Archive pour la catégorie 'Commentaires d’actualité & humeurs'

2010-46. Les principes de la franc-maçonnerie sont incompatibles avec la doctrine de l’Eglise : les catholiques qui font partie de la maçonnerie sont en état de péché grave et ne peuvent s’approcher de la Sainte Communion.

Porte de l'église d'Evron (Mayenne) fracturée en application des lois maçonniques en 1906

Porte de l’église d’Evron (Mayenne) fracturée en 1906 en application des lois maçonniques sur les inventaires.

L’incompatibilité entre la franc-maçonnerie et l’Eglise catholique est une évidence pour toute personne de bon sens.

Mais le bon sens n’est pas la chose au monde la mieux partagée… Il me paraît donc utile et même nécessaire de rappeler une déclaration du cardinal Ratzinger, publiée lorsqu’il était préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Cette déclaration n’est pas un avis personnel, c’est un texte officiel dont la publication a été approuvée et ordonnée par le Souverain Pontife : il s’agit donc d’un acte normatif qui a valeur de loi et qui oblige tous les fidèles de l’Eglise catholique.

Cette publication de la fin novembre 1983 est intervenue comme une espèce de précision nécessaire à la suite de l’entrée en vigueur, au début de cette même année 1983, d’un nouveau Code de Droit Canonique (c’est-à-dire la loi propre de l’Eglise catholique), remplaçant le Code qui avait été promulgué en 1917.

En effet, le texte du Code de 1983 ne reprend pas le canon 2335 du Code de 1917 qui précisait que les catholiques affiliés à la Franc-Maçonnerie ou à d’autres associations du même genre intriguant contre l’Eglise ou les pouvoirs civils légitimes, encouraient ipso facto l’excommunication réservée au siège apostolique. Mais ce Code de 1983 stipule simplement dans le canon 1374 : « Qui s’inscrit à une association qui conspire contre l’Église sera puni d’une juste peine ; mais celui qui y joue un rôle actif ou qui la dirige sera puni d’interdit ». Certains donc, en ne voyant plus la mention explicite de la maçonnerie dans le Code de 1983 avaient conclu que la condamnation était abrogée.

Avec l’autorité du Souverain Pontife et par son ordre, le cardinal Ratzinger dut donc rappeler que « le jugement négatif de l’Eglise sur la franc-maçonnerie demeure inchangé » : sans faire de rappel historique développé, cela signifie toutefois que toutes les condamnations de la franc-maçonnerie fulminées par les Papes depuis 1738 sont toujours en vigueur et qu’aucune des mises en garde contre la maçonnerie et interdictions de s’y affilier n’est abrogée (voir la note en bas de page).

Malgré cela, nous savons de manière certaine qu’aujourd’hui des catholiques – et même des ecclésiastiques – se croient autorisés à passer outre et sont membres de loges ou de « groupes de réflexion et d’études » liés à des loges : je ne peux ni ne veux pas tout détailler ici, mais j’ai des témoignages certains et directs de personnes exerçant des responsabilités dans l’Eglise qui ne m’ont pas fait secret de leur appartenance à la maçonnerie et, lorsque je leur ai dit que c’était en contradiction avec la discipline ecclésiastique, qui m’ont répondu qu’elles avaient fait connaître leur affiliation à leur évêque (dans un cas précis il s’agit même d’un cardinal archevêque!) qui n’y avait fait aucune objection. Ces « catholiques francs-maçons » (!!!) prétendent que toutes les obédiences maçonniques ne sont pas hostiles à l’Eglise et que donc les condamnations romaines ne valent pas pour elles. Sophisme! Avant même les agissements, ce sont les principes mêmes de la maçonnerie qui sont incompatibles avec le catholicisme.

L’Eglise interdit à ses fidèles l’appartenance à toutes et à chacune des obédiences de la maçonnerie parce qu’au-delà de toutes les différences de rite ou de filiation, au-delà des distinctions de spiritualité, de conception de l’ordre du monde ou de la société, il y a des principes généraux communs absolument inconciliables avec la doctrine catholique ; ce pourquoi l’excommunication frappe toujours les catholiques affiliés à la franc-maçonnerie : ils « sont en état de péché grave et ne peuvent s’approcher de la Sainte Communion ».

Malheureusement, il y a toujours – même parmi le clergé, même parmi les évêques – des naïfs (?), des « idiots utiles », des ignorants volontaires ou des orgueilleux qui – s’arrêtant aux aspects de la « recherche intellectuelle », de la « quête spirituelle symbolique » ou des beaux principes « humanistes et humanitaires » – ne voudront pas tenir compte des mises en garde du Magistère Romain et placeront leurs propres jugements au-dessus de celui du Vicaire de Jésus-Christ.

Lully.

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Déclaration du cardinal Ratzinger au sujet de la franc-maçonnerie publiée le 26 novembre 1983.

« Certains se sont demandés si la pensée de l’Eglise sur la franc-maçonnerie avait changée parce qu’il n’en est pas fait mention expresse dans le nouveau Code de Droit Canon comme c’était le cas dans l’ancien Code. 

La Sacrée Congrégation est en mesure de répondre que cet état de fait est dû à un critère utilisé pour la rédaction et qui a été observé également pour d’autres associations, passées de la même façon sous silence, dans la mesure où elles étaient comprises dans des catégories plus larges. 

Le jugement négatif de l’Eglise sur la franc-maçonnerie demeure donc inchangé parce que ses principes ont toujours été considérés comme incompatibles avec la doctrine de l’Eglise ; c’est pourquoi il reste interdit par l’Eglise de s’y inscrire. Les catholiques qui font partie de la franc-maçonnerie sont en état de péché grave et ne peuvent s’approcher de la Sainte Communion. 

Les autorités ecclésiastiques locales n’ont pas la faculté d’émettre sur la nature des associations de la franc-maçonnerie un jugement qui entraînerait une dérogation à ce qui est mentionné ci-dessus, conformément à l’esprit de la Déclaration du 17 février 1981 de cette même Sacrée Congrégation. 

Le Souverain Pontife Jean-Paul II, au cours de l’audience accordée au sous-signé le Cardinal Préfet, a approuvé la présente déclaration adoptée au cours de la réunion ordinaire de cette Sacrée Congrégation et en a ordonné la publication.

Donné à Rome, au Siège de la Sacrée Congrégation pour la Doctrine de la Foi, le 26 novembre 1983.« 

Joseph Cardinal Ratzinger, Préfet 
Fr. Jérôme Hamer, o.p., Archevêque titulaire de Lorium, Secrétaire.

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Note : La première condamnation solennelle de la franc-maçonnerie par un pape fut le fait de Clément XII par la constitution « In Eminenti » du 24 avril 1738. Elle fut réitérée par Benoît XIV le 18 mai 1751 dans la constitution « Providas » et régulièrement rappelée par les Pontifes tout au long des XVIIIème et XIXème siècles jusqu’à la publication du Code de Droit Canonique de 1917 qui a eut force de loi jusqu’en 1983. On trouvera les références détaillées et l’accès à tous ces textes depuis le XVIIIème siècle jusqu’à nos jours ici > www.

2010-33. Du troisième anniversaire du motu proprio « Summorum Pontificum cura » et de quelques questions qui lui sont relatives.

Mardi 24 août 2010, fête de l’apôtre Saint Barthélémy.

Le 14 septembre prochain sera le troisième anniversaire de l’entrée en vigueur du motu proprio « Summorum Pontificum cura« .

Vous le savez, par ce texte majeur (dont on trouvera ici la traduction française la plus correcte > www), notre Saint Père le Pape Benoît XVI, heureusement régnant, a été amené à préciser un certain nombre de points concernant la célébration de la Messe selon le rite romain, tout particulièrement – mais pas uniquement pour qui veut bien lire avec intelligence – en ce qui concerne la « forme extraordinaire » de ce rite romain, c’est à dire le rite romain antique (appelé de manière courante et abusivement simplificatrice « Messe de saint Pie V »).

Ce troisième anniversaire revêt une véritable importance parce que le Souverain Pontife écrivait aux évêques, dans la lettre qu’il leur adressait en même temps que le motu proprio : « Je vous invite en outre, chers Confrères, à bien vouloir écrire au Saint-Siège un compte-rendu de vos expériences, trois ans après l’entrée en vigueur de ce Motu Proprio ».

Nous ne pouvons que nous réjouir pour tous les fruits de grâce et de paix qui résultent de ce motu proprio partout où il est réellement appliqué.

Mais force est de constater qu’il n’est pas appliqué partout – loin s’en faut! – et que des évêques et des prêtres s’autorisent de refuser à des fidèles et à d’autres prêtres le droit que le Souverain Pontife leur a reconnu.

Je ne suis certes qu’un tout petit chat et je ne prétends pas tout savoir, néanmoins je connais de manière certaine des diocèses dont les évêques – à moins de mentir au Pape – n’auront aucun compte-rendu à lui écrire parce qu’ils n’ont rien fait de concret pour répondre aux demandes des fidèles qui souhaitaient et ne cessent pas de souhaiter l’application des dispositions prévues par « Summorum Pontificum cura« .

De félin à félin, j’ai bien envie d’écrire à mon confrère le très auguste chat du Pape pour l’informer de choses que certains prélats ne voudraient peut-être pas dire au Souverain Pontife ou qu’ils présenteraient de manière non conforme à la vérité…

Nos Seigneurs les Evêques de France et leurs collaborateurs – à quelques exceptions près – se sont souvent ingéniés à faire croire qu’ils ne savent pas lire ou qu’ils ne comprennent pas le sens, pourtant simple et clair, des mots employés par Sa Sainteté le Pape Benoît XVI. Certains ont carrément enterré le document dans le silence ; d’autres l’ont interprété de la manière la plus restrictive qui soit et – dans leurs excès de libéralité!- ne veulent finalement appliquer que le motu proprio « Quatuor abhinc annos » du 3 octobre 1984. Ils montrent par là  (s’il est encore besoin de le faire) que le modernisme dont ils sont pénétrés a toujours au moins un quart de siècle de retard : alors qu’ils se prétendent « hommes de progrès tournés vers l’avenir », ils ne sont en réalité – je me plais à le redire avec insistance – que les intégristes des idéologies qui se sont introduites dans l’Eglise à la faveur du second concile du Vatican ; idéologies qu’ils ont voulu faire passer pour « l’esprit du concile » mais qui, comme toutes les idéologies, ne sont que des systèmes d’erreurs désertifiantes et mortifères.

Dans un grand nombre de paroisses, les curés se sont bien gardés d’informer les fidèles de l’existence et du contenu du motu proprio et, partant, de leur expliquer leurs droits. Les personnes de bonne volonté ont parfois dû déployer des trésors de patience et de persévérance pour avoir des réponses à leurs questions après les annonces des médias  (à commencer par le journal « la Croix ») qui, selon leur habitude, ont titré avec des slogans sans faire un vrai travail d’information.

Voilà pourquoi, avec la permission de mon papa, je vous reproduis ci-dessous la question que lui a posée, il y a quelques temps, une catholique « ordinaire » et la réponse que Frère Maximilien-Marie lui a faite. Je vous laisse donc à cette lecture…

Lully.

