2022-29. Attitudes que doivent adopter les fidèles pendant la Sainte Messe.

Ils sont de plus en plus nombreux ceux qui, assistant à la Sainte Messe dans le rite latin traditionnel de plus ou moins longue date et constatant que les fidèles n’y ont parfois pas tous les mêmes attitudes, nous demandent quelle est la position correcte qu’ils doivent adopter à tel ou tel moment de la liturgie. Récemment encore, à l’occasion du mercredi des Cendres, le rappel avant la Messe, que l’on doit se mettre à genoux pour la collecte a rempli d’étonnement des personnes qui assistent cependant depuis de nombreuses années à la Messe traditionnelle.
Après donc avoir demandé les conseils de plusieurs amis d’une science liturgique sûre et rigoureuse, nous avons rédigé le texte suivant pour servir de vademecum aux fidèles.

Prières au bas de l'autel

1 – A la Messe lue (ou Messe basse) :

1a -Première remarque préliminaire :
       Il faut rappeler que les « Messes dialoguées », c’est-à-dire les Messes où l’assemblée répond à voix haute au célébrant, ne sont pas du tout traditionnelles, bien que l’usage s’en soit quasi généralisé dans la plupart des églises ou chapelles où est célébré le rite latin antérieur aux réformes liturgiques qui se sont succédé depuis le milieu du XXe siècle. Un ami liturgiste nous a écrit récemment à ce sujet : « La messe dialoguée est une atrocité. A la Messe basse les fidèles ne répondent rien ; seul l’acolyte répond au prêtre ».
De fait, cet abus a été progressivement introduit à partir du milieu de la première moitié du XXe siècle, dans le contexte de ce que l’on a appelé le « mouvement liturgique » lequel, s’il a eu quelques aspects positifs, a en définitive surtout servi de cheval de Troie pour faire passer dans la liturgie romaine les idées puis les expérimentations des modernistes (ainsi que l’a magistralement démontré l’Abbé Anthony Cekada dans son ouvrage « La Messe de Paul VI en question » - aux éd. Via Romana – dont nous recommandons vivement la lecture).

1b – Seconde remarque préliminaire :
     L’éminent liturgiste et rubriciste que fut Monseigneur Léon Gromier écrit : « On peut assister de deux manières à la messe basse. La première regarde la messe basse comme tenant lieu d’une messe chantée, trop souvent omise ; elle y voit caractère de solennité, publicité, communauté ; alors on y prend les mêmes attitudes qu’à la messe chantée. La deuxième, adoptée par le C. E., regarde la messe basse comme acte liturgique complet en soi-même, de caractère privé, de publicité restreinte, de dévotion particulière ; alors on s’y tient à genoux, sauf pour l’Evangile, à l’exemple du servant de la messe basse. Cette façon de voir existe depuis des siècles ; elle provient du pape ». Le « C.E. » que cite Monseigneur Gromier est le Caeremoniale Episcoporum qui précise en effet que lorsqu’un évêque assiste à la Messe célébrée par un autre, il reste agenouillé pendant toute celle-ci, sauf aux Evangiles (cf. > ici). Le Grand Roi faisait de même (voir : Alexandre Maral « Le Roi Soleil et Dieu » – aux éditions Perrin – autre ouvrage que nous recommandons avec insistance).

1c – Si l’on ne se tient pas à genoux pendant toute la Messe basse, voici les attitudes qu’il convient d’adopter :
Debout pour l’entrée du célébrant ;
- A genoux durant les prières au bas de l’autel jusqu’au moment où le prêtre gravit les degrés de l’autel ;
- Debout depuis le moment où le prêtre gravit les degrés de l’autel jusqu’à la lecture de l’épître ;
- Assis à partir de cette lecture jusqu’au « Dominus vobiscum » de l’Evangile ;
- Debout pendant l’Evangile, et pendant le Credo (s’il est prescrit – avec génuflexion à l’ « Et incarnatus est ») ;
- Assis après l’ « Oremus » annonçant la lecture de l’Offertoire ; 
- Debout après le « Per omnia sæcula sæculorum » qui conclut la secrète et pendant toute la Préface ;
- A genoux après la récitation du « Sanctus », jusqu’après l’ « Amen » terminant le Canon ;
- Debout pendant le Pater et la suite des prières jusqu’à l’ « Agnus Dei » inclus ;
- A genoux après l’ « Agnus Dei » jusqu’à la Communion ;
- Debout pendant la prière de la Postcommunion et l’ « Ite missa est » ;
- A genoux pendant la bénédiction finale ;
- Debout pendant la lecture du dernier Evangile (avec génuflexion à « et Verbum caro factum est ») ;
- A genoux pendant la récitation des prières finales [appelées aussi prières léonines puisqu'elles ont été prescrites par Léon XIII] ;
- Debout lorsque le célébrant quitte le sanctuaire et retourne à la sacristie.

