2025-196. De Sainte Adélaïde de Bourgogne, reine puis impératrice, dont on célèbre la fête le 16 décembre.
16 décembre,
Fête de Sainte Adélaïde de Bourgogne, reine et impératrice, veuve ;
Dans l’Ordre de Saint Augustin : Mémoire de plusieurs saintes vierges de notre Ordre qui, en Afrique, durant la persécution des Vandales, sous le roi arien Hunéric, ayant été suspendues en l’air avec de lourdes pierres aux pieds, et brûlées avec des lames ardentes, consommèrent heureusement leur martyre ;
Mémoire de Saint Adon de Vienne, archevêque et confesseur ;
Mémoire de la férie de l’Avent ;
Commencement de la neuvaine préparatoire à la Nativité de NSJC.

Adélaïde, fille de Rodolphe II, roi de Bourgogne, et de Berthe, fille de Conrad, duc de Souabe, naquit en 931.
Sa mère, femme d’une vertu peu commune, lui inspira dès l’âge le plus tendre l’amour de Dieu et de Ses lois et une véritable ferveur, assortie de la pratique énergique des vertus, spécialement l’obéissance et l’humilité.
La réputation de sa beauté, de ses qualités et de ses vertus lui valut d’être demandée en mariage par le roi d’Italie, Hugues d’Arles, pour son fils Lothaire.
Leurs fiançailles durèrent dix ans, et les noces furent célébrées à Pavie en 947, année où Lothaire devint à son tour roi d’Italie sous le nom de Lothaire II. Adélaïde avait 16 ans, Lothaire 1 à 5 ans de plus (on ne connaît pas précisément son année de naissance).
La jeune souveraine conquit rapidement son entourage par sa gentillesse et sa charité. Au bout de trois ans toutefois, le malheur fondit sur le jeune couple : un puissant vassal de Lothaire, Béranger II d’Ivrée, entra en révolte ouverte contre son jeune suzerain lequel mourut subitement à Turin (probablement empoisonné par Béranger ou quelque criminel à sa solde) le 22 novembre 950.
Veuve à 19 ans, mère d’une petite Emma (cette dernière épousera, en 965, Lothaire roi des Francs et sera la mère de Louis V, le dernier roi franc issu des Carolingiens), Adélaïde perdit non seulement ses Etats, mais aussi la ville de Pavie – qui lui appartenait en bien propre, car cette ville lui avait été donnée en dot par son père -, où elle avait espéré trouver refuge.
Sainte Adélaïde, reine d’Italie, et son époux Otton 1er le Grand,
roi de Francie Orientale (Germanie) puis empereur :
sculptures du Maître de Naumbourg (milieu XIIIème siècle)
[cathédrale de Meissen, Saxe].
En 951, Bérenger la fit même enfermer dans une forteresse proche du lac de Garde, où elle sera soumise à de très rudes traitements et humiliée à l’extrême.
Adélaïde parviendra toutefois à s’échapper et à trouver refuge à Canossa, forteresse qui appartenaît alors à l’évêque Adélard de Reggio.
Dans le même temps, lassés des injustices et mauvais procédés de Béranger, un certain nombre d’Italiens (dont une majorité de prélats lombards) se révoltèrent contre lui et appelèrent à l’aide le roi Otton 1er de Francie Orientale (ou Germanie), dit Otton le Grand, qui le défit et le contraignit à la fuite.
Ayant rendu sa pleine liberté à Adélaïde, reine légitime d’Italie, il fut fasciné par sa beauté et ses nombreuses qualités : comme il était veuf depuis 5 ans, il la demanda en mariage.
Après avoir prié et jeûné, pour solliciter de Dieu les bonnes inspirations, Adélaïde accepta.
Le mariage fut fastueusement célébré à Milan à la Noël 951.
De l’union d’Adélaïde et Otton naîtront quatre enfants, dont le futur empereur Otton II (né en 955).
