2026-46. Le conte japonais révélant où se trouvent les portes de l’enfer et les portes du paradis.

Jeudi de la troisième semaine de Carême ;
Mi-Carême.

       A l’occasion de l’étape spirituelle de ce jour, je voudrais, chers Amis de notre Refuge Notre-Dame de Compassion, vous rapporter un conte japonais qui, s’il vient d’une tradition spirituelle étrangère au Saint Evangile, n’en est pas moins porteur d’une grande leçon que nous pouvons nous approprier, et dont nous ne manquerons pas de tirer un réel profit…

   C’est du moins la grâce que je vous souhaite !

Tolbiac.

Tolbiac dans la sainte indifférence

       Un matin de très bonne heure, un jeune moine, nommé Jamyang, était assis en pleine méditation en face d’un paisible paysage lorsqu’il repéra quelque chose à l’horizon : une figure solitaire marchait vers le monastère.
Le moinillon plissa les yeux pour mieux voir la silhouette qui grandissait.
Plus le personnage se rapprochait, plus il lui semblait qu’il s’agissait d’une espèce de guerrier. Un samouraï peut-être.
Deux longues épées étaient suspendues à ses côtés.

   Le jeune moine impassible regardait cependant avec attention le personnage qui était maintenant proche.
Il lui sembla que ce samouraï devait être un rônin : un mercenaire errant, un renégat peut-être, un guerrier sans maître.

  L’homme, à la stature imposante, au visage renfrogné, à l’expression brutale, finit par arriver devant le jeune moine devant lequel il se campa, les mains posées sur ses armes.

   « Moine ! », aboya-t-il rauquement, « je suis venu apprendre ce que vous savez au sujet du paradis et de l’enfer. Dites moi tout ! »

   Jamyang ne répondit d’abord pas.
Il attendit que le rônin tentât de parler à nouveau, et c’est alors que, tranquillement, il déclara : « Je ne vous dirai rien. Vous êtes un samouraï sans maître. Vous venez ici sans y avoir été invité, puis, sans vous présenter, vous exigez des connaissances que vous n’avez pas méritées ».

   Le visage du rônin s’empourpra de colère. Il allait à nouveau ouvrir la bouche, mais le moine le devança : « De plus, vous portez avec vous l’odeur rance d’un millier de bovins. Une personne aussi nauséabonde que vous ne mérite aucune connaissance ! Encore moins la connaissance des choses sacrées ».

   En entendant cela, le visage du guerrier se mit à grimacer de colère et de fureur tant il se sentait outragé et humilié.
Il poussa un cri qui ressemblait davantage à un rugissement de bête féroce qu’à une expression humaine, et, tirant de leur fourreau ses épées, il les brandit de la façon la plus menaçante qui soit, prêt à frapper sans pitié l’insolent jeune moine, qui murmura sereinement : « C’est ici que s’ouvrent les
 portes de l’enfer ».

   Le samouraï se figea, et ses épées tombèrent de ses mains.
Là, en cet instant, il venait de comprendre. La couleur et l’expression de son visage s’étaient soudain métamorphosées.
Il ne pouvait y avoir explication plus claire : le moine avait risqué sa vie pour lui montrer, avec une remarquable présence d’esprit, ce qui faisait l’enfer et le remplissait !

   Submergé de gratitude, le samouraï tomba à genoux, des larmes plein les yeux.

   Alors Jamyang déclara avec une ferme douceur : « C’est ici que s’ouvrent les portes du paradis ! »

samouraï

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