Archive pour la catégorie 'Commentaires d’actualité & humeurs'

2025-142. Décret de la Commission biblique au sujet des Evangiles synoptiques.

21 septembre,,
Fête de saint Matthieu, apôtre et évangéliste (cf. ici).

       Nous avons déjà présenté (cf. > ici) ce qu’est la Commission biblique et la mission qui lui fut assignée à sa fondation par le pape Saint Pie X, en publiant la traduction des réponses qu’elle a données en 1911 au sujet de l’Evangile selon Saint Matthieu, dans la perspective de contrer les théories modernistes.
Dans cette même optique, intéressons-nous aujourd’hui aux réponses publiées le 26 juin 1912 à propos des autres Evangiles synoptiques, puisque, sur notre modeste blogue, cette fête de Saint Matthieu, premier des quatre évangélistes, est maintenant de manière traditionnelle pour nous, l’occasion d’approfondir notre connaissance de la tradition scripturaire catholique.

Saintes Ecritures et Saint Esprit - blogue

Réponses de la Commission Biblique 

au sujet des Evangiles synoptiques

- 26 juin 1912 -

I. Auteur, date de composition et vérité historique des Evangiles selon Saint Marc et selon Saint Luc :

Question 1 : 

   La voix claire de la Tradition, qui depuis les commencements de l’Eglise est admirablement unanime et qui a été confirmée par des preuves multiples, à savoir les témoignages explicites des saints Pères et des écrivains ecclésiastiques, les citations et les allusions qui se trouvent dans leurs écrits, l’usage des hérétiques anciens, les traductions des livres du Nouveau Testament, presque tous les manuscrits les plus anciens, comme aussi par des raisons internes, tirées du texte des livres saints eux-mêmes, est-il possible d’affirmer de façon certaine que Marc, le disciple et l’interprète de Pierre, et le médecin Luc, l’assistant et le compagnon de Paul, sont réellement les auteurs des Evangiles qui leur sont respectivement attribués ? 

Réponse : Oui.

frise

Question 2 : 

   Les arguments par lesquels certains critiques cherchent à démontrer que les derniers douze versets de l’Evangile de Marc [Mc 16, 9–20] n’ont pas été rédigés par Marc, mais ajoutés par une autre main, sont-ils de nature à donner le droit d’affirmer qu’ils ne doivent pas être reconnus comme inspirés et canoniques ; ou du moins qu’ils démontrent que Marc n’est pas l’auteur de ces versets ? 

Réponse : Non pour les deux parties. 

Saintes Ecritures et Saint Esprit - vignette

Question 3 : 

   Est-il permis de même de douter de l’inspiration et de la canonicité des récits de Luc concernant l’enfance du Christ [Lc 16, 9–20] ou l’apparition de l’Ange qui réconforta Jésus et la sueur de sang [Lc 22, 43 s] ; ou peut-on au moins montrer par des arguments solides – ce qui plaisait aux hérétiques anciens et qui plaît également à des critiques plus récents – que ces récits ne font pas partie de l’Evangile originel de Luc ? 

Réponse : Non pour les deux parties. 

frise

Question 4 : 

   Les documents très rares et tout à fait isolés dans lesquels le cantique Magnificat [Lc 1, 46–55] n’est pas attribué à la Bienheureuse Vierge Marie mais à Elisabeth, peuvent-ils et doivent-ils prévaloir de quelque manière contre le témoignage concordant de presque tous les manuscrits aussi bien du texte original grec que des traductions, et contre l’interprétation que le contexte n’exige pas moins que le sentiment de la Vierge elle-même et la Tradition constante de l’Eglise ?

Réponse : Non. 

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Question 5 : 

   S’agissant de l’ordre chronologique des Evangiles, est-il permis de s’éloigner de l’opinion corroborée par le témoignage à la fois très ancien et constant de la Tradition et qui atteste qu’après Matthieu qui, le premier de tous, composa son Evangile dans la langue maternelle, Marc a écrit le deuxième, et Luc le troisième ; ou faut-il d’un autre côté considérer comme contraire à cette conception l’opinion qui affirme que le deuxième et le troisième évangile ont été composés avant la traduction grecque du premier Evangile ? 

Réponse : Non pour les deux parties. 

frise

Question 6 : 

   Peut-on différer la date de composition des Evangiles de Marc et de Luc jusqu’à la destruction de Jérusalem ; ou parce que chez Luc la prophétie du Seigneur concernant la destruction de cette ville apparaît plus précise, peut-on soutenir que son évangile au moins a été composé après que le siège eut déjà commencé ?

Réponse : Non pour les deux parties. 

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Question 7 : 

   Doit-on affirmer que l’Evangile de Luc a précédé le livre des Actes des Apôtres, et que puisque ce livre, composé par le même Luc [Ac 1, 1], était terminé à la fin de la captivité romaine de l’Apôtre [Ac 28, 30 s], son Evangile n’a pas été composé après cette date ? 