Un peu plus de dix ans plus tard, le 2 février 962, à Rome, le pape Jean XII les couronnera empereur et impératrice d’Occident : l’empire de Saint Charlemagne se trouvera alors restauré : Otton et Adélaïde se trouveront au faîte des grandeurs terrestres
Entre temps, ayant pacifié l’Italie, Otton et Adélaïde repartirent vers la Germanie : la seconde épouse d’Otton conquit encore une fois tous les cœurs et continua à rayonner de piété et de charité.
A la cour, elle recevra de sa belle-mère, Sainte Mathilde de Ringelheim, de grandes leçons de vertu qui lui permettront de grandir en exemplarité et en sainteté (nota bene : Sainte Mathilde est non seulement l’ancêtre des Ottoniens, mais, par sa deuxième fille, Hedwige, qui épousa Hugues le Grand (de leur union naîtra Hugues Capet), elle est également l’ancêtre des Capétiens).
Adélaïde et Otton formèrent un couple uni, même si parfois l’empereur dut résister aux charitables instances de son épouse, toujours soucieuse d’obtenir le pardon des coupables, tandis qu’Otton veillait, pour assurer l’autorité de l’Etat, à ne point paraître faible et se montrait donc inflexible pour maintenir une stricte justice.
Adélaïde usera toujours de son influence auprès de l’empereur pour favoriser l’Eglise (elle dotera elle-même des fondations monastiques et cartitatives), et pour secourir les pauvres et les miséreux.
Elle se montrera aussi un puissant soutien de la réforme clunisienne, entretenant des relation pleines de respectueuse amitié avec Saint Mayeul et Saint Odilon, lequel, plus tard, écrira sa vie.
Elle eut Saint Adalbert de Magdebourg pour conseiller spirituel.
La pieuse impératrice s’efforcera aussi par tous les moyens à sa disposition de rétablir la paix et la concorde entre Otton 1er et son fils et successeur lorsque ce dernier entrera en conflit avec l’empereur.
Le futur Otton II, nous le verrons, ne se montrera pas toujours à la hauteur de l’excellente éducation, humaine et spirituelle, que sa mère s’efforça de lui inculquer…
Otton 1er confia la régence à son épouse en un temps où il dut retourner en Italie matter une seconde révolte de Béranger d’Ivrée
Cette régence elle l’exercera aussi pendant quelque temps, après la mort d’Otton 1er (973), Otton II étant encore trop jeune et inexpérimenté pour exercer la réalité du pouvoir (il n’avait que 17 ans et manquait signulièrement de jugement).
Cependant quelques courtisans jaloux de l’autorité d’Adélaïde, et ne partageant pas ses vertus de justice, de désintéressement personnel et de charité, avec à leur tête la jeune impératrice Théophanô Sklèraina – princesse byzantine épouse d’Otton II -, intriguèrent auprès du jeune souverain pour le convaincre qu’il devait s’affranchir de la tutelle maternelle s’il voulait exercer vraiment son autorité.
Une période de calomnies et d’injustices s’ouvrit alors pour Adélaïde, qui, s’enfonça dans l’humilité, la mortification, le silence et la prière. Puis, pressée par son propre fils de s’éloigner de la cour, elle se retira au pays de Vaud (actuellement en Suisse) sur les terres du Royaume de Bourgogne, où elle fut accueillie chaleureusement par son frère, le Roi Conrad III.
On ne tarda toutefois pas à constater combien son absence causait de tort à la justice, au bon ordre social, et même aux finances de l’Etat. Otton II dut ouvrir les yeux et demanda à se réconcilier avec sa mère : il envoya Saint Mayeul de Cluny pour la convaincre de retourner en Allemagne.
L’empereur Othon II se préparait à diriger une expédition en Sicile, lorsqu’une maladie violente le surprit à Rome, et l’enleva de ce monde à l’âge de vingt-neuf ans (983). Certains soupçonnent même son épouse, Théophanô, de l’avoir empoisonné.
Leur fils, Otton III, fut couronné Roi des Romains à Aix-la-Chapelle le 25 décembre 983 : il n’avait que trois ans.
