texte tout entier, ici > www) : « … de notre point de vue, qui est celui de la vérité révélée, toute doctrine, et en particulier toute doctrine religieuse, qui relativise la centralité du Christ dans l’histoire est fausse. La croix juge toute doctrine religieuse comme elle juge aussi tout comportement humain. (…) Depuis deux mille ans, et malgré leurs infidélités dans l’histoire, les chrétiens savent qu’on rend gloire à Dieu et qu’on travaille à l’extension de son règne non en usant des armes de ce monde, dont le prince est homicide et mensonger dès l’origine, mais en imitant celui qui n’a eu d’autres armes que la vérité et la charité. »

C’est pourquoi, en face de la Croix de Notre-Seigneur, en face des vérités éternelles du salut révélées par Dieu, en face de la plénitude personnelle de la Révélation : Jésus-Christ vrai Dieu et vrai homme, toutes les gesticulations de l’actualité (et particulièrement en notre France avec cette ridicule « campagne électorale »), ne nous apparaissent – vues d’ici – que comme une misérable, pitoyable et mensongère comédie à laquelle nous ne pouvons pas (non possumus!) et laquelle il ne convient pas (non expedit!) d’accorder un véritable intérêt (*).

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Mais il est bien temps que j’en vienne à ma partie « chronique »!

- Au début du mois de mars, notre petite paroisse traditionnelle a eu la tristesse de perdre l’un de ses membres les plus fidèles, Pierre, 72 ans, parti vers Dieu dans des dispositions véritablement admirables. Ses funérailles, qui ont eu lieu le premier samedi du mois 3 mars, ont bien évidemment été célébrées selon le rituel traditionnel : notre petite église était bien pleine pour cette cérémonie qui, contrairement aux commentaires idiots que l’on entend habituellement chaque fois qu’il y a des obsèques religieuses, n’est pas une « cérémonie d’hommage » mais une une cérémonie de suffrages (cf. > www).
Je signale la chose parce que, en dehors de notre modeste communauté paroissiale, il y avait de nombreuses personnes qui n’ont évidemment pas l’habitude de la liturgie grégorienne traditionnelle des funérailles : personnes d’un « certain âge » qui l’ont oubliée et personnes plus jeunes qui ne l’ont jamais connue, ce qui était en particulier le cas des employés des pompes funèbres… Hé bien, d’une manière générale et quasi unanime, les assistants à ces funérailles ont été impressionnés par la beauté de ce rite, par sa sobre gravité et par la consolation surnaturelle qu’il apporte aux âmes, au contraire de la plupart des célébrations de funérailles actuellement pratiquées dans les paroisses, où le rite – déjà fort édulcoré par la « réforme liturgique » – est encore dilué dans un fatras de paroles où dominent la mièvrerie et le sentimentalisme…

- Le mois de mars, avec ses exceptionnelles conditions météorologiques, a été essentiellement marqué, pour Frère Maximilien-Marie, par la reprise des travaux extérieurs : jardinage, arrachage de végétation sèche, taille, désherbage, reprises de petits travaux de terrassement… etc. Il a beaucoup apprécié qu’une connaissance de Paris (qu’elle soit vivement remerciée) vienne passer une semaine ici et se consacre à certains travaux – coupe d’arbustes, arrachage d’anciennes souches, transports divers – qui demandent des efforts que la colonne vertébrale de notre Frère ne peut habituellement pas supporter…

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Défrichage et débroussaillage…

- Nous avons aussi eu notre veillée mensuelle « Culture & Patrimoine », le soir du mardi 20 mars : elle a été brillamment animée par notre ami Frédéric, fils du célèbre vulcanologue Haroun Tazieff, qui nous a parlé de son père, de ses travaux, de l’apport prodigieux qu’il avait fait aux sciences de la terre, du volcanisme de notre contrée, et des projets importants qui peuvent se développer dans notre région en lien d’une part avec le monde de la recherche scientifique et d’autre part avec les autres lieux façonnés par les volcans, non seulement géologiquement et géographiquement parlant, mais aussi dans les constituants humains et patrimoniaux…
Notre seul regret est qu’il n’y ait eu que cinq personnes à participer à cette veillée qui fut tellement riche et intéressante que les discussions se sont prolongées fort avant dans la nuit!

- Un autre des évènements marquants du mois de mars qui vient de s’achever, a été un travail important de réaménagement de notre petite église de Ceyssac, point visible de ralliement de notre paroisse non territoriale traditionnelle (qui, rappelons-le, rassemble des fidèles de trois diocèses, puisque les diocèses de Mende et de Viviers n’appliquent pas le motu proprio Summorum Pontificum).
A l’approche des fêtes pascales, et profitant du grand ménage que l’on fait toujours à cette occasion, une vaillante et généreuse équipe de paroissiens a pu non seulement faire la chasse aux araignées jusqu’au sommet des voûtes et des vitraux, non seulement cirer et faire briller l’autel et les bancs, mais aussi arracher une infâme moquette grise qui avait été collée dans le sanctuaire au cours des redoutables années 70, procéder à un réaménagement de la disposition des statues (plus conforme à ce qui fut à l’origine) et à l’installation d’un « chemin » sur les marches de l’autel, mais également aussi récupérer et remettre en place les stations du Chemin de la Croix, qui avaient été « liquidées » au moment de l’après concile, mais récupérées par un particulier qui les avait entreposées depuis lors au fond de son garage…

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Notre petite église de Ceyssac, sous le double vocable de la Sainte Croix et du Sacré-Coeur

- Comme chaque année, la préparation des fêtes de Pâques demande à notre Frère beaucoup d’investissement (répétition des chants – même s’il n’est pas un grand expert du grégorien! -, préparation de matériel, décoration du cierge pascal…).

- Je dois aussi signaler la commémoraison de la Compassion de la Très Sainte Vierge Marie, le vendredi de la Passion 30 mars,  que nous avons célébrée ici-même du mieux que nous avons pu – bien que ce soit en tout petit comité – , et en priant spécialement lors de la Sainte Messe à l’intention de tous les amis et bienfaiteurs, vivants et défunts, du Refuge Notre-Dame de Compassion. Voici la photo de notre oratoire prise à cette occasion :

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Comme je vous l’écrivais au début de cette chronique, chers Amis, Frère Maximilien-Marie et moi-même vous souhaitons un très ferventes et très beau Triduum Pascal. Nous vous restons unis dans le Coeur de Jésus et Marie et nous recommandons nous-mêmes à vos bonnes prières tandis que, en guise d’au-revoir, je vous dédie ces quelques violettes du Mesnil-Marie

patteschats Mesnil-MarieLully.

(*) « Non possumus » et « non expedit » : comprenne qui pourra!

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Violettes du Mesnil-Marie (cliquer pour agrandir)

Vous pouvez nous aider à continuer les travaux d’aménagement du Refuge Notre-Dame de Compassion :
pour faire un don cliquer ci-dessous.

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2012-20. « Le spectacle du monde moderne, dont l’orgueil a repoussé Dieu… »

       Les quelques mots qui servent de titre à ma publication de ce jour, sont extraits d’un texte de Gustave Thibon, que l’un de nos amis a eu la bonne idée de nous faire parvenir ce matin (qu’il en soit chaleureusement remercié!).

   L’espèce de tourbillon infernal qui entraîne dans sa folie les familles et les sociétés, le spectacle plus qu’affligeant donné par les dirigeants des états (et par ceux qui, en ce moment, briguent à le devenir), le scandale permanent que représentent les systèmes politiques et économiques malheureusement régnant, les rouleaux compresseurs psychologiques et médiatiques qui broient les consciences et tendent à briser les dernières résistances des derniers esprits libres… etc., sont les signes évidents d’une faillite qui n’a peut-être pas de précédents dans l’histoire humaine.

