2026-50. Du Crucifix miraculeux de la basilique de Saint-Nicolas-in-Carcere, à Rome.
Samedi de la quatrième semaine de Carême.
Rome : église Saint-Nicolas-in-Carcere.
Dans la liturgie romaine traditionnelle, le missel nous rappelle pour chaque jour du Carême, en quelle église de Rome s’accomplit la station : je ne veux pas me lancer aujourd’hui dans l’explication de ce que sont ces stations, parce que cela nous entraînerait beaucoup trop loin et que ce n’est pas cela dont j’ai résolu de vous entretenir aujourd’hui ; mais je veux profiter de ce que la station de ce samedi de la quatrième semaine du Carême se fait à l’église Saint-Nicolas-in-Carcere (c’est-à-dire, littéralement : « en prison »), non pas pour vous faire l’historique de cette église – pourtant très intéressant -, ni pour vous emmener virtuellement en faire une « visite » exhaustive – bien qu’elle le mérite -, mais seulement, in extremis avant que nous ne voilions les crucifix de nos églises et chapelles, pour vous entretenir brièvement de son crucifix miraculeux.
Ce crucifix, que l’on appelle donc miraculeux, se trouve dans la chapelle de l’abside du bas-côté gauche de l’église (la dite église est d’ailleurs tout à la fois une collégiale et une basilique), qui est aussi de nos jours la chapelle du Très Saint-Sacrement.
C’est un crucifix en bois que l’on date du XIVème siècle, sans pouvoir donner davantage de précisions sur l’année où il fut réalisé ni sur son sculpteur.
Le visiteur est relativement discrètement guidé vers lui par une simple affichette sur laquelle est écrit, en italien, au-dessus d’une flèche donnant la direction de la chapelle où il se trouve : « Crucifix miraculeux qui a ouvert les yeux le 19 juillet 1796″.
On ne trouve pas d’indication précise (et exacte) au sujet de ce miracle.
Le plus précieux, le plus exhaustif et le plus précis de tous mes anciens livres écrit pour guider les pélerins romains, ouvrage dans lequel je trouve habituellement toutes les antiques traditions, ainsi que le détail des miracles ou reliques conservés dans les églises de la Ville Eternelle, n’en parle pas.
Lors de mes séjours romains, il y a plusieurs lustres de cela, un vieux chanoine de cette collégiale m’avait assuré que le miracle avait eu lieu alors qu’un prêtre célébrait la Sainte Messe à cet autel. Il m’avait également fait remarquer que certains prétendent que ce prêtre aurait été Saint Gaspard del Bufalo, mais que cette attrbution est pour le moins fantaisiste : la date du miracle est certaine – 19 juillet 1796 -, et Saint Gaspard del Bufalo n’était alors âgé que de dix ans ! Il sera ordonné prêtre en 1808.
Dans les corridors des sacristies on conserve des plaques de marbre qui rappellent que le Pape Pie VII a accordé à perpétuité la délivance des peines du Purgatoire en faveur de l’âme du défunt pour laquelle tout prêtre, séculier ou régulier, célèbrera la Sainte Messe sur cet autel du crucifix miraculeux (c’est ce que l’on appelle un « autel privilégié ») :

… et les célébrations du centenaire du miracle, le 19 juillet 1896 :

Mais de plus amples détails, point !
A titre personnel (et même si ma curiosité se trouve mortifiée par une telle carence de détails pour un miracle pourtant dûment authentifié par la Sainte Eglise), je vous confierai que je suis assez attaché à cette église, et surtout au saint crucifix qui s’y trouve, pour une raison très personnelle : lors de la mort de Monsieur mon Père, le 31 août 2005, l’une de mes amies, qui habitait alors à Rome – à moins de 500 mètres de la Basilique de Saint-Nicolas-in-Carcere -, m’a dit au téléphone : « Je file de ce pas à l’église et vais demander à l’un des chanoines que je connais assez bien, s’il peut célébrer dès aujourd’hui, ou bien demain matin, la Messe à l’autel du crucifix miraculeux, à l’intention de l’âme de votre papa… »
Ainsi fut fait, et ce me fut une immense consolation spirituelle.
Lors de mon retour à Rome, à quelque temps de là, je n’ai pas manqué d’aller prier à Saint-Nicolas-in-Carcere, avec d’intimes sentiments de gratitude, parce que j’avais, dans la foi surnaturelle, la certitude que la miséricorde de Notre-Seigneur crucifié s’était déployée avec munificence pour délivrer l’âme de mon père des flammes du Purgatoire.

Voilà donc ce qu’évoque pour moi la station de ce samedi de la quatrième semaine de Carême, et je me permets d’élargir maintenant mon propos en vous exhortant à ne jamais douter de la puissance de la Croix sur laquelle s’accomplit l’œuvre de la miséricorde rédemptrice.
Voilà pourquoi nous pouvons, avec une immense confiance, prier ainsi :
« O Dieu, qui en faveur de ceux qui espèrent en Vous, choisissez de prendre en pitié plutôt que de Vous irriter : donnez-nous de pleurer convenablement le mal que nous avons commis, afin que nous méritions de trouver la grâce de Votre consolation… »
[oraison supra populum à la conclusion de la Messe de la férie de ce jour]
Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

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