2022-40. Méditation sur les sept douleurs de Saint Joseph.

Lettre aux membres et amis de la
Confrérie Royale

à l’occasion du 25 mars 2022

Blason de la Confrérie Royale

Méditation sur les sept douleurs de Saint Joseph

Chers Amis,

j’aimerais profiter de cette occasion qui m’est donné de vous écrire en ce mois de mars traditionnellement consacré à Saint Joseph pour méditer avec vous sur les sept douleurs de Saint Joseph. Aussi, je commencerai par une considération sur la vocation de Joseph. Cette considération, nous la trouvons contenue dans le premier panégyrique consacré au Grand Saint Joseph et qui est l’œuvre de Bossuet. L’auguste prédicateur s’exprime ainsi : « Entre toutes les vocations, j’en remarque deux, dans les Écritures, qui semblent directement opposées : la première, celle des Apôtres, la seconde, celle de Joseph. Jésus est révélé aux Apôtres, pour l’annoncer par tout l’univers ; Il est révélé à Joseph pour le taire et pour le cacher. Les Apôtres sont des lumières, pour faire voir Jésus-Christ au monde. Joseph est le voile pour le couvrir ; et sous ce voile mystérieux on nous cache la virginité de Marie et la grandeur du Sauveur des âmes. Celui qui glorifie les Apôtres par l’honneur de la prédication glorifie Joseph par l’humilité du silence. »
C’est dans l’humilité de ce silence, c’est à travers ce voile mystérieux que je vous propose de méditer sur les douleurs de Saint Joseph. Ce qui revient à méditer sur les épreuves qu’il a dû traverser. Avant de commencer cette médiation, permettez-moi de faire brièvement un rappel sur l’origine de cette dévotion aux sept douleurs et aux sept joies de Saint Joseph. Plus largement, nous verrons le lien qui existe entre Saint Joseph et le royaume de France.
Cette dévotion a été recommandée par le Saint Patriarche lui-même à deux religieux franciscains qui avaient fait naufrage et qui se trouvaient en péril de mort. Dans leur malheur, ils restèrent trois jours et trois nuits au milieu d’une terrible tempête. Au milieu des flots déchaînés, nos deux religieux appellent Saint Joseph à leur secours. Le Grand Saint Joseph les délivra d’une mort certaine et il leur recommanda la dévotion à ses sept douleurs et à ses sept allégresses, promettant sa protection à ceux qui embrasseraient cette dévotion.
Plus largement, la dévotion joséphienne à été encouragée par le Roi. L’apparition de Saint Joseph au berger Gaspard Richard d’Estienne à Cotignac aura une grande influence. Le 7 juin 1660, alors qu’il souffre de la soif, Saint Joseph apparaît à ce berger et lui dit simplement : « Lève cette roche et tu boiras. » Obéissant, notre berger put soulever l’énorme pierre et voir l’eau jaillir et couler sans se tarir. En plus d’étancher la soif du berger, ceux qui malades ou infirmes vinrent boire de l’eau de cette source furent guéris. La nouvelle arrive rapidement jusqu’au roi. Remarquons que c’est ce même jour que Louis XIV fera la connaissance de sa future épouse, Marie-Thérèse d’Autriche à Saint-Jean-de-Luz. Louis XIV ne tardera pas à faire en sorte que tout le royaume honore Saint Joseph : le 12 mars 1661, soit deux jours seulement après avoir entamé son règne personnel, Louis XIV institue le 19 mars comme jour chômé dans tout le royaume pour honorer saint Joseph.

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Cotignac statue de Saint Joseph au lieu de l'apparition

Statue de Saint Joseph au lieu de son apparition à Cotignac 

À présent, commençons notre méditation :

I.
« Or la naissance de Jésus-Christ arriva ainsi. Marie, sa mère, ayant été fiancée à Joseph, il se trouva, avant qu’ils n’eussent habité ensemble, qu’elle avait conçu par la vertu du Saint-Esprit.
Joseph, son mari, qui était juste et ne voulait pas la diffamer, se proposa de la répudier secrètement. Comme il était dans cette pensée, voici qu’un ange du Seigneur lui apparut en songe, et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains point de prendre chez toi Marie ton épouse, car ce qui est conçu en elle est du Saint-Esprit. Et elle enfantera un fils, et tu lui donneras pour nom Jésus, car il sauvera son peuple de ses péchés. » Or tout cela arriva afin que fût accompli ce qu’avait dit le Seigneur par le prophète : Voici que la Vierge sera enceinte et enfantera un fils; et on lui donnera pour nom Emmanuel, ce qui se traduit : Dieu avec nous. Réveillé de son sommeil, Joseph fit ce que l’ange du Seigneur lui avait commandé : il prit chez lui son épouse. Et il ne la connut point jusqu’à ce qu’elle enfantât son fils, et il lui donna pour nom Jésus. » (Mt.I,XVIII-XXV)

Avec ce premier épisode, nous pouvons contempler l’affliction et l’angoisse qu’a ressenti notre glorieux Joseph en son cœur. Imaginez la perplexité de la situation pour le chaste Epoux de la Vierge Marie : « Joseph, …qui était juste et ne voulait pas la diffamer, se proposa de la répudier secrètement ». Quelle devait être grande votre douleur à la pensée de devoir renvoyer votre Epouse Immaculée !

