2026-21. Les saintes haines.

Vendredi après la Sexagésime.

Prêt pour la lutte - blogue

       A la lecture du titre de cet article – intentionnellement provocant, je le confesse -, il ne manquera sans doute pas de personnes pour s’interroger : « Saintes haines ? Qu’est-ce donc que cela ? Une haine peut-elle être sainte ? De quoi s’agit-il encore ?… »

   Avant toute autre chose donc, il importe de définir, afin de mieux comprendre.

   La haine est une vive répugnance, une aversion profonde, une forme de dégoût qui pousse au rejet radical, un sentiment violent de détestation qui pousse à vouloir du mal ou parfois à s’emporter ; il n’y a souvent qu’un pas de la haine à la colère, ou vice versa.
La haine est le contraire de l’affection, de l’amitié, de l’amour. De l’adoration aussi.
La haine marche de pair avec la mésentente, la dissension, la guerre ; elle s’éloigne des voies de l’entente, de la commisération et de la miséricorde, de la concorde et de la fraternité.

   Ce qui est saint est conforme à l’ordre divin, aux préceptes divins, à la volonté divine. Ce qui est saint est assorti d’une forme de perfection et de pureté.

   Parler de sainte haine, c’est donc parler de répugnance vive conforme à l’ordre divin, d’aversion profonde accordée aux préceptes divins, de dégoût radical pour ce qui est contraire à la volonté de Dieu, de détestation résolue de ce que Dieu défend, de rejet déterminé et absolu de ce que Dieu interdit, de guerre pratique et concrète contre ce que Dieu nous demande de nous éloigner, de refus d’entente et de paix avec tout ce que Dieu nous ordonne de refuser… etc.

   Par la bouche du psalmiste, le Saint-Esprit nous dit : « Vous qui aimez le Seigneur, haïssez le mal : Qui diligitis Dominum, odite malum«  (Ps. XCVI, 10a) ; et, à la suite du saint roi David, à la suite des prophètes et des apôtres, à la suite de Notre-Seigneur Jésus-Christ Lui-même et de Sa Très Sainte Mère, à la suite de tous les saints et justes qui ont repris ces paroles inspirées pendant les vingt siècles de prière et de liturgie de la Sainte Eglise, nous disons nous aussi, poussés par l’Esprit-Saint : « N’ai-je pas haï, Seigneur, ceux qui Vous haïssaient ?… D’une haine parfaite je les haïssais, et ils sont devenus pour moi des ennemis : Nonne qui oderunt te, Domine, oderam ?… Perfecto odio, oderam illos, et inimici facti sunt mihi ?«  (Ps. CXXXVIII, 21a.22).
On appréciera au passage  ce « perfecto odio : d’une haine parfaite » : mots choisis par Dieu pour bien nous faire comprendre que toute haine n’est pas détestable et que toute détestation n’est pas haïssable !
Une haine parfaite, c’est-à-dire une sainte haine, une haine sainte, une haine voulue et finalement ordonnée par Dieu Lui-même, une haine entretenue et nourrie par l’amour de Dieu, une haine tournée vers tout ce qui s’oppose à Dieu, à Ses volontés, à Ses préceptes et à Ses desseins.

   Celui qui aime Dieu DOIT haïr le mal.
Celui qui aime Dieu a l’impérieux devoir de haïr le péché et tout ce qui conduit au péché ; l’impérieux devoir de haïr jusqu’aux occasions du péché.

   Le péché est un mal ; le péché s’oppose à la sainte volonté de Dieu ; le péché contrevient aux lois justes et pures données par Dieu ; le péché éloigne de Dieu et nous peut séparer grièvement de Lui ; le péché peut nous conduire en enfer ; le péché est haïssable ; le péché doit être haï sans compromission ni tergiversation.
On ne peut pas aimer Dieu et ne pas haïr le péché, ne pas haïr les occasions de pécher, ne pas haïr tout ce qui, d’une manière ou d’une autre conduit au péché.

   « La crainte du Seigneur hait le mal : Timor Domini odit malum«  (Prov. VIII, 13).
Avant d’entrer en Carême, et dans ces jours où nous peaufinons nos plans et résolutions (car, bien sûr, vous n’avez pas attendu la dernière minute pour établir votre stratégie de guerre quadragésimale, n’est-ce pas ?) pour ce temps du grand combat spirituel qui nous conduira jusqu’à la Passion et à la Pâque du Seigneur Jésus-Christ, il est bon de revivifier en nous toutes les saintes haines nécessaires à cette lutte sans merci, puisque – j’aime souvent à le rappeler – ou bien tu mets à mort l’iniquité, ou bien c’est l’iniquité qui te tue ! (cf. > ici).

 Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur

Sainte Bible - blogue

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