Archive pour la catégorie 'Commentaires d’actualité & humeurs'

2015-98. De quelques réflexions sur les conditions d’une authentique et solide restauration royale.

Lundi soir 23 novembre 2015,
Fête de Saint Clément 1er, pape et martyr.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Ce jour d’hui, 23 novembre 2015, a marqué le cent-soixante-quinzième anniversaire du rappel à Dieu de Louis Gabriel Ambroise, vicomte de Bonald, chevalier de Saint-Louis, baron-pair de France et membre de l’Académie Française.

Millau - buste de Louis de Bonald

Buste de Louis de Bonald à Millau.

La présentation et l’analyse de la très intéressante pensée de Louis de Bonald va bien au-delà des limites et du cadre de mon modeste blogue ; aussi ne puis-je que renvoyer mes lecteurs qui voudraient l’approfondir aux textes mêmes de ce grand auteur, ou à ce qui en a été publié par des auteurs de confiance (comme par exemple sur l’excellent site Vive le Roy, ici > de la souveraineté, ou ici > du gouvernement représentatif, ou encore ici > droit divin).

Pour aujourd’hui, en me contentant de leur donner pour exergue l’une des plus fameuses citations de celui qui demeure l’une des voix les plus autorisées et l’un des penseurs les plus solides de la contre-révolution, je voulais alimenter votre réflexion de quelques pensées sur les conditions d’une authentique et solide restauration royale

Lully.

frise lys

« La révolution a commencé par la déclaration des droits de l’homme :
elle ne finira que par la déclaration des droits de Dieu ».
                                                                                                                          Louis de Bonald.

1) – Il y a un assez grand nombre de personnes qui se disent favorables à la royauté ; mais, parmi elles, on trouve un très large éventail de conceptions, parfois très opposées les unes aux autres : qu’y a-t-il de commun entre un « orléaniste » et un « légitimiste » (pour ne parler que des deux grands courants royalistes) ? Il n’est même pas certain que, si l’on demandait aux uns et aux autres de définir le mot « roi » qu’ils ont en commun, on obtienne la même notion.
Parmi les royalistes on en trouve un assez grand nombre qui se dit « légitimiste », c’est-à-dire soutenant les droits dynastiques de Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou ; mais, parmi ces « légitimistes », existe encore un certaine variété d’idées divergentes, voire absolument incompatibles entre elles. Il y a ceux qui, à la suite du Comte de Chambord, tiennent fermement aux principes de la monarchie capétienne traditionnelle, et il y a ceux qui s’accommoderaient d’une royauté qualifiée de « moderne » dont la quasi seule différence avec l’actuelle cinquième république consisterait dans le fait qu’au lieu d’un président de la république élu, il y aurait à la tête de l’Etat Louis XX et ses successeurs.
La restauration royale à laquelle nous aspirons, à laquelle nous travaillons, est celle d’une monarchie traditionnelle pleinement conforme aux principes et traditions de celle qui a succombé sous les coups de la sinistre révolution : pas une royauté parlementaire, ou « constitutionnelle », comme on en trouve en plusieurs pays d’Europe aujourd’hui.

2) – On trouve également un nombre assez important de personnes favorables à la royauté, qui vivent avec l’illusion que le seul fait de placer un roi (Louis XX par exemple, mais un certain nombre de « survivantistes » ou de « providentialistes » partagent aussi ce genre d’idées en promouvant leurs candidats – connus ou cachés -) à la tête de la France telle qu’elle se trouve aujourd’hui, comme une espèce de « deus ex machina », pour que, comme par enchantement, tout se retrouve automatiquement changé, amélioré, renouvelé.
Il m’est arrivé de recevoir des messages que je qualifie volontiers de délirants : des personnes sans nul doute enthousiastes, mais à mon avis manquant pour le moins de réalisme (si ce n’est d’équilibre intellectuel et psychologique), qui m’écrivent qu’elles sont prêtes, dès aujourd’hui ou dès demain, à conduire le Prince à Reims et, là, à demander à l’archevêque de lui conférer le Sacre !
S’imaginent-elles être de « nouvelles Jeanne d’Arc » ?
En tout cas, d’après elles, sitôt la cérémonie achevée, la France serait transformée et, telle la « Belle au bois dormant » au contact des lèvres du prince charmant, se réveillerait catholique et royale…
Les « zinzins » de cette sorte (qui, en plus, sont très souvent animés d’un zèle indiscret et tapageur), à mon avis, portent un tort considérable à l’idée royale.

3) - Vouloir, aujourd’hui, restaurer en France une royauté, d’un claquement de doigts, relève d’un manque de réalisme absolu. Or le réalisme est, philosophiquement, l’un des piliers de la monarchie légitime.
La restauration monarchique ne sera pas le début du renouveau que nous espérons et auquel nous travaillons, avec nos faibles moyens actuels : elle en sera la clef de voûte, l’achèvement.
La restauration royale, en France, ne se pourra faire que sur les fondements solides d’une restauration spirituelle, d’une pleine restauration catholique. Elle ne sera pas simplement politique, dans le sens où elle ne consistera pas à remplacer le système républicain actuellement en place par un système monarchique, de la même façon que l’on opère un simple ravalement de façade ou comme un changement de décor au théâtre. Il faudra – ni plus ni moins – revenir au Pacte de Reims, acte fondateur de la monarchie traditionnelle en ce Royaume, acte fondateur qui a été renouvelé, réitéré et réactualisé à chacun des Sacres de nos Souverains.

4) – Aussi, pour travailler efficacement au rétablissement d’institutions monarchiques stables et pérennes, faut-il commencer par travailler à la conversion des mentalités, des intelligences, des coeurs, des esprits et des âmes.
C’est bien – malgré le remarquable travail des Chevaliers de la Foi, malgré l’action de la Congrégation, et malgré le soutien et les convictions sincères du Roi Charles X – parce qu’elle a échoué dans le domaine de la conversion profonde et générale des Français (conversion à tous les niveaux : intelligences, moeurs, mentalités, esprits et âmes) que la Restauration de 1815 n’a pas pu se maintenir, malgré ses brillantes réussites économiques et militaires.
La façade, aussi belle fut-elle, avait seulement masqué et non renouvelé les mentalités polluées et viciées par les idées révolutionnaires : elle n’avait pas restauré en profondeur la compréhension et l’amour religieux du mystère sacré de la Royauté traditionnelle qui ne peut s’épanouir et subsister que dans une Chrétienté vivante, individuellement et socialement.

5) – L’expérience me montre encore que beaucoup de royalistes, beaucoup de légitimistes, ont en vérité peur des exigences d’une telle restauration, peur des conséquences que cela entraînerait dans leur propre vie, finalement peur d’avoir à mettre en oeuvre une vraie et absolue cohérence entre leurs idées et leurs moeurs, leurs paroles et leur mode de vie.
Ils vivent dans une espèce de pieuse nostalgie, qui ne les contraint pas à renoncer à l’esprit du monde ni à leurs continues compromissions avec les modes et avec l’air du temps : ils n’ont pas envie de se convertir.
Ils se précipitent, la bouche en coeur, aux « coquetèles », aux bals et aux cérémonies où l’on annonce la présence du Prince, mais ils prennent bien garde de s’engager – surtout si cela impose quelque sacrifice et si cela exige de la persévérance – dans un travail de fond.
Ils sont de pauvres courtisans, ils ne seront jamais de valeureux chouans.

6) – Il est indubitable que l’un des premiers et des plus urgents devoirs des légitimistes, aujourd’hui, consiste à acquérir non seulement une nécessaire formation intellectuelle – philosophique, historique, doctrinale… etc. – , mais, en outre et par-dessus tout, une encore plus nécessaire et solide formation spirituelle.
La vie spirituelle des légitimistes ne peut seulement consister dans une honnête connaissance du catéchisme, et dans une pratique religieuse régulière mais trop formelle ; elle doit imprégner, animer vivifier tout leur quotidien.
C’est parce qu’il sera l’incarnation d’un catholicisme fort et décomplexé (comme l’on dit aujourd’hui), épanoui et rayonnant, que le témoignage des légitimistes sera conquérant.