Réponse : Oui. 

frise

Question 8 : 

   Si on considère aussi bien les témoignages de la Tradition que les arguments internes concernant les sources qu’ont utilisées l’un et l’autre évangéliste en composant l’Evangile, peut-on raisonnablement mettre en doute la conception qui tient que Marc a écrit selon la prédication de Pierre, et Luc selon la prédication de Paul, et qui affirme en même temps que ces évangélistes ont disposé également d’autres sources dignes de foi, soit orales soit aussi déjà mises par écrit ? 

Réponse : Non. 

Saintes Ecritures et Saint Esprit - vignette

Question 9 : 

   Les paroles et les actions qui sont racontées de façon exacte et pour ainsi dire littéralement par Marc selon la prédication de Pierre, et qui sont présentées de la façon la plus sincère par Luc, qui dès le départ s’est soigneusement informé de tout auprès de témoins très dignes de foi puisqu’ils ont vu eux-mêmes dès le commencement et qu’ils furent des serviteurs de la Parole [Lc 1, 2 s] réclament-elles à juste titre pour elles-mêmes cette foi historique que l’Eglise leur a toujours accordée ; ou au contraire ces mêmes actions et ces mêmes paroles doivent-elles être considérées comme étant dénuées, au moins en partie, de vérité historique, soit parce que les écrivains n’étaient pas des témoins oculaires, soit parce qu’il n’est pas rare qu’on constate chez les deux évangélistes un manque d’ordre et une différence dans la succession des faits ; soit parce que, étant venus et ayant écrit plus tard, ils ont dû nécessairement rapporter des conceptions qui étaient étrangères à ce qu’ont pensé le Christ et les apôtres, ou des faits déjà plus ou moins déformés par l’imagination du peuple, ou enfin parce que, chacun selon son dessein, ils se sont laissé conduire par des idées dogmatiques préconçues ? 

Réponse : Oui pour la première partie ; non pour la deuxième. 

Savone - Retable du cardinal della Rovere - Saint Luc et Saint Marc

Ludovico Brea (1450–1523) : les évangélistes Saint Marc et Saint Luc
[détail du rétable du cardinal della Rovere, cathédrale de Savone]

II. La question synoptique, ou les rapports mutuels entre les trois premiers Evangiles :

Question 1 : 

   En maintenant sauf ce qui, conformément à ce qui a été établi précédemment, doit-être maintenu sauf – en particulier pour ce qui est de l’authenticité et de l’intégrité des trois Evangiles de Matthieu, de Marc et de Luc, de l’identité substantielle de l’Evangile grec de Matthieu avec son original primitif, ainsi que pour ce qui est de l’ordre chronologique dans lequel ils ont été écrits –, compte tenu des conceptions diverses et opposées si nombreuses des auteurs, est-il permis aux exégètes de discuter librement pour expliquer les ressemblances et les différences entre les Evangiles, et de recourir aux hypothèses de la Tradition soit écrite, soit orale, ou encore de la dépendance de l’un par rapport à celui ou à ceux qui précèdent ? 

Réponse : Oui. 

Saintes Ecritures et Saint Esprit - vignette

Question 2 : 

   Doit-on considérer que maintiennent sauf ce qui a été établi plus haut ceux qui, ne s’appuyant sur aucun témoignage de la Tradition, et sur aucune preuve historique, approuvent sans hésiter l’hypothèse dite des « deux sources », laquelle tente d’expliquer la composition de l’Evangile grec de Matthieu et de l’Evangile de Luc à partir surtout de leur dépendance de l’Evangile de Marc et d’une collection dite des paroles du Seigneur ; et peuvent-ils dès lors la défendre librement ? 

Réponse : Non pour les deux parties.

Tétramorphe - tympan de Saint-Trophime - Arles

Le tétramorphe au tympan de la basilique-primatiale Saint-Trophime, en Arles (XIIème siècle)

2025-140. Première journée de représentation officielle pour la Princesse Eugénie de France.

Lundi 15 septembre 2025 au soir.

Prise d'armes au château de Bazoches 15 septembre 2025

       Ce lundi 15 septembre 2025 en fin d’après-midi, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, a publié sur les réseaux sociaux le message qui suit, ainsi que trois photographies prises lors d’une cérémonie militaire qui s’est déroulée au château de Bazoches, dans le Morvan.
On se souvient que Madame (Sa Majesté la Reine Marie-Marguerite) est marraine du 19ème Régiment du Génie, basé à Besançon : créé en 1935, le 19ème RG est l’héritier des traditions du Génie d’Afrique, et a d’ailleurs été longtemps appelé « les Sapeurs d’Afrique » ; fort de quelque 1.700 sapeurs, le 19ème RG est l’une des formations les plus importantes de l’Armée de Terre ; sa devise est « Entreprendre et réussir ».

