Archive pour la catégorie 'Commentaires d’actualité & humeurs'

2009-15 a. « Ce Pape pose un vrai problème »!!! (1ère partie).

Jeudi de la 4ème semaine de carême, 26 mars 2009.

Chers Amis du « Refuge Notre-Dame de Compassion« ,

Depuis le début de cette année 2009, tout particulièrement en France (mais pas seulement) c’est un véritable acharnement médiatique qui  s’en prend à la personne et aux actes de notre Saint-Père le Pape Benoît XVI ; à travers les attaques dont il est l’objet ce sont les enseignements traditionnels de notre mère la Sainte Eglise catholique romaine, dont il est le chef, qui sont visés, contestés et remis en question.

Mon propos de ce jour n’est pas de rappeler les évènements et leurs enchaînements ; je ne veux pas non plus écrire ici une apologie – point par point – concernant la levée des excommunications qui frappaient les évêques consacrés par Monseigneur Lefèbvre, au sujet de la prétendue excommunication fulminée par l’évêque de Récife contre une petite fille, ou à propos des affirmations du Pape lors de la conférence de presse accordée aux journalistes dans l’avion qui l’emportait vers l’Afrique…  etc. D’autres l’ont fait avant moi et bien mieux que je ne le pourrai faire. Je me contenterai de dire ici qu’il suffit de vouloir honnêtement s’informer pour arriver sereinement à connaître la vérité, en dehors de  tous les mensonges colportés et de toutes les passions qu’on s’est efforcé d’exacerber. Pour ceux qui le désireraient, je tiens à disposition un certain nombre de documents et de références – en assez grande quantité – qui démontent de manière irréfragable ces mensonges et les manipulations auxquels les « faiseurs d’opinion » se sont livrés sans retenue.

Peut-être avez-vous comme moi remarqué que, à peine le Pape avait-il achevé son voyage pastoral en Afrique, le « 20 heures » de TF1  se livrait à une nouvelle offensive contre la discipline ecclésiastique en diffusant un reportage extrêmement orienté – très prétentieusement nommé « enquête », alors qu’il n’y avait aucune démarche objective et raisonnée de recherche de la vérité – qui remettait en question le célibat sacerdotal… Ne nous faisons pas d’illusions : à l’approche de la Semaine Sainte et des solennités pascales, nous  devons  nous attendre à de nouvelles provocations ou tentatives de manipulations de l’opinion publique tendant à discréditer l’Eglise et le Pape, le Christ et son Evangile, la Foi et ses enseignements… Sans vouloir en aucune manière jouer au prophète de malheur, je puis vous annoncer que l’opposition médiatique, que l’opposition politique et que l’opposition à l’intérieur même de l’Eglise catholique contre notre Saint-Père le Pape Benoît XVI, ne font que commencer et qu’elles risquent de croître en amplitude et en virulence.

Dès à présent, d’odieuses caricatures et des propos de plus en plus haineux sont colportés, diffusés et même favorisés par un certain nombre de médias, dans une espèce de surenchère de grossièreté et d’escalade de vulgarité. Si c’étaient le Dalaï-Lama ou quelque chef religieux mahométan qui étaient ainsi caricaturés, nous assisterions immédiatement à un concert quasi unanime de protestations, dans le monde politique et journalistique. Même ceux qui sont les plus critiques envers toute forme de foi ou d’opinion religieuse n’hésiteraient pas à reprendre à leur compte la célèbre phrase attribuée à Voltaire : « Je ne partage pas vos idées mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous puissiez les exprimer« . Mais quand il s’agit du Pape et de l’Eglise, ces bons apôtres de la tolérance et du respect des droits de l’homme semblent n’avoir plus qu’une seule consigne, celle par laquelle ce même Voltaire terminait la plupart de ses lettres: « Ecrasez l’infâme! » (on le sait, « l’infâme » c’était pour lui l’Eglise catholique romaine).

Le grand malheur, c’est que – à quelques exceptions près (et il faut justement saluer ici le courage de ces évêques qui ont pris la parole ou la plume pour rétablir la vérité et défendre le Souverain Pontife) – ceux qui ont été institués pour être les gardiens, chargés de la sécurité du peuple commis à leurs soins* (on pourrait aujourd’hui dire les « vigiles », par analogie avec les sociétés de surveillance), au lieu d’aboyer comme de bons chiens de garde pour dénoncer le danger, intimider les agresseurs et appeler à la défense, se comportent en « chiens muets » – « canes muti  » – pour reprendre les termes du prophète Isaïe quand il dénonçait  les mauvais pasteurs du peuple d’Israël (Isaïe LVI, 10). Est-ce par complaisance ou par peur? Est-ce parce qu’ils craignent d’affronter l’opinion publique ou parce qu’ils en partagent secrètement la haine? Peu importe que nous le sachions  : c’est Dieu qui sera leur juge. Pour nous, nous ne pouvons qu’être les témoins attristés des faits…