Il s’ensuivit une régence difficile : les deux impératrices, Adélaïde sa grand’ mère et Théophanô sa mère, n’étaient unies que dans leur volonté de défendre le jeune Otton III des ambitions du duc de Bavière Henri le Querelleur qui cherchait à imposer sa tutelle, et qui ambitionnait de la sorte à s’attribuer la réalité du pouvoir.
A part cela, tout éloignait les deux impératrices : l’une compulsivement jalouse, coquette et ambitieuse, guidée par l’orgueil et l’esprit mondain ; et l’autre pieuse et effacée, cultivant la vertu et multipliant les œuvres de piété.
Adélaïde eut beaucoup à souffrir de cette cohabitation forcée, trouvant la force dans le silence et l’oraison, la pratique des sacrements et la mortification.
Statue de Sainte Adélaïde, à Seltz (Alsace)
Théophanô fut terrassée par une maladie foudroyante le 15 juin 1991, âgée d’environ 31 ans, alors qu’elle se trouvait à Nimègue. Otton III avait seulement 11 ans. Adélaïde en avait 60. Elle aspirait à se retirer du monde pour ne vaquer qu’à son salut, mais l’empire réclamait plus que jamais son secours.
Cédant aux instances de son petit-fils et des plus avisés des conseillers impériaux – laïcs et ecclésiastiques -, elle consentit à rester à la cour.
Plus puissante que jamais, elle ne regardait son élévation que comme un poids, et, pendant quatre années, elle exerça la plus sainte et la plus juste des régences.
Othon III fut déclarée majeur en 995. Il finit par céder aux instances réitérées de son aïeule et lui permit de se retirer.
Son départ fut regretté par ses peuples, et, sur son passage, elle reçut d’innombrables témoignages de vénération.
Traversant une partie de ce qui est aujourd’hui la Suisse, elle se rendit en pèlerinage à l’abbaye de Saint-Maurice, dans le Valais, pour y vénérer les reliques de ce généreux athlète qui souffrit le martyre en cette contrée avec ses compagnons de la Légion Thébaine ; elle fit halte en de nombreux monastères, et passa à Cluny pour s’y entretenir avec Saint Odilon ; elle résista aux supplications de sa fille Emma qui, avec son époux Louis V, était venue à sa rencontre, car ils eussent souhaité qu’elle fixât sa résidence à Paris

Saint Odilon lui avait annoncé, lors de sa dernière entrevue, que le terme de son pèlerinage n’était pas éloigné : Adélaïde se prépara donc avec plus de ferveur encore à paraître devant son Seigneur et se rendit en Alsace, à Seltz, où elle avait fondé une abbaye bénédictine, et s’établit dans une maison située hors de l’enceinte des bâtiments claustraux, habités par les moines. En ces derniers mois de sa vie terrestre, elle fut l’édification de tous.
Elle fut bientôt atteinte par une maladie qui la contraignit à s’aliter : elle disposa de ses bien en faveur des pauvres et des monastères de Cluny, de Saint-Benoît-sur-Loire et de la métropole de Saint-Martin de Tours, puis reçut avec une piété angélique le saint Viatique et l’extrême-onction.
Elle pria ensuite l’abbé du monastère de réciter avec elle les psaumes de la pénitence et les litanies des Saints, et ce fut au milieu de ces prières que sa belle âme s’envola au ciel, pendant la nuit du 16 au 17 décembre de l’an 999 (l’année où son ami Gerbert d’Aurillac devint pape sous le nom de Sylvestre II), à l’âge de soixante-neuf ans.
Son corps fut déposé avec solennité dans l’église du monastère de Seltz, et des miracles éclatants survenus à son tombeau attestèrent de la sainteté de cette illustre princesse.
Sa canonisation fut célébrée par le Bienheureux Urbain II en 1097.
Relique de Sainte Adélaïde,
présentée au musée d’art de Cleveland (Ohio, Etats-Unis d’Amérique).
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