2021-71. Quelques réflexions à cœur ouvert sur le thème de la vocation (2ème partie), où l’on évoque les scandales provoqués par les mauvaises mœurs de certains ecclésiastiques.

30 novembre 2021,
Fête de Saint André le Protoclite, apôtre et martyr.

appel de St Pierre et St André

Appel définitif des Saints André et Simon-Pierre

Veníte post me, et fáciam vos fíeri piscatóres hóminum.
Venez à Ma suite, et Je vous ferai devenir pêcheurs d’hommes. 

Il y a déjà de longs mois (cf. > ici), j’avais publié une première série de réflexions relatives à la question de la vocation – sacerdotale ou religieuse -, dans lesquelles j’avais insisté sur la distinction entre « l’attrait spirituel personnel » pour un état de vie particulier, et « la vocation » à strictement parler.
J’ai conscience que cette distinction présente des subtilités qui, malheureusement, échappent à bien des personnes, même dans la Sainte Eglise, et même parmi les clercs eux-mêmes, tant la formation reçue par une majorité de prêtres (et même d’évêques, puisque ceux-ci sont choisis parmi les prêtres) dans les séminaires autres que ceux qui ont gardé l’enseignement traditionnel, est d’une affligeantissime indigence intellectuelle et spirituelle.
Cela étant dit, je vous invite à lire ou à relire ce que j’écrivais alors et à y bien réfléchir (cf. > ici).

Les scandales liés aux problèmes de mœurs de certains membres du clergé catholique, qui ont été encore récemment mis en évidence, soit pour ce qui concerne les affaires de pédocriminalité, comme on les nomme aujourd’hui, soit pour ce qui concerne la révélation de relations amoureuses et sexuelles de tel ou tel ecclésiastique avec quelque autre « adulte consentant », font rarement, sauf là encore dans des organes de presse liés au mouvement traditionnel, l’objet d’analyses de fond.
L’attitude adoptée officiellement par la conférence des évêques et par la conférence des religieux manque singulièrement et de bon sens et d’esprit surnaturel.
Derrière les discours et les actes supposés exprimer une forme d’amende honorable et de pénitence, posés ces dernières semaines, on n’a pas du tout l’impression que se trouvent les véritables remises en question nécessaires, qui ne sont pas et ne pourront jamais être celles préconisées par un rapport présidé par un ami des Loges maçonniques (et grassement financé par les catholiques naïfs qui donnent encore au « denier de l’Eglise »), ni celles de ces pitoyables féministes modernichones auxquelles les médias se plaisent à donner audience alors qu’elles ne représentent pas grand chose, sinon leurs frustrations, la pauvreté de leur formation intellectuelle et spirituelle, leur manque de foi et leur fatuité.

A propos de l’attitude officielle de NN.SS. les Evêques définie lors de leur dernière assemblée plénière à Lourdes, au début de ce mois de novembre 2021, permettez-moi de vous livrer les réflexions que j’ai écrites « à chaud » après cette lamentable prise de parole de Son Excellence Monseigneur l’archevêque de Reims qui a reconnu une « responsabilité institutionnelle » dans les crimes et horreurs perpétrés par les clercs pédérastes :
« Qu’est ce donc qu’une « responsabilité institutionnelle » ???
Pour ce qui me concerne je ne reconnais en aucune manière que c’est l’Eglise qui est « responsable » !
Les coupables et les responsables sont certains prêtres, certains évêques, certains laïcs grenouillant dans le milieu ecclésiastique qui ont été infidèles aux exigences de leur vocation, ont commis des abus, se sont livrés à des choses condamnées par les commandements de Dieu (les 6ème et 9ème en particulier, puis le 8ème et le 5ème), se sont montrés complaisants envers les coupables ou complices en les couvrant ; mais il n’y a aucune « responsabilité institutionnelle » !
L’Eglise est sainte malgré les pécheurs qui la composent ici-bas.
L’Eglise est maîtresse de sainteté : elle enseigne la sainteté et en montre les voies.
L’Eglise est éducatrice des vertus, de la chasteté, de la pureté.
Les responsables sont des « hommes d’Eglise » qui ont été beaucoup trop « hommes d’Eglise » pour être de véritables « hommes de Dieu » !
L’Eglise est blessée et souillée par ces brebis et pasteurs galeux ; elle est leur victime : la victime de leurs turpitudes et de leurs silences, mais elle ne porte aucune responsabilité !»