Dans les aboiements furieux qui se sont élevés en France pour critiquer le Souverain Pontife, on a bien sûr remarqué la phrase de Monsieur Alain Juppé : « Ce Pape commence à poser un vrai problème! » Certains ont poussés des cris scandalisés en dénonçant un manque du plus élémentaire respect… Mais au-delà, je crois qu’il faut y voir un éloquent aveu ; un aveu tellement éloquent qu’il me paraît une forme d’éloge : le témoignage que finalement le vice est contraint de rendre à la vertu! Que le pape « pose un vrai problème » aux hommes politiques véreux, aux francs-maçons  de toutes obédiences et aux pseudos-vertueux qui prônent le laxisme moral et la décadence, c’est un très bon signe!

Sa Sainteté le Pape Benoît XVI

Ce qu’on reproche au Pape, c’est de tenir des propos… catholiques! Or, en ce qui me concerne, je suis bien plus rassuré dans ma conscience chrétienne par les propos d’un Pontife qui ne s’embarrasse pas des modes et des pressions médiatiques, que s’il se mettait à prôner la même chose que les acteurs et les chantres d’une société affranchie des exigences de la Loi divine.

La vérité contenue dans le Saint Evangile n’a rien à voir avec les doctrines du monde, elle n’est pas sujette aux fluctuations de l’opinion publique ni aux errances de la mode. Notre Saint-Père le Pape Benoît XVI ne fait qu’annoncer et énoncer des vérités qui ne sont pas du domaine de l’opinion et de la mode, rien d’étonnant donc à ce que le monde le prenne en haine.  On peut même dire que la virulence de la tempête  médiatique et le déferlement de méchanceté  dirigés contre lui sont – en définitive – le signe qu’il est le fidèle ambassadeur d’une Parole qui dérange, une Parole qui n’est pas humaine. 

J’ajouterai encore ceci : si « on » ne craignait pas l’influence de Benoît XVI, il n’y aurait pas un tel déchaînement contre lui ; si les ennemis du Christ n’avaient pas une conscience  aigüe de la vérité des paroles du Vicaire du Christ, ils ne s’agiteraient pas tant ; si tous  ceux qui s’adonnent au mal, au mensonge, aux compromissions les plus répugnantes et à la promotion du vice ne se sentaient pas menacés, ils n’attaqueraient pas de la sorte celui qui dirige aujourd’hui la Sainte Eglise et la gouverne avec  autant de force et de douceur, de sagesse et de sagacité ; s’ils ne savaient pas que leur pouvoir et leur influence sont ébranlés par la simple proclamation des vérités qui découlent du Saint Evangile, ils ne s’activeraient pas autant pour essayer d’étouffer ou de dénaturer la voix paisible de celui qui en est l’interprète…

Déjà dans l’Ancien Testament, à l’époque d’Elie ou de Jérémie par exemple, nous voyons des pseudo-prophètes en oeuvre : parlant le langage du monde et se répandant devant la société pécheresse en « oracles » qui lui étaient agréables, ils étaient loués et bien considérés, tandis que les vrais prophètes étaient en butte à la raillerie et à la persécution… Notre-Seigneur Jésus-Christ reprend cet exemple avec des paroles fortes : « Bienheureux serez-vous lorsque les hommes vous haïront, vous chasseront, vous injurieront et rejetteront votre nom comme mauvais, à cause du Fils de l’homme (…) C’est ainsi que leurs pères traitaient les prophètes (…) Mais malheur à vous quand les hommes vous loueront, car c’est ainsi que leurs pères faisaient aux faux prophètes!  » (cf. Luc VI, 22-26). Pensez-vous que ces paroles n’étaient qu’une pieuse exagération ou qu’elles n’avaient de valeur que pour les premiers temps de l’Eglise? Benoît XVI, doux et humble, obéit fidèlement à la mission que le Christ Sauveur lui a confiée  en qualité de successeur de Saint Pierre : affermir ses frères dans la Foi… Il trahirait s’il les encourageait à suivre les maximes du monde ; il apostasierait s’il les poussait à rechercher les louanges du monde en se conformant à ses modes. Les paroles de notre Saint-Père le Pape ne sont pas rétrogrades, elles ne font que rendre témoignage à l’intemporelle Vérité : elles sont prophétiques!