   Ce texte de notre cher « paysan philosophe » date de 1946 : il appartient à un recueil publié à l’occasion du centenaire de l’apparition de Notre-Dame de La Salette.
Soixante-six ans plus tard, il reste d’une actualité prophétique, comme d’ailleurs nombre de textes de Thibon.
En nous rappelant que l’homme, tournant le dos à Dieu et refusant les sollicitudes de Sa grâce, se fait lui-même l’instrument de son malheur, la lucidité de Gustave Thibon, si étrangère aux sottises de l’optimisme humain, nous prémunit une fois de plus contre le désespoir, parce qu’elle relaie l’appel à la conversion, demandée par Notre-Dame de La Salette, et parce que cette conversion – toujours possible – est finalement le seul fondement de l’espérance.
Pour qui sait lire, ce que Thibon traduit ici dépasse largement les perspectives du monde paysan de 1946, et peut s’accorder à la spiritualité de ce temps du carême, mais aussi à la manière dont nous devons réagir devant les tristes pitreries de la campagne pour les élections pestilentielles…

Lully.

2012-20.

Le Message de Notre-Dame de La Salette

au monde paysan :

       « C’est à l’univers entier que la Vierge immaculée s’est adressée il y a cent ans par l’intermédiaire de Maximin et de Mélanie. Mais le fait qu’elle ait choisi, pour transmettre son message, deux pauvres enfants de la terre, témoigne assez haut de sa sollicitude pour le monde paysan.
Nous avons eu la primeur de ce message ; c’est donc à nous qu’il s’adresse en premier lieu.

   Certains esprits superficiels ont été choqués par les terribles menaces contenues dans le discours de Notre-Dame de la Salette. Nous ne pouvons pas croire à un Dieu si cruel, ai-je entendu dire. C’est oublier que les menaces divines ne sont que des promesses retournées. Dieu n’est cruel que dans la mesure où les hommes, en fermant leur cœur à sa grâce, l’empêchent d’être bon. « Je ne peux plus retenir le bras de mon Fils… » Le premier refus vient de nous. Cette main de Dieu qui nous frappe, c’est la main toute miséricordieuse, pleine de dons, préparés pour nous de toute éternité, et que nous contraignons, par notre indifférence, à se refermer sur ses présents. Dieu n’a pas même à nous punir positivement : il suffit qu’il se détourne de nous pour qu’abandonnés à la pesanteur du péché nous roulions fatalement au fond de l’abîme. Le spectacle du monde moderne, dont l’orgueil a repoussé Dieu, témoigne de cette vérité avec une féroce évidence.

   L’appel de Marie à la pénitence et à la prière, avec les menaces matérielles qui l’accompagnent, revêt, pour nous paysans, un sens particulièrement précis. Le message de la Vierge pourrait être résumé dans ces simples mots : si vous ne cherchez pas le ciel, vous perdrez la terre.
Et cet avertissement s’applique à nous mieux qu’à personne.
Courbé vers la terre par son travail, le paysan court toujours le risque de s’enliser dans la terre. Son réalisme et son sens de l’effort ont pour contrepartie le matérialisme et l’avarice. Ces fruits du sol, ces biens charnels obtenus au prix d’un si dur labeur, il est toujours tenté de s’en faire des idoles et d’oublier que Dieu, suivant le mot de Mistral « travaille de moitié avec lui ».
Marie est descendue du ciel pour lui rappeler, en parlant sa propre langue, en se servant des images les plus adaptées à son esprit, que le réalisme de la terre, s’il n’est pas prolongé et couronné par la prière, aboutit tôt ou tard à la ruine de l’homme. Ces « pommes de terre qui pourriront », ce sont aussi les âmes des paysans qui n’auront aimé que la terre. Et cette terre, ces biens d’ici-bas trop aimés, ils les perdront, car tout vient de Dieu et la matière, coupée de l’esprit, se flétrit dans nos mains, comme un rameau séparé de l’arbre.
A celui qui cherche Dieu, tout sera donné par surcroît, mais à celui qui n’a rien (c’est-à-dire qui n’a que la terre), on enlèvera ce qu’il a.
Marie est venue apprendre aux paysans que les racines ne restent vivantes que si leur adhérence à la terre s’unit à l’élan de la tige vers le ciel. »

Gustave Thibon,
in « La Salette, témoignages » (Bloud & Gay, 1946, p.160).

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On trouvera aussi dans ce blogue plusieurs publications consacrées à Notre-Dame de La Salette :
 voir > ici ;  le récit de l’apparition avec le texte des « secrets » > ici ; et la prière de Mélanie pour les temps de calamités > ici.

Nous renvoyons aussi aux publications que nous avons déjà consacrées à Gustave Thibon > ici ;  ou > ici ; et encore > ici.

2012-19. Le blogue de Lully : histoire et chiffres.

Jeudi 1er mars 2012.

       En complément de ma chronique d’hier (cf. > ici), je voudrais, chers Amis, vous faire part aujourd’hui de quelques chiffres concernant ce modeste blogue.

Lully au crayon

   Commencé le 10 septembre 2007, ce blogue est né lorsque quelques amis, au moment des débuts laborieux du Refuge Notre-Dame de Compassion et de sa première implantation dans le Vexin (cf. > ici ont demandé à Frère Maximilien-Marie de les tenir informés de l’aventure vécue en notre Mesnil-Marie : ils préconisèrent alors la rédaction d’une espèce de « niouzelaiteur » (j’ironise en écrivant ainsi : vous savez que je déteste les anglicismes et que je combats l’introduction des mots anglo-américains dans la langue française qui possède déjà tous les équivalents nécessaires pour les éviter!).
Frère Maximilien-Marie avait alors répondu en riant : « Eh bien, c’est d’accord! Mais je demanderai à Lully : j’espère qu’il voudra bien se charger de ce travail… »

   Lecteur mi-amusé mi-émerveillé de ce qui était arrivé à Johannes Kreisler, alias Ernst Hoffmann, avec son fameux Chat Murr (cf. > ici), Frère Maximilien-Marie commençait en effet à connaître – puisque je travaillais à le domestiquer et à l’éduquer depuis déjà plus d’une année (*) – ce dont les chats en général sont capables et, tout particulièrement, les dons qui m’ont été départis par le Créateur!
Il m’en parla donc.
J’acquiesçai à sa demande et je choisis la formule du blogue, plus souple qu’un site et facilitant un style d’écriture très vivant.
Le prologue que je rédigeai alors (cf. > ici) précisait : « Ainsi pourrez-vous, en suivant les péripéties de notre vie quotidienne, ou en vous associant aux évènements humains et surtout spirituels qui en jalonnent l’existence, garder un lien plus concret avec cette oeuvre que vous soutenez d’une fidèle et pieuse amitié. »

Cela est toujours vrai.
Mon blogue n’a pas d’autre prétention que de rester un lien avec nos amis et connaissances, et de partager avec vous les évènements qui jalonnent  la vie du Mesnil-Marie : je le fais par le moyen de mes petites chroniques relatant notre quotidien, mais aussi au moyen de commentaires et d’études en rapport avec la vie de l’Eglise ou du monde, liés à nos centres d’intérêt, connexes à nos combats et à nos espérances, véhicules de l’esprit qui nous anime…

2012-19. Le blogue de Lully : histoire et chiffres. dans Chronique de Lully 35

   Néanmoins, il n’y a pas que des personnes que nous connaissons ou avec lesquelles nous avons des liens d’amitié qui viennent sur mon blogue.
Cela est dû au fait que certains de nos amis tiennent eux aussi des blogues ou des sites, et qu’il leur arrive de citer certaines de mes publications ou d’y renvoyer ; certains ont même mis « le journal du Mesnil-Marie » dans leurs liens favoris.
Quelques uns de mes « coups de coeur » ou de mes « coups de griffes » se trouvent répercutés dans des forums de discussion ou sur des sites d’information religieuse.
Des études plus fouillées sont même mentionnées en référence dans des publications de type encyclopédique (c’est en particulier le cas de l’article « Sainte Ampoule » dans Wikipédia qui renvoie aux deux articles publiés > ici et > ici).
J’en profite donc pour remercier au passage tous les amis qui me font l’honneur de me citer dans leurs propres publications.