Sa Majesté le Roi au milieu de Sapeurs 15 septembre 2025

Sa Majesté le Roi au milieu de Sapeurs ce 15 septembre 2025

   « Je suis très heureux d’avoir accompagné ma fille la Princesse Eugénie à la prise d’arme du 19ème Régiment de Génie à l’occasion des 90 ans de cette unité au château de Bazoches.
En effet mon épouse, la duchesse d’Anjou, marraine du régiment, ne pouvant se déplacer ce jour-là, notre fille l’a représentée.

  Je suis fier de voir que la Princesse Eugenie prend très à cœur son rôle au sein de la famille lors de cette première journée de représentation officielle pour elle.
De plus, je suis particulièrement sensible au fait que cette journée se soit déroulée auprès de nos armées, afin que la Princesse comprenne combien nous sommes redevables à l’ensemble de nos militaires.

   Je remercie en son nom les autorités civiles et militaires pour leur accueil et leur confiance.
Avec la Princesse Eugénie, nous saluons l’engagement de tous les militaires de ce régiment pour la France.

   Que vive encore longtemps l’esprit de Vauban dans le Génie ! »

Louis XX et la Princesse Eugénie - Bazoches 15 septembre 2025

Sa Majesté le Roi et la Princesse Eugénie assistant à la prise d’armes
au château de Bazoches ce lundi 15 septembre 2025.

2025.137. « Une loi, pour être obligatoire, doit être portée par un pouvoir légitime, elle doit être juste, et avoir pour fondement le bien public… »

5 septembre,
Dans l’Ordre de Saint Augustin, la fête de Saint Antonin de Pamiers, prêtre et martyr ;
Mémoire de Saint Laurent Justinien évêque et confesseur ;
Anniversaire de la naissance de Louis-Dieudonné de France, futur Louis XIV (5 septembre 1638 – cf. ici & > ici) ;
Anniversaire du martyre de l’abbé Claude-Sylvestre Allier, curé-prieur de Chambonas (+ 5 septembre 1793 – cf. aussi ici).

frise lys

       Nous avons déjà rapporté dans les pages de ce blogue, en particulier > ici, l’histoire des « Camps de Jalès » dont l’instigateur fut l’Abbé Claude Allier, Prieur de Chambonas, dont le 5 septembre vient ramener l’anniversaire du martyre (+ 5 septembre 1793, à Mende).
Les archives du département de l’Ardèche conservent, entre autres, le brouillon d’un sermon qu’il prononça en février 1791, lors du deuxième Camp de Jalès.

   La constitution civile du clergé commençait à entrer en application, et le fantasque et impie Charles de La Font de Savine, évêque-comte de Viviers, avait prêté le serment schismatique le dimanche 6 février 1791, en chaire dans sa cathédrale.
Quelques jours plus tard, des catholiques avaient été molestés par les sectateurs de Calvin à Uzès. Dans toutes les paroisses, les catholiques s’inquiétaient, alors que dans le même temps les protestants exerçaient des pressions sur les municipalités qu’ils trouvaient trop peu zélés pour forcer les prêtres à jurer à leur tour.

   La connaissance de ce contexte n’est pas inutile pour comprendre le thème choisi par l’Abbé Claude Allier pour sa prédication, puisque, à partir du mystère de la Présentation de l’Enfant Jésus au Temple et de la Purification de Notre-Dame (fête de la Chandeleur, le 2 février), et « après avoir rapporté ce qu’étaient en usage de faire, le jour de la purification, les femmes relevées de couches, et ce que dit le vieillard Siméon ayant vu l’Enfant Jésus, il commença ainsi » (citation des documents conservés à Privas) :

   « Une loi, pour être obligatoire, doit être portée par un pouvoir légitime, elle doit être juste, et avoir pour fondement le bien public ; quand une de ces qualités manque, toutes les autres ne valent rien. Elle doit être portée par une personne qui a un pouvoir souverain et légitime, et non par des sujets : par exemple, si des enfants faisaient la loi à leur père, vous voyez bien qu’ils n’en auraient pas le pouvoir ; elle doit être portée par des gens qui en aient le droit, et non pas par des procureurs fondés, que l’on appelle autrement mandataires, gens qui n’ont d’autre pouvoir que de corriger certains abus. La loi doit être juste, c’est-à-dire elle ne doit ordonner que des choses permises. (…) Comme par exemple, une loi qui porterait qu’on dévastât vos biens, vos maisons, et qu’on enlevât ce que vous avez, vous voyez bien qu’elle ne serait pas juste ; à une telle loi on ne doit pas obéir quand même elle serait portée par un pouvoir suprême et légitime.
(…)
 On va vous enlever peu à peu vos propriétés, on détruit votre religion, on attaque son ministère ; vous obéissez à des lois portées par des gens qui n’ont pas le pouvoir de les porter, mais seulement la force de les faire exécuter : il ne faut pas lui obéir à cette loi, elle est injuste, elle est faite par des scélérats.
Je suis la lumière qui doit vous éclairer comme pasteur (…) 
Ne craignez point, Dieu défendra Son Eglise (…) Noli timere, pusillus grex (trad : n’aie pas peur, petit troupeau) ! »

(Source : conspiration de Saillans, pièces authentiques, imprimées par ordre du Département de l’Ardèche. Brouillon du prêche.)

frise lys

   Au jour anniversaire du martyre de ce prêtre zélé et courageux, que le Cercle légitimiste du Vivarais a choisi pour « saint patron » et modèle, et en un temps où la république maçonnique et anticatholique, par l’organe de plusieurs de ses représentants, attente gravement à la liberté des consciences en voulant faire passer ses propres lois au dessus des lois morales et divines, il est important de réaffirmer avec force les principes intangibles que proclamait en février 1791 notre cher et bon Abbé Claude-Sylvestre Allier.

