Archive pour la catégorie 'Commentaires d’actualité & humeurs'

2010-48. Où Lully reparle de ses précédentes publications relatives à la franc-maçonnerie et aborde la question de son infiltration dans l’Eglise.

Vendredi 19 novembre 2010.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

En complément aux textes que j’ai publiés ces derniers jours (c’est-à-dire la note du Cardinal Ratzinger consécutive à la parution du Code de Droit Canonique en 1983 > ici, et le texte que j’ai dû diviser en deux parties > ici & ici pour expliciter les raisons de l’impossible conciliation entre le catholicisme et la maçonnerie), mais aujourd’hui sur un mode un peu plus ironique, je voudrais vous montrer une petite bande dessinée sans prétention que Frère Maximilien-Marie avait réalisée il y a presque dix ans et que j’ai trouvée en fouillant dans ses affaires…

2010-48. Où Lully reparle de ses précédentes publications relatives à la franc-maçonnerie et aborde la question de son infiltration dans l'Eglise. dans Bandes dessinées cabochat.vignette

Avant cela, je dois néanmoins préciser que, au Mesnil-Marie, nous ne sommes pas dans l’excès de ceux qui voient des francs-maçons prêts à « bouffer du curé » à tous les coins de rue ou derrière chaque arbre, même si nous savons qu’ils sont très influents – jusqu’à constituer une sorte d’ « Etat dans l’Etat » – et que leurs effectifs ont considérablement augmenté pendant toute la seconde moitié du XXème siècle (on peut estimer qu’il y a environ 140 000 adhérents à la maçonnerie actuellement en France, toutes obédiences confondues).

Nous sommes seulement réalistes, sachant qu’ils s’efforcent de tenir des postes clefs ou d’avoir une influence prépondérante dans tous les domaines d’activité les plus importants : tous les partis politiques, les syndicats, la magistrature, l’armée, l’administration, le ministère de l’ « éducation nationale », les médias, les milieux financiers, les O.N.G. … etc.

Nous avons aussi conscience que tous les francs-maçons ne sont pas personnellement pénétrés d’intentions malveillantes contre l’Eglise et contre la Foi : il y a parmi eux des personnes qui sont sincèrement animées de sentiments philanthropiques et qui sont même dans une authentique quête spirituelle ; il y en a beaucoup (surtout dans les grades inférieurs) qui ne voient pas autre chose que la recherche d’un progrès de l’humanité et qui, très certainement, à la lecture du résumé systématique que j’ai publié, pourraient se montrer surpris ou choqués qu’on attribue de telles convictions de fond à la maçonnerie… Mais, redisons-le, sincérité n’est pas vérité!

Ce qui rend la question de la maçonnerie si complexe, c’est bien justement qu’il n’y a pas de profession de foi maçonnique universelle et clairement publiée : dans un cadre général qui demeure particulièrement opaque, malgré tout ce qu’on peut tenter pour le clarifier, il y a une multitude de « nuances » et d’ « options », d’attitudes et de déclarations, dans lesquelles, selon l’expression familière, « on trouve à boire et à manger »! Cependant, ce qui demeure fondamental dans la franc-maçonnerie, c’est son anti-dogmatisme absolu et sa croyance en une « vérité » fluctuante et évolutive qui est le fait du choix de l’homme et non la référence à un ordre révélé immuable. De là découlent tous les points d’opposition avec la Foi chrétienne et avec l’Eglise catholique que j’ai précédemment explicités.

Ce n’est pas pour rien que l’un des synonymes de franc-maçon est « libre-penseur ». Ce que la maçonnerie revendique, en définitive, c’est une absolue indépendance de l’homme, dont la réflexion et la pensée n’acceptent pas d’être soumises à un ordre extérieur à lui-même, fut-il révélé par Dieu.

Selon l’enseignement philosophique le plus rigoureux, dire : « Dieu existe », ce n’est pas faire un acte de foi, c’est seulement faire un acte naturel d’intelligence, car l’existence d’un Etre supérieur, spirituel, créateur du monde, est accessible au seul raisonnement dans une recherche intellectuelle strictement logique (c’est pour cela que l’athéisme, sur le simple plan naturel déjà, est une monstruosité). La Foi, est autre chose : la Foi, c’est l’adhésion à Dieu qui se révèle. La démarche spécifique de la Foi, c’est l’acceptation par l’homme d’une réalité qui est au-delà de ce que son intelligence naturelle peut lui faire connaître, et qui lui est communiquée par Dieu Lui-même.

L’Eglise donc a été voulue et instituée par Notre-Seigneur pour que, à la suite des Saints Apôtres, elle transmette cette Révélation définitive que Dieu a faite de Lui-même ; l’Eglise a été créée pour que – par l’évangélisation et les sacrements – elle amène les hommes à l’obéissance de la Foi (cf. Actes VI,7) et pour que, par la Foi, elle leur ouvre l’accès à la Vie éternelle. On peut donc dire que la démarche chrétienne est essentiellement une réponse d’acceptation de l’homme à l’initiative de Dieu : un Dieu qui est venu à sa rencontre en Se révélant Lui-même et qui a comblé, par cette Révélation, l’abîme sinon infranchissable que son  incapacité naturelle et son péché laissaient entre lui et Dieu.

Au contraire, l’attitude qui m’apparaît finalement fondamentale dans la maçonnerie, c’est un refus plus ou moins explicite de la révélation chrétienne, un refus plus ou moins explicite de cette obéissance de la Foi, au profit d’une attitude où c’est l’intelligence de l’homme en recherche qui a la seule initiative, qui exerce elle seule le contrôle.

9782706705175 évêques dans Chronique de Lully

Quant aux « infiltrations maçonniques dans l’Eglise », je ne veux ni les minimiser ni les majorer. Comme je le faisais remarquer dans la note conclusive de mon étude (cf. > ici), c’est une évidence qui n’a pas besoin d’être démontrée que beaucoup de catholiques – comme la plupart de nos contemporains – ont aujourd’hui admis les thèses relativistes, pour le dogme comme pour la morale, qui découlent des convictions maçonniques.  C’est justement l’une des grandes victoires de la franc-maçonnerie, à la suite d’un important travail de sape de l’influence catholique et par une mainmise de plus en plus forte sur tout ce qui peut influencer le jugement des hommes, d’avoir réussi que ses idées soient devenues quasi générales dans la société occidentale, sans que les citoyens « de base » en aient conscience.

L’Eglise n’a pas échappé à cette influence. La crise spirituelle, dogmatique et institutionnelle, qui affecte et fragilise l’Eglise catholique depuis plusieurs décennies a évidemment contribué à cette pénétration des idées maçonniques dans les consciences des fidèles. Que des prêtres, insuffisamment formés ou profondément déformés par les « recyclages » post-conciliaires, professent des idées relativistes ou modernistes très proches de celles de la maçonnerie, ce n’est pas à démontrer. Cela signifie-t-il nécessairement qu’ils sont membres de la maçonnerie? Non pas. Que de ces prêtres pervertis par les idées modernistes, certains soient devenus évêques, c’est certain. Cela signifie-t-il que tous ces évêques fréquentent les loges? Rien de moins certain.

Un jour, au terme de l’une de ses conférences, Frère Maximilien-Marie s’est fermement opposé à l’intervention d’une de ses auditrices qui affirmait avec véhémence : « Tous les évêques français sont francs-maçons! ». Qu’il y en ait quelques uns, on ne peut le nier : il y a bien eu un Judas dans le collège apostolique, il serait téméraire de prétendre qu’il n’a pas eu une sorte de « descendance spirituelle » aujourd’hui, comme il y en a eu à toutes les époques, hélas!… Mais, encore une fois, c’est une bien plus grande victoire de la maçonnerie d’avoir réussi à dominer toutes les sociétés contemporaines – et l’Eglise en est une – par une espèce d’imprégnation diffuse d’un grand nombre de ses idées, que si elle était arrivée à faire entrer consciemment tous nos contemporains dans ses loges.

C’est ce qu’a voulu exprimer notre Frère dans cette bande dessinée que je vous annonçais au début de cette chronique. Nombre de prêtres – des évêques même – ont été invités à participer à des « tenues blanches », voire à y donner des conférences : nous ne pourrions que nous en réjouir si ces évêques, avec le zèle et la force de conviction des Saints Apôtres, y étaient allés pour évangéliser en vérité et convertir ; malheureusement, dans la plupart des cas, les maçons n’ont entendu de leur bouche que des platitudes consensuelles et des thèses qui s’approchaient des leurs. Les évêques français actuellement en exercice qui ont publiquement et sans ambiguïté rappelé l’enseignement et la discipline de l’Eglise sur la franc-maçonnerie se comptent sur les doigts d’une seule main. Rien d’étonnant dès lors à ce qu’une telle confusion continue de régner dans l’Eglise et dans la société…

Lully.                     

 * * * * *

concurrence1 franc-maçon dans Commentaires d'actualité & humeurs

2010-47 b. Pourquoi catholicisme et maçonnerie sont incompatibles (2ème partie).

Dans notre approche essayant de clarifier l’antagonisme qui existe entre l’Eglise et la franc-maçonnerie nous avons pu, dans une première partie (cf. ici), présenter les origines de l’une et de l’autre, ce qui explique déjà un certain nombre de choses. Attachons-nous maintenant à relever les points essentiels qui font que l’Eglise catholique considère les principes de la maçonnerie incompatibles avec sa Foi.

* * *

III. Ce qui oppose irréductiblement l’Eglise et la maçonnerie :

III a – Opposition sur la conception du salut de l’homme :

1) Pour un chrétien, le Salut est une Personne : c’est Jésus, Fils de Dieu et Dieu Lui-même qui s’est incarné et qui s’est offert en sacrifice pour la Rédemption des hommes. 

En effet, depuis le péché originel, les hommes naissent privés de la grâce de Dieu et ne peuvent entrer dans son Ciel éternel. Le Christ Sauveur, par Sa mort, par Sa résurrection et  par Son ascension, rend aux hommes la possibilité de recevoir la grâce. La grâce est la communication de la Vie divine, elle est une communion surnaturelle et intime avec Dieu. La prière, qui est essentielle à une vie chrétienne authentique, n’est pas une introspection, un retour sur soi, mais elle est un des principaux moyens pour entrer et grandir dans la communion avec Dieu, parce qu’elle est une relation spirituelle avec Lui.

Le salut de l’homme s’accomplit par la poursuite de la sainteté, qui est l’imitation parfaite de Jésus-Christ. Pour cela, il faut vivre dans la Foi (la Foi est l’adhésion à Dieu qui se révèle) et dans la pratique des préceptes enseignés par Jésus, spécialement l’humilité et la charité.

2) Pour la franc-maçonnerie, le « salut » de l’homme est quelque chose de tout à fait différent : d’abord parce que la notion du péché n’existe pratiquement pas pour elle ;  la notion de la grâce – comprise comme une participation à la vie surnaturelle de Dieu Lui-même – n’a pas non plus de réalité pour un maçon, ce qui élimine tout à la fois la notion de rédemption, les sacrements et la prière. Si des maçons utilisent ces termes, ils prennent dans leurs bouches un tout autre sens que le sens précis que leur donne l’Eglise.

La « rédemption » maçonnique consiste essentiellement dans le passage de l’ignorance à l’ « illumination », à travers des initiations successives ; elle ne tend pas à établir l’homme dans une relation intime et amoureuse avec son Créateur et Sauveur, elle ne tend pas à la sainteté. Le « salut » maçonnique réside finalement dans une plus parfaite connaissance de soi et du monde afin de les mieux dominer (cette domination peut tantôt être entendu comme une forme de sagesse supérieure et de détachement, mais elle peut aussi être comprise comme une domination « politique », ce qui ouvre la voie à toutes ces « affaires » dans lesquelles nous savons que des maçons sont impliqués).

Le bien auquel tendent les maçons n’est jamais vraiment précisé, puisque – nous en reparlerons plus loin – la morale n’est jamais quelque chose de stable en référence à des valeurs éternelles ou à des préceptes divins.

Cérémonie d'initiation maçonnique

Rite d’initiation maçonnique : moment où le futur maçon découvre la lumière.

