Archive pour la catégorie 'Commentaires d’actualité & humeurs'

2026-8. « Le nouvel « Ordo Missae » : vers une messe œcuménique » (abbé Raymond Dulac).

18 janvier,
Fête de la Chaire de Saint Pierre à Rome ;
Mémoire de Saint Paul apôtre ;
Mémoire de Sainte Prisque, vierge et martyre ;
Anniversaire du rappel à Dieu de Monsieur l’abbé Raymond Dulac (+ 18 janvier 1987 – cf. > ici et > ici).

   Nous avons brièvement présenté Monsieur l’Abbé Raymond Dulac (cf. > ici), auquel la défense du rite latin traditionnel pluriséculaire doit tant.
Permettez-nous de porter aujourd’hui à votre connaissance un texte daté du début de l’été 1970 dans lequel ce grand théologien argumente avec brio sur certaines des raisons pour lesquelles, à sa suite, nous maintenons fermement notre refus de ce que l’on continue d’appeler « le nouvel ordo », même s’il est entré en vigueur il y a désormais plus de 55 ans (!!!) : il s’agit ici 1) de son caractère théologique équivoque ou ambigü (puisque des protestants peuvent l’accepter et l’utiliser sans abjurer le moins du monde leurs théories hérétiques), et 2) de l’importance des prières sacrificielles de l’offertoire traditionnel.

La Sainte Messe

Vers une Messe polyvalente :

       Ce qui nous décide aujourd’hui, à parler, c’est la publication, ces jours-ci, du nouvel Ordo Missae : c’est-à-dire de la nouvelle ordonnance de la Messe romaine. Préparée (… c’est ainsi qu’on parle aujourd’hui, à propos des prières les plus saintes !) préparée, disons-nous, par la « Commission » de Liturgie issue du Concile, cette ordonnance a été promulguée par le Pape Paul VI, le 3 avril de cette année, dans une Constitution Apostolique qui commence par les mots : Missale Romanum.

   C’est bien, en effet, un nouveau « missel » qui est ainsi promulgué, mais il faut savoir et dire que les nouveautés de ce missel ne touchent pas seulement… un choix nouveau des « lectures », encore sur le chantier. Ces nouveautés portent sur ce que nous appellerons, pour aller vite, la partie fixe de la Messe : l’ordinaire : paroles, gestes, rites.

En la comparant à la précédente ordonnance, promulguée par le Pape Saint Pie V, le 14 juillet 1570 (mais qui consacrait, en les unifiant, des textes ou des rites vieux de 400, 600, 1000 ans), on constate que l’Ordo de Paul VI apporte, sur des points capitaux, les autre nouveautés suivantes :

1) Des suppressions.
2) Des modifications.
3)Des additions.
4)
 Des rites laissés au choix du célébrant.

   Bornons-nous à dire, respectueusement, les sentiments que ces innovations, prises dans leur généralité, nous inspirent.
Ce faisant, nous ne nous hausserons pas au-dessus de notre rang dans l’Eglise. Nous parlerons comme peuvent parler les prêtres et les fidèles à l’intention de qui, précisément, cette nouvelle Messe a été fabriquée. Puisque nous devons prier sur ces prières, offrir, selon ces rites, le Saint Sacrifice, il est naturel, n’est-ce pas, que nous fassions connaître notre… goût ?

   Il eût été, certes, préférable de le manifester avant qu’après, mais on ne nous a pas consultés !…
Bien plus, ce nouvel « Ordo », tel qu’il nous arrive, contredit des vœux, des instances, presque des supplications, que des milliers de fidèles n’ont cessé de porter au Siège de Pierre, dès qu’ils ont eu le soupçon du but où on voulait les mener en considérant les étapes qu’on les forçait insensiblement à parcourir.

   Ce but de la réforme du Missel, nous allons le laisser déclarer par un protestant. Un protestant « modéré » : M. Max Thurian, « frère de Taizé ». Dans un article (nous disons bien : un article), paru dans « La Croix » du 30 mai 1969, sous le titre : « Le nouvel ordre de la messe va dans un sens profondément œcuménique », il écrit, en conclusion :

   « Le nouvel ordre de la messe, quelles que soient ses imperfections relatives, dues au poids de la collégialité et de l’universalité, est un exemple de ce souci fécond d’unité ouverte et de fidélité dynamique, de véritable catholicité : un des fruits en sera peut-être que des communautés non catholiques pourront célébrer la Sainte Cène avec les mêmes prières que l’Eglise catholique. Théologiquement c’est possible ».

   Entendons, maintenant, l’un des motifs capitaux de l’adhésion de ce protestant à cette nouvelle messe. Motif qui nous parait le plus caractéristique de tous ; il s’agit de ce que l’on continuerait à appeler l’Offertoire, après qu’on l’a anéanti

   « Cet offertoire simplifié, dit M. Thurian, n’apparaît plus comme un doublet de la prière eucharistique (= le Canon), ni comme un acte sacrificiel anticipé ; ainsi s’atténuent les difficultés que créait l’ancien offertoire, dans la recherche œcuménique ».

   Voilà qui est dit, assurément, avec la délicatesse d’un séparé qui veut rester un frère et d’un frère qui veut rester un séparé.
Mais nous avons, nous, le droit et le devoir de parler avec plus de clarté, sinon de franchise. Et, d’abord, de poser des questions de grammaire, qui se prolongent dans des questions de philosophie, puis de théologie :

       - 1) Qu’est-ce qu’une « unité ouverte » ? Il n’est pas absolument nécessaire d’être thomiste et aristotélicien, pour définir l’un : ce qui est indivis en soi et qui est divisé de tout autre : car c’est le sens commun qui nous le dit.
Mais nous aimons ajouter à cette définition la réponse que saint Thomas fait à la question : « L’unité ajoute-t-elle quelque chose à l’être ? » (Ia, XI, 1) :

   « L’unité ne surajoute à l’être aucune réalité, mais uniquement la négation de la division. Car l’un ne signifie rien d’autre que l’être indivis. D’où il résulte avec évidence que l’un et l’être sont interchangeables (convertitur)… »

   Et voici la conclusion, qui s’applique directement à notre sujet : « De là vient que toute chose, comme elle défend son être, défend aussi son Unité ». Et réciproquement !
Donc, parler, comme M. Thurian, d’une « unité ouverte », c’est, du même coup, parler d’un Etre ouvert. Un être ouvert, qu’est-ce donc ? C’est ou bien un être en devenir, ou bien un être composé : composé de parties hétérogènes, en voie de dissolutions et de transformations perpétuelles.

   Nous tenons ainsi, de la bouche d’un protestant qui le proclame tranquillement dans « La Croix » (laquelle passe communément pour un journal catholique), nous tenons, disons-nous, un jugement que nous n’aurions osé prononcer nous-même qu’avec d’immenses scrupules. Ce jugement, le voici en clair :

Le nouvel Ordo Missae introduit ou favorise un nouveau concept de l’unité religieuse.

Il permet, en effet, d’exprimer avec des mots identiques des idées différentes. Ce qui, évidemment, n’est devenu possible que parce que les mots sont équivoques ou les idées indécises.

Dans les deux cas, comment peut-on continuer à nommer la Messe « Le mystère de la Foi » ? Où est le mystère, et de quelle foi ?

Et puis, que devient l’article du Symbole que « l’unité » est le signe de reconnaissance (la « Nota ») de l’Eglise véritable de Jésus-Christ, distinguée ainsi des fausses ?

Enfin, que devient la formule (attribuée au pape Célestin Ier) et devenue un « lieu commun théologique » : « Que la règle de la prière détermine la règle de la Foi » ? Quel dogme le fidèle, quel approfondissement le théologien pourront-ils désormais tirer d’une « Messe » célébrée tranquillement par un calviniste qui est décidé à rester calviniste ?

