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2020-66. Appel pour l’Eglise et pour le monde aux fidèles Catholiques et aux hommes de bonne volonté.

Depuis ce jeudi 7 mai en fin d’après-midi en Italie, puis ce vendredi 8 mai dans la journée, plusieurs médias catholiques ont diffusé le texte d’un « Appel » pressant relatif à l’état de l’Eglise et du monde dans la crise actuelle. Nous estimons qu’il n’est pas inutile que ce texte, important figure aussi dans les pages de ce blogue, vous invitant à le lire avec la plus grande attention et à réfléchir sur les graves avertissements dont il est porteur, qui sont très proches de l’analyse que nous faisons sur la situation présente.
A titre personnel, j’ai ajouté ma signature à cet appel. Vous-mêmes, Amis lecteurs, ferez en votre âme et conscience ce qu’il vous semble juste et bon.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

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Mater Ecclesiae

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Appel pour l’Eglise et pour le monde
aux fidèles Catholiques
et aux hommes de bonne volonté

En ce temps de très grave crise, nous, Pasteurs de l’Église Catholique, en vertu de notre mandat, considérons comme notre devoir sacré de lancer un Appel à nos Confrères dans l’Épiscopat, au Clergé, aux Religieux, au Peuple de Dieu et à tous les hommes de bonne volonté. Cet Appel est également signé par des intellectuels, des médecins, des avocats, des journalistes et des professionnels, qui en partagent le contenu. Il est ouvert à la signature de ceux qui voudront en partager le contenu.

Les faits ont montré que, sous prétexte de l’épidémie de Covid-19, en bien des cas les droits inaliénables des citoyens ont été violés, en limitant d’une manière disproportionnée et injustifiée leurs libertés fondamentales, y compris l’exercice de la liberté de culte, d’expression et de mouvement. La santé publique ne doit pas et ne peut pas devenir une excuse pour bafouer les droits de millions de personnes dans le monde, et encore moins pour exonérer l’autorité civile de son devoir d’agir avec sagesse pour le bien commun; cela est d’autant plus vrai que les doutes croissent quant à l’effective contagiosité, à la dangerosité et à la résistance du virus: de nombreuses voix faisant autorité dans le monde de la science et de la médecine confirment que l’alarmisme à propos du Covid-19 amplifié par les médias ne semble absolument pas justifié.

Nous avons des raisons de croire – sur la base des données officielles relatives à l’incidence de l’épidémie, et sur celle du nombre de décès – qu’il existe des pouvoirs fort intéressés à créer la panique parmi la population dans le seul but d’imposer de façon permanente des formes de limitation inacceptables de la liberté, de contrôle des personnes, de suivi de leurs mouvements. Ces formes de limitations liberticides sont un prélude inquiétant à la création d’un Gouvernement Mondial hors de tout contrôle.

Nous croyons aussi que dans certaines situations les mesures de confinement prises, y compris la fermeture des activités commerciales, ont conduit à une crise qui a submergé des secteurs entiers de l’économie, ce qui favorise l’ingérence des puissances étrangères, avec des répercussions sociales et politiques graves. Ces formes d’ingénierie sociale doivent être empêchées par ceux qui ont la responsabilité du gouvernement, en adoptant des mesures pour protéger les citoyens, dont ils sont les représentants et pour les intérêts desquels ils ont l’obligation de s’engager. Il est également nécessaire d’aider la famille, cellule de base de la société, en évitant de pénaliser déraisonnablement les personnes faibles et âgées par la séparation forcée et douloureuse de leurs proches. La criminalisation des relations personnelles et sociales doit également être jugée comme une partie inacceptable du projet de ceux qui favorisent l’isolement des individus afin de mieux les manipuler et les contrôler.

Nous demandons à la communauté scientifique de veiller à ce que les soins pour le Covid-19 soient promus honnêtement pour le bien commun, en évitant scrupuleusement que des intérêts iniques influencent les choix des gouvernements et des organismes internationaux. Il n’est pas raisonnable de pénaliser des remèdes qui se sont révélés efficaces, souvent peu coûteux, uniquement parce qu’on veut donner la priorité à des traitements ou des vaccins qui ne sont pas aussi fiables mais qui garantissent aux sociétés pharmaceutiques des bénéfices bien plus importants, qui pèsent sur la santé publique. Nous rappelons également, en tant que Pasteurs, que pour les Catholiques, il est moralement inacceptable de recevoir des vaccins dans lesquels du matériau provenant de fœtus avortés est utilisé.

Nous demandons également aux Gouvernements de veiller afin d’éviter de la manière la plus rigoureuse toute forme de contrôle des personnes, à la fois par le biais de systèmes de suivi et par toute autre forme de localisation : la lutte contre le Covid-19 – aussi grave soit-il – ne doit pas être le prétexte pour approuver des projets douteux d’entités supranationales nourrissant de très forts intérêts commerciaux et politiques. En particulier, les citoyens doivent avoir la possibilité de refuser ces limitations de la liberté personnelle, sans qu’il soit imposé aucune forme de sanction à ceux qui ne veulent pas recourir aux vaccins, ni accepter des méthodes de suivi et tout autre instrument similaire. Il faut considérer également la contradiction flagrante dans laquelle se trouvent ceux qui poursuivent des politiques de réduction drastique de la population et qui se présentent en même temps comme des bienfaiteurs de l’humanité sans aucune légitimité politique ou sociale. Enfin, la responsabilité politique de ceux qui représentent le peuple ne peut absolument pas être confiée à des techniciens qui vont jusqu’à revendiquer pour eux-mêmes des formes inquiétantes d’immunité pénale.

Nous demandons instamment aux médias de s’engager activement dans une information objective qui ne pénalise pas la dissidence en recourant à des formes de censure, comme cela se produit couramment sur les réseaux sociaux, dans la presse et à la télévision. L’information correcte exige qu’un espace soit accordé aux voix qui ne sont pas alignées sur la pensée unique, permettant aux citoyens d’évaluer consciemment la réalité, sans être indûment influencés par des interventions partisanes. Une confrontation démocratique et honnête est le meilleur antidote au risque de voir imposées des formes subtiles de dictature, vraisemblablement pires que celles que notre société a vu naître et mourir dans un passé récent.

Enfin, Nous rappelons, en tant que Pasteurs responsables du Troupeau du Christ, que l’Église revendique fermement son autonomie dans le gouvernement, dans le culte, dans la prédication. Cette autonomie et cette liberté sont un droit inhérent que le Seigneur Jésus-Christ lui a donné pour la poursuite de ses propres fins. Pour cette raison, en tant que Pasteurs, Nous revendiquons fermement le droit de décider de manière indépendante de la célébration de la Messe et des Sacrements, tout comme nous exigeons une autonomie absolue dans les questions qui relèvent de notre juridiction immédiate, telles que les normes liturgiques et les méthodes d’administration de la Communion et des Sacrements. L’État n’a pas le droit de s’ingérer, pour quelque raison que ce soit, dans la souveraineté de l’Église. La collaboration de l’Autorité ecclésiastique, qui n’a jamais été refusée, ne peut impliquer de la part de l’Autorité civile des formes d’interdiction ou de limitation du culte public ou du ministère sacerdotal. Les droits de Dieu et des fidèles sont la loi suprême de l’Église à laquelle elle ne veut ni ne peut déroger. Nous demandons que les limitations à la célébration des fonctions publiques du culte soient supprimées.

Nous invitons les personnes de bonne volonté à ne pas se soustraire à leur devoir de coopérer en vue du bien commun, chacune selon son état et ses possibilités et dans l’esprit d’une sincère Charité fraternelle. Cette coopération, souhaitée par l’Église, ne peut cependant être dissociée du respect de la Loi naturelle, ni de la garantie des libertés des individus. Les devoirs civils auxquels les citoyens sont tenus impliquent la reconnaissance par l’État de leurs droits.

Nous sommes tous appelés à évaluer les faits actuels conformément à l’enseignement de l’Évangile. Cela implique de choisir son camp : avec le Christ, ou contre le Christ. Ne soyons pas intimidés ou effrayés par ceux qui nous font croire que nous sommes une minorité : le Bien est beaucoup plus répandu et puissant que ce que le monde veut nous faire croire. Nous nous trouvons en train de lutter contre un ennemi invisible, qui sépare les citoyens entre eux, les enfants des parents, les petits-enfants des grands-parents, les fidèles de leurs pasteurs, les étudiants des enseignants, les clients des vendeurs. Ne permettons pas que des siècles de civilisation chrétienne soient anéantis sous le prétexte d’un virus, en laissant s’établir une tyrannie technologique haineuse dans laquelle des personnes anonymes et sans visage peuvent décider du sort du monde en nous confinant dans une réalité virtuelle. Si tel est le plan auquel les puissants de la terre entendent nous plier, sachez que Jésus-Christ, Roi et Seigneur de l’Histoire, a promis que « les portes des Enfers ne prévaudront pas » (Mt 16, 18).

