2023-135. De Sainte Notburge de Cologne, qu’on fête le 31 octobre.
31 octobre,
Fête de Sainte Notburge de Cologne, vierge ;
Vigile de la Toussaint (cf. > ici) ;
Conclusion du mois du Rosaire (cf. > ici).
Nos explorations dans la recherche des saints de notre auguste Famille Royale, en ses trois dynasties, nous ont valu de découvrir récemment Sainte Notburge de Cologne, qui vécut au VIIIe siècle, juste avant l’accession des Carolingiens au trône des Francs, en un temps où l’on appelle Pépinides et Arnulfiens les ancêtres de Charles Martel.
Je me permets de vous redonner ici ce très schématique arbre généalogique qui avait été publié à l’occasion de la fête de Saint Arnoul de Metz (cf. > ici) :

Sainte Notburge – c’est la graphie que nous utiliserons ici parce qu’en latin on la nomme Notburgis (et en allemand moderne Notburga) -, est aussi appelée Nortburge ou Noitburge. Dans les « Petits Bollandistes », Monseigneur Paul Guérin a préférée cette dernière dénomination que nous nous permettons de corriger donc, en référence au latin et à l’usage germanique, dans son texte ci-dessous, mais pour le reste, nous recopions ci-dessous intégralement la notice qu’il lui a consacrée.
Sainte Notburge et la Bienheureuse Plectrude,
représentée sur un retable dans la chapelle de Sainte Notburge,
à l’intérieur de l’église Sainte-Marie au Capitole, à Cologne.
Cette église est aujourd’hui la plus ancienne de la ville :
elle a été réédifiée au milieu du XIème siècle à l’emplacement du monastère construit par la Bienheureuse Plectrude.
A partir de la première moitié du XVIIe siècle, la chapelle Sainte-Notburge de Sainte-Marie au Capitole
était la « chapelle française », c’est-à-dire la quasi paroisse des Français résidant à Cologne.
« Cette vierge illustre était nièce (d’autres disent fille) de Pépin d’Herstal, tige de nos rois de la seconde dynastie, et de la Bienheureuse Plectrude, qui l’éleva dans les plus purs sentiments de la vertu. Les soins que lui prodigua la pieuse princesse ne demeurèrent pas stériles : Notburge fit paraître, dès ses jeunes ans, tant d’innocence, de pureté de cœur, de détachement des vanités et des plaisirs mondains, d’amour pour Jésus-Christ et de dévotion pour Sa sainte Mère, qu’on put deviner la sainteté de sa vie future. Grande selon le monde, elle devint plus grande encore en foulant le monde aux pieds.
Lorsque sa tante chérie, le cœur brisé de la liaison de son marie avec la fameuse Alpaïde, qui lui donna Charles Martel, se retira dans la ville de Cologne, elle la suivit, et lui demeura unie, comme si elle eût été sa fille. Elle lui rendit tous les services d’une compagne fidèle, et lui prodigua toutes les consolations de la plus tendre des amies.
Plectrude, dégoûtée du siècle, ayant fondé un couvent de filles nobles en cette ville, Notburge y entra, pleine de joie de se consacrer au Seigneur. Elle vécut dans ce monastère, comme une personne entièrement morte au monde, et ne respirant plus que pour le ciel. L’oraison devint son occupation la plus douce ; jamais elle ne perdait de vue la présence de Dieu ; elle édifiait toutes ses compagnes par une ferveur merveilleuse et une exactitude parfaite à tous ses devoirs ; elle ne pensait à son corps que pour l’affliger par des austérités extraordinaires.
Cependant ses cousins, Drogon et Grimoald, fils de pépin, qui lui portaient un vif attachement, essayèrent de l’arracher à ce saint asile, avant qu’elle s’y fût définitivement engagée. Ils formèrent le projet de la marier à un grand seigneur, afin de se créer par là une amitié nouvelle dans la noblesse, et servir ainsi les intérêts de leur famille. Mais Dieu, qui veillait à la garde de la pieuse et noble vierge, exauça les vœux de son cœur. Elle échappa aux pressantes sollicitations de ces deux parents, par la mort de chacun d’eux. Elle en fut vivement peinée, mais elle se réjouit fort de se voir délivrée de leurs instances, et de se trouver libre de se donner toute à Dieu.