   Et puis il y a aussi le fait que, sans avoir jamais entrepris aucune démarche pour cela, les articles de ce blogue sont généralement assez bien – voire très bien – référencés par les moteurs de recherche, qu’il s’agisse de recettes, de prières, de contes ou d’études…
Ici, la palme d’or revient à la prière à Saint Antoine de Padoue composée par Frère Maximilien-Marie en juin 2008 (cf. > ici) : à ce jour elle a été lue plus de 66550 fois, et de nombreux témoignages de remerciements pour les grâces obtenues par la récitation de cette prière lui font suite dans les commentaires.

chat2432742b57 blogue dans Commentaires d'actualité & humeurs

   Concrètement, et pour vous donner quelques chiffres, nous avons actuellement une moyenne de 500 visiteurs par jour (un visiteur qui consulte plusieurs pages du blogue ou qui y vient à plusieurs reprises dans la journée n’est comptabilisé qu’une seule fois) : il n’est pas rare que nous approchions le nombre de 800 visiteurs.
C’est généralement le dimanche que les visites sont le moins nombreuses.
Nous avons atteint un record le 21 janvier dernier : en ce jour anniversaire du martyre de Louis XVI, mes publications à ce sujet (discours du Pape Pie VI > ici, texte du testament > ici, récit des dernières heures du Roi > ici, son vœu au Sacré-Cœur > ici) nous ont valu plus de 1200 visites!
Depuis le mois de novembre 2011, nous avons mensuellement plus de 15000 visiteurs avec une moyenne de 22500 pages consultées.
La progression numérique des visites et de consultation des pages est sensible de mois en mois.

   De manière anecdotique, il est arrivé que Frère Maximilien-Marie, alors qu’il était en déplacement à plusieurs centaines de kilomètres de notre Mesnil-Marie, fût abordé par des personnes qu’il n’avait jamais rencontrées auparavant mais qui se faisaient connaître en lui disant : « Nous sommes des lecteurs du blogue de Lully ! ».
Mon papa-moine me taquine donc parfois en me disant que je suis l’un des chats les plus célèbres de la blogosphère catholique (après ceux de notre Saint Père le Pape, qui n’écrivent pas, eux, mais qui inspirent sans nul doute le Souverain Pontife pour ses meilleures décisions)!

   Lorsque, en septembre 2007, j’ai répondu à la demande de nos amis transmise par Frère Maximilien-Marie, je ne m’attendais absolument pas à cela ; d’autant plus que le « blogue du Mesnil-Marie » demeure et restera toujours un modeste bulletin de liaison, profitant des possibilités offertes par la technologie moderne, au service d’un lien cordial et spirituel avec nos fidèles amis

patteschats Mesnil-MarieLully.

(*) Note : J’étais arrivé au Mesnil-Marie le 29 août 2006, cf. ici.

2012-17. De l’anniversaire de la Constitution Apostolique Veterum Sapientia sur l’enseignement de la langue latine et son maintien dans la liturgie et les études cléricales.

22 février,
Fête de la chaire de Saint Pierre à Antioche ;
Mémoire de Sainte Marguerite de Cortone.

       Le 22 février 1962, à l’occasion de la fête de la Chaire de Saint Pierre (en 1962, il n’y avait plus qu’une seule fête de la chaire de Saint Pierre), le Pape Jean XXIII signa et promulgua une Constitution Apostolique intitulée Veterum Sapientia (texte > ici), concernant l’enseignement du latin et son maintien ferme dans la liturgie et dans l’enseignement, tout spécialement dans les études cléricales.
Il est à noter que, à moins de huit mois de l’ouverture des travaux du second concile du Vatican, Jean XXIII voulut donner un éclat particulier à la signature de cette Constitution Apostolique, puisque elle n’eut pas lieu dans son bureau, ni même dans l’une des pièces les plus prestigieuses du Palais Apostolique, mais dans la Basilique Saint-Pierre elle-même, au cours d’une cérémonie qui revêtit une solennité inaccoutumée pour ce genre de signature.

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Basilique Vaticane : reliquaire de la Chaire de Saint Pierre (Le Bernin)

   Le cinquantième anniversaire de cette Constitution Apostolique n’a pas donné lieu, en France, à un foisonnement de publications, mis à part le rappel judicieux de cet anniversaire par Riposte Catholique (cf. > ici).

   La curieuse mémoire sélective des instances officielles de l’ « Eglise de France » a retenu de célébrer – jusqu’à plus soif – le cinquantième anniversaire de l’ouverture du second concile du Vatican, et nous vaut déjà d’abondants publications et commentaires, mais oublie de célébrer le cinquantième anniversaire de la promulgation d’un texte officiel, qui a toujours force de loi (puisque, à ma connaissance, il n’a jamais été abrogé) et qui, de toute évidence – par la volonté même du Pontife qui avait annoncé la convocation de ce concile et allait en présider la première session – , était une préparation importante à l’ouverture des travaux du dit concile.

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   Avec la souveraine liberté qui est le privilège donné par Dieu à tout chat (et aux chats des Souverains Pontifes eux-mêmes !), je me permets aujourd’hui quelques réflexions :

1) En premier lieu, vous avez peut-être remarqué que j’écris l’expression « Eglise de France » en italiques et entre guillemets.
En effet, cette expression me fait toujours un peu tiquer et, pour reprendre un verbe cher aux modernichons, elle « m’interpelle » : l’ « Eglise de France » est-elle donc une réalité différente et séparée de l’Eglise Catholique Romaine ?
Du point de vue de la constitution de l’Eglise, parler d’ « Eglise de France » a-t-il un sens ?
S’il y a bien des « évêques de l’Eglise Catholique en France », a-t-on le droit de dire qu’il y a une « Eglise de France » ?
Dans l’ordre normal des choses, dans l’ordre catholique des choses, il y a, sur le territoire d’une entité géo-politique précise – que nous appelons la France – , des évêques et des diocèses de l’Eglise Catholique Romaine. Ces évêques sont légitimement réunis dans ce que l’on appelle la « conférence épiscopale », mais ils ne peuvent en aucune manière constituer l’ « Eglise de France » ni même l’ « Eglise Catholique de France », comme s’il s’agissait d’une Eglise à part, Eglise plus ou moins indépendante, Eglise plus ou moins autocéphale… à moins qu’elle ne soit à proprement parler schismatique !

2) Ma deuxième remarque, porte sur la nature de ce texte : une Constitution Apostolique, ce n’est pas n’importe quoi !
Dans la hiérarchie des textes législatifs de l’Eglise Catholique Romaine, une Constitution Apostolique se situe pratiquement au sommet de la pyramide : ce n’est pas un « rescrit », ce n’est pas une « lettre apostolique », ce n’est pas une « encyclique », ce n’est pas un « motu proprio », c’est un texte qui a une autorité encore supérieure. Une Constitution Apostolique est une loi que le Pape promulgue pour toute l’Eglise en vertu de son autorité de pasteur universel.
Les constitutions apostoliques sont toujours rédigées en latin et sont habituellement revêtues du grand sceau pontifical. Elles commencent toutes par une formule caractéristique : vient d’abord le prénom du Pape, suivi de la mention « pape » (PP.) ou « évêque » (episcopus) – parfois avec son numéro d’ordre – , la deuxième ligne porte la mention « serviteur des serviteurs de Dieu » (servus servorum Dei), en usage depuis Saint Grégoire le Grand, et enfin vient une formule qui est le plus souvent « pour mémoire éternelle » (ad perpetuam rei memoriam).
Ainsi donc, à moins d’être explicitement rapportée ou modifiée postérieurement par une autre Constitution Apostolique, ce qui est promulgué par ce type de document oblige les pasteurs et les fidèles de l’Eglise Catholique.
La Constitution Apostolique Veterum Sapientia n’ayant pas été abrogée, elle a toujours force de loi dans l’Eglise Catholique.

