Archive pour la catégorie 'Commentaires d’actualité & humeurs'

2025-186. Excita, Domine !

Samedi avant le premier dimanche de l’Avent.

Couronne de l'Avent une bougie - gif

Bonne, fervente et très sainte nouvelle année [liturgique] !

       J’ai demandé à mon papa-moine s’il avait pensé à préparer quelques lignes d’encouragement ou d’exhortation à l’intention de nos amis et lecteurs pour le commencement de l’Avent, l’entrée dans la nouvelle année liturgique, et il m’a répondu : « Oui, bien sûr que j’y ai pensé : tellement bien pensé que je te confie la très importante mission de leur écrire en te fondant sur le premier mot des collectes du vingt-quatrième et dernier dimanche après la Pentecôte, et des premier, deuxième et quatrième dimanches de l’Avent… », tout en posant devant moi un missel et un Gaffiot.
Puis il s’est occupé à rentrer des bûches en chantonnant ; me laissant seul devant mon bureau !

Tolbiac à l'étude - blogue

   Me voilà donc plongé dans le missel traditionnel y recherchant avec application les dites collectes, et voici ce que j’ai trouvé :

1) Pour le vingt-quatrième et dernier dimanche après la Pentecôte :

   Excita, quǽsumus. Dómine, tuórum fidélium voluntátes : ut, divíni óperis fructum propénsius exsequéntes ; pietátis tuæ remédia maióra percípiant. Per Dóminum nostrum…

   Excitez, nous Vous en supplions, Seigneur, la volonté de Vos fidèles, afin que, recherchant avec plus d’ardeur, le fruit des œuvres divines, ils reçoivent de Votre miséricorde des remèdes plus puissants. Par Notre-Seigneur…

2) Pour le premier dimanche de l’Avent :

   Excita, quǽsumus, Dómine, poténtiam tuam, et veni : ut ab imminéntibus peccatórum nostrórum perículis, te mereámur protegénte éripi, te liberánte salvári : Qui vivis et regnas…

   Excitez Votre puissance, Seigneur et venez, pour que, dans le grand péril où nous sommes à cause de nos péchés, nous puissions trouver en Vous le défenseur qui nous délivre et le libérateur qui nous sauve : ô Vous qui vivez et régnez…

3) Pour le deuxième dimanche de l’Avent :

   Excita, Dómine, corda nostra ad præparándas Unigéniti tui vias : ut, per eius advéntum, purificátis tibi méntibus servíre mereámur : Qui tecum…

   Excitez nos cœurs, Seigneur, pour préparer la route à Votre Fils unique, afin que Sa venue nous permette de Vous servir avec une âme plus pure : Lui qui avec Vous…

4) Pour le quatrième dimanche de l’Avent :

   Excita, quǽsumus, Dómine, poténtiam tuam, et veni : et magna nobis virtúte succúrre ; ut per auxílium grátiæ tuæ, quod nostra peccáta præpédiunt, indulgéntiæ tuæ propitiatiónis accéleret : Qui vivis et regnas…

   Excitez, Seigneur, Votre puissance et venez : donnez-nous le secours de Votre force infinie, et qu’avec l’aide de Votre grâce, Votre indulgente bonté nous accorde sans délai ce que retardent nos péchés : ô Vous qui vivez et régnez…

Euréka - blogue

   Frère Maximilien-Marie m’avait donné pour consigne de m’appuyer sur le premier mot de chacune de ces collectes, et, vous le constatez vous-même aussi bien que moi, ce mot est Excita, c’est-à-dire le verbe « excito » conjugué à l’impératif présent.

   Ainsi, pendant trois dimanches consécutifs, dont la péricope évangélique nous oriente spirituellement vers la préparation du retour glorieux de Notre-Seigneur Jésus-Christ à la fin des temps (cela il ne faut jamais l’oublier - cf. > ici), et encore une fois à quelques jours seulement de la célébration de la Nativité du Verbe Incarné, nous nous adressons à Dieu en Lui disant : « Excitez ! ».
Nous nous adressons à Dieu en Lui donnant un ordre : « Excitez ! ».
Alors, certes, la rudesse de cet ordre est en quelque manière atténuée par une formule de politesse : mais il s’agit bien d’un impératif avec lequel la sainte liturgie nous fait nous adresser à Celui dont nous sommes les créatures, les serviteurs, les débiteurs…
Un ordre qui tient en trois syllabes : « Excita ! »

   Comme Frère Maximilien-Marie avait placé un Gaffiot sur ma table de travail, j’ai bien compris que c’était une invitation très explicite à ce que je me plongeasse dans toute la richesse des acceptions du verbe excĭtō [āvī, ātum, āre, tr.], et j’ai ainsi découvert que l’idée qui préside à tous ses divers sens, est celle d’un déplacement (avec le préfixe « ex ») qui nous fait quitter un état ou une position.
Ainsi peut-il signifier : « faire sortir », « réveiller – tirer du sommeil », « faire lever – faire se dresser », « relever » (une personne abattue), « susciter – soulever – provoquer », « exciter – aviver »…

Excita Domine !!! - Copie

   Cet approfondissement sémantique ne nous renvoie-t-il pas précisément à l’énergique exhortation de Saint Paul dans l’épître de ce premier dimanche de l’Avent : « Hora est jam nos de somno surgere : il est l’heure désormais de sortir de notre assoupissement » (Rom. XIII, 11 - cf. > ici).