La Sainte Messe catholique dans sa liturgie classique

Question de Michèle:

« Cher Frère, je me pose cette question : Pourquoi le pape Benoit XVI veut-il remettre la messe en latin? Nous ne comprendrons plus rien même si ces messes sont très belles, et il y a le risque que beaucoup de fidèles déserteront les églises. J’ai l’impression que Benoît XVI est en train de démolir tout ce que le pape Jean-Paul II a construit. Qu’en pensez vous? »

Et voici la réponse de Frère Maximilien-Marie:

« Chère Michèle, votre question est tout à fait symptomatique d’une confusion qui a été semée dans les esprits des catholiques depuis près de 40 ans, confusion qui est entretenue aussi bien par les médias que par une grande partie du clergé en Occident…

1) Vous m’écrivez : « Pourquoi le pape Benoît XVI veut-il remettre la messe en latin?« 

Cette question contient déjà plusieurs erreurs…
D’abord parce qu’il faut être convaincu que notre Saint-Père le Pape n’agit pas selon des goûts ou des idées personnels, et que la question de la restauration de la liturgie latine n’est pas le « caprice » de quelqu’un qui aurait des idées rétrogrades…!!! Ensuite, il faut savoir que la langue latine n’a JAMAIS été abolie dans la liturgie de l’Eglise latine.
Le second concile du Vatican, dans sa « Constitution sur la divine liturgie » ( De sacra Liturgia N°36 § 1, N°54, N°101, N°114, N°116…) affirme de manière solennelle et sans ambiguïté que la langue latine est la langue officielle de la liturgie romaine, de même que le chant grégorien en est le chant propre.

Le second concile du Vatican a permis que certaines parties de la messe puissent être lues dans les langues vulgaires, pour faciliter la compréhension (c’est le cas pour les lectures par exemple) mais il demande expressément que les fidèles sachent prier et chanter ensemble en latin les parties de l’ordinaire (au minimum: le Gloria in excelsis Deo, le Credo, le Sanctus, l’Agnus Dei, le Pater, et les antiennes à la Sainte Vierge…).

En demandant que le latin soit remis à sa juste place dans la liturgie, le Souverain Pontife ne fait que rappeler ce que doit être la bonne application du second concile du Vatican. Il ne veut pas « remettre », il veut simplement faire appliquer la loi existante qui est largement  bafouée et trahie par les prêtres, les évêques et les équipes liturgiques, tout spécialement en France.

2) Vous écrivez ensuite : « Nous ne comprendrons plus rien même si ces messes sont très belles et il y a le risque que beaucoup de fidèles déserteront les églises.« 

Réponse:
Pendant des siècles, la liturgie a été célébrée en latin dans tout l’occident ; or d’une manière générale les gens avaient (nous dit-on) un moindre degré d’instruction qu’à notre époque, et pourtant cela ne les faisait pas « déserter les églises ». Elles étaient au contraire plus remplies qu’à l’heure actuelle!

Aujourd’hui, en France, la moyenne d’âge est plus basse dans les églises où la liturgie est célébrée de manière traditionnelle, en faisant une grande place au latin, que dans les paroisses ordinaires où tout est en langue vernaculaire. De la même manière, les congrégations religieuses et les séminaires qui ont le plus de recrutement sont ceux où il y a le plus de tradition latine…

Cet argument de la « non compréhension » est faux.  Premièrement parce qu’il existe des missels qui présentent le texte latin avec sa traduction française en regard : il n’est point besoin d’avoir un doctorat en théologie pour se débrouiller avec. Après une rapide formation et un peu de pratique un enfant même est capable de suivre la messe avec son missel. Deuxièmement, je sais par expérience que même les gens qui ont le moins de capacités intellectuelles sont capables d’apprendre des prières en latin, des chants en latin, en connaissant le sens de ce qu’ils chantent ou qu’ils récitent : ils n’en feront pas nécessairement une traduction mot à mot, mais ils ont la compréhension du sens général et de l’esprit de la prière. Troisièmement, je vous ferai aussi remarquer, dans un tout autre registre, que des tas de gens reprennent des chansons de variétés en langue anglaise, sans forcément avoir fait des études d’anglais – il leur suffit d’en connaître plus ou moins vaguement le sens – et ce n’est cependant pas un argument pour supprimer la diffusion des chansons en anglais sur les radios françaises!!!!!!!

En outre, ce n’est pas parce que un chant est en français qu’il est forcément compréhensible… même par ceux dont c’est la langue maternelle. La production liturgique en langue française a multiplié des chansonnettes stupides et vides de sens, voire porteuses d’erreurs spirituelles et doctrinales, et encore une fois mon expérience me montre que quantité de fidèles, dans les églises, chantent ces « trucs » dont ils ne comprennent pas les paroles françaises qu’on leur fait brailler!

J’ajouterai enfin quelque chose qui peut paraître dur, mais qui est cependant JUSTE : si les catholiques, et mêmes les prêtres et les évêques, ne veulent pas obéir aux textes du concile tels qu’ils sont et ne veulent pas obéir au Pape, eh bien qu’ils fichent le camp plutôt que d’entretenir la confusion et les erreurs dans les églises : au moins les choses seront claires! S’ils ont envie de fabriquer leurs « célébrations » selon des idées et des fantaisies personnelles, en ne tenant pas compte de la loi de l’Eglise et des textes officiels concernant la liturgie catholique, ils ne sont en fait plus catholiques dans leurs têtes et dans leurs coeurs et il vaut mieux qu’ils partent plutôt que de semer le désordre et d’entretenir la confusion…

3) Vous dites : « J’ai l’impression que Benoît XVI est en train de démolir tout ce que le pape Jean-Paul II a construit.« 

Réponse:
Sur le plan de la liturgie, Paul VI, Jean-Paul II et Benoît XVI ont tous les trois demandé  à plusieurs reprises que tous les fidèles sachent les prières principales en langue latine. Peu de temps après la fin du concile, en 1974, constatant avec effroi que le chant latin et grégorien avait pratiquement disparu des paroisses malgré les textes officiels, Paul VI a fait publier et a envoyé à tous les évêques du monde un petit recueil intitulé « Jubilate Deo » qui contenait les chants latins et grégoriens qui devaient être maintenus dans TOUTES les paroisses et communautés… Ce livret n’a pas été reçu dans les paroisses françaises…!!!

4) Vous semblez ne pas faire la distinction entre la Messe dite « de Saint Pie V », qui a été en fait la forme de la célébration depuis Saint Grégoire le Grand jusqu’en 1969 (et qui était donc la messe en vigueur au moment du second concile du Vatican), et la « messe en latin ». « Messe en latin » et « Messe de Saint Pie V » ne sont pas des synonymes.

La Messe latine antique, dite de Saint Pie V, est certes célébrée en latin (mais on peut y proclamer les lectures en langue vulgaire). La Messe réformée, dite de Paul VI, introduite en décembre 1969, est depuis lors (en principe) celle qui est célébrée dans les paroisses ordinaires. Mais le missel de Paul VI a été aussi promulgué en latin et – selon les principes rappelés par le second concile du Vatican – il devrait largement être utilisé en latin dans les paroisses. Les pèlerins qui se rendent à Lourdes peuvent y assister à la messe internationale qui est une célébration de la messe de Paul VI entièrement en latin : c’est la « messe en latin », mais ce n’est pas la messe dite « de Saint Pie V ».

Benoît XVI a clairement expliqué qu’il y a deux formes pour célébrer l’unique rite romain : l’une appelée « forme ordinaire » correspond au missel réformé publié par Paul VI en 1969 et complété par Jean-Paul II ; l’autre appelée « forme extraordinaire » (qui correspond à la Messe dite « de Saint Pie V » célébrée partout dans l’Eglise latine jusqu’en 1969). Pour l’une comme pour l’autre forme le latin reste la langue officielle et normale.

Les fidèles qui sont attachés à la forme antérieure du missel (celui qui a été en usage jusqu’en 1969), ont vu reconnaître la légitimité de leurs aspirations à cette manière de célébrer, par le motu proprio « Summorum Pontificum cura » du 7 juillet 2007.
Toutefois Benoît XVI n’a pas voulu imposer la Messe de Saint Pie V partout contrairement à ce que certains médias et prêtres ont stupidement répété : il a demandé qu’on respecte et qu’on fasse droit aux fidèles qui demandent cette forme de célébration qui, il l’a bien précisé, n’a JAMAIS été interdite (là encore contrairement à ce qui avait été dit et pratiqué depuis une quarantaine d’années)… Il a également demandé que les prêtres et les fidèles qui célèbrent selon la « forme ordinaire » le fassent avec un grand respect des règles liturgiques, et il montre lui-même l’exemple.

* * *

Ma réponse est longue, j’en ai conscience, mais j’espère qu’elle vous aura  donné satisfaction en vous permettant d’y voir plus clair.

Je ne vous cache pas que je suis surpris chaque fois qu’on me pose ce genre de question, parce qu’il me semble que tout est parfaitement limpide dans les textes officiels : mais on se demande si les journalistes et les prêtres eux-mêmes savent lire puisqu’ils racontent ensuite des tas de calembredaines et que c’est ainsi que la confusion est semée, entretenue et savamment orchestrée.

Armoiries de Benoît XVI

2010-29. De la fête de Saint Jean-Baptiste et comment elle fournit l’occasion au Maître Chat Lully de présenter une herméneutique de la continuité en rapport avec le caractère cosmologique et symbolique de la liturgie chrétienne.

Jeudi 24 juin 2010 : Nativité de Saint Jean-Baptiste.

Col de la Croix de Boutières - 20 juin 2010

La photographie que je publie ci-dessus a été prise au col de la Croix de Boutières (1505 m. d’altitude), vers 9 h du matin, ce dernier dimanche, par Frère Maximilien-Marie qui effectuait (comme pratiquement tous les dimanches) l’aller-retour au Puy-en-Velay pour la Sainte Messe dominicale. Les taches blanches que vous apercevez sur le socle de la Croix et dans l’herbe sont… de la neige. Nous étions pourtant bien le 20 juin 2010 et non le 20 novembre!

Je vous l’avais écrit à l’occasion de la fête de Sainte Pétronille (cf. > www), et le temps qu’il a fait les jours de Saint Médard, de Saint Barnabé et de Saint Gervais ont semblé le confirmer : il est fort probable que nous n’aurons pas un bel été !
Nous savourons donc avec un bonheur sans partage le beau temps dont nous bénéficions en ce jour.
C’est la « Noël d’été », et c’est un vrai plaisir d’avoir aujourd’hui un soleil radieux et un peu de chaleur pour cette fête de la Nativité de Saint Jean-Baptiste.

Avec Frère Maximilien-Marie, nous avons relu les pages de Dom Guéranger relatives à cette très importante fête.
Pour moi, c’est un véritable émerveillement lorsque je lis que la période de six mois qui séparent la conception de Jean-Baptiste de celle de Jésus, explicitement mentionnée par l’archange Gabriel au moment de l’Annonciation à Notre-Dame, et les paroles mêmes du Précurseur :
« Il faut qu’il croisse et que moi je diminue », sont illustrées par la célébration liturgique, à six mois d’intervalle, au solstice d’été – à partir duquel les jours commencent à diminuer – et au solstice d’hiver – à partir duquel les jours recommencent leur croissance – des naissances de Jean et de Notre-Seigneur.

La correspondance des fêtes chrétiennes avec des moments importants du cycle solaire (Noël, la Chandeleur, l’Annonciation, la naissance du Baptiste, l’Assomption, la nativité de Notre-Dame, l’exaltation de la Sainte Croix, la Toussaint et la mémoire des trépassés… etc.), l’harmonie des cycles de la liturgie avec ceux de la lune (comme c’est le cas pour tout ce qui est en rapport avec le cycle de Pâques, et pour les Quatre-Temps) m’apparaît avec une lumineuse évidence comme l’oeuvre de la Sagesse divine qui a « disposé toutes choses avec mesure, nombre et poids » (Sap. XI, 21) et qui dès l’origine a tout ordonné au mystère du salut opéré par le Christ et diffusé dans l’univers par l’Eglise.