La plaine de Jalès et les vestiges de la commanderie au second plan

La plaine de Jalès, au pied des contreforts cévenols,
et au second plan les vestiges de la Commanderie de Jalès (état actutel)

2025-135. Du « carême » de la Sainte Croix et de la Mère des Douleurs que nous pratiquons du 30 août au 13 septembre.

29 août,
Au soir de la fête de la décollation de Saint Jean-Baptiste.

Blason du Refuge Notre-Dame de Compassion

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

   En notre Mesnil-Marie, après les complies du 29 août, nous entrons dans le dernier de nos sept carêmes de l’année : mon papa-moine, dans une précédente publication (que vous pourrez relire > ici) vous a déjà expliqué les raisons pour lesquelles nous avons ces temps de pénitence, ces temps de jeûne et d’abstinence, récurrents… et tellement bénéfiques, à l’âme comme au corps.

   Ce septième carême, de l’année, nommé « Carême de la Sainte Croix et de la Mère des Douleurs » ne dure que 15 jours, du 30 août inclus au 13 septembre inclus, et, comme son nom l’indique, il est une préparation aux deux fêtes subséquentes de l’Exaltation de la Sainte Croix et de la seconde fête des Douleurs de la Très Sainte Vierge Marie (la première étant celle du vendredi de la semaine de la Passion, que nous appelons plus volontiers fête de la Compassion de la Bienheureuse Vierge Marie).

   En ce carême-ci, le jeûne est un peu moins rigoureux que pendant le grand carême pascal, puisque, à certains jours, les œufs, ou bien un peu de fromage, peuvent y être autorisés en raison des nombreuses fêtes occurrentes.
Au cours de cette période en effet nous trouvons :
1) la fête de Notre-Dame de Consolation (double de 2ème classe – cf. > ici), sauf si la fête de notre Bienheureux Père Saint Augustin arrive un vendredi, auquel cas elle est célébrée le samedi 29 août ;
2) celle du Cœur immaculé de Marie (double de 2ème classe) célébrée chez nous le 31 août et non le 22 ;
3) les octaves de Saint Louis et de Saint Augustin (respectivement les 1er et 4 septembre qui sont célébrées sous le rit double majeur) ;
4)  la Nativité de la Bienheureuse Vierge Marie (double de 2ème classe), le 8 septembre ;
5) la fête de Notre-Dame de Miséricorde de Pellevoisin (double majeur) le 9 septembre ;
6) la fête de Saint Nicolas de Tolentino, le grand thaumaturge des Augustins (double de 2ème classe), le 10 septembre ;
7) et enfin la fête du Très Saint Nom de Marie (double majeur), le 12 septembre, jour où il est même permis de dévorer un croissant à belles dents (cf. > ici) pour se réjouir très concrètement de la victoire des troupes chrétiennes sur celles du croissant mahométan…

   Seule la journée du 13 septembre, qui est comme une double vigile, est assortie d’un « grand jeûne » strict.

Canivet de Notre-Dame des Sept-Douleurs

   Les notes spirituelles propres à ce « Carême de la Sainte Croix et de la Mère des Douleurs », qui vient opérer une sorte de transition entre la période estivale et l’arrivée de l’automne, sont un recentrage sur les pôles majeurs de la vocation religieuse au sein de notre ermitage : la Croix du Verbe de Dieu incarné et la Compassion de Sa Très Sainte Mère.

   La méditation quotidienne du Chemin de la Croix (mais on n’est pas tenu de faire un Chemin de Croix en totalité chaque jour ni d’utiliser des « formulaires » puisés dans des ouvrages de piété : il est non seulement permis mais même encouragé de consacrer les méditations et oraisons quotidiennes à l’approfondissement de deux ou trois stations seulement, voire d’une seule), à travers ou – mieux encore – dans le Cœur douloureux de la Vierge très affligée, est le centre autour duquel nos journées gravitent, avec, évidemment, la récitation du chapelet des Sept-Douleurs (cf. > ici).

   N’hésitez pas, bien chers Amis de notre Mesnil-Marie, à nous accompagner spirituellement dans ces deux semaines qui nous conduisent à ces deux sublimes fêtes des 14 et 15 septembre : je vous assure que vous en retirer de grands et précieux fruits de grâce.

Tolbiac.

Coeur douloureux et immaculé de Marie

2025-133. Rapide compte-rendu en images de la fête de Saint Louis 2025 au Mesnil-Marie.

