2021-7. « Notre Dieu est un feu dévorant ! »

Lettre mensuelle aux membres et amis
de la
Confrérie Royale

- 25 janvier 2021 -

Blason de la Confrérie Royale

Rappel :

Les membres de la Confrérie Royale s’engagent à sanctifier d’une manière particulière le 25 de chaque mois en redoublant de prières, en offrant avec encore davantage de ferveur qu’à l’accoutumée les exercices du devoir d’état, les peines et les joies de ce jour, en travaillant plus méticuleusement à sa sanctification, lorsque cela est possible en assistant à la Sainte Messe et en offrant la sainte communion à l’intention du Roi, ou encore en accomplissant quelque petit pèlerinage ou acte de dévotion supplémentaire offert à l’intention de Sa Majesté et du Royaume des Lys.
La lettre mensuelle, envoyée à tous les membres ainsi qu’aux amis qui ont manifesté le désir de la recevoir, à l’occasion de ce 25 de chaque mois, est écrite par les prêtres, religieux ou clercs membres de la Confrérie Royale. Son but est de raviver la ferveur et la détermination des membres, en leur proposant des réflexions et approfondissements toujours nécessaires.
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* * * * * * *

« Ne vous laissez pas décourager par la froideur que vous voyez autour de vous ; il n’y a rien de si tranquille qu’un magasin à poudre une demi-seconde avant qu’il saute. Il ne faut que du feu ; et c’est nous qui l’avons. »

Extrait d’une lettre de Joseph de Maistre à Louis de Bonald.

 

Chers Membres et Amis de la Confrérie Royale, 

Contrairement aux années précédentes, même si j’ai eu l’occasion de présenter mes vœux de manière individuelle à plusieurs d’entre vous avec lesquels j’ai eu un contact personnel direct ou de manière épistolaire particulière, je n’ai pas encore pris le temps de le faire en ma qualité de Prieur de la Confrérie à l’ensemble de ses membres et sympathisants : voilà donc pourquoi, quoique m’étant acquitté de la lettre mensuelle, le 25 décembre dernier, je reprends « la plume » (électronique) pour vous rejoindre tous en cette fin janvier 2021 afin de vous adresser une fois encore des vœux de fervente et sainte année.

Nous n’avons guère d’illusions sur la réalité de la situation politique et sociale de notre pauvre Royaume de France, sur la réalité de la crise sanitaire et des mesures « liberticides » (pardonnez-moi cette expression issue de la grande révolution) dont elle est le prétexte, et sur la réalité des desseins poursuivis par les Pinocchio politiciens exécuteurs visibles des mesures décidées dans les officines secrètes qui veulent décider du sort des peuples et des individus par tous les moyens à leur disposition, au premier rang desquels figurent le crime et le mensonge.

Cela ne m’empêche pas, dans une espérance purement surnaturelle, qui n’a rien à voir avec les constats que nous pouvons mener de manière naturelle, de vous souhaiter une année la moins mauvaise possible, avec beaucoup de courage et de force morale pour affronter les épreuves qui se profilent, avec beaucoup de foi et de sérénité intérieure pour tenir bon contre les multiples vexations qui vont se multiplier contre les catholiques très spécialement, avec beaucoup de ferveur et de générosité pour étreindre la Croix et vous sanctifier envers et contre tout, tous les jours et chaque jour.

La sortie de la crise ne pourra se faire que « par le haut », c’est-à-dire par les moyens spirituels et surnaturels.

Sachez et soyez certains que, dans la solitude bénie de mon ermitage et dans le merveilleux silence de mon oratoire, votre Prieur (car je ne le suis que pour vous et le service de cette Confrérie Royale) pense à vous, prie pour vous, vous porte dans une sollicitude réelle et une affection toute spirituelle.