7) – La restauration de la monarchie légitime sera un miracle de la grâce, quelque chose qui ressemblera – dans l’ordre social et politique – à la résurrection du corps de Lazare en putréfaction, quelque chose de plus grand encore que le miracle du sursaut national suscité par l’intervention de ce doigt de Dieu dans notre histoire que fut Sainte Jeanne d’Arc.
Mais les miracles ont un prix : de la même manière que le rachat et le salut des âmes ont pour rançon les tourments de la douloureuse Passion, la conversion de la France et son retour de fille prodigue repentante dans les bras de ce lieu-tenant de Dieu sur terre qu’est le Roi légitime, désigné par les Lois Fondamentales du Royaume, exige de nouveaux Golgotha : des prières toujours plus ferventes, des sacrifices toujours plus généreux, des pénitences volontaires toujours plus nombreuses, et des immolations secrètes dans le Gethsémani de ces nuits de l’âme et de l’esprit que connaissent les privilégiés du Coeur de Jésus…

Addenda :
a) – Que l’on ne se méprenne pas sur nos paroles. Nous sommes fermement convaincus que « de la forme donnée à la société, en harmonie ou non avec les lois divines, dépend et s’infiltre le bien ou le mal des âmes… » (Pie XII, radio-message du 1er juin 1941 pour le cinquantième anniversaire de l’encyclique « Rerum novarum ») ; si ce n’était pas le cas, nous ne militerions pas pour la restauration de la monarchie traditionnelle. Mais « la forme donnée à la société » ne peut perdurer si les individus, les familles et les corps intermédiaires qui composent cette société n’adhèrent pas aux principes qui fondent cette « forme », et si celle-ci est seulement imposée d’en-haut sur des sujets totalement passifs.
b) – Certains, parfois, insistent tellement sur le devoir fait aux chrétiens de travailler à leur perfection pour infléchir sur la marche du monde, qu’ils en arrivent presque à conclure – ou à laisser penser à leurs auditeurs – qu’il serait résolument vain de tenter d’agir ici-bas si l’on n’est pas arrivé à un haut degré de vertu, voire parvenu à la sainteté ! Semblable exagération n’est pas conforme à l’Evangile, n’est pas conforme à l’enseignement et à la pratique séculaire de l’Eglise. Certes, plus une âme est sainte et plus elle a d’influence, non seulement dans le seul domaine de la spiritualité, mais aussi sur la société des hommes : « Toute âme qui s’élève élève le monde » (Elisabeth Leseur). Toutefois, même s’il n’est pas parvenu à la perfection, même s’il lutte encore parfois douloureusement contre ses propres péchés et ses tendances désordonnées, même si sa faiblesse lui est l’occasion de chutes (et donc aussi – normalement – de relèvements !) tout chrétien, quelque imparfait qu’il soit encore, est appelé et habilité à travailler – selon sa mesure, ses capacités et sa place dans la société – pour qu’elle soit toujours plus conforme aux lois divines et aux merveilleux desseins de la Providence sur sa patrie.

Scapulaire Sacré-Coeur

« La révolution a commencé par la déclaration des droits de l’homme :
elle ne finira que par la déclaration des droits de Dieu ».
                                                                                                                          Louis de Bonald.

frise lys

2015-97. De la ruineuse pseudo pastorale des pasteurs félons.

Vendredi 20 novembre 2015,
Fête de Saint Félix de Valois.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Dans l’exact prolongement du texte de Monsieur l’abbé Bryan Houghton que je livrais hier soir à votre réflexion (cf. > ici), je voudrais aujourd’hui porter à votre connaissance et méditation un autre texte, antérieur de trente ans à celui de « Prêtre rejeté » : un texte extrait cette fois d’un opuscule dont la première publication, en italien, date de 1970 (la première traduction française paraîtra deux ans plus tard – en 1972, aux éditions du Cèdre).
L’ouvrage dont il est tiré s’intitule « Il Quinto Evangelo » et a été traduit en français sous le titre « Un nouvel Evangile ».
Frère Maximilien-Marie l’eut entre les mains dès le début de sa formation religieuse, au tout début des années 80 du précédent siècle, et très régulièrement, avec le sourire satisfait d’un gourmet comblé par la qualité et la finesse du met qu’il déguste, il en savoure quelque extrait. Car le livre est véritablement savoureux.

Son auteur est Don Giacomo Biffi, qui était alors curé dans l’archidiocèse de Milan.
Né en 1928, ordonné prêtre en 1950, professeur de théologie, curé, évêque auxiliaire de Milan en 1976, archevêque de Bologne de 1984 à 2003, il fut honoré de la pourpre cardinalice dès 1985.
Monsieur le cardinal Biffi s’est distingué à plusieurs reprises par quelques courageuses interventions, à contre-courant des modes ecclésiastiques et sociétales. En 2007, Monsieur le cardinal Biffi a publié une nouvelle édition, mise à jour, de son « Quinto Evangelo », preuve que cet ouvrage – publié dans les immédiates années post-conciliaires – lui tenait à coeur et lui semblait n’avoir rien perdu de son actualité… Malheureusement !
Son Eminence a été rappelée à Dieu le 15 juillet de cette année 2015, dans sa quatre-vingt-huitième année, elle aurait fêtée le soixante-cinquième anniversaire de son ordination sacerdotale le 23 décembre prochain.

Le « Cinquième Evangile » se compose d’une trentaine de fragments dont on nous dit qu’ils sont tirés de très antiques manuscrits retrouvés en Terre Sainte.
L’extraordinaire intérêt des dits fragments réside dans le fait qu’ils nous livrent les véritables paroles de Jésus, consignées par écrit avant que l’ « institution Eglise » ne les ait modifiées. Ces citations authentiques retrouvées viennent justifier les changements intervenus dans la liturgie, dans l’enseignement de la doctrine, dans la pastorale et dans la morale « depuis LE concile ».
On l’aura compris : Don Giacomo Biffi, dès le début de ces années de folie qui ont suivi le second concile du Vatican, avec une décapante lucidité, a manié l’arme d’une sagace goguenardise pour démontrer de quelle manière ces changements, relectures et remises en question orchestrées par le clergé progressiste étaient un détournement et une trahison des véritables Evangiles, un ébranlement de fond des bases les plus solides du Christianisme.
Quarante-cinq ans après sa première publication, alors que nombre de fidèles, de prêtres, et même d’évêques et de cardinaux, continuent – hélas ! – à semer la désolation et la ruine par leurs remises en question et leur infidélité à la sainte Tradition, la salutaire ironie déployée dans ce « Cinquième Evangile » est toujours précieuse pour nous faire réfléchir sur notre propre fidélité aux véritables Paroles de vie et de salut contenues dans les Saints Evangiles.

Lully.

Cardinal Giacomo Biffi

Giacomo, cardinal Biffi (1928-2015), archevêque émérite de Bologne.

Note préliminaire :
Dans l’ouvrage de Don Giacomo Biffi, chacun des prétendus fragments « authentiques » du « véritable Evangile retrouvé » est d’abord présenté en caractère gras, avec en regard le texte de l’Evangile tel qu’il était reçu jusqu’ici, puis il fait l’objet d’un commentaire dans lequel les idées nouvelles se trouvent exposées, avec cette subtile ironie et cette désopilante sagacité qui, feignant d’adopter les arguments des démoliseurs de la foi, les dénonce ainsi d’une manière bien plus percutante qu’un long traité d’apologétique…

20

Le Royaume des cieux est semblable à un berger qui avait cent brebis et qui, en ayant perdu quatre-vingt-dix-neuf, reproche à la dernière son manque d’initiative, la met à la porte et, ayant fermé sa bergerie, s’en va à l’auberge discuter de pastorale.

Selon vous, si un homme possède cent brebis et en perd une, ne laissera-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres [en lieu sûr] sur la montagne pour aller à la recherche de la brebis égarée ? Et s’il parvient à la retrouver, il en a plus de joie que ne lui en donnent les quatre-vingt-dix-neuf qu’il n’a pas perdues.

