Archive pour la catégorie 'Commentaires d’actualité & humeurs'

2020-59. Des processions (1ère partie) : Généralités et réflexions au sujet des processions. .

2 mai,
Fête de Saint Athanase, évêque, confesseur et docteur de l’Eglise (cf. > ici) ;
Anniversaire du rappel à Dieu de Madame la Duchesse de Ségovie (cf. > ici).

nika

Vassili Grigoriévitch Perov - procession villageoise le jour de Pâques 1861

Vassili Grigoriévitch Perov : Procession villageoise le jour de Pâques (1861)

A – Qu’est-ce qu’une procession ?
C’est un cortège religieux qui se rend d’un lieu à un autre avec des chants et des prières.

B – La procession, un rite universel :
Tous les pays, toutes les époques ont connu le rite sacré des processions : on le trouve dans les « religions primitives » et le paganisme antique ; on en voit de nombreuses représentations sur les bas-reliefs et les peintures murales de Chaldée ou d’Egypte, par exemple, bien avant les prescriptions du culte de l’Ancien Testament.
Dans son Dictionnaire pratique de liturgie romaine (éd. Bonne Presse, 1952), le chanoine Robert Lesage, cérémoniaire du cardinal-archevêque de Paris, écrit : « La procession était à l’origine théophanique, tirant son nom du rôle que la divinité y joue, et non du rôle de l’homme. C’est Dieu qui sort, se manifeste, procède. Le Clergé l’accompagne, les fidèles lui font cortège, mais ne sont en réalité que des accessoires dans la cérémonie ».

C – La procession acte théophanique et politique :
Cette remarque du chanoine Lesage n’est pas dépourvue d’intérêt et il me semble qu’il nous faut nous en bien pénétrer : une procession n’est pas à proprement parler une action humaine, mais elle est une manifestation de Dieu à l’extérieur des lieux qui Lui sont consacrés.
Une procession est en premier lieu et par essence une action divine au cours de laquelle Dieu – présent d’une manière particulière dans le lieu sacré où Il Se plaît à être honoré et à communiquer Ses grâces – montre que Son influence et Ses bienfaits s’étendent aussi loin que Sa présence : c’est-à-dire partout !
En effet, Dieu n’est pas confiné dans les églises qui Lui sont consacrées : infini et omniprésent, Il est en tout lieu et dans tous les êtres, comme nous l’enseigne la saine théologie. Le rite sacré de la procession manifeste en quelque manière cette présence universelle, Son empire total et absolu, Sa puissance qui ne peut être limitée par les murs de Ses sanctuaires, et Son action, laquelle n’est pas circonscrite au seul domaine des consciences et de l’intimité personnelle mais s’exerce sur la société et sur la vie publique.
De ce point de vue, processionner a une portée éminemment « politique », non pas, bien sûr, dans le sens partisan et « politicien » qui prévaut de nos jours, mais dans son sens premier, dérivé du mot grec « polis » qui désigne la cité avec son organisation, ordonnée à la vie des hommes et au bon fonctionnement des relations entre eux, au service du bien commun.
Ce dernier point explique d’ailleurs pour quelle raison les opposants de tout poil à la religion et à l’Eglise ont toujours combattu les processions, et ont toujours voulu les interdire ou les limiter (par exemple sous les prétextes de l’ « ordre public », des « normes sanitaires », de la « neutralité » civile et de la « laïcité », et toutes autres pseudo-raisons aux apparences très « raisonnables »).
A contrario, accomplir une procession a souvent été pour les chrétiens – surtout dans les périodes de contestation ou de persécution plus ou moins violente – le signe fort d’une résistance à l’esprit du siècle, à la sécularisation, à la tyrannie anticatholique, aux limitations qu’un pouvoir dévoyé opposait aux droits de Dieu… etc. Je connais par exemple le cas de plusieurs paroisses où, sitôt la fin de la grande terreur robespierriste, alors que le culte catholique n’était pas rétabli – loin s’en faut -, et que les paroisses se trouvaient encore sans prêtres, sans messe et sans sacrements, les fidèles sont sortis dans les rues avec les croix, bannières et statues de saints qui avaient échappé aux destructions pour processionner dans les rues de leurs villes ou villages.

Chartres - procession ND du Pilier 6 juin 1927

D – Processions et crise de l’Eglise :
Influencés par l’esprit du monde, il ne s’est pas manqué – en particulier dans les décennies qui ont suivi le concile vaticandeux – de clercs (parfois très haut placés dans la hiérarchie ecclésiastique) et de fidèles pour se faire les contempteurs des processions et œuvrer à leur abandon, les qualifiant de pratiques surannées ou de triomphalisme déplacé puisque désormais contraire au fameux « esprit du concile ».
Et c’est ainsi que l’on a vu détruit par les flammes ou livré aux brocanteurs tout l’appareil ornemental dont les paroisses s’enorgueillissaient naguère (même s’il n’était pas forcément de très grande valeur artistique comme cela était le cas dans les villages pauvres) parce qu’il était l’expression de la foi, au service de la manifestation du Dieu grand et rédempteur dans la cité terrestre, ordonnée à l’édification de la Cité céleste.
Dans le même temps, certains clercs violemment opposés aux processions, ne manquaient pas de participer aux « défilés » ou « manifestations » des syndicats ou mouvements d’inspiration marxiste, ne semblant pas se rendre compte que ce qu’ils condamnaient dans la pratique multiséculaire de l’Eglise se retrouvait là dans sa version laïciste dévoyée !
On remarque enfin que, sauf en quelques grands centres de pèlerinage (Lourdes ou Sainte-Anne d’Auray par exemple), après avoir souvent vivoté ou subsisté comme des anachronismes attirant les touristes, les processions qui ont survécu à la crise post-conciliaire reprennent de la vigueur depuis quelques années et attirent de plus en plus de catholiques « décomplexés » et fervents, et que le jeune clergé – moins intoxiqué par l’idéologie mortifère qui a dévasté la Chrétienté dans la deuxième moitié du XXe siècle – se montre plutôt favorable à la reprise des processions. C’est un signe de renouveau qui ne trompe pas.

E – Retrouver le sens et l’esprit de nos processions :
Comment la Sainte Eglise, si passionnément éprise de vie et de mouvement, si profondément amoureuse de la gloire de Dieu et de Sa louange, si viscéralement animée par un esprit missionnaire, si ardemment enthousiaste pour conquérir les cœurs et les esprits, pourrait-elle négliger ce moyen éminent de se manifester à l’extérieur et de faire connaître Celui qu’elle adore ?
« L’Eglise marche en chantant. Toute son histoire est là. Les processions traduisent d’ailleurs à merveille sa vie ordonnée, calme, confiante et joyeuse, son besoin de la prière collective et son allégresse dans le triomphe du Rédempteur. La liturgie, qui utilise tous les arts pour la gloire de Dieu, ne saurait laisser de côté l’art du mouvement, la chorégraphie, digne et mesurée, qui fait appel à tous les membres du corps humain » (chanoine R. Lesage, in « Dictionnaire pratique de liturgie romaine », article « procession »).
En bien des endroits, après plusieurs décennies d’oubli, on a aujourd’hui perdu le sens et l’esprit des processions authentiquement catholiques, et là où on les rétablit on est parfois dans l’ignorance totale des règles qui les régissent traditionnellement : ce pourquoi je me propose, en de futures publications, de rappeler ces règles et leur ordonnancement.
Pour l’heure actuelle, il me paraît toutefois essentiel – spécialement au sortir de l’éclipse du culte catholique subie au cours de ce printemps 2020 sous prétexte d’état d’urgence sanitaire – de faire un véritable travail de restauration des processions extérieures, des processions publiques – quand bien même ne réuniraient-elles que très peu de personnes -, manifestations de l’action du Dieu Tout-Puissant qui ne peut en aucune manière être confiné par les craintes, les prudences et les règlements humains.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur

A suivre  : « Classification des processions » > ici.

Jules Breton  la procession de bénédiction des blés en Artois

Jules Breton : « La bénédiction des blés en Artois » (toile présentée au Salon en 1857)

nika

2020-53. De l’interdit jeté sur le Royaume de France.

Mercredi 22 avril 2020.

Tiare et clefs

Qu’est ce que la peine canonique appelée « interdit » ?

Parmi les sanctions pénales dont la Sainte Eglise peut user, en vertu de son droit propre,
- soit afin de permettre une conversion et une guérison spirituelle,
- soit pour favoriser l’expiation d’une faute grave et la réparer,
se trouve la peine que l’on nomme en français « interdit » (en latin : interdictum).

Cette sentence ecclésiastique, différente de l’excommunication, prive d’un certain nombre de biens spirituels et, en particulier, elle interdit la célébration publique du culte et des sacrements,
- a) dans un lieu donné : une ville, une province ou un pays tout entier : il s’agit alors d’un « interdit local » ou « interdit territorial » ;
- b) pour une personne ou un groupe de personnes : tel clerc ou tel laïc, ou tel groupe de fidèles (une paroisse, une communauté religieuse) : en ce cas il s’agit d’un « interdit personnel ».

