2026-123. Méditation pour la fête du Très Précieux Sang.

1er juillet,
Fête du Très Précieux Sang de Notre-Seigneur.

crucifixion école lorraine XVIIe - blogue

Ecole lorraine, premiers tiers du XVIIème siècle
[attribuable à Jean Le Clerc (1586-1633)]
d’après le grand panneau peint par Antoon Van Dyck en 1620
aujourd’hui conservé au Musée royal des Beaux-Arts d’Anvers.

Présence de Dieu :

O Jésus, qui m’avez racheté par Votre Sang,
faites que ce Sang produise en moi tout son fruit !

Méditation :

   1 – La liturgie de ce jour fait ressortir majestueusement la figure de Jésus, comme celle d’un roi qui se présente à son peuple dans la splendeur de son manteau royal.
L’office chante : « Quel est celui qui vient… avec des vêtements teints ? Il est beau dans sa robe » (1ère antienne des vêpres). Ce n’est ni la bysse, ni la pourpre qui font resplendir le manteau que le Christ revêt, mais le sang, Son Sang, répandu pour nos péchés : « Il était vêtu d’une robe teinte de sang, et le nom dont on l’appelle est ‘Verbe de Dieu’ » (ibid.).
Ce Sang que le Verbe, en S’incarnant, prit de notre nature humaine, Il nous l’a rendu comme prix de notre rachat, non par contrainte, mais librement, parce qu’Il l’a voulu, qu’Il nous a aimés : « Le Christ nous a aimés, dit Saint Jean, Il nous a lavés de nos péchés par Son Sang » (Apoc. I, 5). Tous les mystères de notre rédemption sont des mystères d’amour, c’est pourquoi ils nous poussent tous à l’amour. Celui que nous méditons aujourd’hui a une notre particulièrement émouvante, puisqu’il nous porte à considérer la Redémption sous son aspect le plus sanglant : l’effusion du Sang de Jésus, qui descend du Calvaire pour empourprer le monde entier, asperger toutes les âmes.
« Le Christ nous a rachetés non avec le sang des boucs et des taureaux, mais avec Son propre Sang », s’exclame Saint Paul dans l’épître. Réalité merveilleuse qui, si nous comprenions vraiment, serait plus que suffisante à faire de nous des saints authentiques.
Il nous fait avoir le « sens » du Sang du Christ, de ce Sang qu’Il a versé pour nous jusqu’à la dernière goutte et qui, par les Sacrements, particulièrement la confession, vient continuellement inonder nos âmes, les laver, les purifier, les enrichir des mérites infinis du Rédempteur. « Baignez-vous dans le Sang, noyez-vous dans le Sang, revêtez-vous du Sang du Christ », tel était le cri incessant de Catherine de Sienne.

frise calice Précieux Sang - vignette blogue

   2 – Dans l’office du jour, Saint paul nous invite chaleureusement à correspondre au don du Christ : « Jésus, pour sanctifier le peuple par Son Sang, a souffert en dehors des portes de Jérusalem. Sortons donc avec Lui… portant Son opprobre ».
Si nous voulons que le Sang du Christ porte en nous tous ses fruits, nous devons y joindre le nôtre.
Le Sien seul est préciux, si précieux qu’une seule goutte suffit à sauver le monde ; toutefois, Jésus veut, comme toujours, que nous y ajoutions notre petite part, notre contribution de souffrance, de sacrifice, « portant Son opprobre ».
Si nous sommes sincères, nous devrons bien reconnaître que nous fuyons de toutes nos forces les opprobres du Christ. Un manque d’égard, un léger tort, un petit mot blessant suffisent quelquefois pour nous faire frémir. Comment pouvons-nous dire que nous savons participer aux humiliations de Jésus ?
Voici que le divin Maître est traité comme un malfaiteur, traîné par la soldatesque, avec des railleries grossières, hors de la porte de Jérusalem et crucifié entre deux larrons.
Et nous ?
Quelle part prenons-nous à Sa Passion, comment partageons-nous Ses opprobres ?

