2025-181. Réalisme ecclésial…
Wolfgang Heimbach (1615-1678) : le banquet en musique (vers 1660), détail.
Laissez-moi, chers Amis, vous rapporter une anecdote que l’ai lue, avec certes un amusement non feint, car le trait d’esprit n’est pas dépourvu d’humour, mais aussi en le recevant avec le sérieux qui convient à tout juste réalisme, aussi mordant qu’il puisse sembler.
J’ai donc lu que, à l’occasion de la bénédiction abbatiale de Madame Jeanne d’Escorailles de Roussille (1655-1688), élue en 1680 à la tête de l’abbaye royale de Chelles, des festivités somptueuses avaient été organisées : il faut préciser que Madame l’Abbesse Jeanne d’Escorailles de Roussille était la sœur aînée de Marie-Angélique de Scorailles, duchesse de Fontanges (1661-1681), alors au zénith de la faveur royale.
Devant le faste de cette fête, une dame se serait exclamée, émerveillée : « N’est-ce point ici le paradis ? »
C’est alors qu’une personne d’esprit lui aurait rétorqué :« Oh que non, Madame ! On n’y verrait point tant d’évêques… »
Je vous laisse méditer sur le réalisme de cette réflexion qui ne se limite probablement pas – hélas ! – au contexte des mondanités du Grand Siècle, mais pourrait ne pas être dépourvu d’une effrayante actualité en ces temps.
Bernt Notke (1435-1509) : danse macabre (vers 1460), détail
[église Saint-Nicolas de Tallinn, Estonie]
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