Cette merveilleuse harmonie de la liturgie avec les cycles du soleil et de la lune est aussi – par voie de conséquence – une correspondance aux cycles de la physiologie humaine et des rythmes de tous les êtres vivant sur la terre.

Aussi loin d’être une « récupération intéressée d’éléments étrangers à la Révélation chrétienne », que l’Eglise aurait opérée pour mieux étendre son audience, il faut voir dans l’assimilation de certains des éléments jadis pratiqués par les anciens paganismes la reconnaissance de l’admirable plan de Dieu qui avait, même au milieu des erreurs des rites païens, préservé des parcelles de la révélation primitive et entretenu des éléments de vérité par lesquels il préparait de manière lointaine la réception du message évangélique.

L’explication selon laquelle l’Eglise, ne parvenant pas à extirper les coutumes païennes, les aurait christianisées en les reprenant à son compte et en leur donnant un sens nouveau me paraît singulièrement simpliste. Quand, en outre, ce genre de commentaires sort de la bouche de personnes qui se disent croyantes, on est pour le moins époustouflé puisqu’il ne s’agit là en réalité que d’une forme très réductrice de rationalisme.

L’intelligence de la foi ne nous montre-t-elle pas au contraire qu’il est beaucoup plus conforme à la Sagesse divine et aux admirables dispositions de la Providence de voir dans ces rites et même dans certaines  pratiques symboliques de l’ancien paganisme, une sorte de pierre d’attente sur laquelle les missionnaires de l’Evangile pourraient ensuite s’appuyer pour bâtir ?

Comme je suis un chat, et qu’en outre je suis un chat monastique, je suis tout particulièrement sensible  à cet accord entre les cycles de la nature et de la liturgie chrétienne.
Dans plusieurs de ses ouvrages consacrés à la liturgie, celui qui est devenu depuis notre Saint-Père le Pape Benoît XVI avait insisté sur le caractère cosmologique des rites du christianisme : par exemple en rappelant le sens de l’orientation de l’autel et des églises, ou encore en faisant ressortir l’importance des gestes rituels et des ornements traditionnels, qui sont dans une harmonieuse continuité avec les symboles et les rites de l’Ancien Testament et avec les espérances des Gentils.

Comme ces caractères cosmologiques et symboliques correspondent à quelque chose qui est profondément ancré dans la nature de l’homme, et même si ce n’est pas la seule raison, il ne faut pas s’étonner, quand on les a plus ou moins faits disparaître de l’exercice du culte catholique (comme cela a été le cas en beaucoup d’endroits depuis bientôt cinquante ans) qu’un grand nombre de personnes ait déserté les églises et que ces affamés soient allés chercher ailleurs une réponse à leur attente.
Le malheur est que souvent, ils ne trouvent qu’une réponse superficielle et des nourritures frelatées auprès de mouvements qui récupèrent le symbolisme et le sens du sacré à d’autres fins que celles de la Rédemption…

Je suis toujours stupéfait par l’incohérence et l’aveuglement de ces prétendus théologiens, de ces ecclésiastiques et de ces spécialistes auto-proclamés, qui pérorent en parlant de « signifiant » et de « mystagogie », qui prônent une « redécouverte » du symbolisme des origines, qui prétendent à un « nouveau dynamisme ecclésial » par l’approfondissement des sources du culte chrétien, et qui, eux-mêmes, célèbrent la Messe – revêtus de « choses » (difficile d’appeler cela des ornements !) tellement informes et misérables qu’elles leur donnent des allures de sacs de patates – , sur des espèces de cubes en matériaux vulgaires, avec des poteries dont nulle personne bien élevée n’oserait se servir pour recevoir à sa table un personnage important : adieu, les vases sacrés ! adieu, les ornements précieux ! adieu, la plus élémentaire obéissance aux prescriptions du missel, lequel n’est d’ailleurs plus un beau et grand livre mais se trouve remplacé par une douteuse publication de poche en mauvais papier journal…

Pour celui qui se donne la peine d’étudier objectivement et rigoureusement les choses, il est évident que ceux qui – depuis la fin des années soixante – ont envoyé promener quantité d’éléments liturgiques qualifiés de « détails surannés », ont perdu le sens  véritable de la liturgie et n’ont pas, comme ils le prétendaient, opéré un « retour à la pureté originelle du culte chrétien ».
Tout au contraire ! ils ont purement et simplement perdu, ou du moins considérablement amoindri, un symbolisme sacré qui est bien plus qu’un simple héritage humain.

Voilà les réflexions que j’ai nourries cet après-midi, alors que j’étais allongé dans l’ombre délicate d’un arbuste, et que je n’ai pas résisté à la tentation de vous retranscrire.
Pour achever ma chronique de ce jour sur une note plus légère, je joins à ces lignes  – en guise d’au revoir – trois clichés pris hier soir à l’occasion du Feu de la Saint-Jean : il vous suffit de cliquer sur chaque vignette pour voir la photographie en grand.

Patte de chat Lully.

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2010-21. Peut-on interpréter cet « assourdissant silence » comme autre chose que l’aveu d’une lâcheté ou d’une trahison?

Vendredi 21 mai 2010.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Je vous préviens tout de suite : je vais écrire des choses qui ne plairont pas à certains, qui les feront grincer des dents, qui me vaudront d’être encore plus détesté d’eux  et me susciteront peut-être de nouvelles inimitiés… Comme cependant je ne suis qu’un simple petit chat, je ne vais pas hésiter à me servir de la souveraine liberté des félins pour vous livrer quelques réflexions sur une nouvelle qui est passée inaperçue pour bien des catholiques.

Tous les soirs, avec Frère Maximilien-Marie, nous prenons connaissance de l’actualité  du monde et de l’Eglise. Grâce à Internet, nous avons accès à un grand nombre de sites d’information : ceux que l’on peut qualifier de « généraux », et ceux qui sont plus « spécialisés » comme les sites des diocèses, de la conférence épiscopale et – bien entendu  et surtout – du Saint-Siège. Nous allons aussi chercher des informations dans ce qu’il est convenu d’appeler la « blogosphère catholique ». Je veux aujourd’hui  faire une mention  spéciale de l’excellent blog intitulé Perepiscopus dans lequel j’ai lu quelque chose qui m’a fait bondir, rugir et sortir mes griffes.

De quoi s’agit-il?

Au député socialiste Christian Bataille, qui soulignait que les élèves de l’enseignement public convoqués dans des écoles catholiques sous contrat pour y passer les épreuves du baccalauréat se trouvent contraints de composer dans des salles qui comportent des signes religieux, Monsieur Luc Chatel, ministre de l’éducation nationale, a adressé la réponse suivante : «L’organisation de l’examen du baccalauréat est l’un des aspects du service public de l’éducation. À ce titre, il est évidemment soumis, Monsieur Bataille, au principe de neutralité, et il est demandé au recteur de veiller au respect effectif de cette neutralité. Ainsi, les épreuves écrites comme les épreuves orales doivent se dérouler dans des salles où aucun signe religieux extérieur ostentatoire ne doit être mis en avant.»

Maximilien Bernard, qui a rédigé cette information dans le blog sus-nommé, ajoute ce commentaire : « Ce laïcisme outrancier repose sur une erreur : le Service interacadémique des examens et concours (SIEC) a écrit explicitement, noir sur blanc, dans ses documents d’organisation du bac, que la loi sur les symboles religieux à l’école ne s’applique pas aux centres d’examen. Les établissements catholiques sont donc parfaitement dans leur droit en laissant les crucifix aux murs. (…) Mais le plus grave n’est sans doute pas là : elle est dans l’absence de réaction de l’épiscopat. Deux semaines après la réponse du ministre, il n’y a toujours strictement aucune réaction de la part de la direction de l’enseignement catholique. »

Vous avez bien lu comme moi : alors que la loi sur les insignes religieux « ostentatoires » ne s’applique pas aux locaux d’examens, alors que le ministre commet un véritable abus de pouvoir, alors que les recteurs d’académie vont être autorisés au mépris du texte de la loi à faire retirer les crucifix des salles d’examen installées dans les bâtiments de l’enseignement catholique, depuis deux semaines aucune instance officielle de l’Eglise de France n’avait élevé la moindre protestation!

« N’avait » : parce qu’en effet l’interpellation de Maximilien Bernard a, semble-t-il, eu un effet bénéfique et a entrainé ce soir un communiqué de l’Adjoint au Directeur Diocésain de l’Enseignement Catholique de Paris, qu’on pourra donc trouver > ici.

Je ne vous cache pas que cette publication, même si elle me réjouit un peu,  me paraît particulièrement embarrassée et sans vigueur. Pour ce qui me concerne, je ne vais pas m’entraver les pattes avec de la diplomatie : si les académies réquisitionnent les locaux des établissements diocésains, qu’elles  en respectent les caractères qui sont tout simplement liés à leurs légitimes propriétaires, ou bien qu’elles aillent se faire voir ailleurs!  Cela me semble une évidence qui découle du respect de la propriété privée, laquelle existe encore sur cette terre de France, au moins en théorie.

Aux examinateurs animés d’un tel zèle laïcard, je voudrais dire tout bonnement ceci : « Lors même que vous faites enlever les crucifix des salles d’examen installées dans les locaux de l’enseignement catholique, vous devriez toutefois  craindre d’y mettre les pieds puisque ces locaux eux-mêmes, avec ou sans crucifix, demeurent la propriété de structures qui sont (au moins dans leur nom) catholiques. Mesdames et Messieurs les examinateurs qui vous insurgez contre la présence de croix dans les salles des établissements catholiques, vous devriez aussi faire bien attention aux sols catholiques sur lesquels vous allez mettre les pieds, aux chaises catholiques sur lesquelles vous allez poser vos derrières, aux distributeurs de café catholiques  auxquels vous irez chercher une boisson… etc. Ces bâtiments catholiques, ce mobilier catholique, payé avec l’argent des catholiques ne risquent-ils pas d’avoir sur vos  pieds, sur vos postérieurs et sur vos estomacs le même effet que l’eau bénite sur un possédé? Vous ne vous insurgez point contre l’injustice institutionnalisée qui fait que les parents choisissant l’enseignement catholique pour leurs enfants en payent deux fois la scolarité! Vous ne protestez pas contre le fait que l’argent des catholiques contribue à vos salaires de fonctionnaires laïcs!… Si vous ne voulez pas des quelques symboles catholiques qui subsistent encore dans les locaux de l’enseignement diocésain, ne vous gênez surtout pas pour aller installer vos salles d’examen dans les écoles coraniques ou talmudiques, dans les ateliers où planchent les sectateurs du Grand Orient ou encore dans les salles municipales. Mais alors n’omettez pas non plus de réclamer qu’on en fasse disparaître tous les signes d’appartenance à l’islam, au judaïsme, à la maçonnerie et  même le buste de la « Marianne » puisque elle est, elle aussi, le signe ostentatoire d’une espèce de religion laïque totalitaire qui exige la soumission des consciences à son idéologie et la soumission du comportement à sa pseudo morale et à ses rites! »

Mais – hélas! – déjà beaucoup d’écoles dites catholiques n’ont plus de crucifix, ni même une vague croix stylisée, dans leurs salles de classe. Je pourrais citer des cas très précis et circonstanciés de directeurs d’écoles, nommés par les Directions Diocésaines de l’Enseignement Catholique qui, de manière plus ou moins larvée, plus ou moins violente, plus ou moins rapide,  plus ou moins déclarée,  ont ruiné l’enseignement du catéchisme, ont retiré ou fait retirer crucifix, statues de la Vierge ou autres tableaux religieux dans les établissements qui leur étaient confiés par l’autorité ecclésiastique ou par les congrégations religieuses. Je pourrais parler de ces Directeurs Diocésains de l’Enseignement Religieux – des prêtres parfois! – qui ont fait la guerre aux professeurs qui maintenaient la prière au début de leurs cours… Oui, je pourrais citer des noms parce que depuis 30 ans qu’il évolue dans le milieu ecclésiastique, mon papa a pu prendre beaucoup de notes et relever beaucoup de témoignages qu’il garde très précieusement.