60pxemblemofthepapacysesvg Constitution Apostolique dans De liturgia

3)  Ma troisième réflexion est en tous points conforme à ce que faisait remarquer le blogue « Summorum Pontificum »  (< cliquer sur ce lien) ce pourquoi je n’ai pas mieux à faire que le citer :

    »Comme beaucoup de textes conformes à la Tradition de l’Église, celui-ci devait être enterré très vite, l’autorité ne mettant rien en œuvre pour qu’il entre dans les faits et les épiscopats nationaux ne lui donnant aucun écho ou presque. La destinée de cette Constitution Apostolique montre, s’il en était besoin, que ce qui manque le plus, ce ne sont pas les textes, mais le courage et la volonté politique de les faire passer dans les faits. Et qu’il manque également un épiscopat prêt à appliquer les textes que l’on publie. On en est loin du compte, même aujourd’hui. À part les séminaires traditionnels, quels sont les séminaires français qui appliquent cette constitution apostolique d’un pape dont certains se réclament sans cesse au nom du Concile ? »

C’est moi qui ait mis en gras les passages qui me paraissent les plus importants dans cette citation.

   J’ajoute ici qu’il est pour le moins curieux, que tout comme pour un certain nombre d’autres textes officiels dont la portée juridique est universelle (c’est en particulier le cas du motu proprio Summorum Pontificum!), sur le site du Saint-Siège, le texte de la Constitution Apostolique Veterum Sapientia n’est mis en ligne que dans sa version officielle, le texte latin, accompagné de sa traduction dans une seule langue vernaculaire, l’espagnol ! (> ici).
J’en connais évidemment qui vont ironiser en me disant : « Puisque vous tenez tant à la langue latine, ça ne doit donc pas poser un problème pour vous ! » Néanmoins, pour des raisons évidentes, il semblerait pour le moins normal que le Saint-Siège présente aussi au minimum les versions italienne, portugaise, allemande, anglaise et française de ce grand texte !!!

60pxemblemofthepapacysesvg crise de l'Eglise dans Lectures & relectures

4) Mon quatrième et dernier point (pour aujourd’hui du moins) est une autre citation.
Dans l’Osservatore Romano en langue française et disponible sur Internet, sont en ce jour publiés des extraits de l’une des interventions prononcées au cours du congrès du 23 février 2012 organisé par le Pontificium Istitutum Altioris Latinitatis, à l’Université Pontificale Salésienne (Rome), congrès qui était justement consacré au cinquantième anniversaire de la Constitution Apostolique Veterum sapientia.
Cet article est intitulé en gros caractères : « Pourquoi les prêtres doivent étudier le latin », et il est précédé de cet exergue, extrait de l’article : « L’importance de retrouver sans intermédiaire un héritage culturel extraordinairement riche ».
Voici donc la reproduction de cet article :

    »La deuxième moitié du XXe siècle a marqué — et pas seulement au niveau ecclésial — une ligne de division dans l’histoire de l’usage de la langue latine. Disparue depuis déjà des siècles comme instrument de la communication érudite, elle a résisté à l’école, comme matière d’étude dans les programmes éducatifs de niveau secondaire supérieur, et, dans l’Eglise catholique, en général, comme moyen d’expression de la liturgie et véhicule de transmission des contenus de la foi et d’un vaste patrimoine littéraire, qui va de la spéculation théo-philosophique au droit, de la mystique et de l’hagiographie aux traités sur les arts, à la musique et même au sciences exactes et aux sciences naturelles.
Mais avec le temps, tout au moins sous le profil de sa diffusion, la langue latine a fini par devenir, en majeure partie, l’apanage toujours plus caractéristique de la formation cléricale dans l’Eglise catholique, au point de donner naissance à une identification spontanée, peut-être tout autant qu’inappropriée, entre l’Eglise Romaine et l’entité linguistique latine, qui dans celle-ci a trouvé, en cette phase critique, une vigueur tout au moins apparente.
«Apparente» car, si l’on considère a posteriori les circonstances actuelles, tout laisserait penser que la voix du bienheureux Jean XXIII, qui s’adressait le 7 septembre 1959 à un congrès d’amateurs de langue latine, non seulement n’a pas été écoutée, mais que la question de l’usage et de l’enseignement même de la langue latine, également dans le contexte ecclésial, se trouvait déjà probablement sur la voie d’une diminution radicale. «Malheureusement de nombreuses personnes, exagérément séduites par le progrès extraordinaire des sciences, ont la présomption de rejeter ou de limiter l’étude du latin et d’autres disciplines de ce genre».
Toutefois, malgré les difficultés, on rencontre aujourd’hui chez les prêtres la conviction que le but de l’initiation au latin est celui d’approcher une civilisation et d’en mesurer les valeurs, les intérêts et les significations, en évaluant ses enseignements et ses fondements théorétiques dans la perspective d’une compréhension critique du présent. Il s’agit d’un signal décidément encourageant du monde et de l’Eglise contemporaine, décidée à ne pas observer la leçon et l’étude du passé comme un regard superflu ou rétrograde visant inutilement à récupérer quelque chose de disparu, mais comme une réappropriation, directe et sans intermédiation, d’un message d’une extraordinaire richesse culturelle et pédagogique, d’un héritage intellectuel trop vaste, fécond et enraciné pour qu’on puisse imaginer une coupure quelconque de ses racines.
A l’état actuel, il apparaît improbable que l’on réussisse à faire apprécier au prêtre, encore moins dans la phase intiale de son parcours de formation, la valeur du latin comme une langue dotée d’une noblesse de structure et de lexique, capable de promouvoir un style concis, riche, harmonieux, plein de majesté et de dignité, qui soit bénéfique à la clarté et à la gravité, apte à promouvoir toute forme de culture, l’humanitas cultus, entre les peuples.
C’est dans ce recouvrement d’une identité culturelle propre, dans cette reprise à partir de la base des motivations de la présence même de l’Eglise dans la société que se configure l’importance du latin dans le curriculum scolaire des aspirants à la prêtrise, en la libérant de toute remise en cause simpliste — ainsi qu’incorrecte et réductrice — sur sa fonctionnalité pratique et en réhabilitant son rôle de matière largement formatrice.
C’est dans cette perspective que Paul VI, dans le Motu Proprio Studia latinitatis — avec lequel il instituait l’Institut Pontifical Supérieur de Latinité au sein de l’Université Pontificale Salésienne — réaffirmait avec décision, au début même du texte, le lien étroit entre l’étude de la langue latine et la formation au sacerdoce, réaffirmant le caractère inéluctable d’une non exigua scientia du latin. »

  Celso Morga Iruzubieta

60pxemblemofthepapacysesvg latin dans Memento

   Pour terminer mes réflexions de ce jour, je ne puis donc que vous encourager tous, clercs et laïcs, à porter une amoureuse attention au latin, qui est véritablement la langue maternelle de tous ceux qui reconnaissent pour Mère, dans l’ordre de la grâce et de la vie spirituelle, la Sainte Eglise Catholique Romaine.

patteschats Veterum SapientiaLully.

2012-13. Vous avez dit bissextile ?

24 février,
sixième jour avant les calendes de mars.

       Vous le savez, certaines années (habituellement tous les quatre ans… mais pas toujours : nous l’expliquerons ci-dessous) sont dites bissextiles : ce sont des années qui comptent 366 jours au lieu de 365, et c’est ce mois de février qui compte un jour de plus qu’à l’accoutumée.

A – Pourquoi une année bissextile ?

