2024-68. Du Bienheureux Hugolin Zeffirini de Cortone, ermite de Saint-Augustin, qu’on fête le 22 mars.
22 mars,
Fête du Bienheureux Hugolin Zeffirini, ermite et confesseur ;
Fête de Saint Paul de Narbonne (Sergius Paulus), évêque et confesseur (cf. > ici) ;
Mémoire du Bienheureux Clément-Auguste von Galen, évêque et confesseur ;
Anniversaire de la mort de Jean-Baptiste de Lully (+ 22 mars 1687).

Aux confins de la Toscane et de l’Ombrie, la très ancienne cité de Cortone, au très riche passé historique et religieux, n’est pas uniquement la ville de la célèbre pénitente du XIIIème siècle, Sainte Marguerite de Cortone (1247-1297), mais elle a aussi été témoin, au siècle suivant, de la vie et des vertus d’un moine Ermite de Saint-Augustin que la Sainte Eglise a également élevé sur les autels : le Bienheureux Hugolin Zeffirini, parfois appelé Hugolin de Cortone.
En raison de la graphie italienne Ugolino, on trouve aussi, en français, la version Ugolin, mais qui ne correspond pas vraiment au génie de notre langue.
Hugolin Zeffirini est né à Cortone vers 1320.
C’est une période de troubles civils, en raison des interminables querelles entre les partis guelfes et gibelins qui empoisonnent la vie des cités-états d’Italie centrale et septentrionale au cours des XIIIème et XIVème siècles [pour rappel, ces factions soutenaient respectivement la politique du pape (les guelfes) ou celle de l’empereur (les gibelins), mais les puissantes familles qui s’affrontaient dans ces luttes pouvaient changer d’obédience, et donc d’alliances, en fonction de leurs intérêts].
Nous ne savons pas grand chose de ses parents, mais en revanche nous sommes certains que les Zeffirini furent contraints à l’exil, justement en raison des dissensions qui désolaient Cortone, et qu’ils allèrent s’installer à Mantoue.
Dans cette importante cité de Lombardie, en 1318, le condottiere gibelin Louis 1er de Gonzague (Luigi Corradi da Gonzaga), supplanta le parti guelfe, fut nommé podestat, puis capitaine général du peuple, et vicaire de l’empereur : il est le chef de lignée d’une famille qui deviendra illustre et puissante, d’une Maison ducale souveraine, qui brillera par ses alliances, dont seront issus de très nombreux chefs de guerre et mécènes, neuf cardinaux, et, par dessus tout d’un saint qui brille au ciel d’un éclat particulier (cf. > ici et > ici).
Le choix de Mantoue que firent les parents du futur Bienheureux Hugolin, inclinent à penser qu’ils étaient du parti gibelin et qu’ils avaient des relations d’amitié avec Louis 1er de Gonzague, puisqu’ils vécurent dans son entourage immédiat.
Domenico Morone (vers 1442-1518) : l’expulsion des Bonacolsi de Mantoue
(tableau de 1494 illustrant la prise de pouvoir de Louis 1er de Gonzague dans la cité lombarde, conservé au palais ducal de Mantoue)
Les débuts de ce qui deviendra bientôt la très brillante cour ducale de Mantoue – où il semble avoir tenu un rôle de page au début de son adolescence -, n’offraient évidemment pas au jeune Hugolin un environnement propice à la vie spirituelle et à la quête de perfection évangélique auxquelles il aspirait. C’est pourquoi, en 1336, le jeune homme (âgé d’environ 16 ans donc), entra chez les Ermites de Saint-Augustin du couvent Sainte-Agnès, à Mantoue.
Chez les Augustins, il reçut une solide formation ascétique et spirituelle, en même temps qu’il commença ses études en vue du sacerdoce (on ne sait à quelle date il fut ordonné).
La vie augustinienne est caractérisée par l’amour de la vie contemplative nourrie par l’étude, en particulier celle des Saintes Ecritures, l’amour d’une certaine forme de solitude, l’amour de l’ascèse et de la pénitence, et par un amour des âmes qui porte à leur communiquer – par l’enseignement et la prédication – les lumières et les fruits de la contemplation et de l’étude (voir > ici). Ce que Saint Thomas d’Aquin (n’oublions jamais que les dominicains vivent sous la Règle de Saint Augustin et donc que l’Aquinate était un fervent disciple du grand Docteur d’Hippone) a magnifiquement résumé par la célèbre formule : « contemplare et aliis contemplata tradere : contempler et communiquer aux autres le fruit de ce que l’on a contemplé ».
