2026-36. Un miracle de Sainte Colette.
6 mars,
Fête de Sainte Colette de Corbie, vierge (cf. > ici & > ici) ;
Fête des Saintes Perpétue et Félicité, martyres (cf. > ici) ;
Mémoire de Saint Chrodegang de Metz, évêque et confesseur ;
Mémoire de la férie de Carême.

Dans la vie de Sainte Colette de Corbie, sont mentionnées trois résurrections. Voici le récit de l’une d’entre elles, tel qu’on le trouve raconté par Madame Françoise Bouchard :
« Sainte Colette était abbesse au monastère de Poligny. Elle était en voyage d’affaires à Besançon quand elle apprit le décès d’une de ses religieuses ; elle fut très chagrinée, car une intuition divine lui avait fait savoir que la morte avait caché une faute grave en confession.
Elle expédia tout de suite un courrier à cheval pour ordonner que les funérailles soient retardées. Elle s’empressa de se faire conduire sur un chariot le plus rapidement possible. Lorsqu’elle arriva à Poligny, la foule assemblée devant l’église était si nombreuse qu’elle dut y pénétrer au moyen d’une échelle, par une fenêtre de la sacristie.
La religieuse avait été installée dans le chœur, dans une bière ouverte, exposée aux regards de la nombreuse assistance.
Dès son arrivée, la sainte Mère se prosterna devant le maître-autel où elle se mit en prière. Puis, s’approchant de la morte, elle la prit par lamain et lui ordonna de se lever, au nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Celle-ci sortit de son cercueil, alla se présenter au confessional où elle avoua enfin sa faute et vint se mettre à genoux devant l’autel où elle fit sa pénitence.
Ensuite, elle réclama, pour son âme, des prières aux fidèles et des messes aux prêtres.Sainte Colette lui donna sa bénédiction, après quoi elle se recoucha dans son cercueil où elle rendit paisiblement son âme.
Les funérailles se déroulèrent ensuite, au milieu d’une foule saisie par une pieuse émotion.La Sainte, qui redoutait de se laisser aller à des sentiments d’orgueil après avoir été l’instrument d’un tel prodige, se retia plusieurs jours dans sa cellule, où elle se livra à la prière et à la pénitence.
Ses compagnes, ayant jugé bon de profiter d’un tel rassemblement de fidèles pour leur faire adresser un sermon sur le salut éternel, elle leur répondit : « Un mort ressuscité est un grand prédicateur ; il n’en faut point d’autre ! » ».
Françoise Bouchard,
in « Le monde merveilleux des Saints »
Ed. Résiac, 1995 pp. 61-62

Du récit de ce miracle, que nous ne devons pas considérer comme une « simple anecdote » sans lien avec nous, il nous faut au contraire retirer de fortes leçons personnelles relatives à nos fins dernières et à notre propre pratique du sacrement de pénitence, spécialement en une période de confusion doctrinale où trop de prêtres et de fidèles semblent considérer que, selon les termes de la chanson idiote de Monsieur Polnareff, « on ira tous au paradis », et où les cérémonies de funérailles dans les églises dites catholiques (hors chapelles traditionnelles) ressemblent à des béatifications immédiates et automatiques.
Ne peuvent entrer dans le Ciel de Dieu et avoir droit à Son bonheur éternel que des âmes qui sont en état de grâce au moment de leur séparation d’avec le corps (la définition de la mort, c’est cela : la séparation de l’âme avec le corps).
Celles qui ne sont pas en état de grâce vont en enfer.
Le Purgatoire n’est pas une « séance de rattrapage » après la mort – un peu comme le « repêchage » du bac -, où l’on aurait une dernière chance de récupérer l’état de grâce qu’on n’avait pas en rendant le dernier soupir : ne vont au Purgatoire que des âmes en état de grâce mais qui n’ont pas expié suffisamment les conséquences des péchés qui leur ont déjà été pardonnés ici-bas, qui n’ont pas eu le temps de satisfaire pleinement à la justice divine dans la nécessaire réparation de leurs fautes.
On ne le répètera jamais assez.
Tolbiac.
Sainte Colette ressuscite une religieuse morte en état de péché
afin de lui permettre de se confesser et de recevoir l’absolution avant de mourir à nouveau.
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Oui, ce miracle d’une soeur morte en ayant gardé une faute grave lors de sa confession mais ressuscitée par Sainte Colette avant de s’endormir de nouveau dans la mort vaut tout sermon sur la finalité de la vie.
Mais nous, nous n’aurons pas Sainte Colette pour nous ressusciter ainsi!