2022-93. Méditation sur l’Evangile de la guérison des dix lépreux (treizième dimanche après la Pentecôte).

13ème dimanche après la Pentecôte.

Méditation sur l’Evangile de la guérison des dix lépreux

(Luc. XVII, 11-19)

Guérison des dix lépreux - détail la supplication

   Présence de Dieu :
« O Jésus Sauveur, j’ai besoin de Vous ! Guérissez-moi ! Ayez pitié de moi ! »

   Méditation :

1 – Dans le cycle des dimanches qui suivent la Pentecôte, l’Eglise continue à nous montrer, tantôt sous un aspect, tantôt sous un autre, l’œuvre miséricordieuse de Jésus envers nos âmes.
Il y a quinze jours, elle nous la montrait esquissée dans la guérison du sourd-muet ; dimanche dernier, dans l’acte miséricordieux du bon Samaritain, et aujourd’hui, dans la scène émouvante des dix lépreux guéris par le Seigneur.
De cette manière, l’Eglise veut nous empêcher de nous endormir, de perdre la conscience de notre misère et du besoin immense que nous avons continuellement de l’œuvre rédemptrice de Jésus. En même temps, elle veut nous faire sentir que cette œuvre est toujours en acte, que nous vivons sous son influence chaque jour et à chaque moment.
Le passage évangélique choisi pour la Messe de ce jour, a une efficacité toute particulière pour mettre en évidence l’aspect central de la Rédemption : la guérison de nos âmes de la lèpre du péché.
Dès l’antiquité, la lèpre a été considérée comme la figure la plus propre à nous donner une idée de la laideur du péché. Il serait difficile, en effet, d’imaginer quelque chose de plus horrible, de plus rebutant. Et cependant, alors que la lèpre du corps est réellement redoutée, quelle indifférence, quelle désinvolture, même parmi les chrétiens, envers la lèpre de l’âme. Comme nous sommes éloignés de ce sentiment profond et réaliste qui animait les saints à l’égard de l’offense de Dieu.
« Oh ! s’exclame Sainte Thérèse d’Avila, comme nous comprenons mal que le péché est une guerre ouverte, une guerre de tous nos sens et de toutes les puissances de notre âme, contre Dieu ! Celui qui est le plus puissant est celui qui ourdit les plus noires trahisons contre son souverain Roi » (Exclamations XIV).
Un des fruits de l’Evangile d’aujourd’hui, est précisément celui de réveiller en nous l’horreur du péché, d’exciter dans nos âmes un repentir vif et efficace pour les fautes commises, et un sentiment d’humilité profonde dans l’aveu de notre misère.
Allons nous aussi, avec les dix lépreux, à la rencontre du Seigneur, et crions : « Jésus, Maître, ayez pitié de nous ! »

