2026-89. Méditation pour la fête de l’Ascension de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Fête de l’Ascension de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Ascension église du Sacré-Cœur Douarnenez - blogue

Douarnenez, église du Sacré-Cœur : vitrail de l’Ascension (1901).

Présence de Dieu :

O Jésus, qui montez au ciel,
faites que j’habite, moi aussi, par le cœur, dans les cieux !

Méditation :

   1 – La pensée centrale de la liturgie de ce jour est d’élever nos cœurs vers le ciel, afin de commencer à habiter, en esprit, là où Jésus nous a précédés : « L’Ascension du Christ, dit Saint Léon, est notre propre élévation ; et le corps a l’espoir d’être un jour là où l’a précédé son glorieux Chef » (Bréviaire romain, 6ème leçon au 2ème nocurne des matines).
En effet, le Seigneur avait déjà dit, dans le discours après la dernière Cène : « Je vais vous préparer une place. Et lorsque Je m’en serai allé et que Je vous aurait préparé une place, Je reviendrai, et Je vous prendrai avec Moi, afin que là où Je suis, vous y soyez aussi » (Joan. XIV, 2-3).
L’Ascension est donc une fête de joyeuse espérance, de suave avant-goût du ciel ; en y entrant, Jésus, notre Chef, nous a donné le droit de Le suivre un jour ; et même, nous pouvons dire, avec Saint Léon, que « en la personne du Christ, nous avons pénétré au plus haut des cieux » (Bréviaire).
De même qu’en Jésus Crucifié nous sommes morts au péché, et que nous sommes ressuscités à la vie de la grâce dans le Christ ressuscité, ainsi sommes-nous également montés au ciel par l’Ascension de Jésus.
Cette participation vitale aux mystères du Christ est la grande conséquence de notre incorporation à Lui. Etant notre Chef, nous sommes totalement dépendants de Lui, nous, Ses membres, et intimement liés à Son sort. « Dieu, qui est riche en miséricorde, enseigne Saint Paul, nous a ressuscités  avec lui, à cause de l’extrême amour dont Il nous a aimés, et nous a fait asseoir dans les cieux en Jésus-Christ » (Eph. II, 4-6).
Le droit au ciel est acquis, la place est prête ; à nous de vivre de manière à l’occuper un jour. Entretemps, il nous faut réaliser la belle prière que la liturgie nous met sur les lèvres : « Accordez-nous, ô Dieu tout-puissant, d’habiter, nous aussi, en esprit, dans la céleste demeure » (collecte).
« Là où est ton trésor, là aussi est ton cœur » (Matth. VI, 21), a dit autrefois Jésus. Si Jésus est vraiment notre trésor, notre cœur ne pourra être que près de Lui, au ciel. Telle est la grande aspiration de l’âme chrétienne, si bien exprimée dans l’hymne des vêpres de la fête : « O Jésus, soyez l’aspiration de nos cœurs, la joie de nos larmes, le doux fruit de notre vie » (Bréviaire).

Ascension église du Sacré-Cœur Douarnenez - détail 1

   2 – Mais à côté de l’espérance et de la joyeuse attente du ciel, la fête de l’Ascension a aussi sa note de mélancolie.
Devant le départ définitif de Jésus, les Apôtres durent être pris d’un sentiment de désarroi : la détresse de celui qui voit s’éloigner pour toujours l’ami et le soutien le plus cher, et se retrouve seul devant les difficultés de la vie.
Le Seigneur vit l’état d’âme des Siens, et voici qu’Il les console une nouvelle fois, leur promettant la venue de l’Esprit-Saint, l’Esprit consolateur : « Il leur recommanda, lisons-nous dans l’épître, de ne pas s’éloigner de Jérusalem, mais d’y attendre ce que le Père avait promis… Dans peu de jours, vous serez baptisés dans l’Esprit-Saint ».
Mais cette fois encore, les Apôtres ne comprirent pas !
Comme ils avaient besoin d’être éclairés et transformés par l’Esprit-Saint pour être capables d’accomplir la grande mission qui allait leur être confiée !

