2025-115. Les « sauvegardes du Sacré-Cœur ».

Premier vendredi du mois d’août.

Apparition du Sacré-Cœur à Sainte Marguerite-Marie - église de Bertrimoutier dans les Vosges

Apparition du Sacré-Cœur à Sainte Marguerite-Marie
(vitrail de l’église de Bertrimoutier)

        Au cours de la deuxième « grande apparition » du Sacré-Cœur à Sainte Marguerite-Marie, dans le courant de l’année 1674, il fut révélé à la sainte Visitandine de Paray-le Monial qu’

   « (…) il fallait honorer [l'amour de notre divin Rédempteur] sous la figure de ce Cœur de chair, dont il voulait l’image être exposée et portée sur soi, sur le cœur, pour y imprimer son amour et le remplir de tous les dons dont il était plein et pour y détruire tous les mouvements déréglés… » (voir le texte complet de cette révélation > ici).

   C’est absolument sans équivoque : Notre-Seigneur veut que nous portions l’image de Son Cœur adorable sur nos cœurs.

   Au cours de l’épidémie de peste qui, en 1720, ravagea Marseille, la Vénérable Anne-Madeleine Rémusat, Visitandine, exhorta les fidèles à se munir de petits rectangles d’étoffe, brodés à l’effigie du Cœur de Jésus, bénits et portés sur le cœur, que l’on nomma « sauvegardes du Sacré-Cœur », en signe du recours à la puissance protectrice du divin Cœur de Jésus, de la confiance avec laquelle on avait recours à Lui pour être protégé de la contagion.
A cette époque, la phrase qui avait été inscrite sur la « sauvegarde » était ​:

« O Cœur de Jésus, abîme d’amour et de miséricorde, je mets toute ma confiance en Vous ».

La Vénérable Anne-Madeleine Rémusat

Portrait de la Vénérable Anne-Madeleine Rémusat (1696-1730)

   La pratique du port de « sauvegardes » se propagea parmi les dévôts du Cœur de Jésus au-delà du temps de la contagion, mais Notre-Seigneur Lui-même voulait qu’elle se répandît plus largement encore, et Il le fit savoir à une autre religieuse de la Visitation, à Nantes cette fois : Sœur Marie-Anne Galipaud, que l’on surnommera bientôt « la sainte Sœur de Nantes ».

   Nous sommes alors en 1787, à la veille de la catastrophe spirituelle, sociétale, civilisationnelle et politique qui va engloutir l’ancien monde :

« Jésus-Christ, dans Sa sainte humanité, m’est apparu tenant en main un Cœur […] tout couvert d’épines aiguës… ».

   Ces apparitions vont se répéter cinq fois et Notre-Seigneur Jésus-Christ, en manifestant Son Cœur

« foulé aux pieds, bafoué, méprisé et oublié »,

rappelle ce qu’Il avait déjà demandé plus d’un siècle auparavant : 

   « Aime, adore, vénère ce Cœur. Fais ton possible pour le faire aimer, adorer, vénérer et vois si tu peux plonger tous les hommes dans cette ouverture sacrée ; mais, particulièrement, ranime, fortifie cette flamme dans Mon petit peuple de la Visitation. Mais cet amour, Je ne le veux pas en paroles, mais en imitation… »

   La Révérende Mère Claude-Marie de Bruc (1728-1812), supérieure, s’emploie alors à diffuser largement les demandes de Notre-Seigneur.
Les Sœurs de la Visitation de Nantes se mettent à l’ouvrage, peignant des images et cousant des scapulaires du Sacré-Cœur, appelés « sauvegardes » en raison des protections spirituelles et temporelles qu’elles procurent. 

Sauvegarde du Sacré-Cœur sur la poitrine d'un Vendéen

Sur les vitraux où sont figurés les héros et les événements du soulèvement vendéen
les « sauvegardes du Sacré-Cœur » sont représentées sur les poitrines des combattants et des fidèles.

   Lors des soulèvements populaires d’opposition à l’impie révolution, on verra les « sauvegardes du Sacré-Cœur » fièrement arborées sur les poitrines des comabattants et de leurs chefs, ainsi que sur celles de nombreux fidèles. Beaucoup de celles des Vendéens et des Chouans provenaient de la Visitation de Nantes.
Sous l’image du divin Cœur, furent souvent brodés ces mots : « Dieu – le Roy ».

