2020-72. Vous avez dit : « ouverture au monde » ???

Mardi des Rogations 19 mai 2020,
Fête de Saint Yves Hélory de Kermartin, confesseur ;
Mémoire de Saint Pierre Célestin, pape et confesseur ;
Mémoire de Sainte Pudentienne, vierge ;
Mémoire du Bienheureux Alcuin, abbé et confesseur, conseiller de Saint Charlemagne.

Siège d'une ville au Moyen-Age

Siège d’une ville au Moyen-Age.

Il y a, ce me semble, pour ce qui touche à la Sainte Eglise de Dieu, autant de bon sens, de réalisme et de prudence (humaine et surnaturelle) à parler d’ « ouverture au monde » qu’il y en avait de la part du gouvernement de la république à signer les funestes accords de Munich avec Hitler en septembre 1938.

Alors que la Sainte Ecriture, que toute la Tradition spirituelle de l’Eglise – fondée sur l’enseignements des Saints Apôtres (relire les épîtres de Saint Paul, de Saint Jean et de Saint Jacques par exemple) -, que les exemples des saints et que la doctrine des grands maîtres spirituels, nous enseignent à ne pas nous conformer sur ce monde (cf. Rom. XII, 2a : « Nolite conformari huic saeculo – ne vous conformez point à ce siècle »), est-il seulement envisageable pour un catholique raisonnable, lucide, cohérent avec sa foi, de parler d’« ouverture au monde », de vouloir « s’ouvrir au monde », d’ambitionner (comme s’il s’agissait d’un authentique progrès spirituel) de « s’adapter au monde » ?
Car, concrètement, le solde de ce que l’on nomme « ouverture au monde », ne revient pas à autre chose qu’à accepter des modes de pensée et des comportements qui sont en opposition plus ou moins tranchée avec la Révélation divine, qui est LA Vérité, qui est infaillible, qui est unique, qui est pour tous, et qui s’impose à tous !
C’est ici qu’il convient de rappeler une nouvelle fois cette citation, attribuée (voir note) à notre Bienheureux Père Saint Augustin :

 « A force de tout voir on finit par tout supporter…
A force de tout supporter on finit par tout tolérer…
A force de tout tolérer on finit par tout accepter…
A force de tout accepter on finit par tout approuver ! »

St Augustin écrivant la Cité de Dieu - Bâle 1515

Saint Augustin écrivant « La Cité de Dieu »

L’authentique enseignement de l’Eglise dans sa grande tradition spirituelle a bien été synthétisé par notre Glorieux Père dans le justement fameux passage de « La Cité de Dieu » : « Deux amours ont donc bâti deux cités : l’amour de soi-même jusqu’au mépris de Dieu, celle de la terre, et l’amour de Dieu jusqu’au mépris de soi-même, celle du ciel. L’une se glorifie en soi, et l’autre dans le Seigneur ; l’une brigue la gloire des hommes, et l’autre ne veut pour toute gloire que le témoignage de sa conscience ; l’une marche la tête levée, toute bouffie d’orgueil, et l’autre dit-à Dieu : « Vous êtes ma gloire, et c’est Vous qui me faites marcher la tête levée » (Ps. III, 4) » (Saint Augustin, in « La Cité de Dieu » Livre XIV, citation plus complète > ici).

C’est également ce qu’a résumé Saint Ignace de Loyola dans la célèbre méditation sur les « Deux étendards » dans ses « Exercices spirituels ».

deux amours ont bâti deux cités

« Deux amours ont bâti deux cités… »

L’esprit de l’Evangile et l’esprit du monde sont incompatibles.
La doctrine du Saint Evangile et les doctrines du monde sont incompatibles.
Les modes de pensée qui président à une vie chrétienne véritable et les modes de pensée qui régissent le monde sont incompatibles.
Une vie réussie selon les critères divins de l’Evangile et une vie réussie selon les critères humains de ce monde ne sont pas du tout compatibles : elles ont pu l’être lorsque la société terrestre était la Chrétienté ; elles ne le sont plus aujourd’hui que les principes qui régissent la société et son organisation se revendiquent – sous le prétexte mensonger de la neutralité – affranchis de la loi divine, affranchis de l’idée même de Dieu.

Plus que jamais, depuis que notre société prétendument laïque s’est donné des fondements qui sont en une radicale opposition avec les principes de la Révélation et de la Sainte Eglise (c’est-à-dire depuis la blasphématoire proclamation des « droits de l’homme et du citoyen » du 26 août 1789), il est impossible d’établir une conciliation de l’esprit du monde et de l’esprit de l’Evangile.

