2023-130. Nous fêtons le 21 ou le 22 octobre, la fête de Sainte Célinie – ou Céline – de Laon, mère de Saint Remi.
21 octobre,
Fête de Sainte Ursule et de ses compagnes, vierges et martyres (cf. > ici, > ici, et > ici) ;
Au martyrologe romain, fête de Sainte Céline de Laon, mère de Saint Remi (le lendemain à Reims) ;
Mémoire de Saint Hilarion, abbé et confesseur ;
Mémoire du Bienheureux Charles 1er de Habsbourg, empereur et confesseur ;
Anniversaire de la naissance de Sa Majesté la Reine Marie-Marguerite (21 octobre 1983).
Au martyrologe romain, dans la liste des saints énumérés pour le 21 octobre nous trouvons en septième position la notice suivante : « In castro Laudunénsi sanctæ Cilíniæ, matris beáti Remígii, Epíscopi Rheménsis : Dans la place forte de Laon, Sainte Célinie, mère du Bienheureux Remi, évêque de Reims ».
Néanmoins, le calendrier particulier du diocèse de Reims justement, célèbre la fête de Sainte Céline le lendemain, 22 octobre ; c’est aussi l’usage que nous suivons en notre Mesnil-Marie, où le 21 la fête de Sainte Ursule et de ses compagnes est toujours célébrée avec une ferveur particulière, et où ne pouvons nous résoudre à ne célébrer Sainte Céline que par une simple commémoraison.
Voici ci-dessous le texte des « Petits Bollandistes » concernant Sainte Célinie, ou Céline :

Cathédrale de Chartres, verrière de la vie de Saint Remi (détail) :
Saint Remi guérit la cécité de l’ermite Saint Montan par l’application du lait de Sainte Céline
Sainte Céline, recommandable par sa piété et ses vertus, avait épousé dans sa jeunesse Emile, comte de Laon, seigneur d’une haute noblesse et qui mérité les louanges de Saint Sidoine Apollinaire, évêque de Clermont-Ferrand. Elle vécut avec son époux dans une grande union ; elle lui était chère à cause de son caractère aimable, et aussi à cause de sa prudence, de sa réserve, de sa modestie et de la tendre et chaste affection qu’elle lui portait. Le Seigneur bénit ce mariage dont un des premiers fruits fut la naissance d’un enfant appelé à une haute destinée : c’était Saint Prince ou Principe, qui devint évêque de Soissons.
Au bout de quelque temps, par un secret dessein de la Providence, Céline cessa d’être féconde, et pendant de longues années, elle gémissait souvent devant le Seigneur sur la privation d’une plus nombreuse progéniture. Ses prières ne furent pas vaines auprès du Dieu de bonté et de miséricorde. Un célèbre solitaire nommé Montan, qui habitait au milieu des bois de La Fère, passant sa vie en jeûnes, en veilles et en prières continuelles, fut souvent favorisé de révélations toutes célestes. Comme l’Eglise était alors accablée de divers maux dans la Gaule-Belgique, ce Saint demandait sans cesse à Dieu d’avoir compassion de cette contrée et de lui rendre la paix. Ayant, une fois entre autres, passé en oraison pour ce sujet une nuit entière, il entendit une voix d’en-haut qui disait : « Le Seigneur a daigné regarder la terre du haut du ciel, afin que toutes les nations du monde publient les merveilles de sa puissance et que les rois tiennent à l’honneur de le servir. Céline sera mère d’un fils qu’on nommera Remi (Remigius ou Remedius) ; je l’emploierai pour la délivrance de mon peuple ».
Montan reçut par trois fois l’ordre d’aller avertir cette vertueuse dame des merveilles que Dieu opérerait par son moyen. Le saint ermite se rendit donc à Cerny, où était le château de Céline, et lui communiqua ce qu’il avait entendu dans sa vision. « Comment se pourra-t-il faire », répondit Céline, « que mon mari et moi étant si âgés, je me trouve encore mère dans ma vieillesse ? » – « Non seulement cela arrivera », repartit le saint homme, « mais lorsque vous viendrez à sevrer votre enfant, quelques gouttes de votre lait mises sur mes yeux me feront recouvrer la vue que j’ai perdue depuis si longtemps ».
Céline et Emile ajoutèrent foi à ces paroles ; et dans le dixième mois qui suivit, cette dame mit au monde un fils qu’elle appela Remi ; Laon se glorifie de l’avoir vu naître. Quant au pieux solitaire, il recouvra la vue en se frottant les yeux avec son lait, ainsi qu’il l’avait prédit. Céline et Emile eurent le plus grand soin de l’éducation de cet enfant de bénédiction. Ils le mirent à Laon pour être instruit dans les lettres et les sciences, et en même temps formé à la piété par mi les clercs de l’église Sainte-Marie. Il devint archevêque de Reims et baptisa Clovis, premier Roi de France.
Céline mourut dans un âge avancé, pleine de mérites devant Dieu et devant les hommes. Elle fut enterrée à Lavergny (Labriniacum), jadis paroisse, aujourd’hui ferme dépendant de Parfondru, environ à deux lieues de Laon.
On représente Sainte Céline en compagnie de son fils Saint Remi.
Notice due à l’obligeance de Monsieur l’abbé Henri Congnet, du chapitre de Soissons.
In « Les Petits Bollandistes », tome XII p. 507
Tapisseries de la vie de Saint Remi (musée Saint-Remi – Reims) :
Panneau de la naissance de Saint Remi
[on lit de gauche à droite et de haut en bas : le songe de Saint Montan, la rencontre de Saint Montan et de Sainte Céline,
Sainte Céline et le comte Emile, la naissance de Saint Remi (scène centrale), et la guérison de Saint Montan]
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Moudet en Cantal, de nouveau gratifié (comme en tant d’autres contrées) d’une nouvelle rencontre à Reims via ce blogue, grâce à notre moine érudit.
Nous sommes mis en présence de Saint Remi (dix siècles plus tôt en ce même lieu), de sa sainte maman, Céline, et du saint ermite Montan. Belle page historique que le Cantalou apprécie d’autant plus qu’est nommé Saint Sidoine Apolinaire, évêque de Clermont-Ferrand, dont dépendait l’Eglise de Saint-Flour avant d’en être détachée pour devenir un diocèse autonome.