   Au cours du XIXème siècle, notamment lorsque beaucoup de jeunes gens (et ils furent très nombreux des provinces de l’ouest de la France) s’enrolèrent pour la défense des Etats Pontificaux, soit dans l’éphémère groupe des « Croisés de Cathelineau » puis dans le corps des Zouaves Pontificaux (cf. ici et ici), l’inscription fut à nouveau modifiée, et on trouva sur les « sauvegardes » ce texte : « Arrête ! Le Cœur de Jésus est là. Que Votre règne arrive ! ». Texte dû, semble-t-il, à l’inspiration soudaine de la mère d’un jeune homme qui partait combattre pour la défense du Patrimoine de Saint Pierre, au moment où, agenouillé devant elle, il lui demandait sa bénédiction et recevait de ses mains une « sauvegarde ».

   Le Bienheureux Pie IX, recevant lui-même cette « sauvegarde », s’écria :

« Je désire que le Diable ne puisse faire aucun mal à ceux qui porteront cette sauvegarde, symbole du Cœur adorable de Jésus »

; et il ajouta même :

   « Je bénis ce Cœur et je veux que tous ceux qui seront faits selon ce modèle reçoivent cette même bénédiction, sans qu’il soit besoin qu’un autre prêtre la renouvelle ».

   A Pellevoisin, la Mère de Miséricorde, lors de l’apparition du 9 septembre 1876 (cf. > ici),  a retourné une petite pièce de laine qu’elle portait sur la poitrine, et Estelle Faguette, la voyante, y aperçut la représentation du Sacré-Cœur figuré comme sur les « sauvegardes ».
En le soulevant la Mère de Dieu dit : « J’aime cette dévotion », puis, après une pause, elle ajouta : « C’est ici que je serai honorée ».
De nombreux commantateurs ont fait valoir que ce n’est pas tant le lieu de l’apparition mais bien plutôt le Cœur de son divin Fils que Notre-Dame désignait par cet « ici », au moment où elle dévoilait Son image, qu’elle-même portait sur la poitrine.

Révélation du scapulaire du Sacré-Cœur

Vitrail de l’église paroissiale de Pellevoisin, représentant la révélation
du scapulaire du Sacré-Coeur, le 9 septembre 1876.

   Au cours des années terribles qui suivirent le second concile du Vatican, beaucoup de prêtres et de religieux se sont attaqués à la dévotion au Sacré-Cœur et aux manifestations de son culte : les « sauvegardes », pendant un temps, étaient mêmes devenues assez difficiles à trouver, mais – fort heureusement ! -, les Sœurs de la Visitation de Nantes, depuis le 16 octobre 2007, ont repris la confection et la distribution des « sauvegardes du Sacré-Cœur de Jésus», en reprenant exactement l’image conservée dans leurs archives datant de la Révolution.
Depuis lors, ce sont des dizaines de milliers de « sauvegardes » qui ont été répandues en France ainsi que dans de nombreux pays sur tous les continents.

   Il est possible de se procurer des « sauvegardes » au Monastère de la Visitation de Nantes (8 rue du Maréchal Joffre – 44000 Nantes / tél.: 02 40 74 15 78).
Les « sauvegardes » sont envoyées bénites : on ne les paye donc pas, mais en revanche il est juste, selon ses possibilités, de faire une offrande, ne serait-ce que pour les frais d’envoi, et, si on le peut, afin d’aider les Visitandines dans leur apostolat de fabrication et de diffusion. 

Sauvegarde du Sacré-Cœur Visitation de Nantes

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2 Commentaires

  1. le 3 août 2025 à 5 h 06 min L'abbé Paul J. Mc.D. écrit:

    Les saintes martyres Carmélites de Compiègne ont été jugées « contre-révolutionaires » à cause de leurs sauvegardes. Donc, martyres du Sacré Coeur!

  2. le 1 août 2025 à 6 h 35 min Abbé Jean-Louis D. écrit:

    Gravez dans ma poitrine, Coeur Sacré de Jésus, la sauvegarde de votre Sacré-Coeur.

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