Matth. XVIII, 12-13

Commençons par applaudir les quatre-vingt-dix-neuf brebis perdues ; leur perte n’est pas une perte commune, c’est plutôt une forme de protestation contre la notion même de bergerie.
Cette image de bergerie évoque en effet l’idée d’enclos, de clôture, de ségrégation. Comment les autres pourront-ils s’unir au troupeau, si à un moment donné de leur cheminement ils se heurtent contre une barrière ?
Pour ne rien dire du fait que la vie de ghetto – à l’abri des périls mais aussi des émotions de l’aventure – finit par déformer la personnalité et par engendrer des complexes, d’infériorité ou de supériorité selon les tempéraments, dont il est bien difficile de guérir. Mieux vaut pour une brebis le risque du loup que  la certitude de l’avilissement de la bergerie.
Il peut arriver que le berger ne soit pas suffisamment perspicace pour s’en rendre compte : en ce cas, il faut avoir le courage de lui forcer la main. L’exode de masse, mentionné par la parabole, est le moyen le plus efficace pour faire entendre raison à qui s’obstine à fermer les yeux. Une fois la bergerie démolie, tous pourront revenir ensemble, brebis, loups et autres animaux, et il y aura un seul troupeau sans un seul pasteur.

Mais dans la parabole le pasteur comprend ce qui se passe, de sorte qu’il voit d’un mauvais oeil la seule brebis qui soit restée.
Cet animal – à qui il convient pourtant, en toute objectivité, de reconnaître un certain non-conformisme – suffit à lui seul à gâcher l’aventure d’une époque nouvelle : tant qu’il sera là la bergerie demeurera, et tant que la bergerie demeurera les brebis en liberté éprouveront quelque inquiétude quant à la sagesse de leur évasion. Et cela n’est pas bon : même pour se faire dévorer il faut jouir d’une certaine tranquillité intérieure.

Donc, à la porte, brebis récalcitrante ! Force nous est de te contraindre à la liberté. Ne serait-ce que parce qu’à toi seule tu fais perdre son temps à ton gardien, tu le fatigues, et ainsi tu entraves le progrès de la culture. Ce ne sera que lorsque tu auras courageusement pris le chemin de la forêt que le berger pourra discuter avec ses collègues des moyens les plus adaptés de faire prospérer un élevage. Ce ne sera que lorsqu’il n’y aura plus de bergerie (et plus de brebis) que l’on pourra élaborer en toute rigueur scientifique – sans compromis avec les conditions concrètes et avec la survivance de conceptions dépassées – une vraie et parfaite théologie pastorale.

Giacomo Biffi, « Un Nouvel Evangile » (Il Quinto Evangelo), Editions du Cèdre – 1972
(fragment N° 20, pp. 69-71).

armoiries du cardinal Giacomo Biffi

Armoiries du cardinal Giacomo Biffi,
avec sa devise : 
« Là où se trouve la foi, là est la liberté »

2015-96. « L’Eglise est devenue une masse informe de groupes de discussion…»

Jeudi soir 19 novembre 2015,
Fête de Sainte Elisabeth de Hongrie ;
23 ème anniversaire du rappel à Dieu de l’abbé Bryan Houghton.

Je ne veux pas achever cette journée, chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion, sans venir auprès de vous avec un excellent texte de Monsieur l’abbé Bryan Houghton (cf. ici) dont ce 19 novembre est l’anniversaire du rappel à Dieu (voir aussi ici).
Extrait de son bel ouvrage « Prêtre rejeté », publié en 1990, ce texte a donc 25 ans… et n’a pas pris une seule ride : hélas !
On peut même dire que les pitoyables rebondissements grand-guignolesques du dernier synode romain et les scandaleuses prises de position de certains hauts dignitaires de la Sainte Eglise Romaine lui ont donné une nouvelle actualité et en ont – malheureusement – confirmé les analyses.

Je le laisse à votre lecture, à votre réflexion, à votre méditation.

Lully.

abbé Bryan Houghton

Monsieur l’abbé Bryan Houghton (2 avril 1911 – 19 novembre 1992)

L’Eglise est devenue une masse informe de groupes de discussion…

« (…) La plus grande tragédie de l’histoire de l’Eglise est sans doute la décision des Pères de Vatican II de se constituer en Cercle épiscopal de discussion pastorale au lieu de tenir un concile dogmatique. En matière de dogme, ils possédaient l’autorité divine et la compétence humaine. En tant que cercle de discussion, ils n’avaient pas plus d’autorité et sans doute moins de compétence que la Société des débats de Trifouillis-les-Oies. Les documents qu’ils ont produits sont des monuments à la « volonté générale ». Quiconque dispose d’une réserve suffisante d’anti-soporifique peut les ingurgiter.
Quoi que l’on pense du IIe concile du Vatican, il a porté un fruit indiscutable : l’Eglise entière, l’Epouse immaculée, l’Arche du salut, s’est transformée en une masse informe de cercles de discussion. Il y a les synodes romains, les conférences épiscopales nationales et régionales, les assemblées de prêtres, les commissions de ceci et de cela, les rassemblements diocésains, les cours de recyclage, les journées d’étude. Les rencontres de doyenné, les journées de récollection, les retraites et, dans une certaine mesure, la messe, ont été transformées en cercles de discussion. Les malheureux laïcs ont été pris, eux aussi dans le tourbillon et dirigés vers des commissions et des conciles à tous niveaux.
Personne ne fait rien parce que cela supposerait l’acte d’une volonté personnelle, mais tout est mis en discussion dans l’ouverture, l’irresponsabilité et l’abstraction les plus complètes. Tout est remis en cause, jusqu’aux fondements de la religion. Dans le monde réel, très peu de chose peut être remis en cause et nous sommes dirigés par les circonstances – par la Providence divine. Rien de tel dans une discussion de groupe : l’homme y est absolument libre dans le monde abstrait de sa propre cervelle, de ses opinions dégagées de toute responsabilité. C’est là que germe, fleurit et fructifie la « volonté générale ».
Un autre point mérite d’être souligné. Le mot « pastoral » change tout à fait de sens selon qu’il est employé dans les discussions de groupe ou qu’il s’agit du monde réel. Telle que les prêtres d’autrefois la concevaient, la pastorale consistait à rendre témoignage aux dogmes que l’Eglise enseignait en vertu de son autorité divine. Mais ni le dogme ni l’autorité n’ont droit de cité dans les cercles de discussion. Il s’ensuit que le mot « pastoral » prend dans cet univers la signification contraire : il veut dire « non dogmatique » et « sans autorité ». Quand il s’est déclaré « concile pastoral » et non « dogmatique », Vatican II ne voulait pas dire que l’on devrait tenir les dogmes pour acquis et qu’il entendait se préoccuper des moyens de mieux les faire connaître aux fidèles et aux infidèles. Il voulait dire que les discussions ne devaient pas être entravées par les dogmes. En fait, « pastoral » sonne mieux que « existentiel » ; c’est en somme l’adjectif d’orthopraxis puisqu’on ne dit pas « orthopratique ». Le mot a ainsi trompé maints bons prêtres et évêques. Prenons un exemple : les divorcés remariés. Selon la pastorale d’un curé d’autrefois, il n’aurait été question que de sainteté, d’héroïsme, de vivre en frère et soeur, d’assister à la messe sans communier, etc., toutes recommandations dérivées du dogme. Aujourd’hui, si l’on nous demande de réfléchir à la question des divorcés remariés du « point de vue pastoral », nous savons que nous devons faire abstraction de l’enseignement dogmatique de l’Eglise, et les encourager à la communion quotidienne avant de les faire entrer au conseil paroissial.
Le double fait que la discussion doit être ouverte et qu’elle ne doit pas être contrecarrée par l’autorité conduit à un curieux phénomène. La volonté générale qui en résulte permet n’importe quel changement, aussi scandaleux qu’il soit, mais refuse toute forme de tradition, aussi souhaitable qu’elle soit. Pourquoi ? Parce que la tradition est la plus fondamentale des formes d’autorité. Nous ne pouvons que constater ce phénomène tout autour de nous dans l’Eglise, depuis qu’elle est devenue une masse informe de groupes de discussion. La révolution est là (…). »

Abbé Bryan Hougthon, in « Prêtre rejeté », chap. XIII : « L’Eglise du bavardage »,
(pp. 130-132 dans l’édition revue et augmentée de 2005 – Dominique Martin-Morin).

prélats en discussion

2015-95. « La France retrouvera sa paix et sa grandeur par l’union autour de ce qui a toujours fait sa force et sa constance, ses valeurs puisées aux sources de son histoire. »

Lundi 16 novembre 2015,
Fête de Sainte Gertrude la Grande (voir > ici et > ici).