   Tout est cohérent ; tout est logique ; tout est parfaitement limpide : les bons chrétiens que nous sommes ont besoin d’être « secoués », d’être tirés de leur torpeur, d’être un peu bousculés.

   Et comme nous sommes toujours un peu trop tendres avec nous-mêmes, un peu trop portés à nous ménager, un peu trop enclins à nous économiser, la Sainte Eglise place elle-même sur les lèvres des fidèles, avec une véritable insistance, des prières qui nous font demander – demander, que dis-je ? c’est bien plutôt ordonner : n’oubliez pas qu’il s’agit d’un impératif – à Dieu Lui-même de prendre les choses en mains d’une façon un peu plus vigoureuse.
C’est comme si elle nous faisait dire : « Seigneur, je suis spirituellement tout ramollo, et, pour être tout-à-fait honnête, je ne suis même pas certain que, spontanément, j’éprouve l’envie de me sortir de cet état… Alors, venez Vous-même me secouer, venez me tirer de mon indolence et de ma passivité : Excitez-moi ! »

Besoin d'être excité - blogue

   « Excitez, Seigneur, la volonté de Vos fidèles, afin que, recherchant avec plus d’ardeur, le fruit des œuvres divines, ils reçoivent de Votre miséricorde des remèdes plus puissants ! [collecte du 24ème dimanche] Excitez nos cœurs, Seigneur, pour préparer la route à Votre Fils unique, afin que Sa venue nous permette de Vous servir avec une âme plus pure ! [collecte du 2ème dimanche de l'Avent]
Et Vous-même, Seigneur, ne Vous laissez pas attendrir par nos gémissements et nos soupirs d’appitoiement sur nous-mêmes, mais : Excitez Votre puissance, Seigneur et venez, pour que, dans le grand péril où nous sommes à cause de nos péchés, nous puissions trouver en Vous le défenseur qui nous délivre et le libérateur qui nous sauve [collecte du 1er dimanche de l'Avent] Excitez, Seigneur, Votre puissance et venez : donnez-nous le secours de Votre force infinie, et qu’avec l’aide de Votre grâce, Votre indulgente bonté nous accorde sans délai ce que retardent nos péchés [collecte du 4ème dimanche de l'Avent], car il y va de notre salut éternel ! »

   Que la « divine excitation » vous titille donc sans cesse, cher Amis, et qu’elle vous maintienne à tout moment dans l’état de vigilance spirituelle et de réactivité nécessaires à votre salut : c’est la grâce que je vous souhaite. Ainsi soit-il !

pattes de chatTolbiac.

Excita Domine - blogue

Excita, Domine !

2025-185. Quand l’amour de notre belle langue française se transforme en un acte authentique de résistance.

   Le texte qui suit constitue la lettre mensuelle de la Confrérie Royale à ses membres et amis, en date du 25 novembre 2025, mais elle dépasse largement ce cadre et pourra, nous l’espérons, être utile à tous ceux qui aiment la France et la veulent mieux aimer…

Laurent de La Hyre - allégorie de la Grammaire

Laurent de La Hyre (1606-1656) : allégorie de la Grammaire (1650)
[Galerie nationale, Londres]   

«L’orthographe est quelque chose d’aussi intrinsèque à la France que son langage, que son histoire : elle a évolué dans le même mystère. 
Je ne sais quel atavisme, lorsque j’avais huit ans, m’empêchait de me tromper sur des mots difficiles comme « abbaye » ou « chanfrein ».
A qui profitera une réforme simplificatrice de l’orthographe ? Evidemment aux ignorants.
Mais qu’importe que les ignorants fassent des fautes ? Ils en ont toujours fait et on ne leur coupe pas la tête pour cela.»

Jean Dutourd

Très chers amis,

   Me pardonnerez-vous si je vous viens aujourd’hui entretenir d’un sujet qui, à première vue, n’est pas dans une thématique de piété ou de spiritualité, et ne semble pas davantage une question légitimiste ?

   A première vue, ai-je écrit.
Car, à première vue, dire que je vous vais parler d’orthographe et de grammaire pourra surprendre, voire faire hausser les épaules. D’aucuns pourraient penser : nous prend-il pour des élèves d’école primaire ?

   A première vue…
Car, en réalité, c’est de l’amour de la France – notre si chère France – que je vous veux entretenir.
Et je ne doute pas que vous aimiez la France : « La France, le plus beau royaume après celui du Ciel » (Hugo Grotius).