Sainte Notburge
représentée au portail est de la façade nord de la cathédrale de Cologne
La fidèle amante du Sauveur, se croyant dégagée à jamais de toute tentative du côté du monde, ne songea plus qu’à se livrer aux délices de l’amour divin ; mais elle avait compté sur une paix qui ne lui était point réservée. D’autres parents poursuivirent le projet de ses cousins ; se voyant pressée trop vivement, et ne sachant plus à qui recourir sur la terre pour obtenir la liberté de disposer d’elle-même à son gré, elle s’adressa, dans l’ardeur de sa foi, à Jésus Lui-même, le suppliant, avec beaucoup de larmes et de soupirs, de ne pas permettre qu’on pût l’arracher à Lui, pour être livrée à un homme mortel, de lui enlever plutôt la vie, en la retirant de ce misérable monde.
Notburge pria si bien, et fit passer tellement son cœur et sa foi dans sa prière, que son Epoux céleste l’exauça. Peu de temps après, elle tomba malade, et sa maladie n’eut point de guérison. Elle finit par rendre à son Bien-Aimé une âme pure et sans tache, pour être couronnée dans Sa gloire. Les anges portèrent son âme au délicieux jardin de l’Epoux des vierges, et le ciel permit que son corps devint un instrument de miracles : il fut une source de vie et de santé pour ceux qui en approchaient.
Comme on portait ses restes inanimés à l’église de Saint-Pierre, il s’y rencontra le cadavre d’un homme qu’on allait confier à la terre ; dès que ce corps eut approché celui de Notburge, il fut rendu à la vie. Toute la ville de Cologne fut édifiée de ce prodige.
Il se fit tant de miracles à son tombeau, que l’église où il se trouvait prit le nom de Sainte Notburge.
Ses reliques se conservent aujourd’hui dans l’église de la Chartreuse de Cologne. »
Monseigneur Paul Guérin,
in « Les Petits Bollandistes » tome XIII, p.75
Notes complémentaires :
1 – Monseigneur Guérin ne donne pas de dates pour la vie de Sainte Notburge : les historiens de la ville de Cologne estiment qu’elle est probablement morte entre l’année 714 et l’année 717. La première date est vraisemblablement celle de la mort de Grimoald, et la seconde celle de la mort de la Bienheureuse Plectrude.
2 – Monseigneur Guérin parle des reliques de Sainte Notburge à la Chartreuse de Cologne. D’autres sources parlent de la Chartreuse de Coblence : en fait, l’une et l’autre ont été supprimées en 1794 par l’invasion des troupes révolutionnaires françaises. Nous pensons qu’ici Monseigneur Guérin a fait une erreur : un manuscrit du XIVe siècle provenant de la Charteuse de Mayence, aujourd’hui conservé, dans lequel se trouve une « Vita Sanctae Noitburgis », parle bien de la Chartreuse de Coblence.
3 – Compte-tenu des coutumes franques pour les mariages des jeunes princesses, on peut raisonnablement penser que, lorsque ses cousins voulurent la marier, Sainte Notburge pouvait avoir entre 12 et 18 ans.
4 – Il ne faut pas confondre Sainte Notburge de Cologne avec Sainte Notburge de Rattenberg, qui vécut à la fin du 13ème siècle et au début du XIVème siècle.
Vestiges du cloître de Sainte-Marie au Capitole, à Cologne
(l’église et les bâtiments adjacents ont terriblement souffert des bombardements de la fin de la seconde guerre mondiale :
les éléments subsistants du cloître sont intégrés dans des bâtiments de la fin du XXème siècle)
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La sainteté et l’histoire, à travers sainte Notburge.
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