Mardi 26 août 2025.

Vitrail de Saint Louis avec la Sainte Couronne d'épines

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

       Ainsi que cela avait été annoncé (cf. > ici), nous avions hier en notre Mesnil-Marie la célébration de la fête de Saint Louis, ancêtre et saint patron de Sa Majesté le Roi et de Monseigneur le Dauphin.
Quelques personnes, bien que ce fût un jour de semaine et que les vacances tendissent vers leur fin pour la plupart de nos amis, sont venues et nous avons pu chanter la Sainte Messe, qui a été très fervente et recueillie

   Vous le voyez sur les clichés que je publie ici – sauf pour mon papa-moine, dont nul ne peut s’étonner qu’il soit en son ermitage (!) -, je garde une discrétion maximale en ce qui concerne l’identité des personnes qui viennent en notre Principauté monastique (et féline), et je me débrouille toujours en particulier pour préserver l’anonymat des prêtres qui nous donnent la joie de venir célébrer chez nous, en floutant ou masquant leurs visages.
Il y a en effet tellement de tordus ou de méchants qui sont prêts à tout pour nous nuire, et pour nuire à nos amis, que cette solution radicale m’apparaît en définitive la plus sûre.

Messe de la Saint Louis 25 août 2025 1

   Par ailleurs, cette manière de faire permet-elle à ceux qui regardent ces photographies de se concentrer sur la beauté de notre chapelle et des ornements plutôt que sur les personnes : voyez-y une transposition de la très pertinente ligne de conduite que nous a laissée Sa Majesté le Roi Henri V, dit « Comte de Chambord » : « Ma personne n’est rien, c’est mon principe qui est tout ! »
On ne rappelle jamais assez la vérité de cet adage, en une époque qui est justement caractérisée par l’abandon des principes ou leur dissolution dans le subjectivisme, le sentimentalisme, et quelques autres travers mentaux postrévolutionnaires et romantiques…

   La chasuble qui a été utilisée hier, était, tout naturellement, celle que Frère Maximilien-Marie a fait confectionner à partir de broderies récupérées sur un ornement ancien qui tombait en ruine : il y a, en particulier un médaillon central représentant Saint Louis portant la Sainte Couronne d’Epines.
C’est le style de cette broderie qui a déterminé la coupe de la chasuble, sur le modèle néo-gothique tel qu’on en a fabriqué à nouveau à partir de la première moitié du XXème siècle, au lieu de la coupe moderne qui s’était imposée à partir surtout du XVIIème siècle.

Messe de la Saint Louis 25 août 20252

   En bon chat monastique et légitimiste, j’ai assisté à cette belle Messe de la fête de Saint Louis, au cours de laquelle, cela va de soi, a été chantée la « Messe royale » d’Henri du Mont (1610-1684).

   Cette journée paisible et réconfortante s’est achevée avec le Salut du Très Saint-Sacrement, au cours duquel a été chanté le Te Deum en action de grâces pour le dixième anniversaire de la Confrérie Royale, dont mon papa-moine est l’un des co-fondateurs, ainsi que, présentement – je le rappelle -, le Prieur pour un deuxième mandat (cf. > ici).

Salut du Saint-Sacrement fête de Saint Louis 25 août 2025

   Au nom de tous les membres présents dans notre Oratoire, mais aussi au nom de tous ceux qui sont dispersés par tout le Royaume – et, pour certains mêmes, au-delà -, devant le Très Saint Sacrement a été relue la formule de consécration des membres pléniers de la Confrérie, qu’ils ont prononcée au pied des saints autels lors de leur engagement : que Dieu accorde à chacun la grâce d’une persévérante fidélité !

   Puisse Dieu bénir notre Souverain légitime, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX !
Puisse-t-Il aussi combler de grâces Monseigneur le Dauphin Louis, ainsi que toute notre chère Famille Royale !
Qu’Il touche les cœurs des Français, pour les ramener à la foi de Clovis, de Saint Charlemagne, de Saint Louis, d’Henri IV, de Louis XIV, de Louis XVI et d’Henri V ; qu’Il les garde dans la fidélité à « l’alliance avec la Sagesse éternelle » scellée dans le baptistère de Reims ; qu’Il les éclaire et les purifie par la conversion de leurs intelligences et de leurs consciences et, par dessus tout, par la conversion de leurs mœurs !
Qu’Il dessille à jamais leurs yeux afin de les prémunir à jamais contre les absurdités et monstruosités du système oppresseur qui, de nos jours, les exploite tout autant qu’il les abêtit !
Qu’enfin, grâce aux prières et sacrifices des membres de la Confrérie Royale, et de ceux de tous les hommes de bonne volonté qui aspirent aux bienfaits du Règne de Dieu, les chemins de la grâce soient à nouveau largement ouverts et que se renouvellent les merveilles de la « geste de Dieu par les Francs – gesta Dei per Francos ». Ainsi soit-il !

Tolbiac.