   Je ne peux même pas une seconde imaginer que vous puissiez ne pas être profondément épris de cette France si merveilleusement gratifiée par Dieu dans sa géographie comme dans son histoire, si prodigieusement comblée des attentions de la divine Providence qui la fit naître dans les eaux du baptistère de Reims en unissant la foi catholique et la royauté franque.

   Pour un cœur profondément chrétien et français, l’amour véritable de la France n’a rien de commun avec quelque forme que ce soit de complaisance orgueilleuse et malsaine : il est humble reconnaissance des dons de Dieu ; il n’a rien – absolument rien – de commun avec des chimères « nationalistes » et suprémacistes : il est une simple acceptation des mystérieux desseins divins, avec le rappel d’exigences particulières dans un service plus rigoureux.

   Et c’est dans cette perspective là qu’il nous faut parler de notre langue française ; notre belle, notre merveilleuse langue française !

   Complexe, subtile, exigeante – et parfois déroutante – dans ses règles. Complexe, subtil, exigeant et merveilleux outil de la réflexion et de la pensée !
C’est d’ailleurs bien en raison du fait qu’elle est un merveilleux outil de la réflexion et de la pensée que la langue française est si attaquée, si décriée, et fait l’objet d’outrages peut-être sans précédent de nos jours.
C’est ainsi qu’un certain nombre de ceux qui sont, en principe, chargés de l’enseigner et d’en transmettre les bons usages se contentent, sans enthousiasme, d’en entériner des formes décadentes, tandis que nombre de ceux qui, aux plus hauts postes de la société, devraient œuvrer pour sa préservation et son développement, conspirent à son avilissement et à son abâtardissement.

   La langue française est une part non négligeable de la France.
Comment prétendre aimer la France sans se battre pour sa langue ? C’est une question de cohérence.
Et il n’y a rien de petit et d’insignifiant dans ce combat.

   Tu aimes la France, dis-tu ? Alors pourquoi te contentes-tu de formes défectueuses et fautives quand tu te sers de sa belle et noble langue ?
Tu aimes la France ? Alors pourquoi négliges-tu les règles exactes de son orthographe et de sa prodigieuse grammaire ?
Tu aimes la France ? Montre-le, chaque jour en ne sacrifiant pas sur l’autel du laisser-aller et de la vulgarité la précise et subtile concordance des temps ou l’utilisation des temps critiqués comme « désuets ».
Tu aimes la France ? Ne collabore pas avec les ennemis de son génie en négligeant toi aussi d’utiliser le « ne » de la forme négative : « Je NE sais pas » au lieu de l’affligeantissime « J’sais pas », « je NE l’ai pas vu » en place du flemmardissime « j’l’ai pas vu »… etc.
Ce sont les détails qui font la perfection.
Ce sont ces toutes petites choses qui témoignent de la grandeur et de la vérité d’un amour.

   Tout ceux qui veulent aimer la France en vérité devraient toujours avoir sous la main quelque bon vieux livre de grammaire et un dictionnaire (pas un de ces dictionnaires que, d’année en année, on prostitue davantage au goût du jour afin d’accompagner la décadence…).
Tous ceux qui veulent aimer la France en vérité devraient avoir le goût de se plonger au moins une fois par semaine dans sa grammaire ou son dictionnaire, à titre gratuit, juste pour le plaisir de réviser une règle un peu oubliée, d’approfondir une subtilité d’usage, de découvrir quelque beau mot qui fait pleinement partie de la richesse de notre patrimoine et ne voudrait pas être relégué dans les oubliettes…

   Sans doute vous regardera-t-on – avec ironie ou agacement – comme une sorte d’original, comme un phénomène, comme un snob peut-être ou un dandy.
Qu’importe ! Vous éprouverez en définitive, avec une véritable joie intérieure, l’intense et délicieux bonheur d’être, sur ce point là aussi, un authentique résistant luttant selon sa mesure contre l’universel avilissement de la langue et de la pensée.

La restauration de la pensée, des mœurs sociales et de la politique ne passe-t-elle pas nécessairement aussi par cela ?

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

Saint Jean-Baptiste de la Salle

Saint Jean-Baptiste de La Salle montrant une classe à un ecclésiastique

2025-183. Récapitulatif des publications de ce blogue relatives au vingt-quatrième et dernier dimanche après la Pentecôte qui annonce la fin des temps.

Vingt-quatrième et dernier dimanche après la Pentecôte :
Dimanche de l’annonce de la fin des temps.