Les expressions qui sont liées à cette sanction sont : « être frappé d’interdit », « jeter l’interdit sur une ville (ou un royaume) », « lancer l’interdit », « lever l’interdit »…

L’interdit peut être fulminé par le Pontife romain ou par un évêque (dans le cadre de sa juridiction particulière).
Relativement fréquent au Moyen-Age, la pratique en a été fermement maintenue par le concile de Trente et par le code de droit canonique de 1917, tandis que le code de 1983 (canon 1332) semble ignorer l’interdit local et ne plus mentionner que brièvement l’interdit personnel en renvoyant aux mêmes défenses que celles qui sont faites aux excommuniés (canon 1331).

Jusqu’à la réception de l’absolution et à la sentence de levée de l’interdit, il a pour effet la privation des biens spirituels : défense de participer à la Sainte Messe, de recevoir tous les sacrements et sacramentaux, d’assister et à toutes les cérémonies du culte public, et privation de la sépulture en terre bénite. 

Vasari-1573- Excommunication de Frédéric II par Grégoire IX

Giorgio Vasari : Grégoire IX jetant l’interdit sur Frédéric II de Hohenstaufen (fresque de 1573)

Conséquences d’un interdit local :

Normalement, l’interdit territorial suspend donc toute la vie religieuse d’une localité, d’une région, voire d’un royaume.
Aux âges de foi, cet arrêt du culte public et cette impossibilité de recevoir les sacrements et sacramentaux était perçue comme une véritable catastrophe, non seulement pour les individus mais pour toute la société : et c’en est une en vérité, puisque, du fait de l’interdit, une portion entière du « peuple de Dieu » se trouve coupée des sources de la grâce et, en quelque manière, soumise à une malédiction, à une réprobation divine !

Dans un lieu frappé d’interdit, les enfants ne peuvent plus être baptisés à l’église,  et donc – s’ils meurent sans baptême – ils sont privés de la vision divine – ; les mourants ne peuvent recevoir l’extrême-onction et, s’ils meurent en état de péché grave et sans un repentir personnel suffisant, ils risquent fort de tomber en enfer ; la confirmation ne peut être donnée, les mariages ne peuvent être célébrés et les ordinations sont différées…
La menace de l’interdit devenait de fait un moyen de pression très puissant que l’Église catholique brandissait pour obliger une autorité laïque à lui obéir ou à s’amender : un prince ou un roi chrétien dont le territoire est frappé d’interdit risque fort de voir ses peuples se révolter contre son autorité, en effet.

Tant que durait l’interdit, les églises étaient fermées (il arrivait que leur portail principal fut obstrué par des branchages), les cimetières étaient eux aussi fermés et les cérémonies de sépulture n’y pouvaient avoir lieu : même les réunions où s’assemblaient les paroissiens pour décider des affaires du village étaient empêchées puisque, la plupart du temps, elles se tenaient soit dans les cimetières, soit sous le préau de l’église, soit encore dans l’église elle-même.
Les cloches ne sonnaient plus (on allait parfois jusqu’à retirer leurs battants ou à les descendre du clocher) ce qui signifie non seulement que leur « voix » consacrée – qui a valeur d’exorcisme « contre les esprits de malice répandus dans les airs » (Eph. VI, 12) -, ne sanctifiait plus le rythme des journées, mais qu’on n’avait plus le moyen d’informer des décès de la communauté (glas) ou d’alerter la population en cas de danger (tocsin). 

À partir du règne du pape Martin V (1417-1431), la discipline théorique de l’interdit fut un peu assouplie : il fut autorisé de donner les derniers sacrements aux mourants, de marquer les grandes fêtes religieuses, et même de célébrer la Sainte Messe dans l’église, mais sans solennité et les portes étant closes.

excommunication de Robert II

« L’excommunication de Robert II »,
ici représentée par Jean-Paul Laurens en 1875
est en réalité est un fait légendaire

L’interdit jeté sur la France au mois de mars 2020 :

Le royaume de France fut parfois frappé d’interdit.
Certaines notices historiques (et de nombreuses illustrations) prétendent que ce fut le cas sous Robert II, dit le Pieux, dont ils assurent aussi qu’il fut excommunié : en réalité son excommunication ne fut jamais promulguée et la vie religieuse du Royaume de France ne fut pas affectée par les conséquences du désaccord du souverain avec le pape Grégoire V.
Cependant ce fut bien le cas 
en 1141, dans un conflit qui opposa Louis VII le Jeune au pape Innocent II, et en 1200 sous le règne de Philippe II Auguste alors en opposition avec le pape Innocent III.
E
n 1303, dans sa querelle avec Philippe IV, le sinistre Boniface VIII le menaça d’excommunication et de jeter l’interdit sur son royaume, mais cela resta à l’état de menaces.

En revanche, et bien que le code de droit canonique aujourd’hui en vigueur ne parle plus de l’interdit local, la situation actuelle, en France (et dans beaucoup d’autres contrées), s’apparente réellement à celle d’un pays sur lequel aurait été jeté l’interdit.
En effet, devançant et exagérant les mesures restrictives édictées par le gouvernement, les évêques de France dans une grande majorité ont pris des dispositions qui reviennent à l’interdiction pure et simple du culte public.

Si les prêtres restent autorisés à célébrer la Sainte Messe, ce ne peut être qu’en privé (et donc souvent à huis-clos), sans sonnerie de cloches l’annonçant, et sans que les fidèles soient autorisés à y assister.
Les églises restent théoriquement ouvertes, mais on n’y célèbre aucun sacrement : pas de baptême solennel (je connais néanmoins des cas d’ondoiements accomplis à la naissance, mais les autres cérémonies du baptême devront être célébrées après le confinement), plus de cérémonies de confirmation, plus de mariages religieux, plus d’ordinations…
Je pourrais citer des noms d’évêques qui, déployant plus de zèle à persécuter les bons pasteurs qu’à combattre l’hérésie et les désordres de leurs diocèses, se sont déchaînés contre des prêtres qui – bien qu’ils respectassent les fameux « gestes barrière » dont on nous rebat les oreilles – continuaient à confesser, et donnaient la Sainte Communion aux fidèles qui la leur demandaient.
L’écrasante majorité des mourants passe de vie à trépas sans le secours des derniers sacrements (d’ailleurs beaucoup de prêtres de l’ « Eglise conciliaire », si on me permet cette expression, ne pensent même pas qu’ils puissent proposer la confession, la communion et l’extrême-onction à ceux qui vont mourir et dont ils ont charge d’âme, parce qu’ils n’imaginent pas le « sacrement des malades » autrement qu’en cérémonies collectives célébrées à l’église avec des gens plutôt en bonne santé : cherchez l’erreur !), et les funérailles – même en présence d’un prêtre – sont célébrées sans messe, à la va-vite, souvent directement dans les cimetières (lesquels ont été désacralisés par la loi anticatholique du 14 novembre 1881).

Oui, la situation de notre France, en ces jours-ci, est bien comparable à celle d’un royaume sur lequel on aurait jeté l’interdit : et cela non pas pour contraindre un pouvoir impie à se soumettre aux lois divines, mais par pure complaisance envers l’impiété du dit pouvoir, et par couardise !
Sans doute, la plupart du temps, les tristes sires mitrés ne savent-ils que trop que s’ils font preuve d’un peu trop de zèle religieux et de résistance à la république maçonnique, ils risquent de voir ressortir de derrière les fagots et jeter en pâture à l’opinion publique quelques bonnes vieilles sordides histoires de mœurs ou encore l’une de ces innombrables magouilles financières dont les diocèses sont devenus les nids : de là le profil bas adopté par bien des évêques, qui choisissent de filer doux plutôt que d’être persécutés pour la justice !

En attendant, depuis ce très triste troisième dimanche de carême 15 mars 2020, moi qui, dans mon ermitage (ma « Principauté monastique »), demeure un privilégié car je n’y souffre pas de « pénurie spirituelle », je vois croître la détresse et la souffrance des âmes fidèles, des âmes pieuses, des âmes ferventes, qui, malgré leurs efforts pour maintenir, avec toutes les possibilités offertes par les progrès des moyens modernes de communication – certes appréciables mais qui ne peuvent néanmoins remplacer l’assistance à la Messe et la réception des sacrements -, ainsi que la tristesse et la douleur des bons prêtres qui ont charge d’âmes et se trouvent brimés par ceux-là même qui, s’ils étaient vraiment catholiques, devraient les soutenir et les défendre, dans leur zèle sacerdotal…

De la prolongation de l’interdit sur ce Royaume, délivrez-nous, Seigneur !
De la couardise des chefs religieux, délivrez-nous, Seigneur !
De la malignité d’un pouvoir imbécile, délivrez-nous, Seigneur !
De l’apostasie pratique de l’Occident, délivrez-nous, Seigneur !

Parce Domine parce populo tuo

2020-50. Sauvez Rome et la France, au nom du Sacré-Cœur !

Samedi in albis 18 avril 2020.