A travers la tempête qui s’est levée  et  risque encore de s’amplifier, ayons donc assez d’esprit surnaturel pour  comprendre que – comme au temps de la Passion – « Satan  nous a réclamés pour nous passer au crible comme le froment » (cf. Luc XXII, 31) : serons-nous reconnus comme du bon grain ou comme des particules étrangères?  Verra-t-on en nous de véritables disciples du Christ-Roi ou les disciples du « Prince de ce monde »?  L’épreuve, les pressions médiatiques et la persécution (nous devons nous y attendre) révèleront-elles en nous d’authentiques fidèles ou  des couards qui ne voudront pas « poser de problème »?

Il n’appartient qu’à nous de choisir notre camp, et seul l’amour qui règne véritablement en nos coeurs sera le critère déterminant notre choix : « Deux amours ont bâti deux cités : l’amour de soi jusqu’au mépris de Dieu fit la cité terrestre ; l’amour de Dieu jusqu’au mépris de soi fit la cité céleste » (Saint Augustin in « la Cité de Dieu », XIV).

Frère Maximilien-Marie.

* C’est le sens du mot grec « épiscopos » qui a donné en français le mot « évêque ».

(à suivre, ici > www)

2009-8. De Saint François de Sales, des motifs présents de notre joie et de quelques impertinentes réflexions d’un chat qui essaie de réfléchir à l’actualité de l’Eglise…

Jeudi soir 29 janvier 2009.

Chers Amis du « Refuge Notre-Dame de Compassion« ,

Nous fêtions aujourd’hui Saint François de Sales, dont la spiritualité est  fondamentale pour notre « Mesnil-Marie« . Frère Maximilien-Marie, qui est affilié à l’Ordre de la Visitation, s’efforce de nous inculquer, à Chlôris et à moi-même, les enseignements de ce très grand saint. Un jour, il nous en a cité cette phrase : « On attrape plus de mouches avec une goutte de miel qu’avec un tonneau de vinaigre« ; le saint évêque de Genève voulait ainsi faire comprendre que c’est en se revêtant de la douceur et de l’amabilité de Jésus qu’on peut Lui conquérir des coeurs, tandis que les chrétiens aigris et amers, tristes et renfrognés, qui ont transformé la belle morale évangélique – fondée sur l’amour – en un moralisme rébarbatif, sont des repoussoirs et des contre-témoignages pour la foi qu’ils prétendent professer… C’est encore Saint François de Sales qui disait : « Un saint triste est un triste saint!« 

La nature était aujourd’hui à l’unisson de cette joie spirituelle que Saint François de Sales nous recommande : bien qu’il eût encore gelé assez fort ce matin (- 10° au bord de notre béalière au lever du jour), le soleil radieux qui a illuminé cette journée nous donnait un avant-goût de printemps. Avec Chlôris nous avons gambadé et joué comme des fous, ce qui faisait bien rire Frère Maximilien-Marie qui rentrait du bois. Mais je crains que ce ne soit qu’un bref interlude dans ce long hiver : les prévisions météorologiques pour le début de la semaine à venir nous annoncent encore de la neige… Or lundi ce sera le jour de la Chandeleur où  « l’hiver périt ou reprend vigueur« ! Ce sera aussi le jour où la crèche va disparaître… mais  pour nous en consoler nous mangerons de bonnes crêpes!

Ainsi donc le mois de janvier s’achève. Après les fêtes de la Nativité (dont je vous faisais le compte rendu ici > www), je ne dois pas omettre de vous signaler que nous avons – à plusieurs reprises – sacrifié (mais cela n’avait rien de pénitentiel!) à la délicieuse tradition de la galette des Rois : moments de joie partagés avec nos voisins et avec nos amis, où les chats n’étaient pas en reste…

Le Roi Lully

Mais il y a une autre grande joie sur laquelle je me permettrais ici quelques commentaires : il y a tellement de personnes qui s’en sont permis, depuis une semaine, que je ne vois vraiment pas pourquoi un chat ne le pourrait pas à son tour… D’autant plus que je me suis rendu compte que la plupart de ceux qui intervenaient sur ce sujet n’avaient ni les connaissances ni les compétences requises pour en parler et que – très souvent – il eût mieux valu qu’ils se taisassent… Las! le monde  des hommes est ainsi fait : ce sont bien souvent les gens les moins idoines pour le faire qui se posent en docteurs et prétendent communiquer aux autres « la bonne façon de penser« !