III b – Opposition sur la révélation et sa transmission :

1) Le christianisme est une religion révélée par Dieu lui-même : Dieu, pour amener l’humanité vers son salut, s’est révélé aux patriarches,  spécialement à Abraham, puis à Moïse. La révélation de l’Ancien Testament est une pédagogie qui prépare l’avènement de la plénitude de la révélation, qui est faite en et par Notre-Seigneur Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme.

Nous avons la connaissance du Christ et de son enseignement par les Saintes Ecritures, tout spécialement les Evangiles (qui ont été écrits sous l’inspiration et avec l’assistance du Saint-Esprit par des témoins privilégiés de la vie de Jésus), et par la Tradition vivante et authentique de l’Eglise, laquelle est consignée dans sa liturgie, dans les enseignements des Pères et Docteurs de l’Eglise, des Pontifes et des conciles, dans la vie de ses saints… etc.

Les dogmes du christianisme ne sont pas des inventions humaines, ils sont les vérités que Dieu a fait connaître sur Lui-même et sur son plan de salut. Ces dogmes sont résumés dans le Credo, et l’Eglise a la mission de les conserver purs de toute erreur pour les transmettre dans leur intégrité et leur intégralité.

L’Eglise n’est pas propriétaire des vérités révélées, elle n’en est que l’intendante : c’est pourquoi elle ne peut rien changer au dépôt de la Foi qui lui a été confié, elle ne peut que veiller fidèlement sur sa transmission. Toutefois, avec l’assistance du Saint-Esprit qui lui a été envoyé à la Pentecôte, elle jouit d’une véritable autorité, d’une autorité divine, pour préciser, lorsqu’il y a des doutes ou des contestations, où se trouve la Vérité.

A l’Eglise ont aussi été confiés les sacrements, qui ne sont pas non plus des inventions humaines mais qui ont été institués par Jésus-Christ, afin de communiquer, d’entretenir et de développer la grâce dans l’âme des fidèles. L’Eglise est Mère et Maîtresse – Mater et Magistra – parce qu’elle a été voulue par Dieu pour transmettre la vie surnaturelle et dispenser l’enseignement du Christ Sauveur.

N’en déplaise à Dan Brown, il n’y a pas d’enseignements secrets ni de rites ésotériques cachés dans l’Eglise : sa Foi, ses dogmes, ses sacrements sont clairement exposés et sont accessibles à tous ceux qui veulent connaître la Révélation de Dieu et de son salut en Jésus-Christ ; la Bible, le catéchisme, tous les textes des conciles, des théologiens, des docteurs de l’Eglise et des Pontifes, les encycliques et tous les documents des Papes peuvent très aisément être consultés (même les archives dites « secrètes » du Saint-Siège où chaque jour 40 à 50 chercheurs sont habilités à travailler!); sans parler des cérémonies du culte et des prédications qui sont finalement ouvertes à tous, puisque il n’est pas exigé pour assister à un office religieux ou à un sermon de présenter une carte de membre à l’entrée de l’église!

Sainte Bible

La Parole de Dieu salvatrice est pour tous, elle n’est pas réservée à des « initiés ».

2) La Franc-maçonnerie prône une philosophie humaniste consacrée à la « recherche de la vérité », mais cette vérité n’est jamais totalement accessible. On la recherche sans cesse, on la trouve jamais totalement.

Pour la maçonnerie, il y a une « tradition primordiale », antérieure à l’histoire, qui a été en grande partie déformée et tronquée par les diverses traditions religieuses et n’a été maintenue ou retrouvée que par quelques « initiés » ou « illuminés ».

La maçonnerie nie implicitement tout surnaturel : il n’y a pas d’intervention divine ni de révélation infaillible dans le cours de l’histoire humaine ; il n’y a pas d’histoire sainte, pas de théophanies, pas de miracles, pas d’apparitions, pas de vie de la grâce (au sens théologique que nous avons expliqué ci-dessus). S’il y a un « Grand Architecte de l’Univers » (un être supérieur et spirituel qui a ordonné le monde), il n’intervient toutefois pas dans ce monde, sinon par des « illuminations » accordées à quelques rares initiés.

La franc-maçonnerie exclue le fait que Dieu prenne l’initiative de se faire connaître dans des Livres Saints inspirés et sans erreurs (il n’y a que des récits mythiques exprimant de manière symbolique et non réelle une approche parmi d’autres de la vérité) puis en Jésus-Christ, qui ne peut être la plénitude personnelle d’une révélation définitive. Dans le meilleur des cas Jésus n’était qu’un homme parvenu à un degré élevé de sagesse par l’ « illumination », mais l’Eglise romaine a pour ainsi dire séquestré son véritable enseignement et empêche les hommes d’y avoir accès.

En conséquence de tout cela, la maçonnerie rejette tout dogme et soutient le relativisme : a) relativisme religieux qui met toutes les religions sur le même plan puisque aucune ne peut prétendre avoir été instituée par un Dieu qui lui aurait transmis toute Sa vérité (mais il faut noter que la maçonnerie s’érige au-dessus de toutes les religions); et b) relativisme moral : pour elle il n’y a aucune règle morale qui soit d’origine divine. La morale est quelque chose de fluctuant, au gré du consensus des sociétés, car la loi  morale n’est en définitive que l’expression d’une règle voulue à une époque donnée par une majorité et établie par la coutume humaine en fonction des temps et des lieux.

La franc-maçonnerie dispense ses enseignements à travers des mythes symboliques plus ou moins mis en valeur selon les obédiences et les « rites ». Citons par exemple le mythe d’Hiram (architecte du temple de Salomon qui aurait été assassiné par trois mauvais compagnons), le mythe d’Hermès et de la table d’émeraude, le mythe de rites initiatiques qui remonteraient à l’antiquité égyptienne, le mythe d’une « tradition johannique » (Saint Jean l’Evangéliste aurait été le dépositaire d’un enseignement secret de Jésus qui aurait été confié à des ordres initiatiques successifs en passant par les Templiers)… etc. Tous ces mythes n’ont aucun  fondement historique ; aucun scientifique sérieux ne peut apporter en leur faveur l’ombre d’un commencement de preuve, mais cela ne contribue pas peu à « exciter »  tous les nombreux amateurs d’ésotérisme et de « mystères ». Ces mythes sont également exploités par des romanciers puis par des scénaristes (citons par exemple Christian Jacq ou Dan Brown) pour diffuser une image attrayante de la maçonnerie et discréditer la Foi chrétienne et l’Eglise.

Hiram

Hiram

Ces mythes servent donc de supports pour dispenser une formation ésotérique, des enseignements secrets qui sont progressivement donnés aux initiés selon leur grade, afin de leur révéler les mystères de « La Connaissance » (cette connaissance que les horribles dignitaires du catholicisme leur tiendraient cachés!!!). Tous les rituels font en effet miroiter aux yeux des initiés la découverte de cette prétendue « tradition primordiale » et d’une « Lumière » mystérieuse qui, dans le meilleur des cas, est celle d’une meilleure connaissance psychologique de l’initié par lui-même, mais nullement la lumière de gloire de Jésus transfiguré sur le Mont Thabor ou ressuscité au matin de Pâques.

On le voit, la franc-maçonnerie, tout en se réclamant d’idéaux et de pratiques démocratiques, fonctionne en réalité selon un élitisme impitoyable : ses systèmes de cooptation, d’initiations et de grades, ainsi que la coexistence de plusieurs structures parallèles et opaques, établissent les hommes dans de véritables castes où le « salut » n’est pas accessible à tous ni de la même manière!

III c – Opposition sur la conception même de Dieu :

1) Pour le chrétien, Dieu est un être personnel, avec lequel il est possible d’entretenir une relation d’amour : c’est tout le mystère de la grâce (participation à la vie divine) dont nous avons déjà parlé. La Foi chrétienne, selon les paroles mêmes de Notre-Seigneur Jésus-Christ, croit en un Dieu qui est unique dans sa nature mais en même temps Trinité de Personnes. La vie chrétienne, par la prière et les sacrements, consiste à être « greffé » sur Jésus-Christ, deuxième Personne de la Sainte Trinité incarnée, pour être associé au mouvement même de la vie intime de Dieu : Par Lui, avec Lui et en Lui, rendre au Père tout honneur et toute gloire, dans l’unité du Saint-Esprit.

2) Pour un franc-maçon, Dieu est une entité totalement abstraite : il est le Créateur, certes, le « Grand Architecte de l’Univers » (GADLU), ou encore le « maître horloger » comme le nomme le pasteur Désaguliers et l’appellera aussi plus tard Voltaire : mais ce Dieu n’intervient pas dans les affaires des hommes et il n’est pas question d’avoir une relation intime avec Lui.

La « trinité » maçonnique, dont il est parfois question dans certains écrits, n’est qu’une méthode dialectique, inspirée par la philosophie d’Hegel, selon laquelle l’homme s’efforce de résoudre les contradictions et de ramener les choses à l’unité en faisant intervenir thèse, antithèse et synthèse.

Hiram

 

III d – Opposition sur les fins dernières de l’homme :

1) Pour le christianisme, l’homme est appelé à la vie éternelle, accordée par grâce. Cette vie éternelle sera une adoration et une louange sans fin, dans un face à face amoureux avec le Seigneur et dans une plénitude d’être parce que les corps eux-mêmes, ressuscités et devenus semblables au corps glorifié de Jésus-Christ, seront associés à cette béatitude. Mais pour ceux qui, par un choix libre et volontaire, auront refusé l’amour de Dieu, l’éternité se passera dans les tourments et la haine, en enfer.

L’Eglise ne cesse donc, puisque l’enjeu est éternel, d’avertir ses enfants pour les prémunir contre le péché qui peut les entraîner en enfer, et elle veut leur donner à tout moment – spécialement au moyen des sacrements – les forces spirituelles surnaturelles pour éviter le mal et pratiquer le bien. En outre, l’Eglise dans sa maternelle sollicitude accompagne ses enfants de prières particulièrement ferventes – des suffrages – dans leur dernier passage et dans les ultimes purifications des conséquences de leurs fautes, qui peuvent être encore nécessaires avant d’entrer dans la vision de Dieu.

2) Dans la franc-maçonnerie, ceux qui ne sont pas totalement matérialistes et qui croient à une forme de survie de l’esprit, considèrent parfois la mort comme le « passage à l’Orient éternel », mais ils ne donnent ni définition ni description de ce que peut-être leur au-delà.

Les francs-maçons manifestent certes une forme de respect pour leurs défunts, qui s’exprime en « hommages » et en « minutes de silence », mais pas en prières. Certains maçons s’engagent solennellement à refuser les sacrements de l’Eglise qui pourraient leur donner le pardon de leurs fautes et la paix de l’âme dans le moment de leur agonie, et  ils font parfois promettre à leurs amis de veiller à ce qu’au moment de leur mort aucun prêtre ne puisse s’approcher d’eux !

Tombe maçonnique

Monument funéraire maçonnique, sans crucifix bien sûr.

III e – Opposition en ce qui concerne la relation avec les autres religions :

1) Pour l’Eglise catholique, on doit le respect aux personnes qui appartiennent aux autres religions, on ne doit pas forcer les consciences qui n’ont pas encore été éclairées par l’Esprit Saint, mais on ne doit pas non plus trahir le commandement de Notre-Seigneur ordonnant à ses disciples de proclamer l’Evangile à toute la création, d’enseigner et de baptiser : Dieu en effet voudrait que tous les hommes parviennent à la connaissance de la pleine Vérité en Jésus-Christ et qu’ils obtiennent par Lui la vie éternelle. L’Eglise prie pour les infidèles et espère leur conversion.

Le respect de la conscience d’autrui se conjugue donc pour l’Eglise avec le devoir d’évangéliser qui lui a été donné par Jésus avant de monter au Ciel. La tolérance envers les convictions religieuses de ceux qui n’ont pas encore adhéré à la Foi, ne peut ni ne doit être comprise comme la reconnaissance que toutes les religions sont égales, sinon cela reviendrait à dire que l’incarnation, les enseignements, la mort rédemptrice, la résurrection et l’ascension de Notre-Seigneur, puis l’envoi de l’Esprit-saint et la fondation de l’Eglise ne sont que des « options », n’étaient pas absolument nécessaires !