Salut du Saint-Sacrement fête de Saint Louis 25 août 2025

Domine, salvum fac Regem,

et exaudi nos in die qua invocaverimus Te !

Trois lys blancs

2025-128. Le mal est-il sans remède ?

14 août,
Fête de Saint Maximilien-Marie Kolbe (cf. > ici) ;
Mémoire de Saint Eusèbe, martyr ;
Vigile de l’Assomption de Notre-Dame ;

Neuvième jour de la neuvaine préparatoire à la fête de l’Assomption (cf. ici).

Blason de Monseigneur Louis-Edouard Pie

       Au dernier jour de la neuvaine pour la France en préparation de sa fête patronale (cf. ici), la fête de l’Assomption de Notre-Dame, voici un autre extrait des textes du grand cardinal Pie, évêque de Poitiers, tiré cette fois-ci d’un long entretien avec son clergé à l’occasion de la retraite sacerdotale du mois de juillet 1868.
Les descriptions de la situation de la société française à moins de deux ans de l’effondrement du second empire et des événements qui suivront, sont d’une lucidité implaccable et véritablement prophétique… encore plus pour les jours que nous vivons.
Et ce ne peut donc qu’une motivation supplémentaire à prier avec insistance et à offrir avec générosité des pénitences et des sacrifices volontaires pour notre pauvre France…

Chapelet

       « [...] Qui ne le voit, qui ne le proclame, qui ne s’en désole à l’heure présente, Messieurs ? L’erreur lève le front avec une audace sans exemple, elle ne garde plus la mesure : toutes les vérités sont attaquées, niées, outragées, les vérités de l’ordre de la raison comme les vérités dogmatiques, les vérités qui intéressent l’existence de la société humaine comme celles qui se rapportent à la Révélation et à l’Eglise.
Les feuilles publiques, les brochures, les romans, les théâtres, mais mieux ou plutôt pire que cela, les chaires officielles d’enseignement vomissent journellement l’injure à Dieu, l’injure à l’âme, l’injure à la vie future, l’injure au sacerdoce. Ce qui serait réprimé par les lois et par les peines les plus sévères q’il s’agissait d’une classe quelconque de la société, n’est pas réuté outrage ni excitation à la haine quand il s’agit des hommes du sanctuaire.
Le blasphème respire librement, l’impiété est maîtresse de la situation ; l’homme de foi et l’homme de bien n’ont plus guère leur place dans l’ordre des choses existant, du moins ils ont mille précautions à prendre pour se faire pardonner les principes auxquels ils veulent demeurer fidèles.

   Pendant ce temps, les foules se dépravent, s’égarent, se corrompent ; la perversion morale, activée, favorisée par mille inventions séductrices, amène la perversion des intelligences ; les plus stupides préjugés se propagent, les haines les moins raisonnées grandissent et se fortifient : qu’une étincelle vienne mettre le feu à ces passions si inflammables, et l’incendie éclairera des scènes d’horreur comme en ont vu nos pères [note : allusion aux atrocités et abominations de la grande révolution].
Voilà, Messieurs, l’état vrai des choses si nous regardons autour de nous.

   [...] Joignez à cela les passions frémissantes de la plèbe des grandes villes, les théories de partage et de nivellement prêtes à passer dans les faits, les menaces renaissantes dontre la religion, contre la propriété, contre la famille, en un mot, l’anarchie, la ruine, le pillage, qui s’avancent à vue d’œil sous le couvert des fausses libertés dont la revendication insolente et l’octroiement impolitique sont le prélude de la fin…
Voilà, Messieurs, le tableau de la situation, et assurément je suis loin de l’avoir présenté complet et d’en avoir chargé les couleurs.

      Cependant, Messieurs, le mal est-il sans remède ? Parmi tant de sujets de tristesse et d’inquiétude, n’y a-t-il pas quelques motifs de consolation et d’espérance ? L’excès même du mal ne prépare-t-il pas un certain retour vers le bien ? Le secours surnaturel d’en haut n’a-t-il pas été sensible, manifeste, au milieu des difficultés traversées, et n’y a-t-il pas là un gage de nouveaux secours, de nouvelles interventions qu’il n’est point téméraire d’attendre ?
Enfin, l’Eglise n’a-t-elle pas en ses mains des spécifiques puissants, efficaces ; et, pour peu que la société aux abois consente à laisser panser ses blessures, la vérité et la grâce divines, dispensées par notre sacerdoce, n’auront-elles pas la vertu de rendre la santé aux nations que l’Esprit-Saint a proclamées guérissables ? [...] »

Louis-Edouard cardinal Pie (1815-1880)
In « Œuvres de Monseigneur l’Evêque de Poitiers »,
tome VI, pp. 210… 214

Gallia pœnitens

Gallia pœnitens…

2025-127. « Seigneur, mon Dieu, Vous avez créé la France pour l’Eglise ! »

13 août,
Fête de Sainte Radegonde, Reine des Francs et moniale (cf. > ici & > ici) ;
Huitième jour de la neuvaine préparatoire à la fête de l’Assomption (cf. ici).