Confions à Dieu Tout-Puissant ceux qui gouvernent les nations, afin qu’Il les éclaire et les guide dans ces moments de grande crise. Qu’ils se souviennent que, tout comme le Seigneur jugera les Pasteurs pour le troupeau qui leur a été confié, de même Il jugera ceux qui détiennent le pouvoir et qui ont le devoir de préserver et de gouverner leurs peuples.

Prions avec foi le Seigneur pour qu’Il protège l’Église et le monde. Que la Très Sainte Vierge, Auxiliatrice des Chrétiens, écrase la tête de l’ancien Serpent, confonde et déroute les plans des enfants des ténèbres.

8 Mai 2020
Vierge du Rosaire de Pompéi

Source > ici

Prélats qui ont signé cet appel :

Mgr Carlo Maria Viganò, archevêque, nonce apostolique
Cdl Joseph Zen Ze-kiun, évêque émérite de Hong Kong
Cdl Janis Pujats, archevêque émérite de Riga
Cdl Gerhard Ludwig Mueller, préfet émérite de la Congrégation de la Doctrine de la foi
Mgr Luigi Negri, archevêque émérite deFerrara-Comacchio
Mgr Joseph Strickland, évêque de Tyler, Texas
Mgr Thomas Peta, archevêque métropolitain d’Astana
Mgr Athanasius Schneider, évêque auxiliaire d’Astana
Mgr Jan Pawel Lenga, archevêque émérite de Karaganda
Mgr Rene Henry Gracida, évêque émérite de Corpus Christi
Mgr Andreas Laun, évêque auxiliaire de Salzbourg
Mgr Robert Muetsaerts, évêque auxiliaire de Den Bosch

Si vous désirez vous aussi signer, c’est > ici

Archange Saint Michel

2020-64. Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes, en ayant pour critère de discernement la vie éternelle, l’imitation de Notre-Seigneur Jésus-Christ et, en conséquence, notre conversion profonde…

C’est seulement aujourd’hui, donc un peu plus de dix ans après qu’elle a été prononcée, que je viens de découvrir cette très remarquable homélie de Sa Sainteté le Pape Benoît XVI.
Elle a été prononcée le 15 avril 2010 dans la Chapelle Pauline à l’occasion d’une Messe célébrée en présence des membres de la Commission Pontificale Biblique.

Le Saint-Père Benoît XVI commence par dire qu’il n’a pas eu « le temps de préparer une véritable homélie » : bienheureuse « improvisation » si j’ose dire (car si le texte n’avait pas été écrit à l’avance, on sent néanmoins tout de suite que le Souverain Pontife maîtrisait parfaitement un sujet que sa propre méditation et sa réflexion théologique, nourries des textes sacrés et des enseignements de la Tradition, lui ont permis de parfaitement approfondir).
Ce texte, commentant les textes de la Sainte Ecriture lus ce jour-là à la Messe, est un véritable trésor et, en ce mois de mai 2020, il n’a non seulement rien perdu de sa force, mais il en acquiert une nouvelle, au regard des événements actuellement en cours dans l’Eglise comme dans la société civile…
Un texte remarquable à lire avec la plus extrême attention, à méditer et à mettre en pratique concrètement !

 Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes,
en ayant pour critère de discernement la vie éternelle, l’imitation de Notre-Seigneur Jésus-Christ
et, en conséquence, notre conversion profonde.

Pierre-Etienne Monnot - statue de Saint Pierre - basilique du Latran

Statue de Saint Pierre
(œuvre de Pierre-Etienne Monnot – archibasilique du Très Saint Sauveur au Latran, Rome)

Tiare et clefs de Saint Pierre

Chers frères et sœurs,

Je n’ai pas trouvé le temps de préparer une véritable homélie. Je voudrais seulement inviter chacun à une méditation personnelle, en proposant et en soulignant certaines phrases de la liturgie d’aujourd’hui, qui s’offrent au dialogue de prière entre nous et la Parole de Dieu.
La parole, la phrase que je voudrais proposer à la méditation commune est cette grande affirmation de saint Pierre : « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes » (Ac 5, 29).

Saint Pierre se trouve devant l’institution religieuse suprême, à laquelle on devrait normalement obéir, mais Dieu se trouve au-dessus de cette institution et Dieu lui a donné un autre « règlement »:  il doit obéir à Dieu. L’obéissance à Dieu est la liberté, l’obéissance à Dieu lui donne la liberté de s’opposer à l’institution.
Et les exégètes attirent ici notre attention sur le fait que la réponse de saint Pierre au Sanhédrin est presque ad verbum identique à la réponse de Socrate au juge du tribunal d’Athènes. Le tribunal lui offre la liberté, la libération, à condition cependant qu’il ne continue pas à rechercher Dieu. Mais rechercher Dieu, la recherche de Dieu est pour lui un mandat supérieur, il vient de Dieu lui-même. Et une liberté achetée en renonçant au chemin vers Dieu ne serait plus une liberté. Il doit donc obéir non pas à ces juges – il ne doit pas acheter sa vie en se perdant lui-même – mais il doit obéir à Dieu.
L’obéissance à Dieu a la primauté.

Il est important de souligner ici qu’il s’agit d’obéissance et que c’est précisément l’obéissance qui donne la liberté.
L’époque moderne a parlé de la libération de l’homme, de sa pleine autonomie, et donc également de sa libération de l’obéissance à Dieu. L’obéissance ne devrait plus exister, l’homme est libre, il est autonome : rien d’autre.
Mais cette autonomie est un mensonge : c’est un mensonge ontologique, car l’homme n’existe pas par lui-même et pour lui-même, et c’est également un mensonge politique et pratique, car la collaboration, le partage de la liberté est nécessaire. Et si Dieu n’existe pas, si Dieu n’est pas une instance accessible à l’homme, il ne reste comme instance suprême que le consensus de la majorité. En conséquence, le consensus de la majorité devient le dernier mot auquel nous devons obéir. Et ce consensus – nous le savons depuis l’histoire du siècle dernier – peut également être un « consensus du mal ».

Nous voyons ainsi que la soi-disant autonomie ne libère pas véritablement l’homme.
L’obéissance à Dieu est la liberté, car elle est la vérité, elle est l’instance qui nous place face à toutes les instances humaines.
Dans l’histoire de l’humanité, ces paroles de Pierre et de Socrate sont le véritable phare de la libération de l’homme, qui sait voir Dieu et, au Nom de Dieu, peut et doit obéir non pas tant aux hommes, mais à Lui, et se libérer ainsi du positivisme de l’obéissance humaine.
Les dictatures ont toujours été contre cette obéissance à Dieu. La dictature nazie, comme la dictature marxiste, ne peuvent pas accepter un Dieu qui soit au-dessus du pouvoir idéologique ; et la liberté des martyrs, qui reconnaissent Dieu, précisément dans l’obéissance au pouvoir divin, est toujours l’acte de libération à travers lequel nous parvient la liberté du Christ.

Aujourd’hui, grâce à Dieu, nous ne vivons pas sous une dictature, mais il existe des formes subtiles de dictaturesun conformisme qui devient obligatoire, penser comme tout le monde, agir comme tout le monde, et les agressions subtiles contre l’Eglise, ainsi que celles plus ouvertes, démontrent que ce conformisme peut réellement être une véritable dictature.
Pour nous vaut cette règle :  on doit obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes. Dieu n’est pas un prétexte pour la propre volonté, mais c’est réellement Lui qui nous appelle et nous invite, si cela était nécessaire, également au martyre.
C’est pourquoi, confrontés à cette parole qui commence une nouvelle histoire de liberté dans le monde, nous prions surtout de connaître Dieu, de connaître humblement et vraiment Dieu et, en connaissant Dieu, d’apprendre la véritable obéissance qui est le fondement de la liberté humaine.