Sacré-Coeur gif

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Dans la continuité des graves messages de notre Roi légitime (cf. > ici, > ici, et > ici), et de ce que je vous écrivais ces derniers jours (cf. > ici, et encore > ici), je voudrais – en quelque sorte en complément – vous rappeler le texte de cet ancien cantique traditionnel, composé dans le contexte de la spoliation des Etats de l’Eglise et de la très humiliante défaite de 1870, dont j’ai réactualisé les paroles en 2007 et que feu le Maître-Chat Lully avait déjà publiées > ici.

Nous savons, parce que c’est une chose affirmée de manière péremptoire par les Souverains Pontifes et les saints depuis quinze siècles, et parce que cela a été confirmé par de multiples événements tout au long de notre histoire, que les sorts de la Sainte Eglise romaine et de la France sont liés.
Ce pourquoi il n’est pas anodin de reprendre les paroles originelles du cantique du Vœu national, et de chanter « Sauvez Rome et la France au nom du Sacré-Cœur », plutôt que seulement : « Sauvez, sauvez la France… »
Le salut et le redressement de la France passent obligatoirement par un retour à la foi catholique et à l’observance de la morale et de la discipline de l’Eglise catholique, et la sortie de crise pour l’Eglise romaine passera également par la restauration de la monarchie capétienne traditionnelle et le secours que lui apportera le Roi Très Chrétien, « évêque du dehors »« Fils aîné de l’Eglise » et son « porte-glaive ».

Il y a en ce moment un mouvement – dont Sa Majesté s’est faite l’écho dans  son message de Pâques (cf. > ici) – demandant à Nos Seigneurs les cardinaux, archevêques et évêques de France, le renouvellement de la consécration de notre Patrie aux Cœurs de Jésus et Marie.
Quelques évêques semblent soutenir ou encourager cette démarche, tandis qu’une majorité de nos hiérarques semble faire la sourde oreille ou traite par l’indifférence, voire le mépris, cet élan spirituel.

Il est bien évident que le relèvement et que le passage d’une « Religio depopulata » (Chrétienté dévastée) à une « Religio renascens » (Chrétienté renaissante), tout comme le relèvement de la France, ne se pourront qu’avec le puissant secours de grâces divines qu’il faut solliciter avec insistance et obtenir par la prière et par le sacrifice.
Il faut en effet bien avoir conscience qu’une « consécration » n’est pas un acte magique qui opérerait des miracles de manière quasi automatique, sans qu’il y ait au moins l’amorce d’un mouvement de conversion profonde et générale, une conversion à laquelle il faut travailler inlassablement tous les jours et qui ne sera jamais vraiment achevée ici-bas.
Ce pourquoi il est indispensable de prier beaucoup, de supplier le Ciel avec insistance et ardeur, et d’accompagner nos prières de pénitences volontaires généreuses : la fin du carême ne marque en aucune manière la fin de nos efforts contre le mal, contre le péché,  et ne marque pas davantage la fin des sacrifices, des mortifications et du jeûne !

C’est à ce prix seulement que l’on peut espérer une vraie et durable conversion, une vraie et durable guérison, une vraie et durable restauration de la santé spirituelle de la Chrétienté, de la Sainte Eglise et de notre France !

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur

 frise lys

 

Gallia pœnitens

Extraordinaire gravure publiée après le 19 septembre 1914 (date de l’incendie de la cathédrale de Reims),
montrant la France, figurée par une femme au visage contrit et aux mains suppliantes,
se précipitant à genoux aux pieds de Notre-Seigneur Jésus-Christ
qui l’accueille avec un geste plein de miséricorde,
tandis que la Très Sainte Vierge Marie, le visage tourné vers sa cathédrale en flammes,
pose avec émotion sa main sur le bras de son divin Fils…

Sacré-Coeur gif

1- Pitié, mon Dieu ! car Votre Sainte Eglise
De toutes parts se trouve menacée ;
Jusqu’en son sein, il en est qui pactisent
Avec l’esprit de l’enfer déchaîné :

Refrain :  Dieu de clémence ! ô Dieu vainqueur !
Sauvez Rome et la France, au nom du Sacré-Coeur ! (bis)

2 – Pitié, mon Dieu ! apostate est la France :
Elle renie son Seigneur et son Roi !
Que Votre Amour brise sa résistance
Et la ramène à Votre sainte loi !

3 – Pitié, mon Dieu ! d’un horrible naufrage
La Chrétienté se trouve menacée.
Ressuscitez les glorieux lignages
De l’héroïsme et de la sainteté !

4 – Pitié, mon Dieu ! que ce monde coupable,
Abandonnant ses chemins dépravés,
Dans l’unité de l’amour véritable,
Par Votre Eglise, trouve enfin sa paix !

(paroles réécrites en 2007 par Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur)

Image pour la fête du Sacré-Coeur 7 juin 1872

2020-49. Religio depopulata.

Vendredi de Pâques 17 avril 2020 au soir,
Anniversaire de la sainte mort de Madame de Sévigné (cf. > ici).

Saint Jour de Pâques dimanche 12 avril 2020 - Bénédiction Urbi et Orbi

Saint Jour de Pâques 12 avril 2020 :
une bénédiction « Urbi et Orbi » depuis l’intérieur d’une basilique vaticane déserte…

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Une seule image en dit souvent bien plus long que d’interminables discours et la saisie d’écran publiée ci-dessus, en sa prolixe concision, appartient, ce me semble, à la catégorie des clichés historiques dont il faudra garder une mémoire aussi vive que consternée.

Depuis des siècles et des siècles, on n’a pas gardé le souvenir d’un Souverain Pontife donnant la bénédiction « Urbi et Orbi » du Saint Jour de Pâques sans la moindre assistance de fidèles !
A partir de la spoliation des Etats de l’Eglise et de Rome, le 20 septembre 1870, et jusqu’au règlement de la « question romaine » par les accords du Latran (11 février 1929), si les Papes ne se montraient plus à la loggia de la façade extérieure de la basilique vaticane pour donner leur bénédiction solennelle, du moins le faisaient-ils, depuis la loggia intérieure, au-dessus d’une foule de fidèles prosternés dans l’édifice.

Presque six décennies de logorrhées ecclésiastiques sur le « printemps de l’Eglise », le « renouveau conciliaire », l’ « extraordinaire dynamisme d’une Eglise renouvelée », et les enthousiasmes affectés devant « l’énergie de forces nouvelles » qui permettraient de « regarder sans crainte vers l’avenir », en stigmatisant « les prophètes de malheur », viennent se briser comme des vaguelettes à bout de course contre le roc impitoyable de l’évidence manifestée au travers de cette photographie aussi objective que cinglante.

Les bavardages convenus et cent-mille fois ressassés des curetons de tout grade sur le « nouveau printemps missionnaire de l’Eglise » sont venus se heurter à l’image éloquente d’un vieux bonhomme sans grâce, sans apparat et sans aucune aisance, parlant avec une voix fatiguée devant le vide, et bénissant d’une main douteuse un immense espace vide !

Que l’on ne vienne pas me seriner qu’il s’agit là du « nouveau style » de l’Eglise enfin débarrassée du triomphalisme constantinien dans lequel elle se serait empêtrée pendant trop de siècles.
Ce prétendu « style » – pure création abstraite de penseurs religieux se prétendant « intellectuels », « théologiens », « experts » ou « spécialistes » qui n’ont pas attendu la présente épidémie pour être confinés dans leurs sphères stériles de raisonnements modernistes coupés de la Tradition vivante, coupés de la véritable ferveur incarnée d’un « Peuple de Dieu » vivant authentiquement de la Grâce et des sacrements -, ce prétendu « style » donc, n’est tout simplement que la manifestation d’un naufrage de foi et d’une faillite d’espérance surnaturelle !

Dieu merci ! Il reste les humbles, les vrais fidèles, ceux qui prient, ceux qui souffrent, ceux qui offrent plus qu’ils ne dissertent, et qui, sans se faire de nœuds au cerveau, font monter vers le Ciel, par l’intercession de la Vierge co-rédemptrice que le divin Rédempteur Lui-même leur a donné pour Mère du haut de Sa Croix, et par la médiation des saints thaumaturges que le divin Médiateur a placé auprès d’eux, avec leurs demandes de pardon, les pieuses implorations sollicitant la protection et la garde du Tout-Puissant.
C’est aussi ce que font les Ordres religieux demeurés stables dans la grâce de leurs fondateurs, dans les monastères, cloîtres ou ermitages qui ont résisté au torrent dévastateur post-conciliaire et aux épurations vengeresses des idéologues mitrés aux mœurs d’autant plus dictatoriales qu’ils se proclament avec plus d’emphase fervents adeptes de la démocratie moderne.

Comment ne pas être ici frappé par la correspondance de ce que la télévision vaticane a elle-même montré à la terre entière au terme de la Semaine Sainte, avec les paroles de la Sainte Ecriture dont nous avons chanté de larges extraits aux premiers nocturnes des trois « Offices des Ténèbres » ?