J’irai plus loin encore.

Peut-on attendre de certains évêques qu’ils montent au créneau pour défendre le maintien des crucifix dans les écoles, alors que, dans la rue – et même lorsqu’ils sont à Rome (je ne l’invente pas, plusieurs personnes que je connais en ont été très récemment les témoins) – , ils planquent leur croix pectorale dans la poche de poitrine de leur chemise, laquelle est souvent d’un gris ou d’un bleu tellement clair qu’on a toutes les peines du monde à y distinguer le petit carré blanc de leur col de clergyman?

Peut-on espérer que le quotidien quasi officiel de l’Eglise de France, malgré son nom, prenne la défense de la croix qu’il a enlevée depuis déjà longtemps de sa première page?

L’épiscopat français n’a pas été fichu (où donc était la sacro-sainte collégialité ce jour-là?) de faire bloc derrière l’Archevêque d’Avignon quand celui ci a rappelé les exigences et la spécificité d’un authentique enseignement catholique.

Ces évêques, leurs collaborateurs ou leurs commissions sont souvent très prompts à publier des protestations contre l’expulsion de personnes qui sont en dehors de la légalité républicaine (cette république pour les « valeurs » de laquelle ils n’hésitent pas à ressortir les encensoirs dont ils sont par ailleurs si avares pour Dieu dans leurs liturgies!), mais ils n’ouvrent pas la bouche, ou alors très mollement, quand c’est Notre-Seigneur Jésus-Christ lui-même qui est expulsé et qui se trouve victime de l’exclusion dans les bâtiments mêmes qui appartiennent aux diocèses ou aux congrégations… Point de « cercles de silence » en faveur du Saint Crucifix!

En écrivant ces lignes, je veux aussitôt ajouter que j’espère me tromper, et que je voudrais de tout mon coeur être dans l’erreur. Ne pouvant être au courant d’absolument tout, je souhaiterais que quelque évêque, quelque commission épiscopale ou diocésaine, quelque directeur d’établissement ou quelque syndicat d’enseignants chrétiens ait déjà élevé une vraie et véhémente protestation pour demander que la loi soit strictement respectée et que donc soient repoussées les prétentions sectaires de ceux qui veulent bannir Jésus des écoles qui appartiennent à Son Eglise.

Enlèvement des Crucifix des écoles par la force armée

1880: la troupe envoyée pour retirer les crucifix des écoles…

Somme toute, que des francs-maçons qui continuent à se réclamer de ces « grands ancêtres » qui ont envoyé à la guillotine, à la noyade ou à la fusillade, des milliers de prêtres, de religieux et de fidèles entre 1789 et 1799 veuillent la suppression de tous les symboles du catholicisme en France, cela reste dans une continuité logique absolue ; que des gauchistes qui se rattachent à l’idéologie socialo-marxiste qui a fait plus de 70 millions de victimes dans le monde – et spécialement d’innombrables martyrs depuis 1917 dans les populations chrétiennes d’Europe de l’Est, d’Asie, d’Amérique latine ou d’Afrique – veuillent faire disparaître le Saint Crucifix de tout les lieux publics en France, c’est parfaitement cohérent et il n’y a pas à s’en étonner…

Mais cet assourdissant silence des autorités religieuses est-il normal, logique, cohérent? Peut-on l’interpréter autrement que comme un aveu de lâcheté ou de trahison? « Celui qui  aura rougi de moi et de mes paroles, au milieu de cette génération adultère et pécheresse, le Fils de l’homme aussi rougira de lui lorsqu’il viendra dans la gloire de son Père avec les saints anges » (Marc VIII, 38). « Quiconque me confessera devant les hommes, moi aussi je le confesserai devant mon Père qui est dans les cieux : mais celui qui m’aura renié devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est dans les cieux » (Matth. X, 33).

Certains écriraient à propos de ceux dont on est légitimement en droit d’attendre qu’ils se comportent en véritables défenseurs de la Foi et de l’Eglise, qu’ils ne sont plus que des carpettes… mais je ne l’écrirai pas : une carpette en effet – et surtout pour un chat – peut-être quelque chose de très agréable d’autant que, dans les bonnes maisons, elles sont normalement propres et très jolies ; la comparaison serait donc fausse! Je reprendrai simplement à mon compte l’expression du prophète Isaïe (LVI, 10), comme l’avait fait en son temps Monseigneur Seitz (dernier évêque français au Vietnam qui a courageusement dénoncé la complicité tacite de certains hommes d’Eglise et des politiciens occidentaux avec les persécuteurs des chrétiens) : ils se comportent comme des chiens muets – « canes muti » – alors qu’ils eussent dû aboyer pour avertir de l’arrivée des voleurs et attaquer pour les mettre en fuite.

Au fond du problème, il y a d’une part la manière dont les contrats d’association avec l’état ont été négociés et appliqués. Cela porte un nom  très précis : prostitution… Car dans leur grande majorité, l’enseignement dit catholique en France a en effet vendu son âme en échange d’avantages financiers et pour une prétendue pacification des relations avec le pouvoir laïc. D’autre part, je puis affirmer de manière catégorique que certains « acteurs de la vie de l’Eglise » (selon la phraséologie néo-précieuse qui sévit  dans certains milieux ecclésiastiques) appartiennent à la maçonnerie : je n’affabule pas, je ne suis pas tombé dans la paranoïa. En effet, je peux citer au moins deux cas de personnes engagées soit dans l’enseignement diocésain soit dans d’autres structures de l’Eglise catholique, qui n’ont pas fait mystère de leur appartenance à la secte. Comme il leur était objecté que l’affiliation à la maçonnerie était incompatible avec le catholicisme (voir l’appendice à la suite de ce texte), ces deux personnes ont répondu l’une et l’autre qu’elles en avaient parlé à leur cardinal archevêque respectif (oui, oui, vous avez bien lu) : ni l’un ni l’autre  de ces prélats n’y a rien trouvé à redire…

Cela se passe de tout commentaire et je vous laisse en conclusion cette phrase dite il y a déjà longtemps à Frère Maximilien-Marie par le Provincial d’une congrégation religieuse enseignante : « Nous avons, certes, des écoles encore à peu près libres, mais il faudrait refonder un véritable enseignement catholique… »

Lully.

* * * * * * *

Appendice :
Déclaration de la Sacrée Congrégation pour la Doctrine de la Foi
au sujet de la franc-maçonnerie, en date du 26 novembre 1983 et signée par le Cardinal Ratzinger.

« Certains se sont demandés si la pensée de l’Eglise sur la franc-maçonnerie avait changé parce qu’il n’en est pas fait mention expresse dans le nouveau Code de Droit Canon comme c’était le cas dans l’ancien Code.

La Sacrée Congrégation est en mesure de répondre que cet état de fait est dû à un critère utilisé pour la rédaction et qui a été observé également pour d’autres associations, passées de la même façon sous silence, dans la mesure où elles étaient comprises dans des catégories plus larges.

Le jugement négatif de l’Eglise sur la franc-maçonnerie demeure donc inchangé parce que ses principes ont toujours été considérés comme incompatibles avec la doctrine de l’Eglise ; c’est pourquoi il reste interdit par l’Eglise de s’y inscrire. Les catholiques qui font partie de la franc-maçonnerie sont en état de péché grave et ne peuvent s’approcher de la Sainte Communion.

Les autorités ecclésiastiques locales n’ont pas la faculté d’émettre sur la nature des associations de la franc-maçonnerie un jugement qui entraînerait une dérogation à ce qui est mentionné ci-dessus, conformément à l’esprit de la Déclaration du 17 février 1981 de cette même Sacrée Congrégation.

Le Souverain Pontife Jean-Paul II, au cours de l’audience accordée au sous-signé le Cardinal Préfet, a approuvé la présente déclaration adoptée au cours de la réunion ordinaire de cette Sacrée Congrégation et en a ordonné la publication.

Donné à Rome, au Siège de la Sacrée Congrégation pour la Doctrine de la Foi, le 26 novembre 1983.

Joseph Cardinal Ratzinger, Préfet
Fr. Jérôme Hamer, o.p., Archevêque titulaire de Lorium, Secrétaire
. »

2010-16. « Nous devons suivre Jésus sur la voie du courage qui ne se laisse pas intimider par les rumeurs de l’opinion dominante. » (Benoît XVI)

Joyeuses Pâques

Vendredi de Pâques 9 avril 2010.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Je ne veux pas laisser se terminer l’octave de Pâques sans vous adresser quelques lignes : j’espère que vous avez tous passé une belle et fervente Semaine Sainte, ainsi qu’une joyeuse fête de la Résurrection de Notre-Seigneur.

Cette « solennité des solennités » est le point culminant de l’année chrétienne et les grâces du Ciel y sont déversées avec une surabondance particulière. La mort et la résurrection du Seigneur Jésus-Christ marquent la victoire de Dieu sur le mal et sur la puissance démoniaque : du mystère pascal découlent toutes les grâces de notre salut et de notre sanctification. Il est donc tout à fait normal, en définitive, que le diable soit en fureur lorsque l’Eglise célèbre cette victoire ; il est tout à fait logique que la célébration des mystères du salut le mettent en rage et que, d’une manière tout à fait spéciale dans cette période, il se déchaîne contre tout ce qui porte la marque de Dieu…

Notre Saint-Père le Pape Benoît XVI fait l’objet d’attaques virulentes et répétées justement parce qu’il est un homme de Dieu et parce qu’il accomplit dans l’Eglise et pour l’Eglise un travail nécessaire : travail de redressement et de restauration voulu par Dieu au service de la Vérité et pour le règne de l’authentique Charité dans les coeurs, dans l’Eglise et dans le monde entier.

Cet homme doux et intègre dérange donc les faux prophètes manipulateurs d’opinion et promoteurs d’une société soumise à cette « dictature du relativisme » qu’il a dénoncée lors de la Messe précédant le conclave qui l’a élu au Souverain Pontificat. Ce Pape dérange, à l’intérieur même de l’Eglise, tous les esprits dont la foi et la charité ont été dénaturées par le modernisme et les idéologies…

De la même manière que Caïphe fut prophète sans comprendre la portée réelle de ses paroles lorsqu’il déclara devant le Sanhédrin qu’il valait mieux « qu’un seul homme meure pour tout le peuple » (cf. Joan.XI, 49-53), un homme politique français avait déclaré, il y a environ un an, que « ce Pape commence à poser un vrai problème« … Il disait vrai : ce Pape pose un vrai problème à tous les faux prophètes et à tous ceux qui ont falsifié la foi catholique, et il est vraiment heureux que Benoît XVI soit là comme un petit grain de sable qui gêne les rouages de la machine infernale bien huilée de leur oeuvre mortifère pour les âmes et pour la société tout entière!