L’acte le plus sublime de l’homme religieux n’apparaît-il pas ainsi, par le fait de cette indétermination, avili au niveau d’une convention diplomatique, rendue assez vague pour que les deux parties contractantes puissent, à tout moment, se dégager ?

Mais alors, et c’est la question qui résume et domine toutes les autres : la Messe est-elle un acte du culte divin ou un geste de fraternité humaine ? Ne posons pas la question, puisque l’« Instruction générale » qui précède le nouveau Missel nous donne la réponse (Typographie Vaticane : p. 15, n° 7) :

« La Cène du Seigneur, appelée aussi la Messe est la sainte assemblée ou le rassemblement du peuple de Dieu qui se réunit sous la présidence d’un prêtre (sacerdote praeside), afin de célébrer la mémoire du Seigneur. C’est pourquoi, à ce rassemblement de l’Eglise dans un même lieu (local) s’applique éminemment la promesse du Christ : « Là où deux ou trois sont rassemblés en mon nom, là je suis au milieu d’eux ».

Rien, on le voit, dans cette définition, qu’on ne trouve également dans un réveillon de Noël, dans un feu de camp boy-scout, ou dans une réunion de famille pour célébrer les noces d’or du grand-père. Dieu n’y est ni plus ni moins présent, et il n’est pas question de demander aux invités s’ils sont d’extrême-droite ou d’extrême-gauche ; pourvu que chacun garde la politesse et la bonne humeur : ce qui est, nous semble-t-il, le résumé de toute la « théologie » de l’œcuménisme.

       - 2) Quant à la « Fidélité dynamique » dont M. Max Thurian découvre pareillement les signes heureux dans le nouvel Ordo Missae, elle n’est que le prolongement de l’unité ouverte : car la fidélité est la forme sensible de l’unité, nous dirions : son expression affectueuse. Une épouse est fidèle à son époux, quand elle s’est donnée à lui et à lui seul. Il n’y a de cœur « ouvert », de cœur « dynamique », que le cœur des artichauts : ils se donnent, mais feuille par feuille.

Agneau de Dieu broderie fil d'argent - blogue

Pas de Messe catholique véritable sans offrande préalable du pain et du vin :

   Nous n’avançons cette proposition qu’à la manière d’une pierre d’attente. Mais il convenait de poser, dès à présent, le principe. Comme une borne : la borne qui marque la frontière irréductible du monde catholique et du protestant.

   On sait que, dès l’origine, les protestants, quels qu’ils fussent, se sont acharnés contre les prières et les cérémonies de l’Offertoire. Pourquoi ? Parce qu’elles exprimaient, sans laisser de doute possible, le sacrifice de l’Eglise : elles indiquaient un acte sacerdotal personnel, réel, actuel, et pas seulement la commémoration purement narrative de la Cène du Jeudi Saint.

   Or, le nouvel Ordo anéantit l’Offertoire, et il le fait expressément :

1) Les nouvelles rubriques qui se rapportent à cet endroit (n° 49 à 53) portent comme titre : « Préparation des dons ». Il n’y est dit, en aucune façon que ces « dons » sont offerts, offerts dans un acte d’oblation proprement sacerdotal : ils sont apportés (afferuntur), présentés (praesentantur - quel latin !) : puis ils sont déposés (deponuntur) sur l’autel (soit par le prêtre, soit par un diacre). On peut ensuite les encenser (au cours de ce qu’on appelait jusqu’ici la grand-messe), mais ce n’est pas obligatoire.
Suit le lavement des mains par le prêtre ; l’Orate fratres ; l’ex-Secrète ; la Préface et la suite, que l’on n’appelle plus Canon, mais « prière eucharistique ». Et, de fait, comment appellerait-on encore « Canon », comme, Saint Ambroise, comme Saint Optat, comme Saint Grégoire, ce qui a cessé d’être une « règle » immuable ?

2) Les trois prières qui exprimaient l’oblation, faite par le prêtre, du pain et du vin (Suscipe… hanc immaculatam hostiam… Offerrimus titi calicem salutaris… Veni, sanctificator..) sont supprimées. On leur substitue une formule ambigu, qui peut exprimer à égalité, une oblation et une simple offrande : comme serait celle des premiers fruits de la saison ou un cierge. Exemple (pour le pain) :

« Béni sois-tu, Seigneur de l’Univers, parce que nous avons, de ta largesse, reçu le pain : nous te l’offrons, comme le fruit de la terre et de l’ouvrage des mains humides. Il deviendra pour nous un pain de vie ».

Et de même pour le vin.

   Quel dévot de Cérès et de Bacchus ne serait prêt à souscrire à de pareilles formules ? Que dis-je ! Quel adepte du « Grand Architecte de l’Univers » ? Où donc se trouve exprimé non seulement le sacrifice « d’action de grâces », mais le sacrifice propitiatoire pour des péchés, qui renouvelle, mystiquement, mais réellement, sur l’autel de l’Eglise, le sacrifice de la Croix ?

   Vous dites : on l’exprimera plus loin : avant la Consécration.
Je vous réponds : d’abord, cela n’est exact que pour la « première » des « Prières eucharistiques ». Cela est faux des trois autres, que vous avez ajoutées au vieux Canon romain, et qui, presque partout, l’ont déjà supplanté.
Et puis : pourquoi ne dirait-on pas deux fois, et trois, et quatre, une vérité qui faisait fondre d’émotion l’âme des saints ?
Parlant des Ave Maria du Rosaire, dits et redits des dizaines de fois, Lacordaire a cette parole : « L’amour n’a qu’un mot et, en le redisant toujours, il ne le répète jamais ».

   Allons ! Qu’on ne fasse pas les hypocrites ! On a volatilisé l’Offertoire pour « faire plaisir » aux protestants ! On a fabriqué une liturgie comme la Secrétairerie d’Etat fignole un concordat avec une nouvelle république africaine. On a pris ainsi des hommes profondément sérieux pour des gobe-mouches. Voilà le fond de l’œcuménisme !

   La réponse ? Le Pape l’a eue, l’autre jour, en traversant les rues de Genève [note : il s’agissait du voyage de Paul VI à Genève le 10 juin 1969 pour répondre à l’invitation du Conseil œcuménique des Eglises] : un silence glacé d’indifférence, comme s’il s’était agi du Négus ou du Dalaï Lama. Nous en avons rougi pour le Pape d’un jour, nous en avons pleuré pour la Rome éternelle.

   Cette messe qui se cache, vous ne la ferez pas avaler par surprise aux calvinistes, comme vous espérez l’ingurgiter de force aux catholiques !
Si souples que vous ayez rendu ceux-ci par vos réformes successives, ou bien ils se seront faits, à la fin, protestants, ou bien, après avoir trempé les lèvres dans votre calice laïcisé et mal offert, ils referont le geste de leur Seigneur en croix, à qui les Juifs avaient présenté – eux aussi ! – « du vin mêlé de fiel » : « Quand Il en eut goûté, Il n’en voulut point boire » (Matth. XXVII, 34).

   Car, pour le vrai catholique, « tout sacrifice est une oblation, mais ce n’est pas réciproque » ; pour que l’offrande devienne vraiment sacrificielle, il faut que « quelque chose soit fait sur les choses qui sont offertes . : ainsi, dans les sacrifices antiques, l’animal offert devait être tué, brûlé ; le pain devait être rompu, dévoré béni. – C’est saint Thomas qui parle ainsi, avec la tradition de l’humanité tout entière (2-2de 85, 3 ad 3). Mais, comme « le Christ ressuscité ne meurt plus », il ne peut, à la Messe, être mis lui-même dans un état quelconque de victime. Il ne peut l’être que mystiquement, sous les espèces du pain et du vin. Ce pain et ce vin entrent donc, comme « parties intégrantes » dans le sacrifice. C’est là l’expression de Bellarmin : « l’oblation du pain et du vin qui précède la consécration, appartient à l’intégrité et à la plénitude du sacrifice, quoique non pas à son essence » (De sacrif. Missae, c 27, éd. Vives 1872, p. 365).