Même s’il a déjà été relayé par de très nombreuses publications légitimistes, il est de notre devoir de retranscrire également ici le communiqué publié samedi 14 novembre par le Secrétariat du Prince, après les actes de terrorisme perpétrés à Paris dans la soirée de ce vendredi 13 novembre.
Pour nous, chrétiens, à la suite de Monseigneur le Duc d’Anjou, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, il ne s’agit pas seulement de « penser » mais aussi de prier .

Prier :
1) pour le salut des âmes de ces victimes décédées (car, il convient de le rappeler, Dieu – qui est hors du temps – , en considération des prières faites après l’événement, peut accorder des grâces, notamment en ce qui touche à la conversion, au repentir et au salut éternel, reçues par ces victimes au moment de leur mort) ;
2) pour les blessés, afin de les soutenir et pour leur obtenir des grâces de guérison (physiques, psychologiques et spirituelles) ;
3) pour leurs proches qui portent le poids du deuil ou qui se resserrent auprès de leurs blessés ;
4) pour la France…

Vous remarquerez très particulièrement la dernière phrase de ce communiqué qui, malgré sa concision, n’en est pas moins lourd d’un message fondamental : « Comme en d’autres temps troublés, la France retrouvera sa paix et sa grandeur par l’union autour de ce qui a toujours fait sa force et sa constance, ses valeurs puisées aux sources de son histoire »,.
C’est bien là, malgré les nécessaires pudeur et sobriété imposées par les circonstances, une manière non équivoque de rappeler a) que la France – de nos jours – a perdu toute grandeur (puisqu’on ne peut retrouver que ce qui a été perdu), et b) que les valeurs qui ont toujours fait la force et la constance de la France ne sont pas les prétendues « valeurs de la république« , mais bien les authentiques principes qui ont présidé à la naissance de la France il y a plus de quinze siècles : l’alliance scellée dans les fonts baptismaux de Reims, aux sources de notre histoire.

Armes de France pour le deuil

Communiqué de Monseigneur le Duc d’Anjou :

Au moment où la lâcheté provoquant l’horreur endeuille Paris et la France tout entière, je fais part de ma profonde émotion.
Mes pensées et mes prières vont aux victimes et à leurs familles. Aux morts et aux blessés innocents. Aux gardiens de la sécurité et de la santé.
Au-delà de la douleur et de l’indignation, face à cet acte de guerre, il appartient à tous d’être responsables et confiants dans l’avenir.
Comme en d’autres temps troublés, la France retrouvera sa paix et sa grandeur par l’union autour de ce qui a toujours fait sa force et sa constance, ses valeurs puisées aux sources de son histoire.

Louis de Bourbon, duc d’Anjou

frise lys deuil

2015-87. Le “bergoglisme” serait-il en train de sombrer?

Lundi 12 octobre 2015,
Fête de Saint Maximilien de Loch.

« Le “bergoglisme” serait-il en train de sombrer ? », c’est en tout cas la conviction exprimée par Antonio Socci dans une chronique publiée hier, dimanche 11 octobre 2015, et traduite en Français par notre amie Béatrice, qui gère avec sagacité et courage l’excellent site « Benoît et moi » dont nous avons déjà parlé – et que nous avons chaleureusement recommandé – à plusieurs reprises déjà.
Les vertus surnaturelles de foi et d’espérance se trouvent en définitive confortées par l’analyse d’Antonio Socci.

Forts de l’autorisation qui nous a été donnée par Béatrice, nous reproduisons ci-dessous in extenso la publication de cette traduction qu’elle a menée à bien, et pour lesquelles (la traduction et l’autorisation) nous lui savons un gré infini.

Ceux qui ne suivent l’actualité du synode romain consacré à la famille que par ce qui en est dit en France par les voix ecclésiastiques officielles se trouveront peut-être un peu déroutés (comme d’ailleurs pour ma publication précédente > ici) : nous ne pouvons que les renvoyer à une étude attentive de tout ce qu’a publié Béatrice sur « Benoît et moi », en sortant de l’univers très borné et très orienté des publications françaises (cela demande d’y passer du temps et de faire fonctionner son intelligence, informée par la foi catholique authentique, mais j’ose penser que les lecteurs de ce blogue en sont capables).

Le seul commentaire que je puisse ajouter à la publication de ce jour, c’est qu’il ne faut pas se démobiliser spirituellement et qu’il faut continuer avec une ardeur décuplée à prier, prier, prier encore et toujours, pour notre Eglise catholique romaine en proie aux divisions et menacée par des doctrines d’erreur.

Lully.

chapelet gif

Le bergoglisme est en train de sombrer (au synode, et pas seulement).

Imposera-t-il son diktat, à la manière argentine ?

«La joyeuse machine de guerre piétine-t-elle ?», s’interroge un vaticaniste suisse (ndt : Giuseppe Rusconi, sur Rosso Porpora). 
En fait, au Synode, la machine de guerre argentine avec un moteur allemand (les évêques progressistes) s’est enlisée : on le sait, ces jours-ci les « moteurs » Allemands sont bons pour la casse et la carrosserie argentine est une ferraille, pétrie de péronisme et de théologie de la libération rouillée.

Première semaine :
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En effet, le Synode s’est ouvert avec le rapport du Cardinal Erdo qui a réitéré l’enseignement catholique, démolissant les hérésies de Kasper (et irritant Bergoglio).
En outre, après cette première semaine, l’un des rapporteurs des commissions, l’Australien Mark Coleridge, a résumé la situation ainsi : « Si le Synode s’achevait aujourd’hui, 65 % des pères voteraient contre la possibilité d’admettre les divorcés remariés à la communion ».
Pour le parti de Bergoglio et Kasper, la défaite sera encore plus cuisante sur la question de l’homosexualité, parce que les rapports des différents « cercles » font émerger la requête de s’opposer vigoureusement à la théories du gender, considérée comme la nouvelle idéologie dangereuse qui a pris la place du marxisme et qui a un effet dévastateur sur la mentalité et la formation des jeunes.
Du reste, la partie catholique du Synode, majoritaire en nombre (celle qui se réfère au Magistère de toujours, et en particulier à Jean-Paul II et Benoît XVI), a vivement protesté contre la minorité bergoglienne au pouvoir, qui impose ses procédures, ses méthodes et ses hommes à des postes clés, mais de ces protestations, rien ne filtre à l’extérieur, et elles ne sont pas représentées par la machine de propagande caricaturale (les méchants conservateurs contre les progressistes éclairés).
Bien que le Synode discute de la famille, ces millions de familles chrétiennes qui sont à l’extérieur – selon les bergogliens – ne doivent rien savoir de ce qui se passe (contrairement aux autres Synodes) ou doivent avoir des informations filtrées et « emballées » pour elles.
Le parti bergoglien est comme une équipe de football qui perd 5 à 0 sur le terrain de jeu, mais qui peut impunément donner des coups de pied, essayer de marquer des buts de la main (à la manière argentine) et étaler son arrogance parce qu’elle sait que l’arbitre est leur leader et finalement leur donnera une victoire sur tapis vert contre toutes les règles (en effet Bergoglio se réserve même le droit de changer les règles en cours de match – par exemple sur la Relation finale – selon la convenance de son équipe) [cf. Confusion au Synode].

Les catholiques :
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Un grand réconfort du côté catholique est représenté par le doux et sage Benoît XVI, dont le magistère et la présence, comme un phare dans la nuit de tempête, indiquent le chemin.
La semaine dernière, du reste, le vaticaniste américain Edward Pentin a révélé la réponse que le pape Benoît – au précédent Synode – a donnée à un prélat allemand qui lui demandait ce qu’il devait faire face à la tempête qui s’était déchaînée dans l’Eglise : “Halten Sie sich unbedingt an die Lehre !” (rester absolument ferme sur la doctrine) [cf. Restez ferme sur la doctrine].
Ratzinger est aujourd’hui écouté par la majorité (ndt : pas en France, malheureusement !), parce que la vérité désarmée est l’unique trésor de l’Église, étant le Christ lui-même, et si l’Eglise trahissait ou liquidait la vérité de la doctrine catholique, elle ferait comme Judas et priverait l’humanité de la vraie miséricorde de Dieu, et du salut.
Éclairée par la lumière de Benoît XVI, la partie catholique est venue à ce Synode plus forte et mieux préparée qu’au précédent, et qu’au consistoire de Février 2014, quand elle fut prise par surprise par la thèse inouïe de Kasper, que Bergoglio avait fait proclamer.
Il est du reste significatif que parmi les plus déterminés à s’opposer au renversement de la doctrine catholique, il y ait une Eglise jeune comme celle africaine, particulièrement soignée depuis 40 ans par Jean-Paul II et Benoît XVI.
Celle-ci, en effet, en plus de donner de grands cardinaux comme Sarah, une lumière pour toute la chrétienté, est aujourd’hui de loin l’Eglise la plus dynamique, la plus missionnaire, celle qui a connu le plus de croissance, ayant déjà dépassé 200 millions de fidèles avec une augmentation impressionnante de 238 % par rapport à 1980.
Tandis que l’Eglise sud-américaine de Bergoglio, celle allemande de Kasper, et celle belge de Daneels, se sont effondrées.