Ce que notre Frère Maximilien-Marie écrivait l’an dernier à pareille époque reste d’une vérité et d’une actualité qui n’iront sans doute qu’en se renforçant et en amplifiant encore:

« Ne nous faisons pas d’illusions : à l’approche de la Semaine Sainte et des solennités pascales, nous  devons  nous attendre à de nouvelles provocations ou tentatives de manipulations de l’opinion publique tendant à discréditer l’Eglise et le Pape, le Christ et son Evangile, la Foi et ses enseignements… Sans vouloir en aucune manière jouer au prophète de malheur, je puis vous annoncer que l’opposition médiatique, que l’opposition politique et que l’opposition à l’intérieur même de l’Eglise catholique contre notre Saint-Père le Pape Benoît XVI, ne font que commencer et qu’elles risquent de croître en amplitude et en virulence (…).

Que le pape “pose un vrai problème” aux hommes politiques véreux, aux francs-maçons  de toutes obédiences et aux pseudos-vertueux qui prônent le laxisme moral et la décadence, c’est un très bon signe!

Ce qu’on reproche au Pape, c’est de tenir des propos… catholiques! Or, en ce qui me concerne, je suis bien plus rassuré dans ma conscience chrétienne par les propos d’un Pontife qui ne s’embarrasse pas des modes et des pressions médiatiques, que s’il se mettait à prôner la même chose que les acteurs et les chantres d’une société affranchie des exigences de la Loi divine.

La vérité contenue dans le Saint Evangile n’a rien à voir avec les doctrines du monde, elle n’est pas sujette aux fluctuations de l’opinion publique ni aux errances de la mode. Notre Saint-Père le Pape Benoît XVI ne fait qu’annoncer et énoncer des vérités qui ne sont pas du domaine de l’opinion et de la mode, rien d’étonnant donc à ce que le monde le prenne en haine.  On peut même dire que la virulence de la tempête  médiatique et le déferlement de méchanceté  dirigés contre lui sont – en définitive – le signe qu’il est le fidèle ambassadeur d’une Parole qui dérange, une Parole qui n’est pas humaine.

J’ajouterai encore ceci : si “on” ne craignait pas l’influence de Benoît XVI, il n’y aurait pas un tel déchaînement contre lui ; si les ennemis du Christ n’avaient pas une conscience  aigüe de la vérité des paroles du Vicaire du Christ, ils ne s’agiteraient pas tant ; si tous  ceux qui s’adonnent au mal, au mensonge, aux compromissions les plus répugnantes et à la promotion du vice ne se sentaient pas menacés, ils n’attaqueraient pas de la sorte celui qui dirige aujourd’hui la Sainte Eglise et la gouverne avec  autant de force et de douceur, de sagesse et de sagacité ; s’ils ne savaient pas que leur pouvoir et leur influence sont ébranlés par la simple proclamation des vérités qui découlent du Saint Evangile, ils ne s’activeraient pas autant pour essayer d’étouffer ou de dénaturer la voix paisible de celui qui en est l’interprète (…).

Cette situation conflictuelle ne peut même qu’aller croissant lorsque ces sociétés ont leurs fondements et leurs références dans des “valeurs” étrangères à la Loi divine et à la loi naturelle elle-même. Ce pourquoi je n’hésite pas à dire (et à répéter de manière insistante) que, s’il n’y a pas une adhésion fondamentale de la société civile à l’esprit de l’Evangile, on arrive nécessairement à la persécution... »

Je vous encourage à relire en totalité ces deux textes  (ici > www et  ici > www) à la lumière de l’horrible campagne médiatique orchestrée depuis des semaines contre la personne et l’action du Souverain Pontife, et en ayant fortement ancrées dans l’esprit ces paroles qu’il a prononcées à l’occasion du dimanche des Rameaux et que j’ai placées en exergue à ma chronique de ce jour : « Nous devons suivre Jésus sur la voie du courage qui ne se laisse pas intimider par les rumeurs de l’opinion dominante« .

Benoît XVI Bénédiction Urbi et Orbi Pâques 2010

Notre Saint-Père le Pape Benoît XVI donnant la bénédiction Urbi et Orbi du Saint Jour de Pâques 2010.

Les 16 et 19 avril ce seront successivement le 83ème anniversaire de la naissance puis le 5ème anniversaire de l’élection au Souverain Pontificat de notre Pape bien aimé, nous aurons donc à coeur de prier d’une manière encore plus intense et plus filialement aimante pour sa personne et pour son précieux ministère. Nous prions dès à présent avec ferveur pour que Benoît XVI continue courageusement et très longtemps encore à poser de vrais problèmes à tous ceux qui dans l’Eglise et hors de l’Eglise agissent – consciemment ou non – en satellites de l’ennemi de Dieu.

Aujourd’hui même, notre Frère Maximilien-Marie prend justement la route de Rome : il va accompagner un pèlerinage sur les traces des Zouaves Pontificaux, ces soldats héroïques qui, en leur temps, s’engagèrent pour défendre le Siège Apostolique contre les attaques diaboliques qui se dissimulaient sous les couleurs toujours séduisantes de la modernité et de la conformité au monde. Si le combat des chrétiens en ce début de XXIème siècle ne prend pas exactement la même forme extérieure, il reste cependant toujours le même en ce qui concerne le fond : le combat d’une fidélité sans concession à Celui qui est la Voie, la Vérité et la Vie et dont l’enseignement n’est pas en conformité avec les maximes du monde.

Que le Seigneur, pour ce combat qui n’est en définitive pas le nôtre mais le Sien, arme nos âmes de ce courage qui ne se laisse pas intimider par les rumeurs de l’opinion dominante, remplisse nos esprits d’une vaillante détermination dans l’attachement à la Vérité du Christ, et fasse vivre nos coeurs d’une indéfectible et mâle charité.

Lully.

2010-11. Alter Christus.

Mercredi 3 mars 2010.

Chers Amis du « Refuge Notre-Dame de Compassion« ,

Vous le savez, vous qui êtes en lien de foi et de spiritualité avec nous, notre Saint-Père le Pape Benoît XVI a voulu que l’Eglise catholique vive, depuis le 19 juin 2009 et jusqu’au 19 juin 2010, une « année sacerdotale« : je vous en avais parlé au mois d’avril dernier, peu de temps après que le Souverain Pontife en a fait l’annonce (cf.> www).

Notre bien-aimé Pape a voulu que la célébration du 150ème anniversaire de la mort du Saint Curé d’Ars soit pour tous les fidèles une occasion d’approfondir le mystère du sacerdoce. En effet, la crise qui a ravagé et ravage encore une grande partie du monde catholique, a eu pour effet qu’un très grand nombre de prêtres et de fidèles ont – en partie ou totalement – perdu le sens de la vocation et du ministère des prêtres.

2010-11. Alter Christus. dans Commentaires d'actualité & humeurs rencontre1

« Tu m’a montré le chemin d’Ars, je te montrerai le chemin du Ciel! »

Parmi les excellentes initiatives de cette « année sacerdotale », il faut faire une mention spéciale du film de 30 minutes qui a été réalisé à la demande de la Congrégation pour le Clergé (c’est-à-dire l’organisme du Saint-Siège qui s’occupe de tout ce qui concerne le clergé catholique). Ce court-métrage est intitulé « Alter Christus ». Ces deux mots latins  qui signifient « autre Christ » sont extraits d’un adage très ancien : « Sacerdos alter Christus. Le prêtre est un autre Christ ». En effet le prêtre n’est pas seulement un « représentant » du Christ à la manière dont un ambassadeur représente le gouvernement d’un pays mais, par la grâce du sacrement de l’Ordre, il est configuré au Christ dans son être profond. C’est le Christ Lui-même qui agit en lui et à travers lui quand le prêtre célèbre les sacrements.

Il est possible de visionner ce film, découpé en trois parties d’une dizaine de minutes, grâce à « You Tube » où il est disponible en italien, en français, en espagnol, en allemand et en anglais. Outre des extraits particulièrement bien ciblés de discours des Papes Jean-Paul II et Benoît XVI, sont présentés les interventions et témoignages de nombreux prêtres, évêques et cardinaux tels que Monsieur le Cardinal Claudio Hummes (préfet de la congrégation pour le clergé), Monsieur le Cardinal Antonio Canizares (préfet de la congrégation pour le culte divin), Monsieur le Cardinal Julian Herranz (président émérite de la commission pour l’interprétation des textes législatifs), Monseigneur Maura Piacenza (archevêque secrétaire de la congrégation pour le clergé), Monseigneur Guido Marini (Maître des cérémonies liturgiques du Souverain Pontife)… etc.

En trente minutes sont rappelées des vérités essentielles et absolument vitales pour l’Eglise, des vérités que les fidèles n’entendent encore malheureusement pas dans un trop grand nombre de paroisses françaises, paroisses sclérosées et mourantes parce qu’elles sont encore aux mains de dangereux intégristes bloqués sur une idéologie qui se croyait d’avant-garde dans les années 1960-1970.

Ainsi donc, le prêtre n’est pas « un homme comme les autres » : son ordination en fait quelqu’un d’à part. Le prêtre doit être clairement reconnu par un habit spécifique. Le prêtre n’est pas un « modérateur » gérant une structure plus ou moins démocratique : il est investi d’une autorité divine et irremplaçable pour oeuvrer au salut et à la sanctification des âmes. Le prêtre est ordonné pour être l’homme des sacrements, et en tout premier lieu pour célébrer la Sainte Messe et administrer le sacrement de pénitence. La Messe est le renouvellement non-sanglant du Saint Sacrifice du Calvaire, sa célébration obéit à des règles strictes auxquelles les prêtres n’ont pas le droit de toucher… etc.

La Sainte Messe

La réalité de l’autel, c’est celle du Calvaire.

Les images qui accompagnent ces témoignages sont pleines de beauté et laissent clairement transparaître le sens du sacré, la beauté et la solennité qui doivent entourer la célébration des sacrements. Les « eucharisties » zim-boum-boum, les autels en contreplaqué sur lesquels on accroche des pantins fabriqués avec des rouleaux de papier toilette, les « ornements » sans tenue que l’on croyait découpés dans les drapeaux de la gay-pride, les « vases sacrés » en poterie, la distribution de la sainte communion faite n’importe comment, les prêtres aux allures de clochards avec leurs pantalons tombant en accordéons sur les chevilles …etc., la Congrégation pour le Clergé nous montre sans détours que tout cela est indigne du mystère de l’Eucharistie et du sacerdoce qui en est indissociable! Il est d’ailleurs tout à fait remarquable que certaines prises de vues sont faites lors de célébration de la Sainte Messe selon la « forme extraordinaire du rite romain ».

Je vous encourage donc à visionner ce film et, plus qu’à en être des spectateurs passifs, à en faire le support d’une véritable méditation et d’une fervente prière.

Rendons grâces à Dieu de nous avoir donné le sacerdoce, rendons grâces à Dieu pour l’exemple du Saint Curé d’Ars, rendons grâces à Dieu pour notre Saint-Père le Pape Benoît XVI qui travaille avec patience, douceur, humilité et courage à la restauration de Son Eglise!

Frère Maximilien-Marie.

Voir le film « Alter Christus »: 1ère partie, ici > www. 2ème partie, ici> www. 3ème partie, ici> www.

2010-5. « Nul n’est de trop dans l’Eglise »!

Samedi 13 février 2010.

Chers Amis du « Refuge Notre-Dame de Compassion« ,

Nous arrivons au dimanche de la Quinquagésime, le troisième du cycle de la préparation lointaine aux fêtes pascales : dans l’Evangile de ce dimanche, nous entendons Notre-Seigneur Jésus-Christ annoncer solennellement sa Passion « Voici que nous montons à Jérusalem où se réalisera tout ce que les prophètes ont annoncé au sujet du Fils de l’homme… » (Luc XVIII, 31). Dans trois jours nous allons entrer solennellement en Carême, recevoir les cendres et commencer le grand jeûne préparatoire à la solennité de Pâques.