   L’essence de la Messe, elle est dans la consécration, par laquelle les éléments profanes du pain et du vin cessent, par leur transsubstantiation, d’être profanes pour devenir l’objet sacré donné à Dieu : le Corps et le Sang de Son Fils immolé.

   Mais comme, d’autre part, il n’y a de sacrifice véritable que sensible, l’oblation du Corps et du Sang de Jésus-Christ doit être exprimée dans une oblation visible préalable, claire et formelle, celle du pain et du vin.

   Nous n’ignorons pas les bavardages des « historiens » sur cet article. Mais nous tenons les historiens comme de simples manœuvres au service du théologien. Celui-ci est instruit par une révélation qui est inscrite dans des livres sacres, expliquée ensuite par une tradition séculaire, qui ne peut plus changer dans ses énoncés essentiels.
Sur l’ancienneté plus ou moins grande des prières de l’Offertoire, sur les « remaniements » du Canon et autres questions curieuses, nous laisserons d’abord les « historiens » se mettre d’accord entre eux. Puis, nous interpréterons leurs « certitudes » d’après la certitude supérieure de la théologie.
Et la théologie elle-même, nous la subjuguerons, comme dit saint Paul, à Jésus-Christ.

   L’autel catholique n’est pas une « table ronde » de rabbins, mais la table de famille des enfants.

Elévation du Calice

La voie droite de l’Evangile : 

   Nous reprenons, dans le titre de ce paragraphe, l’expression de Saint Paul, dans son épître aux Galates (Gal. II, 14).

Ce que M. Thurian déclare joyeusement, nous le redisons avec lui, mais douloureusement et la mort dans l’âme : « Le nouvel Ordre de la Messe va dans un sens œcuménique ».
Et puisque le Frère de Taizé ajoute : « Des communautés non catholiques pourront célébrer la sainte Cène avec les mêmes prières que l’Eglise catholique », notre choix est aujourd’hui fixé, par cela même.

   Nous refusons de donner notre appoint, si petit soit-il, à une équivoque qui, hier encore, nous aurait fait taxer de : « suspects d’hérésie ».
C’est d’abord l’honneur de Dieu qui nous le demande : le Dieu Un qui veut être servi dans l’Eglise Une.
C’est la fidélité à Jésus-Christ qui nous a commandé, la veille de Sa Passion, de faire, en souvenir de Lui, la même chose, qu’Il avait faite : une oblation sacerdotale de Son Corps et de Son Sang sous les espèces sensibles du pain et du vin.
C’est l’obéissance à la Tradition universelle, immuable, ininterrompue, des communautés catholiques d’Orient et d’Occident.
C’est la soumission aux engagements de notre baptême ou de notre sacerdoce.
C’est la charité envers nos frères que notre duplicité scandaliserait.

   En approuvant ce « nouveau Missel » Paul VI n’a pas pu enlever la liberté que son prédécesseur canonisé Saint Pie V avait eu le scrupule de laisser expressément à ceux qui désiraient continuer l’usage au moins deux fois déjà séculaire d’un missel autre que celui qu’il ordonnait.

Nous refusons de suivre le nouvel Ordo Missae.

Abbé Raymond Dulac.

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2026-7. « Il n’y a pas de situation, aussi malheureuse et désespérée soit-elle, dont le peuple français ne se soit remis ! »

Samedi 17 janvier 2026.

       Depuis plusieurs années maintenant, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX de France, nous a habitués à le voir nous adresser un message plutôt bref de vœux le 1er janvier ou son lendemain, puis un message plus développé – riche de ses réflexions et pensées politiques – aux alentours des cérémonies commémoratives de l’assassinat de son prédécesseur, le Roi Louis XVI.
Cette année 2026 ne déroge pas à cette façon de faire, et, ce samedi 17 janvier en milieu de journée, Sa Majesté a diffusé sur les réseaux sociaux le lien vers ce message, publié la veille au soir dans l’édition numérique de l’hebdomadaire « Valeurs Actuelles » (source > ici).

Louis XX

       Comme il est de coutume au seuil de la nouvelle année, je veux adresser aux Français et à la France mes vœux les plus sincères. Que chaque foyer, chaque compatriote puisse trouver la paix, la quiétude et la prospérité. Car, en réalité, c’est de cela que nous avons tous aujourd’hui le plus besoin.
Pourtant, il est difficile d’être foncièrement optimiste quand nous observons les mille sujets d’inquiétude qui préoccupent notre pays, ainsi que le développement de la misère économique, sociale et humaine. Les messages d’espoir peuvent apparaître comme vains. L’espérance comme folle.

   La fin d’année dernière s’est terminée par cette note aigre de voir, à nouveau, nos paysans aux prises avec une administration centrale devenue froide et inhumaine. Les images des forces de l’ordre s’en prenant à ceux qui peinent dans la résignation et la fierté depuis tant d’années ont suscité beaucoup d’émotion parmi nous. Le malaise au sein de la société française a été palpable. Et cette actualité agricole interroge plus largement notre modèle économique et notre souveraineté globale, au moment où les tensions internationales s’intensifient.

   Le réarmement mondial, ainsi que les conflits armés qui prolifèrent un peu partout, tant en Afrique que sur le continent eurasiatique, doivent nous faire prendre conscience à la fois des réalités géopolitiques à l’œuvre dans le monde, mais également de la situation de dépendance dans laquelle le système globalisé nous a plongés.
Fermeté, modération et anticipation devront être les mots d’ordre pour notre pays afin de préserver la paix mondiale tout en garantissant notre indépendance.
Les défis internationaux du XXIᵉ siècle sont tels que nous ne pouvons plus nous permettre de fonctionner selon les logiques d’il y a trente ans. Tout porte à croire que ce début de siècle verra les empires prendre leur revanche. La Chine, la Russie, l’Iran, les Etats-Unis et même la Turquie, chacun se rêve en superpuissance. Des sphères d’influence se dessinent, tandis que certains territoires attisent les convoitises. Au milieu de ces géants, la France conserve l’atout d’une présence sur tous les continents. Elle doit savoir l’exploiter et trouver une place au sein de ces vastes ensembles.
La patrie de Philippe Auguste et de Louis XIV ne saurait être le vassal d’aucun autre.

   En matière de souveraineté, comment ne pas souligner également le fait que l’intelligence artificielle et la robotique semblent, pour le pire et pour le meilleur, prendre une place prépondérante dans nos sociétés.
En cela, je veux saluer les entrepreneurs français ainsi que le monde de la recherche scientifique, qui s’escriment à maintenir la France dans la course de l’innovation technologique. Le moment de la fascination commence à décroître, pour passer à celui du discernement, de sa prise en main et de son utilisation raisonnée et raisonnable. L’enjeu est trop important pour que nous passions à côté, mais, néanmoins, l’éthique et l’humanité doivent rester au centre de la réflexion.
L’équilibre peut être dur à trouver et compliqué à mettre en place, mais cette exigence sera tout à l’honneur de notre patrie, reconnue internationalement pour être la terre des valeurs chrétiennes, de l’humanisme et de la magnanimité.

   Face à cet état de fait, que je sais hélas peu réjouissant, je formule les vœux d’une France qui prenne enfin en considération le malheur, la faiblesse et la petitesse. Beaucoup de nos compatriotes sont isolés, tristes, inquiets, ruinés, imposés à l’excès, découragés et abandonnés par un Etat qui avait eu la réputation d’être providence, peut-être trop, d’ailleurs et qui a dégénéré en une administration tatillonne, obèse, vexatoire et injuste.
Nombre d’entre vous, chers Français, vous reconnaîtrez dans ce portrait de personnes matériellement et moralement exsangues.