Envoi en mission

« Allez donc enseigner toutes les nations, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, leur enseignant à pratiquer tout ce que Je vous ai commandé. » (Matth. 28, 19-20)

2) Pour la franc-maçonnerie, nous avons déjà eu l’occasion de le dire, toutes les croyances et philosophies sont des traditions humaines qui ont des aspects respectables mais aucune ne peut prétendre être une religion révélée ayant reçu la Vérité divine en dépôt. La maçonnerie considère qu’elle est une voie supérieure à toutes les religions  en raison de son caractère initiatique et de sa prétention à pouvoir conduire ses initiés à « La Connaissance ».

On trouve aussi dans la maçonnerie un goût prononcé pour le syncrétisme, c’est-à-dire la combinaison de différentes doctrines spirituelles et de diverses traditions religieuses dont, par la dialectique, on doit dépasser les contradictions et parvenir à les « relire » comme des mythes exprimant tous, selon des registres différents, une part de la « lumière » maçonnique. La maçonnerie encourage donc de diverses manières un faux oecuménisme, qui n’est que la subversion de la vraie Foi et l’affadissement du sel de la terre !  

III f – Opposition pour ce qui concerne les moeurs et la morale :

1) Pour l’Eglise catholique, bien évidemment, les moeurs et la morale doivent être l’application des commandements de Dieu et des préceptes évangéliques : l’Eglise n’est pas gênée par la sexualité, mais elle enseigne que le corps et les sens doivent rester soumis à la loi morale et être de bons serviteurs de l’esprit qui leur est supérieur. La sexualité est bonne, parce qu’elle voulue par Dieu, mais elle doit rester dans le cadre des préceptes divins qui ne font qu’exprimer et préciser ce qui est conforme à la nature humaine (6ème et 9ème préceptes du Décalogue).  Ainsi la morale sexuelle et conjugale de l’Eglise n’est pas « négative » mais elle est authentiquement « positive » puisqu’elle éduque au véritable amour, qui est essentiellement un don généreux de tout l’être, affranchi de l’esclavage d’une concupiscence égoïste.

2) Pour la franc-maçonnerie, redisons-le, c’est la sincérité (et non pas la vérité) qui est la norme de la conduite morale.  Elle en arrive ainsi à approuver toutes les moeurs, à partir du moment où ce sont des personnes libres et consentantes qui ont décidé de leurs comportements, et du moment qu’elles ne portent pas atteinte au consensus sociétal.

Dans le meilleur des cas, cela se concrétise par une forme d’épicurisme, sinon c’est la porte ouverte à l’hédonisme.

La franc-maçonnerie a élaboré, proposé et promu toutes les lois favorisant le divorce, la contraception, l’avortement, le PACS, les manipulations embryonnaires et, bientôt, la dépénalisation des drogues dites douces, ainsi que la légalisation de l’euthanasie. « C’est tout le concept de famille qui en train de basculer », selon ce qu’avait écrit en 1979 le Docteur Pierre Simon, qui fut grand maître de la Grande Loge de France (in « De la vie avant toute chose » éd. Mazarine).

* * * * *

Toutes obédiences confondues, en définitive, ce que la franc-maçonnerie professe c’est une absolue indépendance de l’homme vis-à-vis de Dieu et la négation d’un ordre surnaturel  qui dicterait la conduite de l’homme ici-bas.

En écrivant ceci, je ne peux m’empêcher de penser aussitôt à ce que notre glorieux Père Saint Augustin décrit de manière magistrale : « Deux amours ont bâti deux cités. L’amour de soi jusqu’au mépris de Dieu fit la cité terrestre ; l’amour de Dieu jusqu’au mépris de soi fit la Cité céleste. » La Franc-maçonnerie est-elle autre chose que cette entreprise d’édification de la cité terrestre dans l’indépendance totale – jusqu’à la négation – du Dieu qui s’est révélé, qui s’est incarné, qui s’est offert en sacrifice, qui est ressuscité et qui a ouvert pour ceux qui croient en Lui et vivent dans l’amoureuse soumission à sa Loi un Royaume éternel de charité ?

Enlèvement des Crucifix des écoles par la force armée

Note finale : Au terme de ce qui n’est qu’un résumé, une constatation s’impose : en lisant les thèses maçonniques, on se rend compte à quel point elles sont largement répandues dans la société occidentale contemporaine. Même les non maçons dans leur grande majorité admettent désormais l’une ou l’autre des idées de la maçonnerie au sujet de Dieu, de la révélation, de tel ou tel point de la foi chrétienne, de l’Eglise, des moeurs …etc. Beaucoup de ces conceptions maçonniques ont réussi à pénétrer dans l’Eglise, puisque de nombreux catholiques « modernes » se reconnaissent davantage en elles plutôt que dans la foi traditionnelle de l’Eglise.

Publié dans:Commentaires d'actualité & humeurs, Lectures & relectures, Vexilla Regis |on 17 novembre, 2010 |Commentaires fermés

2010-47 a. Pourquoi catholicisme et maçonnerie sont incompatibles (1ère partie).

Ma précédente publication (cf. > ici) n’était que le bref rappel des condamnations romaines de la franc-maçonnerie. En complément, et pour montrer que ce jugement de l’Eglise est raisonnablement fondé, il m’apparaît important d’exposer maintenant les motifs pour lesquels  « le jugement négatif de l’Eglise sur la franc-maçonnerie demeure inchangé« .

Je vais donc m’attacher à résumer (car en vérité il me faudrait écrire des livres entiers si je voulais être rigoureusement précis) d’une manière aussi claire que possible les principaux points qui font qu’on ne peut être en même temps catholique et franc-maçon.

Il va de soi que je me place ici dans la logique de la Foi de l’Eglise, puisque il s’agit d’exposer les principes qui, à ses yeux, fondent une irréductible incompatibilité entre l’appartenance à l’Eglise et l’adhésion à la maçonnerie. Ceux qui ne partagent pas cette Foi catholique pourront donc ne pas comprendre et ne pas adhérer à cette argumentation, c’est évident.

* * *

I. La franc-maçonnerie, nébuleuse complexe de structures parallèles.

Mais tout d’abord, une première question s’impose : peut-on définir ce qu’est la franc-maçonnerie?

Officiellement, la franc-maçonnerie est une association philosophique et philanthropique qui, dans sa forme actuelle (qu’on appelle la « maçonnerie spéculative »), a été fondée à Londres au début du XVIII° siècle (officiellement, le 24 juin 1717).

Les groupes de base qui réunissent les francs-maçons sont appelés « loges » ou « ateliers ». Chaque loge porte un nom spécifique et se réunit dans un « temple maçonnique ». On donne le nom d’ « obédiences » à des fédérations de loges : ces fédérations sont établies selon des affinités, des proximités de sensibilités et d’esprit. Les obédiences sont nationales : elles sont constituées dans le cadre géographique d’un état. Je ne veux pas m’attarder ici sur ce que j’appelle le « folklore » maçonnique (costumes, symboles, décoration des temples, rites observés dans les réunions… etc) : tout ceci est finalement très accessoire et risquerait de cacher le fond du problème sous un fatras de détails qui n’apportent pas grand chose.

2010-47 a. Pourquoi catholicisme et maçonnerie sont incompatibles (1ère partie). dans Commentaires d'actualité & humeurs tabxixmaitrefs

Symboles maçonniques sur un tablier de « maître » du XIXème siècle.

Jusqu’ici tout peut sembler assez simple, mais en réalité tout devient beaucoup plus compliqué dès que l’on comprend qu’au sein d’une même obédience, voire d’une même loge, il existe plusieurs structures parallèles, parfois bien difficiles à distinguer.

En effet, à côté de structures rituelles et institutionnelles démocratiques qui permettent l’élection des responsables officiels et font l’objet de déclarations publiques (parce que les loges sont des associations déclarées selon la loi de 1901), il existe aussi  d’autres hiérarchies. On trouve ainsi des structures initiatiques avec des niveaux hermétiquement cloisonnés : le recrutement s’y fait par cooptation et la gestion en est absolument opaque aux profanes. Et il existe également des structures qui n’ont aucun statut officiel :  il y a en particulier les « fraternelles » qui regroupent des maçons d’obédiences différentes (lesquels peuvent en public se montrer ennemis voire s’invectiver de manière violente!), réunis par des affinités professionnelles, personnelles ou d’intérêt divers. C’est le terreau idéal du clientélisme, des compromissions et  des affaires de corruption. Ajoutons enfin qu’il existe des « clubs » ou des « cercles », des « O.N.G », des sociétés de bienfaisance ou des associations caritatives  qui, en dehors de l’organisation maçonnique à strictement parler, sont néanmoins aussi des lieux de regroupement d’intérêt ou d’exercice d’influence maçonnique.

* * *

II. Les origines de l’Eglise et celles de la franc-maçonnerie.

II a – Origine de l’Eglise.

« L’Eglise a son commencement et son achèvement dans le dessein éternel de Dieu. Elle a été préparée dans l’Ancienne Alliance par l’élection d’Israël, signe du rassemblement futur de toutes les nations. Fondée sur la parole et sur l’action de Jésus-Christ, elle s’est accomplie surtout par Sa mort rédemptrice et Sa résurrection. Elle s’est manifestée ensuite comme mystère de salut par l’effusion de l’Esprit Saint à la Pentecôte. Elle aura son achèvement à la fin des temps comme assemblée céleste de tous les rachetés » (abrégé du catéchisme de l’Eglise catholique, §149).

Le fidèle qui a véritablement foi aux paroles de Notre-Seigneur Jésus-Christ, croit donc que l’Eglise a été fondée par Dieu Lui-même, puisque Jésus est la deuxième Personne de la Sainte Trinité qui s’est incarnée : il est impossible dans le cadre d’un court exposé de rapporter toutes les citations de l’Evangile attestant cette fondation de l’Eglise par le Christ.

Le pouvoir des clefs (Le Pérugin - chapelle Sixtine)

Chapelle Sixtine – Le Pérugin : Le Christ remettant les clefs à Saint Pierre.

L’Eglise est une hiérarchie ; elle a une structure monarchique ; elle est – selon la promesse de Notre-Seigneur – assistée par le Saint-Esprit, troisième Personne de la Sainte-Trinité. La raison d’être de l’Eglise, c’est de perpétuer la mission de salut et de sanctification de Notre-Seigneur Lui-même par la diffusion de l’Evangile et la mise en oeuvre des sacrements : « L’Eglise, c’est Jésus-Christ continué » (Bossuet).

Chacune des affirmations énoncée ci-dessus est théologiquement fondée et je vous renvoie tout simplement au catéchisme et aux traités de théologie si vous voulez les approfondir, car ce n’est pas le lieu ici.

II b – Origine de la franc-maçonnerie.

Les origines de la maçonnerie sont purement humaines : les historiens peuvent montrer qu’elle résulte de la transformation de la « maçonnerie opérative » (celle des bâtisseurs de cathédrales). Les structures des corporations de bâtisseurs demeurèrent : toutefois elles n’ont plus été le cadre de la transmission d’un savoir-faire technique, mais sont devenues celui de cercles de réflexion.

L’acte de naissance de la « maçonnerie spéculative » se place à Londres en 1717 : les pères en sont deux pasteurs, Anderson  (presbytérien) et Désaguliers (anglican), influencés par le physicien Isaac Newton, hérétique notoire, qui – du reste – pratiquait la magie et l’alchimie!

Les constitutions fondatrices, dites constitutions d’Anderson (1723), ne mentionnent Dieu qu’une seule fois, dans une tête de chapitre. Quel est ce « dieu »? On peut légitimement se poser la question puisque, dans ces textes fondateurs, il n’est jamais question de la Sainte Trinité, pas plus que du péché, du Salut, de la Rédemption et de la mission du Saint-Esprit…! On peut de toute évidence en conclure que le « dieu » des maçons n’est pas exactement Celui de la Révélation chrétienne. On relèvera par exemple ces citations « surprenantes » : a) celle d’un “grand commandeur” américain, Albert Pike, qui déclara en juillet 1889 : “Lucifer, le Dieu de la Lumière et le Dieu du Bien, lutte pour l’humanité contre Adonaï, le Dieu de l’obscurité et du mal” (*cf. note en bas de page); b) cette autre, d’Oswald Wirth, grand initié et initiateur, qui a écrit dans le “Livre du compagnon”: “…le Serpent, inspirateur de désobéissance, d’insubordination et de révolte,  fut maudit par les anciens théocrates, alors qu’il était en honneur parmi les initiés”

Scène d'initiation maçonnique au XVIIIème siècle

Gravure du XVIIIème siècle représentant une scène d’initiation maçonnique.