Je ne veux en aucune manière minimiser ou édulcorer l’importance et la gravité des faits avérés.
Je le ferai d’autant moins qu’à titre personnel j’ai un certain nombre de cas précis et circonstanciés sur lesquels je peux apporter des témoignages aussi accablants qu’écœurants.
Ils ne prouvent qu’une chose : la faute personnelle de tel ou tel prêtre, religieux ou évêque, non une faute « institutionnelle » ou un vice inhérent à l’institution.
Ces ecclésiastiques qui ont fauté – tant ceux qui ont commis des actes abominables avec des enfants ou adolescents, et ceux qui ont péché contre les 6ème et 9ème commandements de Dieu avec des adultes, que leurs supérieurs qui ont fermé les yeux, refusé de se rendre à l’évidence, et ont couvert ces horreurs -, l’ont fait non pas par la faute de « l’institution », mais malgré elle et à l’encontre de ses enseignements et de ses pratiques traditionnelles.

Quel rapport avec la vocation me direz-vous ?
Quel rapport ont ces commentaires de notre sordide actualité avec le mystère de l’appel divin dont vous prétendez nous entretenir ?

Eh bien, justement, je veux ici rappeler que l’enfant, l’adolescent, le jeune homme, et parfois même l’homme mûr qui éprouvent dans leur âme l’attrait du sacerdoce ou de la vie religieuse, puis dont la vocation est ensuite confirmée par l’Eglise dans l’appel aux saints ordres ou la profession religieuse, ne sont pas des appelés à la perversion sexuelle ni à une double vie ni à la dissimulation des vices.
Il en est de même pour la jeune fille ou la femme qui sont appelées à la vie religieuse : elles n’ont pas vocation à devenir des chipies, maniaques et retorses, aigries et acariâtres !
Je me souviens avec un certain effroi de cette religieuse à laquelle on avait demandé comment elle avait « eu la vocation » et dont la réponse avait été : « Bah ! Que voulez-vous, je n’étais ni désirable ni désirée… » Vous imaginez sans peine ce que pouvait être le rayonnement d’une telle sœur.

On n’entre pas dans la voie du sacerdoce ou dans la vie religieuse par frustration, par dépit amoureux, parce qu’on ne sait pas trop quoi faire d’autre dans la vie, parce qu’on est moche (« ni désirable ni désirée » !!!) ou parce qu’on n’a pas envie d’être dérangé par un conjoint et des mioches !

L’attrait du sacerdoce ou de la vie religieuse et la vocation sont prioritairement une question de relation personnelle avec le Christ Jésus Notre-Seigneur, relation qui est d’abord et par essence de l’ordre de l’amour.
On peut véritablement dire que la réponse à l’appel du divin Rédempteur est fondamentalement, essentiellement, prioritairement, une réponse amoureuse.
De ce point de vue-là on peut établir une analogie entre la relation amoureuse qui va lier l’un à l’autre un jeune homme et une jeune fille au point de les faire s’engager l’un envers l’autre de manière forte et pérenne pour la construction d’un foyer, et la relation entre une âme et le Christ qui suscite la vocation.
Sauf que l’on ne se trouve plus ici à un niveau humain et naturel, mais que cette union amoureuse appartient à un ordre purement surnaturel, pour une participation plus grande au salut et à la sanctification des âmes, dans une forme véritable de maternité et de paternité spirituelles.