Guérison des dix lépreux

2 – Dans l’Evangile, nous trouvons aussi les remèdes au péché.
Avant tout, une humilité sincère qui reconnaît sa misère personnelle ; mais l’humilité ne suffit pas, il faut qu’elle soit accompagnée d’un recours confiant à Dieu.
Conscients de leur état pitoyable, les pauvres lépreux ont mis leur confiance en Jésus en Lui adressant leur invocation pleine de foi : ce fut le premier pas vers la guérison. Certaines âmes pleurent leurs misères, s’en affligent, mais n’en guérissent pas, parce qu’elles ne savent pas recourir en toute confiance à Jésus, l’unique Médecin capable de les guérir. Les péchés commis les retiennent, elles n’osent presque pas approcher de Lui, ni se confier en Sa miséricorde. Ces âmes n’ont pas encore compris que c’est précisément parce que nous sommes pécheurs que nous devons aller à Jésus et que « ce ne sont pas les bien portants qui ont besoin du médecin mais les malades » (Luc. V, 31).
Le divin Maître n’a pas guéri directement les lépreux, mais les a renvoyés aux prêtres : « Allez vous montrer aux prêtres ». Ils ont obéi sans discuter, sans douter et, « comme ils y allaient, les voilà guéris ». Jésus agit de même à notre égard : c’est toujours Lui qui guérit, mais ordinairement, Il veut le faire par l’intermédiaire de Ses ministres.
Certaines âmes n’ont pas suffisamment foi dans la parole et l’œuvre du ministre de Dieu, elles ne croient pas assez à l’efficacité des sacrements, de l’absolution sacramentelle et vivent, dès lors, dans de continuelles angoisses.
Lorsqu’une âme a exposé avec sincérité l’état de sa conscience, c’est-à-dire qu’elle n’a eu aucune intention de tromper, elle doit demeurer en paix et s’en remettre pleinement au jugement du prêtre. En ce cas, douter de la parole du ministre de Dieu, de l’absolution reçue, c’est douter de Jésus Lui-même, car c’est Lui qui a décidé d’agir en nous moyennant Son représentant.
Des dix lépreux guéris, un seul a senti le devoir de revenir pour exprimer sa reconnaissance au Seigneur. « Heureuse l’âme, commente Saint Bernard, qui se tourne vers Dieu à chaque don de Sa grâce, vers Celui qui répond à notre gratitude pour les bienfaits reçus, par de nouveaux bienfaits. Ce qui nous empêche d’avancer dans la vie chrétienne, c’est l’ingratitude, car Dieu estime comme perdu ce que nous recevons sans reconnaissance, et Il S’abstient de nous accorder de nouvelles grâces ».

Guérison des dix lépreux - détail la reconnaissance

   Colloque :

« O Seigneur, Médecin des âmes, guérissez-moi, afin que je reconnaisse Vos dons, ô Santé de mon âme, et Vous remercie de tout mon cœur, des bienfaits dont Vous m’avez nourri dès ma jeunesse et continuerez à me nourrir jusque dans un âge avancé. Dans Votre bonté, ne m’abandonnez pas, je Vous prie. Vous m’avez créé lorsque je n’existais pas ; Vous avez voulu me racheter lorsque je périssais et étais mort ; Vous êtes descendu jusqu’à la mort et avez assumé la mortalité ; Roi, Vous êtes venu au serviteur pour le racheter et Vous Vous êtes donné Vous-même, afin que je vive ; Vous avez subi et vaincu la mort, et en Vous humiliant, Vous m’avez rétabli.
Je périssais, j’étais éloigné, plongé dans le péché ; Vous êtes venu à moi pour me racheter. Vous m’avez tant aimé que Vous avez donné Votre Sang pour moi. Vous m’avez aimé, Seigneur, plus que Vous-même, puisque Vous avez voulu mourir pour moi. A un prix si élevé Vous m’avez ramené de l’exil, délivré de la servitude, retiré du supplice, appelé de Votre Nom, marqué de Votre Sang, afin que Votre souvenir fût toujours auprès de moi et qu’Il ne Se retirât jamais de mon cœur Celui qui pour mon amour ne S’est pas retiré de la croix. Vous m’avez oint de cette huile avec laquelle Vous avez été oint, afin que par Vous, ô Christ, je sois appelé chrétien. Votre grâce et Votre miséricorde m’ont ainsi toujours devancé. Souvent, Vous m’avez délivré de dangers graves et nombreux, ô mon Libérateur ; lorsque j’errais, Vous m’avez reconduit sur la voie droite ; quand je gisais dans l’ignorance, Vous m’avez enseigné ; corrigé, quand je péchais ; consolé quand j’étais triste ; réconforté quand je désespérais ; relevé quand je tombais ; soutenu lorsque j’étais sur pied ; guidé lorsque je cheminais ; reçu quand je suis venu ; gardé quand je dormais ; exaucé quand je Vous invoquais » (Saint Augustin). 

Guérison des dix lépreux - détail le Christ médecin des âmes et des corps

Voir aussi :
- La lèpre est la figure des fausses doctrines > ici

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