2024-141. Que mon cœur devienne uni à Votre Cœur par un indissoluble lien d’amour !
30 juin,
Conclusion du mois du Sacré-Cœur ;
Fête de Saint Martial, apôtre, évêque et confesseur (cf. > ici) ;
7ème jour dans l’octave de Saint Jean-Baptiste ;
2ème jour dans l’octave des Saints Apôtres Pierre & Paul.
Antoine van Dick (1599-1641) : Crucifixion
Que mon cœur devienne uni à Votre Cœur par un indissoluble lien d’amour !
« Esto mihi in domum refugii ;
Soyez pour moi une demeure de refuge » (Ps. XXX, 3).
Seigneur Jésus-Christ, Vous, source inépuisable d’amour et de grâces !
Je Vous loue, je Vous remercie de la dure transfixion de Votre saint côté après Votre mort ; car alors, ô Saint des saints, Votre côté a été si profondément blessé par la lance du soldat, que la pointe du fer pénétra jusque dans l’intérieur de Votre poitrine et vint percer le milieu même de Votre tendre Cœur. De cette large blessure commença à couler pour nous la très salutaire source de sang et d’eau qui arrose la terre et sauve le monde.
O bienfaisante et merveilleuse effusion de sang qui s’échappe du Côté de Jésus endormi sur la croix, du sommeil de la mort pour la rédemption du genre humain !
O très pure et très douce effusion de cette eau mille fois bénie, qui vient du plus profond des entrailles de notre Sauveur et Rédempteur pour laver toutes nos souillures !
Moïse, dans le désert, avait frappé le rocher, il en était sorti une eau rafraîchissante destinée simplement aux usages et au soulagement du peuple d’Israël et de ses troupeaux : mais quand Longin, l’intrépide soldat, de sa robuste main frappa la Pierre avec la lance, c’est-à-dire quand il fendit le Côté droit du Christ, alors il en sortit, et pour toujours, une source mystérieuse d’eau et de sang à laquelle notre chaste Mère, la Sainte Eglise catholique, vient puiser les sacrements de son salut. Eve fut nommée mère de tous les vivants et formée d’une côte d’Adam son Epoux ; de même, la Sainte Eglise militante est nommée mère de tous ceux qui vivent de la foi, et elle est formée du Côté du Chris son Epoux.
O grande, précieuse, charitable blessure de mon Sauveur, tu es creusée plus profondément que toutes les autres et ouverte de manière à présenter une large entrée à tous les fidèles, blessure d’où s’échappent, sans mesure et sans fin, des trésors de bénédictions, blessure du Côté faite la dernière mais devenue cependant la plus célèbre !
Quiconque boit à long trait, à la toute sainte et divine source de cette blessure — ou même n’y prend que quelques gouttes — oubliera tous ses maux, sera délivré de la soif des plaisirs éphémères et grossiers, sera enflammé de l’amour des choses éternelles et célestes, et rassasié de l’ineffable douceur de l’Esprit-Saint : alors coulera dans son âme une source d’eau vive qui rejaillit jusqu’à la Vie éternelle.
O mon âme, entre ! entre dans le Côté droit de ton Seigneur crucifié ; entre par cette blessure bénie jusqu’au fond du Cœur tout aimant de Jésus, percé d’outre en outre par amour : repose-toi dans le creux du rocher à l’abri des tempêtes du monde ; entre dans ton Dieu !
Tu as devant toi, couverts d’herbes et de fleurs odoriférantes, le chemin de la Vie, le sentier du Salut, le pont qui mène au Ciel. Le Cœur de Jésus, C’est la ville de refuge, où l’on est à l’abri des poursuites de l’ennemi, la ville de refuge qui nous protège contre la colère du Juge irrité : ce Cœur est la source intarissable de l’huile de la miséricorde pour les pécheurs vraiment repentants, ce Cœur est la source du fleuve divin jaillissant au milieu du Paradis pour arroser la surface de la terre, pour étancher la soif du cœur humain aride et desséché, pour effacer les péchés, pour éteindre les feux impurs de la concupiscence, pour régler les écarts de l’imagination, pour apaiser les fureurs de la colère.
Approche-toi donc et prend le breuvage de l’amour à cette source du Sauveur, afin qu’à l’avenir tu ne vives plus en toi, mais en Celui qui a été crucifié pour toi.
Donne ton cœur à Celui qui t’a ouvert Son Cœur ; ne donne point ton cœur au monde, mais au Christ ; ne le donne point à la vaine prudence humaine mais à l’éternelle Sagesse.
Où peux-tu reposer plus tranquillement, où peux-tu habiter plus sûrement, où peux-tu dormir plus doucement que dans les plaies et les blessures du Christ crucifié pour toi ?
O tout resplendissant et aimable Jésus, Créateur du monde mystérieux et invisible de la grâce ; Vous, Hôte des cœurs aimants, Modèle crucifié des âmes écrasées sous le poids de la croix ; Vous, divin Réservoir de toutes les richesses et de tous les dons du Ciel ; Roi Jésus, Sauveur des fidèles, qui avez voulu que Votre saint Côté fût ouvert par la pointe d’une lance impitoyable, je Vous en prie humblement, ardemment, ouvrez-moi les portes de Votre miséricorde, et laissez-moi pénétrer, à travers la large ouverture de Votre adorable et très saint Côté, jusque dans l’intérieur de Votre tout infiniment aimable Cœur, de sorte que mon cœur devienne uni à Votre Cœur par un indissoluble lien d’amour.
Blessez mon cœur de Votre amour, faites pénétrer la lance du soldat à travers ma poitrine, et que mon cœur Vous soit ouvert, uniquement à Vous seul, et soit fermé au monde et au démon ! Protégez mon cœur, défendez-le contre les assauts de mes ennemis par le signe de Votre croix.
Ainsi soit-il !
Extrait des écrits spirituels d’un Chartreux anonyme de Nuremberg,
tiré d’un ouvrage imprimé en vieil allemand à Nuremberg en 1480.

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Je retiens le titre de la publication: « Que mon cœur devienne uni à Votre Cœur par un indissoluble lien d’amour! ». Chacun de nous en fait sa prière, et, personnellement, j’en fait une ardente supplication à ce Coeur d’Amour et de Tendresse, reflet du Père dans la puissance de l’Esprit-Saint. Amen.
Très édifiant ; merci !
Rien d’autre à dire que le texte ci-dessus !