En France, la maçonnerie apparaît dès 1725 : l’un des premiers personnages célèbres à y adhérer est Montesquieu.

Le recrutement de la maçonnerie en France au XVIIIème siècle, se fait essentiellement dans une noblesse et dans une bourgeoisie qui se détachent des idéaux chrétiens traditionnels. Il s’effectue aussi dans certains milieux ecclésiastiques : il est d’ailleurs intéressant de noter que ces ecclésiastiques français qui adhèrent à la maçonnerie sont pour l’essentiel des gallicans, c’est-à-dire partisans de théories qui limitent considérablement l’autorité du Pape sur l’Eglise de France. Au XVIIIème siècle, les gallicans s’associèrent souvent aux jansénistes. Les jansénistes, s’ils sont bien issus de ce courant religieux fervent, professant des thèses théologiques condamnées au sujet de la grâce divine et du salut, sont surtout devenus au XVIIIème siècle une espèce de coterie politique contestataire.

Quoi qu’il en soit, la franc-maçonnerie apparaît comme une résurgence de la gnose. La gnose est une hérésie – ou plus exactement un ensemble de doctrines hérétiques – combattue dès le IIème siècle par Saint Irénée. Cette hérésie se retrouve sous diverses formes dans tous les ordres initiatiques. De manière très générale (parce que là encore cela demanderait de longs développements), on donne le nom de gnose à des théories  philosophico-religieuses plus ou moins complexes qui font consister le perfectionnement de l’homme dans des connaissances, transmises à une élite par des « illuminations » et des « initiations » graduelles.

Lire la suite de l’étude > ici.

* * *

(*) Note:

“Lucifer, le Dieu de la Lumière et le Dieu du Bien, lutte pour l’humanité contre Adonaï, le Dieu de l’obscurité et du mal”. Ce haut gradé maçonnique semble donc professer la croyance en deux divinités opposées : un dieu du bien et un dieu du mal (on retrouve donc ici une forme du manichéisme déjà présent dans certaines religions de l’antiquité et renouvelé par la suite dans le catharisme). Le nom qu’il donne à son « dieu du bien » est celui de Lucifer -  mot qui signifie « porte-lumière »-; dans la Révélation judéo-chrétienne Lucifer est le nom d’un ange (une créature donc et non pas un dieu) qui, par orgueil, se révolte contre les desseins miséricordieux du Seigneur, veut se faire l’égal du Créateur, et en se coupant de la grâce devient le chef des démons. En revanche le nom qu’il donne à son « dieu de l’obscurité et du mal »Adonaï – est le mot hébreu qui signifie « le Seigneur » et par lequel on désigne dans les Saintes Ecritures le Dieu unique, créateur et sauveur. Force est donc de constater que nous avons dans cette citation une espèce de « profession de foi » qui, par une singulière inversion des valeurs, est en opposition absolue avec la Foi de l’Eglise.

C’est ce qui explique qu’en 1996 par exemple, au moment de la visite apostolique du Pape Jean-Paul II à Reims, à l’occasion du 15ème centenaire du baptême de Clovis, nous avons vu des manifestations d’opposition à cette visite conduites par des francs-maçons portant des « bannières » où était figuré Satan terrassant Saint Michel.

Publié dans:Commentaires d'actualité & humeurs, Lectures & relectures, Vexilla Regis |on 17 novembre, 2010 |Commentaires fermés

2010-46. Les principes de la franc-maçonnerie sont incompatibles avec la doctrine de l’Eglise : les catholiques qui font partie de la maçonnerie sont en état de péché grave et ne peuvent s’approcher de la Sainte Communion.

Porte de l'église d'Evron (Mayenne) fracturée en application des lois maçonniques en 1906

Porte de l’église d’Evron (Mayenne) fracturée en 1906 en application des lois maçonniques sur les inventaires.

L’incompatibilité entre la franc-maçonnerie et l’Eglise catholique est une évidence pour toute personne de bon sens.

Mais le bon sens n’est pas la chose au monde la mieux partagée… Il me paraît donc utile et même nécessaire de rappeler une déclaration du cardinal Ratzinger, publiée lorsqu’il était préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Cette déclaration n’est pas un avis personnel, c’est un texte officiel dont la publication a été approuvée et ordonnée par le Souverain Pontife : il s’agit donc d’un acte normatif qui a valeur de loi et qui oblige tous les fidèles de l’Eglise catholique.

Cette publication de la fin novembre 1983 est intervenue comme une espèce de précision nécessaire à la suite de l’entrée en vigueur, au début de cette même année 1983, d’un nouveau Code de Droit Canonique (c’est-à-dire la loi propre de l’Eglise catholique), remplaçant le Code qui avait été promulgué en 1917.

En effet, le texte du Code de 1983 ne reprend pas le canon 2335 du Code de 1917 qui précisait que les catholiques affiliés à la Franc-Maçonnerie ou à d’autres associations du même genre intriguant contre l’Eglise ou les pouvoirs civils légitimes, encouraient ipso facto l’excommunication réservée au siège apostolique. Mais ce Code de 1983 stipule simplement dans le canon 1374 : « Qui s’inscrit à une association qui conspire contre l’Église sera puni d’une juste peine ; mais celui qui y joue un rôle actif ou qui la dirige sera puni d’interdit ». Certains donc, en ne voyant plus la mention explicite de la maçonnerie dans le Code de 1983 avaient conclu que la condamnation était abrogée.

Avec l’autorité du Souverain Pontife et par son ordre, le cardinal Ratzinger dut donc rappeler que « le jugement négatif de l’Eglise sur la franc-maçonnerie demeure inchangé » : sans faire de rappel historique développé, cela signifie toutefois que toutes les condamnations de la franc-maçonnerie fulminées par les Papes depuis 1738 sont toujours en vigueur et qu’aucune des mises en garde contre la maçonnerie et interdictions de s’y affilier n’est abrogée (voir la note en bas de page).

Malgré cela, nous savons de manière certaine qu’aujourd’hui des catholiques – et même des ecclésiastiques – se croient autorisés à passer outre et sont membres de loges ou de « groupes de réflexion et d’études » liés à des loges : je ne peux ni ne veux pas tout détailler ici, mais j’ai des témoignages certains et directs de personnes exerçant des responsabilités dans l’Eglise qui ne m’ont pas fait secret de leur appartenance à la maçonnerie et, lorsque je leur ai dit que c’était en contradiction avec la discipline ecclésiastique, qui m’ont répondu qu’elles avaient fait connaître leur affiliation à leur évêque (dans un cas précis il s’agit même d’un cardinal archevêque!) qui n’y avait fait aucune objection. Ces « catholiques francs-maçons » (!!!) prétendent que toutes les obédiences maçonniques ne sont pas hostiles à l’Eglise et que donc les condamnations romaines ne valent pas pour elles. Sophisme! Avant même les agissements, ce sont les principes mêmes de la maçonnerie qui sont incompatibles avec le catholicisme.

L’Eglise interdit à ses fidèles l’appartenance à toutes et à chacune des obédiences de la maçonnerie parce qu’au-delà de toutes les différences de rite ou de filiation, au-delà des distinctions de spiritualité, de conception de l’ordre du monde ou de la société, il y a des principes généraux communs absolument inconciliables avec la doctrine catholique ; ce pourquoi l’excommunication frappe toujours les catholiques affiliés à la franc-maçonnerie : ils « sont en état de péché grave et ne peuvent s’approcher de la Sainte Communion ».

Malheureusement, il y a toujours – même parmi le clergé, même parmi les évêques – des naïfs (?), des « idiots utiles », des ignorants volontaires ou des orgueilleux qui – s’arrêtant aux aspects de la « recherche intellectuelle », de la « quête spirituelle symbolique » ou des beaux principes « humanistes et humanitaires » – ne voudront pas tenir compte des mises en garde du Magistère Romain et placeront leurs propres jugements au-dessus de celui du Vicaire de Jésus-Christ.

Lully.

60pxemblemofthepapacysesvg.png

Déclaration du cardinal Ratzinger au sujet de la franc-maçonnerie publiée le 26 novembre 1983.

« Certains se sont demandés si la pensée de l’Eglise sur la franc-maçonnerie avait changée parce qu’il n’en est pas fait mention expresse dans le nouveau Code de Droit Canon comme c’était le cas dans l’ancien Code. 

La Sacrée Congrégation est en mesure de répondre que cet état de fait est dû à un critère utilisé pour la rédaction et qui a été observé également pour d’autres associations, passées de la même façon sous silence, dans la mesure où elles étaient comprises dans des catégories plus larges. 

Le jugement négatif de l’Eglise sur la franc-maçonnerie demeure donc inchangé parce que ses principes ont toujours été considérés comme incompatibles avec la doctrine de l’Eglise ; c’est pourquoi il reste interdit par l’Eglise de s’y inscrire. Les catholiques qui font partie de la franc-maçonnerie sont en état de péché grave et ne peuvent s’approcher de la Sainte Communion. 

Les autorités ecclésiastiques locales n’ont pas la faculté d’émettre sur la nature des associations de la franc-maçonnerie un jugement qui entraînerait une dérogation à ce qui est mentionné ci-dessus, conformément à l’esprit de la Déclaration du 17 février 1981 de cette même Sacrée Congrégation. 

Le Souverain Pontife Jean-Paul II, au cours de l’audience accordée au sous-signé le Cardinal Préfet, a approuvé la présente déclaration adoptée au cours de la réunion ordinaire de cette Sacrée Congrégation et en a ordonné la publication.

Donné à Rome, au Siège de la Sacrée Congrégation pour la Doctrine de la Foi, le 26 novembre 1983.« 

Joseph Cardinal Ratzinger, Préfet 
Fr. Jérôme Hamer, o.p., Archevêque titulaire de Lorium, Secrétaire.

60pxemblemofthepapacysesvg.png

Note : La première condamnation solennelle de la franc-maçonnerie par un pape fut le fait de Clément XII par la constitution « In Eminenti » du 24 avril 1738. Elle fut réitérée par Benoît XIV le 18 mai 1751 dans la constitution « Providas » et régulièrement rappelée par les Pontifes tout au long des XVIIIème et XIXème siècles jusqu’à la publication du Code de Droit Canonique de 1917 qui a eut force de loi jusqu’en 1983. On trouvera les références détaillées et l’accès à tous ces textes depuis le XVIIIème siècle jusqu’à nos jours ici > www.

2010-33. Du troisième anniversaire du motu proprio « Summorum Pontificum cura » et de quelques questions qui lui sont relatives.

Mardi 24 août 2010, fête de l’apôtre Saint Barthélémy.

Le 14 septembre prochain sera le troisième anniversaire de l’entrée en vigueur du motu proprio « Summorum Pontificum cura« .

Vous le savez, par ce texte majeur (dont on trouvera ici la traduction française la plus correcte > www), notre Saint Père le Pape Benoît XVI, heureusement régnant, a été amené à préciser un certain nombre de points concernant la célébration de la Messe selon le rite romain, tout particulièrement – mais pas uniquement pour qui veut bien lire avec intelligence – en ce qui concerne la « forme extraordinaire » de ce rite romain, c’est à dire le rite romain antique (appelé de manière courante et abusivement simplificatrice « Messe de saint Pie V »).

Ce troisième anniversaire revêt une véritable importance parce que le Souverain Pontife écrivait aux évêques, dans la lettre qu’il leur adressait en même temps que le motu proprio : « Je vous invite en outre, chers Confrères, à bien vouloir écrire au Saint-Siège un compte-rendu de vos expériences, trois ans après l’entrée en vigueur de ce Motu Proprio ».

Nous ne pouvons que nous réjouir pour tous les fruits de grâce et de paix qui résultent de ce motu proprio partout où il est réellement appliqué.

Mais force est de constater qu’il n’est pas appliqué partout – loin s’en faut! – et que des évêques et des prêtres s’autorisent de refuser à des fidèles et à d’autres prêtres le droit que le Souverain Pontife leur a reconnu.

