2020-77. Nuit de folie au Mesnil-Marie…

Vendredi soir 12 juin 2020,
Vendredi dans l’octave du Saint-Sacrement.

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Chers Amis du Refuge Notre-Dame de Compassion,

Mon titre, j’en conviens, est un peu « aguicheur » : il a peut-être suscité en votre esprit quelques interrogations et titillé votre curiosité… Mais je vous rassure tout de suite, et vous allez vous en rendre compte en poursuivant votre lecture, cette « nuit de folie » n’a rien à voir avec celles dont les mondains et les jouisseurs sont si friands !

Allons donc au fait, si vous le voulez bien.
Et pour que tout soit bien clair, permettez-moi tout d’abord de vous demander de regarder avec attention cette photographie…

Le Mesnil-Marie, avec le barnum sur la terrasse Saint-Charlemagne

La tente de réception installée sur la terrasse Saint-Charlemagne, dominant l’aire de stationnement au pied du Mesnil-Marie

Grâce à cette photographie, en effet, vous pouvez visualiser tous les éléments  de mon récit : elle est prise depuis la route départementale et l’on voit au premier plan l’aire de stationnement (avec à droite le « Berlingo » gris) aménagé au pied du Mesnil-Marie, dont vous apercevez l’extrémité est de la façade sud.
Vous pouvez également voir, en surplomb de cette aire de stationnement, l’espace plan sur lequel est installé une tente de réception blanche : c’est la terrasse Saint-Charlemagne, construite au XVIIe siècle après l’élévation de gros murs en pierres sèches.

Cette tente de réception – communément appelée barnum – mesure quatre mètres dans sa largeur et huit dans sa longueur : elle nous est fort aimablement prêtée par de fidèles amis, afin d’avoir, pendant l’été, un espace fort agréable où l’on peut dresser des tables et recevoir davantage de convives que ne le permet la petite salle à manger de notre Mesnil-Marie.
On y déjeune très agréablement à l’abri des ardeurs du soleil ou des intempéries. Des cloisons de toile peuvent aussi être installées sur les quatre côtés, pour se protéger des courants d’air et bénéficier d’un bel espace clos.
Le samedi 6 juin dernier, par exemple, un groupe d’amis fidèles était venu partager un joyeux déjeuner.

La tente de réception le samedi 6 juin 2020

Déjeuner amical au Mesnil-Marie le samedi 6 juin 2020

Déjeuner amical du samedi 6 juin 2020

C’est là aussi que les pèlerins de Sainte Philomène peuvent déjeuner chaque 11 août, ainsi que les participants aux diverses récollections que nous pouvons organiser.

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Vous savez aussi, chers Amis, combien, en notre vallée profonde au piémont du Mézenc, les épisodes cévenols peuvent se montrer violents et dévastateurs.
Toutefois, hier, au soir de la fête du Très Saint-Sacrement, le bulletin météorologique n’était pas particulièrement alarmant, même si je savais que nous devions nous attendre à une pluie un peu abondante (et bien nécessaire car l’hiver a été très sec) et à du vent : les provinces voisines – Gévaudan, Velay – avaient été placées en « vigilance orange » par Météo France, mais pas notre Vivarais.
Comme je devais partir au matin de ce vendredi 12 juin pour ne rentrer qu’à la nuit tombée ce prochain dimanche, avant d’aller prendre mon repos j’avais prié ma chère Sainte Philomène de préserver le hameau de la grêle – toujours possible en cette saison – pendant mon absence.

Après l’Heure Sainte et la récitation des matines et des laudes de ce vendredi, je m’étais couché un peu après minuit et demi et j’ai dormi presque trois heures et demi : me relevant un peu avant quatre heures, je jetai un œil par la fenêtre et m’aperçus que le barnum, quoique solidement arrimé au sol de la terrasse Saint-Charlemagne et quelque pesant qu’il fût, venait d’être emporté par un violent coup de vent et gisait, à l’envers, entre les deux automobiles qui se trouvaient sur l’aire de stationnement en contrebas.

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Sans prendre la peine de me vêtir ni de chausser des bottes, je me précipitai dehors : sur la terrasse Saint-Charlemagne, sièges, bancs, tréteaux et plateaux des tables gisaient éparpillés.

Je descendis jusqu’à l’aire de stationnement et remarquai tout de suite que les deux autos n’avaient pas été endommagées, alors que la lourde tubulure de la tente les touchait.
Je remarquai aussi que l’étendard du Refuge Notre-Dame de Compassion et sa hampe, bien que gisant à terre, n’étaient pas non plus abîmés, tandis que les draps que j’avais lavés les jours précédents et que j’avais mis à sécher sur une corde à linge tendue à l’intérieur de la tente étaient dans un état pitoyable.
Les deux drapeaux fleurdelysés attachés aux deux extrémités de la tente, à l’intérieur, n’étaient pas abîmés eux non plus.