Modernisme en échec :
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Mais là est le paradoxe d’aujourd’hui : à la tête de l’Eglise, il y a ceux dont les recettes se sont avérées désastreuses dans leurs pays. Et ils veulent appliquer les mêmes recettes désastreuses à toute l’Église, avec des effets dévastateurs à l’échelle mondiale.
Certes, beaucoup indiquent la popularité du pape argentin comme signe de renaissance. Mais c’est du bluff et dans l’Église on l’a désormais compris.
C’est la popularité droguée du cirque médiatique laïciste, qui n’apporte pas une seule conversion, mais au contraire exulte pour la conversion du pape à l’agenda d’Obama et à l’agenda onusien.
Les données de la pratique catholique en Italie, qui, sous Jean-Paul II et Benoît XVI avaient grandi, continuent de baisser avec Bergoglio. Samedi (3 octobre), la Repubblica elle-même a dû admettre que pour l’Eglise « il n’y a pas d’effet François » (voir plus haut, ndt), et que même l’Italie continue à s’éloigner de l’Eglise ; ainsi, l’effet Bergoglio est à l’envers : il éloigne les fidèles.

Un panorama de ruines :
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Les catholiques ont le sentiment qu’avec Bergoglio, on aura tout vu. Par exemple, l’embarrassant coming out (avec son compagnon) de Mgr Charamsa – lequel prétend que sur l’homosexualité, l’Eglise change la loi morale fondée sur la Parole de Dieu – , n’aurait pas été possible sans les mille ouvertures déconcertantes et les qui-suis-je-pour-juger de Bergoglio, que Charamsa qualifie de « fantastique ». Qui sème le vent récolte la tempête, dit la Bible.
Et comment éviter la confusion et la désorientation devant le Motu Proprio de Bergoglio sur la nullité matrimoniale, que même un juriste catholique comme le professeur Danilo Castellano a démoli (ndt : Magister, ici chiesa.espresso.repubblica.it) ?
On ne peut que constater qu’il introduit de facto le divorce, subvertit l’Evangile et l’enseignement millénaire de l’Église. De sorte que – au lieu de soutenir la famille attaquée par les idéologies modernes – il lui donne le coup de grâce.

Ensuite, il y a toute la liste des autres erreurs bergogliennes. Celle sur l’immigration est colossale. Comme celle sur les chrétiens persécutés qui ne ne sont certainement pas réjouis de son attitude de soumission à l’islam et aux régimes communistes.
Et puis il y a les chrétiens massacrés par l’ISIS qu’il a effectivement abandonnés, délégitimant toute intervention concrète en leur défense : de fait, aujourd’hui, les évêques du Moyen-Orient (et leurs communautés) voient dans l’intervention de Poutine l’espoir de la délivrance de la terreur.

Prenons ensuite les rassemblements altermondialistes de Bergoglio contre « l’économie qui tue » (celle capitaliste).
Selon les données de la FAO divulguées ces jours-ci, le pourcentage des personnes sous-alimentées dans les pays en développement est passée de 23,3 % en 2000 à 12,9 % aujourd’hui.
En 50 ans, le taux mondial de l’extrême pauvreté est tombée de 80 % à 10 %, alors que la population mondiale a doublé (il s’est passé le contraire de ce que prédisaient les théories malthusiennes).

Et aussi les données sur l’environnement : l’air et la santé se sont beaucoup améliorés au cours des 50 dernières années, démentant l’eco-catastrophisme marxisant de l’encyclique bergoglienne.

Même ce qui est célébré comme le succès international de Bergoglio, la fin de l’embargo sur Cuba, à bien y regarder se révèle être le sauvetage d’une vieille dictature odieuse et sanguinaire à laquelle le pape est allé rendre hommage, ignorant les victimes et les dissidents.

C’est un paysage de décombres, celui que laisse Bergoglio. Avec des chutes incroyables, comme la querelle burlesque avec Ignazio Marino (le maire de Rome, cf. François est un moderniste 3.0), inimaginable pour des géants comme Ratzinger et Wojtyla (n’en déplaise à Scalfari, faisant l’éloge de Bergoglio parce qu’il amènerait l’Église loin de la politique).
Marino doit s’en aller et mérite toutes les critiques du monde, mais Bergoglio n’a pas volé la répartie de sa compagne, Sabrina Ferilli : « Que le pape se sente obligé de faire un communiqué pour l’envoyer au diable, c’est vraiment inouï ».

Antonio Socci

Antoio Socci

Le journaliste et écrivain italien Antonio Socci.

Publié dans:Commentaires d'actualité & humeurs |on 12 octobre, 2015 |2 Commentaires »

2015-86. Où le Maître-Chat rompt son silence au sujet du synode romain consacré à la famille.

Mercredi 7 octobre 2015,
fête de Notre-Dame du Très Saint Rosaire,
anniversaire de la victoire des armées chrétiennes sur le Croissant, à Lépante, le 7 octobre 1571.

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Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

En ce jour où nous célébrons dans la ferveur l’une des plus éclatantes interventions de grâce de la Très Sainte Vierge Marie dans l’histoire de l’Eglise, je voudrais commencer par vous rappeler un extrait des graves paroles que cette Mère vigilante et pleine de sollicitude nous a adressées il y a moins d’un demi siècle :
« L’action du diable s’infiltrera même dans l’Église, de sorte qu’on verra des cardinaux s’opposer à des cardinaux, des évêques contre d’autres évêques. Les prêtres qui me vénèrent seront méprisés et combattus par leurs confrères, les églises, les autels saccagés, l’Église sera pleine de ceux qui acceptent les compromis et le démon poussera beaucoup de prêtres et de consacrés à quitter le service du Seigneur (…).
Le démon s’acharne surtout contre les âmes consacrées à Dieu. La perspective de la perte de nombreuses âmes est la cause de ma tristesse. Si les péchés croissent en nombre et en gravité, il n’y aura plus de pardon pour ceux-ci… »

Ces paroles prophétiques (malheureusement !), n’en voyons-nous pas la réalisation sous nos yeux ?
Elles ont été prononcées par la Très Sainte Mère de Dieu lors d’apparitions qui se produisirent à Akita, au Japon, en 1973, apparitions reconnues comme authentiques par l’évêque du lieu en 1984.

Comme je suis à rebours de la tendance générale du monde moderne et des méthodes utilisées par les moyens de communication contemporains, dans leur course effrénée aux « scoupes », cherchant à satisfaire le prurit aux oreilles annoncé par Saint Paul (2 Tim. IV, 3-4 : « Viendra un temps où les hommes ne supporteront plus la saine doctrine ; mais selon leurs désirs, ils amasseront des maîtres autour d’eux, éprouvant une vive démangeaison aux oreilles - prurientes auribus - ; et détournant l’ouïe de la vérité, ils se tourneront vers les fables »), j’ai longtemps attendu avant de me décider à publier ici ce qui va suivre. Il s’agit de notes rédigées par Frère Maximilien-Marie il y a un an, à l’occasion de la première partie du synode romain sur la famille, qui se déroula du 5 au 19 octobre 2014, synode dont la seconde partie vient de s’ouvrir. Je n’avais pas osé les publier alors, mais comme le temps semble – hélas ! – leur donner raison, j’ai résolu de le faire aujourd’hui.
Ce n’est pas parce que je voudrais dire par là, avec un petit air pincé de vieille duègne acariâtre : « Ah ! vous voyez bien que j’avais raison… » Ce que je souhaite, en publiant aujourd’hui telles quelles ces lignes écrites il y a un an, c’est insister sur la gravité extrême de la situation dans laquelle se trouve la Sainte Eglise.
Une insistance qui n’a toutefois rien à voir avec le pessimisme : une vision réaliste des faits n’exclut en aucune manière l’espérance surnaturelle.