Je ne suis certes qu’un tout petit chat et je ne prétends pas tout savoir, néanmoins je connais de manière certaine des diocèses dont les évêques – à moins de mentir au Pape – n’auront aucun compte-rendu à lui écrire parce qu’ils n’ont rien fait de concret pour répondre aux demandes des fidèles qui souhaitaient et ne cessent pas de souhaiter l’application des dispositions prévues par « Summorum Pontificum cura« .

De félin à félin, j’ai bien envie d’écrire à mon confrère le très auguste chat du Pape pour l’informer de choses que certains prélats ne voudraient peut-être pas dire au Souverain Pontife ou qu’ils présenteraient de manière non conforme à la vérité…

Nos Seigneurs les Evêques de France et leurs collaborateurs – à quelques exceptions près – se sont souvent ingéniés à faire croire qu’ils ne savent pas lire ou qu’ils ne comprennent pas le sens, pourtant simple et clair, des mots employés par Sa Sainteté le Pape Benoît XVI. Certains ont carrément enterré le document dans le silence ; d’autres l’ont interprété de la manière la plus restrictive qui soit et – dans leurs excès de libéralité!- ne veulent finalement appliquer que le motu proprio « Quatuor abhinc annos » du 3 octobre 1984. Ils montrent par là  (s’il est encore besoin de le faire) que le modernisme dont ils sont pénétrés a toujours au moins un quart de siècle de retard : alors qu’ils se prétendent « hommes de progrès tournés vers l’avenir », ils ne sont en réalité – je me plais à le redire avec insistance – que les intégristes des idéologies qui se sont introduites dans l’Eglise à la faveur du second concile du Vatican ; idéologies qu’ils ont voulu faire passer pour « l’esprit du concile » mais qui, comme toutes les idéologies, ne sont que des systèmes d’erreurs désertifiantes et mortifères.

Dans un grand nombre de paroisses, les curés se sont bien gardés d’informer les fidèles de l’existence et du contenu du motu proprio et, partant, de leur expliquer leurs droits. Les personnes de bonne volonté ont parfois dû déployer des trésors de patience et de persévérance pour avoir des réponses à leurs questions après les annonces des médias  (à commencer par le journal « la Croix ») qui, selon leur habitude, ont titré avec des slogans sans faire un vrai travail d’information.

Voilà pourquoi, avec la permission de mon papa, je vous reproduis ci-dessous la question que lui a posée, il y a quelques temps, une catholique « ordinaire » et la réponse que Frère Maximilien-Marie lui a faite. Je vous laisse donc à cette lecture…

Lully.

La Sainte Messe catholique dans sa liturgie classique

Question de Michèle:

« Cher Frère, je me pose cette question : Pourquoi le pape Benoit XVI veut-il remettre la messe en latin? Nous ne comprendrons plus rien même si ces messes sont très belles, et il y a le risque que beaucoup de fidèles déserteront les églises. J’ai l’impression que Benoît XVI est en train de démolir tout ce que le pape Jean-Paul II a construit. Qu’en pensez vous? »

Et voici la réponse de Frère Maximilien-Marie:

« Chère Michèle, votre question est tout à fait symptomatique d’une confusion qui a été semée dans les esprits des catholiques depuis près de 40 ans, confusion qui est entretenue aussi bien par les médias que par une grande partie du clergé en Occident…

1) Vous m’écrivez : « Pourquoi le pape Benoît XVI veut-il remettre la messe en latin?« 

Cette question contient déjà plusieurs erreurs…
D’abord parce qu’il faut être convaincu que notre Saint-Père le Pape n’agit pas selon des goûts ou des idées personnels, et que la question de la restauration de la liturgie latine n’est pas le « caprice » de quelqu’un qui aurait des idées rétrogrades…!!! Ensuite, il faut savoir que la langue latine n’a JAMAIS été abolie dans la liturgie de l’Eglise latine.
Le second concile du Vatican, dans sa « Constitution sur la divine liturgie » ( De sacra Liturgia N°36 § 1, N°54, N°101, N°114, N°116…) affirme de manière solennelle et sans ambiguïté que la langue latine est la langue officielle de la liturgie romaine, de même que le chant grégorien en est le chant propre.

Le second concile du Vatican a permis que certaines parties de la messe puissent être lues dans les langues vulgaires, pour faciliter la compréhension (c’est le cas pour les lectures par exemple) mais il demande expressément que les fidèles sachent prier et chanter ensemble en latin les parties de l’ordinaire (au minimum: le Gloria in excelsis Deo, le Credo, le Sanctus, l’Agnus Dei, le Pater, et les antiennes à la Sainte Vierge…).

En demandant que le latin soit remis à sa juste place dans la liturgie, le Souverain Pontife ne fait que rappeler ce que doit être la bonne application du second concile du Vatican. Il ne veut pas « remettre », il veut simplement faire appliquer la loi existante qui est largement  bafouée et trahie par les prêtres, les évêques et les équipes liturgiques, tout spécialement en France.

2) Vous écrivez ensuite : « Nous ne comprendrons plus rien même si ces messes sont très belles et il y a le risque que beaucoup de fidèles déserteront les églises.« 

Réponse:
Pendant des siècles, la liturgie a été célébrée en latin dans tout l’occident ; or d’une manière générale les gens avaient (nous dit-on) un moindre degré d’instruction qu’à notre époque, et pourtant cela ne les faisait pas « déserter les églises ». Elles étaient au contraire plus remplies qu’à l’heure actuelle!

Aujourd’hui, en France, la moyenne d’âge est plus basse dans les églises où la liturgie est célébrée de manière traditionnelle, en faisant une grande place au latin, que dans les paroisses ordinaires où tout est en langue vernaculaire. De la même manière, les congrégations religieuses et les séminaires qui ont le plus de recrutement sont ceux où il y a le plus de tradition latine…

Cet argument de la « non compréhension » est faux.  Premièrement parce qu’il existe des missels qui présentent le texte latin avec sa traduction française en regard : il n’est point besoin d’avoir un doctorat en théologie pour se débrouiller avec. Après une rapide formation et un peu de pratique un enfant même est capable de suivre la messe avec son missel. Deuxièmement, je sais par expérience que même les gens qui ont le moins de capacités intellectuelles sont capables d’apprendre des prières en latin, des chants en latin, en connaissant le sens de ce qu’ils chantent ou qu’ils récitent : ils n’en feront pas nécessairement une traduction mot à mot, mais ils ont la compréhension du sens général et de l’esprit de la prière. Troisièmement, je vous ferai aussi remarquer, dans un tout autre registre, que des tas de gens reprennent des chansons de variétés en langue anglaise, sans forcément avoir fait des études d’anglais – il leur suffit d’en connaître plus ou moins vaguement le sens – et ce n’est cependant pas un argument pour supprimer la diffusion des chansons en anglais sur les radios françaises!!!!!!!

En outre, ce n’est pas parce que un chant est en français qu’il est forcément compréhensible… même par ceux dont c’est la langue maternelle. La production liturgique en langue française a multiplié des chansonnettes stupides et vides de sens, voire porteuses d’erreurs spirituelles et doctrinales, et encore une fois mon expérience me montre que quantité de fidèles, dans les églises, chantent ces « trucs » dont ils ne comprennent pas les paroles françaises qu’on leur fait brailler!

J’ajouterai enfin quelque chose qui peut paraître dur, mais qui est cependant JUSTE : si les catholiques, et mêmes les prêtres et les évêques, ne veulent pas obéir aux textes du concile tels qu’ils sont et ne veulent pas obéir au Pape, eh bien qu’ils fichent le camp plutôt que d’entretenir la confusion et les erreurs dans les églises : au moins les choses seront claires! S’ils ont envie de fabriquer leurs « célébrations » selon des idées et des fantaisies personnelles, en ne tenant pas compte de la loi de l’Eglise et des textes officiels concernant la liturgie catholique, ils ne sont en fait plus catholiques dans leurs têtes et dans leurs coeurs et il vaut mieux qu’ils partent plutôt que de semer le désordre et d’entretenir la confusion…

3) Vous dites : « J’ai l’impression que Benoît XVI est en train de démolir tout ce que le pape Jean-Paul II a construit.« 

Réponse:
Sur le plan de la liturgie, Paul VI, Jean-Paul II et Benoît XVI ont tous les trois demandé  à plusieurs reprises que tous les fidèles sachent les prières principales en langue latine. Peu de temps après la fin du concile, en 1974, constatant avec effroi que le chant latin et grégorien avait pratiquement disparu des paroisses malgré les textes officiels, Paul VI a fait publier et a envoyé à tous les évêques du monde un petit recueil intitulé « Jubilate Deo » qui contenait les chants latins et grégoriens qui devaient être maintenus dans TOUTES les paroisses et communautés… Ce livret n’a pas été reçu dans les paroisses françaises…!!!

4) Vous semblez ne pas faire la distinction entre la Messe dite « de Saint Pie V », qui a été en fait la forme de la célébration depuis Saint Grégoire le Grand jusqu’en 1969 (et qui était donc la messe en vigueur au moment du second concile du Vatican), et la « messe en latin ». « Messe en latin » et « Messe de Saint Pie V » ne sont pas des synonymes.

La Messe latine antique, dite de Saint Pie V, est certes célébrée en latin (mais on peut y proclamer les lectures en langue vulgaire). La Messe réformée, dite de Paul VI, introduite en décembre 1969, est depuis lors (en principe) celle qui est célébrée dans les paroisses ordinaires. Mais le missel de Paul VI a été aussi promulgué en latin et – selon les principes rappelés par le second concile du Vatican – il devrait largement être utilisé en latin dans les paroisses. Les pèlerins qui se rendent à Lourdes peuvent y assister à la messe internationale qui est une célébration de la messe de Paul VI entièrement en latin : c’est la « messe en latin », mais ce n’est pas la messe dite « de Saint Pie V ».

Benoît XVI a clairement expliqué qu’il y a deux formes pour célébrer l’unique rite romain : l’une appelée « forme ordinaire » correspond au missel réformé publié par Paul VI en 1969 et complété par Jean-Paul II ; l’autre appelée « forme extraordinaire » (qui correspond à la Messe dite « de Saint Pie V » célébrée partout dans l’Eglise latine jusqu’en 1969). Pour l’une comme pour l’autre forme le latin reste la langue officielle et normale.

Les fidèles qui sont attachés à la forme antérieure du missel (celui qui a été en usage jusqu’en 1969), ont vu reconnaître la légitimité de leurs aspirations à cette manière de célébrer, par le motu proprio « Summorum Pontificum cura » du 7 juillet 2007.
Toutefois Benoît XVI n’a pas voulu imposer la Messe de Saint Pie V partout contrairement à ce que certains médias et prêtres ont stupidement répété : il a demandé qu’on respecte et qu’on fasse droit aux fidèles qui demandent cette forme de célébration qui, il l’a bien précisé, n’a JAMAIS été interdite (là encore contrairement à ce qui avait été dit et pratiqué depuis une quarantaine d’années)… Il a également demandé que les prêtres et les fidèles qui célèbrent selon la « forme ordinaire » le fassent avec un grand respect des règles liturgiques, et il montre lui-même l’exemple.

* * *

Ma réponse est longue, j’en ai conscience, mais j’espère qu’elle vous aura  donné satisfaction en vous permettant d’y voir plus clair.

Je ne vous cache pas que je suis surpris chaque fois qu’on me pose ce genre de question, parce qu’il me semble que tout est parfaitement limpide dans les textes officiels : mais on se demande si les journalistes et les prêtres eux-mêmes savent lire puisqu’ils racontent ensuite des tas de calembredaines et que c’est ainsi que la confusion est semée, entretenue et savamment orchestrée.

Armoiries de Benoît XVI

2010-29. De la fête de Saint Jean-Baptiste et comment elle fournit l’occasion au Maître Chat Lully de présenter une herméneutique de la continuité en rapport avec le caractère cosmologique et symbolique de la liturgie chrétienne.

Jeudi 24 juin 2010 : Nativité de Saint Jean-Baptiste.