   La Terre tourne autour du Soleil en 365 jours, 5 heures, 48 minutes et 45 secondes, c’est ce que l’on appelle l’année tropique.
C’est bien justement de là que vient « le » problème : La durée de l’année tropique ne constitue pas un nombre entier alors que l’année civile, elle, a un compte rond : 365 jours.
Ainsi une année de 365 jours est trop courte alors qu’une année de 366 jours est trop longue. L’année de 365 jours décale le début des saisons d’un jour tous les quatre ans et, au bout du compte, d’une année entière tous les 1500 ans !
L’institution des années bissextiles a donc été motivée par la volonté de ramener le début des saisons aux mêmes dates que celles du calendrier.
Pour cela, il faut que la moyenne des années du calendrier soit la plus proche possible de l’année tropique (l’année tropique = 365,2422 jours). La journée supplémentaire ajoutée au calendrier permet donc de combler le retard de presque un quart de jour pris chaque année.
Comme nous allons le voir ci-dessous, c’est Jules César qui institua les années bissextiles.

2012-13. Vous avez dit bissextile ? dans Chronique de Lully horloge_astronomique-abbatiale-saint-jean-lyon-300x205

Lyon, Primatiale Saint-Jean : cadran de l’horloge astronomique.

B – Le calendrier julien.

   Notre calendrier nous vient de l’ancienne Rome.
Au départ, les anciens Romains, comme beaucoup de civilisations anciennes, avaient un calendrier lunaire, dit calendrier de Numa Pompilius (du nom du deuxième roi de Rome). Les années lunaires y comptent 355 jours : douze mois de 29 jours.

   Mais cette manière de compter le temps présente un désavantage évident : chaque année il y a un décalage d’un peu plus de dix jours avec le cycle solaire et progressivement les mois sont décalés par rapport aux saisons.
Pour combler le décalage, les anciens Romains avaient donc un système de « mois supplémentaire », dont la durée était variable. Ce mois supplémentaire permettait de recaler les mois lunaires sur le cycle des saisons.

   En 46-45 avant Jésus-Christ, Jules César, qui n’était pas seulement dictateur (au sens latin du terme) mais aussi grand pontife de la République Romaine fit appel à l’astronome grec Sosigène d’Alexandrie afin de remédier au décalage trop important que l’on constatait entre les années solaire et civile.
Ainsi fut créée l’année de 365 jours avec, tous les quatre ans, l’ajout d’une journée supplémentaire. De là le nom de calendrier julien (= de Jules).

   L’année julienne commençait le 1er mars (mois de la première saison : le printemps). C’est la raison pour laquelle les noms actuels de nos mois ne correspondent plus à leur numérotation selon leur place dans une année civile qui commence désormais au 1er janvier : septembre était le septième mois, octobre le huitième, novembre le neuvième et décembre le dixième…

C – Le jour intercalaire de Jules.

   L’année julienne est donc divisée en douze mois de 30 ou 31 jours, sauf pour le dernier mois de l’année – février – qui en contient 28 ou 29 : trois années communes de 365 jours sont suivies d’une année bissextile de 366 jours. C’était donc à la fin de l’année civile que se plaçait le réajustement sur le cycle solaire.

   Or, pour ne pas heurter certaines traditions populaires tenaces, Jules César ne voulut pas que ce soit après le dernier jour de l’année « ordinaire » que fût ajouté ce jour supplémentaire.
Si l’on transpose dans notre manière actuelle de compter, il n’a pas ajouté un « 29 février » : les années bissextiles romaines se terminaient toujours par le « 28 février » !
En effet il lui apparut préférable de « doubler » le vingt-quatrième jour de février. Les années bissextiles, originellement (et selon notre manière actuelle courante de compter) ne sont pas des années où il y a un 29 février mais des années où un jour intercalaire est ajouté entre le 24 et le 25 février : il y a donc deux 24 février, ou plus exactement il y a un 24 février bis !

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Nicolas Coustou : Jules César (musée du Louvre)

D – D’où vient le mot « bissextile »?

    Pourquoi donc ce nom curieux – « bissextile » – donné à ces années de 366 jours ?

   Les Romains, encore eux, ne désignaient pas les dates de la même façon que nous. A l’intérieur du mois, les jours étaient numérotés en fonction de trois dates repères : les calendes, les nones et les ides (les calendes c’est le nom du premier jour du mois (*), les nones sont le 5 ou le 7 selon les mois, et les ides le 13 ou le 15 selon les mois).
A partir de ces jours repères, il faut alors procéder à un compte à rebours, mais – contrairement à notre logique moderne – on comptabilise le jour repère comme le premier avant lui-même !

   Ainsi, le 1er mars, est le jour des calendes de mars… et les derniers jours de février sont : le 28 février = la veille des calendes de mars (en latin : « pridie ») ; le 27 février = le troisième jour avant les calendes de mars ; le 26 février = le quatrième jour avant les calendes de mars ; le 25 février = le cinquième jour avant les calendes de mars, et le 24 février = le sixième jour avant les calendes de mars.
En latin, le 24 février s’écrit : «  a. d. VI Kal. Mart. »,  et se dit « ante diem sextum Kalendas Martii ».
Or quand il s’agit d’une année de 366 jours où, avons-nous dit, le jour supplémentaire est intercalé entre le 24 et le 25 février, le « 24 février bis » s’écrit donc tout naturellement : « a. d. bis VI Kal. Mart. », et se dit : « ante diem bis sextum Kalendas Martii » = « le sixième jour bis avant les calendes de mars ».
M’avez-vous bien suivi ?
Hé bien, c’est ce « bis sextum », auquel fut ajouté le suffixe « -ilis » qui a formé l’adjectif latin « bissextilis » = qui a deux fois un sixième jour (sous entendu : « avant les calendes de mars »), d’où vient directement notre mot « bissextile ».

   Ce n’est que bien plus tard que le jour supplémentaire fut compté comme étant le 29 du mois de février, lorsque la méthode de décompte des jours latine fut remplacée par celle actuellement en vigueur.
Mais il faut noter que, selon le martyrologe romain traditionnel, la liturgie conserve cette manière antique de calculer les fêtes et donc, quand il y a une année bissextile, les fêtes qui tombent habituellement les 24, 25, 26, 27 et 28 février se trouvent décalées au jour suivant : ainsi, lors des années bissextiles, la fête de l’apôtre Saint Mathias par exemple n’est pas le 24 février mais le 25, et, autre exemple, dans notre diocèse de Viviers, la fête de la dédicace de la cathédrale Saint-Vincent n’est pas célébrée le 27 mais le 28 février.

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Monument de Grégoire XIII dans la basilique Vaticane.

E – Le calendrier grégorien.

   Je l’ai déjà dit mais je le répète, la longueur précise de l’année terrestre est de 365,2422 jours.
Le calendrier julien, lui, a en réalité une année moyenne de 365,25 jours.
Au bout d’un certain temps, cela finit tout de même par produire un décalage : une dizaine de jours de retard en quinze siècles !

   Ce retard fut corrigé par l’instauration du calendrier grégorien : en 1582, le Pape Grégoire XIII (c’est à son nom que se réfère ici l’adjectif grégorien) décida de réformer le calendrier parce que l’équinoxe de printemps en était arrivé à se trouver à la date du 11 mars !

   Cela posait en particulier un problème pour le calcul de la date de Pâques (dans l’Eglise latine, la date de la fête de Pâques est calculée par rapport à un équinoxe de printemps fixé au 21 mars). Il y avait donc un décalage de 10 jours entre le calendrier julien et le début du printemps.
La réforme grégorienne du calendrier fut promulguée pour combler cet écart et l’éviter à l’avenir.
L’année 1582 fut diminuée de 10 jours : cette année-là, par décret du Souverain Pontife, on passa directement du jeudi 4 octobre au vendredi 15 octobre (c’est ainsi que Sainte Thérèse d’Avila mourut dans la nuit du 4 au 15 octobre 1582) !
Les royaumes catholiques en Italie et dans la péninsule ibérique adoptèrent cette réforme tout de suite. En France, le changement de calendrier ne se fit qu’au mois de décembre 1582 (on est passé du 9 au 20 décembre 1582) ; les pays de confession protestante tarderont à l’adopter (en Angleterre ce ne fut qu’en 1752 et l’on passa donc du 2 au 14 septembre 1752, car l’écart entre les calendriers avait atteint 11 jours), le baptisant « calendrier julien réformé ».
Le calendrier julien, quant à lui, est toujours utilisé par une partie des Eglises d’Orient dans le calcul des fêtes religieuses. 

