2024-93. Pèlerins de Dieu (méditation pour le troisième dimanche après Pâques).

Troisième dimanche après Pâques.
Lectures de la Sainte Messe : épître 1 Pierre II, 11-19 ; Evangile : Jean XVI, 16-22.

troisième dimanche après Pâques - méditation 1 - blogue

Pèlerins de Dieu :

Présence de Dieu :

« Faites, ô Seigneur, que les vanités terrestres ne retiennent pas mon cœur et ne l’empêchent d’aspirer vers le ciel ! »

Méditation :

   1 – En ce jour, la liturgie commence à orienter notre pensée vers l’Ascension prochaine de Jésus : « Encore un peu de temps et vous ne Me verrez plus, car Je vais au Père ». L’Evangile qui rapporte ce passage est tiré du discours que fit le Seigneur aux Apôtres au soir de la dernière Cène, afin de les disposer à Son départ avant d’aller à Sa Passion ; mais l’Eglise tient à nous présenter aujourd’hui ce discours d’adieu de Jésus, avant Son Ascension.
Puisque Sa mission est accomplie, Il doit retourner au Père qui L’a envoyé ; il en sera de même un jour pour nous : la terre n’est pas notre demeure stable, mais le lieu de notre pèlerinage. Jésus l’a dit : « Encore un peu de temps, et vous ne Me verrez plus… puis encore un peu de temps et vous Me reverrez ».
Ces paroles, énigmatiques pour les Apôtres qui ne les comprenaient pas, sont maintenant beaucoup plus claires pour nous : « Encore un peu de temps », c’est-à-dire celui de notre vie – qui est peu de chose en comparaison de l’éternité – et puis, le moment viendra pour nous aussi de quitter la terre pour suivre Jésus au ciel, où nous Le verrons dans la gloire. Et alors, comme a dit le Seigneur : « Votre cœur exultera et personne ne pourra vous ravir votre joie ».
Mais, avant d’arriver à cet heureux terme, il faut passer par les contrariétés, les luttes, les souffrances de la vie terrestre. Bien que cela soit « peu de chose » relativement au « poids démesuré de gloire qui nous attend » (cf. 2 Cor. IV, 17), le Seigneur sait que pour nous, qui sommes pris par les vicissitudes de la vie terrestre, c’est « beaucoup » et pénible. Il nous prévient donc, afin que nous ne nous en scandalisions pas : « vous pleurerez et gémirez et le monde se réjouira ».
Le monde jouit et veut jouir à tout prix, totalement submergé par les plaisirs de la vie présente, sans aucune pensée pour ce qui l’attend au-delà. S’il ne peut échapper aux inévitables souffrances de la vie, il cherche à étouffer la douleur dans le plaisir, en s’ingéniant à extraire, du plus fugitif instant, toute la jouissance possible.
Le chrétien n’agit pas de même, il s’impose une vie de sacrifice et de renoncement en vue d’une félicité supra-terrestre : « Vous serez dans la tristesse, dit Jésus, mais votre tristesse sera changée en joie ».