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Ne l’oubliez pas, Chlôris et moi-même sommes des chats monastiques : avec l’aide de Frère Maximilien-Marie, nous méditons sur les Saintes Ecritures et sur les écrits des Pères de l’Eglise, nous lisons la vie et les écrits des Saints et nous étudions les magnifiques enseignements doctrinaux et spirituels dispensés par notre Saint-Père le Pape Benoît XVI.

Il y a trois dimanches, l’entrée dans le temps de la Septuagésime nous a permis d’entendre à nouveau la proclamation de la parabole des ouvriers de la onzième heure (Matth. XX 1-16) : en la relisant cette année, j’ai été plus particulièrement touché par cette miséricorde du « Maître de la vigne » qui veut partager largement ses richesses de grâces et le trésor de son Coeur : pour cela  Il ne veut laisser aucun ouvrier sans emploi, aucune compétence ou bonne volonté hors de sa vigne.

La vigne est le symbole de l’Eglise ; aussi cette parabole – au vu des circonstances actuelles – m’a rappelé un passage du discours que le Souverain Pontife a prononcé à Lourdes le 14 septembre 2008 devant l’ensemble des évêques de France :

« Le culte liturgique est l’expression suprême de la vie sacerdotale et épiscopale, comme aussi de l’enseignement catéchétique. Votre charge de sanctification du peuple des fidèles, chers Frères, est indispensable à la croissance de l’Église. J’ai été amené à préciser, dans le motu proprio Summorum Pontificum, les conditions d’exercice de cette charge, en ce qui concerne la possibilité d’utiliser aussi bien le missel du bienheureux Jean XXIII (1962) que celui du Pape Paul VI (1970). Des fruits de ces nouvelles dispositions ont déjà vu le jour, et j’espère que l’indispensable pacification des esprits est, grâce à Dieu, en train de se faire. Je mesure les difficultés qui sont les vôtres, mais je ne doute pas que vous puissiez parvenir, en temps raisonnable, à des solutions satisfaisantes pour tous, afin que la tunique sans couture du Christ ne se déchire pas davantage. Nul n’est de trop dans l’Église. Chacun, sans exception, doit pouvoir s’y sentir chez lui, et jamais rejeté. Dieu qui aime tous les hommes et ne veut en perdre aucun nous confie cette mission de Pasteurs, en faisant de nous les Bergers de ses brebis. Nous ne pouvons que Lui rendre grâce de l’honneur et de la confiance qu’Il nous fait. Efforçons-nous donc toujours d’être des serviteurs de l’unité! »

« Nul n’est de trop dans l’Eglise » : cette toute petite phrase est lourde de sens ; elle montre à l’évidence (car ce n’est évidemment pas par hasard que le Pape l’a placée dans cette partie de son discours) que le Saint-Père est au fait des difficultés rencontrées par les fidèles catholiques qui demandent l’application du motu proprio « Summorum Pontificum cura ».

Benoît XVI sait que des tracasseries sans nombre sont très souvent opposées par les autorités diocésaines aux catholiques qui sont simplement désireux de bénéficier en France, en toute sérénité, de la pleine et simple application des directives du Chef de l’Eglise Catholique. Benoît XVI sait bien que ce qu’il a généreusement et largement accordé à tous les fidèles et à tous les prêtres se trouve trop souvent empêché par ceux qui n’ont normalement pas le pouvoir de restreindre les dispositions qu’il a lui-même établies, et qui – de ce fait – sont coupables d’abus de pouvoir.

Malgré les paroles qui leur ont été adressées de manière très claire par notre Saint-Père le Pape à Lourdes, nous ne pouvons que constater – ce sont des faits bruts, sans commentaires : ils parlent d’eux-mêmes – qu’une majorité de prêtres et d’évêques, au lieu de se comporter en « serviteurs de l’unité », s’enferre dans une attitude d’exclusion et de rejet d’une partie des fidèles, auxquels les qualificatifs les plus péjoratifs sont attribués. Ils sont maintenus dans des conditions de parias et des traitements parfois fort discourtois, voire rudes leur sont réservés… On a bien vu récemment comment le Cardinal Archevêque de Paris a fait envoyer trois cars de CRS afin d’expulser d’une église parisienne une vingtaine de fidèles venus rencontrer leur curé pour lui demander la célébration d’une Sainte Messe tridentine dans la paroisse, et qui attendaient l’entretien promis par le curé en récitant leur chapelet!…

Ces prêtres et évêques qui sont souvent irrités qu’on leur donne leurs titres normaux de « Monsieur l’Abbé », de « Monsieur le Curé » et de « Monseigneur » et qui voudraient qu’on les appelle « Père », manifestent tout autre chose que de la sollicitude paternelle : ils se comportent en vérité comme des garde-chiourmes bornés et sans coeur, au service d’une idéologie mortifère qui n’a rien à voir avec l’Evangile ni avec un authentique souci du bien des âmes!

La réalité qui est en effet encore malheureusement au coeur d’un grand nombre d’ecclésiastiques français, est une espèce de néo-gallicanisme moderniste. Loin de travailler à cette « indispensable pacification des esprits » que le Souverain Pontife désirait voir s’établir partout, les apparatchiks diocésains, malgré leurs paroles lénifiantes et leurs slogans ronflants contre l’exclusion et l’accueil de ceux qui sont différents, sont coutumiers de la discrimination et du rejet de tout ce qui n’entre pas dans les cadres d’une prétendue pastorale qui refuse de se remettre en question. Et pourtant : « Nul n’est de trop dans l’Église. Chacun, sans exception, doit pouvoir s’y sentir chez lui, et jamais rejeté. Dieu qui aime tous les hommes et ne veut en perdre aucun nous confie cette mission de Pasteurs, en faisant de nous les Bergers de ses brebis. »

Après avoir trahi et détourné le second concile du Vatican, après avoir semé le doute sur les vérités révélées, « ils » ont – conséquence rigoureusement logique – détruit l’enseignement religieux, ruiné la liturgie, vidé les sacrements de leur finalité, fait fuir les paroissiens, désertifié leurs églises, fermé les séminaires et les couvents… etc. Ils règnent sur un champ de ruines et ils ont cependant l’air très content d’eux puisqu’ils claironnent (est-ce un aveuglement volontaire ou de la pure bêtise?) – devant des assemblées clairsemées dans lesquelles dominent largement les cheveux blancs – que leur « église n’a jamais été aussi belle et dynamique »!!! Mais en réalité « leur église » n’est plus l’Eglise Catholique Romaine : s’ils occupent de fait les postes qui sont normalement ceux du clergé catholique, leurs coeurs et leurs intelligences sont en situation d’opposition et de schisme avec le Siège Apostolique du successeur de Saint Pierre ; ils ont réussi à détourner de la véritable Foi catholique les quelques braves personnes qui restent encore dans leurs paroisses et qui, sans qu’elles en aient vraiment conscience, n’ont plus qu’une adhésion vague et floue aux dogmes les plus fondamentaux tels que la Sainte Trinité, la divinité de Notre-Seigneur Jésus-Christ, l’inspiration des Saintes Ecritures, la Rédemption, la Transubstantiation et la Présence réelle du Christ dans l’Eucharistie… etc.

L’épître de ce dimanche de la Quinquagésime reprend les 13 premiers versets du chapitre XIII de la première épître aux Corinthiens, que l’on appelle souvent « hymne à la charité ». Il ne peut pas y avoir de charité sans vérité, tout comme il n’y a pas de vérité sans charité. Si, en lisant ce que j’écris, il peut vous sembler que mes griffes de petit félin sont un peu trop acérées, vous vous méprenez profondément : comprenez bien qu’il n’y a dans mon coeur ni amertume ni aucune forme de méchanceté mais seulement un zèle nourri pour cette Eglise Catholique que j’aime et dans laquelle je voudrais qu’en vérité et en actes – plus qu’en beaux discours et en faux-semblants – soient effectives les paroles de l’Apôtre des Nations : « La charité est patiente, elle est bénigne, la charité n’est point envieuse, elle ne commet point d’indélicatesse, elle ne s’enfle pas, elle n’est pas ambitieuse, elle ne recherche pas son propre intérêt, elle ne s’irrite point, elle ne pense pas le mal, elle ne met pas sa joie dans l’iniquité mais elle se réjouit dans la vérité : elle souffre tout, elle croit tout, elle espère tout, elle endure tout ».

Aussi ne puis-je que conclure ces lignes par cette courte prière qui résume toutes mes aspirations et mes espérances : « Mon Dieu, faites l’unité des esprits dans la Vérité et l’union des coeurs dans la Charité! »

Lully.

2009-15 b. « Ce Pape pose un vrai problème »!!! (2ème partie).

Samedi de la quatrième semaine de carême, 28 mars 2009.

Chers Amis du « Refuge Notre-Dame de Compassion« ,

Dans les réflexions que je vous livrais avant-hier (cf.> www), j’ai voulu mettre en évidence combien la fidélité à la personne et aux enseignements de Notre-Seigneur Jésus-Christ ne peut en définitive qu’aboutir à un conflit. Les actuelles polémiques et les contestations de plus en plus virulentes autour du Souverain Pontife et de sa parole – avec tous les mensonges et manipulations que nous avons déjà évoqués -, les remises en question de plus en plus haineuses et passionnées de l’enseignement et de la discipline de l’Eglise ne peuvent pas vraiment étonner celui qui a fait des Saints Evangiles sa nourriture.

Notre-Seigneur nous l’a dit très explicitement : « Pensez-vous que je sois venu apporter la paix sur la terre? Non, je vous le dis : mais la division. Car désormais, dans une seule maison, cinq seront divisés, trois contre deux, et deux contre trois ; seront divisés le père contre le fils et le fils contre le père, la mère contre la fille et la fille contre la mère, la belle-mère contre sa belle-fille et la belle-fille contre sa belle-mère » (Luc XII, 51-53). Ou encore en Saint Matthieu : « Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre ; je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive «  (Matth. X,34). Si l’attachement à Notre-Seigneur peut être source de conflits entre des personnes liées par le sang et par les affections les plus naturelles, à combien plus forte raison  dans les sociétés civiles…

Cette situation conflictuelle ne peut même qu’aller croissant lorsque ces sociétés ont leurs fondements et leurs références dans des « valeurs » étrangères à la Loi divine et à la loi naturelle elle-même. Ce pourquoi je n’hésite pas à dire (et à répéter de manière insistante) que, s’il n’y a pas une adhésion fondamentale de la société civile à l’esprit de l’Evangile, on arrive nécessairement à la persécution.

La persécution peut s’exercer de diverses manières, plus ou moins avouées, plus ou moins larvées, plus ou moins insidieuses. On ne vous jettera peut-être pas aux lions, on ne vous enduira peut-être pas de poix pour faire de vous des torches vivantes destinées à éclairer de somptueuses fêtes nocturnes, on ne vous soumettra peut-être pas au chevalet, au grill, aux ongles de fer et à ces mille autres raffinements de cruauté physique dont nous lisons les détails dans le martyrologe… pas tout de suite du moins. Cependant on saura bien, et de plus en plus – tantôt par la dérision, tantôt par la séduction, tantôt par des pressions et des contraintes, psychologiques ou administratives, sociétales ou médiatiques – déployer une large palette de moyens pour vous intimider ou vous contraindre. « 1984″ de Georges Orwell ou « le Maître de la terre » de Robert Hugues Benson ne sont probablement que de pâles figures de ce qui peut arriver…

Le Vicaire de Celui qui, quarante jours après sa naissance, a été  désigné comme un « signe de contradiction » (Luc II, 33), peut-il être autre chose qu’un signe de contradiction à son tour?  Alors, oui, pour reprendre l’expression de Monsieur Alain Juppé, il est dans l’ordre des choses, il est normal, il ne peut être étonnant que – pour tous ceux dont le mode de pensée, de fonctionnement et d’action relève davantage des maximes du monde que de l’Evangile – ce Pape « pose un vrai problème  » et devienne lui aussi une « pierre de scandale » : « Ils se sont heurtés contre la pierre d’achoppement, ainsi qu’il est écrit : ‘Voici que je mets en Sion une pierre d’achoppement et une pierre de scandale ; et quiconque croit en lui ne sera point confondu’ (cf. Isaïe VIII, 14 & XXVIII, 16) » (Rom. IX, 32-33).