L'abomination de la désolation - blogue

Cum vidéritis abominatiónem desolatiónis
stantem in loco sancto : qui legit, intélligat…

A – Pour le vingt-quatrième dimanche lui-même :

- Les explications de Saint Augustin sur ce point de la péricope évangélique entendue en ce dimanche : « Malheur aux personnes qui seront enceintes et à celles qui nourriront » > ici
- Un sermon de Monsieur l’Abbé H.V. à l’occasion du dimanche de l’annonce de la fin des temps > ici
- Méditation pour le soir du dernier dimanche de l’année liturgique > ici

B – Questions en rapport avec ce dimanche de l’annonce de la fin des temps :

- Quels seront les signes certains de la fin des temps ? Réponse > ici
- Les sauvés seront-ils plus nombreux que les réprouvés ? Ou bien, au contraire, y aura-t-il davantage de damnés que de sauvés ? La réponse de Saint Augustin à cette délicate question > ici
- L’apostasie des nations : textes prophétiques de Léon XIII et de Saint Pie X > ici
- L’Antéchrist… et les multiples avatars de l’Antéchrist en cette période de la vie de l’Eglise > ici

C – Varia :

- Cantique du jugement dernier > ici

cavaliers de l'Apocalypse

Les quatre cavaliers de l’Apocalypse.

2025-181. Réalisme ecclésial…

Le banquet en musique - Wolfgang Heimbach vers 1660

Wolfgang Heimbach (1615-1678) : le banquet en musique (vers 1660), détail.

       Laissez-moi, chers Amis, vous rapporter une anecdote que l’ai lue, avec certes un amusement non feint, car le trait d’esprit n’est pas dépourvu d’humour, mais aussi en le recevant avec le sérieux qui convient à tout juste réalisme, aussi mordant qu’il puisse sembler. 

   J’ai donc lu que, à l’occasion de la bénédiction abbatiale de Madame Jeanne d’Escorailles de Roussille (1655-1688), élue en 1680 à la tête de l’abbaye royale de Chelles, des festivités somptueuses avaient été organisées : il faut préciser que Madame l’Abbesse Jeanne d’Escorailles de Roussille était la sœur aînée de Marie-Angélique de Scorailles, duchesse de Fontanges (1661-1681), alors au zénith de la faveur royale.

   Devant le faste de cette fête, une dame se serait exclamée, émerveillée : « N’est-ce point ici le paradis ? »
C’est alors qu’une personne d’esprit lui aurait rétorqué :« Oh que non, Madame ! On n’y verrait point tant d’évêques… »

   Je vous laisse méditer sur le réalisme de cette réflexion qui ne se limite probablement pas – hélas ! – au contexte des mondanités du Grand Siècle, mais pourrait ne pas être dépourvu d’une effrayante actualité en ces temps.

pattes de chatTolbiac.

Bernt_Notke - Danse macabre - détail

Bernt Notke (1435-1509) : danse macabre (vers 1460), détail
[église Saint-Nicolas de Tallinn, Estonie]

2025-178. 10 novembre 496 : date traditionnellement admise pour avoir été celle de la bataille de Tolbiac.

10 novembre,
Fête de Saint Georges du Velay, évêque et confesseur (cf. > ici) ;
Date traditionnellement reçue comme celle de la bataille de Tolbiac : 10 novembre 496.

Vœu de Clovis à la bataille de Tolbiac Joseph-Paul Blanc 1880 - basilique de Ste Geneviève Paris

Joseph-Paul Blanc (1846-1904) :
Vœu de Clovis à la bataille de Tolbiac (1880)
[Paris, Basilique royale de Sainte Geneviève, spoliée et profanée en "Panthéon"]

Fleur de lys et lauriers - blogue vignette

   Selon une tradition qui repose pour l’essentiel sur l’Histoire des Francs, écrite par Saint Grégoire de Tours (538-594) reprise (et parfois complétée) par la Chronique de Frédégaire (vers 660), tradition qui a été popularisée dans l’enseignement depuis le XIXème siècle et toute la première moitié du XXème, c’est quinze ans après son accession au trône, donc en 496, que Clovis 1er le Grand, roi des Francs saliens, ayant reçu un appel à l’aide de son homologue roi des Francs rhénans menacé par les Alamans, remporta la victoire de Tolbiac (en latin : Tolbiacum, aujourd’hui Zülpich, en Rhénanie, proche de Cologne), au 4ème jour des ides de novembre, c’est-à-dire le 10 novembre selon notre façon courante de nommer les dates.

   Nous n’ignorons pas que, depuis le dernier quart du XIXème siècle, des historiens – laïcs ou ecclésiastiques – ont remis en question cette date de l’année 496 attribuée à la conversion et au baptême de Clovis, pour les repousser tantôt en 498, tantôt en 501, tantôt encore en 506 voire en 508…
Ils invoquent différents éléments, parfois communs, parfois divergents, afin d’arriver à des conclusions sur lesquelles ils s’opposent parfois âprement l’un à l’autre. La seule chose qui leur soit commune, en définitive, c’est leur détermination « pour en finir avec la bataille de Tolbiac, prétendu lieu du Vœu de Clovis », comme le titrait, au printemps 2025, l’article de l’un de ces historiens qui se croient contestataires alors même qu’ils sont devenus des hyper-conformistes dans leur opposition à l’histoire sainte de notre France catholique et royale.
J’en ai même trouvé qui sont arrivés à contester que le lieu du baptême de Clovis fût le baptistère de Reims, et le situent à Tours !