   La règle d’intercalation des années bissextiles fut modifiée pour supprimer trois années bissextiles tous les quatre siècles. Ainsi, les années bissextiles restent les mêmes que celles du calendrier julien, sauf trois années séculaires sur quatre, celles dont le millésime est multiple de 100 sans l’être de 400 : les années 1700, 1800, 1900 furent des années communes alors que l’an 2000 a été bissextile.
Par la réforme grégorienne, le décalage entre l’année civile et l’année tropique n’est plus que de 3 jours en 10 000 ans !

En résumé : depuis l’instauration du calendrier grégorien >

1. Régle générale : les années divisibles par 4 sont bissextiles, pas les autres.
2. Exception : les années divisibles par 100 ne sont pas bissextiles.
3. Exception à l’exception : les années divisibles par 400 sont bissextiles.  

   Ainsi, l’an 2000 fut bissextile grâce à la règle 3, alors que l’année 1900 n’était pas bissextile à cause de la règle 2.
Le calendrier julien qui était en cours avant le calendrier grégorien ne connaissait que la première règle.

Lully.

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La « constellation » du chat.

(*) Nota : Comme les grecs n’utilisaient pas le même système que les Romains pour désigner les jours, ils ne parlaient pas des calendes. De là vient l’expression « remettre (quelque chose) aux calendes grecques » : les calendes grecques n’existant pas, l’expression signifie repousser une chose à une date indéterminée.

2012-9. 15 février 1982 : un certain cardinal Ratzinger était appelé à demeurer à Rome pour y servir l’Eglise.

Mercredi 15 février 2012,
fête de Saint Claude de La Colombière.

Notre amie Béatrice, dans son excellent site « Benoît et moi », met en ligne aujourd’hui la traduction qu’elle a faite d’un article paru en italien dans l’Osservatore Romano de ce jour.
Cet article s’intitule « Trente ans après » parce qu’il rappelle que, jour pour jour, « il y a trente ans, le 15 Février 1982, était rendue publique la nouvelle que Jean-Paul II, allant à l’encontre du désir du cardinal Joseph Ratzinger, le déchargeait de la gouvernance pastorale du diocèse de Freising et Munich.
Le 25 novembre précédent, en effet, le cardinal allemand de 54 ans avait été nommé par le Pape comme préfet du premier dicastère de la Curie romaine, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Ainsi, après avoir conservé près de trois mois encore la direction de ce grand diocèse bavarois, en ces jours de février, Ratzinger s’installe à Rome. (…) Depuis février 1982, le cardinal allemand n’a plus jamais quitté Rome ».

2012-9. 15 février 1982 : un certain cardinal Ratzinger était appelé à demeurer à Rome pour y servir l'Eglise. dans Commentaires d'actualité & humeurs montaneros

1982 : le Cardinal Joseph Ratzinger fait ses adieux au diocèse de Munich pour s’installer à Rome
(ici avec les montagnards bavarois en costume traditionnel) 

Trente ans donc de présence à Rome pour celui qui est devenu, le 19 avril 2005, notre Saint-Père le Pape Benoît XVI.
Trente ans de présence continue et laborieuse…
Hormis toutefois pendant les courtes périodes de vacances de la Curie, qui permettaient au Cardinal Ratzinger de retourner dans sa petite maison, voisine de la ferme de Pentling : il l’avait achetée en vue de sa retraite, qu’il eût souhaitée discrète, modeste, paisible, studieuse… et accompagnée de chats!
Je vous avais parlé, in illo tempore, de la publication de cette biographie du Cardinal Ratzinger – depuis sa naissance jusqu’à son élévation au Souverain Pontificat – rédigée par Chico, le chat roux de la ferme de Pentling qui, lorsque le bon prélat revenait dans sa Bavière natale, désertait la maison de ses maîtres pour s’installer chez son grand ami Joseph (cf. > www) [1].
Moi, je l’ai toujours pensé : un prélat qui aime les chats et qui – en plus – est aimé d’eux, ne peut que faire un bon Pape! (voir aussi > www).

« Je ne le connais pas, mais ses yeux sont bons », ces paroles d’une romaine quelque jours après l’élection de Benoît XVI, citées par l’article qu’a traduit notre amie Béatrice, rejoint l’expérience de l’épouse de l’un des officiers de l’Ecole de Cavalerie de Saumur lors de la béatification du Père Charles de Foucauld (nota : en effet Frère Maximilien-Marie accompagnait la délégation de l’Ecole de Cavalerie et lui servait de guide pour les visites de Rome ;  il était aussi placé avec ces militaires – au premier rang, avec de beaux prie-dieu de velours rouge – à la cérémonie de béatification le dimanche 13 novembre 2005).
Cette jeune femme donc s’est trouvée en première ligne, sur le passage du Souverain Pontife, lorsqu’il a regagné la sacristie après la vénération des reliques du nouveau bienheureux ; le Pape lui a tendu la main, qu’elle a baisée avec ferveur en mettant genou en terre, puis elle a pu lui parler quelques instants pour recommander à sa prière un tout petit enfant malade. Elle fut bouleversée par la manière dont le Saint Père a plongé son regard dans le sien, avec une indicible expression d’attention, de bonté, de profonde compassion… « A ce moment-là, a-t-elle ensuite confié en substance à Frère Maximilien-Marie, j’ai eu l’impression certaine qu’il n’y avait en quelque sorte plus que lui et moi, qu’il prenait véritablement – au sens le plus fort que peut revêtir ce verbe prendre – cette intention douloureuse que je lui confiais, et j’ai compris à quel point c’est un père que nous avons à la tête de  notre Eglise… »

BenoîtXVI-soleil Benoît XVI dans Intentions de priere

Mais je continue ma lecture de l’article :
« Aujourd’hui, à trente ans du début de la période romaine de Joseph Ratzinger, ce doux berger qui ne recule pas devant les loups, le profil de la maturité d’un pontificat qui restera dans l’histoire se fait clair, dissolvant comme de la fumée les stéréotypes durs à mourir et contrastant avec des comportements irresponsables et indignes. Ces derniers finissent par s’imbriquer dans les clameurs des médias, inévitables et certainement pas désintéressées, mais qui doivent être utilisées comme une opportunité pour la purification de l’Eglise. 
Pape de la paix qui veut raviver la flamme de la primauté de Dieu, Benoît XVI est parfaitement cohérent avec son histoire. Une histoire marquée par une vision ample qui, pendant ces trente (années) romaines, a toujours cherché un souffle mondial et a été caractérisé par une oeuvre d’innovation et de purification poursuivie avec courage, ténacité et patience, conscient que depuis la nuit des temps, l’ennemi sème la zizanie (l’ivraie) dans le champ. 
C’est pourquoi le Pape indique sans relâche la nécessité d’un renouveau continu (Ecclesia semper reformanda [2]), rappelant que la sainteté de l’Église ne sera pas obscurcie si, à l’écoute de la vérité, elle reste proche de l’unique Seigneur ».

Oh, combien nous souscrivons à ces paroles! Et plus que jamais, rendant grâces à Dieu pour les trente années romaines de celui qui s’est soumis avec humilité et obéissance aux dispositions de la divine Providence qui contrecarrait ses projets personnels, nous redisons avec ferveur les paroles de l’ « Oremus pro Pontifice nostro » : « Que le Seigneur le garde, qu’Il le conserve en vie, qu’Il le fasse heureux sur la terre et qu’Il ne le livre pas à la merci de ses ennemis »!

