2021-8. « On ne transige pas avec une maladie : on en guérit ou on en meurt. »

Nous sommes infiniment reconnaissants à Monsieur l’Abbé Sébastien Dufour de nous avoir transmis et permis de publier ici le texte de sa très poignante et magnifique prédication de ce 21 janvier 2021, prononcée lors de la Sainte Messe de Requiem qu’il a célébrée en l’église Notre-Dame, à Valence.
Nous ne doutons pas qu’elle fera du bien à l’âme de beaucoup de nos lecteurs et qu’elle les fortifiera dans leur attachement à la Royauté traditionnelle et dans leur fidélité catholique et royale.

Valence - 21 janvier 2021

frise lys

On ne transige pas avec une maladie : on en guérit ou on en meurt.

L’exécution du Roi Louis XVI le 21 janvier 1793 est le symptôme le plus sensible de cette maladie mortelle qui s’est attaqué à tout le corps de notre pays, de l’Etat (en haut) jusqu’à la famille (en bas), je parle de la Révolution ; et la foi catholique, meilleure défense immunitaire contre cette maladie, ne protège plus qu’une minorité de Français.

Oui, la Révolution atteint tout le corps social jusqu’à la famille : éclatement de la famille ; destruction de l’autorité paternelle ; déchéance de la beauté maternelle ; profanation de la sainteté du lit conjugal ; disparition des traditions familiales ; vulgarité et corruption des enfants par l’impureté et l’ivresse ; infanticide de plus de 200 000 enfants chaque année par le crime odieux de l’avortement.

Tout ce que vit aujourd’hui la famille est déjà en germe dans la Révolution.

Car ce que vit aujourd’hui la famille, n’est-ce pas ce qui arriva d’une certaine manière à la famille royale de France ?

L’autorité du père fut abattue lorsque le Roi Louis XVI fut guillotiné.
Cette violence faite au père de la Patrie n’est d’ailleurs pas sans conséquence sur la religion, c’est-à-dire sur les rapports entre l’homme et ce Dieu trinitaire qui nous demande de l’appeler « Père ».
C’est ce dont témoigna le petit Dauphin lorsque sa mère, la Reine Marie-Antoinette vint le réveiller le jour du 21 janvier : « Mon enfant, il faut penser au Bon Dieu » ; « Maman, répondit le Dauphin, moi aussi, j’ai bien pensé au Bon Dieu, mais quand j’appelle la pensée du Bon Dieu, toujours l’image de mon père descend devant moi ».

La beauté de la figure maternelle est souillée en la personne de la Reine Marie-Antoinette qu’on insulta et calomnia sans mesure et, lors de son procès inique, qu’on accusa du pire des crimes que puisse commettre une mère à l’endroit de son enfant.
Finalement la Reine aussi sera guillotinée le 16 octobre 1793.

Après l’exécution de leur père et de leur mère, puis de leur sainte tante, Madame Elisabeth, le 10 mai 1794, les deux enfants royaux restent seuls, Marie-Thérèse n’a que 14 ans et le petit roi Louis XVII n’a que 8 ans.

Ce que l’on fit subir à cet enfant-roi résume toute l’ignominie de la Révolution.

Car que fit-on subir à cet enfant encombrant ?
Ne pouvant ni l’exiler, ni l’empoisonner, ni l’exécuter, on décide de « s’en défaire ».
Le procédé consistait à conduire à la mort, par un abrutissement lent, l’héritier du sang royal.
Le responsable des prisonniers affirme : « Je l’éloignerai de sa famille, pour lui faire perdre l’idée de son rang. »

Le 3 juillet 1793, le petit garçon déjà malade est arraché sans ménagement à l’amour de sa mère qui lui dit d’une voix douce : « Mon enfant, souvenez-vous de vos devoirs quand je ne serai plus auprès de vous pour vous les rappeler. N’oubliez jamais le bon Dieu qui vous met à l’épreuve, ni votre mère qui vous aime. Soyez sage, patient et honnête, et votre père vous bénira du haut du ciel. »

Ce petit Roi désormais solitaire est confié à la garde d’un cordonnier illettré appelé Simon et de sa femme, qui travaillent à sa dépravation morale : on lui apprend à jurer, à blasphémer, à renier son origine, on le coiffe du bonnet révolutionnaire, on l’abreuve d’alcool pour lui faire chanter la Carmagnole et lui faire dire des grossièretés.
Pour le faire obéir, Simon le gifle et le menace de la guillotine, menace qui, pour le fils de Louis XVI, n’a rien de théorique et qui le plonge dans une profonde terreur.

On empêche même le petit roi de prier.
Une nuit du mois de janvier, son geôlier le surprit les mains jointes et à genoux, priant Dieu.
Il se leva aussitôt et versa sur la tête de l’enfant une cruche remplie d’eau glacée : « Je t’apprendrai, lui dit-il, à faire tes patenôtres et à te lever la nuit comme un trappiste. »
Puis, s’armant de son soulier à gros clous, il frappa furieusement l’enfant.

