2026-47. De Sainte Mathilde de Ringelheim, reine de Germanie, aïeule du Roi Hugues Capet.

14 mars,
Fête de Sainte Mathilde de Ringelheim, reine de Germanie, veuve ;
Mémoire de la Bienheureuse Eve de Saint-Martin (cf. > ici) ;
Mémoire de la férie de Carême ;
Anniversaire du rappel à Dieu de S.M. impériale et royale Zita de Bourbon de Parme (cf. > ici) :
Anniversaire de la bataille d’Ivry (1a mars 1590 – cf. > ici).

Sainte Mathilde de Ringelheim

       Sainte Mathilde, appelée Mathilde de Ringelheim (Ringelheim est une ville de basse Saxe qui revendique d’avoir été le lieu de sa naissance), ou parfois Mathilde de Saxe, était une descendante du duc Widukind, chef des Saxons dans leur longue lutte contre Charlemagne.
Elle était née en 895 ou 896, de Théodoric, alors comte de Westphalie, et de Rainhild, issue de la maison royale danoise.

   Pour son éducation, Mathilde fut bientôt confiée à sa grand-mère paternelle, Mathilde (ou Maud) 1ère, abbesse de Herford.
Herford était la plus ancienne maison religieuse de femmes du duché de Saxe, l’une des plus illustres aussi : c’était une abbaye de chanoinesses séculières relevant directement du Saint-Siège et, après la constitution du Saint-Empire romain germanique (962), les abbesses furent dès lors Princesses-Abbesses du Saint-Empire, à la tête d’un territoire autonome, et siégeant aux Diètes de l’Empire avec les prélats du Rhin.

   Sous la direction de sa grand’mère, la jeune Mathilde reçut une éducation soignée, tant séculière que spirituelle, et devant une jeune femme belle, instruite, vertueuse et pieuse.
Remarquée par le duc de Saxe Otton 1er (vers 851-912), dit l’Illustre ou le Magnifique, lui aussi descendant de Widuking, il la choisit pour épouse de son fils Henri, sur nommé l’Oiseleur en raison de sa passion pour la fauconnerie, âgé d’une vingtaine d’années de plus qu’elle, qui avait répudié sa première épouse.
Leurs noces furent célébrées en 909
 au palais royal de Wallhausen (qu’elle reçut en usufruit) ; de cette union de vingt-trois ans, qui fut un mariage heureux, naquirent trois fils et deux filles :

1) Otton 1er (912–973), roi de Francie orientale (Germanie) puis empereur (c’est avec lui que naît le Saint-Empire romain germanique, en 962, date de son couronnement par le pape Jean XII), qui épousera Sainte Adélaïde de Bourgogne, dont nous avons résumé la vie > ici ;

2) Gerberge (913–969), épouse de Gislebert, duc de Lotharingie, puis de Louis IV d’Outremer, roi des Francs ;

3) Hedwige (914/920–959), épouse d’Hugues le Grand, marquis de Neustrie et duc des Francs : de cette union naîtra Hugues, dit Capet, roi des Francs, fondateur de la dynastie capétienne ;

4) Henri (919/922–955), duc de Bavière ;

5) Saint Brunon (925–965), archevêque de Cologne et duc de Lotharingie.

Henri demande Mathilde en mariage

Henri 1er dit l’Oiseleur demande Mathilde de Ringelheim en mariage
(tableau de Konrad Astfalck – XIXème siècle)

   Peu après la naissance de leur premier-né, Otton, Henri 1er l’Oiseleur, succéda à son père à la tête du duché de Saxe, puis, vers 919, à la mort sans descendance du roi Conrad de Germanie, il hérita également du trône de Germanie.

   En raison de guerres fréquentes, Henri était souvent absent. Lui-même, et ses sujets aussi, n’hésitait pas à attribuer ses victoires aux prières et au courage de la reine Mathilde, qui menait une vie quasi monastique dans son palais.
Son époux lui faisait une confiance aveugle et n’opposait pas de limites aux larges et généreuses aumônes de son épouse, ni à ses largesses envers les communautés religieuses.
En 929, Henri accrut même considérablement les biens propres de Mathilde afin de la prémunir en cas de veuvage : son douaire comprenait d’immenses domaines avec leurs revenus.

   En 936, devenue veuve, Mathilde se dépouilla de ses bijoux et renonça aux privilèges liés à son rang, menant une vie personnelle austère, encore davantage consacrée à la dévotion et aux œuvres de charité.
Bien que ses aumônes vinssent de son douaire, les conseillers d’Otton l’accusèrent de dilapider les biens de la Courinne et de ruiner sa famille : elle fut alors espionnée et suspectée, et connut une période d’épreuves.
Elle paratgea alors son douaire entre ses enfants et se retira dans une modeste résidence de campagne.

   Survinrent alors une série d’épreuves et, sous la pression du clergé, d’une partie importante de la noblesse, et de sa propre épouse, Otton demanda pardon à sa mère, lui restitua ses biens et la rappela à la cour pour qu’elle put enrichir la direction de l’Etat de ses conseils avisés.
Mathilde reprit évidemment aussi ses œuvres de charité.

Sainte Mathilde distribuant des aumônes

Sainte Mathilde distribuant des aumônes :
détail du retable de l’église Santa-Croce à Torre del Greco, près de Naples.

   Lorsque Otton se rendit à Rome, en 962, pour y recevoir la couronne impériale, il confia à sa mère les rènes de l’Empire.
Trois ans plus tard à Cologne, à l’occasion des fêtes de Pâques, Mathilde annonça à ses trois enfants survivants (Hedwige et Henri de Bavière étaient morts) qu’elle se retirait définitivement dans les monastères qu’elle avait fondés.

   Vers la fin de l’année 967, alors qu’elle séjournait à l’abbaye des chanoinesses séculières de Nordhausen, en Thuringe, qu’elle avait fondée, une fièvre qui la tourmentait depuis quelque temps s’aggrava, et Mathilde, fut avertie de sa fin proche : elle fit appeler Richburga, son ancienne dame d’honneur devenue abbesse de Nordhausen, pour lui annoncer qu’elle devait partir pour Quedlinbourg, en Saxe, autre abbaye de chanoinesses séculières qu’elle avait fondée et lieu où son époux Henri L’Oiseleur et elle-même avaient choisi comme lieu de leur sépulture.

   En janvier 968, elle s’installa donc à l’abbaye de Quedlinbourg. Son neveu, l’évêque Guillaume de Mayence, vint lui rendre visite afin de lui administrer les sacrements. Souhaitant le remercier, elle n’eut d’autre choix que de lui offrir son propre linceul, prophétisant ainsi qu’il en aurait besoin le premier : Guillaume mourut en effet douze jours avant elle !

   La sainte reine s’éteignit le 14 mars 968.
La tradition rapporte que, pendant son agonie, elle se fit coucher sur un cilice et qu’elle répandit elle-même de la cendre sur sa tête.
A peine sa dépouille mortelle eût-elle été descendue dans le caveau qu’arriva une couverture tissée d’or, envoyée par sa fille Gerberge pour recouvrir le cercueil.
Mathilde fut enterrée auprès de son époux, dans la collégiale de Quedlinbourg, et sa tombe fit aussitôt l’objet de la vénération populaire.

Tombes d'Henri l'Oiseleur et de Sainte Mathilde dans la collégiale Saint-Servais de Quedlinbourg

Tombes d’Henri l’Oiseleur et de Sainte Mathilde
dans la collégiale Saint-Servais de Quedlinbourg (Saxe).

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