En cette heure très grave pour l’Eglise et pour les âmes, tous ceux qui auront pris la vraie mesure de la situation actuelle et de ses conséquences se tourneront vers le Ciel avec encore plus de zèle et de ferveur et recourront en particulier de manière plus instante à l’intercession de la Sainte Mère de Dieu et de l’Eglise : la fête de ce jour ne nous montre-t-elle pas que la prière peut renverser le cours des événements lors même qu’ils semblent inéluctables ?
Oui ! Et ce fut le cas à Lépante le 7 octobre 1571.

Prions et supplions donc afin d’obtenir à la Sainte Eglise toutes les grâces qui lui permettront de faire triompher la Vérité et le Bien, malgré toutes les forces du mal coalisées, et malgré toutes les complicités en grand (très grand… trop grand…) nombre que l’ennemi du Bien et du Vrai s’est acquises dans les rangs du clergé et des fidèles.

Lully.

Pierre Le Gros, dit le jeune - la religion terrassant l'hérésie et la haine - Rome, Gesù

Pierre Le Gros, dit le jeune : la Religion terrassant l’hérésie et la haine
(1695-1699 – Rome, église du Gesù)

Note rédigée le 17 octobre 2014 :

Quand je lis les publications relatives au synode qui s’achève (et quand je dis publications, je ne parle pas des commentaires des journalistes, ou des commentaires de commentaires : je veux parler des entretiens accordés par les prélats, théologiens, participants au synode, et des documents émanant dudit synode), il me semble qu’une notion – absolument fondamentale, essentielle et primordiale – en est absente : le salut des âmes !
On dirait vraiment que tous les débats et discussions ne se sont situés que sur un plan strictement naturel, qu’ils n’avaient pour but que de définir des comportements sociologiques – presque une tactique politique – de l’institution ecclésiale au sujet de certaines situations humaines (dont je ne nie nullement le côté dramatique parfois, et douloureux souvent), sans jamais mettre en évidence que celles-ci sont la plupart du temps la conséquence du péché ; et uniquement en fonction des attentes de l’ « opinion » générale du monde : l’Eglise à la remorque du monde et de ses courants de pensée.
Mais de « stratégie spirituelle » ordonnée au souci surnaturel du salut des âmes, point !

Tout se passe comme si pour NN.SS. les évêques et cardinaux, et même pour le pape François, le salut était une chose déjà définitivement acquise pour tout homme ; comme s’il n’y avait pas le risque de la damnation éternelle pour ceux qui contreviennent consciemment, librement et en toute responsabilité, aux commandements de Dieu, commandements qu’aucun homme ici-bas n’a le pouvoir de changer, fut-il prêtre, fut-il évêque, fut-il cardinal, fut-il pape !

A partir du moment où l’on exclut a priori le risque de la damnation, et que le sous-entendu de départ est que l’ « on ira tous au paradis » (pour reprendre les termes d’une chanson qui n’est pas seulement idiote mais bien véritablement blasphématoire), tous les comportements humains – même les plus déviants – ne sont plus appréciés à l’aune des critères d’évaluation donnés par Dieu Lui-même, mais seulement en fonction des critères humains du moment…
Cela est véritablement effrayant !!!

L’absence du rappel de la nécessité grave et urgente pour tout homme de travailler à son salut, lequel n’est pas automatique et qui – jusqu’au moment du dernier soupir – n’est jamais acquis de façon définitive, est malheureusement lourd de conséquences pour les âmes des hommes de ce temps, qui, ainsi que l’a montré la Très Sainte Vierge aux trois enfants de Fatima, tombent en enfer en nombre aussi important que les flocons de neige tombent sur la terre lors d’une tempête en hiver…
L’enseignement des Pères de l’Eglise des premiers siècles, et de notre glorieux Père Saint Augustin tout spécialement, est pourtant très clair – hélas ! – : il y a plus d’âmes qui se perdent qu’il n’y en a qui se sauvent (cf. > comparés aux réprouvés les élus sont en petit nombre).

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Note rédigée le 19 octobre 2014 :

La révolution a gagné…

Malgré l’apparent « redressement » et la prétendue « victoire des conservateurs » lors de la conclusion de cette première partie du synode, la révolution a déjà gagné (à moins d’un miracle, c’est-à-dire à moins d’une intervention puissante et purement divine qui ne devra rien à l’homme).

Ce synode, dont une « deuxième mi-temps » aura lieu à l’automne 2015, a montré à tous ceux qui veulent bien ouvrir les yeux et ne pas en rester à la surface des choses, que l’action qui y a été menée est exactement celle que met en oeuvre la maçonnerie.
On crée un « laboratoire d’idées », on présente « des pistes nouvelles pour la pastorale » – même si elles paraissent choquantes au premier abord,  et que l’on fait mine de les retirer ensuite – …etc.
Mais en agissant de la sorte, on instille tout doucement le poison dans les consciences sous prétexte de « provoquer la réflexion ». On prétend faire « avancer le débat » sur des questions qui, en réalité, n’ont pas à être débattues parce qu’il n’appartient pas à l’homme de les changer.

Et les « conservateurs » eux-mêmes tombent dans le piège en acceptant ce débat et en tentant de justifier la « position traditionnelle ».
Car la morale traditionnelle, tenue jusqu’ici par l’Eglise, n’a pas à être justifiée : elle appartient à l’essence des choses telle qu’elle a été voulue et créée par Dieu !
Le piège consiste précisément dans le fait même du débat et de ces discussions à l’infini, qui donnent l’impression que l’on peut discuter de tout et que l’on peut justifier – ou pas – toutes les opinions…
Alors l’engrenage infernal est en route, et, avant même que les décisions officielles soient prises ou édictées, l’opinion publique et les « forces progressistes » imposent une praxis déviante…

Voilà pourquoi je dis que, indépendamment des textes publiés et du redressement qu’ils semblent opérer, la révolution a déjà gagné.
Et le pape François, en sous-main, est celui qui lui a donné la victoire…

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Note rédigée le 21 octobre 2014 :

Quoi qu’il en soit de toutes les belles déclarations (paroles ♪ paroles ♫ paroles ♪) ce synode constitue une insulte envers tous les époux fidèles au sacrement de mariage, malgré les crises que traverse leur couple ; une insulte à tous les époux et épouses qui ont été abandonnés par leurs conjoints et qui, par fidélité à l’engagement pris devant Dieu, ont refusé de « refaire leur vie » ; une insulte à toutes les personnes qui portent en elles une tendance contraire à la morale mais qui ont jusqu’ici lutté et continuent de lutter pour préférer la loi divine à leur propre satisfaction libidineuse ; une insulte à tous les éducateurs qui se sont efforcés et qui s’efforcent encore d’éduquer les enfants et adolescents à la chasteté de l’esprit et du corps ; une insulte à tous ceux qui, abandonnant les voies du péché, se sont laissés convertir par Dieu ; une insulte à tous ceux qui – chacun dans leur état particulier (que ce soit le mariage ou le célibat) – vivent de la vertu de pureté ; une insulte à tous les religieux et religieuses qui ont fait voeu de chasteté… etc… etc.
Par dessus-tout, ce synode est une insulte à la véritable miséricorde divine, laquelle n’a rien en commun avec les fausses miséricordes humaines, fondées sur le sentimentalisme et sur des courtes-vues bornées aux horizons terrestres !

Ce synode est une bombe morale à retardement, une arme de destruction massive des consciences et du salut des âmes, et l’iniquité qui s’étale à travers lui appelle la vengeance du Ciel !

Pierre Le Gros, dit le jeune - la religion terrassant l'hérésie et la haine - détail

Pierre Le Gros, dit le jeune : détail du groupe de la Religion terrassant l’hérésie et la haine.

Lire aussi :
- « Miséricorde… se méfier des contrefaçons ! » > ici
- « Au Ciel, il n’y a pas de « malgré-nous » ! » > ici

Publié dans:Commentaires d'actualité & humeurs |on 7 octobre, 2015 |4 Commentaires »

2015-83. De ces royalistes qui attendent un Roi caché et inconnu ; de ceux qui attendent que le Roi leur rende des comptes ; et de Chateaubriand.