Col de la Croix de Boutières - 20 juin 2010

La photographie que je publie ci-dessus a été prise au col de la Croix de Boutières (1505 m. d’altitude), vers 9 h du matin, ce dernier dimanche, par Frère Maximilien-Marie qui effectuait (comme pratiquement tous les dimanches) l’aller-retour au Puy-en-Velay pour la Sainte Messe dominicale. Les taches blanches que vous apercevez sur le socle de la Croix et dans l’herbe sont… de la neige. Nous étions pourtant bien le 20 juin 2010 et non le 20 novembre!

Je vous l’avais écrit à l’occasion de la fête de Sainte Pétronille (cf. > www), et le temps qu’il a fait les jours de Saint Médard, de Saint Barnabé et de Saint Gervais ont semblé le confirmer : il est fort probable que nous n’aurons pas un bel été !
Nous savourons donc avec un bonheur sans partage le beau temps dont nous bénéficions en ce jour.
C’est la « Noël d’été », et c’est un vrai plaisir d’avoir aujourd’hui un soleil radieux et un peu de chaleur pour cette fête de la Nativité de Saint Jean-Baptiste.

Avec Frère Maximilien-Marie, nous avons relu les pages de Dom Guéranger relatives à cette très importante fête.
Pour moi, c’est un véritable émerveillement lorsque je lis que la période de six mois qui séparent la conception de Jean-Baptiste de celle de Jésus, explicitement mentionnée par l’archange Gabriel au moment de l’Annonciation à Notre-Dame, et les paroles mêmes du Précurseur :
« Il faut qu’il croisse et que moi je diminue », sont illustrées par la célébration liturgique, à six mois d’intervalle, au solstice d’été – à partir duquel les jours commencent à diminuer – et au solstice d’hiver – à partir duquel les jours recommencent leur croissance – des naissances de Jean et de Notre-Seigneur.

La correspondance des fêtes chrétiennes avec des moments importants du cycle solaire (Noël, la Chandeleur, l’Annonciation, la naissance du Baptiste, l’Assomption, la nativité de Notre-Dame, l’exaltation de la Sainte Croix, la Toussaint et la mémoire des trépassés… etc.), l’harmonie des cycles de la liturgie avec ceux de la lune (comme c’est le cas pour tout ce qui est en rapport avec le cycle de Pâques, et pour les Quatre-Temps) m’apparaît avec une lumineuse évidence comme l’oeuvre de la Sagesse divine qui a « disposé toutes choses avec mesure, nombre et poids » (Sap. XI, 21) et qui dès l’origine a tout ordonné au mystère du salut opéré par le Christ et diffusé dans l’univers par l’Eglise.

Cette merveilleuse harmonie de la liturgie avec les cycles du soleil et de la lune est aussi – par voie de conséquence – une correspondance aux cycles de la physiologie humaine et des rythmes de tous les êtres vivant sur la terre.

Aussi loin d’être une « récupération intéressée d’éléments étrangers à la Révélation chrétienne », que l’Eglise aurait opérée pour mieux étendre son audience, il faut voir dans l’assimilation de certains des éléments jadis pratiqués par les anciens paganismes la reconnaissance de l’admirable plan de Dieu qui avait, même au milieu des erreurs des rites païens, préservé des parcelles de la révélation primitive et entretenu des éléments de vérité par lesquels il préparait de manière lointaine la réception du message évangélique.

L’explication selon laquelle l’Eglise, ne parvenant pas à extirper les coutumes païennes, les aurait christianisées en les reprenant à son compte et en leur donnant un sens nouveau me paraît singulièrement simpliste. Quand, en outre, ce genre de commentaires sort de la bouche de personnes qui se disent croyantes, on est pour le moins époustouflé puisqu’il ne s’agit là en réalité que d’une forme très réductrice de rationalisme.

L’intelligence de la foi ne nous montre-t-elle pas au contraire qu’il est beaucoup plus conforme à la Sagesse divine et aux admirables dispositions de la Providence de voir dans ces rites et même dans certaines  pratiques symboliques de l’ancien paganisme, une sorte de pierre d’attente sur laquelle les missionnaires de l’Evangile pourraient ensuite s’appuyer pour bâtir ?

Comme je suis un chat, et qu’en outre je suis un chat monastique, je suis tout particulièrement sensible  à cet accord entre les cycles de la nature et de la liturgie chrétienne.
Dans plusieurs de ses ouvrages consacrés à la liturgie, celui qui est devenu depuis notre Saint-Père le Pape Benoît XVI avait insisté sur le caractère cosmologique des rites du christianisme : par exemple en rappelant le sens de l’orientation de l’autel et des églises, ou encore en faisant ressortir l’importance des gestes rituels et des ornements traditionnels, qui sont dans une harmonieuse continuité avec les symboles et les rites de l’Ancien Testament et avec les espérances des Gentils.

Comme ces caractères cosmologiques et symboliques correspondent à quelque chose qui est profondément ancré dans la nature de l’homme, et même si ce n’est pas la seule raison, il ne faut pas s’étonner, quand on les a plus ou moins faits disparaître de l’exercice du culte catholique (comme cela a été le cas en beaucoup d’endroits depuis bientôt cinquante ans) qu’un grand nombre de personnes ait déserté les églises et que ces affamés soient allés chercher ailleurs une réponse à leur attente.
Le malheur est que souvent, ils ne trouvent qu’une réponse superficielle et des nourritures frelatées auprès de mouvements qui récupèrent le symbolisme et le sens du sacré à d’autres fins que celles de la Rédemption…

Je suis toujours stupéfait par l’incohérence et l’aveuglement de ces prétendus théologiens, de ces ecclésiastiques et de ces spécialistes auto-proclamés, qui pérorent en parlant de « signifiant » et de « mystagogie », qui prônent une « redécouverte » du symbolisme des origines, qui prétendent à un « nouveau dynamisme ecclésial » par l’approfondissement des sources du culte chrétien, et qui, eux-mêmes, célèbrent la Messe – revêtus de « choses » (difficile d’appeler cela des ornements !) tellement informes et misérables qu’elles leur donnent des allures de sacs de patates – , sur des espèces de cubes en matériaux vulgaires, avec des poteries dont nulle personne bien élevée n’oserait se servir pour recevoir à sa table un personnage important : adieu, les vases sacrés ! adieu, les ornements précieux ! adieu, la plus élémentaire obéissance aux prescriptions du missel, lequel n’est d’ailleurs plus un beau et grand livre mais se trouve remplacé par une douteuse publication de poche en mauvais papier journal…

Pour celui qui se donne la peine d’étudier objectivement et rigoureusement les choses, il est évident que ceux qui – depuis la fin des années soixante – ont envoyé promener quantité d’éléments liturgiques qualifiés de « détails surannés », ont perdu le sens  véritable de la liturgie et n’ont pas, comme ils le prétendaient, opéré un « retour à la pureté originelle du culte chrétien ».
Tout au contraire ! ils ont purement et simplement perdu, ou du moins considérablement amoindri, un symbolisme sacré qui est bien plus qu’un simple héritage humain.

Voilà les réflexions que j’ai nourries cet après-midi, alors que j’étais allongé dans l’ombre délicate d’un arbuste, et que je n’ai pas résisté à la tentation de vous retranscrire.
Pour achever ma chronique de ce jour sur une note plus légère, je joins à ces lignes  – en guise d’au revoir – trois clichés pris hier soir à l’occasion du Feu de la Saint-Jean : il vous suffit de cliquer sur chaque vignette pour voir la photographie en grand.

Patte de chat Lully.

1erlysfleuriausoirdelastjeancopie.jpg       dsc06617copie.jpg       dsc06623copie.jpg

2010-21. Peut-on interpréter cet « assourdissant silence » comme autre chose que l’aveu d’une lâcheté ou d’une trahison?

Vendredi 21 mai 2010.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Je vous préviens tout de suite : je vais écrire des choses qui ne plairont pas à certains, qui les feront grincer des dents, qui me vaudront d’être encore plus détesté d’eux  et me susciteront peut-être de nouvelles inimitiés… Comme cependant je ne suis qu’un simple petit chat, je ne vais pas hésiter à me servir de la souveraine liberté des félins pour vous livrer quelques réflexions sur une nouvelle qui est passée inaperçue pour bien des catholiques.

Tous les soirs, avec Frère Maximilien-Marie, nous prenons connaissance de l’actualité  du monde et de l’Eglise. Grâce à Internet, nous avons accès à un grand nombre de sites d’information : ceux que l’on peut qualifier de « généraux », et ceux qui sont plus « spécialisés » comme les sites des diocèses, de la conférence épiscopale et – bien entendu  et surtout – du Saint-Siège. Nous allons aussi chercher des informations dans ce qu’il est convenu d’appeler la « blogosphère catholique ». Je veux aujourd’hui  faire une mention  spéciale de l’excellent blog intitulé Perepiscopus dans lequel j’ai lu quelque chose qui m’a fait bondir, rugir et sortir mes griffes.

De quoi s’agit-il?

Au député socialiste Christian Bataille, qui soulignait que les élèves de l’enseignement public convoqués dans des écoles catholiques sous contrat pour y passer les épreuves du baccalauréat se trouvent contraints de composer dans des salles qui comportent des signes religieux, Monsieur Luc Chatel, ministre de l’éducation nationale, a adressé la réponse suivante : «L’organisation de l’examen du baccalauréat est l’un des aspects du service public de l’éducation. À ce titre, il est évidemment soumis, Monsieur Bataille, au principe de neutralité, et il est demandé au recteur de veiller au respect effectif de cette neutralité. Ainsi, les épreuves écrites comme les épreuves orales doivent se dérouler dans des salles où aucun signe religieux extérieur ostentatoire ne doit être mis en avant.»

Maximilien Bernard, qui a rédigé cette information dans le blog sus-nommé, ajoute ce commentaire : « Ce laïcisme outrancier repose sur une erreur : le Service interacadémique des examens et concours (SIEC) a écrit explicitement, noir sur blanc, dans ses documents d’organisation du bac, que la loi sur les symboles religieux à l’école ne s’applique pas aux centres d’examen. Les établissements catholiques sont donc parfaitement dans leur droit en laissant les crucifix aux murs. (…) Mais le plus grave n’est sans doute pas là : elle est dans l’absence de réaction de l’épiscopat. Deux semaines après la réponse du ministre, il n’y a toujours strictement aucune réaction de la part de la direction de l’enseignement catholique. »

Vous avez bien lu comme moi : alors que la loi sur les insignes religieux « ostentatoires » ne s’applique pas aux locaux d’examens, alors que le ministre commet un véritable abus de pouvoir, alors que les recteurs d’académie vont être autorisés au mépris du texte de la loi à faire retirer les crucifix des salles d’examen installées dans les bâtiments de l’enseignement catholique, depuis deux semaines aucune instance officielle de l’Eglise de France n’avait élevé la moindre protestation!

« N’avait » : parce qu’en effet l’interpellation de Maximilien Bernard a, semble-t-il, eu un effet bénéfique et a entrainé ce soir un communiqué de l’Adjoint au Directeur Diocésain de l’Enseignement Catholique de Paris, qu’on pourra donc trouver > ici.

Je ne vous cache pas que cette publication, même si elle me réjouit un peu,  me paraît particulièrement embarrassée et sans vigueur. Pour ce qui me concerne, je ne vais pas m’entraver les pattes avec de la diplomatie : si les académies réquisitionnent les locaux des établissements diocésains, qu’elles  en respectent les caractères qui sont tout simplement liés à leurs légitimes propriétaires, ou bien qu’elles aillent se faire voir ailleurs!  Cela me semble une évidence qui découle du respect de la propriété privée, laquelle existe encore sur cette terre de France, au moins en théorie.