Lully.

Pour lire la totalité de l’article de l’Osservatore Romano sur le site « Benoît et moi », cliquer ici > www, et si vous voulez le lire en italien, ici > www.

armes-benoit-XVI-2-93x150 cardinal Ratzinger dans Lectures & relectures

[1] A ma connaissance, le très bel album « Joseph et Chico » dont j’avais relaté la parution en octobre 2007 n’a toujours pas été traduit en français, et c’est vraiment très dommage!

[2] « Ecclesia semper reformanda » : c’est un adage qui remonte au Moyen-Age et qui signifie que l’Eglise doit toujours travailler à sa propre réforme.

2012-3. Du 6 janvier de l’an de grâce 2012 : Epiphanie, anniversaires et réflexions d’actualité.

2012-3. Du 6 janvier de l'an de grâce 2012 : Epiphanie, anniversaires et réflexions d'actualité. dans Chronique de Lully 12-bas-adoration-des-mages-tableau-14--200x300

Vitrail de l’adoration des Mages
(cliquer sur l’image pour la voir en plus grand format)

Vendredi soir 6 janvier 2012,
fête de l’Epiphanie de Notre-Seigneur.

I. Comment nous avons célébré l’Epiphanie :

Au Mesnil-Marie, nous aimons très spécialement la fête de l’Epiphanie : les textes liturgiques sont d’une extraordinaire richesse et les traditions populaires, nombreuses, lui apportent en outre un écrin de véritable magnificence et de joie (rappel : j’avais publié l’an dernier la recette pour confectionner un gâteau des rois selon la tradition du sud de la France, ici > www).

Notre Frère Maximilien-Marie avait, bien évidemment, prévu de se rendre à la Sainte Messe dans sa paroisse de rite latin traditionnel, mais après avoir mis plus de vingt minutes pour atteindre le village de Borée, à quelque huit kilomètres de notre Mesnil-Marie, il a dû rebrousser chemin…
En effet, il est tombé un peu de neige ce matin : après la pluie de la nuit et le gel du petit matin, la route était une véritable patinoire. Les services de l’équipement étaient bien passés sur la route qui relie notre hameau au village de Borée – on pouvait donc y circuler à condition d’être très prudent – , mais ils n’avaient pas continué au-delà de ce village pour ouvrir la voie qui traverse le Mézenc.
Très contrarié, notre Frère a donc fait demi-tour mais avant de reprendre la descente en lacets il s’est arrêté pour prendre une photo :

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Le Mont Gerbier de Joncs et le Suc de Sara vus de Borée ce 6 janvier 2012
(cliquer sur la photo pour la voir en plus grand format)

Bien sûr, il assistera à la Messe de l’Epiphanie dimanche prochain, puisque c’en sera la solennité reportée, mais il eût bien aimé le faire en ce jour qui est le vrai jour de la fête pour l’Eglise universelle.
A défaut de pouvoir assister réellement à la Sainte Messe, nous avons suivi (j’écris « nous » car je me suis mis sur les genoux de Frère Maximilien-Marie) la chapelle papale de l’Epiphanie, grâce à la TV Vaticane qui diffuse sur Internet.

C’était la Messe selon la « forme ordinaire du rite romain », mais nous avons pu apprécier la manière dont elle était célébrée, véritablement somptueuse : la richesse des chasubles romaines classiques et des dalmatiques, brodées d’or ; la mitre précieuse du Souverain Pontife ; les parements et l’agencement de l’autel (puisque les antependia sont à nouveau utilisés, que la Croix est revenue au centre de l’autel et que le septième chandelier a repris du service) ; la proclamation de la date de Pâques et des fêtes mobiles qui en dépendent par le diacre après le chant de l’Evangile (Noveritis, fratres cf. > www) ; la splendeur d’un calice ancien constellé de pierreries ; l’emploi du canon romain ; la manière de distribuer la Sainte Communion ; le retour des trompettes d’argent et du chant romain traditionnel ; le notable relèvement du chant polyphonique du choeur de la Sixtine (qui était tombé si bas sous les précédents pontificats)… etc.
En pensant à l’indigence et au misérabilisme de la plupart des cérémonies célébrées en France par les évêques, on comprend tout de suite ce que demande le Souverain Pontife lorsqu’il a écrit aux évêques du monde entier – en accompagnement du motu proprio Summorum Pontificum – que les deux formes du rite romain « peuvent s’enrichir réciproquement » : si pour l’ancien missel il évoque seulement la possibilité d’ajouter quelques préfaces et de nouveaux saints au calendrier, il insiste pour que dans la célébration selon le nouveau missel la sacralité soit « manifestée de façon plus forte que cela ne l’a été souvent fait jusqu’à présent »

1288327_3_9a98_celebration-de-l-epiphanie-au-vatican-300x202 Benoît XVI dans De liturgia

Pendant que nous étions à prier en union avec la cérémonie célébrée par le Saint-Père, à l’extérieur du Mesnil-Marie la neige tombait… à certains moments avec force.
Après la récitation de l’Angélus et l’annonce du consistoire du 18 février prochain au cours duquel seront créés vingt-deux nouveaux cardinaux (il n’y en aura pas de français), alors que Frère Maximilien-Marie préparait le déjeuner, le soleil a soudain brillé un moment et fait fondre la neige : au moment où je vous écris on ne l’aperçoit plus que sur les sommets qui nous entourent.

II. Les anniversaires de ce jour glorieux.

Outre la fête de l’Epiphanie, la date du 6 janvier est riche de plusieurs anniversaires que nous ne voulons jamais oublier : ainsi, nous nous souvenons de l’apparition miraculeuse de la Sainte Face de Notre-Seigneur sur le voile de Sainte Véronique, dans la basilique de Saint-Pierre au Vatican, le 6 janvier 1849 (j’en avais parlé en détail ici > www), nous faisons aussi mémoire de l’exécution de Maurice d’Elbée, le 6 janvier 1794, à Noirmoutiers (voir ici > www), et de la mort du général Hermann Kanzler (le 6 janvier 1888), qui exerça le commandement suprême sur l’armée pontificale et dont nous avons évoqué la figure en parlant de l’épopée des Zouaves Pontificaux (ici > www).
Mais cette année – bien entendu – nous célébrons aussi avec une profonde action de grâces le sixième centenaire de la naissance de Sainte Jeanne d’Arc (6 janvier 1412).

J’ai déjà consacré plusieurs publications à Sainte Jeanne d’Arc dans les pages de ce blogue (un extrait du panégyrique prononcé par le futur cardinal Pie, ici > www ; une prière pour la France et le cantique composé par le Père Doncoeur, ici > www ; des réflexions sur le fait qu’elle est la sainte de la légitimité dynastique, ici > www).
A l’occasion de ce sixième centenaire, il y a déjà eu quelques parutions intéressantes sur lesquelles je ne veux pas surenchérir – du moins aujourd’hui – , et je me contenterai de faire ici quelques réflexions périphériques…

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III. « Puisque les évêques ont des courages de filles, les filles doivent avoir des courages d’évêques ».

Cette phrase n’est pas de moi, elle fut écrite par Soeur Jacqueline de Sainte-Euphémie, qui était née Jacqueline Pascal, soeur du célèbre Blaise (duquel nous commémorerons le trois-cent-cinquantième anniversaire de la mort le 19 août prochain).

