2023-35. Sainte Françoise Romaine : la vision de l’enfer.

9 mars,
Fête de Saint Françoise Romaine, veuve (cf. > ici et > ici).

Antoniazzo Romano - Sainte Françoise Romaine

Sainte Françoise Romaine
Telle qu’elle est représentée par Antoniazzo Romano sur l’une des fresques du monastère de Tor de’Specchi, à Rome (avant 1468)

       Sainte Françoise Bussa de Leoni (1384-1440), épouse puis veuve de Lorenzo Ponziani, est communément appelée Sainte Françoise Romaine. C’est une mystique de très grande envergure, dont la vie et les phénomènes surnaturels qui la remplissent, considérés comme tout-à-fait véridiques par les saints et les papes des âges de foi, sont de nos jours tenus en suspicion en raison même de leur caractère « merveilleux ». Les critiques modernes (et modernistes) considèrent qu’il y a dans sa biographie trop de choses qui « échappent à la raison et à la science objective » pour qu’elles soient authentiques. Ce même apriori rationaliste est appliqué au contenu des visions dont Sainte Françoise Romaine a été gratifiée.

   Nous sont en effet parvenues quatre-vingt-treize visions qu’elle a dictées elle-même à son confesseur. Parmi celles-ci se trouve ce que l’on appelle habituellement « Le traité de l’enfer », qui fut tenu en haute estime et qualifié de « fort remarquable » par les plus grands saints et pontifes, mais qui dérange par trop les « mentalités modernes » : il est donc préférable à ces dernières d’ignorer ces visions, ou de les dénigrer comme superstitions sans consistance, pour finalement les reléguer dans la catégorie des « imaginations de bonne femme dépendante des représentations populaires de son époque »
Pour nous, au contraire, nous sommes convaincus, avec les grandes figures de la Chrétienté, que ces visions sont dignes de créance, et salutaires pour les fidèles. Tout ce qui y est écrit est bien évidemment absolument opposé aux modes pseudo théologiques actuelles, absolument opposé aux théories professées par un certain nombre de catholiques imprégnés de l’esprit du monde, absolument opposé aux affirmations de très hauts dignitaires de l’Eglise eux-mêmes qui prétendent que tous les hommes – quelle que soit leur croyance, et quelles que soient leurs mœurs – sont sauvés…

   « Le traité de l’enfer » est composé de neuf chapitres, pas très longs. Les trois derniers ont respectivement trait aux Limbes (chap. VIII), au Purgatoire (chap. VIII) et à la gloire des saints dans le Ciel (chap. IX), et nous n’en parlerons pas ici aujourd’hui. En revanche, nous publions ci-dessous le résumé des six chapitres qui traitent directement de l’enfer tel qu’il se trouve en appendice de la biographie de Sainte Françoise Romaine dans le tome troisième des Petits Bollandistes (édition de 1876, vol. III p.317).

Vision de l'enfer Sainte Françoise Romaine - 1

La vision de l’enfer de Sainte Françoise
(ancien monastère des Oblates à Tor de’ Specchi – Rome)
A la mort de leur fondatrice, les Oblates voulurent que les principaux épisodes de la vie et de l’expérience mystique de Sainte Françoise fussent représentés dans leur oratoire : elles commandèrent donc des fresques au peintre Antoniazzo Romano, qui les acheva en 1468.
On y trouve évidemment la représentation de la vision de l’enfer et des descriptions données par Sainte Françoise.

       « [...] Le traité de l’enfer, avons-nous dit, est le plus remarquable des écrits qu’a dictés Sainte Françoise. En voici une idée :

Un jour que la servante de Dieu était très-souffrante, elle s’enferma dans sa cellule pour se livrer à l’exercice de la contemplation. Il était environ quatre heures de l’après-midi. Aussitôt elle fut ravie en extase et l’archange Raphaël, qu’elle ne vit pas alors, vint la prendre pour la conduire à la vision de l’enfer. Arrivée à la porte de ce royaume effroyable, elle lut ces paroles écrites en lettres de feu : « Ce lieu est le lieu de l’enfer, enfer sans espérance, enfer sans intervalle dans les tourments, enfer sans repos ». La porte s’ouvrit et Françoise regarda : elle vit un abîme si profond, si épouvantable, d’où s’échappaient des cris si affreux et des odeurs si insupportables, que depuis elle n’en pouvait parler sans que son sang se glaçât dans ses veines. L’enfer lui apparut divisé en trois régions, l’une supérieure, l’autre inférieure, l’autre intermédiaire. Les tourments étaient plus grave dans la région inférieure que dans les deux autres. Dans la région supérieure sont placés les Juifs qui, à leur opiniâtreté près, vécurent exempts de grands crimes ; ceux des chrétiens qui négligèrent la confession pendant la vie et en furent privés à la mort.