   Au désert spirituel amorcé il y a déjà bien longtemps succède désormais un désert matériel et humain, qui laisse des individus isolés, faibles et vulnérables. N’attendons pas le secours hypothétique de l’Etat pour œuvrer autour de nous, pour rétablir la justice là où règne l’injustice, pour donner de la douceur là où prolifère la brutalité, pour apporter un secours là où il y a la gêne et l’indigence.
Je sais que beaucoup d’initiatives collectives, locales et solidaires œuvrent déjà à cela, et j’entends saluer leur action.
Si la tâche paraît vaste, elle n’en est pas moins nécessaire pour que nous puissions traverser les crises sans perdre ce qui nous unit en tant que Français, et sans rien abdiquer de notre humanité.

   Il faut mettre fin à l’œuvre perverse d’isolement systématique des individus et d’abêtissement de la population par un consumérisme maladif et compulsif qui, reconnaissons-le, met également en péril la Création qui nous a été confiée et dont nous devons prendre soin.
La France manque de ces corps intermédiaires dans lesquels les personnes pouvaient trouver un refuge face aux dérives de l’Etat.
Je suis héritier d’un système politique, la royauté, dans lequel les chefs d’Etat ont toujours eu à cœur de préserver, sinon de tolérer, ce genre d’institutions. Certains détracteurs ont dénoncé le fait que ces corps pouvaient entraver la bonne marche et la toute-puissance de l’Etat. Mais je préfère cela aux dérives étatiques contemporaines. L’Etat n’est qu’un moyen, le plus efficace, certes de garantir le bonheur des peuples dont il a la charge. Mais il n’est certainement pas une fin en soi. Ne l’oublions pas.

   Enfin, je veux rappeler qu’il n’y a pas de situation, aussi malheureuse et désespérée soit-elle, dont le peuple français ne se soit remis. Nous ne valons pas moins que nos glorieux ancêtres. En un sens, la succession des rois de France que j’assume en ma personne me fait également gardien et dépositaire d’une mémoire française. Et en vertu de cela, je ne me lasserai jamais d’apporter un message d’espérance auprès de vous, afin que jamais notre résignation aux épreuves du temps ne soit stérile, mais bien tournée vers l’objectif de les surmonter, pour connaître un juste bonheur et une tranquillité à laquelle nous aspirons tous.

   Ma femme, la princesse Marie-Marguerite, et mes enfants s’associent à mes vœux afin que l’année 2026 soit une année de paix et d’harmonie pour nous et notre cher pays.

Que saint Louis protège la France et les Français !

Louis de Bourbon,
Duc d’Anjou.

Grandes armes de France

2026-1. Vœux pour l’an de grâce 2026.

Jeudi 1er janvier 2026,
Fête de la Circoncision de NSJC (double de 2ème classe),
Octave de la Nativité.

Vœux jour de l'an 2026 1 - blogue

       Vous êtes déjà très nombreux, chers Amis, à nous avoir adressé, de diverses manières (textos, messages sur le répondeur téléphonique ou sur les réseaux sociaux, commentaires à la suite de certaines publications de ce blogue ou encore courriels [jusqu'à cette heure nous n'avons encore reçu ni pigeons voyageurs ni signaux de fumée]) vos vœux pour la nouvelle année : mon papa-moine et moi-même nous vous en remercions du fond du cœur et nous sommes profondément touchés par toute la bienveillance et la sollicitude qui s’y expriment : Merci ! Merci !

   Alors, à notre tour, nous vous prions de bien vouloir recevoir les nôtres, sincères, chat-l’heureux et fervents, en vous demandant de nous pardonner de devoir faire, en ces lignes, un message général, étant dans l’impossibilité de répondre en détail à chacun : sachez toutefois que vous êtes tous bien présents à notre pensée, dans votre individualité irréductible, avec vos visages et vos intentions.

   A tous, et à chacun d’entre vous donc :

Bonne année 2026

   Aux traditionnels souhaits concernant la prospérité, la santé, et même une certaine réussite dès ici-bas (ne faisons pas d’angélisme déplacé : le Bon Dieu ne nous a pas créés pour autre chose, et Il est Lui-même heureux de notre bonheur, lorsque – évidemment – celui-ci n’est pas placé dans des choses désordonnées ou malhonnêtes !), vous savez bien que nous ajoutons des vœux pour le salut et la sanctification de vos âmes, puisque la vie sur cette terre n’est qu’un passage, prélude à une vie éternelle, en laquelle nous espérons nous retrouver au Ciel si nous vivons ici-bas dans la justice et la sainteté.

   Nous ne savons certes que trop que, malgré nos vœux et nos prières, les épreuves – personnelles et sociales – ne seront pas absentes des jours, semaines et mois de l’année 2026.
Nous avons une conscience aigüe de la grave crise qui désole notre beau Royaume de France, à la ruine duquel un pervers psychotique dangereux préside en toute impunité, soutenu par un système pourri, téléguidé dans l’ombre par la secte maçonnique, servi par des hommes de pouvoir corrompus jusqu’à la moëlle, et patronné par la maffia mondialiste aux ordres du « Prince de ce monde », « menteur et homicide dès le commencement ». Malgré cela donc, nous ne nous décourageons pas. Tout au contraire, nous sommes davantage encore ancrés dans l’espérance, et motivés pour affronter les épreuves et en triompher, avec l’aide du Ciel.

   Un de nos amis nous a envoyé ce matin une image, que je ne reproduirai pas, bien que ce qu’elle exprime soit parfaitement juste. Je me contenterai de vous la décrire : on y voyait, très caricaturalement dessiné, un énorme sumotori, de dos, posé sur un petit tabouret dont il débordait plus que largement ; et sous le tabouret un petit chien dormait. Le souhait qui accompagnait ce dessin était : en 2026, je vous souhaite d’avoir toujours la force du tabouret et la sérénité du petit chien
Ce souhait, je vous le transmets à mon tour aujourd’hui, à l’occasion de ce début d’année.

   Et toutes vos intentions et vos personnes, vos proches et vos vies tout entières, soyez assurés que nous les déposons avec une grande confiance dans le Cœur très puissant et très miséricordieux de Jésus Enfant, par l’intercession de Sa Très Sainte Mère, de Saint Joseph et de l’archange Saint Michel, de Sainte Philomène – notre aimable thaumaturge – et de tous nos amis du ciel…

pattes de chatTolbiac.

Vœux jour de l'an 2026 2 - blogue

2025-207. Prosternés devant Sa crèche, recevons de Lui la force et le courage : nous en aurons besoin !

Lettre mensuelle

aux membres et amis de la Confrérie Royale

- Saint Jour de Noël, 25 décembre 2025 -

Saint Enfant Jésus notre Roi bénissez-nous - blogue

Mes très chers Amis,

       Au soir du 25 décembre, nombre de nos contemporains sont déjà retournés dans la bulle imperméable de leurs petits égoïsmes et de leurs petites préoccupations personnelles très terre-à-terre : ils ont mis toutes leurs énergies à un « réveillon » (qui n’en est pas un, puisque le réveillon c’est une deuxième veillée : celle que l’on faisait au retour de la Messe de Minuit [célébrée à minuit et non à la manière d’une « messe anticipée » du jour de Noël]), « réveillon » qui n’est le plus souvent que superficialité et apparences. 

   Pour un catholique qui vit véritablement de la foi et de la liturgie catholiques, au soir du 25 décembre, après le plus souvent de légitimes, mais raisonnables, réjouissances familiales et amicales, nous ne faisons que commencer les fêtes spirituelles, les fêtes surnaturelles, qui vont aller crescendo jusqu’à la conclusion de l’octave de l’Epiphanie, et qui nous vont remplir et combler de grâces selon la mesure de notre générosité et de notre ferveur.