Fleur de lys et lauriers - blogue vignette

   Pour nous, loin de ces montagnes d’arguties, nous nous contenterons de recopier très humblement ici la traduction du texte même de Saint Grégoire de Tours, puisque nous trouvons tout simplement avec lui en présence du plus ancien récit de cet événement, celui qui en est donc le plus proche.

   Après avoir fait le récit du mariage de Clovis avec Clotilde et raconté comment la naissance de leurs premiers fils fut marquée par des tensions entre les deux époux, voici en quels termes Saint Grégoire de Tours rapporte la bataille de Tolbiac et la conversion du Roi suivie de celle de ses guerriers : 

   « (…) La reine ne cessait de supplier le roi de reconnaître le vrai Dieu et d’abandonner les idoles ; mais rien ne put l’y décider, jusqu’à ce qu’une guerre s’étant engagée avec les Alamans, il fut forcé, par la nécessité, de confesser ce qu’il avait jusque-là voulu nier.

   Il arriva que les deux armées se battant avec un grand acharnement, celle de Clovis commençait à être taillée en pièces ; ce que voyant, Clovis éleva les mains vers le ciel, et le cœur touché et fondant en larmes, il dit : « Jésus-Christ, que Clotilde affirme être Fils du Dieu vivant, qui, dit-on, donnes du secours à ceux qui sont en danger, et accordes la victoire à ceux qui espèrent en toi, j’invoque avec dévotion la gloire de ton secours : si tu m’accordes la victoire sur mes ennemis, et que je fasse l’épreuve de cette puissance dont le peuple, consacré à ton nom, dit avoir relu tant de preuves, je croirai en toi, et me ferai baptiser en ton nom ; car j’ai invoqué mes dieux, et, comme je l’éprouve, ils se sont éloignés de mon secours ; ce qui me fait croire qu’ils ne possèdent aucun pouvoir, puisqu’ils ne secourent pas ceux qui les servent. Je t’invoque donc, je désire croire en toi ; seulement que j’échappe à mes ennemis ».

   Comme il disait ces paroles, les Allemands, tournant le dos, commencèrent à se mettre en déroute ; et voyant que leur roi était mort, ils se rendirent à Clovis, en lui disant : « Nous te supplions de ne pas faire périr notre peuple, car nous sommes à toi. Clovis, ayant arrêté le carnage et soumis le peuple rentra en paix dans son royaume, et raconta à la reine comment il avait obtenu la victoire en invoquant le nom du Christ ».

   Alors la reine manda en secret Saint Remi, évêque de Reims, le priant de faire pénétrer dans le coeur du roi la parole du salut.
Le pontife, ayant fait venir Clovis, commença à l’engager secrètement à croire au vrai Dieu, Créateur du ciel et de la terre, et à abandonner ses idoles qui n’étaient d’aucun secours, ni pour elles-mêmes, ni pour les autres.
Clovis lui dit : « Très saint père, je t’écouterai volontiers ; mais il reste une chose, c’est que le peuple qui m’obéit ne veut pas abandonner ses dieux ; j’irai à eux et je leur parlerai d’après tes paroles ».

   Lorsqu’il eut assemblé ses sujets, avant qu’il eût parlé, et par l’intervention de la puissance de Dieu, tout le peuple s’écria unanimement : « Pieux roi, nous rejetons les dieux mortels, et nous sommes prêts à obéir au Dieu immortel que prêche Saint Remi ».

   On apporta cette nouvelle à l’évêque qui, transporté d’une grande joie, ordonna de préparer les fonts sacrés… »

Saint Grégoire de Tours, in « Histoire des Francs », livre 2. 

Vœu de Clovis à Tolbiac détail - blogue

2025-176. « Continuons à entretenir le souvenir de nos Rois, et cultivons la mémoire de ces souverains… »

6 novembre,
Fête de Saint Léonard de Noblat (cf. ici) ;
Anniversaire de la mort de SMTC le Roi Charles X (cf. > ici).

Armes de France & Navarre

       En ce jour anniversaire de la mort de son prédécesseur SMTC le Roi Charles X, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, a publié sur les réseaux sociaux le message suivant, qui établit un lien pertinent avec l’actualité politique de la France en même temps qu’il rend un hommage des plus judicieux à la pieuse mémoire d’un très grand Souverain injustement calomnié.

Charles X en costume de Sacre - détail

       Aujourd’hui nous commémorons la mort de mon aïeul Charles X, dernier Roi de France à avoir effectivement régné.
En cette année du bicentenaire de son sacre, si bien mis en valeur par le Mobilier national, il me semblait important de rendre hommage à la mémoire de ce monarque qui fut remarqué, loin des caricatures, par son esprit chevaleresque, sa grandeur d’âme, et sa bonté envers les Français.
Son départ en 1830 fut avant tout une preuve manifeste de son amour des Français, dont il refusa de répandre le sang.

   A l’heure où certains s’agrippent désespérément au pouvoir, préférant prolonger les malheurs de notre pays, le message n’est pas anodin.