« Et il arriva, après que le peuple d’Israël eut été emmené en captivité et que Jérusalem fut déserte, que Jérémie le prophète s’assit, pleurant, et qu’il fit entendre ses lamentations sur Jérusalem, et que d’un cœur amer, soupirant et gémissant, il dit :
Aleph – Comment est-elle assise solitaire, la ville pleine de peuple ? Elle est devenue comme veuve, la maîtresse des nations…
Daleth – Les voies de Sion sont en deuil de ce qu’il n’y a personne qui vienne à ses solennités… Ses prêtres gémissent…
Caph – … Tout son peuple est gémissant et cherchant du pain : ils ont donné tout ce qu’ils avaient de plus précieux pour une nourriture qui ranimât leur âme.
Coph -  … Mes prêtres et mes vieillards ont été consumés dans la ville lorsqu’ils ont cherché de la nourriture pour ranimer leur âme… » (Thrènes, chap. I).

Avec des larmes amères, nous pouvons – en ces jours où la joie pascale est plus affaire de conviction surnaturelle que de perception sensible – faire nôtres les paroles de la poignante supplication gallicane du XVIIe siècle pour le temps de l’Avent, dont l’actualité est réellement saisissante : « Ecce civitas Sancti facta est deserta, Sion deserta facta est ! Ierusalem desolata est. Domus sanctificationis Tuae et gloriae Tuae, ubi laudaverunt Te patres nostri : Voici que la cité du Sanctuaire est devenue déserte, Sion est devenue déserte ! La Demeure où Vous étiez sanctifié et [où demeurait] Votre gloire, où nos pères Vous avaient loué ».

Cette prise de vue de la bénédiction « Urbi et Orbi » en ce Saint Jour de Pâques 2020, comme aussi la très éprouvante et pitoyable cérémonie du vendredi 27 mars au soir, devant l’immense place Saint-Pierre vide que noyait la pluie, a spontanément fait monter à ma conscience la sentence « Religio depopulata » – souvent traduite par « la Chrétienté dévastée » - qui figure dans la fameuse « prophétie des papes » attribuée à Saint Malachie et dont on prétend qu’elle désignerait le pape Benoît XV (en raison de la coïncidence de son pontificat avec la première guerre mondiale).

« Religio depopulata » !
Plus encore que l’hécatombe des millions de mort de la guerre de 1914-1918, plus encore que l’amoncellement des cadavres de toutes les épidémies de tous les temps réunies, la pandémie moderniste a dévasté la Chrétienté et laisse – sauf en quelques parcelles où d’authentiques bons pasteurs, souvent persécutés, font refleurir le désert – la Sainte Eglise à l’état d’un champ de ruines épouvantables de tous les côtés que le regard se porte !

« Religio depopulata » !
La peste du modernisme a tué les âmes de tant d’ecclésiastiques, à tous les niveaux de la hiérarchie, et décimé les rangs des fidèles qui n’ont plus été nourris et fortifiés aux sources vives de la Tradition reçue des Apôtres.

« Religio depopulata » !
La peste noire qui a rendu « comme veuve, la maîtresse des nations » (Thrènes I, 1), c’est-à-dire la Sainte Eglise établie par Dieu « Mater et Magistra », nous montre à l’évidence qu’il faut redoubler d’ardeur dans le combat contre les chimères des errements cléricaux qui ont propagé la gangrène dans tout le Corps mystique, et qui nous asphyxient.

Il est bien temps, et plus que temps, de rejeter les anesthésiants discours « si gentils » des bisounours en aubes synthétiques confinés dans leurs sacristies désertes, et de renouer avec le flux vivifiant de la Tradition pérenne, de retisser solidement la trame rompue par bientôt soixante années de dérives vaticandeuses, de secouer le joug bêtifiant et castrateur du modernisme, pour retrouver la mâle et féconde énergie de l’Evangile tel qu’il a été compris et vécu par les grands saints de la Chrétienté vivante et conquérante.
Car « ou bien tu mets à mort l’iniquité, ou bien c’est l’iniquité qui te tue ! » (Saint Augustin)…

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

Saint Michel gif

2020-48. Simples réflexions sur le mystère de la Croix resplendissant de la Lumière de Pâques.

Jeudi de Pâques 16 avril 2020 ;
La fête de Saint Benoît-Joseph est empêchée liturgiquement, mais nous pensons néanmoins à lui (cf. > ici et > ici) ;
93ème anniversaire de Sa Sainteté le Pape Benoît XVI (cf. > ici).

Croix de pierre à Saint-Martial

L’une des antiques croix de pierre de la paroisse de Saint-Martial, en bordure de chemin

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Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

En ces jours radieux de l’octave de Pâques, contrairement à un certain nombre de chrétiens qui ne voient les choses que d’une manière très superficielle, nous devons nous attacher à contempler avec encore plus de ferveur, plus de reconnaissance et plus d’amour, la Croix de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Cette Croix qui fut voilée pendant le temps de la Passion, cette Croix qui a été solennellement dévoilée le Vendredi Saint pour que nous l’adorassions avec transport, cette Croix que désormais nous fleurissons et contemplons resplendissante de la gloire du divin Rédempteur ressuscité : « Crucem Tuam adoramus, Domine, et sanctam Resurrectionem Tuam laudamus et glorificamus : ecce enim propter lignum venit gaudium in universo mundo : Nous adorons Votre Croix, ô Seigneur, et nous louons et glorifions Votre sainte Résurrection, car, par le bois de la Croix, la joie est venue dans le monde entier ! » (liturgie du Vendredi Saint).

Ainsi la Croix est-elle explicitement désignée comme la source bénie de notre joie spirituelle.
Pâques n’évacue pas la Croix, mais la désigne avec une insistance renouvelée à nos regards et à notre contemplation dans toute sa puissance salvatrice, pour que la vénérions avec une ardeur surmultipliée, et nous attachions davantage à elle. 

Sur cette terre, le mystère de la souffrance est-il sans doute celui qui éloigne le plus de Dieu les âmes
La souffrance ne nous répugne pas seulement, elle suscite en nous des sentiments spontanés de révolte et de fuite : la Croix ne cessera jamais d’être un scandale et une folie, pour reprendre les expressions de Saint Paul (cf. 1 Cor. I, 22-25).

Mais le mystère de la souffrance est en même temps celui qui peut le plus rapprocher de Dieu et unir à Lui les âmes !
Malgré toutes les répugnances instinctives et l’horreur naturelle qu’elle provoque, il y a en elle quelque chose d’encore plus fort qui captive les âmes généreuses et bien disposées, et qui leur fait compter pour rien les répulsions de la sensibilité pour les faire adhérer à la Croix, « force de Dieu et sagesse de Dieu » (cf. 1 Cor. I, 24), par Notre-Seigneur Jésus-Christ, avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, en Notre-Seigneur Jésus-Christ : « Per Ipsum, et cum Ipso et in Ipso » !

Aujourd’hui, seul le mystère de la Croix, illuminé par notre foi en la Résurrection, peut éclairer et faire rayonner l’épreuve que traversent avec douleur nombre d’âmes d’authentiques fidèles de la Sainte Eglise de Dieu, en ces jours où ils sont contraints de jeûner des offices si réconfortants de la divine liturgie, où ils sont sevrés de la réception des sacrements, où – malgré la joie de Pâques – ils se sentent si tristement orphelins, parce qu’ils ressentent douloureusement la trahison des hiérarques qui, au lieu de donner au monde et à l’Eglise le témoignage d’une foi capable d’opérer les miracles promis par Notre-Seigneur Jésus-Christ, fuient tels de vils mercenaires à l’approche du danger et se claquemurent dans des obéissances de commis médiocres en distillant de mielleuses paroles soporifiques à ceux qui devraient au contraire être galvanisés et transportés par leurs exemples d’authentiques pasteurs dévorés par le zèle du Cœur du Bon Pasteur !

Dieu met Son Eglise à l’épreuve.
Et à travers l’épreuve présente, Dieu opère un tri. Un tri implacable !

Car l’épreuve, comme la Croix du Vendredi Saint, révèle ce qu’il y a dans le fond des cœurs.

L’épreuve révèle qui sont les couards, qui sont les traîtres, qui sont les pusillanimes, qui sont les lâches, qui sont les complices – actifs ou passifs – de l’iniquité, qui sont les vendus, qui sont les inconsistants qui suivent le mouvement imposé par ceux qui détiennent le pouvoir ou qui crient le plus fort, qui sont les ronds-de-cuir sans envergure, qui sont les fonctionnaires zélés désireux de ne pas déplaire à « César »…
Et l’épreuve aussi révèle qui sont les courageux, les authentiques disciples, les magnanimes, les vrais fidèles, les forts, les incorruptibles dans la foi et la charité, ceux qui mettent l’amour du Christ Sauveur au-dessus de leurs intérêts propres et de leur petit confort, ceux qui mettent leurs pas dans les pas sanglants de Jésus portant Sa Croix, ceux qui sont de nouveaux Simon de Cyrène, de nouvelles Véronique, de nouveaux Jean, de nouvelles Marie-Magdeleine, entourant la Très Sainte Mère de Dieu au pied de la Croix…
Oui, Dieu opère un tri !