   Au plus profond de l’enfer sont les sodomites et tous ceux qui se sont livrés à des péchés contre nature ; les démons les transpercent avec des broches enflammées. Viennent ensuite les usuriers, qui sont étendus sur des tables d’airain rougi au feu ; les démons leur versent dans la bouche des seaux de métal liquéfié ; aux blasphémateurs, les ministres de la vengeance céleste tirent la langue avec des crocs ; aux traitres et aux hypocrites, ils arrachent sans cesse le cœur, que sans cesse ils remettent en place ; les homicides et les femmes qui font périr leur fruit dans leur sein sont promenés sans fin d’une cuve où il y a du sang en ébullition à une autre cuve où il y a de la glace ; les apostats sont sciés en deux ; les incestueux sont plongés dans des cuves pleines d’ordures puantes ; les enchanteurs, les sorciers, et ceux qui croient à leur art ridicule reçoivent des palets enflammés que les démons leur jettent à la figure. Puis viennent les peines des sept péchés capitaux ; enfin le supplice des voleurs, des enfants dénaturés, des religieux qui violent leurs vœux, des calomniateurs, des vierges folles, des veuves vicieuses, des femmes idolâtres de leur beauté. Nous regrettons de ne pouvoir donner tous ces détails, mais ceux que le sujet intéresserait peuvent lire les Bollandistes.

   Lors de la chute des mauvais anges, un tiers resta dans les airs, un autre tiers resta sur la terre, et le dernier tiers tomba jusque dans l’enfer. Cette différence provient de la différence de la faute commune.

   Lucifer est le monarque des enfers, mais monarque enchaîné et plus malheureux que tous les autres ; il a sous lui trois princes auxquels tous les esprits infernaux divisés en trois corps sont assujétis par la volonté de Dieu. Le premier de ces trois princes est Asmodée ; c’était dans le ciel un chérubin. Il préside aux péchés deshonnêtes. Le deuxième est Mammon ; c’était un trône. Il est le démon de l’argent. Le troisième est Béelzébuth ; il appartenait au chœur des dominations ; il est établi maintenant sur les crimes qu’enfante l’idolâtrie. Ces trois chefs, ainsi que Lucifer, ne sortent jamais de leur prison, seulement, lorsque Dieu le leur permet, ils députent sur la terre des légions de démons subordonnés.
Les démons subordonnés de l’enfer sont classés dans l’abîme suivant l’ordre hiérarchique : chérubins, séraphins, …etc. On retrouve ces mêmes hiérarchies parmi les démons qui habitent la terre et les airs, mais ils n’ont point de chef et vivent dans une espèce d’égalité. Ce sont eux qui font du mal aux hommes, et par ce moyen diminuent leur confiance en la Providence, et les font murmurer contre la volonté de Dieu. Les démons qui vivent sur la terre se concertent et s’aident mutuellement à perdre les âmes.
Le seul moyen d’échapper à ce complot infernal serait de se relever promptement de la première chute, et c’est précisément ce qu’on ne fait pas. Rien ne paralyse mieux les efforts des démons et ne leur cause de plus grands supplices que de prononcer le saint nom de Jésus. Lorsque les âmes vivent dans l’habitude du péché mortel, les démons s’installent dans leur cœur ; mais quand elles reçoivent l’absolution, ils délogent au plus vite et se placent à côté d’elle pour les tenter de nouveau ; mais leurs attaques sont moins vives, et plus on se confesse, plus ils perdent de leurs forces [...]. »

Vision de l'enfer Sainte Françoise Romaine - 2

Détail de la fresque de l’enfer à Tor de’ Specchi – Rome

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2 Commentaires Commenter.

  1. le 9 mars 2023 à 10 h 43 min Goës écrit:

    Un bon rappel en ce qui concerne l’enfer.

  2. le 8 mars 2023 à 22 h 04 min Abbé Jean-Louis D. écrit:

    C’est l’Evangile de Notre-Seigneur, développé par la mystique qui en reçoit la révélation, comme les enfants de Fatima pour lesquels ce fut révélé directement par la Sainte Vierge.

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