2024-256. De Saint Léopold III le Pieux, margrave d’Autriche.

15 novembre,
Fête de Saint Albert le Grand (cf. > ici) ;
Mémoire de Saint Léopold III le Pieux, margrave d’Autriche et confesseur ;
Mémoire de Saint Eugène de Tolède, évêque et martyr (cf. > ici).

Statue de Saint Léopold III - cathédrale Saint-Etienne de Vienne

Statue de Saint Léopold III
dans la cathédrale Saint-Etienne de Vienne

       Léopold III, surnommé le Pieux ou le Saint, de la Maison de Babenberg, fut le sixième margrave d’Autriche (un margrave est un chef militaire et gouverneur d’une marche, c’est-à-dire un fief situé sur une région frontalière ; le mot, dérivé de l’allemand Markgraf - ce qui se traduit littéralement par « comte de la marche » – a, étymologiquement, son équivalent en français : marquis). 

   Né en 1073, fils de Léopold II dit le Bel et de son épouse Ida, ou Ithe (que d’anciennes biographies font, sans preuve, la fille de l’empereur romain Henri III, ce qui est hautement improbable), il donna la preuves des plus hautes vertus dès sa plus tendre enfance.
En 1095, il succéda à son père comme margrave d’Autriche. Son gouvernement fut admirable parce qu’il y exerça au plus haut point les vertus cardinales de prudence et de tempérance, de justice et de force, éclairés par les dons du Saint-Esprit, spécialement la Piété, le Conseil et la Sagesse.
Il gagnait le cœur de ses sujets par sa douceur autant que par son désintéressement dans la recherche du bien commun,

« regardant leurs biens comme si Dieu les lui avait confiés pour en être le protecteur, et prenant soin de procurer leur salut éternel, en excitant les bons à la persévérance par les grâces qu’il leur accordait, et en réduisant les méchants à l’observation des lois divines par des châtiments paternels » (Monseigneur Paul Guérin, in « Les Petits Bollandistes »).

   « Sa charité envers les pauvres était inépuisable. Son palais était l’asile des veuves et des orphelins ; les étrangers trouvaient auprès de lui un secours assuré. Il ne refusa jamais son assistance à ceux qui, étant dans l’oppression, implorèrent la force de son bras pour en être délivrés.
Il portait un profond respect aux ecclésiastiques et aux religieux. Les affaires de son État ne l’empêchaient point de visiter souvent les églises et d’y demeurer longtemps dans une dévotion ravissante. En un mot, toutes ses démarches étaient si édifiantes, que son peuple avait à tous moments de nouveaux sujets d’admirer la bonté, la sagesse et la sainteté de sa conduite » (ibid.).

   Dans la lutte qui opposa Henri IV à son fils Henri V, Léopold III adopta tout d’abord une attitude de neutralité, puis il se ralliera à Henri V, ce qui lui vaudra de se voir accorder (en secondes noces, car il était veuf de sa première épouse, Adelheid von Perg et Machland, avec laquelle il ne fut marié que quelques années mais dont il avait reçu d’importants fiefs) la main d’Agnès de Franconie, fille d’Henri IV et sœur d’Henri V, qui était veuve du duc Frédéric 1er de Souabe, duquel elle avait eu Conrad, qui sera l’empereur (non couronné) Conrad III, et Frédéric le Borgne, qui fut le père du fameux Frédéric 1er Barberousse.
Grâce à ce mariage avec Agnès de Franconie, célébré en 1106, Léopold III fut donc apparenté aux dynasties Salian et Hohenstaufen.
Il reçut un accroissement de ses pouvoirs sur la Marche d’Autriche, usant du titre de « Princeps terrae » qui indique l’acheminement vers une souveraineté indépendante et non plus un simple gouvernorat civil et militaire.

   Ce processus aboutira finalement, le 17 septembre 1156, à l’octroi du « Privilegium minus » accordé par l’empereur Frédéric 1er  Barberousse, acte qui faisait de l’Autriche un duché souverain : c’est véritablement la naissance de l’Autriche.

Léopold III et Agnès de Franconie chevauchant ensemble

Rueland Frueauf le Jeune (v. 1470-1547) :
Léopold III et Agnès de Franconie chevauchant ensemble
(abbaye de Klosterneuburg, fresques de la vie de Saint Léopold – 1501)

   Le mariage avec Agnès de Franconie fut heureux, parce que cette princesse était parfaitement vertueuse et accordée à la piété de son époux, et fécond. De leur union naquirent dix-sept enfants (ce qui porte à dix-huit le nombre des enfants de Léopold car il avait eu un fils du premier lit, et à vingt-huit le nombre des enfants d’Agnès qui en avait eu onze de son premier époux !) : sept moururent en bas-âge, mais les dix autres eurent des vies exemplaires, soit dans le siècle aux charges nobiliaires qui leur furent attribuées, soit dans les ordres (deux de ses fils furent évêques : Otto, évêque de Freising, et Conrad, évêque de Passau puis archevêque de Salzbourg).

   Léopold III et Agnès s’efforcèrent de donner à leur famille et à leur peuple d’authentiques exemples de sainteté. Ils fondèrent et dotèrent plusieurs monastères et abbayes (les plus célèbres étant Klosterneuburg, Heiligenkreuz et Klein-Mariazell), qui contribuèrent énormément au développement agricole et à l’éducation.
Le règne de Léopold III fut pacifique et engendra la prospérité. Il fut pressenti pour être élu empereur germanique en 1125, mais refusa en prétextant son âge avancé (52 ans) et le très grand nombre de ses fils, ce qui pouvait poser des conflits au moment de sa succession.

   Léopold couronna glorieusement une vie si belle par une très sainte et paisible mort le 15 novembre 1136, âgé de 63 ans.
Il fut inhumé dans l’église abbatiale de Klosterneuburg, et de nombreux miracles sur sa tombe attestèrent de sa sainteté. Il fut canonisé le 6 janvier 1485 par le pape Innocent VIII.
Agnès, vénérée aussi comme « la sainte margravine » en raison de ses abondantes charités, le rejoignit dans la tombe sept ans plus tard, le 24 septembre 1143.

Chef de Saint Léopold exposé le jour de sa fête paré du bonnet ducal

Chef de Saint Léopold III présenté à la vénération revêtu du bonnet ducal le jour de sa fête

   Saint Léopold III est le saint patron du duché d’Autriche, de la Carinthie, de la Styrie.
Les Habsbourg, qui relevèrent l’héritage des Babenberg à l’extinction de la lignée, à la fin du XIIIème siècle, ont couramment donné le prénom de Léopold à leurs fils.
Le 15 novembre est un jour de festivités religieuses et profanes en Autriche, et ce jour-là, depuis 1985 (cinquième centenaire de la canonisation de Saint Léopold),
 l’abbaye de Klosterneuburg (chanoines réguliers de Saint Augustin) décerne la Croix Léopold en remerciement aux bienfaiteurs de l’abbaye ; en 2008 fut aussi créé par l’abbaye de Klosterneuburg le Prix Saint Léopold pour la paix, qui récompense des artistes qui ont travaillé sur un thème humanitaire.

Abbaye de Klosterneuburg ostension du chef de Saint Léopold le jour de sa fête

Abbaye de Klosterneuburg : ostension du Chef de Saint Léopold III au jour de sa fête

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