A travers l’épreuve, Dieu fait grandir dans la foi, l’espérance et la charité Ses véritables fidèles, et – dans l’aridité du désert liturgique et sacramentel, où ils continuent à avancer à la suite de notre divin Rédempteur, colonne de nuée pendant le jour et colonne de feu pendant la nuit -, Il les conduit, en dehors de toute consolation sensible, jusqu’à la Sainte Montagne où Il Se révélera plus intimement à leurs âmes et Se les unira plus étroitement.
A travers l’épreuve de la maladie, et peut-être in extremis au seuil de la mort, nous devons espérer que Dieu ramènera à Lui, comme de nouveaux Dismas, les âmes de quelques larrons touchés par la grâce. Et nous prions pour cela.
Mais à travers l’épreuve aussi, ceux qui se cramponnent aux forces de mort spirituelle consommeront leurs forfaits, iront jusqu’au bout de leur iniquité et recevront le salaire de leurs trahisons

Ici, je ne peux m’empêcher de penser au contraste à la fois magnifique et terrifiant présenté d’une part par ces nombreux prêtres qui sont en quelque sorte « tombés au champ d’honneur » du combat pour le salut des âmes, victimes de leur zèle à visiter les malades et à leur apporter le secours des sacrements du salut ; et d’autre part par la veulerie de ces évêques, confinés dans leur confortable servilité, qui ne semblent avoir de zèle que pour blâmer et menacer les prêtres qui continuent à confesser, à donner la Sainte Communion, et à vouloir  nourrir, soigner et consoler les âmes commises à leur sollicitude pastorale…

Dieu est témoin, et Dieu est juste Juge !

O Croix resplendissante de Pâques !
O Croix bénie qui crucifie aujourd’hui l’âme des vrais fidèles et des authentiques pasteurs !
O Croix qui sera la condamnation des tièdes et des lâches !
O Croix, notre unique espérance, source de notre joie surnaturelle et de notre consolation, nous vous adorons et nous vous bénissons, malgré les ténèbres qui s’appesantissent sur notre terre désolée, parce que vous avez porté le Fils de Dieu béni et avez été imprégnée de Son Sang Précieux, et que, malgré notre faiblesse, vous nous attirez vers vous, unique signe du Salut !

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

Crucifix chapelle Rome

2020-47. Message de Sa Majesté à l’occasion du premier anniversaire de l’incendie qui a dévasté Notre-Dame de Paris.

A l’occasion du premier anniversaire de l’incendie de la basilique-cathédrale Notre-Dame de Paris, ce mercredi 15 avril 2020 en fin d’après-midi, Monseigneur le Prince Louis de Bourbonde jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX, a publié sur les réseaux sociaux le message suivant :

Incendie de Notre-Dame de Paris - 15 avril 2019

Il y a un an, Notre-Dame a failli disparaître dans un déluge de feu et d’eau, créant un véritable traumatisme non seulement chez tous les catholiques mais aussi chez toutes les personnes de cœur.
Grâce au professionnalisme des pompiers dont le courage et le sens du devoir méritent une nouvelle fois d’être salués, elle a pu être sauvée ainsi que les précieuses reliques qu’elle contenait.
Par la suite, les premiers travaux menés par les meilleurs spécialistes, ont pu commencer pour la faire progressivement revivre pendant que des milliers de dons affluaient. La première cérémonie s’y est tenue pour Pâques alors que la France était confrontée à une nouvelle épreuve.

Je salue tous ceux qui sont engagés dans cette oeuvre effectuée sous l’autorité et la compétence de l’Architecte en Chef des Monuments historiques. Aujourd’hui, je ne peux que reformuler le souhait exprimé en avril 2019 : que nos corps de métiers restaurent à présent patiemment Notre Dame, en prenant le temps comme meilleur allié, pour lui rendre sa splendeur, dans l’esprit de Foi qui était celui de ses bâtisseurs, nos ancêtres et dont notre siècle a tant besoin.

Louis de Bourbon,
Duc d’Anjou.

Grandes armes de France

2020-43. « L’actuelle situation dramatique doit ouvrir sur une période de sursaut qui soignera après les corps, les âmes et l’esprit public. »

A minuit, en cette nuit du Samedi Saint au Dimanche de Pâques, alors que de nombreuses pieuses âmes veillent et prient en célébrant, dans le confinement la Sainte Résurrection de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX, a publié sur les réseaux sociaux le message suivant à l’adresse des Français :

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Chers compatriotes,
Chers Français

Rappelons-nous : Pâques 2019 et la France pétrifiée par l’incendie qui venait de ravager la cathédrale Notre-Dame de Paris.

Pâques 2020, une épreuve d’une toute autre nature dans un domaine où l’on ne l’attendait pas, atteint la France qui, avec l’Italie et l’Espagne, se partage le record des décès en Europe. Tous les continents sont frappés.
Une mondialisation du risque !

Hier c’était l’âme du pays qui était touchée, et aujourd’hui ce sont les hommes et les femmes ; les enfants et les vieillards. Selon les mots forts prononcés par le Saint-Père dans son homélie du 27 mars, « nous avons été pris au dépourvu par une tempête inattendue et furieuse ». Devant le danger saurons-nous réagir et à l’ombre de cette cruelle épreuve, refonder nos actions sur plus de bon sens et redonner du sens à nos vies ?

Réagir, au-delà de la compassion que l’on a vis-à-vis des milliers de victimes et de leurs familles affrontant la mort souvent en grande solitude et sans secours spirituel; au-delà de l’admiration vis-à-vis des soignants aux moyens parfois si dérisoires et de tous ceux qui se dévouent souvent en prenant des risques pour que le pays continue à vivre ; au-delà des encouragements adressés à ceux qui, confinés, doivent assumer une vie familiale bouleversée et exercer leurs activités dans des conditions précaires ; au-delà de l’angoisse face aux situations désespérées que nombre d’artisans, de commerçants, d’entrepreneurs auront à affronter après le brusque arrêt de la vie économique.

Les Français courageux et fidèles à l’image de l’idée qu’ils ont de leur pays –celui du baptême de Clovis, celui de la justice de Saint-Louis, celui des quinze siècles de gloire et d’honneur-, doivent faire front animés d’une énergie à toute épreuve. Ils doivent résister pour sauver leur pays, retrouver l’esprit de Bouvines. Si l’oriflamme de saint Denis n’est plus élevée pour précéder les combattants, son esprit doit être là. Vivant.

L’actuelle situation dramatique doit ouvrir sur une période de sursaut qui soignera après les corps, les âmes et l’esprit public. En effet, au-delà de la crise sanitaire n’est-ce pas toute notre société qui est malade depuis des années et qui a besoin de se retrouver à travers un grand dessein partagé par tous et des valeurs essentielles.

En France, déjà, plus de vingt-cinq évêques ont placé leur diocèse sous la protection divine par l’intercession du Sacré-Cœur, de la Vierge Marie, de Saint-Joseph ou encore de saints locaux ayant déjà été invoqués lors d‘épidémies plus anciennes. Je me plais à songer au poids qu’aurait une consécration solennelle de la France effectuée par l’ensemble de son épiscopat à laquelle s’associerait le maximum de fidèles. Pâques, la fête de la résurrection, pourrait en être l’occasion. En tant que successeur légitime des rois de France qui ont toujours compris leur fonction dans sa double dimension terrestre et divine, ce serait de mon devoir de m’y associer et je le ferais en mon âme et conscience.

Demandons, en cette fête de la Résurrection, le secours de Saint Louis, de Sainte Geneviève et de Sainte Jeanne d’Arc et leur protection sur la France.

Louis de Bourbon
Duc d’Anjou.
Pâques 2020.

grandes armes de France

2020-40. « L’épidémie de coronavirus est sans aucun doute une intervention divine pour châtier et purifier le monde pécheur et aussi l’Église. »

Il y a quelques jours, Son Excellence Monseigneur Athanasius Schneider a accordé un nouvel et important entretien à Diane Montagna, publié ce 28 mars par The Remnant. Il y répond à ses questions sur la cessation quasi globale de la célébration publique de la Messe, et sur les ordres donnés aux prêtres par de nombreux évêques de ne pas donner les sacrements aux fidèles. Et de mettre tout cela en perspective avec les nombreuses profanations de la Sainte Eucharistie et le manque de foi en la Présence réelle qui a envahi l’Eglise depuis cinquante ans. Il n’hésite pas à faire le lien avec les annonces de l’Apocalypse. C’est un appel à la pénitence et à la foi en ce temps de « dictature sanitaire », selon l’expression déjà employée par Son excellence dans le précédent entretien que nous avons reproduit.
Les prêtres doivent-ils obéir aux ordres qui leur sont donnés de fermer leurs églises ? Non, répond Monseigneur Schneider, qui les invite à la « créativité » pour célébrer publiquement la Messe en respectant les précautions d’hygiène liées à l’épidémie du coronavirus.

En voici la traduction intégrale réalisée par Madame Jeanne Smits (à laquelle nous devons également le texte que nous avons reproduit > ici) et mise en ligne sur son blogue ce même 28 mars [source].
Nous nous permettons de mettre en caractères gras des passages particulièrement forts et importants de ce long texte qui mérite d’être lu et médité avec la plus grande attention.