Dans votre angoisse, l’ange de Dieu vient vous consoler en vous révélant le grand mystère de l’Incarnation : « Joseph, fils de David, ne crains point de prendre chez toi Marie ton épouse, car ce qui est conçu en elle est du Saint-Esprit. »
Depuis cet épisode, considérons combien d’hommes ont eu à affronter des difficultés à l’annonce d’une future naissance. Le constat est relativement simple à faire. Si l’homme est proche de Dieu, s’il a la crainte de Dieu au cœur et s’il désire Lui obéir et Lui plaire, alors tout se fera pour la vie, le bon accueil de l’enfant et le soutien de la mère. Par contre, si l’homme -et ils sont nombreux dans notre pays déchristianisé- est loin de Dieu, qu’il Le rejette et que la seule chose qui compte est son propre plaisir et son confort, alors la porte est ouverte aux pires choses, aux crimes les plus ignobles, c’est l’abandon et la mort. Pensons chers amis, à répondre à l’invitation de Son Excellence Mgr. Athanasius Schneider qui rappelle ce que nous pouvons faire pour aider l’Eglise en ces temps de confusion : « Contre le cinquième commandement (« Tu ne tueras pas »), à cause de l’horrible mécanique de l’assassinat de masse des enfants à naître et même de nouveau-nés, … » son Excellence invite à s’engager dans des actes de réparation et d’expiation pour les péchés contre la foi catholique et pour les péchés contre les commandements divins.

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II.
Pour contempler la deuxième douleur de Saint Joseph, père nourricier du Fils de Dieu, il nous faut aller à la crèche : « Et tous allaient se faire recenser, chacun dans sa ville. Joseph aussi monta de Galilée, de la ville de Nazareth, en Judée, à la ville de David, qui s’appelle Bethléem, parce qu’il était de la maison et de la famille de David, pour se faire recenser avec Marie son épouse, qui était enceinte. Or, pendant qu’ils étaient là, le temps où elle devait enfanter s’accomplit, et elle mit au monde son fils premier-né, l’emmaillota et le coucha dans une crèche, parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans l’hôtellerie. » (Lc.II, III-VII)

Contemplons la tristesse avec laquelle Joseph a vu naître l’Enfant Jésus dans une si grande pauvreté…mais à nouveau la joie vient du ciel et les anges en concert chantent les louanges divines : « Tout à coup se joignit à l’ange une troupe de la milice céleste, louant Dieu et disant :  » Gloire, dans les hauteurs, à Dieu ! Et, sur terre, paix chez les hommes de bon vouloir !  » » (Lc.II, XIII-XIV) Considérons l’extrême pauvreté dans laquelle est venu le Fils de Dieu. Au dernier Noël, combien d’hommes ont laissé Jésus dans le froid. Leur cœur s’est refroidi, l’ardeur de leur âme s’est éteinte. Dans la consommation des fêtes, ils pensent – disent-ils – « croquer la vie à pleines dents », « profiter à fond » alors que finalement, ils se laissent dévorer et comme engloutir par l’esprit du monde et de ses séductions.

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III.
La troisième douleur de Joseph, très obéissant observateur des lois divines fût de voir le Sang précieux de l’Enfant versé lors de la circoncision : « Les huit jours étant accomplis pour sa circoncision, il fut appelé du nom de Jésus, nom que l’ange avait donné avant qu’il eût été conçu dans le sein maternel. » (Lc II, XXI) et en même temps, le nom de Jésus vient combler de joie le cœur de Joseph qui sait que ce nom est le nom Sauveur.

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IV.
Avec la quatrième douleur de Saint Joseph, nous rejoignons la bienheureuse Vierge Marie, car c’est évidement Elle et l’Enfant Jésus qui sont visés par la prophétie du vieillard Syméon :
« Or, il y avait à Jérusalem un homme nommé Siméon; c’était un homme juste et pieux, qui attendait la consolation d’Israël, et l’Esprit-Saint était sur lui. L’Esprit-Saint lui avait révélé qu’il ne mourrait point avant d’avoir vu le Christ du Seigneur. Il vint donc dans le temple, poussé par l’Esprit. Et comme ses parents amenaient l’enfant Jésus pour observer les coutumes légales à son égard, lui-même le reçut en ses bras, et il bénit Dieu en disant :  » Maintenant, ô Maître, vous congédiez votre serviteur en paix, selon votre parole ; car mes yeux ont vu le salut, que vous avez préparé à la face de tous les peuples, lumière qui doit éclairer les nations et gloire d’Israël, votre peuple.  » Et son père et sa mère étaient dans l’étonnement pour les choses que l’on disait de lui. Et Siméon les bénit, et il dit à Marie, sa mère :  » Voici qu’il est placé pour la chute et le relèvement d’un grand nombre en Israël, et pour être un signe en butte à la contradiction, vous-même, un glaive transpercera votre âme, afin que soient révélées les pensées d’un grand nombre de cœurs. » (Luc II, XXV-XXXV)