   Car Jésus reprit : « Lorsque le Saint-Esprit descendra sur vous, vous serez revêtus de force, et vous Me rendrez témoignage… jusqu’aux extrémités de la terre ».
Mais pour le moment, ils sont là, autour du Maître, faibles, craintifs, perplexes, un peu comme des enfants qui voient partir leur mère pour un pays lointain et inconnu.
En effet, tandis que leurs regards sont rivés sur Lui, Jésus S’élève et une nuée Le dérobe à leurs yeux. Il faut que deux anges viennent calmer leur grand émoi et les rappeler à la réalité du fait accompli.

   Alors, se confiant dans la parole de Jésus, qui est désormais leur unique soutien, ils retournent à Jérusalem et s’enferment au Cénacle pour attendre, dans la prière, l’accomplissement de la promesse.
C’était la première neuvaine préparatoire à la Pentecôte : « Tous, dans un même esprit, persévéraient dans la prière… avec Marie, Mère de Jésus » (Act. I, 14).

   Retraite, recueillement, prière, accord entre nos frères, union avec Marie, telles sont les caractéristiques de la neuvaine qui doit nous préparer, nous aussi, à la venue de l’Esprit-Saint.

Ascension église du Sacré-Cœur Douarnenez - détail 2

Colloque :

   « O mon Dieu, ô mon Dieu, ô mon Jésus, Vous Vous en allez et Vous Vous séparez de nous !
Oh ! quelle sera l’allégresse du ciel ! Mais nous, nous restons ici-bas sur cette terre.
O Verbe éternel, que Vous a fait la créature, pour que Vous opériez tant de merveilles et montiez à présent au ciel, pour sa plus grande gloire ? Dites-moi, que Vous a-t-elle fait, pour que Vous l’aimiez tant ? Que Vous a-t-elle donné ? Que chervez-Vous auprès d’elle ? Vous l’aimez tellement que Vous Vous donnez Vous-même à elle, Vous qui êtes le Tout, car hors de Vous il n’est rien.
Vous attendez d’elle toute sa volonté et toute son intelligence, puisqu’en Vous les donnant elle Vous offre tout ce qu’elle a.
O Sagesse infinie, ô Bonté suprême, ô Amour, ô Amour si peu connu, moins encore aimé, et possédé par un si petit nombre !
Oh ! qu’elle est grande notre ingratitude, elle qui se trouve à la racine de tout mal !
O Pureté si peu connue et si peu désirée ! O mon Epoux, ô mon Epoux, à présent que Vous êtes avec Votre Humanité au ciel, assis à la droite du Père Eternel, créez en moi un cœur pu et renouvelez en moi la droiture de l’esprit ! » (Sainte Marie-Madeleine de’  Pazzi).

   « Hélas ! Seigneur, qu’il est long cet exil, et comme le désir de Vous voir le rend plus pesant encore ! O Seigneur, que peut faire une âme captive dans cette prison ?…
Mais je désire Vous contenter. Me voici, Seigneur ! S’il m’est nécessaire de vivre encore pour Vous servir en quelque chose, je ne refuse aucune des croix qui peuvent m’attendre sur terre.
Mais, hélas ! Seigneur, hélas ! ce ne sont que des paroles, je suis incapable d’autre chose ; mais que mes désirs du moins, mon Dieu, aient quelque valeur devant Vous, et puissiez-Vous ne pas considérer mon peu de mérite !
Ah ! bien pauvres sont toujours mes services, mon Dieu, même si je Vous les rendais en grand nombre !
Et alors, pourquoi resterais-je en cette vie si pleine de misères ? Uniquement pour accomplir Votre volonté. Pourrait-il y avoir plus grand profit ?
Espère donc, ô mon âme, espère !
Veille avec sollicitude, car tu ignores le jour et l’heure.
Tout passe rapidement, bien que ton désir rende long un temps qui est court.
Songe que plus tu combattras, plus tu donneras de preuves d’amour à ton Dieu, et plus tu jouiras ensuite de ton Bien-Aimé dans un bonheur et une félicité sans fin » (Sainte Thérèse de Jésus, « Exclamations » XV).

Rd. Père Gabriel de Sainte Marie-Madeleine ocd,
in « Intimité divine ».

vignette - Ascension

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