Mgr Atnanasius Schneider

Son Excellence Monseigneur Athanasius Schneider,
évêque auxiliaire de l’archidiocèse de Sainte-Marie à Astana (Kazakhstan)

Diane Montagna : Excellence, quelle est votre impression générale sur la manière dont l’Eglise gère l’épidémie de coronavirus ?

Mgr Schneider : J’ai l’impression que la majorité des évêques a réagi de façon précipitée et par panique en interdisant toutes les messes publiques et – ce qui est encore plus incompréhensible – en fermant les églises. Ces évêques ont réagi davantage comme des bureaucrates civils qu’en pasteurs. En se concentrant trop exclusivement sur toutes les mesures de protection hygiénique, ils ont perdu une vision surnaturelle et ont abandonné la primauté du bien éternel des âmes.

Le diocèse de Rome a rapidement suspendu toutes les messes publiques pour se conformer aux directives du gouvernement. Les évêques du monde entier ont pris des mesures similaires. Les évêques polonais, en revanche, ont demandé que davantage de messes soient célébrées afin que les congrégations soient plus petites. Que pensez-vous de la décision de suspendre les messes publiques pour empêcher la propagation du coronavirus ?

Tant que les supermarchés sont ouverts et accessibles et que les gens ont accès aux transports publics, on ne voit pas de raison plausible d’interdire aux gens d’assister à la messe dans une église. On pourrait garantir dans les églises des mesures de protection hygiénique identiques, voire meilleures. Par exemple, avant chaque messe, on pourrait désinfecter les bancs et les portes, et tous ceux qui entrent dans l’église pourraient se désinfecter les mains. D’autres mesures similaires pourraient également être prises. On pourrait limiter le nombre de participants et augmenter la fréquence de la célébration des messes. L’exemple de vision surnaturelle en temps d’épidémie donné par le président tanzanien John Magufuli devrait nous inspirer (cf. notre publication > ici). Le président Magufuli, catholique pratiquant, a déclaré le dimanche 22 mars 2020 (dimanche de Laetare), à la cathédrale de Saint-Paul, dans la capitale tanzanienne de Dodoma : « J’insiste auprès de vous, mes frères chrétiens et même auprès de vous, les musulmans : n’ayez pas peur, ne cessez pas de vous rassembler pour glorifier Dieu et le louer. C’est pourquoi, en tant que gouvernement, nous n’avons pas fermé d’églises ou de mosquées. Au contraire, elles devraient toujours être ouvertes pour que les gens puissent chercher refuge auprès de Dieu. Les églises sont des lieux où les gens peuvent chercher la vraie guérison, car c’est là que réside le vrai Dieu. N’ayez pas peur de louer et de chercher le visage de Dieu dans l’église. »

Faisant référence à l’Eucharistie, le Président Magufuli a également prononcé ces mots encourageants : « Le coronavirus ne peut pas survivre dans le corps eucharistique du Christ ; il sera bientôt brûlé. C’est exactement pour cela que je n’ai pas paniqué en recevant la sainte communion, parce que je savais qu’avec Jésus dans l’Eucharistie, je suis en sécurité. C’est le moment de renforcer notre foi en Dieu ».

Pensez-vous qu’un prêtre agirait de manière responsable en célébrant une messe privée en présence de quelques fidèles laïcs, tout en prenant les précautions sanitaires nécessaires ?

Ce serait responsable, mais aussi méritoire ; cela constituerait un acte pastoral authentique, à condition bien sûr que le prêtre prenne les précautions sanitaires nécessaires.

Les prêtres sont dans une position difficile dans cette situation. Certains bons prêtres sont critiqués pour avoir obéi aux directives de leur évêque de suspendre les messes publiques (alors qu’ils continuent à célébrer une messe privée). D’autres cherchent des moyens créatifs d’entendre les confessions tout en cherchant à préserver la santé des gens. Quels conseils donneriez-vous aux prêtres pour vivre leur vocation en ces temps difficiles ?

Les prêtres doivent se rappeler qu’ils sont avant tout pasteurs des âmes immortelles. Ils doivent imiter le Christ, qui a dit : « Je suis le bon pasteur. Le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis. Mais le mercenaire, et celui qui n’est pas pasteur, à qui les brebis n’appartiennent pas, voit venir le loup, et abandonne les brebis, et s’enfuit ; et le loup ravit et disperse les brebis. Le mercenaire s’enfuit, parce qu’il est mercenaire, et qu’il ne se met pas en peine des brebis. Je suis le bon pasteur, et je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent » (Jean 10, 11-14) Si un prêtre observe de manière raisonnable toutes les précautions sanitaires nécessaires et fait preuve de discernement, il n’est pas tenu d’obéir aux directives de son évêque ou du gouvernement lui ordonnant de suspendre la Messe pour les fidèles. De telles directives sont une pure loi humaine, alors que la loi suprême dans l’Église est le salut des âmes. Les prêtres dans une telle situation doivent être extrêmement créatifs pour assurer aux fidèles, même pour un petit groupe, la célébration de la sainte messe et la réception des sacrements. Tel était le comportement pastoral de tous les prêtres confesseurs et martyrs au temps des persécutions.

Est-il jamais légitime que les prêtres défient l’autorité, en particulier l’autorité ecclésiastique (par exemple, si un prêtre se voit enjoindre de ne pas aller rendre visite aux malades et aux mourants) ?

Si une autorité ecclésiastique interdit à un prêtre d’aller rendre visite aux malades et aux mourants, il ne peut pas obéir. Une telle interdiction constitue un abus de pouvoir. Le Christ n’a pas donné à l’évêque le pouvoir d’interdire la visite des malades et des mourants. Un vrai prêtre fera tout ce qu’il peut pour rendre visite à un mourant. De nombreux prêtres l’ont fait même lorsque cela signifiait mettre leur vie en danger, soit en cas de persécution, soit en cas d’épidémie. Nous avons de nombreux exemples de tels prêtres dans l’histoire de l’Église. Saint Charles Borromée, par exemple, donnait la sainte communion de ses propres mains sur la langue de mourants infectés par la peste. À notre époque, nous avons l’exemple émouvant et édifiant de prêtres, en particulier de la région de Bergame, dans le nord de l’Italie, qui ont été infectés et sont morts parce qu’ils s’occupaient de patients mourants atteints de coronavirus. Un prêtre de 72 ans atteint de coronavirus est mort il y a quelques jours en Italie, après avoir abandonné le respirateur, dont il avait besoin pour survivre, et avoir permis qu’il soit donné à un patient plus jeune. Ne pas aller rendre visite aux malades et aux mourants est un comportement qui relève plus du mercenaire que du bon pasteur.

Vous avez passé vos premières années dans l’église clandestine soviétique. Quel point de vue ou perspective aimeriez-vous partager avec les fidèles laïcs qui ne peuvent pas assister à la messe, et dans certains cas, ne peuvent même pas passer du temps devant le saint sacrement parce que toutes les églises de leur diocèse ont été fermées ?

J’encouragerais les fidèles à faire des actes fréquents de communion spirituelle. Ils pourraient lire et contempler les lectures quotidiennes de la Messe et l’ordo entier de la Messe. Ils pourraient envoyer leur saint Ange gardien pour adorer Jésus-Christ dans le tabernacle en leur nom. Ils pourraient s’unir spirituellement à tous les chrétiens qui sont en prison au nom de leur foi, à tous les chrétiens qui sont malades et alités, à tous les chrétiens mourants qui sont privés des sacrements. Dieu remplira de nombreuses grâces ce temps de privation temporelle de la Sainte Messe et du Saint-Sacrement.

Le Vatican a récemment annoncé que les liturgies de Pâques seront célébrées en l’absence des fidèles. Il a précisé par la suite qu’il étudie « des moyens de mise en œuvre et de participation qui respectent les mesures de sécurité mises en place pour prévenir la propagation du coronavirus ». Quel est votre avis sur cette décision ?

Étant donné la stricte interdiction des rassemblements de masse par les autorités gouvernementales italiennes, on peut comprendre que le pape ne puisse pas célébrer les liturgies de la Semaine Sainte en présence d’un grand nombre de fidèles. Je pense que les liturgies de la Semaine Sainte pourraient être célébrées par le Pape en toute dignité et sans qu’on les abrège, par exemple dans la Chapelle Sixtine (comme c’était la coutume des papes avant le Concile Vatican II), avec la participation du clergé (cardinaux, prêtres) et d’un groupe choisi de fidèles, auxquels des mesures de protection hygiénique seraient préalablement appliquées. On ne voit pas la logique d’interdire l’allumage du feu, la bénédiction de l’eau et le baptême lors de la Veillée pascale, comme si ces actions risquaient de propager un virus. Une peur quasi-pathologique a vaincu la raison commune et la vision surnaturelle.

Votre Excellence, que révèle la gestion de l’épidémie de coronavirus par l’Église sur l’état de l’Église et en particulier de sa hiérarchie ?