À l’annonce des douleurs qui allaient toucher le cœur de Sa Très Sainte Épouse, Joseph partage cette douleur et en même temps son cœur est comblé de joie. Car si un glaive doit transpercer le cœur de Marie, …c’est « afin que soient révélées les pensées d’un grand nombre de cœurs ». À l’heure des affrontements entre la Russie et l’Ukraine, nous pouvons reprendre la pensée et l’espérance de S.Ex. Mgr. Schneider : « J’espère, et je crois, qu’un jour, par un acte parfait de consécration de la Russie au Cœur Immaculé par un prochain pape, le ciel déversera de très abondantes grâces pour l’Église et pour l’humanité, et pour la pleine conversion de la Russie ».

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V.
Voyons à présent l’épisode de la fuite en Egypte qui est la source de la cinquième douleur de Saint Joseph : « Après leur départ, voici qu’un ange du Seigneur apparut en songe à Joseph et lui dit :  » Lève toi, prends l’enfant et sa mère, fuis en Egypte et restes-y jusqu’à ce que je t’avertisse; car Hérode va rechercher l’enfant pour le faire périr.  » Et lui se leva, prit l’enfant et sa mère de nuit et se retira en Egypte. » (Math.II, XIII-XIV)

Ainsi c’est de nuit que Saint Joseph doit fuir avec les deux « Sacrés dépôts »qui lui ont été confiés : Jésus et Marie. En contemplant cette cinquième douleur de Joseph, méditons sur la nécessité de notre fuite du péché et recherchons toujours notre refuge et notre joie en Jésus et Marie.

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VI.
La sixième douleur de Saint Joseph est étroitement liée à la précédente. En effet, nous lisons :
« Hérode étant mort, voici qu’un ange du Seigneur apparut en songe à Joseph en Egypte, et lui dit :  » Lève-toi, prends l’enfant et sa mère, et va dans la terre d’Israël, car ceux qui en voulaient à la vie de l’Enfant sont morts.  » Et lui, s’étant levé, prit l’Enfant et sa Mère, et il vint dans la terre d’Israël. Mais, apprenant qu’Archélaüs régnait en Judée à la place d’Hérode, son père, il eut peur d’y aller, et, ayant été averti en songe, il gagna la région de la Galilée et vint habiter dans une ville nommée Nazareth, afin que s’accomplît ce qu’avaient dit les prophètes : Il sera appelé Nazaréen. » (Math. II, XIX-XXIII)

Ainsi, nous voyons que la joie de ramener l’Enfant Jésus d’Égypte fut troublée par la crainte d’Archélaüs. Mais à nouveau un ange vient rassurer notre glorieux Joseph et lui offre la joie de l’existence cachée à Nazareth avec Jésus et Marie. « Demander à Dieu la grâce d’accepter les croix de cette vie terrestre par amour pour Lui et comme moyen d’intercession et d’expiation pour le salut éternel de tous les membres de la famille ».

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VII.
Enfin, la septième et dernière douleur de Joseph nous invite à contempler l’épisode si douloureux de la perte de Jésus à Jérusalem : « L’enfant croissait et se fortifiait, étant rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui. Or ses parents se rendaient chaque année à Jérusalem, pour la fête de la Pâque. Quand il eut douze ans, comme ils étaient montés selon la coutume de la fête, et qu’ils s’en retournaient, le temps étant passé, l’Enfant Jésus resta à Jérusalem et ses parents ne le surent pas. Pensant qu’il était avec la caravane, ils marchèrent tout un jour, puis ils le cherchèrent parmi leurs parents et leurs connaissances. Ne l’ayant point trouvé, ils s’en retournèrent à Jérusalem en le recherchant. Or, au bout de trois jours, ils le trouvèrent dans le temple, assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant; et tous ceux qui l’entendaient étaient ravis de son intelligence et de ses réponses. En le voyant, ils furent stupéfaits, et sa mère lui dit :  » Mon Enfant, pourquoi nous avez-vous fait cela? Voyez, votre père et moi, nous vous cherchions tout affligés. » (Lc II, XL-L)

Quelle douleur et quelle angoisse de perdre un enfant ! Mais quelle joie de le retrouver !
Prions Chers Amis, prions Saint Joseph et demandons-lui de ne jamais perdre Jésus. Si par malheur, il nous arrivait de nous en éloigner, demandons la force de retourner à Lui au plus vite dans la douleur et les pleurs, en criant de tout notre cœur : Jésus, notre joie !
Ainsi soit-il.

Abbé Louis-Samson de La Ferté

Saint Joseph - détail d'une bannière

Détail d’une bannière de Saint Joseph (XIXème siècle)

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