2021-38. Nous devons retremper notre courage et notre espérance, sans nous départir d’une constante sérénité intérieure, malgré les combats !

Triomphe de la foi Vincenzo Meucci - détail)

Le triomphe de la foi
fresque de Vincenzo Meucci (1747), au palais Corsini, à Rome.

Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

C’était hier, 8 août, le septième anniversaire du rappel à Dieu – dans sa centième année – du Révérend Père Jean Charles-Roux (+ 8 août 2014), prêtre remarquable par sa personnalité – originale et très attachante -, et par sa fidélité : fidélité à la Sainte Messe de son ordination et fidélité à son Souverain légitime, puisqu’il fut en même temps une figure éminente de la Légitimité et de la résistance à la réforme liturgique consécutive au concile vaticandeux.

J’ai rapporté au moment de l’annonce de sa mort (cf. > ici), cette anecdote célèbre autant que savoureuse : « (…) lorsque la nouvelle messe avait été imposée, il l’avait « essayée » mais s’était promptement rendu compte de l’indigence du nouveau rite : « J’ai donc écrit au pape Paul, que j’avais connu quand il était cardinal Montini, et dit : Saint-Père, soit vous me permettez de célébrer l’ancienne messe, soit je quitte la prêtrise et j’épouse la première jolie fille que je rencontre. »

Ce cher Père disait même : « Quand on m’a dit qu’il fallait désormais célébrer selon un nouveau rite, loyalement, par obéissance, j’ai essayé. Oui, j’ai loyalement essayé : j’ai essayé en anglais, en italien, en français, et même en latin ! Et je me suis dit que cela n’était vraiment pas possible : nous étions par trop loin de la Messe catholique qui avait fait pendant des siècles la force de l’Eglise et qui avait sanctifié tant de générations de fidèles ! » C’est alors qu’il avait écrit au pape Montini avec ce trait d’humoristique chantage rapporté ci-dessus.
J’écris : « humoristique chantage », mais j’eusse aussi pu écrire « chantage d’une cruelle lucidité », car, en pleine débâcle postconciliaire, qui voyait des prêtres et des religieux défroquer par milliers, le Révérend Père Charles-Roux mettait le doigt là où cela faisait mal : Paul VI, qui signa des centaines et des centaines de « réductions à l’état laïc », exprimait sa désolation devant toutes ces désertions, bien qu’il n’en tirât pas les conclusions qui se fussent logiquement imposées et qu’il refusât toujours de nommer par leur nom véritable la cause de ces innombrables naufrages et apostasies.

Ce n’étaient pas quelques « fumées de satan » qui s’étaient introduites dans l’Eglise par « quelques fissures », c’est le modernisme mortifère qui, à l’occasion du concile vaticandeux et de la réforme liturgique, s’était engouffré à pleins flots dans la Maison de Dieu, dévastant tout sur son passage, et cela parce que les portes lui en avaient été grandes ouvertes !

L’aveuglement des chefs, leur obstination à refuser l’évidence, ainsi que l’entêtement à maintenir une direction dont on constate chaque jour les conséquences désastreuses restent un profond mystère : Dieu seul est juge des cœurs et des responsabilités, mais on ne peut penser que cela soit exempt de faute !

Bref ! Dans le contexte de ces jours d’été 2021, consécutifs au sinistre brigandage bergoglien honteusement daté du jour de la fête de Notre-Dame du Mont Carmel, le rappel de la figure du Révérend Père Jean Charles-Roux et de la manière dont il avait obtenu de Paul VI la permission de continuer à célébrer la Sainte Messe latine traditionnelle, faisait dire à l’un de mes amis « cum grano salis » : « Vous savez ce qu’il vous reste à faire… » Cela m’a aussitôt porté à lui répondre que, au contraire de son geignard mais inefficace prédécesseur, l’actuel occupant du siège pontifical, lui, serait capable de répondre aux prêtres qui s’adresseraient à lui de la même manière que le Père Charles-Roux : « Mais oui, prenez femme et ne nous cassez plus les pieds avec la Messe ancienne ! », puisqu’il est explicite qu’il en veut l’éradication absolue et qu’il cherche par tous les moyens à chasser de l’Eglise ceux qui ne voudraient pas se plier aux diktats de sa solution finale.