Elle révèle la perte d’une vision surnaturelle. Au cours des dernières décennies, de nombreux membres de la hiérarchie de l’Église ont été surtout immergés dans les affaires séculières, intérieures et temporelles et sont ainsi devenus aveugles aux réalités surnaturelles et éternelles. Leurs yeux ont été remplis de la poussière des occupations terrestres, comme l’a dit un jour saint Grégoire le Grand (voir Regula pastoralis II, 7). Leur réaction face à l’épidémie du coronavirus a révélé qu’ils accordent plus d’importance au corps mortel qu’à l’âme immortelle des hommes, oubliant les paroles de notre Seigneur : « En effet, que servirait à l’homme de gagner le monde entier et de perdre son âme ? » (Marc 8, 36). Les mêmes évêques qui tentent aujourd’hui de protéger (parfois par des mesures disproportionnées) le corps de leurs fidèles de la contamination par un virus matériel, ont tranquillement laissé le virus des enseignements et pratiques hérétiques se répandre parmi leur troupeau.

Le cardinal Vincent Nichols a récemment déclaré que nous aurons une faim nouvelle de l’Eucharistie après la disparition de l’épidémie du coronavirus ? Êtes-vous d’accord avec cela ?

J’espère que ces paroles se vérifieront chez de nombreux catholiques. C’est une expérience humaine commune que la privation prolongée d’une réalité importante enflamme le cœur des gens qui la désirent ardemment. Cela s’applique, bien sûr, à ceux qui croient et aiment vraiment l’Eucharistie. Une telle expérience aide également à réfléchir plus profondément sur la signification et la valeur de la sainte Eucharistie. Peut-être que les catholiques qui étaient si habitués au Saint des Saints qu’ils en sont venus à le considérer comme quelque chose d’ordinaire et de commun connaîtront une conversion spirituelle et comprendront et traiteront désormais la sainte Eucharistie comme extraordinaire et sublime.

Le dimanche 15 mars, le pape François est allé prier devant l’image « Salus Populo Romani » à Santa Maria Maggiore et devant le Crucifix miraculeux qui se trouve dans l’église de San Marcelo al Corso. Pensez-vous qu’il soit important que les évêques et les cardinaux réalisent des actes de prière publique semblables pour que prenne fin l’épidémie du coronavirus ?

L’exemple du pape François peut encourager de nombreux évêques à accomplir des actes semblables de témoignage public de foi et de prière, et à donner des signes concrets de pénitence qui implorent Dieu de mettre fin à l’épidémie. On pourrait recommander que les évêques et les prêtres traversent régulièrement leurs villes et villages avec le Saint-Sacrement dans l’ostensoir, accompagnés d’un petit nombre de clercs ou de fidèles (un, deux ou trois), selon les réglementations gouvernementales. De telles processions avec le Seigneur Eucharistique transmettront aux fidèles et aux citoyens la consolation et la joie de ne pas être seuls au moment de la tribulation, de savoir que le Seigneur est vraiment avec eux, que l’Église est une mère qui n’a ni oublié ni abandonné ses enfants. Une chaîne mondiale d’ostensoirs portant le Seigneur eucharistique dans les rues de ce monde pourrait être lancée. De telles mini processions eucharistiques, même si elles ne sont réalisées que par un évêque ou un prêtre seul, imploreront des grâces de guérison physique et spirituelle, et de conversion.

Le coronavirus a fait son apparition en Chine peu de temps après le synode de l’Amazonie. Certains médias croient fermement qu’il s’agit d’une punition divine après les épisodes de la Pachamama au Vatican. D’autres croient qu’il s’agit d’un châtiment divin à la suite de l’accord entre le Vatican et la Chine. Pensez-vous que l’une ou l’autre de ces positions soit tenable ?

L’épidémie de coronavirus est sans aucun doute, à mon avis, une intervention divine pour châtier et purifier le monde pécheur et aussi l’Église. Nous ne devons pas oublier que Notre Seigneur Jésus-Christ considérait les catastrophes physiques comme des châtiments divins. Nous lisons, par exemple : « En ce même temps, il y avait là quelques hommes, qui lui annonçaient ce qui était arrivé aux Galiléens dont Pilate avait mêlé le sang avec celui de leurs sacrifices. Et prenant la parole, il leur dit : Pensez-vous que ces Galiléens fussent plus pécheurs que tous les autres Galiléens, parce qu’ils ont souffert de telles choses ? Non, je vous le dis ; mais, si vous ne faites pénitence, vous périrez tous pareillement. Comme ces dix-huit personnes sur lesquelles est tombée la tour de Siloé, et qu’elle a tuées : pensez-vous que leur dette fût plus grande que celle de tous les habitants de Jérusalem ? Non, je vous le dis ; mais, si vous ne faites pénitence, vous périrez tous pareillement » (Luc 13, 1-5)

La vénération cultuelle de l’idole païenne de la Pachamama à l’intérieur du Vatican, avec l’approbation du Pape, était à coup sûr un grand péché d’infidélité au Premier Commandement du Décalogue, c’était une abomination. Toute tentative de minimiser cet acte de vénération ne peut résister au barrage des preuves évidentes et de la raison. Je pense que ces actes d’idolâtrie ont été le point culminant d’une série d’autres actes d’infidélité par rapport à la sauvegarde du dépôt divin de la Foi par de nombreux membres de haut rang de la hiérarchie de l’Église au cours des décennies passées. Je n’ai pas la certitude absolue que l’apparition du coronavirus est une rétribution divine pour les événements de la Pachamama au Vatican, mais envisager une telle possibilité ne serait pas tiré par les cheveux. Déjà au début de l’Église, le Christ a réprimandé les évêques (les « anges ») des églises de Pergame et de Thyatire en raison de leur connivence avec l’idolâtrie et l’adultère. La figure de « Jézabel », qui séduisait l’Église pour l’amener à l’idolâtrie et à l’adultère (voir Apocalypse 2, 20), pourrait également être comprise comme un symbole du monde d’aujourd’hui – avec lequel flirtent de nombreuses personnes ayant des responsabilités au sein de l’Église.

Les paroles suivantes du Christ restent valables pour notre époque également : « Voici, je vais la jeter sur un lit de douleur, et ceux qui commettent l’adultère avec elle seront dans une très grande tribulation, s’ils ne font pénitence de leurs œuvres. Je frapperai de mort ses enfants, et toutes les Eglises sauront que je suis celui qui sonde les reins et les cœurs, et je rendrai à chacun de vous selon ses œuvres » (Apocalypse 2, 22-23). Le Christ a menacé de châtiment, et Il a appelé les églises à la pénitence : « Mais j’ai quelque peu de chose contre toi : c’est que tu as là des hommes qui tiennent à l’enseignement… pour les faire manger la nourriture sacrifiée aux idoles et les faire tomber dans la fornication… Fais pareillement pénitence ; sinon je viendrai bientôt à toi, et je combattrai contre eux avec l’épée de ma bouche. » Je suis convaincu que le Christ répéterait les mêmes paroles au pape François et aux autres évêques qui ont permis la vénération idolâtre de la Pachamama et qui ont implicitement approuvé les relations sexuelles en dehors d’un mariage valide, en permettant aux personnes dites « divorcées et remariées » qui sont sexuellement actives de recevoir la sainte communion.

Vous avez cité les Évangiles et le Livre de l’Apocalypse. La façon dont Dieu a traité son peuple élu dans l’Ancien Testament nous permet-elle de mieux comprendre la situation actuelle ?

L’épidémie de coronavirus a provoqué une situation au sein de l’Église qui, à ma connaissance, est unique, c’est-à-dire une interdiction quasi mondiale de toutes les messes publiques. Cette situation est en partie analogue à l’interdiction du culte chrétien dans la quasi totalité de l’Empire romain au cours des trois premiers siècles. La situation actuelle est cependant sans précédent, car dans notre cas, l’interdiction du culte public a été prononcée par des évêques catholiques, devançant même les ordres gouvernementaux correspondants.

D’une certaine manière, la situation actuelle peut également être comparée à la cessation du culte sacrificiel du Temple de Jérusalem pendant la captivité babylonienne du peuple élu de Dieu. Dans la Bible, le châtiment divin était considéré comme une grâce, par exemple : « Heureux l’homme qui est châtié par Dieu. Ne rejette donc pas la correction du Seigneur. Car c’est lui qui blesse et qui donne le remède ; il frappe, et ses mains guérissent » (Job 5, 17-18), et : « Ceux que j’aime, je les reprends et les châtie ; aie donc du zèle, et fais pénitence » (Ap. 3, 19). La seule réaction adéquate face à la tribulation, aux catastrophes, aux épidémies et autres situations similaires – qui sont autant d’instruments entre les mains de la Providence divine pour réveiller les gens du sommeil du péché et de l’indifférence envers les commandements de Dieu et la vie éternelle – est la pénitence et la conversion sincère à Dieu. Dans la prière suivante, le prophète Daniel donne aux fidèles de tous les temps un exemple du juste état esprit qu’ils doivent avoir, et de la façon dont ils doivent se comporter et prier en temps de tribulation : « Tout Israël a transgressé votre loi et s’est détourné pour ne pas entendre votre voix… Abaissez, mon Dieu, votre oreille et écoutez ; ouvrez vos yeux, et voyez notre désolation et cette ville sur laquelle votre nom a été invoqué ; car ce n’est pas à cause de notre justice que nous vous présentons humblement nos prières, mais à cause de vos abondantes miséricordes. Exaucez-nous, Seigneur ; apaisez-vous, Seigneur ; soyez attentif et agissez ; ne tardez pas, mon Dieu, pour vous-même, parce que votre nom a été invoqué sur cette ville et sur votre peuple » (Dan 9, 11,18-19).