La royauté de Notre-Seigneur Jésus-Christ  ne lui est pas décernée par ce monde (il l’affirmera devant Pilate, cf. Joan. XVIII, 36) : elle ne procède pas du suffrage universel, elle n’est pas ordonnée à la logique de nos politiques. Après la multiplication des pains, Notre-Seigneur s’est dérobé à l’enthousiasme des foules qui voulaient le faire roi. Cependant il est véritablement roi et sa royauté s’exercera sur ce monde, que celui-ci le veuille ou non : « Opportet illum regnare! Il faut qu’il règne! » (1 Cor. XV, 25).  Cette royauté découle, au plus haut degré, de ses droits de Rédempteur : elle n’est pas acquise par les urnes mais par le sang. Ce n’est pas le jour de la multiplication des pains ou le dimanche des Rameaux que Jésus prend possession de son règne, mais c’est le Vendredi Saint. Si nos modernes instituts de sondage avaient interrogé ce jour-là les hiérosolymites et tous ceux qui s’étaient naguère précipités pour écouter les enseignements du « Rabbi galiléen », dans l’enthousiasme des jours faciles, avec l’espoir plus ou moins avoué de le voir faire ou d’être les bénéficiaires de ses miracles, il est bien évident que les pourcentages en sa faveur auraient été infimes. Rappelons-nous tout ce que la petite phrase des disciples d’Emmaüs recèle d’incompréhension profonde et d’amère déception : « Et nous qui espérions que ce serait lui le rédempteur d’Israël!… » (Luc XXIV, 21). Rien d’étonnant donc à ce que les foules manipulées d’aujourd’hui, à ce que les journalistes et autres « faiseurs d’opinion », à ce que les hommes politiques et tous ceux qui bornent leurs espérances aux horizons terrestres crient au scandale.

« Ecce ascendimus Jerosolymam… Voici que nous montons à Jérusalem » (Luc XVIII, 31), lisions-nous dans l’Evangile du dimanche de la Quinquagésime : tout ce qui a été écrit au sujet du Fils de l’homme – livré aux païens, tourné en dérision, outragé, couvert de crachats, flagellé et mis à mort -, tout cela, le « Corps mystique » du Christ – la Sainte Eglise – est appelé à y participer à sa suite. Nos temps actuels ne peuvent pas être étrangers à cette participation.

2009-15 b.

Par la liturgie, nous allons entrer ce soir dans le temps de la Passion : « Ecce ascendimus Jerosolymam! » Ce dont nous sommes aujourd’hui les témoins n’est que la répétition de ce qui s’est passé au printemps de l’an 33 : avec des figures et des noms différents, nous retrouvons les mêmes acteurs, les mêmes passions humaines, les mêmes intérêts… et les mêmes fidélités.

Aujourd’hui encore il y a ceux qui – comme les grands prêtres félons – craignent que leur  emprise sur les foules soit « concurrencée » (on peut par exemple penser à tous ceux qui sont furieux du succès du voyage du Pape Benoît XVI en France, en septembre dernier) : « Si nous le laissons ainsi tous croiront en lui… » (Jean XI, 49). Il y a tous les modernes pharisiens : « Voyez-vous que nous ne gagnons rien? Voilà que tout le monde court après lui » (Jean XII, 19). Il y a tous les Judas, tous ceux qui se scandalisent au sujet du parfum versé par Marie-Magdeleine (Jean XII, 4), ceux dont les raisons « humanitaires » recèlent de secrètes convoitises, et tous ceux qui ont détourné l’Evangile pour en faire une « option préférentielle » pour les luttes de ce monde (même si, objectivement, ce sont de « bonnes causes », des « causes justes », mais poursuivies en dehors de tout esprit surnaturel). Ne l’oubliez pas, Judas était apôtre : il n’avait pas reçu un appel moindre ; sa vocation était véritable ; il avait eu des grâces hors du commun ; il avait accompli des miracles et chassé des démons… Et aujourd’hui encore il en est – parmi ceux dont la vocation chrétienne était véritable,  parmi ceux dont la vocation religieuse ou sacerdotale était véritable, parmi ceux dont la vocation épiscopale était véritable – qui finissent par se détourner du Christ, qui perdent le sens du salut des âmes et l’authentique esprit de la rédemption, et qui en viennent, de diverses manières, à trahir et à vendre le Christ…

Aujourd’hui encore, il y a la même foule versatile qu’à Jérusalem : « Ils vinrent au devant de lui parce qu’ils avaient appris qu’il faisait des miracles » (Jean XII, 18). Ils ne recherchent pas dans le Christ le Sauveur de leurs âmes, mais celui qui leur rendra la vie facile ; ils ne recherchent pas à entendre sa parole pour se convertir, mais ils aspirent à ne plus travailler, à avoir facilement du pain et la santé, une situation honorable et tranquille…. Combien de chrétiens aujourd’hui sont plus attachés à leur petit confort intellectuel ou/et matériel plutôt qu’à une véritable démarche de conversion intérieure, plutôt qu’à se laisser façonner par la grâce? Combien de fidèles et d’ecclésiastiques qui se réjouissent trop superficiellement des succès populaires, des acclamations, des sondages favorables, de l’affluence à leurs rassemblements ou à leurs pèlerinages, des pourcentages de succès aux examens dans leurs « bonnes écoles » (alors qu’on a « écrémé » les effectifs selon des critères de réussite scolaire et non en fonction du bien des âmes), du nombre de participants à leurs retraites, ou d’assistants à leurs offices …etc? Combien qui se laissent éblouir par les « bonnes apparences » humaines et mondaines et en viennent à négliger le travail, toujours nécessaire et jamais achevé, travail intérieur et non quantifiable, de leur propre conversion à l’esprit du Saint Evangile? Combien qui par amoindrissement ou perte de l’esprit surnaturel s’enfoncent dans la tiédeur, dans de secrètes amertumes, dans des déceptions ou des découragements qui ne disent pas leur nom, lorsqu’ils n’ont pas les consolations humaines ou mondaines, ni les satisfactions immédiates et numériques de leurs efforts?… Tous ceux qui sont finalement attachés à « la gloire des hommes plus qu’à la gloire de Dieu » (cf. Jean XII, 43) et qu’on trouve indistinctement – même si cela ne s’exprime pas forcément avec les mêmes nuances – chez les « progressistes » ou chez les « traditionalistes » !!!

Aujourd’hui encore – et peut-être plus encore qu’il y a deux mille ans – nous avons des faux témoins qui travestissent les paroles du Christ ou de son Vicaire, qui dénaturent les enseignements de son Eglise ou qui calomnient ses serviteurs devant les sanhédrins médiatiques, devant les sanhédrins de l’opinion publique, devant les sanhédrins d’égoïsme et d’orgueil que tout homme porte au fond de lui-même.

Aujourd’hui encore il y a les manipulateurs qui veulent dispenser les hommes de bonne volonté de se faire une juste opinion et qui prétendent imposer ce qu’il faut penser et la manière dont il faut penser : « Si ce n’était pas un malfaiteur nous ne te l’aurions pas livré! » (Joan. XVIII, 30). « Si les propos que tient ce Pape n’étaient pas irresponsables et criminels nous ne les dénoncerions pas, nous ne les présenterions pas à la vindicte publique! Faites-nous confiance : nous, agences de presse, nous, ministres, nous, loges maçonniques… nous avons digéré l’information à votre place, nous avons pensé à votre place,  nous sommes en bien meilleure position que vous pour savoir ce qu’il faut dire et ce que vous devez en penser, ne vous fatiguez pas à chercher vous-mêmes, nous vous avons évité ce travail fastidieux! »

Aujourd’hui encore il y a ceux qui demandent : « Qu’est-ce que la vérité? » (Joan. XVIII, 38). Non parce qu’ils sont dans une honnête démarche intellectuelle, mais parce qu’ils cachent, derrière leur prétendu agnosticisme, leur refus de trouver des réponses qui – en toute rigueur intellectuelle – les obligeraient à changer de vie. Il y a tous ceux qui se drapent dans un relativisme de très respectable apparence, qui se cachent derrière le masque de la laïcité et s’enveloppent des atours séduisants de la tolérance (qui n’est pas la même chose que le respect), pour proclamer qu’il « n’y a pas de loi morale qui prime sur les lois de l’état », manière aseptisée de reprendre ce cri : « Nous n’avons pas d’autre roi que César! (Joan. XIX, 15). Nous n’avons pas d’autres lois que celles du monde, pas d’autres lois que celles que nous nous sommes données à nous-mêmes en fonction de nos intérêts, nous ne voulons pas qu’il règne sur nous : Regnare Christum nolumus! (hymne de la fête du Christ-Roi). Nous préférons nos modernes Barabbas, nous préférons des criminels et des repris de justice, nous préférons à la tête de nos cités des ambitieux qui ne servent qu’eux-mêmes et dont les malversations ont été établies devant la justice… »

Aujourd’hui encore la Sainte Eglise est tournée en dérision à la cour d’Hérode,  roi esclave de sa volupté. Aujourd’hui encore le Christ, en la personne de son Vicaire, y est revêtu de la robe des fous et insulté, raillé par ceux qui trouvent leur gloire à se vautrer sans retenue dans les les plus viles passions, et veulent entraîner tout le monde à faire de même…

Aujourd’hui encore nous rencontrons ceux qui, malgré la voix de leur conscience, refusent de s’engager, par crainte des désagréments qui pourraient leur en advenir et qui disent : « Ce n’est pas mon affaire, voyez vous même » (cf. Matth. XXVII, 24). Aujourd’hui encore, il y a des « filles de Jérusalem », pleines de bons sentiments, qui se lamentent au bord du chemin mais ne font rien de plus. Le Christ demande bien plus que des sentiments ; Il réclame de ses disciples un engagement sans équivoque : « Celui qui n’est pas avec moi est contre moi » (Matth. XII, 30).

Mais aujourd’hui encore, il y a ceux qui, comme Simon de Cyrêne, comme Véronique, comme Marie-Magdeleine, comme Jean  et,  bien sûr, comme Notre-Dame, ne craignent point de ne pas se trouver dans la majorité vociferrante et n’ont pas peur des hurlements des loups. Quelque souffrance qu’il leur en coûte, ils sont prêts – non en se confiant en leurs propres forces, mais en se livrant à la toute puissante et miséricordieuse grâce de leur Sauveur – à rester aux côtés du Corps mystique du Christ soumis à l’épreuve. Ils ne s’étonnent point de ce que notre Saint-Père le Pape Benoît XVI « pose un vrai problème » au Prince de ce monde et à tous ceux qui en sont les courtisans. Eux-mêmes, chacun à leur place et selon leur vocation particulière, ils sont disposés à poser ce même « vrai problème » en obéissant à Dieu plutôt qu’aux hommes (cf. Act. IV, 19) et en ne craignant pas de subir les modernes excommunications de la pensée unique.