   Voilà pourquoi j’ai attendu ce soir du 25 décembre pour vous envoyer cette lettre mensuelle et vous souhaiter, en ma qualité de Prieur, de saintes et joyeuses fêtes de la Nativité de notre divin Rédempteur.

   Joyeuses et saintes fêtes de Noël ! Que notre Sauveur, en ces célébrations de Sa merveilleuse et très humble naissance, vous donne Sa paix : cette paix que Ses anges ont promise aux hommes « de bonne volonté », ou plus exactement – « pax hominibus bonae voluntatis » – aux hommes objets de la bienveillance de Celui qui trône au plus haut des cieux.

   Je pense que, pour la plupart, vous avez pu prendre part aux célébrations de la Nuit sainte ou du jour de Noël (ou des deux) dans des conditions à peu près « normales » ou habituelles.
Parenthèse appréciable dans un contexte difficile ou éprouvant : tous les problèmes – qu’ils soient politiques, sociaux, économiques, spirituels… etc. – sont certes toujours présents, mais les célébrations de Noël nous offrent un instant de pause psychologique et spirituelle, d’autant plus appréciables que la situation générale est anxiogène, lourde de menaces. L’année 2025 qui s’achève a été pénible et douloureuse à bien des égards, et je vous puis certifier que l’année 2026 qui se profile sera au moins tout aussi éprouvante, sinon davantage.

   Je n’éprouve aucun plaisir malsain ou cruel à écrire ces choses ; je crois être seulement lucide. Sereinement lucide.

   Sur cette terre de France, très vite, lorsque ce n’est pas déjà le cas,  l’échéance des élections municipales (comme à chaque fois qu’il y a des élections républicaines) va encore une fois mettre notre beau Royaume – occupé par un système idéologique pervers et mis à sac par un pouvoir illégitime qui, sous ses apparences d’incompétence et de « cafouillages », poursuit un plan très calculé et minutieusement programmé de destruction de tout ce qui peut encore subsister de sain -, dans une forme de guerre civile politique et psychologique.

   Mais, ainsi que nous l’avons déjà fait jusqu’ici et ainsi que nous le ferons encore, nous nous efforcerons de garder la tête froide, l’esprit lucide, la vue claire, l’âme enracinée dans les principes pérennes de la tradition monarchique capétienne, afin de continuer, inébranlablement, à servir « Dieu et le Roi », à la place qui nous a été assignée par la divine Providence et selon la mesure des dons et des grâces qui nous ont été accordés.

   Ce que nous célébrons à Noël – le Verbe divin apparu en notre chair, le mystère sacré de l’Incarnation de la Deuxième Personne de la Très Sainte Trinité, « descendue » parmi nous afin d’accomplir le seul véritable Sacrifice rédempteur – n’est pas l’« anniversaire » d’un fait du passé, c’est une réalité présente et quasi tangible, qui, depuis la Sainte Nuit de Bethléem, il y a 2025 ans, continue à être présente et efficace aujourd’hui et chaque jour.
Notre foi catholique et l’exemple des saints doivent toujours et à tout moment nous en apporter une certitude plus intense, plus forte, plus roborative, plus enthousiasmante, plus motivante, plus exaltante, plus stimulante pour l’accomplissement de notre vocation et de nos engagements…

   Nous avons l’évidence que nous sommes immergés dans une période, et surtout un système, de violences et de haines amplifiées, qui prennent chaque jour des proportions effrayantes.

   Mais Noël nous rappelle aussi à tous – et cela doit être chaque jour plus fortement enraciné et vivant dans notre âme – que, à travers mêmes ces horreurs accumulées et cet écroulement général, Dieu entre dans notre histoire et dans nos vies à la manière d’un nouveau-né, à la manière de l’être le plus fragile et le plus vulnérable qui soit, pour ensuite, comme le petit caillou détaché de la montagne vu en songe par le roi Nabuchodonosor et interprété par le prophète Daniel (Livre de Daniel chapitre II), faire tomber et réduire en morceaux tous ces « colosses aux pieds d’argile » qui sont, en vrac : la conquête mahométane, les intrigues talmudiques, les complots des sectes maçonniques, la prétendue philosophie des « lumières » et toutes les idéologies – de droite ou de gauche nées de la grande révolution -, la perversion morale érigée en modèle vertueux, le macronisme et tous les avatars du libéralisme, les crimes contre la vie humaine depuis sa conception jusqu’à sa fin naturelle, le laïcisme fer de lance des nouveaux paganismes, le modernisme théologique qui continue à dévaster la Sainte Eglise, les hérésies – antiques et nouvelles – qui grouillent dans tous les recoins des presbytères ou des sacristies… etc. …etc.

   Dieu, par Jésus-Christ Notre-Seigneur et par les incompréhensibles et providentiels cheminements de Sa grâce, entre dans nos vies, entre dans notre histoire personnelle, entre dans notre histoire sociale et politique, à la manière du tout petit caillou qui percute et renverse tous les colosses aux pieds d’argile.

   Dieu entre aussi dans nos nuits ; les nuits de nos épouvantes, les nuits de nos craintes, les nuits de nos vulnérabilités, les nuits de nos tentations, les nuits qui nous instillent de sournoises pensées de découragement et de manques de confiance. « J’avais dit : Peut-être les ténèbres me couvriront-elles ? Mais voici que la nuit devient lumière autour de moi dans mes plaisirs. Parce que les ténèbres ne seront point obscures pour Vous, et la nuit sera éclairée comme le jour…» (cf. Psaume CXXXVIII 11-12).

   Cet Enfant nouveau-né, si faible et si fragile à vues humaines – que nous allons contempler et que nous allons prier dorénavant en nous plaçant en face de nos crèches, pendant toute la sainte quarantaine qui nous conduit jusqu’à la Chandeleur -, cet Enfant, si faible et si fragile, a déjà en grande partie changé le monde, changé l’histoire des hommes, changé le cœur des hommes. Et toutes les nations, tous les peuples, tous Ses ennemis, bon gré mal gré, Lui seront soumis.

   Prosternés devant Sa crèche, recevons de Lui la force et le courage : nous en aurons besoin ! Recevons de Lui une foi plus ardente et une espérance sans faille, pour nous relever toujours, militer sans relâche sous Son étendard de Salut, pour « donner sans compter » et « combattre sans souci des blessures », pour « travailler sans chercher le repos » et « nous dépenser sans attendre d’autre récompense que celle de savoir que nous faisons Sa très sainte et tout adorable Volonté » !

   Joyeux et saint Noël : un Noël de force et de courage, indéfectiblement entés sur le Christ notre Sauveur et notre Roi !

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur,
Prieur.

Blason Confrérie Royale petite taille

2025-202. « Jamais je n’accepterai notre pays sans paysans » : message de Sa Majesté à propos de la crise qui désole la France.

Dimanche soir 21 décembre 2025.

       Au soir de ce dimanche qui précède les fêtes de la Nativité, mais dont la perspective est assombrie par une situation sociale lourde, particulièrement en ce qui touche au monde paysan, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, a fait paraître sur ses réseaux sociaux une nouvelle tribune, après qu’il l’a publiée dans « Valeurs Actuelles » à la mi-journée de ce même jour.

Source > ici

Grandes Armes de France

Jamais je n’accepterai notre pays sans paysans :

   En janvier 2024 (cf. > ici), j’alertais déjà sur le fait que les pouvoirs publics étaient depuis longtemps sourds et aveugles aux cris et manifestations d’angoisse d’une partie de la population française. Et c’est avec une grande peine que je vois à nouveau les paysans reprendre le chemin de la lutte.