Saint Robert Bellarmin a écrit : « Signes sûrs concernant la venue de l’Antéchrist… la plus grande et la dernière persécution ; et le sacrifice public (de la Messe) cessera complètement » (La prophétie de Daniel, pages 37-38).

Pensez-vous que ce qu’il évoque là est ce à quoi nous assistons actuellement ? Est-ce le début du grand châtiment prophétisé dans le livre de l’Apocalypse ?

La situation actuelle offre suffisamment de motifs raisonnables pour penser que nous sommes au début d’un temps apocalyptique, qui comprend des châtiments divins. Notre Seigneur s’est référé à la prophétie de Daniel : « Quand donc vous verrez l’abomination de la désolation, dont a parlé le prophète Daniel, établie dans le lieu saint, que celui qui lit comprenne » (Mt 24,15). Le livre de l’Apocalypse dit que l’Église devra pendant un certain temps fuir dans le désert (voir Ap 12, 14). L’arrêt presque total du Sacrifice public de la Messe pourrait être interprété comme une fuite dans un désert spirituel. Ce qui est regrettable dans notre situation est le fait que de nombreux membres de la hiérarchie de l’Église ne voient pas la situation actuelle comme une tribulation, comme un châtiment divin, c’est-à-dire comme une « visitation divine » au sens biblique. Ces paroles du Seigneur s’appliquent également à de nombreux membres du clergé au milieu de l’épidémie physique et spirituelle actuelle : « Tu n’as pas connu le temps où tu as été visitée » (Luc 19, 44). La situation actuelle de cette « épreuve du feu » (cf 1 Pierre 4:12) doit être prise au sérieux par le pape et les évêques afin de conduire à une profonde conversion de l’Eglise entière. Si cela ne se produit pas, alors le message de cette histoire de Søren Kierkegaard sera également applicable à notre situation actuelle : « Un incendie éclate dans les coulisses d’un cirque. Le clown apparaît et tente d’avertir le public. Chacun croit à une blague et rit. Il répète, on rigole encore plus fort. Ainsi la fin du monde se produira au milieu des vivats et chacun pensera : Quelle bonne blague ! »

Excellence, quel est le sens profond de tout cela ?

La situation de la cessation de la célébration publique de la messe et de la sainte communion sacramentelle est si unique et si grave que l’on peut découvrir derrière tout cela une signification plus profonde. Cet événement survient près de cinquante ans après l’introduction de la communion dans la main (en 1969) et une réforme radicale du rite de la Messe (en 1969/1970) avec ses éléments protestants (prière de l’Offertoire) et son style de célébration horizontal et axé sur l’instruction (moments de liberté, célébration en cercle fermé et vers le peuple). La pratique de la communion dans la main au cours des cinquante dernières années a conduit à des profanations involontaires et volontaires du Corps eucharistique du Christ à une échelle sans précédent. Pendant plus de cinquante ans, le Corps du Christ a été (la plupart du temps involontairement) piétiné par les pieds du clergé et des laïcs dans les églises catholiques du monde entier. Le vol des Hosties consacrées a également augmenté à un rythme alarmant. La pratique consistant à communier directement avec ses propres mains et doigts ressemble de plus en plus au geste par lequel on prend la nourriture ordinaire. Chez de nombreux catholiques, la pratique de recevoir la communion dans la main a affaibli la foi en la Présence réelle et en la transsubstantiation, la foi au caractère divin et sublime de la sainte Hostie. La présence eucharistique du Christ est devenue, au fil du temps, inconsciemment, pour ces fidèles une sorte de pain ou de symbole sacré. Maintenant, le Seigneur est intervenu et a privé presque tous les fidèles d’assister à la sainte messe et de recevoir sacramentellement la Sainte Communion.

Les innocents et les coupables endurent ensemble cette tribulation, puisque dans le mystère de l’Église, tous sont mutuellement unis en tant que membres : « Si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui » (1 Co 12, 26). La cessation actuelle de la sainte messe publique et de la sainte communion pourrait être comprise par le pape et les évêques comme une réprimande divine pour les cinquante dernières années de profanations et de banalisations de l’Eucharistie et, en même temps, comme un appel miséricordieux à une authentique conversion eucharistique de toute l’Église. Que l’Esprit Saint touche le cœur du Pape et des évêques et les pousse à édicter des normes liturgiques concrètes afin que le culte eucharistique de toute l’Église soit purifié et orienté à nouveau vers le Seigneur.

On pourrait suggérer que le Pape, avec les cardinaux et les évêques, réalise un acte public de réparation à Rome pour les péchés contre la sainte Eucharistie, et pour le péché des actes de vénération religieuse des statuettes de la Pachamama. Une fois la tribulation actuelle terminée, le pape devrait édicter des normes liturgiques concrètes, dans lesquelles il invitera toute l’Église à se tourner à nouveau vers le Seigneur dans la manière de célébrer, c’est-à-dire que célébrants et fidèles soient tournés dans la même direction pendant la prière eucharistique. Le Pape devrait également interdire la pratique de la communion dans la main, car l’Église ne peut pas continuer à traiter le Saint des Saints dans la petite Hostie consacrée de manière aussi minimaliste et l’exposant ainsi au danger.

La prière suivante d’Azariah dans la fournaise ardente, que chaque prêtre dit pendant le rite de l’Offertoire de la Messe, pourrait inspirer le Pape et les évêques à des actions concrètes de réparation et de restauration de la gloire du sacrifice eucharistique et du Corps eucharistique du Seigneur : « En esprit d’humilité et le cœur contrit, puissions-nous être accueillis par vous, Seigneur : et que notre sacrifice ait lieu aujourd’hui devant vous de telle manière qu’il vous soit agréable, Seigneur Dieu. Car ceux qui ont confiance en vous ne seront jamais confondus. Et maintenant, nous nous consacrons à vous de tout notre cœur, nous vous craignons, et nous cherchons votre visage. Ne nous couvrez pas de honte ; mais traitez-nous selon votre mansuétude et selon l’abondance de voire miséricorde. Délivrez-nous par un de vos prodiges, et donnez la gloire à votre nom, ô Seigneur ! » (Dn 3, 39-43, Septante).

Exposition Saint-Sacrement

2020-39. A propos des consignes sanitaires délivrées avec insistance en temps d’épidémie.

Dimanche de la Passion 29 mars 2020,
Anniversaire de l’exécution du Chevalier de Charette (29 mars 1796 – cf. > ici et > ici).

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

La prise en considération des côtés dramatiques de l’épidémie en cours, les personnes en souffrance, le personnel soignant débordé et fatigué, les morts – surtout lorsqu’on pense à toutes ces personnes qui passent de vie à trépas sans préparation spirituelle, sans repentir et sans le secours des sacrements de l’Eglise -, les familles éprouvées par le deuil qui doivent se contenter de cérémonies de funérailles  minimalistes, et surtout la disette spirituelle en laquelle nombre de fidèles se trouvent réduits en cette période qui est la plus sacrée de toute l’année liturgique… tout cela n’ôte pas le sens de l’humour à certains de nos amis : l’humour – en bonne proportion et de bon aloi – se révèle souvent une forme salutaire d’exutoire, et en effet nombreuses sont les publications qui permettent de garder le sourire, en attendant la fin de l’épidémie.

Parmi les choses qui m’ont été envoyées, il y en a une qui m’a beaucoup amusé – reprenant les consignes sanitaires dont on nous matraque dès qu’on ouvre la radio pour prendre un bulletin d’information – et que je ne résiste pas à la tentation de vous partager.

Consignes sanitaires en cas d'épidémie

J’ignore qui a réalisé ce montage, mais je le trouve vraiment réussi et plein de finesse.

Il m’a donné l’occasion à quelques réflexions un peu incorrectes : l’Occident en général et la France en particulier ont tellement vécu avec la conviction – inculquée dans les cours d’histoire depuis l’école primaire pour ce qui me concerne – que c’était le Moyen-Age, en raison du manque d’hygiène et du retard des sciences (parce que celles-ci devaient être soumises à l’Eglise, présentée bien sûr comme une puissance d’obscurantisme oppresseur et la cause des retards des progrès sociaux) qui avait eu le quasi monopole des grandes épidémies.
Les circonstances présentes remettent un peu les pendules à l’heure. On le voit : même nos sociétés modernes avec leurs « progrès » sanitaires et scientifiques, et avec leurs technologies avancées sont d’une vulnérabilité incroyable en face d’une épidémie qui se généralise…

Je ne suis pas loin de penser que peut-être beaucoup de nos contemporains sont davantage en situation de vulnérabilité psychologique que nos ancêtres du Moyen-Age en face de ces fléaux récurrents.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur

chevalier

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