Aux examinateurs animés d’un tel zèle laïcard, je voudrais dire tout bonnement ceci : « Lors même que vous faites enlever les crucifix des salles d’examen installées dans les locaux de l’enseignement catholique, vous devriez toutefois  craindre d’y mettre les pieds puisque ces locaux eux-mêmes, avec ou sans crucifix, demeurent la propriété de structures qui sont (au moins dans leur nom) catholiques. Mesdames et Messieurs les examinateurs qui vous insurgez contre la présence de croix dans les salles des établissements catholiques, vous devriez aussi faire bien attention aux sols catholiques sur lesquels vous allez mettre les pieds, aux chaises catholiques sur lesquelles vous allez poser vos derrières, aux distributeurs de café catholiques  auxquels vous irez chercher une boisson… etc. Ces bâtiments catholiques, ce mobilier catholique, payé avec l’argent des catholiques ne risquent-ils pas d’avoir sur vos  pieds, sur vos postérieurs et sur vos estomacs le même effet que l’eau bénite sur un possédé? Vous ne vous insurgez point contre l’injustice institutionnalisée qui fait que les parents choisissant l’enseignement catholique pour leurs enfants en payent deux fois la scolarité! Vous ne protestez pas contre le fait que l’argent des catholiques contribue à vos salaires de fonctionnaires laïcs!… Si vous ne voulez pas des quelques symboles catholiques qui subsistent encore dans les locaux de l’enseignement diocésain, ne vous gênez surtout pas pour aller installer vos salles d’examen dans les écoles coraniques ou talmudiques, dans les ateliers où planchent les sectateurs du Grand Orient ou encore dans les salles municipales. Mais alors n’omettez pas non plus de réclamer qu’on en fasse disparaître tous les signes d’appartenance à l’islam, au judaïsme, à la maçonnerie et  même le buste de la « Marianne » puisque elle est, elle aussi, le signe ostentatoire d’une espèce de religion laïque totalitaire qui exige la soumission des consciences à son idéologie et la soumission du comportement à sa pseudo morale et à ses rites! »

Mais – hélas! – déjà beaucoup d’écoles dites catholiques n’ont plus de crucifix, ni même une vague croix stylisée, dans leurs salles de classe. Je pourrais citer des cas très précis et circonstanciés de directeurs d’écoles, nommés par les Directions Diocésaines de l’Enseignement Catholique qui, de manière plus ou moins larvée, plus ou moins violente, plus ou moins rapide,  plus ou moins déclarée,  ont ruiné l’enseignement du catéchisme, ont retiré ou fait retirer crucifix, statues de la Vierge ou autres tableaux religieux dans les établissements qui leur étaient confiés par l’autorité ecclésiastique ou par les congrégations religieuses. Je pourrais parler de ces Directeurs Diocésains de l’Enseignement Religieux – des prêtres parfois! – qui ont fait la guerre aux professeurs qui maintenaient la prière au début de leurs cours… Oui, je pourrais citer des noms parce que depuis 30 ans qu’il évolue dans le milieu ecclésiastique, mon papa a pu prendre beaucoup de notes et relever beaucoup de témoignages qu’il garde très précieusement.

J’irai plus loin encore.

Peut-on attendre de certains évêques qu’ils montent au créneau pour défendre le maintien des crucifix dans les écoles, alors que, dans la rue – et même lorsqu’ils sont à Rome (je ne l’invente pas, plusieurs personnes que je connais en ont été très récemment les témoins) – , ils planquent leur croix pectorale dans la poche de poitrine de leur chemise, laquelle est souvent d’un gris ou d’un bleu tellement clair qu’on a toutes les peines du monde à y distinguer le petit carré blanc de leur col de clergyman?

Peut-on espérer que le quotidien quasi officiel de l’Eglise de France, malgré son nom, prenne la défense de la croix qu’il a enlevée depuis déjà longtemps de sa première page?

L’épiscopat français n’a pas été fichu (où donc était la sacro-sainte collégialité ce jour-là?) de faire bloc derrière l’Archevêque d’Avignon quand celui ci a rappelé les exigences et la spécificité d’un authentique enseignement catholique.

Ces évêques, leurs collaborateurs ou leurs commissions sont souvent très prompts à publier des protestations contre l’expulsion de personnes qui sont en dehors de la légalité républicaine (cette république pour les « valeurs » de laquelle ils n’hésitent pas à ressortir les encensoirs dont ils sont par ailleurs si avares pour Dieu dans leurs liturgies!), mais ils n’ouvrent pas la bouche, ou alors très mollement, quand c’est Notre-Seigneur Jésus-Christ lui-même qui est expulsé et qui se trouve victime de l’exclusion dans les bâtiments mêmes qui appartiennent aux diocèses ou aux congrégations… Point de « cercles de silence » en faveur du Saint Crucifix!

En écrivant ces lignes, je veux aussitôt ajouter que j’espère me tromper, et que je voudrais de tout mon coeur être dans l’erreur. Ne pouvant être au courant d’absolument tout, je souhaiterais que quelque évêque, quelque commission épiscopale ou diocésaine, quelque directeur d’établissement ou quelque syndicat d’enseignants chrétiens ait déjà élevé une vraie et véhémente protestation pour demander que la loi soit strictement respectée et que donc soient repoussées les prétentions sectaires de ceux qui veulent bannir Jésus des écoles qui appartiennent à Son Eglise.

Enlèvement des Crucifix des écoles par la force armée

1880: la troupe envoyée pour retirer les crucifix des écoles…

Somme toute, que des francs-maçons qui continuent à se réclamer de ces « grands ancêtres » qui ont envoyé à la guillotine, à la noyade ou à la fusillade, des milliers de prêtres, de religieux et de fidèles entre 1789 et 1799 veuillent la suppression de tous les symboles du catholicisme en France, cela reste dans une continuité logique absolue ; que des gauchistes qui se rattachent à l’idéologie socialo-marxiste qui a fait plus de 70 millions de victimes dans le monde – et spécialement d’innombrables martyrs depuis 1917 dans les populations chrétiennes d’Europe de l’Est, d’Asie, d’Amérique latine ou d’Afrique – veuillent faire disparaître le Saint Crucifix de tout les lieux publics en France, c’est parfaitement cohérent et il n’y a pas à s’en étonner…

Mais cet assourdissant silence des autorités religieuses est-il normal, logique, cohérent? Peut-on l’interpréter autrement que comme un aveu de lâcheté ou de trahison? « Celui qui  aura rougi de moi et de mes paroles, au milieu de cette génération adultère et pécheresse, le Fils de l’homme aussi rougira de lui lorsqu’il viendra dans la gloire de son Père avec les saints anges » (Marc VIII, 38). « Quiconque me confessera devant les hommes, moi aussi je le confesserai devant mon Père qui est dans les cieux : mais celui qui m’aura renié devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est dans les cieux » (Matth. X, 33).

Certains écriraient à propos de ceux dont on est légitimement en droit d’attendre qu’ils se comportent en véritables défenseurs de la Foi et de l’Eglise, qu’ils ne sont plus que des carpettes… mais je ne l’écrirai pas : une carpette en effet – et surtout pour un chat – peut-être quelque chose de très agréable d’autant que, dans les bonnes maisons, elles sont normalement propres et très jolies ; la comparaison serait donc fausse! Je reprendrai simplement à mon compte l’expression du prophète Isaïe (LVI, 10), comme l’avait fait en son temps Monseigneur Seitz (dernier évêque français au Vietnam qui a courageusement dénoncé la complicité tacite de certains hommes d’Eglise et des politiciens occidentaux avec les persécuteurs des chrétiens) : ils se comportent comme des chiens muets – « canes muti » – alors qu’ils eussent dû aboyer pour avertir de l’arrivée des voleurs et attaquer pour les mettre en fuite.

Au fond du problème, il y a d’une part la manière dont les contrats d’association avec l’état ont été négociés et appliqués. Cela porte un nom  très précis : prostitution… Car dans leur grande majorité, l’enseignement dit catholique en France a en effet vendu son âme en échange d’avantages financiers et pour une prétendue pacification des relations avec le pouvoir laïc. D’autre part, je puis affirmer de manière catégorique que certains « acteurs de la vie de l’Eglise » (selon la phraséologie néo-précieuse qui sévit  dans certains milieux ecclésiastiques) appartiennent à la maçonnerie : je n’affabule pas, je ne suis pas tombé dans la paranoïa. En effet, je peux citer au moins deux cas de personnes engagées soit dans l’enseignement diocésain soit dans d’autres structures de l’Eglise catholique, qui n’ont pas fait mystère de leur appartenance à la secte. Comme il leur était objecté que l’affiliation à la maçonnerie était incompatible avec le catholicisme (voir l’appendice à la suite de ce texte), ces deux personnes ont répondu l’une et l’autre qu’elles en avaient parlé à leur cardinal archevêque respectif (oui, oui, vous avez bien lu) : ni l’un ni l’autre  de ces prélats n’y a rien trouvé à redire…

Cela se passe de tout commentaire et je vous laisse en conclusion cette phrase dite il y a déjà longtemps à Frère Maximilien-Marie par le Provincial d’une congrégation religieuse enseignante : « Nous avons, certes, des écoles encore à peu près libres, mais il faudrait refonder un véritable enseignement catholique… »

Lully.

* * * * * * *

Appendice :
Déclaration de la Sacrée Congrégation pour la Doctrine de la Foi
au sujet de la franc-maçonnerie, en date du 26 novembre 1983 et signée par le Cardinal Ratzinger.

« Certains se sont demandés si la pensée de l’Eglise sur la franc-maçonnerie avait changé parce qu’il n’en est pas fait mention expresse dans le nouveau Code de Droit Canon comme c’était le cas dans l’ancien Code.

La Sacrée Congrégation est en mesure de répondre que cet état de fait est dû à un critère utilisé pour la rédaction et qui a été observé également pour d’autres associations, passées de la même façon sous silence, dans la mesure où elles étaient comprises dans des catégories plus larges.

Le jugement négatif de l’Eglise sur la franc-maçonnerie demeure donc inchangé parce que ses principes ont toujours été considérés comme incompatibles avec la doctrine de l’Eglise ; c’est pourquoi il reste interdit par l’Eglise de s’y inscrire. Les catholiques qui font partie de la franc-maçonnerie sont en état de péché grave et ne peuvent s’approcher de la Sainte Communion.

Les autorités ecclésiastiques locales n’ont pas la faculté d’émettre sur la nature des associations de la franc-maçonnerie un jugement qui entraînerait une dérogation à ce qui est mentionné ci-dessus, conformément à l’esprit de la Déclaration du 17 février 1981 de cette même Sacrée Congrégation.

Le Souverain Pontife Jean-Paul II, au cours de l’audience accordée au sous-signé le Cardinal Préfet, a approuvé la présente déclaration adoptée au cours de la réunion ordinaire de cette Sacrée Congrégation et en a ordonné la publication.

Donné à Rome, au Siège de la Sacrée Congrégation pour la Doctrine de la Foi, le 26 novembre 1983.

Joseph Cardinal Ratzinger, Préfet
Fr. Jérôme Hamer, o.p., Archevêque titulaire de Lorium, Secrétaire
. »

2010-16. « Nous devons suivre Jésus sur la voie du courage qui ne se laisse pas intimider par les rumeurs de l’opinion dominante. » (Benoît XVI)

Joyeuses Pâques

Vendredi de Pâques 9 avril 2010.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Je ne veux pas laisser se terminer l’octave de Pâques sans vous adresser quelques lignes : j’espère que vous avez tous passé une belle et fervente Semaine Sainte, ainsi qu’une joyeuse fête de la Résurrection de Notre-Seigneur.

Cette « solennité des solennités » est le point culminant de l’année chrétienne et les grâces du Ciel y sont déversées avec une surabondance particulière. La mort et la résurrection du Seigneur Jésus-Christ marquent la victoire de Dieu sur le mal et sur la puissance démoniaque : du mystère pascal découlent toutes les grâces de notre salut et de notre sanctification. Il est donc tout à fait normal, en définitive, que le diable soit en fureur lorsque l’Eglise célèbre cette victoire ; il est tout à fait logique que la célébration des mystères du salut le mettent en rage et que, d’une manière tout à fait spéciale dans cette période, il se déchaîne contre tout ce qui porte la marque de Dieu…

Notre Saint-Père le Pape Benoît XVI fait l’objet d’attaques virulentes et répétées justement parce qu’il est un homme de Dieu et parce qu’il accomplit dans l’Eglise et pour l’Eglise un travail nécessaire : travail de redressement et de restauration voulu par Dieu au service de la Vérité et pour le règne de l’authentique Charité dans les coeurs, dans l’Eglise et dans le monde entier.