Ainsi donc, je ne vois pas pourquoi, dans ce qui concerne les affaires internes de l’Eglise, des gens qui ne veulent rien avoir à faire avec elle se croient autorisés à donner leur avis. Pourquoi tous les bons apôtres de la laïcité – prompts à s’agiter et à hurler dès qu’ils soupçonnent  l’ombre d’une ombre d’ombre « d’ingérence cléricale » – ne prêchent-ils pas d’exemple en ne se mêlant pas des affaires intérieures de l’Eglise? La levée d’une sanction canonique est une mesure disciplinaire interne à l’Eglise : de quel droit des athées, des communistes, des apostats et les membres d’autres religions se permettent-ils de donner leur avis sur cet acte de gouvernement qui ne les concerne point? On n’a pas vu le Saint-Siège s’ingérer dans les exclusions et réconciliations qui ont agité certains partis politiques, on ne l’a pas vu non plus intervenir pour donner son avis sur la nomination ou la déposition de tel rabbin ou de tel mufti…

Nombre de journalistes pratiquent la désinformation dans des proportions qui n’ont rien d’homéopathique! Ici, on lit que le concile Vatican II aurait « supprimé la messe en latin » – ce qui est évidemment faux pour toute personne normale sachant lire et capable d’ouvrir le recueil des textes du dit concile à la bonne page (mais peut-être n’est ce pas le cas des « spécialistes des questions religieuses » employés par les médias?) – et là on apprend que « Benoît XVI se réconcilie avec les intégristes » ce qui est tout aussi faux : l’excommunication et sa levée n’ayant rien à voir avec des querelles de personnes mais étant liées à des questions d’ordre purement disciplinaire. Ailleurs on affirme péremptoirement que « Rome » réhabilite un évêque « négationniste« , ce qui est également faux ; je le répète : l’excommunication et sa levée sont des actes liés à la discipline ecclésiastique ou à la doctrine catholique, mais en aucun cas aux polémiques concernant l’interprétation d’un fait historique. Quand enfin un quotidien, qui a la prétention d’être la voix de « l’Eglise-qui-est-en-France », titre « Benoît XVI s’explique« , on se demande si les journalistes ne cherchent pas à nous persuader que le Souverain Pontife se doit de rendre compte de son gouvernement tout à la fois aux « faiseurs d’opinion » et à Madame Michu, aux commentateurs du Café du Commerce et aux loges maçonniques!

Information ou intoxication? Poser la question, c’est en fait déjà y répondre!

Pour moi, qui ne suis qu’un tout petit chat, l’affaire est entendue : rien ne sert de perdre son temps à lire les commentaires, et les commentaires des commentaires – qui semblent rivaliser en inconsistance ou en partialité – il suffit de se reporter paisiblement et en toute honnêteté intellectuelle aux textes mêmes du Saint-Siège, aux paroles du Souverain Pontife lui-même et des intéressés, plutôt qu’aux gloses de la presse écrite ou parlée. Pour ce qui est de cet évènement vous pouvez tout trouver ici > www : le texte du décret pontifical  et sa présentation officielle par la salle de presse du Saint-Siège, les paroles du Saint-Père et celles de Monseigneur Fellay… etc. Je n’ai pas l’habitude de prendre mes lecteurs pour des idiots en agissant comme s’il était nécessaire de les dispenser de réfléchir et de se faire une idée par eux-mêmes. Quant à notre Saint-Père le Pape, ce n’est pas à l’opinion publique ou à telle ou telle portion des membres de l’Eglise qu’il doit rendre des comptes, mais à Dieu seul!

Cela m’amène maintenant à parler des réactions qu’on a pu observer à l’intérieur même de l’Eglise ; je voudrais en particulier mettre en évidence les contradictions de ceux qui – gens « d’ouverture et de dialogue » – ont souvent à la bouche les expressions de « respect de toutes les sensibilités« , « accueil des différences« , « écoute de ceux qui ne sont pas comme nous« … etc. Ne sont-ce pas justement ces partisans du dialogue et du refus de l’exclusion qui donnent l’impression (je ne veux pas porter de jugement sur les coeurs, je me contente de relever l’impression qu’ils donnent), qui donnent l’impression – disai-je – de vouloir bloquer et pérenniser une situation d’ « exclusion » jusqu’à la rendre irréversible?