Ces choses étant dites, et parce que je veux insister à temps et à contretemps selon la recommandation de l’Apôtre (cf. 2 Tim. IV, 2), permettez-moi de vous « sermonner » une fois encore en rabâchant au sujet des dispositions qui doivent animer les membres de notre chère Confrérie.

* * * * * * *

« Ne vous laissez pas décourager par la froideur que vous voyez autour de vous ; il n’y a rien de si tranquille qu’un magasin à poudre une demi-seconde avant qu’il saute. Il ne faut que du feu ; et c’est nous qui l’avons. » 

Plus terribles et plus redoutables que les rigueurs de l’hiver physique le plus éprouvant, sont les implacables morsures de la froideur spirituelle qui engourdit les âmes et les paralyse peu à peu, annihile leurs capacités de réaction et fait vertigineusement dégringoler toute leur ardeur.

Nous sommes tous menacés par le refroidissement, par simple contagion de la glaciation ambiante.
Nous sommes tous menacés d’être transformés en glaçons : immobiles et sans plus aucune ferveur.
Le monde entier s’alanguit dans le froid.
L’Eglise tout entière semble sombrer dans la torpeur qui précède la mort par le froid.
Les âmes par millions se laissent congeler, devenues de moins en moins ardentes à force de manquer d’amour, de manquer de générosité, de manquer de combativité…

C’est un constat.
Chacun de nous peut le faire.
Chacun de nous le voit dans son entourage et en souffre.

Alors, sombrerons-nous dans le fatalisme ?
Nous enfermerons-nous dans la résignation ?
Nous replierons-nous sur de stériles regrets ?
Nous laisserons-nous décourager par la froideur que nous voyons autour de nous ?

Mais non !
La lucidité ne se peut résoudre en regrets stériles et en lamentations sans effets !

« Notre Dieu en effet est un feu dévorant », nous redit Saint Paul (Hébreux XII, 29) en reprenant le Deutéronome (IV, 24) : « Etenim Deus noster ignis consumens est » !

Donc, « ne vous laissez pas décourager par la froideur que vous voyez autour de vous ; il n’y a rien de si tranquille qu’un magasin à poudre une demi-seconde avant qu’il saute. Il ne faut que du feu ; et c’est nous qui l’avons. »

Si vous êtes vraiment chrétien,
si vous vivez de la grâce de Dieu,
si vous êtes véritablement en communion de vie et d’amour avec ce Dieu qui, au saint baptême, a déposé en votre âme une part de Sa flamme dévorante, vous n’avez aucune – réellement AUCUNE ! – raison de céder aux tentations de découragement que suggère la froideur ambiante :« Ne vous laissez pas décourager par la froideur que vous voyez autour de vous… »

Si vous êtes vraiment chrétien,
si vous vivez de la grâce de Dieu,
si vous êtes véritablement en communion de vie et d’amour avec ce Dieu qui, au saint baptême, a déposé en votre âme une part de Sa flamme dévorante, vous êtes des porteurs de flamme, des porteurs de la flamme divine pour en brûler vous-mêmes et pour la communiquer.

Vous devez être des pyromanes : des communicateurs de la flamme divine, des propagateurs de ses ardeurs, des antidotes à la froideur qui stérilise le monde et l’Eglise : « Allez ! Et mettez tout en feu ! »

Aimez ! Laissez-vous embraser par le Saint Amour de Dieu !
Laissez-vous consumer par la divine flamme de la Charité éternelle et sans limite…

Mais pour qu’elle brûle et s’étende, il vous faut alimenter cette flamme, il vous faut la nourrir de combustibles propres à la faire danser ardemment, propre à la faire illuminer la nuit, propre à lui donner la capacité à faire fondre la glace…

Et quel est le meilleur de tous les combustibles ?
C’est le don de vous-mêmes !