J’ai pris connaissance de cette citation grâce à une allusion dans l’une des publications faites par nos amis de Riposte Catholique. J’y ai beaucoup repensé depuis.
J’y pensais en méditant sur le témoignage si fort de Jeanne d’Arc, suscitée par Dieu pour défendre la foi en même temps que la patrie (cf. oraison de la sainte), quand des évêques se faisaient les serviteurs complaisants de l’occupant.
J’y pensais en réfléchissant à toutes les récentes et nombreuses occasions que nos évêques ont manquées d’être les énergiques défenseurs de la foi quand l’honneur du divin Sauveur a été bafoué.
J’y pensais particulièrement en parcourant un florilège de messages de voeux rédigés par les évêques de France à l’occasion de la nouvelle année : la plupart sont d’une insipidité sans nom, la langue de buis s’y étale dans toute sa consensuelle médiocrité ; un grand nombre sont rédigés dans ce lourd jargon du modernisme ecclésiastique qui n’a pas grand chose de commun avec la fluide beauté de notre langue française ; beaucoup donnent l’impression de ne pas croire au surnaturel tant ils semblent bornés à des vues terrestres ; le salut et la sanctification des âmes n’y sont quasi jamais évoqués…

La palme d’or du surréalisme épiscopal pourrait sans conteste revenir à celui qui a adressé à ses diocésains un message dans lequel le mot « Dieu » n’apparaît jamais et où le très saint Nom de Jésus – et a fortiori celui de Marie non plus – n’est pas cité (cf. Riposte Catholique, ici > www)… Ce qui fait écrire avec raison à Maximilien Bernard : « Pas une touche de catholicité, aucun terme spirituel, aucune mention de Notre-Seigneur ni de sa Sainte Mère. Est-ce là le propos d’un évêque catholique ou celui d’un païen ? »
Moi, j’ai envie d’ajouter que, de nos jours, lorsque certains évêques en France parlent de Dieu, on n’a plus la certitude qu’ils parlent du vrai Dieu, Dieu de la Révélation chrétienne, Dieu Trinité – selon la foi divine précisée par les conciles de Nicée, Constantinople, Ephèse et Chalcédoine – tant ils semblent plutôt prêcher le « dieu » abstrait et droits-de-l-hommesque des loges maçonniques! (cf. la B.D. intitulée « Concurrence », ici > www).

En tout cas, je constate que si certains politiques refusent la « Légion d’honneur » (cf. > www), et justement au nom d’une certaine forme de l’honneur, les mitrés français ne semblent pas avoir de cas de conscience, eux (cf. > www), à être décorés par une république maçonnique qui refuse de reconnaître le fait historique de l’héritage chrétien dans notre culture, dont les lois bafouent de plus en plus la loi naturelle (notamment en ce qui touche au respect de la vie), dont certains ministres ont insulté le Souverain Pontife et qui attente de manière récurrente aux droits et à la liberté de l’Eglise et des fidèles.
Je n’ai pu m’empêcher de penser au Saint Curé d’Ars refusant la « Légion d’honneur » qui lui avait été attribuée à son insu…

A l’heure où le Saint-Siège publie un certain nombre d’indications concernant cette « année de la foi » voulue par notre Saint-Père le Pape Benoît XVI (cf. > www), qui désire ardemment voir toute l’Eglise se replonger dans une meilleure connaissance du contenu spécifique de la Révélation chrétienne et se renouveler dans une ardeur missionnaire conquérante, il importe que tous les humbles fidèles montrent un zèle chrétien et un courage spirituel d’autant plus ardents qu’ils semblent faire défauts à ceux qui devraient les promouvoir.

Lully.

fleurdelys2 courage dans Nos amis les Saints   fleurdelys2 Epiphanie dans Vexilla Regis   fleurdelys2 Jeanne d'Arc

L’an dernier, Lully a publié le récit d’une merveilleuse visite reçue au soir de l’Epiphanie > www.

2012-1. Voeux pour l’an de grâce 2012.

2012-1. Voeux pour l'an de grâce 2012. dans Annonces & Nouvelles DSC09551-Copie-300x225

Les sucs des hautes Boutières et le Mont Gerbier de Joncs
vus depuis le village de Borée ce 1er janvier 2012 (cliquer pour voir en plus grand format).

Dimanche soir, 1er janvier 2012.

C’est au terme d’un dimanche bien chargé que je viens vers vous pour vous présenter mes traditionnels voeux du jour de l’an.
Tandis que « le soir étend sur la terre son grand manteau de velours » (cantique à Notre-Dame des Eclaireurs), je tiens à vous dire à quel point je pense à vous et combien ma prière et mes voeux appellent sur vous les bénédictions du Ciel.

Au cours des heures de recueillement de la soirée d’hier et de la nuit passée, dans notre oratoire du Mesnil-Marie où l’on éprouve si bien la douce et enveloppante protection de Notre-Dame de Compassion, j’ai présenté au Coeur très aimant de Jésus et Marie chacun de vous, chers Amis, « en détails » : c’est-à-dire que j’ai véritablement pensé à chacune de vos personnes, à vos vies et à vos situations présentes, à vos projets et à vos espérances, à vos préoccupations et à vos inquiétudes, à vos familles et à vos proches, à toutes ces intentions que vous m’avez confiées… vos malades et vos défunts, ces soucis nombreux qui vous font sentir leur poids.

Ma prière et mes voeux appellent sur vous les bénédictions du Ciel.
Point de voeux de « bonne année » à la va-vite, non! même pas en donnant à la formule un aspect un peu plus religieux en vous souhaitant laconiquement une « heureuse et sainte année ».
Vous savez que je ne suis pas de ceux qui majorent l’importance du passage à la nouvelle année : l’année civile n’a qu’une importance très relative, elle n’est qu’un « repère » pour mesurer l’écoulement du temps, et l’écoulement du temps doit surtout nous faire prendre conscience que ce temps ne nous est donné que pour préparer l’éternité.
Alors justement, la belle tradition de ces voeux du nouvel an n’a finalement d’intérêt et de force que si elle exprime en vérité la bénévolence du coeur à la lumière de l’éternité qui nous est promise!

Oh! combien je voudrais pouvoir écrire à chacun d’entre vous de manière très personnelle, prendre le temps d’une conversation coeur à coeur avec chacun de vous…
C’est malheureusement impossible, mais si je dois me résoudre ce soir à vous écrire d’une manière générale, recevez toutefois chacun de ces mots, chacune de ces phrases comme vous étant personnellement dédiés : ma prière et mes voeux appellent sur chacun d’entre vous les bénédictions du Ciel!

Et ma prière et mes voeux appellent aussi les bénédictions du Ciel sur ceux qui se sont éloignés, ceux dont diverses circonstances ou le jeu des évènements nous ont éloignés, ceux desquels par quelques incompréhensions nous avons été séparés, ceux aussi avec lesquels il y a moins « d’atomes crochus », ceux dont nous avons pu avoir à souffrir de quelque manière et ceux que j’ai pu – malheureusement! – peiner ou offenser moi-même parfois…

Ma prière et mes voeux appellent les bénédictions du Ciel sur cette terre en quête de paix et de légitime prospérité humaine ; ma prière et mes voeux appellent spécialement les bénédictions du Ciel sur ce Royaume terrestre – jadis « le plus beau Royaume qui fut jamais sous le ciel » – aujourd’hui pitoyablement livré aux mains de ceux qui lui font perdre son âme…

Ma prière et mes voeux appellent les bénédictions du Ciel sur la Sainte Eglise du Christ : « Mon Dieu, faites l’unité des esprits dans la vérité, et l’union des coeurs dans la charité! »

Ma prière et mes voeux de ce jour de l’an sont aux dimensions du monde, aux dimensions du Coeur de « Dieu qui veut que tous les hommes soient sauvés et ne voudrait en perdre aucun »!

« Que le Dieu de la persévérance et de la consolation » (Rom. XV, 5) soit avec chacun de vous et qu’Il le soit tous les jours et à chaque instant de chaque jour de cet an nouveau pour vous donner Sa grâce et Sa force.
Ma prière et mes voeux appellent sur vous toutes les nécessaires et les plus douces des bénédictions du Ciel! 

Frère Maximilien-Marie.

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