Choisissons une deuxième parole de la première lecture :  saint Pierre dit que Dieu a élevé le Christ à Sa droite comme chef et sauveur (cf. v. 31).
Chef est la traduction du terme grec archegos, qui implique une vision beaucoup plus dynamique : archegos est celui qui montre la route, qui précède, c’est un mouvement, un mouvement vers le haut. Dieu l’a élevé à Sa droite – parler du Christ comme archegos veut donc dire que le Christ marche devant nous, nous précède et nous montre la route. Et être en communion avec le Christ signifie être en chemin, monter avec le Christ, suivre le Christ, c’est cette montée vers le haut, suivre l’archegos, celui qui est déjà passé, qui nous précède et qui nous montre la voie.

Il est ici bien évidemment important que l’on nous dise où arrive le Christ et où nous devons arriver nous aussi : hyposen - en haut – monter à la droite du Père.
La « sequela » (NB : « sequela » signifie « suite » – « la sequela Christi », est une formule traditionnelle pour parler de ceux qui s’engagent fermement à la suite du Christ) du Christ n’est pas seulement l’imitation de Ses vertus, n’est pas seulement le fait de vivre dans ce monde, pour autant que cela nous soit possible, semblables au Christ, selon Sa parole ; mais c’est un chemin qui a un objectif. Et l’objectif est la droite du Père. Il y a ce chemin de Jésus, cette « sequela » de Jésus qui termine à la droite du Père. C’est à l’horizon de cette « sequela » qu’appartient tout le chemin de Jésus, également arriver à la droite du Père.

En ce sens, l’objectif de ce chemin est la vie éternelle à la droite du Père en communion avec le Christ.
Aujourd’hui, nous avons souvent un peu peur de parler de la vie éternelle. Nous parlons des choses qui sont utiles pour le monde, nous montrons que le christianisme aide également à améliorer le monde, mais nous n’osons pas dire que son objectif est la vie éternelle et que de cet objectif proviennent ensuite les critères de la vie. Nous devons comprendre à nouveau que le christianisme demeure un « fragment » si nous ne pensons pas à cet objectif, qui est de suivre l’archegos à la hauteur de Dieu, à la gloire du Fils qui nous rend fils dans le Fils, et nous devons à nouveau reconnaître que ce n’est que dans la grande perspective de la vie éternelle que le christianisme révèle tout son sens.
Nous devons avoir le courage, la joie, la grande espérance que la vie éternelle existe, qu’elle est la vraie vie et que de cette vraie vie provient la lumière qui illumine également ce monde.

On peut dire que, même en faisant abstraction de la vie éternelle, de la promesse des Cieux, il est mieux de vivre selon les critères chrétiens, car vivre selon la vérité et l’amour, même face à de nombreuses persécutions, est un bien en soi-même et mieux que tout le reste. C’est précisément cette volonté de vivre selon la vérité et selon l’amour qui doit également nous ouvrir à toute l’ampleur du projet de Dieu à notre égard, au courage d’éprouver la joie dans l’attente de la vie éternelle, de la montée en suivant notre archegos. Et Soter est le Sauveur, qui nous sauve de l’ignorance, qui recherche les choses ultimes. Le Sauveur nous sauve de la solitude, nous sauve d’un vide qui demeure dans la vie sans l’éternité, Il nous sauve en nous donnant l’amour dans sa plénitude. Il est le guide. Le Christ, l’archegos, nous sauve en nous donnant la lumière, en nous donnant la vérité, en nous donnant l’amour de Dieu.

Arrêtons-nous encore sur un verset : le Christ, le Sauveur, a donné à Israël la conversion et le pardon des péchés (v. 31) – dans le texte grec, le terme est metanoia - il a donné la pénitence et le pardon des péchés.
Cela est pour moi une observation très importante : la pénitence est une grâce.
Il existe une tendance dans l’exégèse qui dit : Jésus en Galilée aurait annoncé une grâce sans condition, absolument sans condition, donc également sans pénitence, une grâce comme telle, sans conditions humaines préalables. Mais il s’agit là d’une fausse interprétation de la grâce. La pénitence est grâce ; c’est une grâce que nous reconnaissions notre péché, c’est une grâce que nous reconnaissions avoir besoin de renouvellement, de changement, d’une transformation de notre être.
Pénitence, pouvoir faire pénitence, est le don de la grâce.
Et je dois dire que nous chrétiens, également ces derniers temps, nous avons souvent évité le mot pénitence, il nous paraissait trop dur.
A présent, face aux attaques du monde qui nous parle de nos péchés, nous voyons que pouvoir faire pénitence est une grâce. Et nous voyons qu‘il est nécessaire de faire pénitence, c’est-à-dire de reconnaître ce qui ne va pas dans notre vie, s’ouvrir au pardon, se préparer au pardon, se laisser transformer.
La douleur de la pénitence, c’est-à-dire de la purification, de la transformation, cette douleur est une grâce, car elle est renouvellement, elle est l’œuvre de la miséricorde divine. Et ainsi, les deux choses que dit saint Pierre – pénitence et pardon – correspondent au début de la prédication de Jésus : metanoeite, c’est-à-dire convertissez-vous (cf. Mc 1, 15). Cela est donc le point fondamental :  la metanoia n’est pas une chose privée, qui semblerait remplacée par la grâce, mais la metanoia est l’arrivée de la grâce qui nous transforme.

Et, enfin, une parole de l’Evangile nous dit que celui qui croit aura la vie éternelle (cf. Jn 3, 36).
Dans la foi, dans cette « transformation » que la pénitence apporte, dans cette conversion, sur cette route de l’existence, nous arrivons à la vie, à la vraie vie.
Et ici, deux autres textes me viennent à l’esprit. Dans la « Prière sacerdotale » le Seigneur dit :  Cela est la vie, Te connaître, ainsi que Ton consacré (cf. Jn 17, 3). Connaître l’essentiel, connaître la Personne décisive, connaître Dieu et Son Envoyé est la vie, la vie et la connaissance, la connaissance de réalités qui sont la vie.
Et l’autre texte est la réponse du Seigneur au Saduccéens à propos de la Résurrection, où, à partir des livres de Moïse, le Seigneur prouve la Résurrection en disant : Dieu est le Dieu d’Abraham, d’Isaac, de Jacob (cf. Mt 22, 31-32 ; Mc 12, 26-27; Lc 20, 37-38). Dieu n’est pas le Dieu des morts. Si Dieu est le Dieu de ceux-ci, ils sont vivants. Celui qui est écrit dans le Nom de Dieu participe à la vie de Dieu, il vit. Et ainsi, croire signifie être inscrits dans le Nom de Dieu. Et ainsi nous sommes vivants. Celui qui appartient au Nom de Dieu n’est pas un mort, il appartient au Dieu vivant. C’est dans ce sens que nous devrions comprendre le dynamisme de la foi, qui est d’inscrire notre nom dans le Nom de Dieu et ainsi entrer dans la vie.

Prions le Seigneur afin que cela se produise et que réellement, avec notre vie, nous connaissions Dieu, pour que notre nom entre dans le Nom de Dieu et que notre existence devienne vraie vie : vie éternelle, amour et vérité.

Christ-Roi - église Sainte-Marie à Ely  Cambridgeshire

Christus vincit ! Christus regnat ! Christus imperat !
(détail d’un vitrail de l’église Sainte-Marie, à Ely dans le Cambridgeshire)

2020-59. Des processions (1ère partie) : Généralités et réflexions au sujet des processions. .

2 mai,
Fête de Saint Athanase, évêque, confesseur et docteur de l’Eglise (cf. > ici) ;
Anniversaire du rappel à Dieu de Madame la Duchesse de Ségovie (cf. > ici).

nika

Vassili Grigoriévitch Perov - procession villageoise le jour de Pâques 1861

Vassili Grigoriévitch Perov : Procession villageoise le jour de Pâques (1861)

A – Qu’est-ce qu’une procession ?
C’est un cortège religieux qui se rend d’un lieu à un autre avec des chants et des prières.

B – La procession, un rite universel :
Tous les pays, toutes les époques ont connu le rite sacré des processions : on le trouve dans les « religions primitives » et le paganisme antique ; on en voit de nombreuses représentations sur les bas-reliefs et les peintures murales de Chaldée ou d’Egypte, par exemple, bien avant les prescriptions du culte de l’Ancien Testament.
Dans son Dictionnaire pratique de liturgie romaine (éd. Bonne Presse, 1952), le chanoine Robert Lesage, cérémoniaire du cardinal-archevêque de Paris, écrit : « La procession était à l’origine théophanique, tirant son nom du rôle que la divinité y joue, et non du rôle de l’homme. C’est Dieu qui sort, se manifeste, procède. Le Clergé l’accompagne, les fidèles lui font cortège, mais ne sont en réalité que des accessoires dans la cérémonie ».