Peu leur importe de ne pas être majoritaires selon les critères humains. Peu leur importe d’avoir à subir railleries et vexations et, bientôt peut-être, la persécution. Peu leur importe d’être désignés à la méchanceté et à la vindicte des foules manipulées, comme le furent jadis leurs aînés dans la Foi, accusés d’être responsables de l’incendie de Rome ou des malheurs de la cité. Ce qui est essentiel pour eux, c’est l’amour ; or il n’y a pas d’amour sans fidélité : s’ils ne comptent pas sur leurs propres forces, mais qu’ils se remettent par une humble confiance dans la toute puissance de la grâce du divin Roi, Lui-même se fera leur force, leur fidélité et leur victoire. « Parce que tous ceux qui sont nés de Dieu triomphent du monde ; et que la victoire qui triomphe du monde, c’est notre foi : haec est victoria quae vincit mundum, fides nostra » (1a Joan. V, 4).

Le seul « vrai problème », est celui qui est posé par Notre-Seigneur Jésus-Christ, par ce qu’Il est et par ce qu’Il propose à l’homme. Le seul « vrai problème » que pose notre Saint-Père le Pape Benoît XVI aux hommes de ce temps, et qu’avec lui posent au monde tous ceux pour lesquels la fidélité à leur baptême n’est pas un vain mot, se résume dans la question que Jésus ressuscité a posée à Pierre au bord du lac : « M’aimes-tu? » (Joan. XXI, 15-17).

Frère Maximilien-Marie.

2009-15 a. « Ce Pape pose un vrai problème »!!! (1ère partie).

Jeudi de la 4ème semaine de carême, 26 mars 2009.

Chers Amis du « Refuge Notre-Dame de Compassion« ,

Depuis le début de cette année 2009, tout particulièrement en France (mais pas seulement) c’est un véritable acharnement médiatique qui  s’en prend à la personne et aux actes de notre Saint-Père le Pape Benoît XVI ; à travers les attaques dont il est l’objet ce sont les enseignements traditionnels de notre mère la Sainte Eglise catholique romaine, dont il est le chef, qui sont visés, contestés et remis en question.

Mon propos de ce jour n’est pas de rappeler les évènements et leurs enchaînements ; je ne veux pas non plus écrire ici une apologie – point par point – concernant la levée des excommunications qui frappaient les évêques consacrés par Monseigneur Lefèbvre, au sujet de la prétendue excommunication fulminée par l’évêque de Récife contre une petite fille, ou à propos des affirmations du Pape lors de la conférence de presse accordée aux journalistes dans l’avion qui l’emportait vers l’Afrique…  etc. D’autres l’ont fait avant moi et bien mieux que je ne le pourrai faire. Je me contenterai de dire ici qu’il suffit de vouloir honnêtement s’informer pour arriver sereinement à connaître la vérité, en dehors de  tous les mensonges colportés et de toutes les passions qu’on s’est efforcé d’exacerber. Pour ceux qui le désireraient, je tiens à disposition un certain nombre de documents et de références – en assez grande quantité – qui démontent de manière irréfragable ces mensonges et les manipulations auxquels les « faiseurs d’opinion » se sont livrés sans retenue.

Peut-être avez-vous comme moi remarqué que, à peine le Pape avait-il achevé son voyage pastoral en Afrique, le « 20 heures » de TF1  se livrait à une nouvelle offensive contre la discipline ecclésiastique en diffusant un reportage extrêmement orienté – très prétentieusement nommé « enquête », alors qu’il n’y avait aucune démarche objective et raisonnée de recherche de la vérité – qui remettait en question le célibat sacerdotal… Ne nous faisons pas d’illusions : à l’approche de la Semaine Sainte et des solennités pascales, nous  devons  nous attendre à de nouvelles provocations ou tentatives de manipulations de l’opinion publique tendant à discréditer l’Eglise et le Pape, le Christ et son Evangile, la Foi et ses enseignements… Sans vouloir en aucune manière jouer au prophète de malheur, je puis vous annoncer que l’opposition médiatique, que l’opposition politique et que l’opposition à l’intérieur même de l’Eglise catholique contre notre Saint-Père le Pape Benoît XVI, ne font que commencer et qu’elles risquent de croître en amplitude et en virulence.

Dès à présent, d’odieuses caricatures et des propos de plus en plus haineux sont colportés, diffusés et même favorisés par un certain nombre de médias, dans une espèce de surenchère de grossièreté et d’escalade de vulgarité. Si c’étaient le Dalaï-Lama ou quelque chef religieux mahométan qui étaient ainsi caricaturés, nous assisterions immédiatement à un concert quasi unanime de protestations, dans le monde politique et journalistique. Même ceux qui sont les plus critiques envers toute forme de foi ou d’opinion religieuse n’hésiteraient pas à reprendre à leur compte la célèbre phrase attribuée à Voltaire : « Je ne partage pas vos idées mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous puissiez les exprimer« . Mais quand il s’agit du Pape et de l’Eglise, ces bons apôtres de la tolérance et du respect des droits de l’homme semblent n’avoir plus qu’une seule consigne, celle par laquelle ce même Voltaire terminait la plupart de ses lettres: « Ecrasez l’infâme! » (on le sait, « l’infâme » c’était pour lui l’Eglise catholique romaine).

Le grand malheur, c’est que – à quelques exceptions près (et il faut justement saluer ici le courage de ces évêques qui ont pris la parole ou la plume pour rétablir la vérité et défendre le Souverain Pontife) – ceux qui ont été institués pour être les gardiens, chargés de la sécurité du peuple commis à leurs soins* (on pourrait aujourd’hui dire les « vigiles », par analogie avec les sociétés de surveillance), au lieu d’aboyer comme de bons chiens de garde pour dénoncer le danger, intimider les agresseurs et appeler à la défense, se comportent en « chiens muets » – « canes muti  » – pour reprendre les termes du prophète Isaïe quand il dénonçait  les mauvais pasteurs du peuple d’Israël (Isaïe LVI, 10). Est-ce par complaisance ou par peur? Est-ce parce qu’ils craignent d’affronter l’opinion publique ou parce qu’ils en partagent secrètement la haine? Peu importe que nous le sachions  : c’est Dieu qui sera leur juge. Pour nous, nous ne pouvons qu’être les témoins attristés des faits…

Dans les aboiements furieux qui se sont élevés en France pour critiquer le Souverain Pontife, on a bien sûr remarqué la phrase de Monsieur Alain Juppé : « Ce Pape commence à poser un vrai problème! » Certains ont poussés des cris scandalisés en dénonçant un manque du plus élémentaire respect… Mais au-delà, je crois qu’il faut y voir un éloquent aveu ; un aveu tellement éloquent qu’il me paraît une forme d’éloge : le témoignage que finalement le vice est contraint de rendre à la vertu! Que le pape « pose un vrai problème » aux hommes politiques véreux, aux francs-maçons  de toutes obédiences et aux pseudos-vertueux qui prônent le laxisme moral et la décadence, c’est un très bon signe!

Sa Sainteté le Pape Benoît XVI

Ce qu’on reproche au Pape, c’est de tenir des propos… catholiques! Or, en ce qui me concerne, je suis bien plus rassuré dans ma conscience chrétienne par les propos d’un Pontife qui ne s’embarrasse pas des modes et des pressions médiatiques, que s’il se mettait à prôner la même chose que les acteurs et les chantres d’une société affranchie des exigences de la Loi divine.

La vérité contenue dans le Saint Evangile n’a rien à voir avec les doctrines du monde, elle n’est pas sujette aux fluctuations de l’opinion publique ni aux errances de la mode. Notre Saint-Père le Pape Benoît XVI ne fait qu’annoncer et énoncer des vérités qui ne sont pas du domaine de l’opinion et de la mode, rien d’étonnant donc à ce que le monde le prenne en haine.  On peut même dire que la virulence de la tempête  médiatique et le déferlement de méchanceté  dirigés contre lui sont – en définitive – le signe qu’il est le fidèle ambassadeur d’une Parole qui dérange, une Parole qui n’est pas humaine. 

J’ajouterai encore ceci : si « on » ne craignait pas l’influence de Benoît XVI, il n’y aurait pas un tel déchaînement contre lui ; si les ennemis du Christ n’avaient pas une conscience  aigüe de la vérité des paroles du Vicaire du Christ, ils ne s’agiteraient pas tant ; si tous  ceux qui s’adonnent au mal, au mensonge, aux compromissions les plus répugnantes et à la promotion du vice ne se sentaient pas menacés, ils n’attaqueraient pas de la sorte celui qui dirige aujourd’hui la Sainte Eglise et la gouverne avec  autant de force et de douceur, de sagesse et de sagacité ; s’ils ne savaient pas que leur pouvoir et leur influence sont ébranlés par la simple proclamation des vérités qui découlent du Saint Evangile, ils ne s’activeraient pas autant pour essayer d’étouffer ou de dénaturer la voix paisible de celui qui en est l’interprète…

Déjà dans l’Ancien Testament, à l’époque d’Elie ou de Jérémie par exemple, nous voyons des pseudo-prophètes en oeuvre : parlant le langage du monde et se répandant devant la société pécheresse en « oracles » qui lui étaient agréables, ils étaient loués et bien considérés, tandis que les vrais prophètes étaient en butte à la raillerie et à la persécution… Notre-Seigneur Jésus-Christ reprend cet exemple avec des paroles fortes : « Bienheureux serez-vous lorsque les hommes vous haïront, vous chasseront, vous injurieront et rejetteront votre nom comme mauvais, à cause du Fils de l’homme (…) C’est ainsi que leurs pères traitaient les prophètes (…) Mais malheur à vous quand les hommes vous loueront, car c’est ainsi que leurs pères faisaient aux faux prophètes!  » (cf. Luc VI, 22-26). Pensez-vous que ces paroles n’étaient qu’une pieuse exagération ou qu’elles n’avaient de valeur que pour les premiers temps de l’Eglise? Benoît XVI, doux et humble, obéit fidèlement à la mission que le Christ Sauveur lui a confiée  en qualité de successeur de Saint Pierre : affermir ses frères dans la Foi… Il trahirait s’il les encourageait à suivre les maximes du monde ; il apostasierait s’il les poussait à rechercher les louanges du monde en se conformant à ses modes. Les paroles de notre Saint-Père le Pape ne sont pas rétrogrades, elles ne font que rendre témoignage à l’intemporelle Vérité : elles sont prophétiques!

A travers la tempête qui s’est levée  et  risque encore de s’amplifier, ayons donc assez d’esprit surnaturel pour  comprendre que – comme au temps de la Passion – « Satan  nous a réclamés pour nous passer au crible comme le froment » (cf. Luc XXII, 31) : serons-nous reconnus comme du bon grain ou comme des particules étrangères?  Verra-t-on en nous de véritables disciples du Christ-Roi ou les disciples du « Prince de ce monde »?  L’épreuve, les pressions médiatiques et la persécution (nous devons nous y attendre) révèleront-elles en nous d’authentiques fidèles ou  des couards qui ne voudront pas « poser de problème »?

Il n’appartient qu’à nous de choisir notre camp, et seul l’amour qui règne véritablement en nos coeurs sera le critère déterminant notre choix : « Deux amours ont bâti deux cités : l’amour de soi jusqu’au mépris de Dieu fit la cité terrestre ; l’amour de Dieu jusqu’au mépris de soi fit la cité céleste » (Saint Augustin in « la Cité de Dieu », XIV).

Frère Maximilien-Marie.

* C’est le sens du mot grec « épiscopos » qui a donné en français le mot « évêque ».

(à suivre, ici > www)

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