   Enfin, je souhaite également saluer la fidélité et la constance des Franciscains qui veillent sur sa dépouille en Slovénie, à Gorizia.
Dans ce petit Saint-Denis de l’exil, là où sont également inhumés les membres de la famille royale partis avec le vieux Roi, c’est toute une partie de notre histoire qui repose aux confins de l’Europe.
Ces sépultures, si loin de notre patrie, sont porteuses de sens. Elles symbolisent l’absence de la monarchie en France, et la douloureuse déchirure qui a été provoquée dans notre pays par la séparation d’un peuple avec la famille qui avait tant fait pour lui et qui l’avait profondément aimé.

   Continuons à entretenir le souvenir de nos Rois, et cultivons la mémoire de ces souverains qui, malgré leurs imperfections, surent toujours cultiver ce qui manque le plus à nos politiciens : le lien charnel et affectif qu’ils entretenaient avec la France et les Français.

>>> Voir aussi la publication et la prise de parole de Monseigneur le duc d’Anjou à l’occasion de son pèlerinage sur la tombe de Charles X au couvent franciscain de la Castagnavizza (Kostanjevica), le 18 février 2017 > ici

Louis XX en prière devant le tombeau de Charles X

Louis XX en prière devant le tombeau de Charles X
dans la crypte du couvent de la Castagnavizza.

Prière du Pape Pie XI à Marie Corédemptrice :

Mère de Dieu des Douleurs

Prière de Sa Sainteté le Pape Pie XI

à

Marie Corédemptrice :

   O Mère de piété et de miséricorde, qui assistiez votre doux Fils tandis qu’Il accomplissait sur l’autel de la croix la Rédemption du genre humain, comme corédemptrice et associée de ses douleurs ; conservez en nous et accroissez chaque jour, nous vous en prions, les précieux fruits de Sa Rédemption et de votre compassion.

   Vous êtes la Mère de tous, faites que, dans la pureté des mœurs, dans l’unité des esprits et la concorde des âmes, nous puissions enfin jouir sans inquiétude des dons d’une paix désormais assurée.

Ainsi soit-il !

Pie XI, 28 avril 1935.

Cœur douloureux et immaculé de Marie

2025-171. Dans la situation catastrophique du monde présent, la solution ne passera que par l’agenouillement de l’intelligence dévoyée devant son Créateur.

25 octobre,
Journée particulière de prières et d’offrandes pro Rege et Francia, pour les membres de la Confrérie Royale.

       Voici le texte de la lettre mensuelle à l’intention des membres et sympathisants de la Confrérie Royale envoyée à l’occasion du 25 octobre 2025, dans le contexte si particulier de la déliquescence des pseudo institutions de la cinquième république et de la crise politique et sociale qui en résulte, pour la France, tandis que partout ailleurs aussi dans le monde, la décadence s’accélère…

Rudolf von Alt - ruines d'une église

Rudolf, chevalier von Alt (1812-1905) : ruines d’une église (1849)

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Le royaume divisé

       En temps de crise, lorsque le monde tangue et glisse vers l’abîme qui l’a toujours attiré, il est bon de se souvenir qu’un chrétien croit, à juste titre, que la terre, comme le ciel, est soumise à la volonté divine.

   Or, bien souvent, y compris ceux qui se disent les plus fidèles à la foi considèrent qu’il existe des exceptions à cette règle, non point quelques-unes, mais un nombre considérable et infini. Tel est l’héritage des Encyclopédistes qui a touché tous les esprits, même ceux qui s’en défendent, et, avant eux, de la Renaissance, époque qui a tout dissocié.

   Lorsque l’unité est cassée et que l’intelligence préfère le multiple, le signal d’alarme est tiré et l’odeur de soufre s’engouffre par la brèche. Un poème de Paul Verlaine met le doigt sur l’éclatement mortel :

   « “Le seul savant c’est encore Moïse !” / Ainsi disais-je et pensais-je autrefois, / Et quand j’y pense encore et, sans surprise / Me le redis avec la même voix, / Ma conviction, que tous les problèmes / Étalés en vain à mon œil naïf / N’ont point mise à mal, séducteurs suprêmes, / T’affirme à nouveau, dogme primitif. / La doctrine profane et l’art profane / Ont quelque bon, mais s’ils agissent seuls, / C’est comme des spectres sous des linceuls. / La Genèse est claire, elle est diaphane, / Et par elle je crois avec ardeur / En Dieu, mon fauteur et mon créateur. » (Poèmes divers, Acte de foi)

   A partir de Moïse, et ensuite grâce à l’Incarnation et à la plénitude de la Révélation, le dogme est un et toute connaissance s’attache à lui. La plénitude fut sans doute atteinte au moyen âge, avec des synthèses comme celle de saint Thomas d’Aquin. Ensuite tout s’effiloche, non pas brutalement mais presque silencieusement, chaque égratignure passant presque inaperçue sur le moment.
La vieille synthèse héritée de Dieu fut alors divisée, comme ces propriétés dont les héritiers s’opposent et se déchirent, comme ces appartements nobles et bourgeois morcelés par les bolcheviks y installant plusieurs familles séparées par des cloisons.
Ainsi les sciences se séparèrent-elles peu à peu du tronc commun.