C – La procession acte théophanique et politique :
Cette remarque du chanoine Lesage n’est pas dépourvue d’intérêt et il me semble qu’il nous faut nous en bien pénétrer : une procession n’est pas à proprement parler une action humaine, mais elle est une manifestation de Dieu à l’extérieur des lieux qui Lui sont consacrés.
Une procession est en premier lieu et par essence une action divine au cours de laquelle Dieu – présent d’une manière particulière dans le lieu sacré où Il Se plaît à être honoré et à communiquer Ses grâces – montre que Son influence et Ses bienfaits s’étendent aussi loin que Sa présence : c’est-à-dire partout !
En effet, Dieu n’est pas confiné dans les églises qui Lui sont consacrées : infini et omniprésent, Il est en tout lieu et dans tous les êtres, comme nous l’enseigne la saine théologie. Le rite sacré de la procession manifeste en quelque manière cette présence universelle, Son empire total et absolu, Sa puissance qui ne peut être limitée par les murs de Ses sanctuaires, et Son action, laquelle n’est pas circonscrite au seul domaine des consciences et de l’intimité personnelle mais s’exerce sur la société et sur la vie publique.
De ce point de vue, processionner a une portée éminemment « politique », non pas, bien sûr, dans le sens partisan et « politicien » qui prévaut de nos jours, mais dans son sens premier, dérivé du mot grec « polis » qui désigne la cité avec son organisation, ordonnée à la vie des hommes et au bon fonctionnement des relations entre eux, au service du bien commun.
Ce dernier point explique d’ailleurs pour quelle raison les opposants de tout poil à la religion et à l’Eglise ont toujours combattu les processions, et ont toujours voulu les interdire ou les limiter (par exemple sous les prétextes de l’ « ordre public », des « normes sanitaires », de la « neutralité » civile et de la « laïcité », et toutes autres pseudo-raisons aux apparences très « raisonnables »).
A contrario, accomplir une procession a souvent été pour les chrétiens – surtout dans les périodes de contestation ou de persécution plus ou moins violente – le signe fort d’une résistance à l’esprit du siècle, à la sécularisation, à la tyrannie anticatholique, aux limitations qu’un pouvoir dévoyé opposait aux droits de Dieu… etc. Je connais par exemple le cas de plusieurs paroisses où, sitôt la fin de la grande terreur robespierriste, alors que le culte catholique n’était pas rétabli – loin s’en faut -, et que les paroisses se trouvaient encore sans prêtres, sans messe et sans sacrements, les fidèles sont sortis dans les rues avec les croix, bannières et statues de saints qui avaient échappé aux destructions pour processionner dans les rues de leurs villes ou villages.

Chartres - procession ND du Pilier 6 juin 1927

D – Processions et crise de l’Eglise :
Influencés par l’esprit du monde, il ne s’est pas manqué – en particulier dans les décennies qui ont suivi le concile vaticandeux – de clercs (parfois très haut placés dans la hiérarchie ecclésiastique) et de fidèles pour se faire les contempteurs des processions et œuvrer à leur abandon, les qualifiant de pratiques surannées ou de triomphalisme déplacé puisque désormais contraire au fameux « esprit du concile ».
Et c’est ainsi que l’on a vu détruit par les flammes ou livré aux brocanteurs tout l’appareil ornemental dont les paroisses s’enorgueillissaient naguère (même s’il n’était pas forcément de très grande valeur artistique comme cela était le cas dans les villages pauvres) parce qu’il était l’expression de la foi, au service de la manifestation du Dieu grand et rédempteur dans la cité terrestre, ordonnée à l’édification de la Cité céleste.
Dans le même temps, certains clercs violemment opposés aux processions, ne manquaient pas de participer aux « défilés » ou « manifestations » des syndicats ou mouvements d’inspiration marxiste, ne semblant pas se rendre compte que ce qu’ils condamnaient dans la pratique multiséculaire de l’Eglise se retrouvait là dans sa version laïciste dévoyée !
On remarque enfin que, sauf en quelques grands centres de pèlerinage (Lourdes ou Sainte-Anne d’Auray par exemple), après avoir souvent vivoté ou subsisté comme des anachronismes attirant les touristes, les processions qui ont survécu à la crise post-conciliaire reprennent de la vigueur depuis quelques années et attirent de plus en plus de catholiques « décomplexés » et fervents, et que le jeune clergé – moins intoxiqué par l’idéologie mortifère qui a dévasté la Chrétienté dans la deuxième moitié du XXe siècle – se montre plutôt favorable à la reprise des processions. C’est un signe de renouveau qui ne trompe pas.

E – Retrouver le sens et l’esprit de nos processions :
Comment la Sainte Eglise, si passionnément éprise de vie et de mouvement, si profondément amoureuse de la gloire de Dieu et de Sa louange, si viscéralement animée par un esprit missionnaire, si ardemment enthousiaste pour conquérir les cœurs et les esprits, pourrait-elle négliger ce moyen éminent de se manifester à l’extérieur et de faire connaître Celui qu’elle adore ?
« L’Eglise marche en chantant. Toute son histoire est là. Les processions traduisent d’ailleurs à merveille sa vie ordonnée, calme, confiante et joyeuse, son besoin de la prière collective et son allégresse dans le triomphe du Rédempteur. La liturgie, qui utilise tous les arts pour la gloire de Dieu, ne saurait laisser de côté l’art du mouvement, la chorégraphie, digne et mesurée, qui fait appel à tous les membres du corps humain » (chanoine R. Lesage, in « Dictionnaire pratique de liturgie romaine », article « procession »).
En bien des endroits, après plusieurs décennies d’oubli, on a aujourd’hui perdu le sens et l’esprit des processions authentiquement catholiques, et là où on les rétablit on est parfois dans l’ignorance totale des règles qui les régissent traditionnellement : ce pourquoi je me propose, en de futures publications, de rappeler ces règles et leur ordonnancement.
Pour l’heure actuelle, il me paraît toutefois essentiel – spécialement au sortir de l’éclipse du culte catholique subie au cours de ce printemps 2020 sous prétexte d’état d’urgence sanitaire – de faire un véritable travail de restauration des processions extérieures, des processions publiques – quand bien même ne réuniraient-elles que très peu de personnes -, manifestations de l’action du Dieu Tout-Puissant qui ne peut en aucune manière être confiné par les craintes, les prudences et les règlements humains.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur

A suivre  : « Classification des processions » > ici.

Jules Breton  la procession de bénédiction des blés en Artois

Jules Breton : « La bénédiction des blés en Artois » (toile présentée au Salon en 1857)

nika

2020-53. De l’interdit jeté sur le Royaume de France.

Mercredi 22 avril 2020.

Tiare et clefs

Qu’est ce que la peine canonique appelée « interdit » ?

Parmi les sanctions pénales dont la Sainte Eglise peut user, en vertu de son droit propre,
- soit afin de permettre une conversion et une guérison spirituelle,
- soit pour favoriser l’expiation d’une faute grave et la réparer,
se trouve la peine que l’on nomme en français « interdit » (en latin : interdictum).

Cette sentence ecclésiastique, différente de l’excommunication, prive d’un certain nombre de biens spirituels et, en particulier, elle interdit la célébration publique du culte et des sacrements,
- a) dans un lieu donné : une ville, une province ou un pays tout entier : il s’agit alors d’un « interdit local » ou « interdit territorial » ;
- b) pour une personne ou un groupe de personnes : tel clerc ou tel laïc, ou tel groupe de fidèles (une paroisse, une communauté religieuse) : en ce cas il s’agit d’un « interdit personnel ».

Les expressions qui sont liées à cette sanction sont : « être frappé d’interdit », « jeter l’interdit sur une ville (ou un royaume) », « lancer l’interdit », « lever l’interdit »…

L’interdit peut être fulminé par le Pontife romain ou par un évêque (dans le cadre de sa juridiction particulière).
Relativement fréquent au Moyen-Age, la pratique en a été fermement maintenue par le concile de Trente et par le code de droit canonique de 1917, tandis que le code de 1983 (canon 1332) semble ignorer l’interdit local et ne plus mentionner que brièvement l’interdit personnel en renvoyant aux mêmes défenses que celles qui sont faites aux excommuniés (canon 1331).

Jusqu’à la réception de l’absolution et à la sentence de levée de l’interdit, il a pour effet la privation des biens spirituels : défense de participer à la Sainte Messe, de recevoir tous les sacrements et sacramentaux, d’assister et à toutes les cérémonies du culte public, et privation de la sépulture en terre bénite. 