Beaucoup de catholiques, quoi qu’ils en prétendent, ne sont pas véritablement donnés à Dieu.
Beaucoup de consacrés, beaucoup de religieux et beaucoup de prêtres – beaucoup trop – ne sont pas vraiment donnés à Dieu.
C’est tout juste s’ils se prêtent à Lui, plus ou moins entièrement…

Ces fidèles, ces consacrés gardent pour eux-mêmes quelque chose qu’ils n’ont pas vraiment livré à leur Souverain Seigneur, quelque chose dont ils répugnent à se dessaisir, quelque part d’eux-mêmes plus ou moins secrète à laquelle ils se cramponnent misérablement, et qu’ils ne veulent pas lâcher : et c’est pourquoi ils ne peuvent vraiment être livrés à la flamme divine, c’est pourquoi ils ne peuvent vraiment être embrasés, c’est pourquoi le feu est en eux hésitant et si peu communicatif.

Lorsque j’étais jeune religieux, j’ai été marqué à vie par quelques phrases du Révérend Père Joseph de Guibert, prêtre éminent de la Compagnie de Jésus, lues dans l’article « abnégation » du « Dictionnaire de spiritualité », que j’ai recopiées et très souvent relues en mes quarante années de vie religieuse. Je vous les livre ci-dessous :
« Qu’on étudie la vie des ‘saints manqués’, je veux dire prêtres, religieux et simples fidèles, fervents et zélés, pieux et dévoués, mais qui cependant n’ont pas été des saints tout court : on constatera que ce qui a manqué, ce n’est ni une vie intérieure profonde, ni un sincère et vif amour de Dieu et des âmes, mais une certaine plénitude dans le renoncement.
Aimer Dieu, Le louer, se dévouer, se fatiguer, se tuer même à Son service, autant de choses qui attirent les âmes généreuses, mais mourir totalement à soi, obscurément, dans le silence intime de l’âme, se déprendre, se laisser détacher à fond de tout ce qui n’est pas Dieu, voilà l’holocauste secret devant lequel reculent la plupart des âmes, le point exact où leur chemin bifurque entre une vie fervente et une vie de haute sainteté ».

Or, devant Dieu, en ma qualité de Prieur, je suis responsable de votre progression non pas simplement vers une « honnête moyenne » de piété et de ferveur, mais vers une véritable sainteté, de votre progression vers la plus haute sainteté que Dieu veut pour chacun d’entre vous, de votre progression vers la sainteté plénière à laquelle le Très Haut vous invite chacun de manière individuelle et très personnelle, Lui qui nous commande : « Soyez saints car Moi, le Seigneur, Je suis saint » (Lév. XIX, 2).

Que chacun s’examine donc sur les parts plus ou moins secrètes de lui-même qu’il refuse, plus ou moins consciemment de donner entièrement à Dieu.
Que chacun s’emploie donc à débusquer ces scories d’égoïsme qui ne peuvent permettre le plein épanouissement du feu divin, son rayonnement, son expansion.
Que chacun s’engage donc résolument dans la guerre continue contre ces freins intérieurs au don complet de soi qui entravent sa marche vers la sainteté que Dieu veut et ordonne.
Que chacun donc, sans complaisance, s’adonne à pourchasser les obstacles à la pleine action du Feu divin en lui. 

« Ne vous laissez pas décourager par la froideur que vous voyez autour de vous ; il n’y a rien de si tranquille qu’un magasin à poudre une demi-seconde avant qu’il saute. Il ne faut que du feu ; et c’est nous qui l’avons. »
Le monde, l’Eglise, la France sont ce magasin à poudre, encore très tranquille – parce que saisi par la froideur paralysante générale, et parce que ceux qui portent ou devraient porter la flamme pure, vivante et ardente, ne viennent pas le faire sauter, n’osent pas s’en approcher.