A Cortone, l’église Saint-Augustin, qui remonte au XIIIe siècle et a été remaniée à la période baroque :
c’était l’église conventuelle des Ermites de Saint-Augustin
et le lieu où l’on vénéra pendant des siècles le corps du Bienheureux Hugolin Zéffirini ;
elle a été désacralisée à une date très récente et sert désormais d’auditorium,
de salle d’expositions, voire de salle de banquets…
Ci-dessous, le cloître des Augustins (état actuel)
En 1354, le Père Hugolin fut envoyé par ses supérieurs au couvent des Augustins de Cortone (qui avait été fondé en 1273).
Sa ville natale devint donc le champ de mission de ce prêtre au zèle apostolique ardent, mais discret, qui entraînait les âmes dans les voies de l’union à Dieu.
Ses contemporains ont été particulièrement édifiés par sa très grande dévotion envers la Passion de Notre-Seigneur, par sa grande pureté de vie et le rayonnement de sa chasteté, par sa modestie et son abnégation, par sa disponibilité de tous les instants, et par sa sollicitude envers les pauvres.
Au bout de quelques années à Cortone, sa réputation de sainteté était solidement établie… ce qui dut grandement mortifier les sincères et profondes dispositions d’humilité qui régnaient en son âme.
Outre l’appel intérieur spécial que cela suppose – et probablement aussi pour fuir les sollicitations du nombre croissant de personnes qui le cherchaient, et ainsi couper court à toute mise en avant et tentation de vanité -, le Père Hugolin reçut de ses supérieurs la dispense de la vie conventuelle et l’autorisation de se retirer dans l’ermitage de Saint Onuphre (eremo Sant’Onofrio) : « A cause de cela, voici que Moi, Je l’attirerai doucement et l’amènerai dans la solitude, et Je parlerai à son cœur » (Osée, II, 14).
Ses dernières années se passèrent dans la prière et les veilles, la mortification et le jeûne, à l’imitation des anciens solitaires de la Thébaïde, tel Saint Onuphre l’anachorète (vers 320-400) dont son ermitage portait le nom.
Il rendit sa belle âme à Dieu le 22 mars 1370 (certains disent : « autour de l’an 1367″) : il était donc âgé d’une cinquantaine d’années.
Il fut d’abord inhumé près de la chapelle de son ermitage, et sa tombe devint rapidement un lieu où l’on venait se recommander à son intercession, lui confier ses intentions… et remercier pour les grâces que l’on en avait reçues.
Ci-dessus, châsse dans laquelle est actuellement exposé le corps du Bienheureux Hugolin Zeffirini
dans l’église Saint-Philippe-Néri, à Cortone,
et, ci-dessous, le maître-autel XVIIe siècle de l’église Saint-Augustin désacralisée,
sur le gradin supérieur duquel on voit l’urne de marbre et de bronze
dans laquelle était conservé le corps du Bienheureux Hugolin avant la désacralisation…

Les pèlerins de plus en plus nombreux qui se rendaient sur la tombe du Père Hugolin, constatèrent bientôt que, sans que quiconque les eût plantés, des lis éclatants de blancheur en sortaient…
Lorsqu’on prit la décision de transférer le corps du saint ermite dans l’église du couvent des Augustins, on le trouva relativement bien conservé, et on remarqua, sur sa poitrine, deux fentes non cicatrisées, qui permirent de constater que c’était de là que sortaient les lis prodigieux, comme s’ils étaient nés de son cœur très chaste, puisque chacun sait que le lis est le symbole de la pureté.
Le pape Pie VII confirma le culte immémorial rendu au Père Hugolin qui fut donc, en 1804, inscrit au martyrologe romain, ainsi qu’aux calendriers liturgiques propres des Augustins et de la ville de Cortone, à la date du 22 mars avec le titre de Bienheureux.
Je termine ce récit avec une citation d’un hagiographe italien, qui m’a beaucoup touché et que je vous traduis : « Dans l’histoire spirituelle de Cortone, à la figure passionnée de Sainte Marguerite, comme une rose charnue hérissées des épines de la pénitence, est opposée en quelque manière la figure épanouie du lis du bienheureux Hugolin Zeffirini ».
Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur
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Prions Saint Hugolin pour la préservation de la jeunesse qui recherche la vertu de pureté dans ce monde désaxé.
Je ne connaissais pas la vie de ce saint homme.
Au moins, outre la connaissance de ce Bienheureux – qui est première en piété – j’aurais connu aussi ce qu’étaient les Guelfes et les Gibelins, et la raison de la lutte violente entre ces deux factions!
Depuis la chute, l’espèce humaine ne cesse de s’entredéchirer : tout cela aura une fin, et l’empire de Satan sera détruit.
En ce qui concerne la pureté des lis : au moment de la révolution, les révolutionnaires les détruisaient sur les bâtiments ; maintenant que nous connaissons l’origine de la révolution, il ne faut pas s’en étonner. Qui plus est cette révolution nous parle de vertu !!!