Vasari-1573- Excommunication de Frédéric II par Grégoire IX

Giorgio Vasari : Grégoire IX jetant l’interdit sur Frédéric II de Hohenstaufen (fresque de 1573)

Conséquences d’un interdit local :

Normalement, l’interdit territorial suspend donc toute la vie religieuse d’une localité, d’une région, voire d’un royaume.
Aux âges de foi, cet arrêt du culte public et cette impossibilité de recevoir les sacrements et sacramentaux était perçue comme une véritable catastrophe, non seulement pour les individus mais pour toute la société : et c’en est une en vérité, puisque, du fait de l’interdit, une portion entière du « peuple de Dieu » se trouve coupée des sources de la grâce et, en quelque manière, soumise à une malédiction, à une réprobation divine !

Dans un lieu frappé d’interdit, les enfants ne peuvent plus être baptisés à l’église,  et donc – s’ils meurent sans baptême – ils sont privés de la vision divine – ; les mourants ne peuvent recevoir l’extrême-onction et, s’ils meurent en état de péché grave et sans un repentir personnel suffisant, ils risquent fort de tomber en enfer ; la confirmation ne peut être donnée, les mariages ne peuvent être célébrés et les ordinations sont différées…
La menace de l’interdit devenait de fait un moyen de pression très puissant que l’Église catholique brandissait pour obliger une autorité laïque à lui obéir ou à s’amender : un prince ou un roi chrétien dont le territoire est frappé d’interdit risque fort de voir ses peuples se révolter contre son autorité, en effet.

Tant que durait l’interdit, les églises étaient fermées (il arrivait que leur portail principal fut obstrué par des branchages), les cimetières étaient eux aussi fermés et les cérémonies de sépulture n’y pouvaient avoir lieu : même les réunions où s’assemblaient les paroissiens pour décider des affaires du village étaient empêchées puisque, la plupart du temps, elles se tenaient soit dans les cimetières, soit sous le préau de l’église, soit encore dans l’église elle-même.
Les cloches ne sonnaient plus (on allait parfois jusqu’à retirer leurs battants ou à les descendre du clocher) ce qui signifie non seulement que leur « voix » consacrée – qui a valeur d’exorcisme « contre les esprits de malice répandus dans les airs » (Eph. VI, 12) -, ne sanctifiait plus le rythme des journées, mais qu’on n’avait plus le moyen d’informer des décès de la communauté (glas) ou d’alerter la population en cas de danger (tocsin). 

À partir du règne du pape Martin V (1417-1431), la discipline théorique de l’interdit fut un peu assouplie : il fut autorisé de donner les derniers sacrements aux mourants, de marquer les grandes fêtes religieuses, et même de célébrer la Sainte Messe dans l’église, mais sans solennité et les portes étant closes.

excommunication de Robert II

« L’excommunication de Robert II »,
ici représentée par Jean-Paul Laurens en 1875
est en réalité est un fait légendaire

L’interdit jeté sur la France au mois de mars 2020 :

Le royaume de France fut parfois frappé d’interdit.
Certaines notices historiques (et de nombreuses illustrations) prétendent que ce fut le cas sous Robert II, dit le Pieux, dont ils assurent aussi qu’il fut excommunié : en réalité son excommunication ne fut jamais promulguée et la vie religieuse du Royaume de France ne fut pas affectée par les conséquences du désaccord du souverain avec le pape Grégoire V.
Cependant ce fut bien le cas 
en 1141, dans un conflit qui opposa Louis VII le Jeune au pape Innocent II, et en 1200 sous le règne de Philippe II Auguste alors en opposition avec le pape Innocent III.
E
n 1303, dans sa querelle avec Philippe IV, le sinistre Boniface VIII le menaça d’excommunication et de jeter l’interdit sur son royaume, mais cela resta à l’état de menaces.

En revanche, et bien que le code de droit canonique aujourd’hui en vigueur ne parle plus de l’interdit local, la situation actuelle, en France (et dans beaucoup d’autres contrées), s’apparente réellement à celle d’un pays sur lequel aurait été jeté l’interdit.
En effet, devançant et exagérant les mesures restrictives édictées par le gouvernement, les évêques de France dans une grande majorité ont pris des dispositions qui reviennent à l’interdiction pure et simple du culte public.

Si les prêtres restent autorisés à célébrer la Sainte Messe, ce ne peut être qu’en privé (et donc souvent à huis-clos), sans sonnerie de cloches l’annonçant, et sans que les fidèles soient autorisés à y assister.
Les églises restent théoriquement ouvertes, mais on n’y célèbre aucun sacrement : pas de baptême solennel (je connais néanmoins des cas d’ondoiements accomplis à la naissance, mais les autres cérémonies du baptême devront être célébrées après le confinement), plus de cérémonies de confirmation, plus de mariages religieux, plus d’ordinations…
Je pourrais citer des noms d’évêques qui, déployant plus de zèle à persécuter les bons pasteurs qu’à combattre l’hérésie et les désordres de leurs diocèses, se sont déchaînés contre des prêtres qui – bien qu’ils respectassent les fameux « gestes barrière » dont on nous rebat les oreilles – continuaient à confesser, et donnaient la Sainte Communion aux fidèles qui la leur demandaient.
L’écrasante majorité des mourants passe de vie à trépas sans le secours des derniers sacrements (d’ailleurs beaucoup de prêtres de l’ « Eglise conciliaire », si on me permet cette expression, ne pensent même pas qu’ils puissent proposer la confession, la communion et l’extrême-onction à ceux qui vont mourir et dont ils ont charge d’âme, parce qu’ils n’imaginent pas le « sacrement des malades » autrement qu’en cérémonies collectives célébrées à l’église avec des gens plutôt en bonne santé : cherchez l’erreur !), et les funérailles – même en présence d’un prêtre – sont célébrées sans messe, à la va-vite, souvent directement dans les cimetières (lesquels ont été désacralisés par la loi anticatholique du 14 novembre 1881).

Oui, la situation de notre France, en ces jours-ci, est bien comparable à celle d’un royaume sur lequel on aurait jeté l’interdit : et cela non pas pour contraindre un pouvoir impie à se soumettre aux lois divines, mais par pure complaisance envers l’impiété du dit pouvoir, et par couardise !
Sans doute, la plupart du temps, les tristes sires mitrés ne savent-ils que trop que s’ils font preuve d’un peu trop de zèle religieux et de résistance à la république maçonnique, ils risquent de voir ressortir de derrière les fagots et jeter en pâture à l’opinion publique quelques bonnes vieilles sordides histoires de mœurs ou encore l’une de ces innombrables magouilles financières dont les diocèses sont devenus les nids : de là le profil bas adopté par bien des évêques, qui choisissent de filer doux plutôt que d’être persécutés pour la justice !

En attendant, depuis ce très triste troisième dimanche de carême 15 mars 2020, moi qui, dans mon ermitage (ma « Principauté monastique »), demeure un privilégié car je n’y souffre pas de « pénurie spirituelle », je vois croître la détresse et la souffrance des âmes fidèles, des âmes pieuses, des âmes ferventes, qui, malgré leurs efforts pour maintenir, avec toutes les possibilités offertes par les progrès des moyens modernes de communication – certes appréciables mais qui ne peuvent néanmoins remplacer l’assistance à la Messe et la réception des sacrements -, ainsi que la tristesse et la douleur des bons prêtres qui ont charge d’âmes et se trouvent brimés par ceux-là même qui, s’ils étaient vraiment catholiques, devraient les soutenir et les défendre, dans leur zèle sacerdotal…

De la prolongation de l’interdit sur ce Royaume, délivrez-nous, Seigneur !
De la couardise des chefs religieux, délivrez-nous, Seigneur !
De la malignité d’un pouvoir imbécile, délivrez-nous, Seigneur !
De l’apostasie pratique de l’Occident, délivrez-nous, Seigneur !

Parce Domine parce populo tuo

2020-50. Sauvez Rome et la France, au nom du Sacré-Cœur !

Samedi in albis 18 avril 2020.

Sacré-Coeur gif

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Dans la continuité des graves messages de notre Roi légitime (cf. > ici, > ici, et > ici), et de ce que je vous écrivais ces derniers jours (cf. > ici, et encore > ici), je voudrais – en quelque sorte en complément – vous rappeler le texte de cet ancien cantique traditionnel, composé dans le contexte de la spoliation des Etats de l’Eglise et de la très humiliante défaite de 1870, dont j’ai réactualisé les paroles en 2007 et que feu le Maître-Chat Lully avait déjà publiées > ici.