   Avec le Christ, la science s’était attachée à la Croix qui est dressée entre le ciel et la terre, et elle remplissait sa mission en décrivant les relations entre la matière et l’esprit. Saint Ignace d’Antioche parlait de la science comme élevant

« jusqu’au faîte, par la machine de Jésus-Christ qui est sa Croix, avec le Saint-Esprit pour câble, les pierres du temple destinées à l’édifice que construit Dieu le Père. » (Lettre aux Ephésiens)

   La science devenue folle, folle d’elle-même et de sa puissance qui semble illimitée, n’édifie plus, au sens de construire et au sens d’attirer les intelligences vers le haut.

   Un homme comme Ernest Hello, bien méconnu aujourd’hui mais qui influença tant les écrivains de Dieu au XIXe et XXe siècles, alerta sur cette chaîne brisée, en vain. Le saint Curé d’Ars avait regardé Hello comme ayant reçu de Dieu le génie par ce souci de reconstituer l’unité perdue. Stanislas Fumet dit de lui, magnifiquement :

   « Il (Hello) voit. Il voit que tout s’enchaîne, que tout fait à tout “l’aumône du rayonnement”. Il constate que, dans les sphères hautes et basses, tout n’est qu’un entretien varié de Celui dont on parlait à Jérusalem depuis que ces ténèbres inexplicables étaient descendues sur la terre dans la journée du Vendredi. Il regarde et il admire. Il entend le bruit des grandes eaux qui se répondent. Il se mêle en tremblant au concert des cataractes. » (Ernest Hello ou Le Drame de la Lumière)

   Ce renouvellement de la vision de l’homme sur la Création est plus que jamais nécessaire puisque la science, désormais autonome de tout lien avec la surnature, conduit l’humanité, à une vitesse de plus en plus incontrôlable, vers des points de non-retour qui mettent en péril, non seulement sa survie, mais surtout son âme.

   Un homme comme Monseigneur Robert Hugh Benson, en 1907, avait vu clair, dans son roman dystopique The Lord of the World, en prophétisant toutes les dérives actuelles, avant même Aldous Huxley et George Orwell. Il souligne ceci à propos de ce nouveau monde qui s’est émancipé de toute dépendance :

   « C’était un monde d’où Dieu s’était retiré, mais en le laissant dans un état de profonde satisfaction de soi-même, dans un état dépourvu d’esprit comme de crainte, mais admirablement pourvu de toutes les conditions du bien-être. » (Le Maître du Monde)

   Dans une préface à son ouvrage, ce prêtre catholique converti de l’anglicanisme précise que son écrit est 

« une parabole, illustrant la crise religieuse qui, suivant toute vraisemblance, se produira dans un siècle, ou même plus tôt encore, si les lignes de nos controverses d’aujourd’hui se trouvent prolongées indéfiniment  [...] car celles-ci ne peuvent manquer d’aboutir à la formation de deux camps opposés, le camp du Catholicisme et le camp de l’Humanitarisme, et l’opposition de ces deux camps, à son tour, ne peut manquer de prendre la forme d’une lutte légale, avec menace d’effusion de sang pour le parti vaincu. »

   Hello, Benson, C.S Lewis, Chesterton, Bloy, Bernanos, Claudel, et bien d’autres, sont de ces apôtres, critiqués et méprisés pour leur « catholicisme effréné », qui ont crié que l’Evénement de la Rédemption était triomphant et qu’il était la clef de l’unité entre tous les domaines de la réalité désormais séparés par le péché d’orgueil.

   Nous nous rendons bien compte, dans la situation catastrophique du monde présent, que la solution ne passera que par l’agenouillement de l’intelligence dévoyée devant son Créateur. A chacun d’apporter sa petite contribution, sa pierre, pour l’édification de cette restauration de tout grâce à la « machine » de Notre-Seigneur.

P. Jean-François Thomas s.j.

7 octobre 2025 – Notre Dame du Très Saint Rosaire

La Croix et lys - le Puy 2019

2025-170. Etes-vous un conservateur ou bien un contre-révolutionnaire ?

23 octobre,
Octave de l’apparition de Saint Michel au Mont Tombe (cf. > ici) ;
Chez les Ermites de Saint Augustin, mémoire du Bienheureux Jean le Bon de Mantoue (cf. > ici) ;
Mémoire de la Bienheureuse Marie-Clotilde de Saint-François-Borgia et ses dix compagnes, ursulines de Valenciennes, vierges et martyres (cf. > ici) :

Mémoire de Saint Antoine-Marie Claret, évêque et confesseur.