L’épître (Rom. X, 10-18) et l’Evangile (Matth. IV, 18-22) de cette fête de Saint André le Protoclite (c’est-à-dire le premier appelé, puisqu’en effet il est le premier des apôtres à avoir entendu l’appel personnel de Notre-Seigneur et y avoir répondu), doivent être lus avec un regard contemplatif posé avec admiration et gratitude sur l’amour particulier du Christ notre Sauveur et Maître envers une âme particulière ; une âme qui, touchée par cet amour, s’ouvre et se livre à lui de façon entière et définitive pour épouser le Christ de manière exclusive, et pour se donner entièrement à l’œuvre rédemptrice et sanctificatrice de cet Epoux divin.
Et cela s’accomplit dans et par l’Eglise, institution fondée par le Christ Lui-même, institution établie dans la sainteté, et non structure de péché et de dépravation.

Une première conclusion s’impose au terme de ces réflexions, qui sont loin d’être exhaustives et appellent bien d’autres développements : si des prêtres et des religieux trahissent les engagements solennels, garantis et sanctifiés par l’Eglise, qu’ils ont prononcés au pied des autels, leur faute est en tous points analogue à l’adultère, mais d’une manière infiniment plus grave puisqu’elle est du domaine du sacrilège, et qu’à ce titre elle doit être jugée et sanctionnée avec toute la rigueur qui revient aux sacrilèges.

Ma deuxième conclusion, pour aujourd’hui du moins, est qu’il convient avec la plus extrême vigilance, que les parents, éducateurs, responsables ecclésiastiques, formateurs, conseillers et directeurs spirituels, qui ont affaire avec des personnes manifestant les signes d’une vocation – qu’elle soit sacerdotale ou religieuse -, s’assurent que non seulement elles en aient les aptitudes physiques, morales et intellectuelles, mais en outre qu’elles soient véritablement mues par l’amour de Notre-Seigneur, un amour surnaturel profond, ce qui n’a rien avoir avec une « pieuse » sentimentalité, et qui soit capable de sacrifices puisque l’amour du Christ Notre-Seigneur ne peut aller sans le renoncement à soi et l’embrassement de Sa Sainte Croix.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

à suivre > ici.

Carlo Dolci, martyre de Saint André - 1646 - Palazzo Pitti Florence

 « O bonne croix, qui as tiré ta gloire des membres du Seigneur !
Croix, longtemps désirée, ardemment aimée, cherchée sans relâche,
et enfin préparée à mes ardents désirs,
retire-moi d’entre les hommes, et rends-moi à mon Maître,
afin que par toi me reçoive Celui qui par toi m’a racheté. »
(paroles de Saint André à la vue de la croix de son supplice)

Carlo Dolci : martyre de Saint André (1646)
Palazzo Pitti – Florence

nika

Vous pouvez laisser une réponse.

2 Commentaires Commenter.

  1. le 30 novembre 2021 à 15 h 36 min Abbé Jean-Louis D. écrit:

    Enfin, le bon sens et la vérité dans cette affaire : Non, l’Eglise n’est pas « institutionnellement responsable » de la faute d’un prêtre, d’un religieux où tout autre de ses membres.
    Avoir osé dire une telle sornette est une hérésie. L’Eglise est Une, Sainte, Catholique et Apostolique, et la faute de l’un de ses membres ne peut lui être imputable.
    Merci pour cette intervention.

  2. le 30 novembre 2021 à 14 h 26 min Véronique C. écrit:

    Les jeunes hommes qui deviennent prêtres ont été choisis par Notre-Seigneur Jésus-Christ. Il est dit dans les pages de l’Evangile, concernant la vocation des apôtres : « Notre-Seigneur appela ceux qu’il voulu « … Et St Paul affirme que ceux qui sont appelés ne se choisissent pas eux-mêmes,  » personne ne reçoit cet honneur par lui-même, mais on est appelé « . Les séminaristes sont appelés et c’est cet appel qui fait leur vocation « .  » Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, dit Notre-Seigneur, mais c’est moi qui vous ai choisis  »
    Alors comment Notre-Seigneur aurait pu se tromper dans ses choix ? La faiblesse et le mal viennent de l’homme.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

A tempo di Blog |
Cehl Meeah |
le monde selon Darwicha |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | mythologie
| jamaa
| iletaitunefoi