Nous savons, parce que c’est une chose affirmée de manière péremptoire par les Souverains Pontifes et les saints depuis quinze siècles, et parce que cela a été confirmé par de multiples événements tout au long de notre histoire, que les sorts de la Sainte Eglise romaine et de la France sont liés.
Ce pourquoi il n’est pas anodin de reprendre les paroles originelles du cantique du Vœu national, et de chanter « Sauvez Rome et la France au nom du Sacré-Cœur », plutôt que seulement : « Sauvez, sauvez la France… »
Le salut et le redressement de la France passent obligatoirement par un retour à la foi catholique et à l’observance de la morale et de la discipline de l’Eglise catholique, et la sortie de crise pour l’Eglise romaine passera également par la restauration de la monarchie capétienne traditionnelle et le secours que lui apportera le Roi Très Chrétien, « évêque du dehors »« Fils aîné de l’Eglise » et son « porte-glaive ».

Il y a en ce moment un mouvement – dont Sa Majesté s’est faite l’écho dans  son message de Pâques (cf. > ici) – demandant à Nos Seigneurs les cardinaux, archevêques et évêques de France, le renouvellement de la consécration de notre Patrie aux Cœurs de Jésus et Marie.
Quelques évêques semblent soutenir ou encourager cette démarche, tandis qu’une majorité de nos hiérarques semble faire la sourde oreille ou traite par l’indifférence, voire le mépris, cet élan spirituel.

Il est bien évident que le relèvement et que le passage d’une « Religio depopulata » (Chrétienté dévastée) à une « Religio renascens » (Chrétienté renaissante), tout comme le relèvement de la France, ne se pourront qu’avec le puissant secours de grâces divines qu’il faut solliciter avec insistance et obtenir par la prière et par le sacrifice.
Il faut en effet bien avoir conscience qu’une « consécration » n’est pas un acte magique qui opérerait des miracles de manière quasi automatique, sans qu’il y ait au moins l’amorce d’un mouvement de conversion profonde et générale, une conversion à laquelle il faut travailler inlassablement tous les jours et qui ne sera jamais vraiment achevée ici-bas.
Ce pourquoi il est indispensable de prier beaucoup, de supplier le Ciel avec insistance et ardeur, et d’accompagner nos prières de pénitences volontaires généreuses : la fin du carême ne marque en aucune manière la fin de nos efforts contre le mal, contre le péché,  et ne marque pas davantage la fin des sacrifices, des mortifications et du jeûne !

C’est à ce prix seulement que l’on peut espérer une vraie et durable conversion, une vraie et durable guérison, une vraie et durable restauration de la santé spirituelle de la Chrétienté, de la Sainte Eglise et de notre France !

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur

 frise lys

 

Gallia pœnitens

Extraordinaire gravure publiée après le 19 septembre 1914 (date de l’incendie de la cathédrale de Reims),
montrant la France, figurée par une femme au visage contrit et aux mains suppliantes,
se précipitant à genoux aux pieds de Notre-Seigneur Jésus-Christ
qui l’accueille avec un geste plein de miséricorde,
tandis que la Très Sainte Vierge Marie, le visage tourné vers sa cathédrale en flammes,
pose avec émotion sa main sur le bras de son divin Fils…

Sacré-Coeur gif

1- Pitié, mon Dieu ! car Votre Sainte Eglise
De toutes parts se trouve menacée ;
Jusqu’en son sein, il en est qui pactisent
Avec l’esprit de l’enfer déchaîné :

Refrain :  Dieu de clémence ! ô Dieu vainqueur !
Sauvez Rome et la France, au nom du Sacré-Coeur ! (bis)

2 – Pitié, mon Dieu ! apostate est la France :
Elle renie son Seigneur et son Roi !
Que Votre Amour brise sa résistance
Et la ramène à Votre sainte loi !

3 – Pitié, mon Dieu ! d’un horrible naufrage
La Chrétienté se trouve menacée.
Ressuscitez les glorieux lignages
De l’héroïsme et de la sainteté !

4 – Pitié, mon Dieu ! que ce monde coupable,
Abandonnant ses chemins dépravés,
Dans l’unité de l’amour véritable,
Par Votre Eglise, trouve enfin sa paix !

(paroles réécrites en 2007 par Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur)

Image pour la fête du Sacré-Coeur 7 juin 1872

2020-49. Religio depopulata.

Vendredi de Pâques 17 avril 2020 au soir,
Anniversaire de la sainte mort de Madame de Sévigné (cf. > ici).

Saint Jour de Pâques dimanche 12 avril 2020 - Bénédiction Urbi et Orbi

Saint Jour de Pâques 12 avril 2020 :
une bénédiction « Urbi et Orbi » depuis l’intérieur d’une basilique vaticane déserte…

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Une seule image en dit souvent bien plus long que d’interminables discours et la saisie d’écran publiée ci-dessus, en sa prolixe concision, appartient, ce me semble, à la catégorie des clichés historiques dont il faudra garder une mémoire aussi vive que consternée.

Depuis des siècles et des siècles, on n’a pas gardé le souvenir d’un Souverain Pontife donnant la bénédiction « Urbi et Orbi » du Saint Jour de Pâques sans la moindre assistance de fidèles !
A partir de la spoliation des Etats de l’Eglise et de Rome, le 20 septembre 1870, et jusqu’au règlement de la « question romaine » par les accords du Latran (11 février 1929), si les Papes ne se montraient plus à la loggia de la façade extérieure de la basilique vaticane pour donner leur bénédiction solennelle, du moins le faisaient-ils, depuis la loggia intérieure, au-dessus d’une foule de fidèles prosternés dans l’édifice.

Presque six décennies de logorrhées ecclésiastiques sur le « printemps de l’Eglise », le « renouveau conciliaire », l’ « extraordinaire dynamisme d’une Eglise renouvelée », et les enthousiasmes affectés devant « l’énergie de forces nouvelles » qui permettraient de « regarder sans crainte vers l’avenir », en stigmatisant « les prophètes de malheur », viennent se briser comme des vaguelettes à bout de course contre le roc impitoyable de l’évidence manifestée au travers de cette photographie aussi objective que cinglante.

Les bavardages convenus et cent-mille fois ressassés des curetons de tout grade sur le « nouveau printemps missionnaire de l’Eglise » sont venus se heurter à l’image éloquente d’un vieux bonhomme sans grâce, sans apparat et sans aucune aisance, parlant avec une voix fatiguée devant le vide, et bénissant d’une main douteuse un immense espace vide !

Que l’on ne vienne pas me seriner qu’il s’agit là du « nouveau style » de l’Eglise enfin débarrassée du triomphalisme constantinien dans lequel elle se serait empêtrée pendant trop de siècles.
Ce prétendu « style » – pure création abstraite de penseurs religieux se prétendant « intellectuels », « théologiens », « experts » ou « spécialistes » qui n’ont pas attendu la présente épidémie pour être confinés dans leurs sphères stériles de raisonnements modernistes coupés de la Tradition vivante, coupés de la véritable ferveur incarnée d’un « Peuple de Dieu » vivant authentiquement de la Grâce et des sacrements -, ce prétendu « style » donc, n’est tout simplement que la manifestation d’un naufrage de foi et d’une faillite d’espérance surnaturelle !

Dieu merci ! Il reste les humbles, les vrais fidèles, ceux qui prient, ceux qui souffrent, ceux qui offrent plus qu’ils ne dissertent, et qui, sans se faire de nœuds au cerveau, font monter vers le Ciel, par l’intercession de la Vierge co-rédemptrice que le divin Rédempteur Lui-même leur a donné pour Mère du haut de Sa Croix, et par la médiation des saints thaumaturges que le divin Médiateur a placé auprès d’eux, avec leurs demandes de pardon, les pieuses implorations sollicitant la protection et la garde du Tout-Puissant.
C’est aussi ce que font les Ordres religieux demeurés stables dans la grâce de leurs fondateurs, dans les monastères, cloîtres ou ermitages qui ont résisté au torrent dévastateur post-conciliaire et aux épurations vengeresses des idéologues mitrés aux mœurs d’autant plus dictatoriales qu’ils se proclament avec plus d’emphase fervents adeptes de la démocratie moderne.

Comment ne pas être ici frappé par la correspondance de ce que la télévision vaticane a elle-même montré à la terre entière au terme de la Semaine Sainte, avec les paroles de la Sainte Ecriture dont nous avons chanté de larges extraits aux premiers nocturnes des trois « Offices des Ténèbres » ?