C’est la première fois que j’aborde la question de l’oukase bergoglien dans les pages de ce blogue.
Certains m’ont déjà fait part de leur étonnement de ce silence que j’ai gardé jusqu’ici…
Au risque de choquer, je vous dirai tout simplement que je ne veux pas m’étendre sur ce que je considère comme une espèce de non-événement.
Ce serait une véritable perte de temps que de lui accorder trop d’importance !

Nous ne nous étonnons en effet pas du tout des mesures de persécutions contre la Sainte Messe latine traditionnelle édictées le 16 juillet dernier, puisque nous nous y attendions et nous y préparions depuis le moment même de la parution de « François » à la loggia de la basilique vaticane au soir du 13 mars 2013.
Si nous devions nous étonner de quelque chose, c’est plutôt du fait qu’il a attendu plus de huit années pour enfin cracher tout le venin de sa méchanceté et exprimer sa détestation de la Tradition liturgique pleinement catholique.

« Que ferons-nous ? » me demandent certains, avec inquiétude.
Mais c’est très simple : nous continuerons à résister et à maintenir, quoi qu’il doive nous en coûter !

J’ai connu, dans mon adolescence, les célébrations clandestines de la Sainte Messe latine, alors réputée « interdite ».
Il n’y avait alors pas de « fraternités » ou « instituts » qui existassent pour la célébrer : nous n’avions que de bons vieux prêtres, plus ou moins persécutés par leurs évêques, qui tenaient bon et qui la célébraient, malgré toutes les pressions et condamnations, dans des chapelles de fortune aménagées dans des maisons particulières, ou parfois dans de véritables chapelles, dans des châteaux ou de grandes demeures.
Nous avons tenu bon, alors.
Nous tiendrons bon, encore et toujours.

Dans ces « années soixante-dix » du précédent siècle, l’Eglise « officielle », en France, malgré les dégâts déjà nombreux occasionnés par les suites du concile vaticandeux, pouvait encore faire illusion et donner l’impression de quelque force… Mais aujourd’hui ? Ce n’est vraiment plus le cas avec des diocèses croupions et des paroisses en pleine déconfiture.
Que pouvons-nous véritablement craindre de ces évêques qui, pour la plupart, sont devenus complètement transparents pour la société, dont le discours est habituellement d’une telle insipidité qu’il n’a pas le pouvoir de mobiliser les quelques fidèles qui leur restent, qui continuent à fermer des séminaires, qui voient l’effondrement constant de la courbe des ordinations pour le clergé diocésain, qui sont aux prises avec des difficultés financières abyssales… etc.

La vitalité n’appartient pas au modernisme, même s’il occupe pour un peu de temps encore la place, dans les structures et dans la liturgie de l’Eglise.
Sa mort est inéluctable, ce n’est qu’une question d’années (même si elles nous semblent longues parfois).
Ce n’est qu’une question de patience !
Même s’il ne faut jamais oublier que le mot patience dérive du verbe « pâtir »…

Les papes passent, comme tout le reste.
François a 85 ans. Sa santé n’est pas bonne. Il n’est pas éternel. Il passera donc lui aussi comme ont passé ceux qui avant lui ont voulu, s’opposer à la reconquête catholique qu’opère, envers et contre tout, la Sainte Messe traditionnelle, laquelle est investie d’une puissance divine contre laquelle tous les hommes qui l’ont voulu abolir se sont finalement brisés…

Nous, nous savons, par expérience – par une expérience quotidienne -, où se trouvent la vitalité et la fécondité.
Et elles ne se trouvent pas dans les institutions vérolées par le concile vaticandeux !

Les belles figures des prêtres qui ont incarné la résistance immédiatement postconciliaire au modernisme, comme le Révérend Père Jean Charles-Roux que nous avons évoqué ci-dessus, mais aussi – sans vouloir ni pouvoir être exhaustif dans mon énumération -, Monseigneur François Ducaud-Bourget, l’abbé Louis Coache, l’abbé Vincent Serralda, l’abbé Bryan Houghton, le Révérend Père Michel André, le chanoine Porta, l’abbé Michel de Fommervault, l’abbé Quentin Montgomery-Wright, l’abbé Philippe Sulmont… et tant d’autres, sans oublier bien sûr Son Excellence Monseigneur Marcel Lefebvre, sont là comme de magnifiques exemples auprès desquels nous devons retremper notre courage et notre espérance, sans nous départir d’une constante sérénité intérieure, malgré les combats : la Sainte Messe latine traditionnelle vaincra, comme elle a déjà triomphé dans les siècles passés !