   Chaque année, nous aurons désormais le droit à ces cortèges du désespoir, de la colère et de la détresse. Et chaque année, ils se heurteront à une administration hiératique et à une classe politique impassible. Les quelques aides et subventions distribuées au compte–gouttes ne sont là que pour faire retomber la colère sociale en attendant le prochain motif d’irruption. Il n’est pas question de comprendre ce qui est réclamé, ni encore moins de traiter le mal à la racine.

Les dictats d’un libéralisme sauvage :

   Le suicide de plus de 300 agriculteurs par an, la situation d’endettement critique des fermes françaises, les campagnes de dénigrement de la profession, rien de tout cela n’apportera–t–il donc pas la moindre compassion de la part des personnes qui exercent le pouvoir en France ? Plutôt que d’offrir des réponses concrètes à des Français qui n’en finissent pas de mourir, la classe politique se préoccupe plutôt de céder aux dictats d’un libéralisme sauvage, en projetant d’ouvrir notre pays aux productions agricoles outre-Atlantique. La situation me stupéfait. 

   Il n’y a donc plus un homme politique pour éprouver de l’amour, de la compassion et de l’intérêt pour les Français ? L’humanité est–elle une donnée devenue incompatible avec l’exercice du pouvoir ? Et même au–delà de ces considérations qui me paraissent pourtant élémentaires, si nous considérons la situation générale d’un point de vue étatique, la liquidation de nos capacités agricoles apparaît pour le moins être une faute politique grave. Une fois de plus, le manque de vision du régime actuel est flagrant.

Notre souveraineté se désagrège :

   La France est en passe de rentrer dans une situation de dépendance alimentaire extrêmement grave. Les derniers éléments de notre souveraineté se désagrègent au moment même où l’on parle de guerre, de mobilisation de toutes les énergies du pays et de réarmement démographique. Tout ceci est d’une incohérence révoltante. Le personnel politique ne semble pas comprendre qu’il ne récolte que la haine, le mépris et la profonde défiance des Français. Ceux qui exercent le pouvoir actuellement prennent une grosse responsabilité face à l’histoire. Et en attendant, personne ne s’occupe de nos compatriotes.

   Alors, avec la légitimité que me confère mon statut de successeur des Rois qui ont fait la France, de ces souverains qui ont tant œuvré à soulager la misère des campagnes françaises, à l’instar du bon Roi Henri IV ou de Louis XVI, je veux apporter mon soutien à la paysannerie française. Par la force des choses, je sais à quel point ce soutien est symbolique. Mais il n’en est pas moins sincère, et manifeste l’antique attachement de ma famille aux peuples qu’elle servait, et à la terre à laquelle elle est liée.

   Jamais je n’accepterai notre pays sans paysans. Jamais je ne supporterai la misère sans écoute ni compassion. Que Saint Louis vous protège.

Louis de Bourbon,
duc d’Anjou.

Pierre-Narcisse Guérin - Saint Louis rendant la justice

Pierre-Narcisse Guérin (1774-1833) : Saint Louis rendant la justice (vers 1816)
[Musée des Beaux-Arts, Angers]

2025-201. Les très incorrectes appréciations et réflexions du Prince Tolbiac sur le monde des humains…

Vendredi 19 décembre 2025.

Tolbiac l'UE et les sanctions contre la Russie

2025-198. Nous avons lu et nous recommandons chaleureusement : « La France en son âme » du Révérend Père Jean-François Thomas s.j.

Mercredi des Quatre-Temps d’hiver,
17 décembre 2025.

Vignette Tolbiac lisant - blogue

       L’ouvrage que nous présentons ci-dessous est déjà publié depuis la fin de l’hiver de cette année 2025 qui s’achève, aux éditions Via Romana : nous nous étions promis d’en parler dans les modestes pages de ce blogue depuis fort longtemps – et nous vous demandons humblement de nous pardonner de ne pas l’avoir fait plus tôt -, mais, puisqu’il en est ainsi, nous profiterons de cette publication tardive, en cette période marquée par les cadeaux, pour suggérer à tous nos lecteurs, s’ils ne l’ont déjà fait, de s’offrir à eux-mêmes ce petit ouvrage (170 pages à peine) et de ne pas hésiter non plus à l’offrir, sans retenue, aux personnes de leur entourage capables de réflexion… et d’espérance.

La France en son âme - Père Jean-François Thomas

Quatrième de couverture :

   Le déclin de la France suscite l’inquiétude croissante de nos compatriotes. La France, « le plus beau royaume après celui du Ciel », semble frappée par le virus d’une désintégration inéluctable.
   Le Père Jean-François Thomas se porte à son chevet pour tenter d’identifier les causes, les idées et les acteurs à l’origine de ce nouveau mal français, avec comme ressorts principaux l’abandon par nos élites du bon sens et la relégation générale et obstinée du surnaturel.
   Au fil de ses réflexions, habité par la conviction que le Christ agit au cœur de notre histoire, il rappelle aux fils prodigues et désorientés que nous sommes la réalité des charismes extraordinaires octroyés par la Providence à notre nation. Pour lui, le retour à l’accomplissement des promesses de notre baptême est la condition première de l’espérance et du sursaut.
   Depuis notre première reine sainte Clotilde, l’onction de Clovis, l’Occident chrétien de Charlemagne, les leçons politiques et spirituelles de Jeanne d’Arc, la patiente œuvre d’éducation sous l’Ancien Régime, la vertu de courtoisie si propre à l’esprit français et les splendeurs de nos architectes, poètes et philosophes, est tombée la nuit des fausses Lumières qui obscurcit désormais l’humanité livrée à la tyrannie de la Révolution française dont l’inventaire des crimes constitue à lui seul une preuve éclatante de l’action du Malin.
   Le Père Jean-François Thomas aime et fait aimer la vérité, il cultive la longue mémoire contre ceux qui promeuvent l’abolition de tous les liens de piété et de fidélité traditionnelles. Il réconcilie l’ordre et le progrès, car « l’équipage lumineux qui traversa notre royaume n’est pas une apparition passagère du fait avéré que notre terre de France est terre de sainteté ».

   Prêtre jésuite né en 1957, Jean-François Thomas fut professeur de philosophie et missionnaire aux Philippines où il se consacra à la sauvegarde des enfants des rues. Il a notamment publié chez Via Romana quatre livrets de Méditations quotidiennes (2022-2023) et Les Vertus méditées (2023).

frise lys

Entretien avec le Révérend Père J.F. Thomas
au sujet de cet ouvrage

dans une émission de TV Libertés [à 12 mn 15 s]
(faire un clic droit sur l’avatar ci-dessous, puis « ouvrir dans un nouvel onglet »)

Image de prévisualisation YouTube

Vignette Tolbiac lisant - blogue

2025-197. Quatre-Temps d’hiver : le jeûne a toujours été l’aliment de la vertu.

Mercredi des Quatre-Temps d’hiver.

Bartolome Esteban Murillo - Annonciation

Bartolome Esteban Murillo (1617-1682) : Annonciation (vers 1660),
[Musee de l'Ermitage, Saint-Petersbourg].

       « Nous entrons dans un nouveau stade de la préparation de Noël. On nous a dit d’abord : « Le Roi vient », puis : « Jérusalem s’apprête », ensuite : « Il est au milieu de vous ». Aujourd’hui, l’Eglise nous montre le Fils de Dieu sous la forme humaine : le Roi revêt les haillons de l’humaine nature. Les messes des Quatre-Temps nous présentent les antécédents de la naissance et de l’avènement du Seigneur.