1d – Aux Messes de férie de pénitence :
C’est à dire les Messes du temps de l’Avent, du Carême, aux Vigiles et aux Quatre-Temps, ainsi qu’aux messes de Requiem, on se met à genoux pour la collecte, et on est également à genoux depuis la fin du Sanctus jusqu’au « Benedicamus Domino » de la fin de la Messe (c’est-à-dire que l’on reste à genoux pour le « Pater »).

 Raphaël - la Messe de Bolsena - détail

Raphaël : « la Messe de Bolsena »
(détail – fresque dans la chambre d’Héliodore au palais apostolique du Vatican) :
le Pape assiste à genoux à la Sainte Messe célébrée par un autre

2 – A la messe chantée ou la messe solennelle :

- A la Messe chantée ou à la Messe solennelle, les fidèles chantent (souvent en alternance avec la chorale) le Kyrie, le Gloria, le Credo, le Sanctus et l’Agnus Dei, et les réponses aux « Dominus vobiscum », du dialogue de la Préface et de l’ « Ite Missa est » (ou « Benedicamus Domino » qui le remplace).

- Ils sont debout, pendant la procession d’entrée, pendant l’aspersion si elle a lieu, pendant le chant de l’Introït (ils ne répondent pas aux prières au bas de l’autel), pendant le Kyrie, le Gloria et la ou les collecte(s). C’est un abus de s’asseoir lorsque le prêtre (et ses ministres) se rend (rendent) à la banquette et s’assied (s’assoient) : eux peuvent le faire parce qu’ils viennent de réciter le Gloria à l’autel, ce qui n’est pas le cas des fidèles qui donc doivent rester debout.
- Assis pendant le chant de l’épître, du 
graduel et de l’alléluia (ou du trait) ;
Nota bene : les fidèles ne répondent pas « Deo gratias » à la fin de l’Épitre ni « Laus tibi, Christe » à la fin de l’Évangile.
- Assis pendant le sermon lorsque le prédicateur les a invités à s’asseoir ;
- Debout pendant le Credo, avec génuflexion à « Et incarnatus est… », et de même que pour le Gloria, et pour la même raison, ils ne doivent pas s’asseoir lorsque le prêtre (et ses ministres) va (vont) le faire à la banquette.
- Assis après l’ « Oremus » de l’offertoire jusqu’au « Per omnia saecula saeculorum » qui conclut la secrète (mais ils se lèvent et saluent lorsqu’ils sont encensés) ;
- Debout à partir du dialogue de la Préface, jusqu’à la fin du Sanctus : – ils sont donc debout pendant le début du Canon ; si le « Benedictus » est reporté après la consécration (ce qui ne se fait que s’il n’est pas en grégorien), ils se relèvent pour le chanter avec la chorale, sinon ils restent à genoux (même pendant le temps pascal) jusqu’à l’ « Amen » qui conclut le Canon  ;
- La fin est comme à la Messe lue.
- Pour le dernier Evangile, les fidèles ne répondent pas au prêtre mais ils font la génuflexion en même temps que lui à « et Verbum caro factus est ».
- Ils restent debout pendant le départ du prêtre.

Louis XIV entendant la Sainte Messe agenouillé - détail

Louis XIV entendant la Sainte Messe agenouillé (détail)

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4 Commentaires Commenter.

  1. le 11 mars 2022 à 9 h 09 min Georges C. écrit:

    Il me semble qu’il n’y a pas d’exceptions ! C’est le servant …
    Malheureusement, il n’y a plus d’enfants de choeur pas plus que de servants ‘à temps plein’ !

  2. le 10 mars 2022 à 22 h 35 min Carole écrit:

    Merci pour cette instruction.
    Le 2ème Confiteor des prières préparatoires à la communion ne doit pas être récité par les fidèles ?
    Qui fait les réponses « Deo gratias » à la fin de l’épitre et « Laus tibi, Christe » à la fin de l’Évangile si les fidèles ne doivent pas les dire ? uniquement le servant ?
    Y a-t-il un livre que l’on peut consulter pour plus de détails ?

    Merci pour tout.

  3. le 10 mars 2022 à 21 h 31 min Goes écrit:

    Merci pour ce rappel .

  4. le 10 mars 2022 à 17 h 51 min Arnaud S. écrit:

    Merci mille fois, Frère !

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