Dans les cours de formation religieuse qu’il m’a donné, mon papa m’a expliqué que toute sanction ecclésiastique est une peine portée en vue de la guérison : ce n’est  normalement jamais de gaîté de coeur que l’autorité punit… et quand elle croit devoir le faire, ce ne doit pas être pour enfermer dans sa faute ou dans son erreur celui qui la subit. Au contraire , elle n’existe que pour l’amener à résipiscence, lui permettre de s’amender, de se corriger, en sorte que la sanction ne soit plus nécessaire… et doive donc être levé dès que les conditions pour cela paraîtront suffisantes. L’Eglise tout entière doit donc être dans la peine quand une peine d’excommunication est portée ; l’Eglise tout entière doit de même être dans la joie quand une peine d’excommunication est levée, parce qu’un terme est mis à une situation que tout le Corps Mystique se devait de ressentir comme une grande souffrance. En écrivant tout ceci, je ne veux évidemment pas porter de jugement sur le bien fondé ou sur la consistance de telle excommunication particulière – cela ne saurait appartenir à un petit chat! – je ne parle que de généralités…

Néanmoins, je ne peux que m’étonner – et maintenant je parle des circonstances présentes – de ce que tous, dans l’Eglise – à quelque degré qu’ils soient : simples fidèles ou membres du clergé -, ne manifestent pas une joie sincère et sans arrière pensée en apprenant la levée de cette excommunication qui pesait depuis plus de vingt ans sur les quatre évêques consacrés par feu Monseigneur Lefèbvre. Je ne peux que m’étonner en lisant certaines déclarations émanant de certains comités dits représentatifs qui ont du mal à cacher leur dépit et leur amertume (pour ne pas dire autre chose) : leur ton n’est pas sans évoquer certaines tirades prétentieuses de ces tribuns qui proclamaient la « patrie en danger » à grands renforts d’aboiements pour détourner l’attention des citoyens des véritables problèmes et pour avoir les mains libres de se livrer à d’autres méfaits. Les gens qui s’auto-constituent en « comités de vigilance » sont aussi très souvent les artisans de la terreur.

Entre 1970 et 1988 (je n’étais pas né mais il y a des documents qui restent, en très grand nombre, et qu’il est facile d’étudier), il est évident qu’il y eut, à l’intérieur de l’Eglise, des idéologues – je n’en dirais pas plus – qui ont tout fait pour favoriser le « schisme« , en poussant dehors ceux qui ne correspondaient pas à leurs schémas révolutionnaires : au lieu de travailler à l’unité en interprétant le second concile du Vatican  dans la continuité et non en rupture avec la Tradition de l’Eglise, ils ont favorisé de prétendues mises en application et des expériences qui n’étaient rien d’autre que des trahisons multiples et répétées du catholicisme, dans les domaines de la liturgie et de la transmission de la foi tout spécialement.

Aujourd’hui, j’ai l’impression que des représentants de cette même idéologie  (car il s’agit bien d’une idéologie et non pas de la foi de l’Eglise ni de l’esprit véritable du Saint Evangile) sont encore en train d’oeuvrer pour saper – ou du moins amoindrir autant qu’ils le pourront – le très important travail d’unité, dans la Foi et dans la Charité, entrepris par notre Saint-Père le Pape.

Il y a au moins une raison  par laquelle je m’explique cette absence d’enthousiasme dont ils font montre à l’annonce de la levée de ces excommunications :  à moins d’être totalement aveugles, ils sont bien obligés de constater que – selon les propres termes employés par le vicaire  général d’un archidiocèse – « la vitalité n’est pas du côté où ils aimeraient qu’elle soit » (comprenez : notre clergé est de plus en plus âgé et ne se renouvelle pas, nos maisons religieuses sont des foyers du troisième et du quatrième âge et ferment les unes après les autres, nos assemblées dominicales ont une moyenne d’âge élevée, nous avons de moins en moins d’enfants au catéchisme… etc. tandis que  les séminaires et communautés traditionnels recrutent, que les chapelles « tradis » se remplissent et que la moyenne d’âge y est sensiblement plus basse). La levée des excommunications est un prélude à la pleine réintégration dans l’Eglise – sans qu’on puisse désormais les enfermer dans des ghettos – d’un certain nombre de prêtres catholiques, de séminaristes catholiques, de religieux catholiques, de chapelles catholiques et de fidèles catholiques qu’ils se réjouissaient de ne plus avoir dans les pattes, puisqu’ils les avaient refoulés dans les ténèbres extérieures du « schisme« .

Ils sont donc fermement résolus à s’établir en police de la pensée et en moderne inquisition pour retarder autant qu’ils le pourront la pleine communion.

D’ores et déjà ils annoncent que le chemin sera long et le dialogue « précis » (comprenez : « Nous ergoterons autant qu’il sera possible de le faire et couperons en quatre tous les cheveux de puce que nous pourrons attraper pour ralentir ce processus… »). Ah, vraiment, on admire ce  qu’ils veulent faire passer pour un zèle soudain au service de la pureté de la foi, quand ils tolèrent sans mot dire dans leurs propres juridictions des prêtres qui professent et enseignent des hérésies formelles sur des points aussi essentiels que le Saint Sacrifice de la Messe et la doctrine eucharistique, la primauté du Pontife Romain et l’Eglise, les fins dernières et en particulier le Purgatoire, les sacrements… etc. et même la divinité du Christ ou la Sainte Trinité!