Il n’existe que deux possibilités :
1) la conversion profonde et radicale du monde, qui est ce que la Tradition de l’Eglise préconise depuis le jour où notre divin Maître, montant aux Cieux, lui a ordonné : « Allez donc, enseignez toutes les nations les baptisant au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit ; leur apprenant à garder Mes commandements » (Matth. XXVIII, 19), et : « Allez dans tout l’univers, et prêchez l’Evangile à toute créature. Celui qui croira se sera baptisé sera sauvé ; mais celui qui ne croira pas sera condamné » (Marc XVI, 15-16).
2) l’abandon des préceptes énoncés ci-dessus, au nom de l’acceptation de toutes les opinions et de toutes les religions (ou non-religions) mises sur un pied d’égalité : ce qui constitue de fait le refus de travailler à la conversion de tous les hommes et de toutes les sociétés, et constitue donc également une désobéissance à l’ordre explicitement donné par Notre-Seigneur.

Convertir le monde ou apostasier soi-même en pactisant avec le monde et ses doctrines, il n’existe en définitive pas d’autre alternative.

siège d'une cité

Depuis plus d’un demi-siècle, il ne s’est pas manqué d’ecclésiastiques pour déclarer, à grand renfort de slogans aux accents pacifiques et humanistes, qu’il fallait cesser de concevoir l’Eglise comme une forteresse assiégée.
Ils ont bénéficié d’une large audience ; mais il n’étaient rien d’autre que des faux prophètes : l
es faux prophètes de « l’ouverture au monde » ; les faux prophètes d’une « paix universelle » et d’une « fraternité universelle » établies sur un détournement des maximes du Saint Evangile récupérées par les Loges…

Parler « d’ouverture au monde » pour la Sainte Eglise catholique revient exactement à la même chose que si, dans un pays, on prônait le désarmement et la totale ouverture des frontières au moment même où le pays voisin, dirigé par des chefs animés d’intentions expansionnistes belliqueuses, serait en train de sur-entraîner et de sur-armer ses troupes !
Les clercs qui – jusqu’au plus haut de la hiérarchie – ont prêché de telles stupidités devraient être, comme cela doit être fait pour les officiers qui ont manqué à leurs devoirs, qui ont œuvré pour la défaite, qui ont trahi et qui ont travaillé pour l’ennemi, traduits devant une cour martiale et fusillés… et non pas canonisés !!!
Il ne peut en effet y avoir d’indulgence ou de miséricorde pour des traîtres lorsqu’ils sont impénitents.

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur

Prise d'une ville

Note à propos de la citation attribuée à Saint Augustin : cette célèbre citation est toujours donnée comme étant de Saint Augustin sans qu’il soit jamais indiqué d’où elle est tirée. Si quelqu’un de nos lecteurs le savait et nous le pouvait préciser, il nous obligerait grandement.

Vous pouvez laisser une réponse.

6 Commentaires Commenter.

  1. le 29 juin 2020 à 13 h 28 min D-Nathanaël écrit:

    Il n’y a rien à ajouter au commentaire de l’ Abbé Jean-Louis D. tellement il est juste (et douloureux). Je le fais mien – totalement.
    Merci, cher Frère – une fois de plus – pour cette publication.

  2. le 20 mai 2020 à 10 h 52 min Durbea écrit:

    Le manque de prêtres est actuellement durement ressenti surtout depuis que nous avons été projetés dans cette sphère d’insécurité. L’absence de sacrements et de prière communautaire, même après le dé-confinement administratif, est cruel.
    La raréfaction des vocations sacerdotales me semble être en lien direct avec les crises successives dues à « cette ouverture au monde ».
    Si Dieu ne change pas, la relation des hommes avec Lui a été affectée par les changements. Et l’ouverture à ce monde est donc devenue, malheureusement, prioritaire.

  3. le 19 mai 2020 à 21 h 02 min Laurence écrit:

    En effet! Bien dit, loyal Lully!

  4. le 19 mai 2020 à 19 h 55 min Abbé Jean-Louis D. écrit:

    Il est certain que cette « ouverture au monde » prônée par Vat.II a semé le trouble dans l’eau de la grâce ecclésiale qui est devenue bourbeuse et incroyablement sûre d’Elle-même, alors qu’Elle n’était plus Elle-même puisque Elle se reniait.
    Mais pourquoi je mets un E majuscule à cette Eglise ?
    Elle n’est plus l’Eglise qu’elle aurait toujours dû être!
    Du coup, cette eau bourbeuse a donné des personnages qui auraient pu être des saints, mais dont après leur mort on découvre les mœurs peu édifiants, parce qu’une part de cette église V.II était entrée en eux.
    Pauvre Père Marie-Dominique Philippe, pauvre Père Finet, pauvre Jean Vanier! Pauvre de moi!

  5. le 19 mai 2020 à 17 h 20 min Béa kimcat écrit:

    Merci pour ce bel article joliment illustré…

  6. le 19 mai 2020 à 16 h 40 min Le Forez écrit:

    Voilà ce qui s’appelle parler vrai et mettre les points sur les « i ».
    Il est temps d’entendre ce type de discours, au lieu des atermoiements qui entraînent volontairement les esprits dans la confusion où le vrai se mêle au faux de la part des modernistes.

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