2026-93. Dans l’attente. Méditation pour le dimanche dans l’octave de l’Ascension.
Dimanche dans l’octave de l’Ascension.
Présence de Dieu :
Faites, Seigneur, que mon cœur soit toujours tourné vers le ciel où Vous m’attendez.
Méditation :
1 – Ce dimanche est comme un prolongement de la fête de l’Ascension. L’introït de la Messe reflète fort bien les sentiments que durent éprouver les Apôtres pendant les jours qui s’écoulèrent entre le départ de Jésus et la descente de l’Esprit-Saint : « Ecoutez, Seigneur, ma voix qui Vous invoque… Je cherche Votre Face, Seigneur, ne me cachez pas Votre Face ! »
Comme au jour de l’Ascension, les yeux des Apôtres sont toujours tournés vers le viel, où ils ont vu disparaître le Maître, et leur cœur soupire vers Lui. Tant que nous pérégrninons ici-bas, loin du Seigneur, telle doit être l’aspiration continuelle de nos âmes. Mais nous ne pouvons rester oisifs dans l’attente de la patrie.
Dans l’épître du jour, Saint Pierre nous enseigne ce que nous avons à faire, pour que la vie terrestre soit une véritable préparation à la rencontre avec Dieu : « Veillez dans la prière. Mais surtout, ayez une continuelle charité les uns pour les autres ». C’était exactement ce que faisaient les Apôtres dans l’attente de l’Eprit-Saint : ils persévéraient dans la prière, réunis au Cénacle, dans une fraternelle concorde.
Le Seigneur ne tient pas pour agréables les prières et les sacrifices d’un cœur qui ne sait aimer d’une sincère bienveillance son prochain, quel qu’il soit. Jésus l’a dit expressément : « Lorsque tu présentes ton offrande à l’autel, si tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande… et va d’abord te réconcilier avec ton frère » (Matth. V, 23-24).
La prière ne suffit ni pour attirer sur nous les grâces divines, ni pôur acquérir la vie éternelle ; il faut la charité fraternelle qui est la confirmation la plus sûre de la sincérité de notre amour pour Dieu.
L’Esprit-Saint, qui est esprit de charité et d’amour substantiel, ne peut envahir une âme étroite et mesquine dans ses rapports avec le prochain ; le manque de charité est un des plus grands obstacles à Son action, parce que directement opposé à Son essence.
De même que l’eau paralyse l’action du feu, ainsi le manque de charité paralyse l’action de l’Esprit-Saint.
De plus, tant que nous sommes ici-bas, nous sommes tous sujets à tomber ; dès lors, nous avons tous besoin de pardon et la charité, dit l’épître, « couvre la multitude des péchés ».
2 – Dans l’Evangile nous trouvons la promesse réitérée de Jésus concernant la venue de l’Esprit-Saint : « Lorsque le Consolateur que Je vous enverrai d’auprès du Père sera venu… vous Me rendrez témoignage ».
Comme au jour de l’Ascension, la venue de l’Esprit-Saint est mise en rapport avec la mission des Apôtres, qui consistera essentiellement à rendre témoignage au Christ. « Vous recevrez la force de l’Esprit-Saint… et serez Mes témoins… jusqu’aux extrémités de la terre », avons-nous lu dans l’épître jeudi dernier ; et aujourd’hui, l’Evangile nous explique en quoi consistera ce témoignage que, non seulement les Apôtres, mais tous les chrétiens, sont appelés à rendre au Christ.
« Ils vous chasseront des synagogues, et même viendra l’heure où quiconque vous fera mourir, croira rendre hommage à Dieu ». Jésus est mort sur la Croix pour rendre témoignage au Père ; Ses disciples devront souffrir, subir des persécutions et souvent même mourir, pour Lui rendre témoignage. Il est impossible de suivre une voie différente de celle qu’a frayée Jésus : « Si quelqu’un veut être Mon disciple, … qu’il prenne sa croix et Me suive » (Matth. XVI, 24), nous répète-t-Il.
Un témoignage paisible, tranquille qui, pour s’affirmer, n’a pas besoin d’affronter des dangers, et, moins encore, de risquer la vie, aura toujours une valeur relative, et, en tout état de choses, ne donne aucune garantie de fermeté ; au contraire, plus il coûte, plus il vaut et plus aussi il prouve la fidélité de celui qui le rend.
Rendre pleinement témoignage au Christ, nonobstant les difficultés, les souffrances, les luttes qu’on peut rencontrer, tel est le programme du véritable chrétien.
Mais qui nous en donnera le courage ?
De même qu’aux Apôtres, le courage nous viendra du Saint-Esprit par le don de force ; il nous sera donné aussi par la méditation assidue des exemples de Jésus ; il nous viendra, en outre, de la parole même du Sauveur qui, en nous annonçant les persécutions, a déclaré : « Je vous ai dit ces choses, afin que vous ne vous scandalisiez pas ».

Colloque :
O Seigneur, puissé-je être digne de Vous rendre témoignage, non seulement en paroles, mais surtout par mes actes, malgré les difficultés et les souffrances que je pourrai rencontrer. Les Apôtres Vous ont rendu témoignage au point d’affronter la mort pour Votre amour ; faites que je puisse Vous le rendre au moins par une vie digne de Vous.
Pour Vous rendre témoignage, ô Seigneur, « je voudrais parcourir la terre, prêcher Votre Nom et planter sur le sol infidèle Votre Croix glorieuse, ô mon Bien-Aimé ! Mais une seule mission ne me suffirait pas ; je voudrais en même temps annoncer l’Evangile dans toutes les parties du monde, et jusque dans les îles les plus reculées. Je voudrais être missionnaire, non seulement penant quelques années, mais je vourais l’avoir été depuis la création du monde, et continuer de l’être jusqu’à la consommation des siècles. Ah ! par-dessus-tout, je voudrais le martyre…
Si ma pensée se porte sur les tourments inouïs qui seront le partage des chrétiens au temps de l’Antéchrist, je sens mon cœur tressaillir, je voudrais que ces tourments me fussent réservés. Ouvrez, mon Jésus, Votre Livre de vie, où sont rapportées les actions de tous les Saints ; ces actions, je voudrais les avoir accomplies pour Vous !… Mais les œuvres éclatantes me sont interdites, je ne puis prêcher l’Evangile, verser mon sang… qu’importe ? Mes frères travaillent à ma place, et moi, … je me tiens tout près du trône royal et j’aime pour ceux qui combattent » (Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus de la Sainte Face, in « Histoire d’une âme » XI).
Accordez-moi, Seigneur, un amour véritable, afin que je puisse Vous rester toujours fidèle dans les petites choses, puisqu’il ne m’est pas donné d’en accomplir de grandes.
Et surtout, donnez-moi de Vous rendre toujours le témoignage d’une profession de foi sincère, d’une conduite entièrement conforme à Votre loi, en n’importe quel milieu ou quelle circonstance, sans jamais me laisser dérouter par un faux respect humain.
Rd. Père Gabriel de Sainte Marie-Madeleine, ocd.
in « Intimité divine ».
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