Je serais vraiment peiné si je devais constater que la défense hautement revendiquée (avec des vibratos émus dans la voix et une larme d’indignation à la paupière) d’un concile « non négociable » se révêlait en réalité une crispation égoïste sur des positions dans lesquelles le bien des âmes et la charité ne sont pas la priorité!  Voilà pourquoi aujourd’hui, je me suis uni de tout mon coeur à la prière de mon papa afin de demander à Dieu pour son Eglise des pasteurs comme le fut Saint François de Sales, des pasteurs dont le coeur soit totalement habité par les sentiments de douceur, d’humilité, de miséricorde, d’abnégation, de zèle désintéressé et de charité qui animent le Coeur de Celui qui s’est Lui-même présenté comme le Bon Pasteur des âmes.

Lully.

2008-42. A propos d’un pèlerinage à La Louvesc, au tombeau de Saint Jean-François Régis.

Lundi matin 28 juillet 2008.

Hier, 11ème dimanche après la Pentecôte, notre Frère est parti de très bonne heure du Mesnil-Marie, pour se rendre à La Louvesc.
Cette petite paroisse, située à presque 1100 m d’altitude, est un lieu de pèlerinage assez fréquenté depuis que Saint Jean-François Régis, jésuite affecté aux missions à l’intérieur du Royaume après les ravages des guerres religieuses, y mourut d’épuisement – le 31 décembre 1640 – et y fut enterré.
Au XIXème siècle, Sainte Thérèse Couderc, fonda dans ce même village les Soeurs de Notre-Dame du Cénacle. D’humble extraction, Mère Thérèse fut mise à l’écart et reléguée à un rang subalterne dans le sein même de sa propre congrégation lorsque celle-ci se développa, et elle arriva par cette voie d’humilité (et d’humiliations) à un très haut degré de sainteté…* Son corps – conservé intact – a été ramené dans la chapelle de la maison de fondation.
Ce sont donc deux saints canonisés que l’on peut aller vénérer et prier dans ce village de montagne. La Louvesc est à moins de soixante kilomètres du Mesnil-Marie mais, avec les routes de ces régions, il faut compter un peu plus d’une heure pour s’y rendre.

Si Frère Maximilien-Marie y est allé précisément ce dimanche 27 juillet, c’est parce qu’un jeune prêtre ordonné en septembre dernier par Son Eminence Monsieur le Cardinal Castrillon Hoyos, s’y rendait lui aussi en pèlerinage avec quelques membres de sa famille.
Faut-il préciser que ce prêtre célèbre la Sainte Messe latine traditionnelle, en conformité avec les dispositions édictées par notre Saint-Père le Pape Benoît XVI dans son motu proprio « Summorum Pontificum cura » du 7 juillet 2007 ?

Monsieur l’Abbé avait bien pris soin de contacter le curé de la basilique quelques jours plus tôt pour signaler son passage et retenir un autel pour la célébration de la Messe…
Or, malgré les directives du Souverain Pontife et nonobstant l’esprit de charité et d’authentique catholicité que ce motu proprio souhaite instaurer partout, je suis bien au regret de vous dire que l’accueil n’a pas vraiment été très chaleureux, et que le « Père curé » s’est même permis quelques réflexions qui ne donnaient pas l’impression de jaillir d’un coeur magnanime…
Bref, nos pèlerins (auxquels on avait déjà imposé une heure matinale de célébration) furent relégués dans un oratoire où il n’y avait « aucun risque » que d’autres fidèles puissent les rejoindre, et dont « l’autel » était une espèce de cube de contreplaqué peint.
Monsieur l’Abbé avait bien sûr dû apporter tout le matériel liturgique pour assurer une célébration digne et fervente du Saint Sacrifice
(cliquer sur les vignettes pour voir les photos en grand).

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Lorsque, à son retour, Frère Maximilien-Marie me fait le compte rendu de tels évènements, je dois bien vous avouer que je suis pour le moins scandalisé.

