2024-55. Autopsie de nos chutes.

Mardi de la troisième semaine de Carême.

L'expulsion du paradis terrestre - église Saint-André de l'Europe Paris 8

Adam et Eve chassés du paradis terrestre
(vitrail dans l’église Saint-André de l’Europe – Paris VIIIe)

       De notre Bienheureux Père Saint Augustin :

   « Le tentateur n’aurait pu réussir à triompher de l’homme, s’il ne s’était laissé auparavant emporter à un mouvement d’orgueil, lequel dut être réprimé afin de lui faire sentir par l’humiliation de sa faute combien il avait eu tort de présumer de lui-même. (…) Mais il n’en fallait pas moins donner une leçon à l’âme qui s’exalte et qui compte trop sur ses propres forces, et lui faire sentir, par les tristes suites du péché, tout le malheur qui attend la créature, quand elle se sépare du Créateur. Mais, l’enflure de l’orgueil guérie, on renaît à la vie, quand, après l’épreuve, on retrouve, pour revenir à Dieu, la volonté qui avait manqué avant l’épreuve pour lui rester fidèle » (in « De la Genèse au sens littéral », livre IX, chap. V, § 7).

       Pour méditer :

   La racine du péché, c’est l’orgueil.
A l’origine de toutes nos fautes, nous trouvons notre « complexe d’excellence » : cet amour désordonné de nous-mêmes, cette complaisance en nous-mêmes, cette excessive confiance en nous-mêmes, cette surestimation de nos qualités et de nos forces, cette manière de nous attribuer à nous-mêmes le mérite et la gloire de nos propres qualités qui ne sont en réalité que des dons gratuits de Dieu…

   Ainsi donc, très souvent, avant même d’avoir produit un acte mauvais, nous avons déjà commis le péché parce que, avant l’acte extérieur, intérieurement, nous nous sommes déjà détournés de la sainte volonté de Dieu. Notre volonté propre n’était déjà plus soumise aux lois et aux inspirations divines, notre petit moi avait déjà fait écran à la grâce…

   « Le tentateur n’aurait pu réussir à triompher de l’homme, s’il ne s’était laissé auparavant emporter à un mouvement d’orgueil », écrit Saint Augustin. Les grâces de renouveau et de guérison qui nous sont données lors de nos confessions sont souvent même bien souvent stérilisées parce que nous nous accusons de tel ou tel manquement (« j’ai répondu avec colère à telle personne… j’ai eu telle mauvaise pensée… j’ai éprouvé de la jalousie envers X ou Y… etc.») mais pas de la vraie réalité de notre faute : en effet, nous ne sommes pas allés jusqu’au bout de notre examen de conscience et nous n’avons pas débusqué l’orgueil qui se cache derrière telle réaction, derrière tel acte, derrière telle pensée.

   Ces chutes – nos chutes – que Dieu permet, nous devons les comprendre, les recevoir, comme une grande et salutaire leçon. Dieu aime tellement l’humilité qu’on peut dire, en quelque sorte, qu’Il utilise l’offense que nous Lui faisons afin de nous prémunir contre l’orgueil, afin de nous guérir de l’orgueil : « Le tentateur n’aurait pu réussir à triompher de l’homme, s’il ne s’était laissé auparavant emporter à un mouvement d’orgueil, lequel dut être réprimé afin de lui faire sentir par l’humiliation de sa faute combien il avait eu tort de présumer de lui-même ».

   Au lieu de nous replier sur nous-mêmes et de gémir sur nous en constatant que nous avons péché, ce qui est encore l’un des replis secrets de l’orgueil, il nous faut rebondir : il faut nous humilier en vérité et reconnaître de tout notre cœur, de tout notre esprit et de toute notre âme que sans Dieu nous ne pouvons rien. RIEN !
Ce n’est pas d’être tombés que nous devons nous étonner, mais plutôt de ne pas être tombés plus souvent et plus bas !!!

   Relisons encore Saint Augustin : « (…) l’enflure de l’orgueil guérie, on renaît à la vie, quand, après l’épreuve, on retrouve, pour revenir à Dieu, la volonté qui avait manqué avant l’épreuve pour lui rester fidèle ». 

       Prions et invoquons tout au long du jour :

- Seigneur, éclairez-moi pour que je mette en pleine lumière tous les obscurs recoins de mon être dans lesquels se niche si subtilement l’orgueil…
- Seigneur, guérissez-moi et venez-moi sans cesse en aide, pour que je revienne sans cesse vers Vous avec une volonté toujours plus forte de Vous être fidèle !

Rentrer en soi-même - blogue

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1 Commentaire Commenter.

  1. le 5 mars 2024 à 6 h 48 min Abbé Jean-Louis D. écrit:

    Seigneur, éclairez-moi! Sacré-Coeur de Jésus, doux et humble, rendez-nos coeurs semblables au Vôtre.

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