   Comme introduction à ces solennités d’une antiquité vénérable, donnons ici un sermon de Quatre-Temps du pape Saint Léon :

   « Mes très chers, notre souci pastoral nous porte à vous prêcher conformément au temps et à l’usage liturgique.
Nous célébrons le jeûne du dixième mois (décembre, comme son nom l’indique, était le dixième mois). Dans ce jeûne, nous offrons à Dieu, l’Auteur de tous biens, après avoir achevé la récolte de tous les fruits, un digne sacrifice de tempérance. Car quelle œuvre peut être plus efficace que le jeûne, par lequel nous nous rapprochons de Dieu, nous résistons au démon, nous triomphons des vices séducteurs ?
En effet, toujours le jeûne a été l’aliment de la vertu. La sobriété produit les pensées chastes, les résolutions raisonnables, les conseils salutaires.
Par la mortification volontaire on meurt aux convoitises de la chair. L’esprit est renouvelé pour la pratique de la vertu.
Mais comme nous ne pouvons pas faire notre salut par le jeûne seul, complétons-le par la miséricorde envers les pauvres. Donnons à la vertu ce que nous enlevons au plaisir. Que la privation de ceux qui jeûnent soit un soulagement pour les pauvres. Efforçons-nous de protéger les veuves, d’aider les orphelins, de réconcilier ceux qui sont en discorde, de recueillir les étrangers, de secourir les affligés, de vêtir ceux qui sont nus, de soigner les malades. Ainsi celui d’entre nous qui aura offert à Dieu, l’Auteur de tous biens, le sacrifice de ses œuvres de charité comme un bon travailleur, méritera de recevoir comme salaire le royaume céleste.
Ainsi donc, jeûnons mercredi, vendredi et samedi, veillons ensemble (célébrons l’office de nuit) auprès de l’Apôtre Saint Pierre, afin que, par son intercession, nous puissions obtenir ce que nous demandons par Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui, avec le Père et le Saint-Esprit vit et règne dans les siècles des siècles.
Ainsi soit-il ».

   Les Quatre-Temps comptent parmi les usages les plus anciens de l’année liturgique et remontent aux tout premiers temps de l’Eglise romaine. Ils sont plus anciens que l’Avent, et le pape Saint Léon (vers 450) nous a laissé toute une série de beaux sermons de Quatre-Temps.

   C’était originairement une fête d’action de grâces pour les récoltes. Il n’y en avait que trois, après chacune des trois récoltes principales : le blé, le vin et l’huile — les plus importants symboles naturels de la liturgie. Les fidèles apportaient à l’Offrande la dîme de leurs récoltes, pour les besoins du Sacrifice, de l’Eglise et des pauvres — et ceci est un exemple pour nous.

   Néanmoins ces époques sont aussi des jours de renouvellement spirituel.
L’homme, au milieu de ses occupations matérielles, oublie trop facilement ses intérêts éternels ; c’est pourquoi il est bon qu’à chaque saison il se rappelle la pensée de Dieu et fasse réflexion sur l’état de son âme.
Si le carême est l’époque de la retraite spirituelle annuelle, les Quatre-Temps sont celle du renouvellement intérieur. Ce sont des semaines de sérieux, mais non de tristesse et de pénitence. Le jeûne est moins une manifestation de pénitence qu’une dîme joyeusement offerte à Dieu et qui doit nous inciter à l’aumône. Le sacrifice de la charité miséricordieuse doit être offert en même temps que celui du jeûne (Saint Léon).

   En devenant jours d’ordination (le samedi), les Quatre-Temps ont revêtu un caractère particulier.
Le samedi des Quatre-Temps de décembre était le principal jour d’ordination (en ce jour les fidèles doivent prier spécialement pour obtenir de Dieu de bons prêtres).

   Cependant, dans la suite des temps, les Quatre-Temps ont été insérés dans la trame de l’année liturgique et chacune de ces semaines a pris une nuance particulière. Les Quatre-Temps de décembre signifient une préparation plus intense à la fête de Noël.

   Les derniers grands préparatifs pour la venue du Christ se font pendant ces semaines, comme l’attente de Noël trouve sa plus haute expression dans les antiennes O » (cf. > ici).

Dom Pius Parsch *, in « Guide dans l’année liturgique ».

* : pour ce qui concerne cet auteur nous renvoyons à l’avertissement que nous avons déjà publié > ici.

Putti - blogue

Quelques rappels toujours utiles :

   Pour Saint Léon le Grand, il est certain que le jeûne des Quatre-Temps est d’institution apostolique. On ne peut que déplorer le fait que, même dans les milieux traditionnels, ces jours de jeûne soient mésestimés et que l’on s’en dispense facilement.

   Rappelons aussi avec une insistance – que certains ne manqueront sans doute pas de trouver lourde et dérangeante -, que le 24 décembre, Vigile de la Nativité, est aussi un jour de jeûne et d’abstinence : si le jeûne cesse avec les premières vêpres de Noël, l’abstinence, elle, reste de rigueur jusqu’au retour de la Messe de Minuit (laquelle – ainsi que son nom l’indique commence à minuit – et n’est donc pas une « messe anticipée du jour de Noël » ni une « messe vespérale de la Nativité », célébrée à 18, 19 ou 21 heures). Le repas du soir du 24 décembre pour plus de vingt siècles de générations de catholiques doit donc consister en un repas frugal (sans viande, où le poisson est autorisé, se aussi sans d’alcool).
Dans nos campagnes vivaroises, c’était souvent la morue (alors un poisson de pauvres) qui, après la soupe de légumes (sans lard), était servie avec des pommes de terre cuites à l’eau ou à la vapeur.
Il n’y avait évidemment pas de dessert, puisque celui-ci (ou ceux-ci : qu’on pense aux 13 desserts de Provence) étaient servis lors du réveillon, c’est-à-dire la deuxième veillée (d’où le préfixe « re »), avec des boissons chaudes, au retour de la Messe de minuit.
La première veillée, autour de l’âtre – dans lequel on avait allumé la « bûche de Noël » (grosse bûche d’arbre fruitier qui devait tenir jusqu’au retour de la Messe de minuit et qui est bénite selon un rituel familial particulier) -, se passait en chants et pieuses lectures dans l’attente de l’heure à laquelle on partirait pour l’église.
Aux âges de foi, le peuple chrétien ne se rendait d’ailleurs pas à l’église juste pour la Messe, mais, avant elle, pour le chant des matines suivies des laudes.

Tolbiac.

putti et chat devant une assiette vide

2025-194. De l’anniversaire de l’encyclique « Quas primas » publiée le 11 décembre 1925.

11 décembre,
Fête de Saint Damase 1er, pape et confesseur (cf. > ici) ;
Mémoire du 4ème jour dans l’octave de l’Immaculée Conception (cf. ici) ;
Mémoire de la férie de l’Avent ;
Anniversaire de la publication de l’encyclique « Quas primas » (11 décembre 1925 – texte complet ici).

Vitrail du Christ-Roi

       S’il est certains anniversaires de publications de documents qui n’ont « qu’un » intérêt historique, ou d’autres pour lesquels prévaut surtout le caractère anecdotique, ce n’est pas le cas de ce 11 décembre, jour anniversaire de la publication de l’encyclique de Pie XI « Quas primas » sur la Royauté universelle de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

   Il ne manquera certes pas de « spécialistes » – ecclésiastiques ou pas – (ah ! ces fameux « spécialistes » que les médias ont l’art de faire apparaître à la demande sur les plateaux télévisuels ou radiophoniques pour débiter avec un ton assuré – à défaut d’être véritablement docte – des leçons bien apprises afin qu’elles tiennent lieu de nouveaux dogmes !) pour vous dire que ce texte est « daté », qu’il dépend d’un contexte historique certain qui n’est plus le nôtre, ou je ne sais quoi d’autre encore, pourvu que leurs auditeurs en viennent à être convaincus que cette encyclique n’a plus aucune actualité réelle ou que, du moins, elle a besoin d’une « relecture » ou d’une « réinterprétation », à la lumière « des joies et des espoirs, des tristesses et des angoisses des hommes de ce temps »

   On trouvera même des théologiens, voire des hiérarques de la Sainte Eglise, pour affirmer, comme cela avait été rétorqué in illo tempore à Son Excellence Monseigneur Marcel Lefebvre lors de discussions un peu tendues, à Rome, dans le milieu des « années 80 » du précédent siècle, que, de nos jours, un pape ne signerait plus pareille encyclique
Singulier aveu, profondément révélateur !

