2026-147. Saint Pantaléon de Nicomédie, médecin anargyre et mégalomartyr.
27 juillet,
Fête de Saint Pantaléon de Nicomédie, médecin anargyre et mégalomartyr ;
Chez les Ermites de Saint Augustin, mémoire de la Bienheureuse Lucie de Bufalare, vierge de notre Ordre (cf. > ici) ;
Anniversaire de la victoire de Bouvines (27 juillet 1214 – cf. > ici & > ici) ;
Anniversaire de la mort de Turenne (27 juillet 1675 – cf. > ici) ;
Anniversaire de l’arrestation de Robespierre et de ses complices terroristes (27 juillet 1794).
Statue de Saint Pantaléon dans la cathédrale de Porto (Portugal) :
elle représente le saint martyr dans l’un des très nombreux supplices qu’il endura.
Saint Pantaléon naquit à Nicomédie en Bythinie (aujourd’hui Izmit en Turquie), dans la seconde moitié du IIIème siècle.
Son père était païen, mais sa mère était chrétienne et lui inculqua les premières notions du christianisme ; elle ne le fit cependant pas baptiser. Malheureusement, elle mourut alors que Pantaléon était encore enfant, et son père prit alors en charge l’éducation de son garçon auquel il fit oublier les principes que sa mère lui avait inculqués.
Pantaléon grandit et fit de brillantes études de médecine qui lui valurent d’être remarqué par l’empereur Maximien-Galère qui se l’attacha comme médecin personnel et voulut l’avoir à sa cour.
Un prêtre chrétien, nommé Hermolaüs, résolut de ramener à la foi chrétienne un homme qui avait de si brillantes qualités ; il s’introduisit dans sa confiance et en vint à lui rappeler les vérités de la religion : « A quoi, lui dit-il en substance, vous serviront vos connaissances, si vous ignorez la science du salut ? ».
Saint Hermolaüs (dont on fête le martyre en ce même jour), voyant que ses paroles faisaient impression sur Pantaléon, le pressa davantage, et celui-ci commença à laisser son cœur et son esprit revenir vers l’unique Sauveur, dont Hermolaüs lui avait déclaré que le Nom très saint était une source de guérison non seulement physique mais aussi et surtout spirituelle.
Saint Pantaléon ressuscite un enfant tué par une vipère ;
en arrière-plan Saint Pantaléon instruit et baptisé par Saint Hermolaüs
[Anonyme - église Saint-Pantaléon, à Troyes].
Les heureuses dispositions dans laquelle Pantaléon commençait à avancer s’affermirent par un miracle qu’il opéra en invoquant justement le Saint Nom de Jésus-Christ : un jour qu’il se promenait dans la campagne, il rencontra un enfant qui venait de mourir d’une morsure de vipère, laquelle se trouvait encore près de lui.
Inspiré par la grâce qui travaillait son âme, il s’adressa donc, plein de confiance, à Notre-Seigneur Jésus-Christ, et dit : « Enfant, lève-toi, au Nom de Jésus-Christ ! » Puis, se tournant vers la vipère : « Et toi, méchante bête, reçois le mal que tu as fait ».
Sur le champ, l’enfant se releva vivant, et la vipère demeura inerte sur le sol. Pantaléon n’hésita plus à se faire baptiser.
Le salut de son père était sa première préoccupation : par d’habiles conversations avec lui, il s’efforçait de le gagner au Christ, employant pour cela tant des arguments de raison, le levier des sentiments et de la piété filiale, mais surtout d’ardentes prières. Il acheva sa conquête par un miracle.
Un jour, qu’un aveugle était venu le trouver en disant : « J’ai depuis longtemps employé sans effet tous les remèdes ; on m’a dit que vous êtes très habile médecin ; pourriez-vous me secourir ? », le zélé néophyte lui répondit : « Je vous guérirai si vous vous engagez à devenir chrétien ». L’aveugle y consenti et fut aussitôt guéri par l’invocation du Saint Nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Son père, témoin de ce miracle, fut définitivement gagné à la foi, et, en même temps que l’aveugle guéri, il se fit baptiser.
Saint Pantaléon devint de plus en plus un apôtre de la foi chrétienne. A la mort de son père, il vendit tous ses biens et en employa le prix en bonnes œuvres, ne se réservant que le minimum pour vivre car, il exerçait gratuitement son art – c’est le sens du mot « anargyre » -, pour l’amour de Dieu et de ceux que les souffrances amenaient à lui.
En soignant les corps, il apporta aussi la lumière du salut éternel à d’innombrables âmes !
Paul Véronèse (1528-1588) : Saint Pantaléon (1587-88)
[église Saint-Pantaléon, Venise].
Mais c’était le temps où Dioclétien et Maximien déchaînèrent la dernière grande persécution impériale, et des médecins jaloux le dénoncèrent comme chrétien.
S’étant informé, Maximien-Galère fit même venir devant lui l’aveugle guéri par Saint Pantaléon et entendit de sa bouche le récit du miracle : l’homme témoigna de sa guérison rapide par l’invocation du Saint Nom de Jésus, et de sa foi, au contraire de la vénalité et de l’impuissance des médecins païens, dévots d’Asclépios (Esculape en latin). L’empereur accepta même une sorte de duel entre Pantaléon et les médecins païens, à la manière de l’affrontement d’Elie et des prophètes de Baal sur le mont Carmel, puisqu’il s’agissait de guérir un paralytique devant le tyran : les médecins et prêtres païens n’y parvinrent évidemment pas, mais, au Nom de Jésus-Christ, Pantaléon rendit la santé au grabataire.
Imitant Pharaon dans son endurcissement, Maximien, furieux, ordonna des supplices pour faire fléchir et apostasier celui qui avait été son médecin favori : ongles de fer, brûlures, exposition aux bêtes, tentatives de noyade ; en définitive, après lui avoir cloué les bras sur la tête, le bourreau la lui trancha.
Tous les anciens martyrologes ont retenu la date du 27 – ou parfois celle du 28 – juillet comme celle de son dies natalis. C’était, selon toute vraisemblance, en l’an 303 (année retenue par la tradition, mais plusieurs auteurs contemporains opinent plutôt pour l’année 305).
Saint Pantaléon, à l’instar des Saints Côme et Damien, est l’un des saints patrons des médecins ; il l’est aussi des assistantes maternelles et des nourrices. Vénéré dans les Eglises d’Orient comme l’un des mégalomartyrs, son culte, qui s’est aussi considérablement répandu en Occident, l’a fait placer au nombre des Quatorze Saints Auxiliateurs, invoqué spécialement contre la tuberculose, les maux de tête et le strabisme.
A suivre : La liquéfaction du sang de Saint Pantaléon à Ravello, et ailleurs > ici.
Saint Pantaléon est décapité devant l’empereur Maximien (anonyme)
[église Saint-Pantaléon de Commercy].
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A l’instar de saint Janvier, saint Pantaléon voit son sang se liquéfier chaque 27 juillet au monastère de l’Incarnation à Madrid :
https://www.elconfidencial.com/espana/madrid/2026-07-26/milagro-san-pantaleon-monasterio-encarnacion-madrid-horarios-sangre-licuada_4395725/