2026-84. Saint Mamert de Vienne, qui institua les Rogations.

11 mai,
Fête de  Saint Mamert , archevêque de Vienne en Dauphiné, confesseur ;
Anniversaire de la translation des reliques de Saint Antoine le Grand (cf.  ici) ;
Anniversaire de la victoire de Fontenoy (cf.  ici).

       Au martyrologe romain, le 11 mai :

   « A Vienne, en Gaule, Saint Mamert, évêque : pour détourner des calamités imminentes, il institua en cette ville des Litanies solennelles, les trois jours précédant l’Ascension du Seigneur ; l’Eglise universelle a, dans la suite, approuvé et adopté cette pratique ».

Saint Mamert de Vienne - blogue

A fúlgure et tempestáte, líbera nos, Dómine.
A flagéllo terræmótus, líbera nos, Dómine.
A peste, fame et bello, líbera nos, Dómine.

       « L’antiquité nous a laissé peu de détails sur la vie de Saint Mamert. Mais il s’est rendu fort célèbre par l’établissement des Rogations. Ce n’est pas qu’il soit le premier auteur de ces processions saintes, que l’on fait pour attirer les bénédictions de Dieu sur les fruits de la terre ; mais, de son temps, elles étaient presque tombées en désuétude, ou bien se faisaient sans dévotion. Saint Mamert les rétablit, et, y ajoutant le jeûne à la prière, il ordonna qu’on les ferait les trois jours qui précèdent l’Ascension.
Cette pieuse réforme fut d’abord reçue de toutes les Eglises de France, suivant le décret du premier concile d’Orléans, tenu sous Clovis le Grand, et le fut ensuite de l’Eglise de Rome, par l’autorité de Léon II.

   Voici à quelle occasion Saint Mamert eut cette pieuse pensée : il occupait dignement le siège archiépiscopal de Vienne, dans lequel il avait succédé à Saint Simplicius, dans le milieu du Vème siècle. Outre les calamités publiques de toutes les Gaules, qui étaient alors exposées aux irruptions des nations barbares, spécialement des Huns et des Goths, la ville et le pays de Vienne se virent affligés par des malheurs particuliers qui les menaçaient d’une désolation universelle : cette ville était souvent ébranlée par de si effroyables tremblements de terre, que ses habitants étaient contraints de l’abandonner, de peur d’être accablés sous ses ruines ; d’ailleurs, certains feux s’embrasaient sous terre, et faisant fumer les montagnes et les forêts, en chassaient les cerfs, les ours, les sangliers et les autres bêtes sauvages, qui se sauvaient tout épouvantés dans les bourgs et dans les villes, où leur présence répandait la terreur.
Le vigilant pasteur consola, encouragea son peuple par d’éloquents discours : il fit voir dans ces malheurs autant de coups de verges d’un père courroucé, dont il fallait implorer la clémence par la soumission et par des prières ferventes et continuelles.

   Il arriva de plus que, la nuit de Pâques, le feu prit à un édifice public de Vienne, et y continua avec tant de violence, que chacun s’attendait à un embrasement général.
Mamert, qui avait déjà opéré des prodiges semblables, se prosterna devant l’autel, et ses larmes, ses prières, arrêtèrent l’incendie. Saint Avit dit expressément que les flammes s’éteignirent d’une manière miraculeuse.

   Ce fut dans cette nuit épouvantable que Mamert conçut, devant Dieu, le projet des Rogations, en régla les psaumes et les prières ; il y ajouta le jeûne, la confession des péchés, les larmes, la componction du cœur.
Quant au but de ces processions salutaires, le voici, d’après une homélie que l’on croit être de Saint Mamert, et qui se trouve parmi les sermons attribués à Saint Eusèbe d’Emèse :

   « Nous y prierons », dit-il, « le Seigneur de nous délivrer de nos infirmités, de détourner Ses fléaux de dessus nous, de nous préserver de tout malheur, de nous garantir de la peste, de la grêle, de la sécheresse et de la fureur de nos ennemis ; de nous donner un temps favorable pour la santé des corps et pour la fertilité de la terre, de nous faire jouir de la paix et du calme, et de nous pardonner nos péchés ».

   Tel est à peu près tout ce que l’on sait de Saint Mamert.
Saint Avit le nomme son parrain : spiritualem a baptismo patrem. Il bâtit à Vienne une nouvelle église en l’honneur de Saint Férréol, martyr, dint il avait transféré le corps après l’avoir découvert.
On voit un évêque Mamert au concile d’Arles de 475. C’est probablement notre saint.

   Il mourut, dit-on, en 477.
Son corps, inhumé à Vienne, fut ensuite, par l’ordre du pape Jean III et du roi Gontran, transporté à Orléans et déposé en la cathédrale de cette ville, où il était en grande vénération. Les protestants le brûlèrent dans le XVIème siècle ».

Notice de Saint Mamert in « Les Petits Bollandistes »,
par Monseigneur Paul Guérin
Tome cinquième, pp.454-455.

Procession

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