Cet homme doux et intègre dérange donc les faux prophètes manipulateurs d’opinion et promoteurs d’une société soumise à cette « dictature du relativisme » qu’il a dénoncée lors de la Messe précédant le conclave qui l’a élu au Souverain Pontificat. Ce Pape dérange, à l’intérieur même de l’Eglise, tous les esprits dont la foi et la charité ont été dénaturées par le modernisme et les idéologies…

De la même manière que Caïphe fut prophète sans comprendre la portée réelle de ses paroles lorsqu’il déclara devant le Sanhédrin qu’il valait mieux « qu’un seul homme meure pour tout le peuple » (cf. Joan.XI, 49-53), un homme politique français avait déclaré, il y a environ un an, que « ce Pape commence à poser un vrai problème« … Il disait vrai : ce Pape pose un vrai problème à tous les faux prophètes et à tous ceux qui ont falsifié la foi catholique, et il est vraiment heureux que Benoît XVI soit là comme un petit grain de sable qui gêne les rouages de la machine infernale bien huilée de leur oeuvre mortifère pour les âmes et pour la société tout entière!

Ce que notre Frère Maximilien-Marie écrivait l’an dernier à pareille époque reste d’une vérité et d’une actualité qui n’iront sans doute qu’en se renforçant et en amplifiant encore:

« Ne nous faisons pas d’illusions : à l’approche de la Semaine Sainte et des solennités pascales, nous  devons  nous attendre à de nouvelles provocations ou tentatives de manipulations de l’opinion publique tendant à discréditer l’Eglise et le Pape, le Christ et son Evangile, la Foi et ses enseignements… Sans vouloir en aucune manière jouer au prophète de malheur, je puis vous annoncer que l’opposition médiatique, que l’opposition politique et que l’opposition à l’intérieur même de l’Eglise catholique contre notre Saint-Père le Pape Benoît XVI, ne font que commencer et qu’elles risquent de croître en amplitude et en virulence (…).

Que le pape “pose un vrai problème” aux hommes politiques véreux, aux francs-maçons  de toutes obédiences et aux pseudos-vertueux qui prônent le laxisme moral et la décadence, c’est un très bon signe!

Ce qu’on reproche au Pape, c’est de tenir des propos… catholiques! Or, en ce qui me concerne, je suis bien plus rassuré dans ma conscience chrétienne par les propos d’un Pontife qui ne s’embarrasse pas des modes et des pressions médiatiques, que s’il se mettait à prôner la même chose que les acteurs et les chantres d’une société affranchie des exigences de la Loi divine.

La vérité contenue dans le Saint Evangile n’a rien à voir avec les doctrines du monde, elle n’est pas sujette aux fluctuations de l’opinion publique ni aux errances de la mode. Notre Saint-Père le Pape Benoît XVI ne fait qu’annoncer et énoncer des vérités qui ne sont pas du domaine de l’opinion et de la mode, rien d’étonnant donc à ce que le monde le prenne en haine.  On peut même dire que la virulence de la tempête  médiatique et le déferlement de méchanceté  dirigés contre lui sont – en définitive – le signe qu’il est le fidèle ambassadeur d’une Parole qui dérange, une Parole qui n’est pas humaine.

J’ajouterai encore ceci : si “on” ne craignait pas l’influence de Benoît XVI, il n’y aurait pas un tel déchaînement contre lui ; si les ennemis du Christ n’avaient pas une conscience  aigüe de la vérité des paroles du Vicaire du Christ, ils ne s’agiteraient pas tant ; si tous  ceux qui s’adonnent au mal, au mensonge, aux compromissions les plus répugnantes et à la promotion du vice ne se sentaient pas menacés, ils n’attaqueraient pas de la sorte celui qui dirige aujourd’hui la Sainte Eglise et la gouverne avec  autant de force et de douceur, de sagesse et de sagacité ; s’ils ne savaient pas que leur pouvoir et leur influence sont ébranlés par la simple proclamation des vérités qui découlent du Saint Evangile, ils ne s’activeraient pas autant pour essayer d’étouffer ou de dénaturer la voix paisible de celui qui en est l’interprète (…).

Cette situation conflictuelle ne peut même qu’aller croissant lorsque ces sociétés ont leurs fondements et leurs références dans des “valeurs” étrangères à la Loi divine et à la loi naturelle elle-même. Ce pourquoi je n’hésite pas à dire (et à répéter de manière insistante) que, s’il n’y a pas une adhésion fondamentale de la société civile à l’esprit de l’Evangile, on arrive nécessairement à la persécution... »

Je vous encourage à relire en totalité ces deux textes  (ici > www et  ici > www) à la lumière de l’horrible campagne médiatique orchestrée depuis des semaines contre la personne et l’action du Souverain Pontife, et en ayant fortement ancrées dans l’esprit ces paroles qu’il a prononcées à l’occasion du dimanche des Rameaux et que j’ai placées en exergue à ma chronique de ce jour : « Nous devons suivre Jésus sur la voie du courage qui ne se laisse pas intimider par les rumeurs de l’opinion dominante« .

Benoît XVI Bénédiction Urbi et Orbi Pâques 2010

Notre Saint-Père le Pape Benoît XVI donnant la bénédiction Urbi et Orbi du Saint Jour de Pâques 2010.

Les 16 et 19 avril ce seront successivement le 83ème anniversaire de la naissance puis le 5ème anniversaire de l’élection au Souverain Pontificat de notre Pape bien aimé, nous aurons donc à coeur de prier d’une manière encore plus intense et plus filialement aimante pour sa personne et pour son précieux ministère. Nous prions dès à présent avec ferveur pour que Benoît XVI continue courageusement et très longtemps encore à poser de vrais problèmes à tous ceux qui dans l’Eglise et hors de l’Eglise agissent – consciemment ou non – en satellites de l’ennemi de Dieu.

Aujourd’hui même, notre Frère Maximilien-Marie prend justement la route de Rome : il va accompagner un pèlerinage sur les traces des Zouaves Pontificaux, ces soldats héroïques qui, en leur temps, s’engagèrent pour défendre le Siège Apostolique contre les attaques diaboliques qui se dissimulaient sous les couleurs toujours séduisantes de la modernité et de la conformité au monde. Si le combat des chrétiens en ce début de XXIème siècle ne prend pas exactement la même forme extérieure, il reste cependant toujours le même en ce qui concerne le fond : le combat d’une fidélité sans concession à Celui qui est la Voie, la Vérité et la Vie et dont l’enseignement n’est pas en conformité avec les maximes du monde.

Que le Seigneur, pour ce combat qui n’est en définitive pas le nôtre mais le Sien, arme nos âmes de ce courage qui ne se laisse pas intimider par les rumeurs de l’opinion dominante, remplisse nos esprits d’une vaillante détermination dans l’attachement à la Vérité du Christ, et fasse vivre nos coeurs d’une indéfectible et mâle charité.

Lully.

2010-11. Alter Christus.

Mercredi 3 mars 2010.

Chers Amis du « Refuge Notre-Dame de Compassion« ,

Vous le savez, vous qui êtes en lien de foi et de spiritualité avec nous, notre Saint-Père le Pape Benoît XVI a voulu que l’Eglise catholique vive, depuis le 19 juin 2009 et jusqu’au 19 juin 2010, une « année sacerdotale« : je vous en avais parlé au mois d’avril dernier, peu de temps après que le Souverain Pontife en a fait l’annonce (cf.> www).

Notre bien-aimé Pape a voulu que la célébration du 150ème anniversaire de la mort du Saint Curé d’Ars soit pour tous les fidèles une occasion d’approfondir le mystère du sacerdoce. En effet, la crise qui a ravagé et ravage encore une grande partie du monde catholique, a eu pour effet qu’un très grand nombre de prêtres et de fidèles ont – en partie ou totalement – perdu le sens de la vocation et du ministère des prêtres.

2010-11. Alter Christus. dans Commentaires d'actualité & humeurs rencontre1

« Tu m’a montré le chemin d’Ars, je te montrerai le chemin du Ciel! »

Parmi les excellentes initiatives de cette « année sacerdotale », il faut faire une mention spéciale du film de 30 minutes qui a été réalisé à la demande de la Congrégation pour le Clergé (c’est-à-dire l’organisme du Saint-Siège qui s’occupe de tout ce qui concerne le clergé catholique). Ce court-métrage est intitulé « Alter Christus ». Ces deux mots latins  qui signifient « autre Christ » sont extraits d’un adage très ancien : « Sacerdos alter Christus. Le prêtre est un autre Christ ». En effet le prêtre n’est pas seulement un « représentant » du Christ à la manière dont un ambassadeur représente le gouvernement d’un pays mais, par la grâce du sacrement de l’Ordre, il est configuré au Christ dans son être profond. C’est le Christ Lui-même qui agit en lui et à travers lui quand le prêtre célèbre les sacrements.

Il est possible de visionner ce film, découpé en trois parties d’une dizaine de minutes, grâce à « You Tube » où il est disponible en italien, en français, en espagnol, en allemand et en anglais. Outre des extraits particulièrement bien ciblés de discours des Papes Jean-Paul II et Benoît XVI, sont présentés les interventions et témoignages de nombreux prêtres, évêques et cardinaux tels que Monsieur le Cardinal Claudio Hummes (préfet de la congrégation pour le clergé), Monsieur le Cardinal Antonio Canizares (préfet de la congrégation pour le culte divin), Monsieur le Cardinal Julian Herranz (président émérite de la commission pour l’interprétation des textes législatifs), Monseigneur Maura Piacenza (archevêque secrétaire de la congrégation pour le clergé), Monseigneur Guido Marini (Maître des cérémonies liturgiques du Souverain Pontife)… etc.

En trente minutes sont rappelées des vérités essentielles et absolument vitales pour l’Eglise, des vérités que les fidèles n’entendent encore malheureusement pas dans un trop grand nombre de paroisses françaises, paroisses sclérosées et mourantes parce qu’elles sont encore aux mains de dangereux intégristes bloqués sur une idéologie qui se croyait d’avant-garde dans les années 1960-1970.

Ainsi donc, le prêtre n’est pas « un homme comme les autres » : son ordination en fait quelqu’un d’à part. Le prêtre doit être clairement reconnu par un habit spécifique. Le prêtre n’est pas un « modérateur » gérant une structure plus ou moins démocratique : il est investi d’une autorité divine et irremplaçable pour oeuvrer au salut et à la sanctification des âmes. Le prêtre est ordonné pour être l’homme des sacrements, et en tout premier lieu pour célébrer la Sainte Messe et administrer le sacrement de pénitence. La Messe est le renouvellement non-sanglant du Saint Sacrifice du Calvaire, sa célébration obéit à des règles strictes auxquelles les prêtres n’ont pas le droit de toucher… etc.

La Sainte Messe

La réalité de l’autel, c’est celle du Calvaire.

Les images qui accompagnent ces témoignages sont pleines de beauté et laissent clairement transparaître le sens du sacré, la beauté et la solennité qui doivent entourer la célébration des sacrements. Les « eucharisties » zim-boum-boum, les autels en contreplaqué sur lesquels on accroche des pantins fabriqués avec des rouleaux de papier toilette, les « ornements » sans tenue que l’on croyait découpés dans les drapeaux de la gay-pride, les « vases sacrés » en poterie, la distribution de la sainte communion faite n’importe comment, les prêtres aux allures de clochards avec leurs pantalons tombant en accordéons sur les chevilles …etc., la Congrégation pour le Clergé nous montre sans détours que tout cela est indigne du mystère de l’Eucharistie et du sacerdoce qui en est indissociable! Il est d’ailleurs tout à fait remarquable que certaines prises de vues sont faites lors de célébration de la Sainte Messe selon la « forme extraordinaire du rite romain ».

Je vous encourage donc à visionner ce film et, plus qu’à en être des spectateurs passifs, à en faire le support d’une véritable méditation et d’une fervente prière.

Rendons grâces à Dieu de nous avoir donné le sacerdoce, rendons grâces à Dieu pour l’exemple du Saint Curé d’Ars, rendons grâces à Dieu pour notre Saint-Père le Pape Benoît XVI qui travaille avec patience, douceur, humilité et courage à la restauration de Son Eglise!

Frère Maximilien-Marie.

Voir le film « Alter Christus »: 1ère partie, ici > www. 2ème partie, ici> www. 3ème partie, ici> www.

1...2021222324

A tempo di Blog |
Cehl Meeah |
le monde selon Darwicha |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | mythologie
| jamaa
| iletaitunefoi