Je relevai l’étendard du Refuge Notre-Dame de Compassion, mais ne parvint pas à défaire les nœuds très serrés par lesquels les drapeaux du Roi étaient attachés aux cloisons de toile.
Dégoulinant, je remontai au Mesnil-Marie avec l’étendard : par la fenêtre, je pris le cliché qui se trouve ci-dessus, enfilai des vêtements de pluie et des bottes, puis ressortis pour déplacer le « Duster » noir (que l’on voit au premier plan de la photographie ci-dessus) et commencer à ramasser et rassembler les chaises et tréteaux qui risquaient à tout moment d’être soulevés par le vent tourbillonnant, et causer de nouveaux dégâts en retombant.

Très peu de temps après avoir éloigné le « Duster », une nouvelle bourrasque retourna le barnum comme une crêpe en le faisant retomber lourdement là où s’était trouvé le véhicule, ainsi que sur une partie de la chaussée : si je n’eusse pas déplacé le « Duster » il eût alors été gravement endommagé par les piquets de la tente qui en eussent pulvérisé les vitres !

Phase 2 des déplacements du barnum après le déplacement du Duster

Cette nouvelle position de la tente me permit-elle du moins de déplacer notre vieux « Berlingo » pour le mettre à son tour hors d’atteinte des vagabondages dévastateurs de la tente !

Puis je m’efforçais de détacher les toiles latérales du barnum, ce qui était extrêmement long, difficile et pénible au milieu des éléments déchaînés, quand une nouvelle bourrasque retourna encore une fois complètement la tente pour la faire retomber lourdement sur son toit, là où peu de temps auparavant était stationné le « Berlingo ».

Phase 3 des déplacements du barnum

Je voyais bien que c’étaient les toiles qui offraient le plus de prise au vent, et c’est la raison pour laquelle, après avoir « neutralisé » tous les autres objets épars qui eussent pu être soulevés par les bourrasques et causer des blessures en retombant, je m’efforçais de désolidariser les toiles de l’armature métallique : j’y travaillais lorsque, une fois encore, un coup de vent souleva toiles et tubulure, les précipitant sur la chaussée. Je m’arc-boutai de toutes mes forces pour les retenir… en vain : je faillis alors être précipité dans le ruisseau, de l’autre côté de la route !

Là, je n’ai pas eu le temps de remonter pour faire un cliché de cette phase des déplacements du barnum, alors je l’ai grossièrement fait figurer au trait rouge sur la photographie ci-dessous .

Phase 4 évoquée au trait

La tente barrait complètement la chaussée et, seul, il m’était impossible de l’en retirer.

Terrorisé, je hurlais alors : « Sainte Philomène, s’il vous plait, faites en sorte que cela ne provoque pas d’accident ! »
En effet, on approchait de six heures, heure à laquelle commencent à circuler des camions et des véhicules de personnes se rendant au travail.

Justement, j’aperçus au loin les faisceaux lumineux des phares d’une auto se dirigeant vers le hameau : je me précipitai à sa rencontre pour lui faire signe de s’arrêter.
C’était une jeune femme, infirmière libérale, qui se rendait auprès de ses premiers patients : elle me proposa, courageusement, de m’aider à retirer le barnum de la route.
Non sans mal, à nous deux, tirant de toutes nos forces, hahanant et ruisselant, nous arrivâmes à dégager le passage et à ramener la tente sur l’aire de stationnement.

Trois quart d’heure plus tard j’avais réussi à détacher entièrement la toile de l’armature, et donc à sécuriser la zone.
Le jour poignait : je fus ouvrir le poulailler puis je remontai au Mesnil-Marie pour ôter mes vêtements dégoulinants, prendre une douche chaude et avaler un grand bol de thé.

Phase ultime

Enfin je me rendis à l’oratoire où je remerciais Notre-Seigneur, Notre-Dame et Sainte Philomène parce que le pire avait été évité.

Gisant de Sainte Philomène et statue de Notre-Dame du Puy dans l'oratoire du Mesnil-Marie

Gisant de Sainte Philomène et copie de la Vierge Noire du Puy, dans l’oratoire du Mesnil-Marie
avec la veilleuse allumée ce matin en action de grâces pour leur protection

Deux heures plus tard, mon filleul Jean-Baptiste et sa maman vinrent pour m’aider à démonter entièrement l’armature métallique et plier les toiles trempées, ce qui nous prit deux bonnes heures, en attendant de les pouvoir étaler au soleil pour les faire sécher.