Couronne

   Bref ! Ce 11 décembre est l’anniversaire de la parution de l’encyclique « Quas primas », et, qu’on le veuille ou non, ce texte appartient au Magistère ordinaire de la Sainte Eglise catholique romaine.
Le texte tel qu’il est écrit, et non ses relectures ou réinterprétations.
Le texte tel qu’il a voulu être publié par le Pontife qui y a apposé sa signature, et non tel que le voudraient de prétendus exégètes postconciliaires du Magistère antérieur.

   N’en déplaise aux thuriféraires de la « laïcité », le Christ unique Rédempteur, est le Seigneur des sociétés et des peuples dès ici-bas. Il est Roi universel dès à présent ; et les nations en tant que telles, avec leurs gouvernants et gouvernements doivent se soumettre à Lui.
Sa Royauté ne procède pas de ce monde, mais elle doit s’exercer sur ce monde, et non pas uniquement quand « Il reviendra pour juger les vivants et les morts », à la consommation des siècles ! « Opportet illum regnare » (1 Cor. XV, 25).

   A deux semaines des célébrations de la naissance du Verbe incarné, il n’est pas inutile de redécouvrir et d’approfondir (car on n’aura jamais fini d’approfondir ce mystère !) la Royauté universelle de Notre-Seigneur Jésus-Christ – puisque l’Incarnation et la venue de la Deuxième Personne de la Très Sainte Trinité dans notre chair constituent une partie des titres sur lesquels se fonde la doctrine de la Royauté du Christ – et d’affirmer « à temps et à contre-temps » que cette Royauté ne peut en aucune manière être exclue de la sphère publique.

   Royauté universelle.
Royauté qui doit s’exercer sur tous les hommes et toutes les sociétés.
Royauté qui se doit déployer dans les sphères législative, judiciaire et exécutive de tous les Etats !

   L’hymne des vêpres de cette fête le chante sans aucune ambiguité :

   « Te natiónum prǽsides honóre tollant público, colant magístri, júdices, leges et artes éxprimant. / Submíssa regum fúlgeant Tibi dicáta insígna : mitíque sceptro pátriam domósque subde cívium ! »

   Que les chefs des nations Vous rendent des honneurs publics, que les maîtres et les juges Vous adorent, que les lois et les arts Vous expriment. /  Que soumis et consacrés à Vous resplendissent les insignes des rois : et soumettez à Votre doux sceptre la patrie aussi bien que les demeures des citoyens !

   Or ce sont justement ces strophes-là que la néoliturgie issue du concile vaticandeux a supprimées de l’offices réformé de la fête du Christ-Roi, fête détournée de son sens et de son esprit originel, ainsi que nous n’avons de cesse de le rappeler depuis de nombreuses années (cf. > ici).
C’est, ne manquons pas l’occasion de le redire au passage, la preuve en acte – s’il en était besoin – que la pseudo réforme liturgique a bien réellement voulu opérer un changement doctrinal, et qu’elle récuse les leçons voulues par Pie XI lorsqu’il institua cette fête comme un remède à la sécularisation, une réparation de l’apostasie publique, et le moyen d’accélérer le retour des âmes vers le Christ par l’accroissement de Son Règne.

Couronne

   Cette doctrine de la Royauté sociale de Notre-Seigneur Jésus-Christ, outre ses dimensions théologique, liturgique et pastorale, est bien véritablement politique.

   Il n’est pas exact de prétendre que les religieux ne « doivent pas faire de politique ».
Ils ont, au contraire, l’obligation de s’en mêler activement parce que 1) foi et morale ne peuvent être dissociées, et que 2) la politique est, dans la conception philosophique classique – héritée du Stagirite [Aristote] -, la science morale de la vie en société, la morale de l’ordre social, la nécessaire science des voies relatives au bien commun.
A ce titre, « dans l’ordre pratique et sur le plan naturel (et non sur le plan surnaturel de la morale révélée), la morale personnelle et la morale familiale sont ordonnées à la politique » (Manifeste légitimiste de l’UCLF, 2004 p. 4).
A ce titre, la politique est le degré le plus élevé de la morale naturelle. Il est donc de la plus extrême importance que les religieux qui, par état, ont mission de transmettre la saine morale naturelle sur laquelle peut se fonder ensuite solidement l’édifice de la morale surnaturelle, s’occupent de politique.

   Les structures sociales et politiques qui doivent aider, régir et guider l’homme vers sa fin temporelle, tout en étant légitimement dans un mode d’action et un domaine de compétence distincts, sont ordonnées à sa fin surnaturelle : cette fin surnaturelle d’ailleurs purifie et sublime la fin temporelle.

   Sans renier en aucune manière le droit naturel et sans opérer de confusion, les institutions politiques qui reconnaissent le rôle public et fondateur de l’authentique Révélation, de la foi catholique et donc aussi de la Sainte Eglise catholique, ne peuvent qu’y gagner en solidité et prospérité.
L’Etat confessionnel, tel qu’il a été vécu dans ce qu’il convient d’appeler la Chrétienté, permet au Christ Rédempteur de donner aux sociétés humaines leur ordre final et parfait.
Au contraire, la sécularisation et le laïcisme sont des facteurs de désordre, de déstabilisation, de déséquilibre, de perte de repères, de crises répétées et sans cesse agravées, et finalement de désintégration de l’ordre social, ainsi que nous en voyons de nos jours le lamentable et douloureux spectacle.

Couronne

   Remarquons, pour terminer, que la publication de l’encyclique « Quas Primas », le 11 décembre 1925, est arrivée le lendemain de l’apparition de Pontevedra, au cours de laquelle le Saint Enfant Jésus et Sa Très Sainte Mère ont révélé à Sœur Lucie, l’aînée des voyants de Fatima, les desseins divins liés à l’institution de la dévotion du premier samedi de chaque mois (10 décembre 1925).

   Ne peut-on, de la manière la plus évidente qui soit – en définitive – voir dans cette « coïncidence » une forme d’indication providentielle particulièrement forte pour nous faire davantage savoir et comprendre (ce que nous savons par ailleurs par d’autres canaux, tels les enseignements des grands apôtres de la dévotion mariale) que Notre-Dame de Fatima, la dévotion au Cœur douloureux et immaculé de Marie, la spiritualité réparatrice, la pratique plus intense du sacrement de pénitence et de la sainte communion, l’oraison silencieuse et la consécration au Cœur de notre Mère céleste intimement associée à l’œuvre de la Rédemption, sont les moyens privilégiés qui nous sont donnés aujourd’hui pour travailler – selon notre modeste mesure personnelle – à restaurer la Royauté sociale de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Roi par nature et par droit de conquête, mais auxquels tant de cœurs aujourd’hui opposent le même « nous ne voulons pas qu’Il règne sur nous ! Nous n’avons pas d’autres rois que les puissances apostates d’ici-bas… » que les princes des prêtres, les pharisiens et leurs affidés crièrent jadis devant le prétoire de Pilate.

Cœur Sacré de Jésus, que Votre Règne arrive,

par le Cœur douloureux et immaculé

de Votre Très Sainte Mère !

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

Ex-voto de Madame Elisabeth - cathédrale de Chartres

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