Vendredi 25 septembre 2015.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Il me paraît judicieux et important de copier ci-dessous à votre intention quelques citations relevées dans les échanges de Frère Maximilien-Marie et qui ont trait à la pensée légitimiste, en faveur de laquelle nul n’ignore ses engagements militants.
Je les laisse à votre méditation, car elles demandent d’être lues, méditées et assimilées devant Dieu…

Lully.

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L’attitude de ces royalistes qui espèrent du Ciel un Roi – encore inconnu et caché – (souvent ils utilisent la formule : « le Roi que Dieu voudra bien nous donner »), et qui, négligeant les Lois Fondamentales du Royaume (cf. > ici) données par la divine Providence dans le cours de l’histoire du Royaume de France, Lois Fondamentales qui désignent clairement et indubitablement aujourd’hui, pour successeur légitime de Clovis, du Bienheureux Charlemagne, de Saint Louis, de Charles VII, d’Henri IV, de Louis XIV, de Louis XVI, de Charles X, et d’Henri V, le Prince Louis de Bourbon, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, me fait formellement penser à ces Juifs qui espéraient du Ciel un messie selon leurs fantasmes, et qui n’ont pas su reconnaître « LE » Messie présent au milieu d’eux, Lequel accomplissait pourtant sous leurs yeux les signes et les miracles prophétisés dans les Ecritures Sacrées qu’ils scrutaient continûment…
Et ils ont fini, avec un aveuglement passionné, par se mettre à la remorque de faux messies ! 

Médaille de Louis XX

Il y a des personnes qui se disent légitimistes, et qui me demandent parfois (il y en a même qui m’envoient des courriers électroniques pour cela) : « Pourquoi le Prince ne fait-il pas ceci ? », ou bien « Le Prince ne pourrait-il pas déclarer telle chose ou accomplir telle autre… ? », ou encore « Ne pensez-vous pas que le Prince devrait faire ceci, intervenir sur tel sujet… etc. ? »

Je réponds habituellement (pour le cas où ils ne s’en seraient pas rendus compte !) que je ne suis ni le Prince, ni son porte-parole officiel, ni son confident… Je ne dispose donc pas des éléments de réponse.
D’ailleurs, même si je connaissais les desseins et les pensées de Sa Majesté, il ne m’appartiendrait pas de répondre à ce genre d’interrogations !

Par dessus tout, ce qui me gêne – et qui même m’agace – dans le fait même que ces questions soient posées… 

1) … c’est qu’elles donnent l’impresssion que ceux qui les osent pensent (ce n’est pas formulé, c’est peut-être même inconscient) que le Prince aurait à rendre compte de ses paroles, faits et gestes, à ses « partisans », de la même manière que le chef d’un parti républicain doit (ou devrait) en rendre à la « base » qui l’a élu et dont il est supposé tenir son pouvoir…

2) … c’est aussi que ces petits personnages, convaincus de leur importance, semblent persuadés qu’ils savent mieux que le Prince ce qu’il conviendrait de faire ou de ne pas faire, de dire ou de ne pas dire…
Ici, je ne peux m’empêcher de renvoyer à cette leçon que reçut la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich : un jour qu’elle se plaignait intérieurement que le Bon Dieu n’avait pas fait ce qu’il lui semblait à elle qu’il eût été bon de faire (évidemment pour des motifs fort louables et généreux ayant trait à la gloire divine et au bien des âmes), son ange gardien lui rétorqua : « Tu aurais fait tellement mieux à Sa place, toi ! »
Eh bien, c’est tout-à-fait cela : ils agissent et parlent comme avec la certitude qu’ils feraient mieux que le Prince, eux.

3) … c’est, en définitive, de constater que la « pollution démocratique », qui a perverti les mentalités de nos contemporains, a aussi contaminé des personnes se prétendant légitimistes, lesquelles réagissent exactement comme si tout le monde avait des droits et pouvoirs sur toutes choses, au point qu’elles ne semblent même pas imaginer qu’à un Prince tel que l’aîné des Capétiens, et à lui seul, sont données par Dieu des grâces d’état, qui ne leur sont ni dues ni dévolues à eux !!!

Louis XX à la Chapelle Expiatoire - janvier 2014

Monseigneur le duc d’Anjou, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX,
assistant à la Sainte Messe à la Chapelle Expiatoire en janvier 2014.

Paradoxes de Chateaubriand : 

1) Citation révélatrice du personnage :  « Pourquoi suis-je venu à une époque où j’étais si mal placé ? Pourquoi ai-je été royaliste contre mon instinct dans un temps où une misérable race de cour ne pouvait ni m’entendre ni me comprendre ? Pourquoi ai-je été jeté dans cette troupe de médiocrités qui me prenaient pour un écervelé, quand je parlais courage ; pour un révolutionnaire, quand je parlais liberté ? » (in « Mémoires d’outre-tombe » tome II p. 563).

2) D’une certaine manière, il fut fidèle aux Bourbons, mais c’était parce qu’il restait, par son éducation antérieure à la révolution, « conditionné » par le sens de l’honneur et du devoir. 

3) Si sa raison le portait vers la monarchie, ce n’est cependant pas selon la raison qu’il réagissait et se conduisait bien souvent, mais selon une hyper-sensibilité de type rousseauiste.

4) Par sa sensiblerie autocentrée – qui est le propre du romantisme – , il était finalement un républicain, et, lors même qu’il ne cessa pas de proclamer son attachement à la Royauté légitime, il contribua largement d’une part à sa chute et d’autre part à ne plus la faire percevoir que comme un fantôme, définitivement relégué dans les ombres d’un passé qui ne peut ni ne doit revenir.

5) On trouve, sous la plume de René, des formules admirables, de véritables pépites de style et de pensée.
Mais alors il faut bien veiller à les isoler : les citations que l’on fait de ces passages remarquables, se doivent limiter au sens immédiat clairement circonscrit par les guillemets ; elles ne sauraient en aucune manière renvoyer à tout le reste ni cautionner l’ensemble de sa pensée, au demeurant fluctuante… 

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2015-70. « Un squelette de messe pour une Eglise squelettique ».

Dimanche soir 16 août 2015.

Nous sommes extrêmement reconnaissants à notre amie Béatrice (qui accomplit depuis 2006 un remarque travail d’information et de publication avec son site « Benoît et moi ») d’avoir traduit en français et ainsi rendu accessible aux lecteurs francophones l’éditorial de ce mois d’août du site italien « Radicati nella Fede ».
Analyse irréfragable, logique impitoyable, constat d’une terrible lucidité : tels sont les qualificatifs que nous attribuons à cet article.
Comme, malgré nos recommandations réitérées, nous ne sommes pas certains que les lecteurs de ce modeste blogue vont régulièrement lire les publications de « Benoît et moi », nous avons demandé à Béatrice, qui nous l’a très volontiers accordée, la permission de reprendre ci-dessous sa traduction, et nous lui en savons un gré immense.

Lully.

Caspar David Friedrich l'abbaye dans une forêt de chênes

Un squelette de messe pour une église squelettique :

Ils attendaient une nouvelle Église, pour cela ils se sont mis à changer la messe.
Ils voulaient une église avec de nouveaux dogmes et une nouvelle morale, alors ils ont dû retoucher la messe catholique, au point d’en faire un squelette d’elle-même.
Et à messe squelettique correspond squelette d’Église, faite d’une dogmatique et d’une morale squelettiques.

La nouvelle liturgie a prétendu sauter deux millénaires d’histoire chrétienne, avec l’illusion de renouer avec un mythique début du christianisme.
Ils ont dit, ces messieurs de la réforme post-conciliaire, qu’il était nécessaire de simplifier, de faire ressortir la noble simplicité du rite catholique. Ils ont considéré comme fondamentalement négatif tout ce qu’avait fait l’Eglise durant des siècles et des siècles, pour rendre le rite catholique de plus en plus limpide et pédagogique. Ils ont enlevé et encore enlevé, considérant pratiquement tout ajout comme négatif, et il en est sorti un squelette de messe.
Une messe pleine de vides et de non-dits, vides et non-dits remplis par l’imagination du célébrant et des fidèles. Et l’imagination s’est multipliée, autant qu’il y a d’églises dans le monde, parce qu’on sait bien qu’on ne peut pas vivre d’un squelette : les hommes rembourrent le squelette, mais la chair et le sang qu’ils lui donnent ne sont pas ceux de Dieu, mais ceux de la dictature de la mentalité commune.
Ainsi, en fonction de la saison, nous avons eu les messes socialistes, les messes engagées, les messes intimes, les messes joyeuses, les messes verbeuses, les messes-catéchèse, les messes de guérison, les messes charismatiques, les messes missionnaires, les messes rapides, et ainsi de suite… bref, la messe, c’est toi qui la construis afin qu’elle corresponde à toi et à ton christianisme.