   Pour notre rédemption, « Jésus a souffert le supplice de la croix, méprisant l’ignominie de ce supplice… Et vous, nous reproche Saint Paul, vous n’avez pas encore résisté jusqu’au sang dans votre lutte contre le péché » (Hebr. XII 2 et 4).
Pouvons-nous affirmer que nous lutterons « jusqu’au sang » pour vaincre nos défauts, notre orgueil, notre amour-propre ?
Oh ! comme nous sommes paresseux et lâches dans la lutte, indulgents et pleins de pitié pour nous-mêmes, surtout pour notre orgueil !

   Jésus, l’innocence même, a expié nos péchés jusqu’à la mort sanglante et ignominieuse. Nous, qui sommes coupables, loin d’expier nos fautes jusqu’au sang, nous ne savons même pas nous imposer le sacrifice de notre amour-propre.
Le sang qui jaillit du renoncement total et sincère de notre moi, de l’acceptation humble et généreuse de tout ce qui mortifie notre orgueil, le brise, le détruit, tel est le sang que Jésus nous demande pour l’unir au Sien.

   Le Sang très précieux de Jésus nous en donnera la force, « car l’âme qui s’enivre et se noie dans le Sang du Christ, se revêt de vertus réelles » (Catherine de Sienne). 

frise calice Précieux Sang - vignette blogue

Colloque :

   « O très-doux Jésus-amour, pour fortifier davantage mon âme et la tirer de la faiblesse dans laquelle elle était tombée, Vous l’avez environnée d’un mur, dont Vous avez pêtri le mortier avec Votre Sang, ce sang qui raffermit l’âme et l’unit à la douce volonté divine et à la charité de Dieu !
Et de même que le mortier, gâché avec l’eau, unit les pierres entre elles, ainsi, ô Dieu, Vous avez mis, entre Vous et la créature, le Sang de Votre Fils Unique, pétri avec la chaux vive du feu d’une très ardente charité, de manière qu’il n’y  ait pas de Sang sans feu, ni de feu sans Sang. Votre Sang fut répandu, ô Christ, par le feu de l’amour ! » (Catherine de Sienne).

   « Je Vous adore, ô Sang très précieux de jésus, fleur de la création, fruit de la virginité, instrument ineffable du Saint-Esprit ; et j’exulte à la pensée   qu’en provenant des gouttes du Sang virginal auquel Vous avez imprimé le mouvement de l’éternel amour, Vous avez été assumé par le Verbe et déifié en Sa Personne.
Je suis ému de tendresse intime en songeant que Vous êtes passé du Cœur de la Vierge dans le Cœur du Verbe et, animé du souffle de la Divinité, êtes devenu adorable parce que Sang d’un Dieu.
Je Vous adore, enfermé dans les veines de jésus, conservé dans Son Humanité comme la manne dans l’urne d’or, mémorial de la rédemption éternelle qu’Il a opérée aux jours de Sa vie mortelle.
Je Vous adore, Sang de l’éternel et nouveau Testament, coulant dans les veines de Jéus à Gethsémani, de Ses chairs flagellées au prétoire, des pieds et des mains transpercés, du côté ouvert au Golotha.
Je Vous adore dans les Sacrements, dans l’Eucharistie, où je sais que Vous êtres présent substantiellement…
Je mets e Vous ma confiance, ô Sang adorable, notre rachat, notre régénération. Tombez goutte à goute dans les cœurs dévoyés et ramollissez-en la dureté.
O Sang adorable de Jésus, lavez nos souillures, sauvez-nous de la colère de l’ange exterminateur. Fécondez l’Eglise, donnez-lui des thaumaturges et des apôtres, enrichissez-la d’âmes saintes, pures et radieuses de divine beauté » (Saint Albert le Grand).

Rd. Père Gabriel de Sainte Marie-Madeleine ocd, 
in « Intimité divine », vol. 2 pp.220-223.

crucifixion école lorraine XVIIe détail - blogue

Crucifixion de l’Ecole lorraine XVIIème siècle – détail.

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1 Commentaire Commenter.

  1. le 1 juillet 2026 à 10 h 27 min Abbé Jean-Louis D. écrit:

    O Jésus, qui m’avez racheté par Votre Sang,
    faites que ce Sang produise en moi tout son fruit !
    Amen !

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