Conversion de Saint Paul - Francisco Camilo -1667 - musée de Ségovie

Francisco Camilo (1610-1673) : conversion de Saint Paul (1667)
[musée de Ségovie "Casa del Sol"]

       En continuant notre neuvaine offerte très spécialement à l’intention de la France, pour préparer la fête de l’Assomption (cf. ici), continuons aussi notre « butinage » parmi les textes de Monseigneur Louis-Edouard Pie, évêque de Poitiers, pour nous stimuler à intensifier notre ferveur et notre générosité spirituelle.
Les lignes que nous publions ci-dessous sont exraites de l’éloge funèbre prononcé le 5 décembre 1865 dans la cathédrale de Poitiers à la suite du service funèbre célébré pour le repos de l’âme du général Louis Juchault de Lamoricière (+ 11 septembre 1865).

       « Seigneur, mon Dieu, Vous avez créé la France pour l’Eglise, et jamais la France n’abdiquera entièrement sa mission.
Il y a dans le naturel de ce pays des ressources infinies, et les esprits y sont capables de retours inespérés [...].
Dieu tient dans Ses mains les cœurs des peuples aussi bien que les cœurs des hommes.

   Courage, ô France : c’est ainsi que tu reviendras à ta vocation première.
De précieux instincts, qui se dérobent encore à toi, mais qui ne sont qu’endormis, se réveilleront dans ton sein. Et tandis que, comme Saul respirant encore les menaces et le carnage sur la route de Damas, tu sembleras lancée peut-être dans la voie de l’iniquité et de la violence, tout-à-coup une force secrète te renversera, une lumière subite t’enveloppera, et une voix se fera entendre.
« Qui êtes-vous », t’écrieras-tu : Qui es, Domine ? «Je suis Jésus que tu poursuis, que tu persécutes » : Ego sum Jesus quem tu persequeris (cf. Act. IX, 1-5).

   O France, il est dur pour toi de regimber contre l’aiguillon. Faire la guerre à Dieu n’est pas dans ta nature.
Relève-toi, race prédestinée, vase d’élection, et va, comme par le passé, porter Mon nom à tous les peuples et à tous les rois de la terre (cf. Act. IX, 15). Ainsi soit-il ! »

Louis-Edouard cardinal Pie (1815-1880)
In « Œuvres de Monseigneur l’Evêque de Poitiers »,
tome V, pp. 506-507

Nota bene :

   La découverte de ce texte de 1865 nous a fait comprendre que dans le texte célèbre de Saint Pie X (publié > ici), que l’on considère souvent comme une prophétie sur la conversion à venir de la France, le saint Pontife a, selon toute vraisemblance, puisé son inspiration dans cet éloge funèbre de La Moricière, et qu’il a amplifié et développé la comparaison que le grand évêque de Poitiers avait établie plus de trente-cinq ans auparavant.

Notre-Dame des Lys de France - blogue

2025-126. « D’où provient donc ce symptôme si grave de l’affaiblissement des caractères ? »

11 août,
Fête de Sainte Philomène, vierge et martyre (cf. > ici) ;
Sixième jour de la neuvaine préparatoire à la fête de l’Assomption (cf. > ici).

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       En complément des prières que nous faisons monter vers Dieu, particulièrement à l’intention de la France, en préparation de la fête de l’Assomption, sa fête patronale (cf. ici), voici encore un magnifique texte de Monseigneur Louis-Edouard Pie, évêque de Poitiers, afin d’alimenter notre réflexion et de nourrir notre ferveur.
L’extrait que nous vous proposons aujourd’hui est tiré du très long « Discours pour la solennité de la réception des reliques de Saint Emilien, évêque de Nantes, prononcé dans l’église cathédrale de Nantes le 8 novembre 1859″.

Blason de Monseigneur Louis-Edouard Pie

       « Quand je demande aux sages de ce temps qu’elle est la plus grande plaie de la société actuelle, j’entends répondre de toutes parts que c’est le dépérissement des caractères, l’amollissement  des âmes. Il y a sur ce thème des phrases toute faites, et qui sont à l’usage de tous.
Mais cette réponse provoque elle-même une question ultérieure. Car enfin la race française est énergique de son propre fonds, elle est courageuse de sa nature, et elle n’a pas tellement perdu son tempérament natif qu’elle puisse être accusé trop légèrement de mollesse et de lâcheté. Pas plus aujourd’hui qu’autrefois, la bravoure ne lui fait défaut sur les champs de bataille.

   D’où provient donc ce symptôme si grave de l’affaiblissement des caractères ?

   Ah ! ne serait-il pas vrai qu’il est la conséquence naturelle et inévitable de l’affaiblissement des doctrines, de l’affaiblissement des croyances, et, pour dire le mot propre, de l’affaiblissement de la foi ?