Le 6 août, une ville s’était soulevée au cri de « vive le Roi Louis XVII ! », Simon se moqua du petit roi en annonçant : « Voici le Roi. Je m’en vais l’oindre, l’encenser et le couronner ! » ; et, joignant le geste à la parole, il l’oignit en lui renversant son verre sur la tête et en lui frottant cruellement les tempes, l’encensa en lui soufflant des bouffées de tabac au visage et le couronna en le coiffant du bonnet phrygien.
Devant la petite figure rouge de colère et de honte de Louis XVII, Simon demanda alors : « Que me ferais-tu, Capet, si tes amis te délivraient et si tu devenais Roi de France pour de vrai ? »
Et alors cet enfant imposa le silence et le respect à tout le monde en répondant : « Je vous pardonnerais ».

Malgré tout ce que Louis-Charles avait déjà subi, le pire n’arriva que le 19 janvier 1794, quand la Convention décida qu’elle avait assez perdu de temps avec le petit roi.
Commence alors la période de l’emmurement.

Le jeune roi, qui va sur ses neuf ans, est jeté au fond de sa chambre, dont on condamne porte et fenêtre.
Il vivra désormais dans cette pièce minuscule, où n’entre pas même la lumière.
La nourriture lui est passée à travers un guichet.L’enfant malade va vivre pendant six mois sans interruption au milieu des ordures, sans visite, ni lumière, ni livre, ni jouet pour se distraire.

Après la chute de Robespierre, le 27 juillet 1794, Barras se rend au Temple et découvre dans une chambre ténébreuse, un enfant de neuf ans, incapable de marcher, à demi enveloppé d’un linge crasseux et d’un pantalon en guenilles, et qui gisait, immobile sur un lit sale, le visage maigre et ravagé par la misère.
Sa tête et son cou étaient rongés par des plaies purulentes.
La vermine lui couvrait aussi tout le corps et la saleté collait ses beaux cheveux blonds qu’aurait du ceindre un jour la couronne de France.
Il était trop tard pour faire quoi que ce soit pour sauver l’enfant-roi qui disait : « Et pourtant, je n’ai fait de mal à personne ! ».

Dans la nuit du dimanche au lundi 8 juin 1795, l’enfant agonise. Au matin il prend la main de son gardien qui lui demande :
« J’espère que vous ne souffrez pas dans ce moment ?
- Oh, si ! je souffre encore, mais beaucoup moins : la musique est si belle !
- De quel côté entendez-vous cette musique ?
- De là-haut ! Est-ce que vous n’avez pas entendu ? Écoutez ! Écoutez ! »
Et l’enfant, d’un geste vif, indique le Ciel.
Puis, après quelques instants, l’enfant tressaille et s’écrie : « Au milieu de toutes les voix, j’ai reconnu celle de ma mère ! ».
Alors le petit roi rendit son âme angélique à Dieu et rejoignit le Ciel pour y retrouver et reformer sa royale famille.

Le « sang » qui abreuve le sillon de notre hymne national, c’est celui d’un roi et d’une reine innocents, c’est celui de tout un peuple persécuté pour sa foi et sa fidélité à l’Eglise Catholique.
C’est aussi celui d’un petit enfant martyr, victime d’une révolution qui prétendait instaurer la fraternité, enfant qui n’avait commis d’autre crime que celui d’être un descendant de saint Louis.

Clémenceau a dit : « La Révolution c’est un bloc ». Il a raison. Et c’est parce que c’est un bloc qui nous la rejetons en bloc.
Alors non, non, non, nous n’irons pas jouer le jeu de la république laïque et révolutionnaire car on ne transige pas avec une maladie : on en guérit ou on en meurt.

Icône des martyrs royaux filigranée 421x600

La sainte icône de la famille royale martyre
(explication > ici)

frise lys

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5 Commentaires Commenter.

  1. le 28 janvier 2021 à 10 h 22 min René C. écrit:

    Merci pour ce partage, cher frère.
    Belle leçon de courage de la Famille Royale.
    Deo gratias pour l’abbé Sébastien Dufour.

  2. le 26 janvier 2021 à 18 h 26 min Le Forez écrit:

    Louis XVII, de son jeune âge, nous montre l’exemple : pardonnons, oui ! mais pour autant, restons fermes dans nos principes et ne nous acoquinons jamais avec cette république.
    Elevons-nous dans la foi chrétienne et ignorons cette gouvernance.

  3. le 26 janvier 2021 à 15 h 08 min Solange S. écrit:

    Merci, Monsieur l’Abbé.
    Puissions-nous avoir de saints clercs qui prient et processionnent avec nos saints pour hâter le retour du ROI.

  4. le 26 janvier 2021 à 14 h 38 min Bruno d.L. écrit:

    Merci pour ces paroles édifiantes..
    Les dernières heures de Notre Roi et de ses descendants ravivent en notre cœur cette douloureuse perte. Aujourd’hui j’ose penser que ce qui arrive à la France, cette lèpre dont ses habitants sont frappés, n’est là que pour nous dire que seule la Foi vous sauvera.
    Comme notre jeune Roi regardons le Ciel et élevons vers lui nos voix suppliantes pour le retour de Notre Roi sur le trône de France.
    Puisse Dieu entendre nos suppliques !

  5. le 26 janvier 2021 à 11 h 06 min Jean P. écrit:

    Pauvre FRANCE !

    La descente n’est pas terminée.

    Elle s’accélère. (TGV)

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