Voilà donc les détails de cette « nuit de folie » vécue par votre serviteur en son ermitage au cœur de l’épisode cévenol de ce vendredi 12 juin.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur

Coeur douloureux et immaculé de Marie

Publié dans : Chronique de Lully, Nos amis les Saints |le 12 juin, 2020 |10 Commentaires »

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10 Commentaires Commenter.

  1. le 14 juin 2020 à 18 h 33 min Reine Claude écrit:

    Très Cher Frère,
    Ah ! Quelle nuit ! Quelle nuit de folie !
    Et vous, toujours réactif dans l’adversité. Avec un courage et une patience
    sous les bourrasques de vent et la pluie, sans craindre d’être transi de
    froid et d’attraper une bronchite ou pire…
    Votre narration de cette folle nuit est remarquable et me fait « vivre » ces
    épisodes successifs ; j’y sens même une légère point d’humour.
    Combien notre BRETAGNE est calme par rapport au Mesnil-Marie !
    Bon courage à vous, Cher Ami, j’espère que tout sera remis en état grâce à
    Notre Seigneur et à votre entourage.
    Respectueusement vôtre.
    Reine Claude

    P.S. La Saint Claude est passée depuis une semaine.

  2. le 14 juin 2020 à 16 h 50 min Marie écrit:

    Ah ! le vagabondage ! Ici encore, démonstration est faite que c’est très vilain.

  3. le 14 juin 2020 à 15 h 18 min Bernard de G. écrit:

    Bravo Cher Frère, pour vos prouesses pendant cette nuit d’orage et bravo pour votre don de conteur qui nous a tenu en haleine. Vous avez même pensé à prendre des photos qui nous font voir ce que vous avez vécu! Votre ange gardien était surement à vos côtés. Ceci dit, il vaut mieux un orage « de la nature » qu’un orage dans les quartiers travaillés par le gauchisme anti-occident!
    BG.

  4. le 13 juin 2020 à 19 h 32 min Abbé Jean-Louis D. écrit:

    Le Mesnil a été bien visé… Qu’en était-il du voisinage ? Quel récit d’une nuit terrifiante! et quelle lutte!

  5. le 13 juin 2020 à 18 h 18 min Béa kimcat écrit:

    Oui quelle nuit de folie !!!!!!!
    Notre Seigneur vous a bien guidé contre ces coups de vent violents et vous a protégé du pire.
    Je pense bien à vous frère Maximilien-Marie.

  6. le 13 juin 2020 à 10 h 58 min Durbea écrit:

    La grâce de notre Seigneur par l’intercession de Notre-Dame et de Ste. Philomène vous ont permis d’avoir la force et le courage d’accomplir cet énorme travail nocturne. Et ainsi maîtriser la situation afin de sécuriser au maximum votre environnement.Vous méritez notre admiration.

  7. le 13 juin 2020 à 8 h 46 min Jacqueline B. écrit:

    De tout cœur avec vous et une grande prière de remerciement à Dieu, tout aurait pu être tellement plus grave !

  8. le 13 juin 2020 à 6 h 46 min Nadia P. écrit:

    Bonjour cher frère, quelle grâce de protection avez vous eu !
    Merci, Seigneur ! Merci, chère Ste Philomène, que je connais depuis peu mais à laquelle je m’accroche : je porte son cordon, j’ai l’huile, et je récite le chapelet avec ses litanies…
    Comme je suis contente de vous connaître : vous me permettez de recevoir votre amitié et, je le sais, votre secours par la prière.
    Je vous assure moi-même de ma pauvre prière pour vous et vos amis.
    Dieu vous bénisse et vous garde.
    Deo gratias !
    Nadia Louise (je mets mon 2ème prénom car il me semble important)

  9. le 12 juin 2020 à 21 h 41 min SB écrit:

    les épisodes successifs de retournement du « barnum » au fur et à mesure que vous dégagiez les véhicules sont extraordinaires ! j’y vois une aide efficace de votre ange gardien qui vous assiste continuellement .Bravo pour réaction devant les coups de vents et les « grains » (comme on dit en Bretagne …)

  10. le 12 juin 2020 à 21 h 22 min David D. écrit:

    Rude nuit d’épreuve Frère Maximilien-Marie … Vous avez fait preuve encore une fois de beaucoup d’énergie. Nous pensons bien à vous.

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