« Et il arriva, après que le peuple d’Israël eut été emmené en captivité et que Jérusalem fut déserte, que Jérémie le prophète s’assit, pleurant, et qu’il fit entendre ses lamentations sur Jérusalem, et que d’un cœur amer, soupirant et gémissant, il dit :
Aleph – Comment est-elle assise solitaire, la ville pleine de peuple ? Elle est devenue comme veuve, la maîtresse des nations…
Daleth – Les voies de Sion sont en deuil de ce qu’il n’y a personne qui vienne à ses solennités… Ses prêtres gémissent…
Caph – … Tout son peuple est gémissant et cherchant du pain : ils ont donné tout ce qu’ils avaient de plus précieux pour une nourriture qui ranimât leur âme.
Coph -  … Mes prêtres et mes vieillards ont été consumés dans la ville lorsqu’ils ont cherché de la nourriture pour ranimer leur âme… » (Thrènes, chap. I).

Avec des larmes amères, nous pouvons – en ces jours où la joie pascale est plus affaire de conviction surnaturelle que de perception sensible – faire nôtres les paroles de la poignante supplication gallicane du XVIIe siècle pour le temps de l’Avent, dont l’actualité est réellement saisissante : « Ecce civitas Sancti facta est deserta, Sion deserta facta est ! Ierusalem desolata est. Domus sanctificationis Tuae et gloriae Tuae, ubi laudaverunt Te patres nostri : Voici que la cité du Sanctuaire est devenue déserte, Sion est devenue déserte ! La Demeure où Vous étiez sanctifié et [où demeurait] Votre gloire, où nos pères Vous avaient loué ».

Cette prise de vue de la bénédiction « Urbi et Orbi » en ce Saint Jour de Pâques 2020, comme aussi la très éprouvante et pitoyable cérémonie du vendredi 27 mars au soir, devant l’immense place Saint-Pierre vide que noyait la pluie, a spontanément fait monter à ma conscience la sentence « Religio depopulata » – souvent traduite par « la Chrétienté dévastée » - qui figure dans la fameuse « prophétie des papes » attribuée à Saint Malachie et dont on prétend qu’elle désignerait le pape Benoît XV (en raison de la coïncidence de son pontificat avec la première guerre mondiale).

« Religio depopulata » !
Plus encore que l’hécatombe des millions de mort de la guerre de 1914-1918, plus encore que l’amoncellement des cadavres de toutes les épidémies de tous les temps réunies, la pandémie moderniste a dévasté la Chrétienté et laisse – sauf en quelques parcelles où d’authentiques bons pasteurs, souvent persécutés, font refleurir le désert – la Sainte Eglise à l’état d’un champ de ruines épouvantables de tous les côtés que le regard se porte !

« Religio depopulata » !
La peste du modernisme a tué les âmes de tant d’ecclésiastiques, à tous les niveaux de la hiérarchie, et décimé les rangs des fidèles qui n’ont plus été nourris et fortifiés aux sources vives de la Tradition reçue des Apôtres.

« Religio depopulata » !
La peste noire qui a rendu « comme veuve, la maîtresse des nations » (Thrènes I, 1), c’est-à-dire la Sainte Eglise établie par Dieu « Mater et Magistra », nous montre à l’évidence qu’il faut redoubler d’ardeur dans le combat contre les chimères des errements cléricaux qui ont propagé la gangrène dans tout le Corps mystique, et qui nous asphyxient.

Il est bien temps, et plus que temps, de rejeter les anesthésiants discours « si gentils » des bisounours en aubes synthétiques confinés dans leurs sacristies désertes, et de renouer avec le flux vivifiant de la Tradition pérenne, de retisser solidement la trame rompue par bientôt soixante années de dérives vaticandeuses, de secouer le joug bêtifiant et castrateur du modernisme, pour retrouver la mâle et féconde énergie de l’Evangile tel qu’il a été compris et vécu par les grands saints de la Chrétienté vivante et conquérante.
Car « ou bien tu mets à mort l’iniquité, ou bien c’est l’iniquité qui te tue ! » (Saint Augustin)…

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

Saint Michel gif

2020-48. Simples réflexions sur le mystère de la Croix resplendissant de la Lumière de Pâques.

Jeudi de Pâques 16 avril 2020 ;
La fête de Saint Benoît-Joseph est empêchée liturgiquement, mais nous pensons néanmoins à lui (cf. > ici et > ici) ;
93ème anniversaire de Sa Sainteté le Pape Benoît XVI (cf. > ici).

Croix de pierre à Saint-Martial

L’une des antiques croix de pierre de la paroisse de Saint-Martial, en bordure de chemin

nika

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

En ces jours radieux de l’octave de Pâques, contrairement à un certain nombre de chrétiens qui ne voient les choses que d’une manière très superficielle, nous devons nous attacher à contempler avec encore plus de ferveur, plus de reconnaissance et plus d’amour, la Croix de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Cette Croix qui fut voilée pendant le temps de la Passion, cette Croix qui a été solennellement dévoilée le Vendredi Saint pour que nous l’adorassions avec transport, cette Croix que désormais nous fleurissons et contemplons resplendissante de la gloire du divin Rédempteur ressuscité : « Crucem Tuam adoramus, Domine, et sanctam Resurrectionem Tuam laudamus et glorificamus : ecce enim propter lignum venit gaudium in universo mundo : Nous adorons Votre Croix, ô Seigneur, et nous louons et glorifions Votre sainte Résurrection, car, par le bois de la Croix, la joie est venue dans le monde entier ! » (liturgie du Vendredi Saint).

Ainsi la Croix est-elle explicitement désignée comme la source bénie de notre joie spirituelle.
Pâques n’évacue pas la Croix, mais la désigne avec une insistance renouvelée à nos regards et à notre contemplation dans toute sa puissance salvatrice, pour que la vénérions avec une ardeur surmultipliée, et nous attachions davantage à elle. 

Sur cette terre, le mystère de la souffrance est-il sans doute celui qui éloigne le plus de Dieu les âmes
La souffrance ne nous répugne pas seulement, elle suscite en nous des sentiments spontanés de révolte et de fuite : la Croix ne cessera jamais d’être un scandale et une folie, pour reprendre les expressions de Saint Paul (cf. 1 Cor. I, 22-25).

Mais le mystère de la souffrance est en même temps celui qui peut le plus rapprocher de Dieu et unir à Lui les âmes !
Malgré toutes les répugnances instinctives et l’horreur naturelle qu’elle provoque, il y a en elle quelque chose d’encore plus fort qui captive les âmes généreuses et bien disposées, et qui leur fait compter pour rien les répulsions de la sensibilité pour les faire adhérer à la Croix, « force de Dieu et sagesse de Dieu » (cf. 1 Cor. I, 24), par Notre-Seigneur Jésus-Christ, avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, en Notre-Seigneur Jésus-Christ : « Per Ipsum, et cum Ipso et in Ipso » !

Aujourd’hui, seul le mystère de la Croix, illuminé par notre foi en la Résurrection, peut éclairer et faire rayonner l’épreuve que traversent avec douleur nombre d’âmes d’authentiques fidèles de la Sainte Eglise de Dieu, en ces jours où ils sont contraints de jeûner des offices si réconfortants de la divine liturgie, où ils sont sevrés de la réception des sacrements, où – malgré la joie de Pâques – ils se sentent si tristement orphelins, parce qu’ils ressentent douloureusement la trahison des hiérarques qui, au lieu de donner au monde et à l’Eglise le témoignage d’une foi capable d’opérer les miracles promis par Notre-Seigneur Jésus-Christ, fuient tels de vils mercenaires à l’approche du danger et se claquemurent dans des obéissances de commis médiocres en distillant de mielleuses paroles soporifiques à ceux qui devraient au contraire être galvanisés et transportés par leurs exemples d’authentiques pasteurs dévorés par le zèle du Cœur du Bon Pasteur !

Dieu met Son Eglise à l’épreuve.
Et à travers l’épreuve présente, Dieu opère un tri. Un tri implacable !

Car l’épreuve, comme la Croix du Vendredi Saint, révèle ce qu’il y a dans le fond des cœurs.