troisième dimanche après Pâques - méditation 2 - blogue

   2 – L’épitre également nous exhorte à vivre sur cette terre le regard tourné vers le ciel : « Mes bien-aimés, dit Saint Pierre, je vous exhorte, comme des étrangers et des voyageurs, à vous garder des convoitises de la chair qui font la guerre à l’âme ».
Le pèlerin ne peut s’attarder à jouir des délassements et des joies qu’il rencontre sur son chemin, sans le risque de ne pas atteindre le but. Ainsi, le chrétien, pèlerin de Dieu, ne peut se laisser arrêter par les biens terrestres ; il peut s’en servir et même en jouir si la Providence les met sur sa route, mais d’un cœur détaché qui passe immédiatement outre. Rien ne peut appesantir son pas, car il a hâte d’arriver au terme.
La vie du chrétien est celle du voyageur en terre étrangère, qui ne s’arrête jamais parce qu’il est anxieux d’arriver dans sa patrie. C’est bien à propos que la Secrète de la Messe met sur nos lèvres la prière suivante : « Puissent ces mystères, Seigneur, apaiser en nous l’ardeur des désirs terrestres et nous apprendre à n’aimer que les biens célestes ». La nécessité de cette prière est grande, car les satisfactions et les biens présents, au caractère immédiatement concret, peuvent  toujours impressionner nos sens et notre cœur, au point d’en retenir l’élan vers le ciel et même de nous faire oublier la caducité de tout ce qui est terrestre.
Une autre caractéristique du pèlerin est de n’être satisfait que lorsqu’il est arrivé dans sa patrie, et cette note distinctive jette un voile de tristesse sur la vie. Pèlerin de Dieu, le chrétien non plus ne peut être pleinement satisfait tant qu’il n’est pas arrivé au ciel et ne possède pas Dieu. Il court en soupirant vers Lui ; il presse le pas, soutenu par l’espérance de Le rencontrer un jour « face à face ».
Mais cette espérance comporte réellement un sentiment de tristesse, parce qu’il espère ce qu’il ne possède pas encore. C’est la sainte tristesse de ceux qui cherchent Dieu. Remercions le Seigneur s’Il nous la fait expérimenter ; c’est bon signe, c’est l’indice que notre cœur est pris par Son amour et que, dès lors, les biens terrestres ne peuvent plus le satisfaire. Et, ici encore, la parole de Jésus vient nous encourager : « votre tristesse sera changée en joie ».

troisième dimanche après Pâques - méditation 3 - blogue

Colloque :

   « O mes délices, Seigneur de toutes les créatures et mon Dieu ! Jusqu’à quand me faudra-t-il attendre pour pouvoir contempler Votre présence ? Oh ! vie longue ! vie amère ! vie où l’on ne vit pas ! Oh ! solitude désolée et sans remède !…
Quand donc, Seigneur ? Quand ? Quand ?… Qu ferai-je, ô mon Dieu, que ferai-je ? Faut-il donc que je désire ne plus Vous désirer ? Ah ! mon Dieu et mon Créateur, Vous blessez et ne donnez pas de remède ; Vous blessez, et la blessure est invisible ; Vous tuez pour laisser plus de vie ! En somme, ô mon Seigneur, Vous faites ce que Vous voulez, puisque Vous êtes tout-puissant. Qu’il en soit ainsi, Seigneur, parce que Vous le voulez. Moi, je n’ai d’autre volonté que de Vous aimer.

   « O Seigneur, mon Créateur, la douleur que je souffre m’arrache des plaintes et m’oblige à reconnaître que mon mal sera sans remède jusqu’à ce qu’il Vous plaise d’y mettre fin. Mon âme est dans une étroite prison : elle désire la liberté, mais à condition de ne s’éloigner aucunement de Votre volonté. Faites donc, ô ma Gloire, que son tourment augmente, ou apportez-y un remède radical.

   « O mort, ô mort, en toi est la vie, et je ne sais comment on peut te redouter ! Mais comment ne pas craindre, après avoir passé une partie de son existence sans aimer son Dieu ? Et puisque tel est mon cas, qu’est-ce que je demande et désire ? Serait-ce la punition que mes fautes ont méritée ?  – Ne le permettez pas, ô mon Dieu, car il Vous a tant coûté de me racheter !

   « O mon âme, laisse s’accomplir la volonté de ton Dieu, c’est là ce qui te convient. Sers-Le et espère en Sa bonté ; lorsque par la pénitence, tu auras mérité quelque peu le pardon de tes péchés, Il saura remédier à ta peine. Ne cherche pas à jouir avant d’avoir souffert.

   « Mais de cela même, je me sens incapable, ô mon vrai Roi et Seigneur, si Vous ne me soutenez Vous-même de Votre main puissante et de Votre grandeur. Avec Votre aide, tout me deviendra facile » (Sainte Thérèse de Jésus, Exclamations, VI).

Père Gabriel de Sainte Marie-Madeleine,
in « Intimité divine ».

troisième dimanche après Pâques - méditation 4 - blogue

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1 Commentaire Commenter.

  1. le 21 avril 2024 à 17 h 13 min SB écrit:

    Ces méditations, soutenues par l’Espérance – mais tellement empreintes de tristesse (est-ce le bon mot ?) – sonnent tellement justes ! Et ces images remarquables, tellement expressives, sont aussi profondément rassurantes…
    Oui, nous sommes pèlerins ; et parfois l’étape est difficile, mais le Seigneur EST là : Il marche à côté de nous…

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