Certains, dans l’Eglise même, ont en effet pris l’habitude de qualifier – ou plus exactement de disqualifier – les fidèles qui sont attachés à la Messe latine traditionnelle en leur collant l’étiquette « intégriste » ; ce sont aussi souvent ces mêmes personnes qui se font gloire d’être des gens « ouverts » et qui se gargarisent de slogans contre l’exclusion et pour l’accueil de toutes les différences… Mais leur attitude par rapport à ce que notre Saint-Père le Pape a appelé « la forme extraordinaire du rite romain » révèle dans les faits un odieux cléricalisme, manifeste des « crispations » idéologiques que l’on peut maintenant regarder comme totalement dépassées, et m’incite à penser qu’ils sont eux-mêmes les « intégristes » d’une mode ecclésiastique qui avait cours il y a trois ou quatre pontificats mais n’est plus du tout en phase avec la réalité de l’Eglise et du monde!

Il est d’ailleurs symptomatique de constater que Frère Maximilien-Marie reçoit souvent (et ce fut le cas à plusieurs reprises en ce dimanche) des témoignages de sympathie vraiment touchants, simplement motivés par le fait qu’il porte un habit religieux.
Les prêtres ou les religieux « sécularisés » se rendent-ils compte de ce qu’ils ont perdu? Si – selon un proverbe bien connu – « l’habit ne fait pas le moine », il est néanmoins certain qu’il contribue à faire de celui qui le porte le témoin d’une réalité qui ne se limite pas aux horizons terrestres. L’Eglise considère que la vie religieuse est un signe donné aux hommes. Or, pour qu’un signe soit véritablement un signe, il convient qu’il soit… visible!

Frère Maximilien-Marie est bien sûr allé se recueillir dans la chapelle édifiée au lieu même où Saint Régis mourant eut la vision de Notre-Seigneur et de Notre-Dame qui venaient le chercher pour l’introduire dans la gloire du Paradis.
Il a particulièrement confié à l’intercession de Saint Régis tous les malades qu’on lui a recommandés (et il y en a beaucoup, hélas!).

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Recueillement dans la chapelle mortuaire de Saint Jean-François Régis.

Je terminerai ce soir par une anecdote.
Près de la basilique de Saint Régis, Frère Maximilien-Marie est entré dans une boutique où était exposée la production de plusieurs artisans de la région : maroquinerie, travail du bois, poterie, peinture sur verre, broderie…etc. Justement un tourneur sur bois faisait une démonstration et un vrai courant de sympathie est passé entre lui et notre Frère. Du coup, en plus des coquetiers et autres vases et coffrets qu’il fabrique avec habileté, il a tenu à réaliser sous ses yeux, pour la lui offrir, une statuette représentant de manière stylisée Saint Jean-François Régis revêtu de la grande cape et du chapeau à larges bords qu’il portait dans l’hiver pour parcourir les montagnes du Vivarais et du Velay. Avec cette statuette, je pense que c’est aussi la bénédiction de Saint Jean-François Régis sur notre maison qui est venue jusqu’à notre Mesnil-Marie
Mais j’ai assez parlé pour aujourd’hui et je vous laisse regarder quelques photos du travail de cet artisan (
comme plus haut il vous suffit de cliquer sur chaque vignette pour que vous puissiez voir le cliché en grand format).

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Tournage, présentation de la statuette de St Régis et dédicace.

Je vous souhaite une bonne semaine et vous dis à très bientôt pour une nouvelle chronique…

2008-42. A propos d'un pèlerinage à La Louvesc, au tombeau de Saint Jean-François Régis. dans Chronique de Lully patteschatsLully.

* Voir aussi la Prière à la Sainte Trinité, composée par Sainte Thérèse Couderc que nous publions plus loin > www, et le texte « Se livrer » > www.

2008-5. Où l’on déplore l’aveuglement des chefs.

Mardi 15 janvier

Hier, lundi 14 janvier 2008, en milieu de journée, notre Saint Père le Pape Benoît XVI a reçu en audience Monsieur le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris et président de la conférence épiscopale française, accompagné de ses deux vice-présidents, NN.SS. Hippolyte Simon et Laurent Ulrich, ainsi que du secrétaire général de la sus-dite conférence, l’abbé Antoine Hérouard.

N’étant qu’un tout petit chat, je n’ai évidemment pas assisté à cet entretien: je le confesse pourtant, je me serais volontiers fait petite souris afin de me glisser discrètement dans un coin! Mais comme ce ne fut pas le cas, ma curiosité féline est bien obligée de s’en tenir aux entrefilets que j’ai pu glaner ça et là au sujet de cette rencontre, en particulier sous la plume de Monsieur Denis Crouan, président de l’association « pro liturgia » [cf. actualité du 15/01 www]

Monsieur Crouan, généralement bien informé, rapporte donc que Monseigneur Simon aurait évoqué avec le Souverain Pontife la question du motu proprio « Summorum Pontificum cura« , n’hésitant pas à affirmer que les évêques de France avaient été « solidaires de sa volonté de permettre à des personnes qui sont – à titre exceptionnel – attachés à la forme extraordinaire (du rite romain) de se sentir bien dans la communion de l’Eglise« . Et Monsieur Crouan commente: « On ne sait pas si le Saint-Père n’a pas dû faire des efforts pour ne pas rire en entendant que les évêques avaient été « solidaires », lui qui sait tout de même les réactions pour le moins vives qui ont suivies la publication du Motu proprio« . Monseigneur Simon aurait même ajouté « qu’il n’y a pas eu de demandes pour l’application du Motu proprio ayant changé la situation, et que la façon habituelle de faire vivre le rite latin demeure la forme ‘ordinaire’ « .