Vignette Lys - blogue

   Nous reproduisons ci-dessous dans son intégralité le texte d’un éditorial publié en mars 2017 dans l’un des bulletins paroissiaux d’une chapelle de la FSSPX : il nous semble en effet exprimer des réflexions fort utiles et précieuses à méditer et, ensuite, à mettre en pratique dans tous les domaines de sa vie personnelle (vie spirituelle, vie religieuse, vie sociale, vie familiale, vie associative, vie politique… etc.), si on veut être véritablement cohérent.

serpent et pomme

« (…) Le monde est divisé depuis le péché de Lucifer
entre ceux qui acceptent l’autorité de Dieu et ceux qui la refusent… »

Conservateur = corrupteur

Source > ici

       « C’est une forme de modestie louable que de ne pas vouloir être excentrique…»
Les conservateurs ont des qualités, on ne peut le nier. Ils ont celle d’un certain courage, puisqu’il leur faut sans cesse s’opposer aux progressistes. Mais nous ne voulons pas ici juger de leurs intentions, ni dire en quoi ils sont excusables. Nous voulons seulement manifester le danger que courent, et font courir, les conservateurs. Non pas ceux qui cherchent la vérité et qui s’arrêtent − un temps trompé − aux seules apparences de la vérité, mais les conservateurs qui tiennent à le rester.

   
   «… Mais cette modestie est devenue impossible à pratiquer aujourd’hui ! »
Selon les faux-penseurs vrais-menteurs, le monde serait divisé en droite et gauche, conservateurs et progressistes.
C’est faux. Le monde est divisé depuis le péché de Lucifer entre ceux qui acceptent l’autorité de Dieu et ceux qui la refusent.

   
   Ceux qui acceptent l’autorité divine sont appelés contre-révolutionnaires mais ils forment ce qui a pour vrai titre : la « Tradition ». Les hommes de Tradition acceptent ce qui est transmis par les anciens parce que reçu de Dieu.
Les révolutionnaires refusent toute transmission parce qu’ils refusent de recevoir une quelconque loi.

   
   Ceux qui refusent l’autorité sont les révolutionnaires. Les progressistes sont de francs révolutionnaires : ils refusent la Tradition, et cherchent toujours et sans cesse du nouveau.
   
   Les conservateurs ne sont pas de la Tradition : ils ne cherchent pas à transmettre ce qui est divin mais à conserver un pauvre état humain.
Les conservateurs conservent un état présent. Le conservateur alimentaire maintient la viande dans un état intermédiaire entre la vie et la moisissure. L’apparence est appétissante, mais cache des principes morbides.
L’homme conservateur souhaite maintenir le monde dans un état apparent plaisant… et dans un état réel de révolution.

   
   Objectivement le conservateur est – bien souvent à son corps défendant –, un hypocrite révolutionnaire. Il conserve à la révolution une apparence sortable. Il en est le meilleur allié, nolens volens.
   
   Le conservateur est le meilleur ennemi de la Tradition. Le meilleur parce que le plus proche quant aux apparences.
Combien sont trompés ? « C’est la même messe… » Oui, mais ce n’est pas la même doctrine !
Les schismatiques aussi célèbrent la même messe. Le conservateur est ennemi de la Tradition parce que les principes du conservateur sont ceux du révolutionnaire, la logique et l’honneur en moins.

   
   Pour réduire un homme de Tradition à un conservateur, le révolutionnaire adopte une tactique très habile en disant simplement : «Venez sous mon toit, je vous laisse libre». Le révolutionnaire baisse les armes, mais n’abandonne aucunement le terrain. De quelle liberté parlons-nous ? Le révolutionnaire entend la liberté comme une indépendance de Dieu. Généreusement, il propose la liberté à la Tradition, la même liberté qu’il réclame pour toutes les erreurs, la liberté de Satan.
Si l’homme de Tradition entre dans le cercle de la liberté révolutionnaire, il sort de l’adhésion à la vérité de Dieu, l’ayant réduite à une simple opinion humaine. Il gardera longtemps peut- être les apparences de la Tradition, mais il aura accepté dans son cœur le poison de la révolution : c’est un conservateur de plus.

   
   Le conservateur a voulu sauver deux choses : les apparences et son honneur.
Malheureusement l’honneur ne se conserve pas à la sauvette. Il demande à être servi avec noblesse, franchise et force. Le conservateur espère servir en restant sortable, en étant acceptable par ceux qu’il cherche à sauver. Faux honneur, vraie trahison : pour être accepté par le révolutionnaire, qui honnit la Tradition, il a fallu cacher celle-ci. Belle noblesse, belle franchise, belle force !
La Tradition est comme une plante : à l’ombre, elle crève, doucement, insensiblement.
La Tradition transmet quelque chose. Cachée, coupée de sa source, elle n’est plus Tradition. La peau est restée, l’outre s’est vidée.

   
   Le conservateur peut s’écrier :
« Tout est sauf, fors l’honneur et la vérité ! »

Abbé Etienne de Blois, FSSPX
publié dans « Le Petit Eudiste », mars 2017.

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