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.

Pierre Le Gros, dit le jeune - la religion terrassant l'hérésie et la haine - Rome, Gesù

La Religion terrassant l’hérésie et la haine
par Pierre Le Gros, dit le jeune, dans l’église du Gesù, à Rome.

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9 Commentaires Commenter.

  1. le 24 août 2021 à 7 h 56 min Goes écrit:

    En ce qui concerne « La conjuration antichrétienne : le temple maçonnique voulant s’élever sur les ruines de l’Eglise catholique »,Voir le livre de Mgr H. Delassus, docteur en théologie, qui était membre du Sodalitium Pianum (réseau de renseignement du Vatican),que vous devez tous connaître il me semble.

  2. le 10 août 2021 à 16 h 22 min Jean P. écrit:

    Quelle époque !!!
    Trop d’ondes parasites en circulation…pas seulement pour perdre les abeilles.
    Un monde FOU!
    Alors, quel réconfort de lire ce message de bon sens et d’espoir.
    C’est là que l’on peut mesurer la vérité vraie (je me permets le pléonasme).
    Grand MERCI

  3. le 9 août 2021 à 20 h 45 min Loïc G. écrit:

    Bien d’accord avec vous.
    Prions Notre Seigneur et la Très Sainte Vierge Marie de nous délivrez
    de ces deux individus et de leur maître.
    En UDP
    Loïc G.

  4. le 9 août 2021 à 20 h 29 min Bernard de G. écrit:

    Merci, Frère Maximilien-Marie, et bravo pour votre illustration de la Religion terrassant l’hérésie.
    N’oublions pas parmi les prêtres incarnant la résistance: l’Abbé de Nantes et la CRC.
    BG.

  5. le 9 août 2021 à 20 h 11 min SB écrit:

    Frère Maximilien Marie du Sacré Coeur, je vous remercie infiniment de cette chronique d’abord qui nous « retrempe » et nous raffermit ; et puis aussi de votre réponse à Monsieur Loïc G qui est exactement la vérité : Que Les Coeurs Unis de Notre Seigneur et de Sa Mère nous assistent et nous protègent car il va falloir tenir bon !

  6. le 9 août 2021 à 19 h 29 min Abbé Jean-Louis D. écrit:

    Cher frère Maximilien-Marie, merci de vous être exprimé sur le Pape.
    Je suis en plein accord avec vous. Macron et François suivent chacun une parallèle qui finira par se rejoindre, menant effectivement un même combat pour entrer dans le nouveau monde. Ce que Macron opère dans notre pays sur le plan sociétal, le Pape l’opère sur le plan spirituel. Macron fait sa révolution en imposant le pass sanitaire. Le Pape opère sa révolution par son Motu proprio. La différence, c’est que si tous les pays du monde ont leur « Macron », le Pape a, lui, à la tête de l’Eglise, l’oreille du monde entier. La France est divisée par le pass sanitaire, l’Eglise est divisée par ce Motu proprio. Et se sont les moins nombreux d’un côté comme de l’autre: les résistants et les réfractaires.

  7. le 9 août 2021 à 14 h 45 min Maître-Chat Lully écrit:

    Nous pouvons même affirmer que les deux, François et Emmanuel M., sont chacun à leur place de « bons petits soldats » de l’instauration du NOM…
    Quant à l’inoculation d’une thérapie de type génique (ce qui n’a rien à voir avec un vaccin), elle est dangereuse à tous égards ; et la mise en place du laisser-passer à prétexte sanitaire est une monstruosité attentatoire aux libertés fondamentales du chrétien en face de l’Etat révolutionnaire.

  8. le 9 août 2021 à 14 h 00 min Béa Kimcat écrit:

    Merci à vous frère Maximilien Marie

  9. le 9 août 2021 à 13 h 44 min Loïc G. écrit:

    Bonjour Mon Père,
    il semble y avoir un corrélation, au moins dans le temps, entre le motu-proprio de François et la mise en place du passe sanitaire par Macron et de sa provocation à ND de Lourdes.
    Qu’en pensez-vous et qu’elle doit être la position d’un vrai catholique par rapport à l’injonction de vaccination et du passe sanitaire?
    Cordialement
    Loic G.

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