L’épreuve révèle qui sont les couards, qui sont les traîtres, qui sont les pusillanimes, qui sont les lâches, qui sont les complices – actifs ou passifs – de l’iniquité, qui sont les vendus, qui sont les inconsistants qui suivent le mouvement imposé par ceux qui détiennent le pouvoir ou qui crient le plus fort, qui sont les ronds-de-cuir sans envergure, qui sont les fonctionnaires zélés désireux de ne pas déplaire à « César »…
Et l’épreuve aussi révèle qui sont les courageux, les authentiques disciples, les magnanimes, les vrais fidèles, les forts, les incorruptibles dans la foi et la charité, ceux qui mettent l’amour du Christ Sauveur au-dessus de leurs intérêts propres et de leur petit confort, ceux qui mettent leurs pas dans les pas sanglants de Jésus portant Sa Croix, ceux qui sont de nouveaux Simon de Cyrène, de nouvelles Véronique, de nouveaux Jean, de nouvelles Marie-Magdeleine, entourant la Très Sainte Mère de Dieu au pied de la Croix…
Oui, Dieu opère un tri !

A travers l’épreuve, Dieu fait grandir dans la foi, l’espérance et la charité Ses véritables fidèles, et – dans l’aridité du désert liturgique et sacramentel, où ils continuent à avancer à la suite de notre divin Rédempteur, colonne de nuée pendant le jour et colonne de feu pendant la nuit -, Il les conduit, en dehors de toute consolation sensible, jusqu’à la Sainte Montagne où Il Se révélera plus intimement à leurs âmes et Se les unira plus étroitement.
A travers l’épreuve de la maladie, et peut-être in extremis au seuil de la mort, nous devons espérer que Dieu ramènera à Lui, comme de nouveaux Dismas, les âmes de quelques larrons touchés par la grâce. Et nous prions pour cela.
Mais à travers l’épreuve aussi, ceux qui se cramponnent aux forces de mort spirituelle consommeront leurs forfaits, iront jusqu’au bout de leur iniquité et recevront le salaire de leurs trahisons

Ici, je ne peux m’empêcher de penser au contraste à la fois magnifique et terrifiant présenté d’une part par ces nombreux prêtres qui sont en quelque sorte « tombés au champ d’honneur » du combat pour le salut des âmes, victimes de leur zèle à visiter les malades et à leur apporter le secours des sacrements du salut ; et d’autre part par la veulerie de ces évêques, confinés dans leur confortable servilité, qui ne semblent avoir de zèle que pour blâmer et menacer les prêtres qui continuent à confesser, à donner la Sainte Communion, et à vouloir  nourrir, soigner et consoler les âmes commises à leur sollicitude pastorale…

Dieu est témoin, et Dieu est juste Juge !

O Croix resplendissante de Pâques !
O Croix bénie qui crucifie aujourd’hui l’âme des vrais fidèles et des authentiques pasteurs !
O Croix qui sera la condamnation des tièdes et des lâches !
O Croix, notre unique espérance, source de notre joie surnaturelle et de notre consolation, nous vous adorons et nous vous bénissons, malgré les ténèbres qui s’appesantissent sur notre terre désolée, parce que vous avez porté le Fils de Dieu béni et avez été imprégnée de Son Sang Précieux, et que, malgré notre faiblesse, vous nous attirez vers vous, unique signe du Salut !

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

Crucifix chapelle Rome

2020-47. Message de Sa Majesté à l’occasion du premier anniversaire de l’incendie qui a dévasté Notre-Dame de Paris.

A l’occasion du premier anniversaire de l’incendie de la basilique-cathédrale Notre-Dame de Paris, ce mercredi 15 avril 2020 en fin d’après-midi, Monseigneur le Prince Louis de Bourbonde jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX, a publié sur les réseaux sociaux le message suivant :

Incendie de Notre-Dame de Paris - 15 avril 2019

Il y a un an, Notre-Dame a failli disparaître dans un déluge de feu et d’eau, créant un véritable traumatisme non seulement chez tous les catholiques mais aussi chez toutes les personnes de cœur.
Grâce au professionnalisme des pompiers dont le courage et le sens du devoir méritent une nouvelle fois d’être salués, elle a pu être sauvée ainsi que les précieuses reliques qu’elle contenait.
Par la suite, les premiers travaux menés par les meilleurs spécialistes, ont pu commencer pour la faire progressivement revivre pendant que des milliers de dons affluaient. La première cérémonie s’y est tenue pour Pâques alors que la France était confrontée à une nouvelle épreuve.

Je salue tous ceux qui sont engagés dans cette oeuvre effectuée sous l’autorité et la compétence de l’Architecte en Chef des Monuments historiques. Aujourd’hui, je ne peux que reformuler le souhait exprimé en avril 2019 : que nos corps de métiers restaurent à présent patiemment Notre Dame, en prenant le temps comme meilleur allié, pour lui rendre sa splendeur, dans l’esprit de Foi qui était celui de ses bâtisseurs, nos ancêtres et dont notre siècle a tant besoin.

Louis de Bourbon,
Duc d’Anjou.

Grandes armes de France

2020-43. « L’actuelle situation dramatique doit ouvrir sur une période de sursaut qui soignera après les corps, les âmes et l’esprit public. »

A minuit, en cette nuit du Samedi Saint au Dimanche de Pâques, alors que de nombreuses pieuses âmes veillent et prient en célébrant, dans le confinement la Sainte Résurrection de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX, a publié sur les réseaux sociaux le message suivant à l’adresse des Français :

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Chers compatriotes,
Chers Français

Rappelons-nous : Pâques 2019 et la France pétrifiée par l’incendie qui venait de ravager la cathédrale Notre-Dame de Paris.

Pâques 2020, une épreuve d’une toute autre nature dans un domaine où l’on ne l’attendait pas, atteint la France qui, avec l’Italie et l’Espagne, se partage le record des décès en Europe. Tous les continents sont frappés.
Une mondialisation du risque !

Hier c’était l’âme du pays qui était touchée, et aujourd’hui ce sont les hommes et les femmes ; les enfants et les vieillards. Selon les mots forts prononcés par le Saint-Père dans son homélie du 27 mars, « nous avons été pris au dépourvu par une tempête inattendue et furieuse ». Devant le danger saurons-nous réagir et à l’ombre de cette cruelle épreuve, refonder nos actions sur plus de bon sens et redonner du sens à nos vies ?

Réagir, au-delà de la compassion que l’on a vis-à-vis des milliers de victimes et de leurs familles affrontant la mort souvent en grande solitude et sans secours spirituel; au-delà de l’admiration vis-à-vis des soignants aux moyens parfois si dérisoires et de tous ceux qui se dévouent souvent en prenant des risques pour que le pays continue à vivre ; au-delà des encouragements adressés à ceux qui, confinés, doivent assumer une vie familiale bouleversée et exercer leurs activités dans des conditions précaires ; au-delà de l’angoisse face aux situations désespérées que nombre d’artisans, de commerçants, d’entrepreneurs auront à affronter après le brusque arrêt de la vie économique.

Les Français courageux et fidèles à l’image de l’idée qu’ils ont de leur pays –celui du baptême de Clovis, celui de la justice de Saint-Louis, celui des quinze siècles de gloire et d’honneur-, doivent faire front animés d’une énergie à toute épreuve. Ils doivent résister pour sauver leur pays, retrouver l’esprit de Bouvines. Si l’oriflamme de saint Denis n’est plus élevée pour précéder les combattants, son esprit doit être là. Vivant.

L’actuelle situation dramatique doit ouvrir sur une période de sursaut qui soignera après les corps, les âmes et l’esprit public. En effet, au-delà de la crise sanitaire n’est-ce pas toute notre société qui est malade depuis des années et qui a besoin de se retrouver à travers un grand dessein partagé par tous et des valeurs essentielles.

En France, déjà, plus de vingt-cinq évêques ont placé leur diocèse sous la protection divine par l’intercession du Sacré-Cœur, de la Vierge Marie, de Saint-Joseph ou encore de saints locaux ayant déjà été invoqués lors d‘épidémies plus anciennes. Je me plais à songer au poids qu’aurait une consécration solennelle de la France effectuée par l’ensemble de son épiscopat à laquelle s’associerait le maximum de fidèles. Pâques, la fête de la résurrection, pourrait en être l’occasion. En tant que successeur légitime des rois de France qui ont toujours compris leur fonction dans sa double dimension terrestre et divine, ce serait de mon devoir de m’y associer et je le ferais en mon âme et conscience.

Demandons, en cette fête de la Résurrection, le secours de Saint Louis, de Sainte Geneviève et de Sainte Jeanne d’Arc et leur protection sur la France.

Louis de Bourbon
Duc d’Anjou.
Pâques 2020.

grandes armes de France

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