Pour qu’il soit changé en brasier, « il ne faut que du feu ».
Pour que la période de glaciation du monde, de l’Eglise et de la France arrive à son terme, « il ne faut que du feu ».
Membres de la Confrérie Royale : soyez ces porteurs de feu, soyez ces incendiaires !
Vous êtes membres de la Confrérie Royale pour être des pyromanes qui mettront fin à l’ère glaciaire qui, sinon, s’intensifiera encore et paralysera tout.
« Il ne faut que du feu ».

« Il ne faut que du feu ; et c’est nous qui l’avons. »
Oui, c’est nous qui l’avons !
Nous l’avons reçu au saint baptême. Et si nous avons eu le malheur de le laisser s’éteindre par le péché, courons au confessionnal afin d’y rallumer la flamme, afin qu’un souffle divin écarte les cendres froides accumulées et redonne vie au foyer de notre âme.

« Il ne faut que du feu ; et c’est nous qui l’avons. »
Nous l’avons reçu et le pouvons recevoir encore, et encore et toujours, dans le contact vivant et quotidien avec « notre Dieu (qui) est un Feu dévorant », au moyen de la prière : une prière non pas formaliste et routinière, mais une prière ardente qui soit un élan d’amour.

« Il ne faut que du feu ; et c’est nous qui l’avons. »
Nous l’avons reçu en outre par la compréhension de la vérité : en particulier pour ce qui concerne cette suprême charité sociale qui est la vraie politique accordée aux desseins de Dieu, Lequel souhaite que la Cité terrestre se bâtisse et s’organise sur le modèle de Sa Cité céleste.

« Il ne faut que du feu ; et c’est nous qui l’avons. »
Nous l’avons reçu : nourrissons-le, entretenons-le, rendons-le conquérant par le don entier et sans réserve de nous-mêmes.
Il n’existe pas de bois plus propre à entretenir le brasier de l’amour divin que le bois du sacrifice !

« Ne vous laissez pas décourager par la froideur que vous voyez autour de vous ; il n’y a rien de si tranquille qu’un magasin à poudre une demi-seconde avant qu’il saute. Il ne faut que du feu ; et c’est nous qui l’avons. » 

Je souhaite – je nous souhaite – que bientôt, très bientôt, nous nous trouvions à l’instant de cette demi-seconde qui décidera de l’explosion et de l’embrasement général.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur,
Prieur.
Dimanche 24 janvier 2021,
troisième dimanche après l’Epiphanie.

feu de la Saint-Jean 6

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4 Commentaires Commenter.

  1. le 25 janvier 2021 à 21 h 24 min Maître-Chat Lully écrit:

    En faisant cela ils seraient dans la pleine continuité de ce que demandent les Saints Apôtres Pierre et Paul…
    Mais aujourd’hui, les prêtres disposés à cela sont réellement peu nombreux.
    Lorsque nous avons fondé la Confrérie Royale, nous pensions (naïvement ?) que beaucoup de prêtres la rejoindraient volontiers et seraient heureux de s’engager spirituellement pour soutenir le Roi légitime de leurs prières quotidiennes… Et nous dûmes constater qu’il y en a TRES PEU dont les convictions et la piété sont assez fortes pour cela !

  2. le 25 janvier 2021 à 15 h 34 min Claude L. écrit:

    Il faudrait que tous les prêtres de toutes les paroisses, à chaque liturgie, demandent à Dieu de donner aux pays des gouvernants très chrétiens.

  3. le 25 janvier 2021 à 11 h 02 min Durbea écrit:

    Ce que la plupart d’entre nous, qui souhaitons être « vrais chrétiens » pensent, vous l’avez formulé par vos vœux. L’Esprit Saint, cette belle flamme qui nous a été léguée, trop souvent sommeille en nous. Sachons la ranimer, par la prière.

  4. le 25 janvier 2021 à 10 h 14 min SB écrit:

    Merci, Frère pyromane, de manier le tisonnier avec une telle vigueur , un véritable art de raviver des charbons qui s’éteignaient doucement … merci de nous mettre en face de nous-mêmes : au travail ! id est: prions ardemment !

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