2025-180. De Saint Eugène de Tolède, disciple de Saint Denis, qui évangélisa la Nouvelle Castille et fut martyrisé à Deuil.
15 novembre,
Fête de Saint Albert le Grand (cf. > ici) ;
Mémoire de Saint Léopold III le Pieux, margrave d’Autriche et confesseur (cf. > ici) ;
Mémoire de Saint Eugène de Tolède, évêque et martyr.
Nous sommes très heureux, en notre Mesnil-Marie, de posséder, dans un médaillon (donné par la supérieure d’un monastère qui a malheureusement fermé), une parcelle d’ossement de Saint Eugène de Tolède, évêque et martyr, pour lequel nous avons conçu une dévotion spéciale depuis qu’à Paris (il y a désormais plusieurs décennies), nous avons été paroissien de l’église qui lui est dédiée : l’une des églises où la sainte Messe latine traditionnelle est célébrée – avec une véritable magnificence – depuis 1984.
Fête de Saint Eugène, à l’église Saint-Eugène et Sainte-Cécile (Paris IX) :
vénération des reliques de Saint Eugène sur l’autel qui lui est dédié
au jour de sa solennité paroissiale.

Saint Eugène, disciple de Saint Denis l’Aréopagite, premier évêque de Lutèce, ayant laissé, selon ses directives, son maître en Gaule, dirigea ses pas vers la péninsule ibérique où il pénétra fort avant et, par sa prédication de l’Evangile, y opéra de très nombreuses conversions : il devint ainsi le père et le fondateur de l’Eglise de Tolède, en Nouvelle Castille.
Voulant consolider sa nouvelle fondation en établissant des liens particuliers avec Saint Denis et la première chrétienté lutécienne, il reprit le chemin des Gaules, mais il arriva à Lutèce après le martyre de Saint Denis et de ses compagnons, alors que la persécution était encore des plus vives : il fut arrêté par les satellites du préfet Sisinnius Fescenninus, à Diogilum – aujourd’hui Deuil-La-Barre - à quelque trois lieues de Lutèce.
Martyre de Saint Eugène
(détail du vitrail de l’histoire de Saint Eugène)
[Paris IX, église Saint-Eugène et Sainte-Cécile]
Interrogé sur sa foi, il confessa avec intrépidité l’unicité et l’unité de Dieu, ainsi que la divinité de Notre-Seigneur Jésus-Christ, unique Rédempteur, et il demeura inébranlable en face des menaces et des tentatives d’intimidation : il fut alors condamné à avoir la tête tranchée.
C’était le 15 novembre de l’an 95.
Voulant empêcher que ses disciples ne lui donnassent une sépulture honorable, les païens jetèrent son corps dans le lac Marchais, au nord-est du village – près de Groslay -, lac au fond duquel son corps demeura plusieurs siècles, jusqu’à ce que, à l’époque mérovingienne (probablement au début du Vème siècle), l’un des notables du lieu, propriétaire de grands domaines, nommé Ercold (parfois orthographié Hercold), affligé par une grave maladie, fût gratifié d’une apparition de Saint Denis (auquel il était particulièrement dévôt, ayant élevé une église au-dessus de son tombeau).
Saints Denis lui annonça qu’il allait recouvrer la santé à condition que, après sa guérison, il fît retirer du lac Marchais le corps de son disciple Saint Eugène, et qu’il le plaçât dans un lieu convenable.
Le corps de Saint Eugène est jeté dans le lac de Marchais par les païens
puis en est retiré longtemps après par Ercold
(détail du vitrail de l’histoire de Saint Eugène)
[Paris IX, église Saint-Eugène et Sainte-Cécile]
Sitôt qu’il fut guéri, Ercold, s’empressa d’obéir à l’ordre de Saint Denis, et le corps de Saint Eugène fut retiré de l’eau, en bon état de conservation.
La sainte et précieuse dépouille fut placée sur un char pour être rapportée vers Diogilum, mais les bœufs qui le tiraient s’arrêtèrent dans un champ qui appartenait à Ercold et refusèrent d’aller plus loin : on comprit que c’était le lieu que le saint avait choisi pour y reposer, et Ercold y fit édifier un oratoire somptueusement orné qui devint un lieu de pèlerinage.
Au milieu du IXème siècle, en raison des menaces que représentaient les raids vikings, les reliques de Saint Eugène furent translatées à l’abbaye de Saint-Denys. Cette translation fut l’occasion d’accorder plusieurs portions de ses reliques à différentes églises de France et d’Espagne.
Puis en 1148, Raymond, archevêque de Tolède, venu assister au concile de Reims, visita la basilique de Saint-Denys et demanda qu’on lui remît une partie des reliques de Saint Eugène pour les emmener à Tolède.
Cathédrale de Tolède : châsse de Saint Eugène (XIIIème siècle)
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