Quand je lis de telles choses, je ne vous cache pas que mon poil se hérisse , que mes oreilles se couchent en arrière et que mes griffes sortent au maximum de leur extension.

Si Monseigneur l’archevêque de Clermont a bien réellement tenu de tels propos devant le Pape Benoît XVI, je me pose de sérieuses questions sur ce qui peut se passer dans sa tête: ce prélat est-il lucide? est-il sain d’esprit? fait-il preuve d’hypocrisie? ou bien est-il totalement aveuglé par l’idéologie?… A moins que ce ne soit un curieux amalgame de tous ces cas de figure? Si en effet une personne, sous une pluie battante et tenant en main un thermomètre marquant une température de 5°, me disait qu’il fait un grand et chaud soleil, je serais parfaitement autorisé à me poser des questions sur sa santé mentale, sur sa sincérité ou sur ses capacités objectives de perception du réel, mais en définitive – en dehors du fait qu’elle attraperait probablement une bonne bronchite – cela ne porterait pas à de grandes conséquences… Cependant ici c’est complètement différent, parce que les conséquences sont tout autres. Et lorsque je lis de semblables affirmations émanant d’un évêque – c’est-à-dire de quelqu’un qui doit veiller avec une sollicitude véritablement paternelle et avec un zèle nourri de charité surnaturelle sur une part de l’Eglise de Dieu, en pleine communion avec le Successeur de Saint Pierre – , je ne peux pas m’empêcher d’éprouver un sentiment de colère en pensant que l’aveuglement des chefs (et il n’y en a pas de pire que celui qui est volontaire) est désastreux pour le profit spirituel et le salut des âmes! Ce que j’écris ici n’est pas une opinion personnelle facultative, c’est l’enseignement même de Notre-Seigneur Jésus-Christ: « Ce sont des guides aveugles. Or si un aveugle conduit un aveugle, tous deux tomberont dans une fosse« (Matth. XV,14).

Quoi qu’il en soit les faits sont là pour démontrer le contraire des affirmations de Monseigneur Simon et je ne veux pas en dresser un catalogue: le voudrais-je que cela me semblerait impossible! Nous savons que la commission pontificale « Ecclesia Dei«  et la nonciature apostolique à Paris reçoivent quantité de lettres, plaintes et demandes de la part des fidèles de France attachés à la célébration du rite « antiquior » de la Sainte Messe latine, dont les démarches auprès de leurs curés ou dans les évêchés ne rencontrent qu’indifférence, négligence, mépris… On m’a même rapporté que Monsieur le cardinal Castrillon Hoyos, préfet de cette commission « Ecclesia Dei« , lorsqu’il est venu à Versailles le 8 décembre dernier pour célébrer par une grand’messe pontificale le vingt-cinquième anniversaire de l’association « Notre-Dame de Chrétienté« , est reparti avec une pleine serviette de lettres qui lui ont été remises en mains propres, et dans lesquelles des catholiques de toute la France font état de leurs difficultés pour obtenir l’application des dispositions contenues dans le motu proprio et en appellent à Rome.

Je serais tenté d’écrire que l’on trouve, chez certains guides du peuple chrétien, quelque chose de comparable à ce qui se passa pour Pharaon au temps de l’Exode: son coeur fut endurci, malgré les signes et les prodiges déployés par Moïse, et il n’écouta pas (cf. Exode VII,3). Cet endurcissement du coeur, que l’on retrouve chez les Princes des Prêtres et les pharisiens à l’époque de la vie terrestre de Notre-Seigneur, porte déjà en lui-même une forme de châtiment, et l’obstination dans cette voie est toujours la source de grands malheurs pour les peuples. Ah, comme je voudrais qu’il n’en soit pas ainsi pour la Sainte Eglise Catholique aujourd’hui! Et combien je souhaite que son unité soit réelle et véritable, autour de notre Saint Père le Pape Benoît XVI, dans la Vérité et dans la Charité…

Lully.

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