   Le courage, après tout, n’a sa raison d’être qu’autant qu’il est au service d’une conviction. La volonté est une puissance aveugle lorsqu’elle n’est pas éclairée par l’intelligence. On ne marche pas d’un pied ferme quand on marche dans les ténèbres, ou seulement dans le demi-jour.
Or, si la génération actuelle a toute l’incertitude et l’indécision de l’homme qui avance à tâtons, ne serait-ce pas, ô Seigneur, que Votre parole n’est plus le flambeau qui guide nos pas, ni la lumière qui éclaire nos sentiers (Ps. CXVIII, 105) ?

   Nos pères, en toutes choses, cherchaient leur direction dans l’enseignement de l’Evangile et de l’Eglise : nos pères marchaient dans le plein jour. Ils savaient ce qu’ils voulaient, ce qu’ils repoussaient, ce qu’ils aimaient, ce qu’ils haïssaient, et, à cause de cela, ils étaient énergiques dans l’action.
Nous, nous marchons dans la nuit ; nous n’avons plus rien de défini, rien d’arrêté dans l’esprit, et nous ne nous rendons plus compte du but où nous tendons.
Par suite, nous sommes faibles, hésitants.

   Comment se pourrait-il que la chaleur de la résolution fût dans la volonté, et la vigueur de l’exécution dans le bras, quand il n’y a dans l’entendement, au lieu de la claire lumière du oui, que le nuage ou le brouillard du peut-être ? »

Louis-Edouard cardinal Pie (1815-1880)
In « Œuvres de Monseigneur l’Evêque de Poitiers »,
tome III, pp. 519-520

chevaliers francs - blogue

2025-124. « Le jour où la France entière aura rappris à se mettre à genoux… »

10 août,
Fête de Saint Laurent, diacre et martyr ;
Cinquième jour de la neuvaine préparatoire à la fête de l’Assomption (cf. > ici).

Blason de Monseigneur Louis-Edouard Pie

       Voici la dernière partie de ce discours que Monseigneur Louis-Edouard Pie prononça le 11 avril 1848 et dont nous avons déjà publié deux extraits (cf. > ici & > ici) ci-avant.
Cette péroraison, elle aussi, est intemporelle et nous ramène à l’essentiel en nous rappelant les grandes vérités concernant la France et son avenir, la restauration de sa grandeur et les conditions de l’authentique bonheur de ses peuples :

       « (…) Sachez-le, vous avez, nous avons tous, une magnifique mission à remplir, la plus heureuse et la plus féconde des restaurations à accomplir. Tous tant que nous sommes, enlaçons nos bras, unissons nos efforts pour replacer Dieu triomphalement sur les autels de la patrie ; et, dans cette fin, rendons-Lui avant tout, chacun en ce qui nous concerne, la place qui Lui appartient dans notre cœur et dans notre vie.

   Croyez-moi, mes Frères : ce ne sera donner tort à personne que de donner raison à Dieu !

   L’œuvre de nos pères, dites-vous quelquefois ?
Eh ! c’est précisément elle que je vous recommande, cette œuvre qui compte parmi nous quatorze cents ans de durée, cette alliance de la liberté et de l’Evangile, du Franc et du Chrétien, qu’un instant de délire est venu passagèrement interrompre.

   Alors que l’Eglise catholique, en la personne de Saint Remi, baptisait le peuple français représenté par Clovis et les chefs de son armée, elle disait : « Fier Sicambre, baisse la tête ! adore ce que tu as brûlé, brûle ce que tu as adoré ».
Mes Frères, avouons-le, car ce fait appartient à l’histoire : nous sommes les fils d’un siècle où, dans certains jours mauvais, le Sicambre avait reparu. Je vous dirai donc : Enfants de ce siècle, baissez la tête ; adorez ce que vous avez brûlé, cette croix, cet Evangile ; brûlez ce que vous avez adoré, ces blasphèmes contre Dieu et Son Christ.
Mais pour vous, ce ne sera pas rompre avec le passé ; ce sera adorer ce que pendant quatorze siècles ont adoré vos pères, rejeter ce que pendant quatorze siècles ils ont rejeté ; ce sera redevenir les hommes de votre pays, les enfants de Dieu et les maitres du monde.

   Le jour où la France entière aura rappris à se mettre à genoux (je veux dire à genoux devant Dieu, car certes nous l’avons vue s’agenouiller assez devant toutes ses rivales) ; le jour où la France aura rappris à se mettre à genoux, Dieu lui rendra le sceptre de l’univers, un instant tombé de ses mains. Elle reprendra sa magnifique destinée parmi les peuples, procurant à ses enfants ici-bas la paix, la liberté, la gloire, et députant des légions d’élus vers l’immuable et éternelle patrie ».

Louis-Edouard cardinal Pie (1815-1880)
In « Œuvres de Monseigneur l’Evêque de Poitiers »,
tome I, pp. 88-89

Jean Hélart vers 1670 Baptême de Clovis

Jean Hélart (1618-1685) : Baptême de Clovis (1676)
[musée des Beaux-Arts, Reims].

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