La messe ainsi appauvrie n’a pas nourri, et il a fallu se tourner vers les diverses idéologies du moment pour la rembourrer. Ayant enlevé beaucoup de Dieu, la messe a dû être remplie avec beaucoup d’humain, pour la considérer encore utile : une tragédie, la perte du cœur catholique, c’est-à-dire la Rédemption opérée par le Christ crucifié.

Et la tragédie s’est propagée à tout l’organisme catholique : la messe nouvelle, squelettique, pleine de vide, est devenue tellement ambigüe qu’elle a produit un squelette de christianisme, au dogme et à la morale squelettiques ; un christianisme ambigu.
Les prêtres, réduits à célébrer un squelette de messe, n’ont plus été nourris et défendus par la messe elle-même, de sorte qu’à leur tour, ils n’ont plus nourri ni défendu le peuple.

Nous parlions d’un Christianisme au dogme squelettique :
Que reste-t-il, pour la majorité des chrétiens d’aujourd’hui, du dogme catholique né de la Révélation divine ?
Presque rien.
Peut-être reste-t-il que Dieu existe, et qu’à la fin, il va nous sauver : aucun doute, de toute la Révélation, de tout le dogme, de tout le catéchisme, il ne reste presque rien dans le vécu de la majorité des chrétiens ; mais alors, pourquoi Dieu s’est-il révélé, pourquoi a-t-il parlé dans l’Ancien et le Nouveau Testament, pourquoi a-t-il accompli la Révélation en Jésus-Christ ? Il ne l’a certainement pas fait pour se voir « simplifié » horriblement dans le christianisme moderne.

Certains diront que nous oublions la richesse biblique de la réforme liturgique !
Certes, la Bible, on l’a beaucoup lue, mais la messe squelettique l’a emporté aussi sur la Bible, tant et si bien que les chrétiens n’ont jamais été aussi ignorants qu’aujourd’hui dans l’histoire sacrée et dans la Sainte Écriture. Oui, ils lisent la Bible à chaque occasion, mais ils ont été formés à l’idéologie du moment, qui rembourrait la messe squelettique.

Nous parlions d’une morale chrétienne squelettique :
Que reste-t-il, pour la majorité des chrétiens d’aujourd’hui, de la richesse morale catholique ?
Ils savent peut-être que Dieu est amour, que nous devons nous aimer les uns les autres, et un peu plus : c’est peu.
De la morale catholique, de la loi et de la grâce, on ne sait presque plus rien.
Voilà pourquoi nous sommes terriblement sans défense face au déferlement de l’immoralité et face, surtout, à l’idéologie de l’immoralité, qui veut tout admettre, sous le prétexte de l’amour. Nous assisterons à la réalisation de l’apostasie : seront promulguées les lois les plus immorales avec le silence des catholiques, avec l’approbation de certains, et avec la fausse prudence des bergers, qui se tairont au nom de la liberté et du respect humain. Plus qu’une morale squelettique, c’est sa mort pure et simple.

Tout a commencé avec le dépouillement de la messe, la vidant de ses défenses dogmatiques dans les mots et les gestes.
Et la renaissance commencera avec le retour à la messe catholique véritable et complète.

Les réformateurs post-conciliaires voulaient un nouveau christianisme plus libre, plus humainement attrayant, à cette fin, ils ont privé la messe de ses défenses, et ils n’ont pas voulu défendre le Christianisme de Dieu.

Paul VI n’avait peut-être pas prévu cette tragédie, il s’était peut-être illusionné de pouvoir limiter la simplification et la modernisation à la seule langue, peut-être… mais la langue est aussi contenu ; et les vides de la langue sont des vides de contenu, que le monde s’empresse de remplir comme il veut.

Peut-être Paul VI n’avait-il pas imaginé autant, mais il est certain qu’aujourd’hui, un Pape ne pourra plus arrêter la dérive sans accepter le martyre. Oui, il devra accepter le martyre, parce que s’il essaie vraiment d’y porter remède, il sera attaqué par le monde, par ce monde qui s’est infiltré dans la maison de Dieu.
Mais s’il n’accepte pas le martyre, il riquera de ne pas se comporter en Pape.

Missel romain traditionnel

2015-68. Du neuvième anniversaire du Sérénissime Maître-Chat Lully.

Lully a 9 ans

Le chat ouvrit les yeux,
Le soleil y entra.
Le chat ferma les yeux,
Le soleil y resta

Voilà pourquoi, le soir,
Quand le chat se réveille,
J’aperçois dans le noir
Deux morceaux de soleil.

Maurice Carême, « Le chat et le soleil »,
in « L’Arlequin » (1972)

Vendredi soir 10 juillet 2015.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Lorsque mon « papa-moine » m’a montré le « portrait officiel » de mon neuvième anniversaire – qu’il a réalisé aujourd’hui tandis que je m’étais installé pour méditer sur la « terrasse Saint-Constantin », à l’ombre bienfaisante d’un lilas – , ce poême de Maurice Carême m’est revenu à la mémoire, tant, sur ce cliché, mes yeux semblent avoir absorbé la lumière…

Eh oui ! J’ai eu neuf ans aujourd’hui : il paraît que cela équivaut à cinquante-deux ans chez vous les humains ; c’est donc dire que je suis désormais un « senior » et un sage.

Cela ne m’empêche nullement de garder mon espiéglerie naturelle, et j’avoue que j’ai profité de mon jour d’anniversaire pour me faire câliner, papouiller et dorlotter encore davantage qu’à l’accoutumée.
Et puis, bien évidemment, j’ai eu droit à un « extra » dans mon écuelle : en l’occurrence, de la terrine de lapin, offerte par un chanoine ami qui nous a rendu visite la semaine dernière, qui a célébré la Sainte Messe dans notre oratoire et qui, ayant bien retenu ma date de naissance, n’avait point omis d’apporter quelque chose pour la célébrer dignement : qu’il soit chat-leureusement remercié pour cette si prévenante attention !

Pour la circonstance, mon « papa-moine » ne m’a pas écrit une lettre ouverte, ainsi qu’il en avait publié une l’an dernier (cf. > ici), mais, puisqu’il sait combien je goûte les belles-lettres, il m’a dédié ce matin un sonnet de Jules Lemaître.

Il existe de très nombreux poêmes qui nous sont consacrés, à nous, les chats.
« Parce que nous le valons bien », ajouterai-je « cum grano salis ».

Mais c’est une évidence pour tout être sensé que, gracieux et distingués par nature, la délicatesse du langage et des sentiments, qui sont le propre de la poésie, ne peuvent que s’accorder avec nos moeurs aristocratiques…

Comme Jules Lemaître est aujourd’hui un auteur quelque peu oublié (sans doute ses engagements politiques lui valent-ils d’avoir été envoyé aux oubliettes par les tribunaux de l’inquisition maçonnique et républicaine), je ne résiste donc pas à l’immense plaisir de publier ci-dessous ce sonnet.

Patte de chat Lully.

Chat gif

Vieux frère.

Mon chat, hôte sacré de ma vieille maison,
De ton dos électrique arrondis la souplesse,
Viens te pelotonner sur mes genoux, et laisse
Que je plonge mes doigts dans ta chaude toison.

Ferme à demi, les reins émus d’un long frisson,
Ton oeil vert qui me raille et pourtant me caresse,
Ton oeil vert semé d’or, qui, chargé de paresse,
M’observe d’ironique et bénigne façon.

Tu n’as jamais connu, philosophe, ô vieux frère,
La fidélité sotte et bruyante du chien :
Tu m’aimes cependant, et mon coeur le sent bien.

Ton amour clairvoyant, et peut-être éphémère,
Me plaît, et je salue en toi, calme penseur,
Deux exquises vertus : scepticisme et douceur.

Jules Lemaître (1853-1914)
in « Les Médaillons ».

Lully sur la mezzanine - 10 juillet 2015

10 juillet 2015 – Monseigneur le Maître-Chat au bord de la mezzanine du bureau
(N.B. : Non ! Il ne dort pas, il médite)

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